« La crise des subprimes, c’est bien simple… »

Ouvert aux commentaires.

Je prépare en ce moment la leçon que je consacrerai lundi prochain à la crise des subprimes dans le cadre de la chaire « Stewardship of Finance » à la VUB, et je repense aux nombreuses personnes qui m’ont dit au fil des années : « Vous savez, la crise des subprimes, c’est bien simple : on prêtait de l’argent à des gens qui ne pouvaient pas rembourser ! »

La tentation était grande de répondre : « Vous savez, j’ai travaillé plusieurs années dans le secteur des subprimes et les trois livres (*) que j’ai rédigés sur le sujet représentent 950 pages consacrées à la question, et je peux vous affirmer que, non, la crise des subprimes, ce n’est malheureusement pas aussi simple que vous l’affirmez ! »

J’ai dû répondre cela à l’interlocuteur qui me faisait cette remarque une fois ou deux. Le reste du temps, je me suis contenté de rester silencieux, j’ai simplement réfléchi au fait que d’une part, une explication simple, même si elle est grossièrement simpliste, a beaucoup plus de chance de l’emporter aux yeux du public qu’une explication complexe et, d’autre part, que lire 950 pages, cela représente un temps considérable à consacrer à une question particulière, et qu’il n’est donc pas étonnant que seul un très petit nombre de personnes soit disposé à le faire.

À quoi cela sert-il alors d’expliquer de manière détaillée une question complexe si une hypothèse simpliste sans rapport avec le véritable déroulement des faits est à portée de la main et deviendra inéluctablement l’opinion communément admise ?

Je ne connais pas la réponse mais j’aimerais bien savoir ce que vous en pensez.

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* La crise du capitalisme américain (La Découverte 2007 ; Le Croquant 2009)

* L’implosion. La finance contre l’économie. Ce que révèle et annonce la « crise des subprimes » (Fayard 2008)

* La crise. Des subprimes au séisme financier planétaire (Fayard 2008)

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247 réflexions sur « « La crise des subprimes, c’est bien simple… » »

  1. A une échelle de temps courte, cela ne sert à rien en effet. Mais si l’on se représente les idées simples comme étant un satellite évoluant à vitesse constante dans le vide, vos idées et réflexions sont les quelques grains de matière qui, au fur et à mesure vont freiner le satellite, et feront qu’ils finira sa course au lieu de la continuer indéfiniment. C’est ma vision des choses.

    1. Si ces quelques grains de matière sont placés dans une rivière, alors votre histoire devient tout autre.
      Reste à savoir dans quel milieu ces grains de poussières évoluent !

  2. Bonsoir monsieur Jorion,
    Voilà pas mal d’années que je lis votre blog, qui a contribué à forger ma culture économique autodidacte.
    Votre question me fait penser à la métaphore de l’effet papillon concernant les systèmes chaotiques: on l’appelle cause pour montrer qu’une infime variation rend le système imprédictible, mais en décidant arbitrairement que l’envol de l’aigle à côté fait partie du « toutes choses égales par ailleurs ».
    Si on considère les subprimes du point de vue des causes politiques, « toutes choses égales par ailleurs », peut-être l’explication simpliste devient-elle un résumé un peu trop lapidaire: même si le système de répartition des risques était voué à s’effondrer, il n’est pas indifférent, d’un point de vue politique, que l’infime battement d’aile ait été d’une avarice aussi impudique.
    cordialement

  3. Et pourquoi ne pas essayer d’introduire de manière simple l’explication de la question complexe, quitte à donner envie d’approfondir vers une plaquette de qqs pages, et enfin vers un livre, voire trois..?

    1. La crise du capitalisme américain –> 20 €

      L’implosion. La finance contre l’économie : ce que révèle et annonce la «crise des subprimes» –> 20,30 €

      La crise. Des subprimes au séisme financier planétaire –> 20,30 €

      Soit plus de 60 € les 950 pages.
      Peut-être qu’un opuscule à 3 € (genre « Indignez-vous ») aurait un plus large public ?
      Mais peut-être aussi est-ce trop tard à présent ?

      Quand à la notion de complexité, je ne pense pas que ce soit un véritable obstacle. On explique bien la relativité à des lycéens, ou dans Wikipédia !

      1. Quand à la notion de complexité, je ne pense pas que ce soit un véritable obstacle. On explique bien la relativité à des lycéens, ou dans Wikipédia !

        Absolument ! Je pense aussi que le problème est ailleurs ! Il est – comme Paul Jorion nous l’a fait remarquer aussi un jour d’ailleurs – d’avantage dans la diffusion des idées. Comment dépasser le cadre du blog ? Voilà peut-être le battement d’ailes du papillon qui peut tout changer…

  4. Je n’y connais pas grand chose en économie, et comme vous le dite n’ai pas eu le temps de lire vos livres (à part celui sur l’intelligence artificielle), mais comme ça intuitivement je me dis qu’il doit y avoir quelque chose de fractal et d’exponentiel dans cette histoire. Le problème des subprimes serait une petite partie du fractal se répétant à d’autres échelles et prenant exponentiellement de l’ampleur à d’autre niveau ? Bon c’est aussi simpliste comme vision.

    Quoi qu’il en soit, ça vaut le coup que vous écriviez 950 pages sur ce sujet.

  5. Si l’on s’explique à soit même de manière détaillée une question complexe et que l’on sort convaincu de l’intérêt de la chose, et pour peu que l’on arrive à convaincre les quelques autres intéressés, alors il ne reste plus qu’à trouver une hypothèse simpliste, éventuellement sans rapport avec le véritable déroulement des faits, qui servira la cause.

    C’est en quelque sorte un prérequis, mais qui pourrait bien servir n’importe quelle autre cause 🙂

  6. Hubert Reeves avait écrit un livre magnifique « L’heure de s’enivrer » avec des pistes rouges signalées lorsque les chapitres étaient particulièrement ardus pour les non initiés. Il proposait un résumé des pistes rouges afin que le lecteur puisse malgré tout avancer dans la lectures. Ce qui permettait de pouvoir participer aux réflexions en fin de livre à tous ceux qui n’étaient pas habitués au langage scientifique. Très efficace !

      1. On doit pouvoir vivre heureux sans les quarks non ? Et même expliquez la vie et l’évolution !
        Et sans doute les subprimes ? Les Lumières me paraissaient suffisantes ?

    1. C’est vrai . Il disait :

       » les sections marquées d’un astérisque sont relativement difficiles . Le lecteur peu habitué au langage scientifique pourra les sauter et lire les résumés présentés au début des chapitres correspondants . Pour une lecture encore plus rapide, on lira d’abord les deux premiers chapitres puis on passera au douzième chapitre . La plupart des thèmes présentés auparavant y sont repris succinctement . On pourra aussi aborder les réflexions de la dernière partie du livre . »

      Ceci dit encore fallait il ouvrir le bouquin et lire ce chapeau de la table , et pour le coup le vrai hameçon et la vraie incitation à se « forcer » à en savoir plus ,étaient dans le titre qui invitait le non initié par une écoute de l’espoir et l’offre d’une « ivresse » qui selon une lectrice de Reeves , était une « conduite douce sur la route de la responsabilité où les aires de repos ressembleront peut être à des histoires d’amour ».

      Les titres des billets du blog sont souvent une réussite de ce point de vue . Il doit donc y avoir autour de vous quelqu’un , ou quelqu’une , qui a plus de talent que nous pour vous répondre ; mais on se souviendra , avec tous les bons publicitaires , qu’une publicité ne peut être vraiment réussie ,et marquer durablement de son empreinte , que si le produit vendu est bon et lui même réussi .

      1. C’est d’une certaine façon quand l’inconscient émotionnel rencontre le conscient écrit , que la lumière jaillit .

        Mais si elle commence par s’éteindre définitivement …

    1. Comme dirait Vigneron, vous n’existerez pas tant que vous n’aurez pas compris par vous même comment ces messieurs vivent mieux que vous sans en faire plus. Votre intuition est bonne, perséverez.

  7. Mais c’est très simple mon cher Watson,

    Quand on est le patron d’une entreprise qui prête, on gagne sa vie en prêtant à tous, même aux pauvres. Quand les pauvres ne peuvent plus rembourser, bien que toutes les agences aient dit AhAhAh, on est content d’avoir vendu ses stocks avant la chute. Le banquier s’en sort toujours, sauf s’il est naif.

    Mais pourquoi Greenspan a-t-il décidé qu’il fallait prêter aux pauvres ? Parce que les pauvres étaient trop pauvres pour pouvoir acheter une maison. Il pensait que si on leur prêtait, on éviterait un problème social de pauvres sans « retraite ». Le pauvre Greenspan y a cru.

    Si le patron de la Fed ne comprend pas que les banquiers ne s’intéressent pas aux pauvres sauf pour faire de l’argent, où va-t-on ? Quel naif !
    Les dirigeants des banques étaient loin d’être naifs, Après avoir vendu aux pauvres des prêts impossibles, lls ont vendu à terme, le pauvre dans un marché baissier.

    Mon cher Paul, nous n’apprenons donc rien ?

  8. CE qui me passionne c’est de tenter de définir les aiguillages qui ont poussé vers la pente de la facilité, voie qu’il est difficile de refaire en sens inverse, les mauvaises habitudes aidant : il faut bien plus d’énergie pour travailler sérieusement !
    Ces mécanismes paresseux finissent par sélectionner la seule « politique » et devenir TINA , alors qu’ils préparent un soliton – que je préfère dénommer vague scélérate.
    Et ces mécanismes paresseux peuvent être détectés absolument partout dans chacune des spécialités de vos lecteurs s’ils se donnent la peine de soumettre leur environnement à une véritable critique. Mais qui envisage vraiment de constater que « sa famille professionnelle » ne fait pas correctement son boulot ? Survivre est déjà difficile ! La colonisation de nouveaux territoires est une facilité, un luxe qui évite de se poser des questions dérangeantes.

    1. Peut-on échapper à la « loi » de la plus grande pente?

      PJ: « Il y a deux dimensions : la survie individuelle et la reproduction de l’espèce. La combinaison des deux génère ce que les physiciens appellent « un gradient » : une voie toute tracée qui sera celle de notre comportement et que dessine la ligne de moindre résistance dans ce double système de contraintes ».

      Nous ne pouvons, à mon avis, infléchir cette course qu’aux moments, peu nombreux, où la pente, le gradient, est nul ou,très faible. Pour moi ces plages de temps, typiquement les temps de crise, sont les seules où peuvent s’effectuer des bifurcations, des changements. Ces plages me paraissent nécessaires pour glisser une éventuelle liberté humaine. Sont-elles suffisantes?

  9. Je n’ai pas l’explication mais je peux apporter un témoignage: cadre dirigeant dans un Etablissement financier, j’ai vécu, de l’intérieur, la crise des financements structurés aux collectivités locales françaises. J’ai, même, été mis en retraite anticipée (avec, je vous rassure, un très bon dédommagement financier) parce que je me refusais à « entrer » dans ces financements! Que de discussions avec les traders, les responsables des risques , les commerciaux, la salle des marchés…Je n’aurais peut être pas la matière pour 3 livres et 950 pages, mais le sujet est complexe ( et demanderait, par exemple, une analyse historique du financement des collectivités locales en France). Je tente une explication : et si, tout simplement, la majorité des gens n’avait pas envie de savoir? Dans ce cas, un simple tweet suffit  » des commerciaux incompétents prêtaient de l’argent à des élus et directeurs financiers incompétents! » hypothèse simpliste sans rapport avec le véritable déroulement des faits!

  10. Aimer son prochain c’est simple et pourtant les saints ont passé leur vie à s’y consacrer…..
    Les choses simples demandent une grande description dans le détail, vous connaissant ce ne sera pas pour tout compliqué mais pour donner du relief et de la profondeur.
    Les choses simple sont riches d’enseignement, vos talents anthropologue dévoileront tout ce qui y est caché.
    Alors moi je vote pour!!!!!

  11. Bonsoir,
    Le temps de lire 950 pages et de pouvoir en comprendre une partie…
    Quand justement nous ne sommes pas de la partie (ici l’économie) c’est encore plus difficile car beaucoup de concepts et notions nous sont peu ou pas du tout familiers et du coup nous avons l’impression fâcheuse de lire dans une langue étrangère qui est pourtant dans votre cas bien le français.
    Donc quand pour un Homme un livre dépasse 10 à 20 % de nouveautés ou concepts inconnus ou peu connus nous ne comprenons pas..
    Est-ce une explication pour aller ensuite vers des explications faciles sur le sujet de subprime ? Pourquoi pas..
    Amitiés

  12. Bein à première vue, ça vous donne l’autorité, vous savez.
    C’est important tout de même.
    Sans ces explications, je pense que beaucoup fermeraient les oreilles à vos paroles, même sans les lire ou comprendre.
    Utilité toute relative oui…

  13. Une reponse simpliste

    Parce que le vers d’un truc assez proche de la realite est dans le fruit de choses plus passionelles.

    C’est comme des gens qui parlait d’egalite il y a plusieurs millenaires, a des periodes ou nous etions peut-etre beaucoup plus soumis aux evenements ou aux aleas, ca pose toujours probleme.

    Cependant, ce peut etre parfois etre plus rapide et on peut faire de meilleurs approximations aussi.

    1. Je parle pour Vigneron : quel titre en alcool ?
      Paul n’aura pas confirmation de son hypothèse simpliste si on continue comme ça.
      Epargnons le s’il vous plait.

  14. « Les fils de chaîne sont habituellement invisibles sur le devant d’une tapisserie finie et suspendue, la trame en laine formant seule les motifs à l’avant car elle est soit faite de fils plus épais, soit constituée de fils noués à la trame pour former une boucle à l’avant de la tapisserie, les boucles étant ensuite coupées à leur tête et égalisées en longueur : dans les deux, les fils de trame se détendent à l’avant pour occuper toute la surface, tout en cachant les fils de chaîne resté derrière ainsi que les nœuds des fils de trame tendus entre les fils de trame. »

    C’est là une simple question de tissage avec fil de chaine et fil de trame.
    Suivre les fils nombreux qui ont participés au tissage du marché des suprimes est une toute autre affaire.
    Comment ne pas perdre le fil?

  15. Ce que je retiens surtout c’est que vos interlocuteurs prennent pour acquis la proposition suivante:
    « il est naturel qu’il y ait des riches et des pauvres ».
    Sinon ils ne s’arrêteraient pas en si bon chemin… et voudraient savoir pourquoi il a fallu prêter à certain pour qu’ils puissent jouir de conditions de vie qui se rapprochent de celles des autres.

    Ce qui revient à votre questionnement, in fine: pourquoi l’argent manque t-il là où on en a besoin? Quelle est l’origine de l’inégalité de statut économique entre les hommes?

  16. Peut-être tenter la question : Mais quel-est votre avis sur la question ?
    Puis investir 5 minutes, pas plus, pour essayer d’entrevoir si votre interlocuteur pense par lui-même histoire de ne pas perdre du temps avec les zombies gavés aux masses média.

  17. Simplifier n’est pas un vice, bien simplifier c’est une vertu. Tout ce qu’on nous a enseigné est une simplification de la réalité touchant parfois au simplisme. Un jour, il y a longtemps, on a oublié de dire que ce qu’on nous a enseigné est une vulgaire simplification plus ou moins utile dans un contexte donné. En science on a donné le nom de » loi » à ce qui était une hypothèse qui semblait se vérifier dans des cas pratiques présentant une certaine utilité….mais c’est tellement plus commode de parler de lois! C’est peut-être ainsi que La Réalité et la Vérité ont été inventées! ;-))

  18. Habituellement chacun choisit l’explication qui l’arrange.

    Celles qui nous sont données sur les sujets economiques et financiers par les dirigeants et les partis politiques, par la presse, la radio, la télé, etc, n’abordent à chaque fois qu’une toute petite partie des choses. Elles sont pourtant nécessairement liées entre elles et quand on y réfléchit un peu on s’aperçoit vite qu’on a pas affaire à un ensemble cohérent (ou du moins qui chercherait à l’être, comme c’est le cas en sciences.) Au mieux c’est flou et confus, au pire c’est bourré de contradictions. Mais ça fait au moins deux cent ans que c’est comme ça, alors…

    Parmi les milliards de gens qui peuplent la planète il n’y en a qu’une infime minorité qui cherche vraiment à savoir d’où vient l’argent, qui fixe les prix ou pourquoi on est condamné au chômage.

    Pourquoi les soins médicaux et les retraites pour tous c’est foutu? Parce que l’argent nécessaire n’est pas disponible. C’est vraiment pas compliqué à comprendre comme explication.

    Chez vous il faut peut-être passer du temps pour en arriver aux détails et tout n’est pas toujours facile à comprendre, mais au moins on a vue d’ensemble. Ça tient la route. Merci beaucoup. Continuez!

    1. Alors le mot « EX-PLICATION » n’est pas le bon. C’est un dépliement, qui doit permettre de suivre pas à pas le cheminement de la causalité.

      Si on ne suit en réalité rien de clair, on parlera plutôt d' »implication ». La plupart d’entre nous se contentent d' »implication » parce que les moments de révélation occupant 0,01% de notre temps d’apprentissage (le reste étant passage incessant dans les « plis » que l’explication avait déplié tant bien que mal), nous nous habituons dans les 99,99% restant à ne pas revisiter la causalité dans son ensemble, à faire jouer des automatismes minimaux qui nous évitent cela.

      Maintenant, si on suppose ce mécanisme intrinsèque, il conduit à une déconnexion de toute élite d’avec sa société (aucune élite, même bien formée, ne peut agréger les vraies explications du grouillement réel, et donc elle doit se contenter de repasser dans des automatismes minimaux).

      Les chances de se raccrocher à quelque chose dépendent alors des aléas de l’histoire (dont : les techniques, l’énergie, nerfs des guerres aussi autant que des paix prospères sur le dos des colonies lontaines) plus les bonnes idées et l’obstination profondément humaniste de quelques dirigeants et résistants (le CNR, Mandela, …).

      1. En me réveillant ce matin j’ai repensé à ce que j’avais écrit et regretté de ne pas avoir commencé par dire qu’il ne s’agit absolument pas d’expliquer la crise des subprimes mais de la dissimuler pour se rassurer.

        Il faut bien en effet se protéger contre les conclusions extrêmement désagréables auxquelles on aboutit quand on constate comment les choses se sont passées lors de cette « crise »:
        – l’argent que j’ai sur mon compte en banque peut disparaître en un instant
        – la valeur des maisons que je possède peut diminuer dans de telles proportions que le plus rentable sera de les faire disparaître à coups de bulldozer
        – même le Président des États-Unis, celui de la FED et Wall Street réunis n’y peuvent pas grand-chose.

        Comment cacher la vérité et ignorer la réalité pour que tout puisse sembler redevenir comme avant*.
        ___

        * Pour un récit chronologique détaillé voir les billets de François Leclerc.

      2. @ timiota

        Pour moi il y a alternance de compréhension/systole et d’explication/diastole. Cette alternance permet de « suivre pas à pas le cheminement de la causalité », mais sans savoir s’il s’agit d’une cause efficiente ou d’une cause finale.

        La nature choisit les solutions les plus économes (principe finaliste de moindre action de Maupertuis, prouvé équivalent au principe efficient de Newton). Elle choisit aussi les solutions les plus simples (principe finaliste du rasoir d’Occam): « Le phallus a la forme qu’il a parce que c’est la forme structurellement stable la plus simple permettant le transport des gamètes » (je cite de mémoire je ne sais plus qui 🙂 ).

        « La simplicité est au simplisme ce que la science est au scientisme. » (Moi 🙂 )

        Notre société s’égare à la fois dans le simplisme et dans la complexité. Un retour au naturel s’impose!

  19. La partie simple de l’histoire doit conduire a des questions. Oui on a preté a des gens qui ne pouvaient pas rembourser, mais pourquoi? Est que c’est la première fois? Avec quels résultats? La mayeutique d’Aristotre. J’ai lu une partie des 950 pages et c’est vrai que c’est bien pour les historiens, mais pas pour le grand public. En tout cas simplifier est beaucoup mieux qu’occulter ou que mentir. par exemple que la crise des subprimes a été causée par les débiteurs, par les pauvres …

  20. Près de 500 ans après la publication du De Revolutionibus Orbium Coelestium de Copernic, 29% des sondés dans un Eurobaromètre publié en 2005, pensaient que le Soleil tournait autour de la Terre (plus 4% qui ne se prononçaient pas).

    Mon hypothèse simpliste serait que nous aimons les hypothèses simplistes. Elles n’encombrent pas notre temps de cerveau disponible.

    1. Mon hypothèse est que pour l’immense majorité de la population mondiale ,il suffit que le soleil se lève et se couche .

      D’accord , il y a des éclipses , mais ça n’est qu’un mauvais moment à passer qui n’a jamais tué personne à part les sacrifices qu’on pouvait faire pour passer ce cap .

      1. Déjà « Subprimes » c’est un machin dont j’ignorais l’existence avant que les journaux et les JT en fasse tout un plat , c’est de l’English que j’y pige couic , et ça doit être une espèce de maladie spécifique aux amerloques qui nous ont envoyé le virus dans un bateau de soja trans-hygiénique .

        Si en plus on me dit que ces cons d’américains prêtent à des pauvres qui ne peuvent pas rembourser, je vais pas me laisser refiler une Chtouille de crise . Nous on fait pas ça et c’est marre .

      2. « Je m’en fous de savoir ce qui tourne , du moment que je me réveille le jour et que je me couche la nuit « .

      3. Dormez en paix braves gens, nous nous occupons de tout. Ce qui explique que certains réveils puissent être douloureux.

    2. La fin de l’article que vous citez explique assez bien les choses. On peut à la fois « savoir » que la terre tourne autour du soleil et « voir » que le soleil tourne dans le ciel comme le fait la lune. De même si vous refusez à un enfant de lui acheter un jouet « parce que c’est trop cher » (au lieu de « parce que je préfère acheter autre chose avec l’argent que j’ai ») vous le préparez à accepter le choix plus ou moins contestable de fermer une école où un hopital « parce que ça coûte trop cher. »

      Les sociologues et les proverbes traditionnels avant eux ont montré que les principes auxquels nous croyons obéir sont souvent contradictoires. On choisit à chaque occasion celui qui nous convient le mieux (une chose que les programmes d’ordinateur ont beaucoup de mal à faire mais que l’ambiguïté des langages humains facilite énormément.)

      On pourrait aussi parler des religions mais quelqu’un va sans doute le faire ;o)

  21. Il faut continuer à expliquer encore et encore. La pédagogie c’est beaucoup de répétition sous des formes différentes selon le public et le moment.

    1. Ayez, si vous pouvez, un langage simple, et tel que l’ont ceux en qui vous ne trouvez aucun esprit : peut-être alors croira-t-on que vous en avez.

      La Bruyère

    2. @Enrique oui, c’est aussi cela……et par moment dur dur !

      mais c’est aussi également trés enrichissant car cela nous oblige aussi à trouver ce qui fonctionne ou peut fonctionner, paul jorion a cette démarche et son humilité l’honore !

  22. « Entre un mensonge simple et une vérité compliquée à démontrer, c’est le menteur qui l’emporte.
    Sylvestre Huet »
    Il y a un certain temps déjà que cet aphorisme trône en bonne place sur le mur de mon bureau. En voilà une belle illustration.

  23. Je suis simpliste, mais l’origine à la crise des subprimes ne me parait pas du tout compliquée. Dans toute opération financière il y a un risque associé. A partir du moment ou la législation vous permet quasi instantanément de vous débarrasser du risque sur le dos de quelqu’un d’autre ( c’est ce qui permet la titrisation) vous n’avez plus aucune limite, sauf morale et éthique, mais en finance il vaut mieux ne pas trop compter dessus. Je voudrais rappeler que la titrisation semble à nouveau revenir en force. L’erreur es humaine, persévérer ….. ….

    1. un des hic de l’explication simple est l’ordre de grandeur. Voici une borne sup pifométrique : On a prêté à 20 millions de personnes (genre 15-20% des foyers actifs aux USA) avec un taux de défaut de 20%, ça fait un flux de trésorerie manquant de 4 millions de foyer à 30 000 $/an à la louche. Donc 120 milliards de $.

      En réalité 50 sur ce flux seul, tellement j’ai du exagérer.
      C’est quand même pas 50 ou 100 milliards qui fichent par terre un état dont le PIB est 15 000 milliards de dollars à l’époque (300 millions d’habitants x 50 000 $ pièce, jeune ou vieux), avec un « output gap » cumulé sur 5 ans de 15% de PIB annuel, soit 2200 milliards.

      C’est l’amplification x10 dans des chaines de paris qui a causé la cata et qu’il faut comprendre, qualitativement. Et malheureusement, aucun des concepts utilisés couramment par les gens qui ont monté ces instruments financiers qui résultent en de tels « multiplicateurs » ne se résume à une image simple (sûrement pas les CDO synthétiques pourris de Fabrice Tourre chez GoldmanSachs, par exemple). De sorte qu’on en est réduit à de la pensée magique. C’est d’ailleurs presque aussi vrai pour l’argent engagé par les états pour sauver les banques : qui peut expliquer clairement pays par pays quelles banques ont remboursé quel pays ? Peyrelevade un bon jour ?C’est un peu bizarre alors qu’on nous bassine avec d’autres éléments pointus de la comptabilité nationale: tel déficit commercial, tel excédent primaire, etc.

      1. Et hop! la voila cette explication simple, pédagogique, imagée (l’effet de levier..) mémorisable… 3 paragraphes de vulgarisation et hop.. la complexité est synthétisée…

        La lecture des études de P. Jorion m’a souvent inspiré l’envie d’une version « vulgarisée », qui permette de communiquer la complexité, sans le détail.

        C’est un autre art d’écrire, complémentaire, nécessaire.

        Timiota-Jorion main dans la main!

  24. Paul je rejoins qqs propositions précédentes. Du progressif. Pour une appropriation progressive selon les niveaux d’i terêts / compétences / temps de cerveaux dispo. Faites ou faites faire (l’auteur n’est pas tjs le mieux placé) des mind map par exemple. Et merci pour ce blog.

  25. Si l’explication ‘simpliste’ ne trahi pas trop les éléments clés du pourquoi, l’on pourra considérer qu’elle sera une explication vulgarisée accessible au plus grand nombre ?

  26. Versions les plus brutalement simples, puisqu’ils ont enchaîné avec les mêmes salades depuis…

    « Fallait pas laisser tomber Lehman Bro… »

    ou

    « Pourquoi ont-ils laissé tomber Lehman Bro ? »

  27. Votre longue démonstration est le fruit de votre savoir pointu en matière économique. Les gens, nous, moi, ne savons rien de la masse de connaissance économique. et devenir humaniste est de plus en plus difficile. Tant de choses à savoir…. le bonheur n’est certainement pas là.
    Si au moins nous pouvions faire confiance. c’est la confiance qui nous manque. pourquoi devoir se farcir des briques de lectures économique si nous pouvions avoir confiance. chaque sujet est une brique,. Une belle peinture est un brique pour celui qui veut la comprendre. On ne retient d’elle que son visage, son éclat, la beauté qu’elle respire.

    Rien ne respire de cette économie si compliquée destinée à chevaucher les lois.

    La confiance , nous faisons confiance au rêve que nous tentons d’atteindre artificiellement plutôt que de faire confiance à notre cœur qui sait bien mieux que quiconque que ce rêve n’existe pas pour nous les gens simples.

    Vous savez ce que je désirerais que vous m’expliquiez? Non pas le passé (source d’information bien sur) mais j’aimerais que vous m’expliquiez comment nous les gens simples nous pouvons faire pour gagner notre pain et raisonnablement entreprendre à notre époque.

    Quel est le modèle du business sympa qui nous permettra de vivre sans se faire dévorer.
    Pourriez vous me dire à qui nous pouvons faire économiquement confiance et là, je vous promet que je lirai les sept cent cinquante pages argumentées avec plaisir.

    1. Je vous ai à peu près suivi , sauf sur le paragraphe  » La confiance , nous faisons ….gens simples « .

      Vous ne rêvez pas avec le cœur ?

      1. Bonjour Monsieur,
        Merci pour vos questions auxquelles je vais tenter de répondre d’un seul jet.

        Lorsque je parle de rêve sans cœur, c’est le rêve de posséder, de paraître .
        Pour l’atteindre, nous avons besoin de l’artifice de l’argent, du regard des autres, ainsi que d’un point de comparaison plus pauvre que nous afin de nous placer artificiellement au dessus.

        Les gens simples, j’aurais du dire les esprit simples, ou la pensée simple, se retrouve chez tout un chacun .
        c’est le simple rêve de bonheur, de la chaleur humaine, du sourire, d’un jour à la mer (avant qu’on l’inonde) d’un repas rythmé par les éclats de rires.
        Le manque de confiance nait de questions telles que entre le prix d’achat et le prix de vente, quelle est la part du vendeur. Grande , petite?

        Au sujet de la confiance en Monsieur Jorion,, oui je lui fais confiance.
        d’abord par feeling. Je lui fais confiance aussi car il écoute. Je lui fait confiance car il réunit des esprits et les mets en action.
        Il a également refusé certaines promotions financières pour ses idées.
        Je lui fais confiance aussi car au travers des échanges d’idées tantôt positives tantôt négatives (des participants, il fait surgir une lumière.
        Il donne aussi aux autre le désir d’en faire autant.
        Le réseau social donne selon moi l’illusion d’exister caché et ce blog donne le sentiment d’exister et permet a de très nombreuses idées de naître. ces idées sont la matière première gratuite et disponible pour tous.

        Voilà,
        J’espère avoir répondu à votre question,
        je file car il fait beau .

      2. Merci de votre écho que je renvoie à Paul Jorion .

        Il devrait y trouver matière à retrouver des forces et de l’imagination, car je ne connais pas de meilleur réussite pour une entreprise que de donner à autrui le sentiment d’exister .

    2. La confiance : vous pointez du doigt ce concept fragile et inquantifiable, complexe, qui échappe à beaucoup d’apprentis-théoriciens, mais qui est pourtant le concept le mieux financé du monde (publicité, médias, politique, management, analyses…)
      Ça n’est pas pour rien que c’est le concept le mieux financé du monde.
      Faire confiance, c’est faire la paix, c’est renoncer aux défenses. C’est probablement être heureux, aussi.
      « Tant de choses à savoir…. le bonheur n’est certainement pas là. »
      Effectivement la clairvoyance a un prix. Ceux qui cherchent ont renoncé à la sécurité. Ils ne sont plus « simples ». Ne faites pas semblant de l’être.
      Il n’y a aucune démocratie dans les processus économiques. Il n’y aura donc jamais de méthode « sympa » pour gagner son pain. Il est une violence irréductible et même logique des rapports sociaux que l’on contient comme on peut, et notamment à travers ce qu’on peut appeler, selon l’angle de vue, la morale, la civilité, la civilisation.
      Trois concepts de plus en plus désertés par les gens « compliqués » qui nous refourguent à toutes les sauces le concept simpliste (c’est là qu’est l’art) de libéralisme.

  28. Monsieur Jorion,
    Avec respect ,une interprétation possible de votre réflexion est qu’il y aurait comme un plaisir intellectuel à pouvoir saisir (mais pas à la portée de tout le monde ?) toute la sophistication de cette gigantesque arnaque;en somme pour moi ,un vulgaire schéma de Ponzi.Vous avez eu le mérite de le prévoir mais la machination était si puissante qu’il était impossible de la contenir.Une autre interprétation est de s’interroger pourquoi nous en avons été les victimes finales;nous,le peuple,les petites gens,les gens d’en bas ,les partageux,les sans-dents,les rustres ,la racaille,les esclaves ?…Oui, s’interroger comment combattre ce ressort fondamental de l’action des grands possédants et leurs serviteurs s’appuyant sur cette constatation/recommandation de Voltaire ,une société bien organisée consiste à ce que le grand nombre nourrit le petit nombre et est gouverné par lui.Et pourtant ,ce petit nombre ne prétend-il pas maintenant qu’il mérite d’être mille fois récompensé car c’est lui qui crée la richesse ?Pourquoi ,comme disait Robespierre,quand le peuple arrive à un tel point d’indigence, il n’est plus assez lucide pour en connaître les causes et les droits qu’il possède.Oui ,pour moi ,l’exemple emblématique de la révolution française et de ses développements en différents modèles de république doit toujours être gardé en mémoire …
    Mais tout de même ,tant de progrès accomplis,la réponse pour moi ,nous l’avons ;nous avons une démocratie,c’est pourquoi ,il faut lutter contre sa perversion,lutter aussi contre notre « idiotie » au sens de l’antiquité grecque qui par égoïsme ,nous fait se désintéresser de la chose publique; lutter comme l’Italie de l’après-fascisme pour une indépendance indéfectible de la Justice ,lutter pour une presse libre,indépendante ,suffisamment crédible pour informer la communauté ,qui sera alors susceptible d’être mobilisée pour de justes causes.Lutter pour l’Etat au service de tous et non pas aller sur le chemin du fascisme.

    1. lutter pour une presse libre,indépendante …

      Sauf que plus personne n’achète le journal.
      Moi le premier

      Ce qui pose une autre question; pourquoi l’information est-elle devenue une marchandise ?

      Pourquoi Radio France est-elle soumise à la loi des comptables ?

      1. L’information devient une marchandise quand la démocratie s’en désintéresse . Elle a bien sur un coup , comme la démocratie .

        Pourquoi le citoyen se fout il de la démocratie et de l’information ?

        C’est la même question que celle posée par le billet .

      2. Pourquoi Radio France est-elle soumise à la loi des comptables ?

        La mission de Radio France n’est plus d’informer et d’éclairer l’auditeur, surtout plus ça!

        Tout doit servir l’intérêt des dominants. Que ce soit les règles de la Finance, l’infodivertissement des masses, et le reste. Une fois que l’on a admis ça, tout devient lumineux.

  29. Ce n’est pas tant la réalité et la vérité, les faits et la raison. Ce n’est pas tant la simplicité ou la complexité. Certaines choses complexes peuvent être appréhendées ‘facilement’, pour peu que l’on facilite cette appréhension.
    Mais encore faut-il que l’on veuille ou que l’on puisse …
    Concernant les subprimes, à l’envers des faits exposés et de l’exposé didactique réalisé, à 3 reprises, si l’on choisit l’explication ‘simple’, c’est parce qu’elle correspond à la représentation culturelle dominante, qui veut qui si on prête à un pauvre, on ne doit pas s’attendre à autre chose que des problèmes (de risques de défaut : les risques de contre-parties sont proportionnels aux statuts sociaux relatifs dans cette représentation).
    A quoi cela sert-il ? A informer la minorité (ainsi que ceux qui souhaitent se saisir du sujet) qui possède le pouvoir sur les rouages effectifs, les effets et la complexité en jeu, afin que cette minorité modifie les règles du dit jeu .
    Si on veut modifier l’opinion communément admise, on écrit un essai d’une trentaine de pages pour quelques euros qui sera éventuellement publié à plusieurs millions d’exemplaires en plusieurs langues et qui aura un impact non négligeable.
    Mais c’est autre chose.
    Quelque part, le choix de la ‘simplicité’ est fait parce qu’il évite de se confronter à la béance de l’affirmation que ce système, ‘votre’ système est une escroquerie : on préfère alors croire aux statuts sociaux et à leurs risques ‘inhérents’, surtout quand cela conforte son propre statut social.

    1. si on prête à un pauvre, on ne doit pas s’attendre à autre chose que des problèmes

      Henry Ford était très fermement opposé à la vente à crédit des automobiles. Il y a résisté pendant des années et son entreprise a bien faillit disparaître pour cette raison (consulter à ce sujet Histoire des américains par Daniel Boorstin – Bouquins – Robert Laffont)

      L’histoire de l’automobile aux États-Unis semble démontrer que Ford avait tort puisque c’est bien en prêtant à (presque) n’importe qui l’argent pour l’achat d’une voiture que les Etats-Unis sont devenus le modèle économique et financier que toute la planète s’efforce de suivre depuis, l’URSS s’étant révélée incapable de vaincre les Etats-Unis dans la compétition dans laquelle Khrouchtchev a cru devoir l’engager.

      Pour convaincre à propos des prêts subprimes je suis persuadé qu’il est indispensable d’expliquer pourquoi les prêts à la consommation ont si bien « réussi » au cours du XXème siècle. Ignorant presque tout de l’économie et absolument tout de la finance avant de suivre le blog de P.J. je peux témoigner que comprendre pourquoi « ça marchait si bien avant » est aussi indispensable que de comprendre pourquoi « ça ne pourra plus continuer comme ça longtemps ».

      Pour ce qui est du bouquin de Boorstin il est extraordinaire en ce sens qu’il raconte comment une poignée d’européens débarqués sur la côte est se sont enrichis à une vitesse extraordinaire en dévastant un continent grâce à une forme de capitalisme extrêmement bien adaptée à la croissance la plus rapide qu’on ait jamais vue sur terre. C’est en revendant à des spéculateurs le tiers de son territoire (connu chez nous sous nom de « Louisiane » alors qu’il s’étendait largement jusqu’au Canada actuel, mais shut!) que l’Etat fédéral a financé l’opération. D’autres européens, dont la France en Afrique et ailleurs, se sont efforcés de leur faire concurence et y sont en partie parvenus, mais comme nous avons parfois du mal à ne pas regretter quelque peu cette soit-disant glorieuse époque, les erreurs de nos cousins d’Amérique sont bien plus faciles à saisir!

    2. Je suis d’accord avec l’idée que le discours doit être adapté au(x) public(s) pour être entendu et compris . D’ailleurs Paul Jorion vient d’en faire l’expérience à Rimini .

      Et alors d’autres questions surgissent :

      – quels publics choisir et pourquoi ? Est ce que je connais vraiment les publics ?
      – quels contenus et quelles formes à mon (mes) discours ?
      – Qu’est ce que j’en attends vraiment et pourquoi je fais tout ça ?
      – Avec quels autres discours je me heurte ou je m’allie ?A quoi je participe ?
      – Quand ? Meilleures opportunités pour être efficient ?

      On peut s’inspirer du Hay management en matière de poste de travail :

      rôle attendu tel que défini
      rôle tel qu’il est perçu
      rôle tel qu’il est accepté
      rôle tel qu’il est tenu

      L’écart entre la première et la quatrième ligne mesure l’efficacité , la sagesse , l’intelligence du  » sachant » , via la clarté et simplicité du propos initial , la qualité de la communication , la compréhension des motivations .

      Se souvenir aussi que si l’on y prend garde , « de rose, on peut devenir gratte-cul »

      1. Surtout, que Paul Jorion ne suive pas cette stratégie-là, de pure « communiquant », faites pour vendre une fausse culture marchandise. Mais de la part de Juanessy, je pense bien que c’est de la provocation…

      2. ‘ ..si l’on n’y prend garde … »

        Le seul commentaire sincère et habité que j’ai lu dans cette file , est celui d’Etienne , et je m’inquiète de son absence de réponse à mon interrogation sandwich .

  30. Ce que je fais, moi, c’est:
    1/ exposer une alternative et comment la mettre en oeuvre. Les gens veulent des solutions. Ils s’interessent au résultat. Pas au comment du pq vous en êtes arrivé à telle ou telle alternative au système existant.
    2/ les questions surgissent alors immanquablement. Par comparaison, les gens veulent savoir, sur tel ou tel point, en quoi le nouveau système proposé présente POUR EUX un avantage par rapport à l’ancien, ou pourquoi on n’y a pas pensé plus tôt, ou pourquoi ca n’a pas déjà été mis en place. C’est seulement à ce moment là qu’on peut égréner les 950 pages d’explication.

    Il faut commencer par les solutions et les moyens et la volonté de les mettre en oeuvre , sinon les gens ne s’intéressent pas ou finissent par penser qu’ils ont perdu leur temps. Expliquer un pb et son origine avant d’expliquer comment le résoudre c’est paradoxalement mettre la charrue avant les boeufs…

  31. La question que vous soulevez est en soi étonnante. La plupart des « gens » qui n’ont pas vécu au cœur de la crise des « subprimes » ne peuvent rien en savoir sauf ce qu’ils ont glané de-ci de-là dans les médias et, pour peu qu’on y réfléchisse un peu, si c’est médias s’adressent au grand public ils fourniront pas la force des choses des informations pour le grand public, donc les plus simplistes possibles! Dès cet instant, le quidam, « puisque la tv l’a dit », prendra pour argent comptant les explications. Il n’en reste pas moins vrai qu’est déjà savant celui qui vous évoque les « subprimes », car combien s’y sont intéressé, combien raillez-vous d’intéressés autour de vous sur la masse des citoyens? Dès lors, celui qui vous écoute et vous interpelle est déjà un surdoué! Quant à connaître tous les détails de la « crise », qui n’en est plus une depuis bien longtemps en fait, qui les connaît si ce ne sont ceux que cela intéresse vraiment et qui se donnent du temps et des moyens de déchiffrer les milliers d’informations, la plupart de temps contradictoires, qui déferlent jour et nuit dans les médias? Mais poursuivons: qui s’y connaît en dehors des « spécialistes » en génétique? En informatique ( la vraie pas le bricolage de clavier)? En neurosciences? En anthropologie? En mathématiques? En géographie, hormis les catalogues de vacances? En astrophysique? Etc. etc. Le dernier esprit universel s’est éteint depuis longtemps et décoder tous les savoirs est devenu le 13e travail d’Hercule! Que vous ayez la plume facile et publiez couramment est un privilège et que vous fassiez l’effort de communiquer sur un domaine parmi tant d’autres, est tout à votre honneur et beaucoup d’internautes vous apprécient pour cela aussi! Mais si vous souhaitez vraiment toucher un public plus large, pas stupide mais pas spécialiste non plus , et dont la plus grande qualité est d’au moins s’intéresser au monde, il faut « vulgariser » au mieux la complexité, à l’instar de ce que font certains scientifiques dont l’audience est d’autant plus étendue que leurs communications sont accessibles au plus grand nombre. Et on a beau dire, les concepts scientifiques sont autrement plus complexes à appréhender que, ne fût-ce que par le vocabulaire, que beaucoup de verbiages en sciences humaines dans lesquelles on aime complexifier pour donner l’illusion scientifique! Si vous avez rédigé 3 ouvrages sur la complexité des subprimes et que ces ouvrages ont été bien accueillis pas la critique de vos pairs, il ne tient qu’à vous de livrer pour un public plus étendu, intéressé sans doute mais pas forcément apte à digérer des pensum trop complexes, un volume plus mince chez un éditeur de poche ( PUF? La découverte?) et je suis certain que beaucoup de vous auditeurs, toujours nombreux dans vos conférences, se feront un plaisir de faire le choix d’être moins simpliste. Il y a peu encore, quand la collection était bien plus riche qu’aujourd’hui, un « Que Sais-je? » contribuait à de bons apprentissages, même pour des non experts, tant les auteurs veillaient à rendre le plus simple possible des savoirs souvent complexes! Vous faites sans aucun doute un excellent travail de diffusion de vos idées et visiblement, ce qui n’est pas donné à tous vos pairs, un public vous soutient et vous lit. Bourdieu alternait des petits essais sur des thèmes d’actualités avec des pensums. Colman y a bien réussi avec ses deux opuscules sur la monnaie et le capitalisme. Les « subprimes » s’inscrivent dans un environnement économique spécifique et ils resteront sans doute dans la mémoire d’une « crise » historique. Pourquoi ne pas faire une synthèse d’une centaine de pages de vos 950? Vous pourrez y envoyer vos trop simplistes et vous trouverez sans conteste un nouveau lectorat, intéressé par la problématique mais peu enclin à s’attaquer d’emblée à 3 épais volumes. Il y a aussi un art dans la synthèse et beaucoup d’intellectuels qui ont produit des ouvrages encyclopédiques, pour être lus par le plus grand nombre, s’y sont essayés!

    1. Sigefroid décompressé pour donner envie de lire !

      La question que vous soulevez est en soi étonnante.

      La plupart des « gens » qui n’ont pas vécu au cœur de la crise des « subprimes » ne peuvent rien en savoir sauf ce qu’ils ont glané de-ci de-là dans les médias et, pour peu qu’on y réfléchisse un peu, si c’est médias s’adressent au grand public ils fourniront pas la force des choses des informations pour le grand public, donc les plus simplistes possibles! Dès cet instant, le quidam, « puisque la tv l’a dit », prendra pour argent comptant les explications.

      Il n’en reste pas moins vrai qu’est déjà savant celui qui vous évoque les « subprimes », car combien s’y sont intéressé, combien raillez-vous d’intéressés autour de vous sur la masse des citoyens? Dès lors, celui qui vous écoute et vous interpelle est déjà un surdoué!

      Quant à connaître tous les détails de la « crise », qui n’en est plus une depuis bien longtemps en fait, qui les connaît si ce ne sont ceux que cela intéresse vraiment et qui se donnent du temps et des moyens de déchiffrer les milliers d’informations, la plupart de temps contradictoires, qui déferlent jour et nuit dans les médias?

      Mais poursuivons: qui s’y connaît en dehors des « spécialistes » en génétique? En informatique ( la vraie pas le bricolage de clavier)? En neurosciences? En anthropologie? En mathématiques? En géographie, hormis les catalogues de vacances? En astrophysique? Etc. etc. Le dernier esprit universel s’est éteint depuis longtemps et décoder tous les savoirs est devenu le 13e travail d’Hercule!

      Que vous ayez la plume facile et publiez couramment est un privilège et que vous fassiez l’effort de communiquer sur un domaine parmi tant d’autres, est tout à votre honneur et beaucoup d’internautes vous apprécient pour cela aussi! Mais si vous souhaitez vraiment toucher un public plus large, pas stupide mais pas spécialiste non plus , et dont la plus grande qualité est d’au moins s’intéresser au monde, il faut « vulgariser » au mieux la complexité, à l’instar de ce que font certains scientifiques dont l’audience est d’autant plus étendue que leurs communications sont accessibles au plus grand nombre.

      Et on a beau dire, les concepts scientifiques sont autrement plus complexes à appréhender que, ne fût-ce que par le vocabulaire, que beaucoup de verbiages en sciences humaines dans lesquelles on aime complexifier pour donner l’illusion scientifique! Si vous avez rédigé 3 ouvrages sur la complexité des subprimes et que ces ouvrages ont été bien accueillis pas la critique de vos pairs, il ne tient qu’à vous de livrer pour un public plus étendu, intéressé sans doute mais pas forcément apte à digérer des pensum trop complexes, un volume plus mince chez un éditeur de poche ( PUF? La découverte?) et je suis certain que beaucoup de vous auditeurs, toujours nombreux dans vos conférences, se feront un plaisir de faire le choix d’être moins simpliste.

      Il y a peu encore, quand la collection était bien plus riche qu’aujourd’hui, un « Que Sais-je? » contribuait à de bons apprentissages, même pour des non experts, tant les auteurs veillaient à rendre le plus simple possible des savoirs souvent complexes! Vous faites sans aucun doute un excellent travail de diffusion de vos idées et visiblement, ce qui n’est pas donné à tous vos pairs, un public vous soutient et vous lit.

      Bourdieu alternait des petits essais sur des thèmes d’actualités avec des pensums. Colmant [Bruno] y a bien réussi avec ses deux opuscules sur la monnaie et le capitalisme. Les «subprimes » s’inscrivent dans un environnement économique spécifique et ils resteront sans doute dans la mémoire d’une « crise » historique.

      Pourquoi ne pas faire une synthèse d’une centaine de pages de vos 950? Vous pourrez y envoyer vos trop simplistes et vous trouverez sans conteste un nouveau lectorat, intéressé par la problématique mais peu enclin à s’attaquer d’emblée à 3 épais volumes.

      Il y a aussi un art dans la synthèse et beaucoup d’intellectuels qui ont produit des ouvrages encyclopédiques, pour être lus par le plus grand nombre, s’y sont essayés!

      1. Merci pour votre travail « d’aération »! Je ne suis pas trop familier du traitement de texte ici et je l’ai écrit vers 3h du mat! Nettement mieux! Mais de toute façon bien trop long pour la plupart: c’était une réponse à la question de Paul J. qui est un familier de la lecture.

      2. « Le dernier esprit universel s’est éteint depuis longtemps »

        En 2002?

        Et puis il y a peut-être des esprits vivants, qui, à défaut d’être universels, sont en recherche d’universalité? Je placerai volontiers PJ, philosophe, anthropologue, linguiste, mathématicien, économiste (j’en oublie sûrement) dans cette catégorie.

      3. Pourquoi ne pas faire une synthèse d’une centaine de pages de vos 950 ?

        Je viens de la faire sur 6 pages pour mon cours à la VUB. Les voici.

        [Les spécialistes noteront que « toute ressemblance éventuelle avec La crise des subprimes : rapport Patrick Artus, Jean-Paul Betbèze, Christian de Boissieu et Gunther Capelle-Blancard est purement accidentelle ».]

         

        15-7. The Subprime crisis (2007-2008)

         

        The subprime crisis started in February 2007, its climax took place in September 2008 when the bankruptcy of the investment bank Lehman Brothers led to a total collapse of the global financial system. In the order of 2 trillion dollars (2.000 billion dollars) had to be injected in the system within a few days for it to recover some stability.

        The crisis had as its cause the bursting of a bubble in the housing sector of the United States. When the bubble burst the weakest borrowers, so-called “sub-prime” (being below the high quality borrower level called “prime”), were the first to default on the monthly payment of their mortgage (loan for purchasing a lodging). Their loans had been pooled, several thousands at a time, to constitute securities: large debt instruments that investors could acquire just like government bonds, i.e. effectively be the new substitute lenders of these borrowers.

        The popular interpretation of the subprime crisis is that it is due to fraud. Although fraud played a role in the crisis, the most prominent sources of it were 1) greed in the lending industry; 2) incompetence in the understanding of the underlying financial and economic mechanisms; 3) ideological bias in the housing policies of the United States.

         

        1) Greed in the lending sector

         

        An explanation of securitisation

        • Corporations like to acquire securities as reserves as they are off-balance sheet (they supposedly have no impact on the financial health of the company)
        • As for the issuer any future responsibility about the loans securitised has been removed, returns can be accounted for immediately as “gains on sales”:
        • MBS: Mortgage-backed security, a security made by aggregating a large number of prime loans
        • ABS: Asset-backed security, a security made by aggregating a large number of loans of different natures; these may be subprime loans
        • CDO: Collateralised Debt Obligation, a security composed of about 100 “tranches” (certificates) extracted from different ABSs
        • When everything works fine, there is overvaluation of the risk premium: the investor benefits from “risk arbitration”, that the premium was perceived while the risk did not materialise
        • Securitisation implies an unwarranted extension of the insurance principle: 1) it relies on a multitude of poorly capitalised investors; 2) as part of the business cycle an undervaluation of risk is bound to follow an overvaluation
        • “Structuring” a security: assuming maximum potential loss as 4.5 times the worst observed historical case; rating agencies act as “structurers”
        • Securities are reinforced through “credit enhancement”: insurance, credit letters, “subordination”: a cushion made out of so-called “residuals” (loans acting as a reserve fund), “overcollateralisation”

         

        So-called “predatory lending”:

        • On top of the risk premium, the lender charges a subprime loan a rate 3% to 6% higher than a prime loan
        • The so-called “filing fee” may represent up to 10% of the loan amount
        • The “yield spread premium”: the broker gets a commission on the excess rate that he manages to obtain from the borrower (let’s say a normal rate for a particular borrower is 6%; the broker manages to convince the borrower to pay instead 8%; he or she then receives a portion of the 2% [8% – 6%] excess rate)
        • “Prepayment penalties”: if the borrower reimburses his loan early he or she has to pay a penalty (this is in order to raise the value of the loan when securitised by reducing the variability of payments feeding the security)
        • “Teaser” rates: these are promotional rates applying to the first years of a mortgage and aimed at enticing a borrower. As these rates are a source of confusion the legislator made it compulsory that a borrower is also communicated the Annual Percentage Rate of his loan which shows the true rate being paid over the lifetime of the mortgage (all fees paid being included in the overall calculation)
        • “Single premium insurance” for loans with Loan to Value > 80%; this is a downright swindle as LTV drops below 80% in any case after 6 years or so of payments
        • 125% LTV: the loan represents 125% of the house’s selling price
        • Negative equity loans (”pay option ARM”) – as the monthly payments are even lower than the interest payments, the loan amount accrues month after month

         

        The North Carolina law (1999)

        Were expressly banned in that state:

        • The “single premium insurance”
        • “Prepayment penalties” for loans < $150.000
        • All “high cost loans”
        • “Interest only” mortgages
        • “Negative equity” mortgages
        • That a third party is paying for the mortgage’s fees (in fact, a charity “subsidised” by the house’s seller; the selling price is then effectively lower than claimed in the mortgage’s application)
        • To ignore the borrower’s circumstances and count only on appreciation of the house’s value

        Counselling is offered to “underprivileged” borrowers

         

        The Mortgage Bankers Association (MBA)

        • Invests heavily in lobbying to prevent that other states adopt the North Carolina law
        • Funds studies stressing that a North Carolina-type law amounts to racial discrimination (actually there were more loans awarded to minorities in North Carolina than in neighbouring states)

         

        2) Incompetence

        • Edward Gramlich, who was on the Board of Governors of the Federal Reserve warned about the looming crisis Alan Greenspan who was at the time Chairman of the Fed. Greenspan replied that nothing could be done about bubbles and that markets were self-regulating anyway (Edward Gramlich, Subprime mortgages. America’s latest boom and bust, 2007).
        • Refet Gurkaynak who was part of the team of researchers around Greenspan wrote a paper (Economic tests of asset price bubbles, 2005), where he claimed that no such test can be devised and that financial bubbles probably do not exist. This was conducive to an atmosphere where there was little incentive to worry about the housing bubble that was developing at the time ( http://www.federalreserve.gov/pubs/feds/2005/200504/200504pap.pdf )
        • Securitisation was supposed to spread risk but credit-enhancement of securities meant that some of the “certificates” sliced out off these securities were displaying high returns (because subprime borrowers were charged high rates) while they were supposed to be low risk (“AAA”). These high-rate / low risk certificates were kept by banks in their portfolio, concentrating effectively risk.
        • Rating agencies had (and still have) flawed risk models. Some of their models are simply wrong, many are too static and won’t see change coming, many rely on naïve statistical assumptions. Due to the competition between them the rating agencies would never admit that their models were bad for fear of losing on their market share.

         

        3) Ideological bias

        • Mainstream economic theory assumes that financial markets are self-regulating.
        • It assumes also that private initiative is necessarily more efficient than government’s. The truth is that in 2008 governments had to come to the rescue of businesses which otherwise would have fallen massively into bankruptcy.
        • The governance of the real estate lending industry was entrusted to the Government-Sponsored Entities: “Fannie Mae” and “Freddie Mac”, but these were torn between the conflicting goals of serving public interest and achieving the highest returns for their investors. After the 2008 collapse, the GSEs were effectively nationalised.

         

        4) Fraud

        • The inherent swindling of “predatory loans” hardly required that fraud would come on top: the “ordinary” working of the industry was a sufficient scam by itself.
        • Because of the housing bubble background of the early 2000s, lenders were commercially justified to focus on the house’s value and pay little attention to the borrower’s own financial circumstances, allowing fraud in application files. But nobody thought about the fact that if a large number of houses were simultaneously repossessed and put back on the market their price would plummet.

        5) Other factors

        • United States mortgage-backed securities (prime essentially) were massively bought by the Chinese, helping thus at maintaining American interest rates low, which would further encourage lending. Why would they do that? To recycle the dollars that were funnelled into the Bank of China’s vaults as American citizens were buying China-made goods. The USA and China had here a joint profitable business that was suiting both countries… while it lasted.

         

        6) The dynamics of the crisis

        Hyman Minsky (1919-1996) an American Keynesian economist, distinguished three possible statuses for a borrower:

        • “covered”: being able to make interest payments and refund the principal (loan amount) – this corresponds to the traditional (since 1933) American amortizing 30 year fixed-rate mortgage
        • “speculative”: being able only to make the interest payments – corresponds to “interest only” loans; to “investor” loans, also called “no-doc”, also “liar loans”
        • “Ponzi”: doesn’t even have the money to make the interest payments – corresponds to “pay option ARM” (ARM = “adjusted [floating] rate mortgage”) = negative amortization

        2006: real estate prices stagnate, the Ponzi borrower had to refinance his mortgage constantly (to take advantage of the price of his house rising with the real estate bubble) to simply pay the interest; he is now out

        2007: real estate prices drop, the speculative borrower is now out; the investor rents his property but the money he gets by now from rent (too much competition by now between landlords) is lower than the mortgage monthly payment he has to pay

        Many homeowners are now “underwater”: the loan amount still to be reimbursed is higher than the house’s market value

         

         

        7) Chronology of the crisis

        February 2007: drop in the price of ABSs containing subprime mortgages

        July 2007: paralysis of interbank lending; banks have stopped trusting each other (nobody knows how many subprime loans are contained in the others’ portfolio)

        March 2008: Bear Stearns, N°5 American investment bank files for bankruptcy

        September 2008:

        • On the 14th, Merrill Lynch, N°3 American investment bank is absorbed by commercial bank Bank of America
        • On the 15th, Lehman Brothers, N°4 American investment bank files for bankruptcy
        • On the 16th, AIG, N°1 American insurance company is bailed-out through government intervention
        • On the 18th, money markets “break the buck”: on this market for short-term debt instruments, a dollar is by now worth less than a dollar
      4. Vos étudiants n’auront pas d’excuse , s’ils ne sont pas capables de vous assaillir de questions critiques alors qu’ils auront pu potasser le cours avant .

         » Mais les étudiants , c’est bien simple , c’est tous des glandeurs …. »

  32. c’est tout le problème de rendre acceptable un fait compliqué, chaque médecin se trouve confronté à ce problème tous les 1/4 d’heure, 9 à 15 ans d’études pour faire accepter le resultat à un patient dont la pensée est plutôt magique et relie indistinctement immaginairement ,des fluides, des energies une culpabilité aux maux pour lesquels ils vient consulter.
    Docteur c’est simple j’ai mal au petit doigt croyez vous que c’est parce que j’ai mangé du calamar à noel ?

    1. « Docteur c’est simple j’ai mal au petit doigt croyez vous que c’est parce que j’ai mangé du calamar à noel ? »

      ne sous estimez pas l’agressivité du calamar ou du poulpe ninja ! 🙂

  33. Nos dirigeants n ont semble t il même pas compris l explication simpliste, puisqu ils n ont rien fait pour changer les choses !
    Ou alors ont ils d autres objectifs simplistes ?

  34. Paul Jorion,

    A mon avis, la réponse à donner se trouve dans le chapitre 2 (« L’endettement des ménages » (pages 81 à 194)) de « La crise du capitalisme américain ».

    Ce chapitre « plante le décor » de ce qui deviendra la crise des subprimes : il ne me parait pas difficile d’en faire un résumé très court (1 à 2 pages) à l’usage les personnes qui nous disent « Vous savez, la crise des subprimes, c’est bien simple : on prêtait de l’argent à des gens qui ne pouvaient pas rembourser ! ».

  35. Lordon avait aussi constaté sont impuissance face à des interlocuteurs, sur des plateaux d’émissions ou de conférence.(pas retrouvé le lien)

    Des locutions comme « vous êtes pessimiste », ou « vous n’êtes donc pas Charlie » (etc) emportent le morceau en trois secondes, parce qu’il vous faudrait vingt minutes pour expliquer ce qu’il y a dans « pessimiste » ou « Charlie » , vingt minutes que le media ne vous donne pas, ou sinon pour des cadres d’audiences confidentielles.

    Je ne vois pas d’issue à celà, d’autant moins qu’en aval, les cerveaux ne sont pas tous disponibles, lassés par des années de confusion, ils ont abandonné l’idée de comprendre ce qu’il se passe…(abstention de vote et d’intérêt pour une complexité hors de portée)

    1. Vous rappelez-vous Lordon à la télé racontant en quelques phrases simples ce qui se passerait le jours où tous les distributeurs de billets étant éteints, toutes les banques étant fermées et les chèques n’étant plus acceptés il faudrait quand même trouver de quoi manger ?

      D’une certaine manière ça n’expliquait rien mais ça m’a vraiment donné envie d’en savoir plus et je ne suis probablement pas le seul. Un bon père de famille peut-il réagir autrement ?

      1. G L

        Pour vous et moi, ça a fonctionné, nous avons réagi. Pour beaucoup cette alerte là n’est qu’une parmis des millions de sollicitations contradictoires, noyée dans la masse.

        Sans doute il y a dans votre histoire des raisons particulières d’être attentif à cet instant.

        Je suis convaincu que c’est le vécu de chacun qui le place dans cette attention, seuls les faits peuvent nous faire véritablement penser d’une façon. Les mots viennent dessus après pour valider.

        C’est embêtant, parce que cela implique que le vécu d’un grand nombre va devoir changer, pour que la pensée d’un grand nombre évolue.

        Je n’attends par conséquent aucune « prise de conscience » (qui va comme elle vient) mais par contre je pense qu’il faut impérativement donner aux enfants les armes et les outils pour penser par eux mêmes : là il y a du boulot utile.

      2. Je suis né en 1940 dans le Pas de Calais, j’ai donc eu l’occasion de comprendre que tout peut foirer, les individus comme les institutions et le reste.

        S’il n’y avait plus d’électricité pendant quelques jours on aurait beaucoup de mal à ne pas mourir de soif mais je n’en ai jamais parlé avec personne puisque ça me ferait passer pour un idiot auprès de ceux qui ont toujours vu couler de l’au quand ils ouvraient le robinet et n’ont jamais eu l’occasion d’aller en chercher à la fontaine avec un arrosoir dans chaque main (comme on sait jamais et même s’il n’y a plus guerre de fontaines non électrifiées: les 2 arrosoirs c’est pour l’équilibre!)

        Par contre, bizarrement, je n’avais pas réalisé que l’éventualité d’un blocage de tous les moyens de paiement n’était pas evidente pour ceux qui consentiraient à en envisager l’hypothèse.

  36. « Vous savez, la crise des subprimes, c’est bien simple : on prêtait de l’argent à des gens qui ne pouvaient pas rembourser ! »
    « Oui, on a prêté à des gens qui ne pouvaient pas rembourser, mais pourquoi? Est que c’est la première fois? Avec quels résultats? »

    Depuis ma première lecture de « Les Pêcheurs d’Houat » et de « La Transmission des Savoirs », je suis convaincu que les lois de l’anthropologie que vous avez appliquées aux métiers de la mer, valent pour tous les métiers du monde. Mais nous ignorons le plus souvent « les services rendus par la nature » et le non-dit des sociétés dites démocratiques. Il faut une démarche approfondie pour les mettre en évidence et révéler les ignorances du passé et les escroqueries plus récentes.
    Il faut aussi une bonne dose de volonté intellectuelle pour vérifier s’il n’y a pas des «variables cachées » et une fois démasquées, quels sont leurs impacts et leurs limites de validité sur la vie normale ou pathologique de l’écosystème et de sa biodiversité. Pour répondre à Timiota, ce n’est donc pas une question de marges d’erreurs.
    Vous êtes une des rares acteurs de terrain à connaître et dénoncer l’impact des algorithmes sur la vie de ces bulles spéculatives et je crains que M. Macron soit aussi illettré que moi et 99,9 % d’entre nous en la matière ! Voici donc la version des « faits » d’un illettré des techniques en jeu en sachant que ce sont des mécanismes essentiels de l’escroquerie qu’ils utilisent mieux que nous.
    Certes les « marchands de crédit » ont vendu des prêts à ceux qui ne pouvaient pas rembourser mais banquiers et financiers, eux, n’ignoraient pas les limites de ce système même légal, selon leurs normes comptables ! C’est en les « titrisant » que l’escroquerie est devenue mondiale entre « gens de bonne compagnie », chacun y prélevant ses économies qu’il met au soleil, comme toujours !
    OK, il y a une première escroquerie à l’écriture comptable car les certificateurs payés par les clients ne peuvent pas faire un boulot contraire à leurs intérêts immédiats. Il y a surtout une l’escroquerie juridique de la titrisation qui donne corps à l’épidémie mondiale avec l’aide des certificateurs nationaux collaborateurs et complices : personne ne fait son travail de « bon père de famille » pour les mêmes raisons !
    Comme ces escrocs – bon père de famille transformé en loup garou par l’alchimie de la titrisation – règnent encore en Maîtres de cette religion féroce, nous pouvons et devons être légitimement inquiets : ces gens-là et ceux qui les servent, nos politiciens dit démocrates protègent leurs paradis fiscaux avec nos armées en espérant y trouver un repos digne de leur œuvre ! Dans un monde de loup-garou, les bons pères de famille ne se font pas de vieux os et pour être élu, il faut manger dans la marmite du Diable même avec une longue cuillère mais ça laisse des traces ! Cherchez l’erreur et cessez de rigoler car cette fois, ce n’est pas drôle du tout : il faudra plus qu’un soliton, qu’une vague scélérate pour nettoyer la planète. J’attends avec impatience le corrigé du prof ! Merci d’avance !
    PS/ INCISE – La discussion est particulièrement riche. Je viens de lire ici que « Courttarin » avait fait son boulot : Un très grand Merci du fond du cœur !

    « Des commerciaux incompétents prêtaient de l’argent à des élus et directeurs financiers incompétents! »

    Le mot « élu » me va droit au cœur car il est volontairement oublié dans la dimension politique française de ce que nous vivons aujourd’hui, en préparant un tapis rouge pour ceux qui n’ont pas encore croqué et qui demandent leur part au nom de la même religion !

    1. OUI.
      "Je comprenais qu'il y avait toute une industrie, appelée financement de la consommation, qui n'existait que pour arnaquer les gens"
      C’est une phrase de Michael Lewis en dernière de couverture de son livre « LE CASSE DU SIÈCLE ».
      Une enquête romanesque pas simple du tout même assez tordue.
      La crise des subprimes. À LIRE.

  37. Bonjour,

    Je n’ai pas lu tous les commentaires, ni toutes les publications de P.J, alors excusez moi si je pose une question déjà débattue.
    Voilà : dans cette affaire des supprimes, j’ai seulement entendu parler des pertes colossales « subies » par beaucoup d’acheteurs de junkbonds, notées AAA.
    Mais il y a obligatoirement des « contreparties » qui ont fait des profits colossaux sur le dos des « gogos ». Des NOMS !!! Et pourquoi pas des procès contre eux ?
    Et qui en France a attaqué les agences délivrant le AAA ?
    Merci de votre attention

  38. D’abord, relire le « Petit cours d’autodéfense intellectuelle » de Normand Baillargeon, pour assurer ses bases.
    Puis, revoir une conférence gesticulée de Franck Lepage (« Inculture(s) 1 – L’éducation populaire, monsieur, ils n’en ont pas voulu… ») pour aiguiser sa rage.
    Ensuite, ne pas se laisser intimider par l’étendue des dégâts causés aux esprits par des systèmes éducatifs et médiatiques destinés à préserver et justifier l’ordre établi, au détriment de la capacité d’analyse critique.
    Et encore, montrer la patience de Sysiphe, et la pédagogie d’Aristote, pour tenter de faire éclore, de l’embryon difforme d’une idée à l’emporte-pièce, une compréhension supérieure.
    Enfin, se dire que chaque goutte d’eau dans l’océan a son importance.

  39. « Nous prenons une décision, puis nous la mettons sur la table, et nous attendons un peu pour voir ce qui se passe. Si elle ne provoque ni tollé, ni émeutes, parce que la plupart des gens ne comprennent rien à ce qui a été décidé, nous poursuivons – pas à pas, jusqu’au point de non-retour ». Jean-Claude Juncker, président de l’Eurogroupe, 1999.

    Élaborer des choses compliquées (incompréhensibles au grand public) serait donc la clef de l’oligarchie régnante pour conserver le pouvoir ?

    Enfin restons positifs, dans 100 ans, il n’y aura plus beaucoup d’êtres humains sur terre pour chercher à comprendre !! 😉

      1. Pauvre Correa, y’a pas pkus d’miracles sous l’équateur.

        Tout fout le camp mon bon monsieur, m^me à Lourdes , de plus en plus d’inondations……….c’est pas bon pour les hôtels et le commerce des chapelets … aïe aïe aïe

  40. Votre travail servira dans 80 ans à nos arrières petits enfants, lors de la prochaine méga-bulle de crédit, à ne pas faire les mêmes conneries. Ils en inventeront d’autres si le monde dit « moderne » existe toujours. Et c’est déjà pas mal.

  41. Je suis un citoyen moyen qui ne vote plus, qui regarde scrupuleusement les feuilletons télé en entier (plubèèèlavi) et le-journal-du-soiralatélé, qui ne lit aucun livre, qui fait ses courses au supermarché publicités boite-au-lettrisée en mains, qui est s’endetté pour devenir proprio dans 254 ans, qui [toi aussi décrit ta vie ici]…, qui [celle de millions de citoyens moyens]…, qui se contente du soleil qui se lève et se couche, qui …

    Expliquez moi en termes simples (pas simplistes, simples) de la vie de tous les jours ce que les subprimes et les crises qui en découlent ont comme conséquences sur ma vie. Quelles difficultés, quelles complications supplémentaires directes ou indirectes ces subprimes ont bien pu déclencher sur ma pôvre existence et sur ceux qui m’entourent. Expliquez moi ça, avec des exemples concrets qui me parlent, pour me sensibiliser au problème. Expliquez-moi tout ça quand je rentre le soir après 3 heures de transport, et une journée de m..rde. Expliquez-moi quand je reviens pour la énième fois de polanploi pour rien, quand il faut que je fasse cuire les nouilles pour le repas du soir.

    Expliquez-moi en langage commun, parlé, celui que je comprends sans effort supplémentaire.

    Comment je fais pour distinguer une hypothèse simpliste d’une explication détaillée si je ne sais même pas ce qu’est un subprime, ni surtout ce que ce truc peut bien avoir comme conséquence pourrie sur ma vie quotidienne et sur les années à venir.

    950 pages d’explications détaillées ; c’est ailleurs ça, c’est pas chez moi. Je ne suis pas armé pour ça, ni même préparé, 950 pages …

    1. Z’êtes jamais allé voir votre banquier ou autre cetelem (/fnac) qui vous a proposé des crédits revolving ?
      « Vous avez droit à tant de cash ya ka signer là, bla bla le TEG bla bla super super profitez en on a en promo l’écran géant plat et courbe en même temps ».
      Voyez z ou ça mène au carré ? au cube ?  »
      Bon mettez puissance 10 (trouvez des gens près à suivre ce type de schéma pour leur baraque, et à la revendre au « prix du marché » pour en acheter une plus grande 3 ans après, et vous avez les « subprimes ». Origine simple : les « prime » ~ceux qui font peu défaut sur leur prêt. Subprime : les autres, les suivants dans la liste.

      1. Oui Timiota, en attaquant par le crédit revolving, pourquoi pas.
        De ce que je raconte juste au dessus, il y a un peu de moi, et beaucoup de ceux qui m’entourent. Aucune des tentatives que j’ai faites pour tenter un début de discussion sur -par exemple- les subprimes n’a réussi, même pas partiellement. Pourtant, j’en lis des pages de PJ, et de bien d’autres. Mais il y a d’autres problèmes plus urgents à régler. Le crédit revolving, certains de mes proches l’ont traîné jusqu’à leur mort, et même après. Contracté dans la solitude et sans même « l’aide » d’une banque, le crédit revolving s’invite et s’installe directement au cœur du foyer. Nous l’avons découvert après son décès : les échéances continuaient à courir. Trop d’argent isole du monde, trop de dettes aussi. Il y a une honte certaine à avouer le recours au crédit à 20%, quand les autres moyens de financement ont disparu, ou n’ont jamais existé et quand il faut malgré tout assurer le quotidien. Et de découverte en découverte, je m’aperçois que pas mal de monde qui m’entoure est à des degrés divers dans la même situation.
        J’ai donc d’un coté disons une abondante documentation de qualité, et de l’autre la misère, le manque de recul, l’urgence du quotidien. Impossible de leur dire « voila des références -950 pages-, lisez et on en cause après ou même pendant ». Ça ne marche pas, même par petit morceau, même sur le ton de la rigolade …
        Voila donc mon problème : expliquer tout ça avec des mots simples dans le langage du quotidien dans un contexte pour le moins difficile. En particulier montrer et éliminer le sentiment de culpabilité et d’isolement qui en découle. Hé ben c’est pas simple !!

      2. Pourriez vous résumer la discussion (surtout votre deuxième post) et soit la mettre ici soit (j’ose) la mailer directement à Paul Jorion ?
        J’ai l’impression que cela pourrait devenir un billet à part entière, de titre « L’argent qui isole jusqu’au bout »
        (mais je ne peux pas parler à la place du taulier, quand même)

      3. Le rapport crise des subprimes/crédit revolving pour un Français ? Ben depuis 2007 l’encours des revolvings a baissé d’un tiers (de 33 à 22 milliards)…
        Bref, espèce en voie d’extinction.

  42. Bonjour
    Vous connaissez certainement la phrase de Paul Valéry « Tout ce qui est simple est faux, mais ce qui ne l’est pas est inutilisable ».
    J’aurais tendance à ajouter « … par des non experts ». Le cerveau humain est parfait pour manipuler la complexité, à condition d’être organiquement en bonne santé, d’avoir eu une éducation longue et bien faite, d’avoir du temps… et d’être motivé.
    La question est celle du point de départ (ce n’est pas la même chose de s’adresser au grand public ou à des économistes, ou encore des analystes financiers crasses en macroéconomie) et de l’objectif (aider le public concerné à disposer d’une compréhension fine des effets de système qui ont provoqué la crise, avec des gagnants et des perdants, permettant d’anticiper l’évolution probable du système actuelles voire les prochaines crises, ou au contraire de donner quelques repères, forcément simplistes). Tout dépend de toute façon du temps que l’on a : on ne fait pas la même chose en 4 heures ou 40 heures, et des outils pédagogiques à sa disposition (cours magistral, exercices, serious games, débats….)
    Ce que l’on sait, c’est qu’en éducation pour adultes il ne faut pas aller du plus simple au plus compliqué, mais du plus concret au plus abstrait.
    Et que « comprendre, c’est se construire une représentation mentale » (JF Richard), en lien avec nos autres représentations mentales. Et le mieux, pour ça, c’est de fournir plusieurs niveaux de représentations, du plus concret (ce qui arrive à un ménage qui emprunte et dont l’actif perd de la valeur) au plus symbolique (équations mathématiques)…
    Le plus dur, c’est d’accepter que tout le monde ne comprendra pas tout, surtout si on fait un cours magistral…
    Bon courage

  43. Le problème posé par Paul Jorion est la place et le rôle de la connaissance (confrontée à des choses complexes) dans la société moderne , et donc ses relations avec l’ensemble de la population. Or, au cours du XXe siècle, le savoir de type scientifique ( la Science) n’a cessé de gagner en complexité et en étendue, et de développer des langages formalisés ( de type mathématique) de plus en plus ardus. Cette science ne se contente pas de comprendre la réalité, mais aussi bien de la transformer et de la créer. C’est d’ailleurs le cas avec la science économique, qui s’avère autant descriptive que normative, et qui pour beaucoup ne constitue pas une science…
    Résultat: l’écrasante majorité de la population (les gens ordinaires pour aller vite) n’y comprend strictement rien. Seuls les personnes formées, les scientifiques donc, ont accès à ce savoir. Mais comme le champ scientifique devient de plus en plus pointu et spécialisé, se ramifiant en de multiples domaines d’étude, les scientifiques eux même ne comprennent pas l’ensemble, ils deviennent des spécialistes, des experts bornés, qui ne connaissent pas les autres domaines. Comme le dit Edgar Morin, la science moderne souffre de ce manque cruel d’interdisciplinarité et d’interrelation entre les savoirs, ce qui participe grandement au désarroi contemporain ( exemple: l’économie est murée dans ses équations mathématiques et ignore la sociologie, l’anthropologie, la philosophie etc.).
    Il ne peut plus exister aujourd’hui un esprit universel maitrisant l’ensemble des connaissances de son temps, type Pic de La Mirandole, à part une intelligence artificielle, ce qui commence à être le cas. Google est cette sorte d’esprit universel.
    Face à cette marée du savoir, chaque domaine spécialisé s’avère parfois fort complexe, tel ce problème des subprimes qui a nécessité 1000 pages à Monsieur Jorion. Il faudra donc lire ces documents pour avoir une appréhension sérieuse du phénomène, mais ce temps consacré à cela n’est pas employé à étudier d’autres objets tout aussi importants. Aujourd’hui l’aspirant au savoir doit sélectionner ses cibles, et se contenter d’une vulgarisation (sinon c’est plusieurs années d’études etc.).
    Le divorce entre la science et la population ne va cesser de s’aggraver. Prenons l’exemple du nucléaire: en France, voilà un sujet qui concerne tout le monde, mais l’ensemble des gens n’en a strictement rien à faire et , pire, ne maîtrise pas les connaissance de bases sur l’atome. Et alors? la vérité est qu’on peut vivre fort bien sans connaitre ces choses la, qui de toute façon ne nous seront d’aucune utilité dans la vie quotidienne. J’estime qu’il y a une forme de sagesse même, dans cette ignorance assumée, qui comprend qu’on ne saurait prétendre tout connaitre, tout comprendre et tout saisir. Le non vouloir saisir est à la base des sagesses orientales.
    Ce divorce est donc inévitable; c’est ce que Michel henry appelle « la barbarie », et qui fait que , selon lui, la science moderne ne saurait constituer une culture. C’est déjà ce qu’observait Hannah Arendt dans Condition de l’homme moderne, à savoir que les vérités scientifiques ne se prêtent plus à une expression normale dans le langage et la pensée. Divorce qui ne fait que redoubler celui entre deux types de savoir et de pensée: la pensée scientifique et les sciences humaines et sociales (« littéraires » car adossées au langage naturel). Le résultat est donc fort simple: nous sommes clairement dépassés.

    1. Economie, finance, nucléaire: même complexité.

      Complexité désespérante? Pas forcément si on tient compte du fait que Fukishima aide beaucoup à comprendre Lehman Brothers et inversement.

      1. Ce n’est pas la complexité qui fait que ces domaines sont difficiles à maitriser, mais le fait que des phénomènes quasiment aléatoires y ont une importance non négligeable.
        A ce titre ils sont du domaine du bricolage et non de la science.

        On accepte (enfin, ceux qui décident…) ce risque car les enjeux sont très important.
        On peut gagner gros, mais on peut tout perdre. Et comme les pertes sont socialisées, « on » n’hésite pas à pousser le bouchon toujours un peu plus loin…

    2. Rémi Brague aussi dans « Modérément Moderne », considère que la science n’est pas une culture.
      Plus exactement elle est neutre; « La science ne trouve dans les objets qu’elle étudie aucune valeur, ce pourquoi elle s’abstient de tout jugement de ce genre » (p 202)

      Pas le temps de développer

    3. @ miepoivre

      « Il ne peut plus exister aujourd’hui un esprit universel maitrisant l’ensemble des connaissances de son temps, type Pic de La Mirandole, à part une intelligence artificielle, ce qui commence à être le cas.  »

      Cf. (si vous voulez!) mon commentaire 35.

      « Google est cette sorte d’esprit universel. » Pour moi c’est plutôt une bouillie universelle.

      « Ce divorce est donc inévitable; c’est ce que Michel henry appelle « la barbarie », et qui fait que , selon lui, la science moderne ne saurait constituer une culture. C’est déjà ce qu’observait Hannah Arendt dans Condition de l’homme moderne, à savoir que les vérités scientifiques ne se prêtent plus à une expression normale dans le langage et la pensée. Divorce qui ne fait que redoubler celui entre deux types de savoir et de pensée: la pensée scientifique et les sciences humaines et sociales (« littéraires » car adossées au langage naturel). Le résultat est donc fort simple: nous sommes clairement dépassés. »

      Toujours cette maudite coupure galiléenne!

      Thom: « L’ambition ultime de la théorie des catastrophes, en fait, est d’abolir la distinction langage mathématique/langage naturel qui sévit en science depuis la coupure galiléenne ».

      Faut-il croire que nul ne peut être prophète en son pays et en son temps? C’est vraiment l’impression que j’ai depuis que je fréquente ce blog.

      1. @ juannessy

        Thom propose un changement de paradigme.

        J’ai utilisé le mot « prophète » pour souligner que l’on ne s’intéressait pas assez, à mon avis, sur ce blog comme ailleurs, à son message.

        Il ne faut attendre aucun miracle de la lecture de son oeuvre, sinon une apocalypse, c’est à dire la révélation non pas d’un monde nouveau, mais seulement (ce qui est déjà beaucoup) d’une autre vision du monde.

        Thom: « La théorie des catastrophes, anti-magie par excellence, pousse à l’extrême le principe de localité: c’est sans doute pourquoi elle n’offre guère de possibilités pratiques nouvelles. » (Espace, science et magie, 1977)

      2. La théorie des catastrophes, anti-magie par excellence, pousse à l’extrême le principe de localité: c’est sans doute pourquoi elle n’offre guère de possibilités pratiques nouvelles.

        En langage utilisé par les gens normaux, ça veut dire quoi? (à moins que l’objectif de ce charabia ne soit justement que les gens normaux n’y comprennent rien…)

      3. @ Dominique Gagnot

        Je tentais seulement d’expliquer à juannessy qu’il ne fallait pas attendre de miracles magiques de la théorie des catastrophes.

        Thom propose une nouvelle vision du monde. Il est clair que ça ne peut se comprendre en deux temps trois mouvements. Peut-être la meilleure introduction à la pensée thomienne est-elle le film « René(e) » que JL Godard lui a consacré (dispo sur le net)? Si vous êtes pressé et néanmoins un tantinet curieux je vous suggère de commencer à 39’30 par un savoureux lapsus (paraît-il toujours révélateur).

        Voici ce qu’en a dit Thom:
        «  »« Quand Jean-Luc Godard est venu me filmer à mon Institut, je m’attendais à être traité selon l’hagiographie traditionnellement en usage à l’égard des célébrités de la science. Il n’en fut rien et je fus fort déconcerté ; les questions posées étaient d’une grande platitude et ne prêtaient à aucun développement (…). Quinze mois plus tard, j’eus enfin l’occasion de visionner René(e). Ce fut pour découvrir, sous un habillage irrévérencieux et souvent étonnant, une sorte de fidélité profonde à ce qui aurait pu être mon message. »

  44. « Pour chaque problème complexe, il existe une réponse claire, simple et erronée. »
    H.L. Mencken
    J’ai conscience que le personnage n’était pas vraiment un démocrate, mais la citation me paraît judicieuse (et savoureuse).

    1. J’ai l’impression ( passagère) que Paul Jorion- Jean Peuplu se sent plus condamné qu’utile .

      « EloÏ, Eloï , Iama sabbaqthani ? « 

      1. Et puisque Jean Peuplu potasse l’absurde, il est l’heure de relire Camus et son mythe de Sisyphe :

         » Ce monde en lui même n’est pas raisonnable, c’est tout ce qu’on peut dire. Mais ce qui est absurde, c’est la confrontation de cet irrationnel et de ce désir éperdu de clarté dont l’appel résonne au plus profond de l’homme . »

        Mais on a déjà eu le débat sur l’appel à une nouvelle religion portant de nouvelles fins , ou sur une existence sans dieux .

      2. En lisant le dernier billet de François Leclerc , on a aussi une illustration de l’absurde : résolution par la lumière , ou par la souffrance et la mort camouflées sous le tapis avec la merde au chat ?

      3. L’utile se reconvertit , et passe du « faire savoir  » au « faire honte », après un crochet par le « faire peur » .

        Si , à défaut de honte , ça déclenche de la colère , ce serait déjà une façon d’éclairer la scène .

      4. Par contre , je préviens tout de suite Paul Jorion que les betteraves ça ne poussent pas trop en montagne ….

  45. Je suis a priori incompétent à raisonner dans la case « sciences » économiques. Pour moi il y a une réponse simple à l’assertion simple  » on prêtait de l’argent à des gens qui ne pouvaient pas rembourser »; C’est  » le prêteur observant une constance dans la montée des prix de la maison individuelle croyait sincèrement que même ceux qui n’en bénéficiaient pas jusqu’ici devraient pouvoir profiter de l’aubaine ». La complexité intervient avec une autre question, celle de savoir
    pourquoi la croyance s’est effondrée. Car alors le débat se généralise et devient philosophique. Faisant appel à des notions interdisciplinaires. Tout le problème c’est pour ceux, comme vous, qui ont le courage de répondre à des gens comme moi, et pire encore à la masse des gens « indifférents à tout ce qui ne les concernent pas directement », c’est le vocabulaire à trouver pour une vulgarisation efficace,avec toutes ces spéculations de sens dont sont porteurs les mots et concepts ( les risques d’investir dans le vocabulaire valent bien ceux de l’investissement financier!)
    Mis sous forme d’un sujet de disserte : »Visions idylliques et risques catastrophiques de l’évènement humanisant ». Je pense que j’aurais une bonne note,en étant capable de faire référence aussi à Athéna pour ce qui concerne les arts et métiers ( part de l’intelligence technicienne et sociale ) et à Poséidon pour la part du monde physique ( oubli moderne de ce que les intelligences technique et sociale de l’être humain s’exercent relativement à un milieu )

    1. Comme personne ne répond en s’opposant à mon point de vue, je le complète. Dans ma disserte, la crise des subprimes ne serait qu’on exemple concret.(1) Et pour illustrer mon commentaire je me risquerais à prendre la carte  » Le chariot » du Tarot de Marseille, où l’ impétrant ouvrier maçon au stade où il apprenait à appliquer concrètement l’éducation théorique reçue voit son char tiré à hue et à dia vers la gauche ou la droite ( un cheval blanc et un cheval noir). La transmission des connaissances utilisait autrefois des formes simples ( qui n’excluaient pas l’erreur). Elles peuvent rester parlantes par leur simplicité, sous réserve de les resituer dans une histoire complexifiée.
      (1) C’est possible , après coup. Contrairement aux difficultés de P.Jorion, à l’époque, de publier une prédiction.

      1. Et le sommeil les prend comment? Trop de temps passé à la télé? Trouble du rythme circadien du sommeil? Saint Arciatus n’est pas dans l’almanach Vermot?

      2. Saint Arciatus ne comprend rien au peuple , qui ne comprend rien aux subprimes et ne connait pas d’Arciatus dans sa famille .

  46. Connaissez vous la collection des livres didactiques « pour les nuls  » qui est une collection de livres thématiques (histoire, informatique, etc…) , bien calibrée pour tout le monde des non experts que nous sommes majoritairement, car effectivement , les Pic de La Mirandole se font de plus en plus rare.
    je m’explique , je pratique le dessin (entre autre de la sculpture et peinture etc) de puis pas mal de temps, et je commence à connaitre un rayon en la matière. Cela dit si modeste soit il , je suis un esprit curieux et dernièrement j’ai investi dans ‘le dessin pour les nuls ‘ et ho surprise, je me suis rendue compte que ces livres étaient de vrais petites pépites, ils sont pédagogiques dans leur conception , d’un langage clair, accessible, sans tomber dans la simplification qui dénature le thème abordée. Chaque chapitre abordé est agrémenté de notes synthétiques et divers mémos qui sont comme des piqures de rappels qui vous ramènent au sujet du chapitre.
    De vrais petits bijoux de pédagogie, d’où, je pense le succés incroyable que connait cette série depuis le début. Je ne connais pas les autres sujets , je vous parle d’un sujet que je connais pas trop mal et j’ai été vraiment ravie de la richesse et de la diversité de l’information qu’il contient même si ; effectivement; j’en connaissais les lignes des principaux chapitres.

    Feuilletez en un à l’occasion dans une librairie.
    Et puis, compte tenu de la qualité de votre savoir, pourquoi ne pas vous lancer dans « la crise financière pour les nuls » ou « la crise des subprimes pour les nuls ».
    Le monde , les gens , vont vite et veulent des réponses , rapides , claires et concises.
    A défaut de réponses simplistes, je l’ai observé, dans mes échanges avec des proches et des amis ; tout le monde veut pouvoir argumenter et faire court et claire .

    http://www.pourlesnuls.fr/catalogue/1584-culture-generale/1585-histoire/liste/meilleures-ventes/

    Internet à positivement contribué et continue à contribuer à cette démocratisation du savoir.
    Je pense que vous utilisez bien les nouveaux médias et que vous contribuez, aussi bien par vos conférences, vos ouvrages , ce blog , vos publications et vos apparitions télévisuelles à nous informer et à nous ouvrir à la complexité d’un univers, qui est certes aussi le notre mais qui auparavant était réservé à des experts.

    Vous avez du mérite, vous faites un travail ardu car il vous faut tailler , élaguer, agencer cette complexité de façon à la rendre accessible à un maximum de gens.

    Il y aura toujours une frange d’individus qui aura soit du mal à accéder soit ne voudra tout simplement pas comprendre ce que sont les subprimes, c’est clair !

    Peu importe M Jorion, ils ne sont pas si nombreux que cela les défricheurs et les pédagogues comme vous qui se donnent autant de mal .

    J’ai fait un stage en informatique , dernièrement et l’enseignant nous à expliquer qu’en matière de de concentration , en moyenne, le mental humain commençait à décrocher au bout de trois minutes………………………!

    Je vous avais vu à une émission de F Taddeï (ancienne formule), il y a de cela trois ans, je lisais déjà votre blog, et j’ai été stupéfaite de voir que , on ne vous avait pratiquement pas laissé vous exprimer !
    Le peu que vous aviez pu dire était pourtant trés intéressant et méritait un dévelopement, mais était ce du au format et au timing de l’émission ?
    était ce du à ce fameux rythme que les chaines doivent garder sous peine de voir l’audience décrocher ?

    Donc, j’ai continué à lire ce blog , qui a le mérite , avec vos autres publications, dont un livre sur la crise des subprimes que j’ai en format elivre sur ma tablette (trés pratique), d’éclaircir ma compréhension sur une thématique riche et qui , j’en suis parfaitement consciente , impacte notre vie quotidienne , et cela qu’on l’ignore ou pas.

    Les yeux et l’esprit grand ouverts , on souffre plus mais on ne peux pas dire qu’on ne savait pas.

    Un grand merci , M Jorion, GO ON !

    PS : je n’avais pas lu son billet, mais je rejoins aussi les propose de Sigefroid.

    Même si en apparence, la comparaison semble inappropriée (voir ci dessous le lien), vous nous faites réfléchir pour nous affranchir de notre ignorance :

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Cercle_des_po%C3%A8tes_disparus

    Bien cordialement

      1. D’autre conseilleront  » le placement financier pour les nuls », « l’économie libérale pour les nuls »?
        Je vous fait assez confiance d’après ce que vous écrivez sur ce site. Mais, « Le dessin pour les nuls », j’évite!

      2. Je ne conseille rien sauf pour l’exemple qui concerne un thème que j’apprécie parmi tant d’autres, le dessin.
        Non, vous devriez au moins essayer, les règles de base du dessin d’art sont trés simples , beaucoup plus qu’en architecture.

        De plus, ces livres sont vraiment bien faits et trés didactiques.

        haaa tiens je viens de voir un livre qui s’intitule ‘la mondialisation pour les nuls’ quelqu’un connait il Sylvie Goulard ?

        Au risque de surprendre tout le monde, regardez quelles sont les meilleures ventes http://www.pourlesnuls.fr/catalogue/1601-business/1602-entreprise/liste/meilleures-ventes/

        l’économie libérale pour les nuls , oui , bon titre, en tout cas ce titre n’existe pas encore
        donc , pourquoi pas ?

        merci à vous;

        ps : en lien avec le billet de jeanpeuplus mais je vous soigne 🙂

        http://www.laquadrature.net/fr/nextinpact-loirenseignement-des-deputes-et-magistrats-craignent-une-surveillance-generalisee

        cordialement

      3. Sylvie Goulard, député Modem, assez pédagogue.
        Le contenu du bouquin (sur amazon on voit le détail de la table des matières) dont elle n’est que 3ème auteur est pas mal, incluant Naomi Klein dans les dix figures de la mondialisation, et mentionnant les inégalités.
        Après son dada, c’est de nous expliquer que l’Europe serait la source de pleins de bonnes choses « si »… (dans l’Europe pour les nuls, où elle est seule auteure pour le coup)

  47. Cher Paul,

    J’adore vos faux élans de naïveté, très touchant, vraiment…

    J’ai lu vos livres et ceux de beaucoup d’autres, et tenté, comme d’autres, de dialoguer autour de ces problématiques autour de moi. Cette expérience, forcement limitée, m’a (re)appris cependant que:
    Tout le monde se fout royalement de savoir les détails du pourquoi, ça n’intéresse strictement personne.
    Car chacun sait que les escrocs, ça existe et ça sévit, que les arbres ne montent pas jusqu’au ciel, et que le monde est incompréhensible. Mais en fait, non, quant même, ce dernier truc, là, ça fout vraiment trop la trouille, et donc, en fait, chacun a déjà une explication pour tout.

    Bref, une simple confirmation de ce que, pourtant, je croyais savoir:
    1- Que seule une infime minorité s’intéresse au pourquoi des choses.
    2- Qu’en général, ce sont les mêmes que ceux qui se trouvent tout en haut de la chaine alimentaire. Vous savez, là où on trouve le temps de lire, de comprendre, et d’échanger à propos de sujets de plus en plus complexes. Ben oui, y’a des autres qui font pousser à manger, c’est cool…
    3- Que la connaissance, c’est l’arme la plus efficace pour rester tout en haut de la chaine alimentaire.

    Bref, fournir une explication détaillée pour un sujet complexe ne sert strictement à rien si votre but est d’informer vos contemporains, c’est même fortement contre-productif.
    Par contre, ça occupe votre temps et le mien, ce qui n’est déjà pas si mal …

    1. Vous êtes trop pessimiste à l’égard des gens, mais ce que vous dites-là est vrai (partiellement, car je suis par nature optimiste?): Ainsi, à un moment de ma vie je me suis intéressé entre autres recherches marginales, à l’Astrologie. Par pure curiosité envers les pratiques ésotériques et initiatiques diverses. Or, dès que mes jeunes collègues de travail avaient découvert que j’avais un discours paraissant compétent sur la question je fus sollicité pour leur prédire l’avenir. C’est très facile de devenir un charlatan

  48. Bonjour M. Jorion et Vous tous-tes.

    « À quoi cela sert-il alors d’expliquer de manière détaillée une question complexe si une hypothèse simpliste sans rapport avec le véritable déroulement des faits est à portée de la main et deviendra inéluctablement l’opinion communément admise ? »

    Cela ne sert-il pas à chercher et trouver la véritable explication factuelle, démontrable scientifiquement empiriquement, du déroulement des faits, de l’ampleur de leurs complexités, et de ce qui en résulte de plus nocif, afin et de déconstruire les préjugés caricaturaux « scientistes » voulant enterrer la réalité des faits les dérangeant, en réduisant les explications à ce qui les sert le plus ; les slogans – contrairement aux discours étayés – ; le court-termiste du traitement d’un sujet amalgamant de trop des serviettes et des torchons – contradictoirement à la séparation strictes des causes et conséquences – la technocratisation et technicisation des éléments de langage – afin de juste faire montre de « maîtrise » et domination du sujet pour embrouiller encore plus l’opinion – pour que plus jamais ne se reproduisent ce genre de confusion nuisible pour l’espèce humaine…?

    Fait-il se résigner devant « l’inéluctable opinion communément admise » se trompant massivement, et abandonner la recherche de la vérité, démontrée par la réalité des faits, en s’armant de la meilleur pédagogie possible a y appliquer, pour prouver son erreur à cette opinion…? En terme de recherche du mieux pour l’espèce humaine, et son devenir, ses biens communs, etc… Mais excluant toutes recherches de « notoriété » individualiste… Mieux vaut qu’il soit avéré avoir eu raison seul, que tort avec tout le monde…? Ou inversement. Mieux vaut qu’il soit avéré avoir eu tort avec tout le monde, que raison en étant seul…? Qui sera là pour juger…? et avec regard ce jugement sera porté comparativement à celui porté aujourd’hui…?

    1. Rajoutaons aux slogans et court-termisme, la technocratisation et technicisation des éléments de langages cherchant à noyer de jargon la compréhension de l’opinion juste pour faire montre de « maîtrise » et domination du sujet cité…

      1. Pardon pour la répétition « la technocratisation et technicisation des éléments de langages cherchant à noyer de jargon la compréhension de l’opinion juste pour faire montre de « maîtrise » et domination du sujet cité… ». Un « bugg » informatique, à l’origine (retardement du contrôle de modération, ayant fait apparaître que tardivement ce commentaire « rajoutons… ») m’ayant induit a commettre une erreur, en tentant de contourner ce bugg (mon impatience faut dire aussi, à fait le reste) par la fonction « retour à la page précédente », jusqu’à tomber sur celle ou il m’était donné accès à l’inscription du texte (14 avril 2015 à 13:02 ) déjà écrit… disons qu’un léger bugg, inhérent au fonctionnement du site, amplifié d’une grosse dose d’empressement de ma part, ont produit cette répétition….

      1. C’est bien le problème : que même les brocolis deviennent complexes .

         » Les brocolis , c’est bien simple…. »

      2. Qui a dit que tout était simple ?

        merci, cela dit, ne vous inquiétez pas les graines de brocoli et autres cucurbitacés ou tomatinettes ont les fesses au frais; dans un grand frigo norvégien; grâce à ces gentils messieurs et dames bien intentionnés 🙂

        http://www.notre-planete.info/actualites/actu_1580_inauguration_arche_noe_graines_coffre_fort_apocalypse.php

        monsanto and friends; dont tout le monde connait la » force de persuasion » des lobbys au parlement européen ; à défaut de balancer des pesticides par hélicoptère sur la figure et les champs des propriétaires agricoles américains qui osent les braver, n’est jamais avare de contorsions juridico sémantiques pour enfumer le bas peuple qui décidement n’y comprend que dalle………..sauf vous M vigneron, vous êtes bénis des dieux ! 🙂

        ce la dit, les modifications génétiques , la nature fait ça aussi trés bien depuis des millénaires mais avec abondance, encore pour combien de temps ???
        et sans brevet !

      3. Gudule, 2ème lien effacé parce que ça vient de chez Soral et GlobalReasearch.
        Le 1er est juste nul, avec l’interview du gentil confédérateur paysan qui explique que de toute façon les graines ne germeront plus. Mais bien sûr, sont cons les Norvégiens, Rockefeller, Monsanto et Bill Gates, ils foutent des milliards dans un projet qui va faire périmer les graines au bout d’un an, ça tient tout à fait la route comme explication.

        Voyez, c’est là l’explication du « pourquoi c’est toujours les méchants qui gagnent », parce que eux se font chier à bétonner le truc, alors que du côté des gentils, c’est deux-trois explications farfelues à l’emporte-pièce, et après la gueule enfarinée « ah ben pourquoi les gens ne nous plébiscitent pas ?!? ». CQFD

      4. @Julien Alexandre :

        Si tout ce beau monde investit des milliards dans cette soit disant conservation , ça n’est effectivement pas pour redistribuer les graines après l’apocalypse .

        C’est sans doute pour mettre le magot à l’abri de tout autre chose que l’apocalypse .

      5. Juan, j’ai le regret de te confirmer que ton commentaire ne déparerait pas parmi ceux qu’on lit sous le texte du lien de Gudule.

      6. Suite au commentaire « CQFD » de Julien, j’ai juste envie de dire :
        « La théorie du complot, c’est bien simple …»

  49. Le fait que l’« hypothèse simpliste sans rapport avec le véritable déroulement des faits » est le plus souvent le préambule (ou plutôt l’épilogue) au développement de l’idéologie dominante vous semble-t-elle être d’un dévoiement suffisamment pernicieux pour l’humanité pour vous donner la peine d’expliquer de manière détaillée ?
    (Le mode interrogatif est une plaisanterie bien sûr)…

  50. J’ai toujours été étonné que certaines connaissances complexes peuvent être détenues par presque tous. Par exemple : la conduite d’une automobile et le code de la route. Ou encore : le jeu d’échec (et bien des jeux de cartes, domino, etc.). Ou encore : les règles des divers sports et les classements et les pronostics…
    Par ailleurs, nous pouvons vivre sans la plupart des connaissances historiques et scientifiques autres que simplistes.
    Enfin, nous vivons souvent en aveugles, en ignorants volontaires. Toute histoire de « l’Eglise » pour quelqu’un qui a reçu une éducation chrétienne demanderait presque une déprogrammation ! pour approcher les faits des histoires de cette secte visant un héros nommé jésus et surnommé ‘christ’ tel que l’ont raconté quatre copains dans un livre, dont un autre peu après a fait un mouvement fanatique, qui s’est centralisé au IVe siècle et qui s’est divisé souvent… et corrompu encore plus souvent. Il en va de même de la phynance. Rien ne tient ensemble de ce que j’ai lu des décennies durant, le trou noir reste.
    Que des scientifiques veuillent aussi en rester là, c’est le cas des médecins ‘formatés’ à l’allopathie et ne voulant pas prendre de recul, et qui dominent la profession.

    1. Et si le problème n’était ni d’expliquer ni de comprendre des choses compliquées mais seulement de changer des habitudes auxquelles on est attaché ainsi que les justifications qui allaient avec?

      On a d’abord considéré comme justifié d’emprunter de l’argent collectivement ou individuellement pour mener des guerres (Louis XIV), développer les manufactures et se lancer dans des aventures coloniales (Colbert), entreprendre l’industrialisation du pays et réaliser un impressionant réseau de chemin de fer (XIXème siècle.) Plus tard, mais en France surtout après la seconde guerre mondiale, il est devenu normal pour un individu non seulement d’emprunter pour faire construire une maison (que le prêteur peut récupérer quand l’emprunteur fait défaut) mais aussi une automobile puis tout à fait n’importe quoi (cf la liste de la chanson de Boris Vian.) Les mêmes recettes permettant de développer l’enseignement gratuit (un réel investissement même si on est jamais certain de s’y retrouver financièrement) et de boucher le « trou de la Sécu » en empruntant de quoi le combler au fur et à mesure, presque tout le monde était satisfait (au moins dans le souvenir que nous en gardons.)

      Quand, les temps étant devenus plus difficiles aux États-Unis, on y a imaginé d’utiliser de fantastiques « effets de levier » (la maison que nous vous proposons va doubler de valeur en quelques années et d’ici là nous vous prêtons tout l’argent nécessaire pour l’acquérir) il s’est produit une catastrophe plus ample que les précédentes qui devrait en toute logique nous conduire à réviser notre politique économique et financière.

      Sauf que, chacune des options possibles n’étant pas du goût de tout le monde, ceux qui gagnent les élections sont les plus irresponsables, qui promettent que sur le fond rien n’a changé et que grâce à eux tout va redevenir comme avant.

      Si on transposait les choses dans un univers imaginaire pour l’expliquer aux enfants, je suis presque sur qu’ils comprendraient facilement. Du moins les plus jeunes d’entre eux comprendraient beaucoup mieux que des adultes, pour les étudiants de Paul qui sont déjà bien imprégnés par les croyanceces économiques et financières [j’avais êcrit religieuses 🙂 ] de leurs anciens, je ne sais pas!

      1. seulement de changer des habitudes auxquelles on est attaché ainsi que les justifications qui allaient avec?

        C’est le principe du « Petit traité de manipulation à l’usage des honnêtes gens », si je ne me trompe pas. Effectivement, celui qui veut changer son comportement, avec une conviction faible ou prudente (de pionnier) au début, il construit des justifications de plus en plus fortes pour conforter son comportement. Il en devient très convaincu. Ce besoin, cette volonté de s’engager dans du nouveau, d’où vient-elle ? Voilà sans doute la question que PJ doit résoudre. Les autres s’en tiennent effectivement aux ‘justifications’ qui leur permettent de ne pas changer, et ces justifications sont simplistes, religieuses, miraculeuses, etc. Elles font un mur, qui est aussi un écran de fumée. Le débat sur le nucléaire ou l’éolien sur les forums tient beaucoup de l’anathème actuellement. Et les Autorités (un pape ou un archevèque autant qu’un élu victorieux) ont pour rôle de maintenir l’existant. Hollande ne sera pas révolutionnaire, faut pas rêver. Le leader révolutionnaire met en mouvement les pionniers, les mécroyants, les incrédules. S’ils ont faim, c’est plus facile.

      2. @ GL (et juannessy)

        « Et si le problème n’était ni d’expliquer ni de comprendre des choses compliquées mais seulement de changer des habitudes auxquelles on est attaché ainsi que les justifications qui allaient avec? »

        Je pense que changer des habitudes ne suffit pas. Il nous faut à mon avis changer la vision du monde qui a cours depuis la coupure galiléenne (la philosophie expérimentale de Newton et tout ça), vision quasiment imposée par « le système actuellement dominant (essentiellement anglo-saxon?) ».
        Je pense que PJ fait un pas dans cette (bonne) direction dans laquelle Thom a fait avant lui quelques larges enjambées.

        Thom: « La Science progresse en se forgeant de nouveaux modes d’intelligibilité, mais, en dernière analyse, ces nouveaux modes d’intelligibilité doivent s’engendrer à partir d’évidences intuitives portant sur les prégnances émises par les formes saillantes extraites de notre expérience (naïve) du continu. »

        : « Le problème de la démarcation entre scientifique et non scientifique n’est plus guère aujourd’hui qu’une relique du passé; on ne le trouve plus guère cité que chez quelques épistémologistes attardés et quelques scientifiques particulièrement naïfs ou obtus ».

    2. Il me semble que les compétences très largement , sinon étrangement , partagées , que vous relevez avec pertinence , sont des compétences résultant d’un apprentissage ( parfois long et cher pour le permis de conduire ) , et que le pousse à l’apprentissage est dans le « carburant » assez unanimement répandu du jeu , du divertissement , de la jouissance d’une forme de liberté .

      Ce qui me remet en tête qu’il y a deux types de pédagogues :

      -ceux qui apprennent et enseignent par le jeu , l’humour , le « teasing » ,le « spontané » , jouant dans ce que j’appelle la cour du  » hors temps »

      -ceux qui apprennent et enseignent par la rigueur , les référents , la logique , jouant dans ce que j’appelle la cour du présent .

      Les premiers couvrent plutôt les jeunes années , les seconds après douze ans , mais c’est le rêve quand ils sont mixés aussi bien en primaire, qu’au collège , lycée ou université .

      D’où l’importance de la cohérence du couple enseigné/enseignant .

      1. Quelqu’un d’assez méchante humeur a écrit « heureusement qu’on apprend pas à parler à l’école! »

        Même si ça n’est pas exact puisque cet apprentissage se fait en imitant les autres donc aussi les maitres et les autres élèves, c’est un apprentissage á première vue très différent de celui de l’écriture (si on exclu le tracé des lettres qui se fait lui aussi par imitation et celui du clavier réputé ne plus être nécessaire.)

        En principe il faut connaître les règles de la grammaire qui sont si nombreuses que personne n’est jamais certain de toutes les respecter. N’étant pas compétent en la matière je vous laisse juge de l’utilité de connaître la dite grammaire mais dans l’ecriture l’imitation a aussi un rôle essentiel puisque c’est en écrivant et en comparant le résultat avec ce qu’écrivent les autres qu’on apprend (ou pas) la part la plus difficile de cet art.

        Si on exclu tout ce que l’on apprend en imitant les autres il reste peut-être quelque chose d’essentiel mais je suis incapable de préciser en quoi ça consite!

      2. Pour l’apprentissage du parler , le « stimulus  » essentiel c’est la mère . Les anglais sont plus riches que nous pour une fois , qui font toujours le distinguo entre mother tongue et language .

        Pour l’écrit …je préfère laisser la plume aux pédagos des deux espèces que j’évoquais .

        PS : tiens , je me demande si Paul Jorion est plus convaincant et a plus d’écho en anglais , sur le sujet des subprimes . Apparemment non .

      3. @pédagogie ou pas; je trouve l humour TRES compatible avec la rigueur et même essentiel 🙂

        La rigueur dissociée du manque d’humour est un peu inquiétante tout de m^me….

      4. @Gudule :

        C’est souvent cette association qui fait les très très bons pédagos .

        Mais elle ne va pas de soi , et est même plutôt rare car elle met en relation des zones et aptitudes du cerveau que l’on ne travaille pas à la même époque et dans les mêmes conditions ( je parle du cerveau du pédago ).

  51. Finalement, la crise des subprimes, c’est peut-être assez simple : des banques spécialisées dans l’immobilier prêtaient de l’argent à des pauvres pour qu’ils prennent le risque de spéculer à la place des investisseurs habituels qui n’auraient pas osé le faire dans des conditions aussi risquées ?

  52. « La crise des subprimes, c’est bien simple : on prêtait de l’argent à des gens qui ne pouvaient pas rembourser ! »

    De mon point de vue, le problème c’est qu’il ne s’agit pas d’une description de ce qui a été fait, mais d’une description de ce qui s’est passé.

    La différence entre les deux? La lecture a posteriori est mono-déterminée, pas le déroulement réel.

    Le mono-déterminisme qui est ainsi pointé? Une volonté d’escroquerie établie à tous les étages, donc une volonté de faire « le mal », l’abandon de tout sens moral.

    Le déroulement réel: un multi-déterminisme. Ce qu’il y a de bien avec les structures sociales, c’est que ce sont toujours un peu les mêmes (technicité/incompétence ; effet de masse/mimétisme ; mauvaise appréciation de l’environnement …). Finalement même si tout le monde avait été honnête, on se la serait peut être bouffée cette crise.

    Certains partent du principe que c’est plus simple de dire « il y a des pourris prêts à tout pour faire du fric », que de pointer du doigt les risques engendrés par les systèmes complexes (sans même y ajouter la couche de malhonnêteté…). C’est vrai, mais si on abandonne cet effort, on fait le lit d’une explication récurrente: « tous nos problèmes découlent des actions (forcement complotées) d’une petite minorité ».

    Alors:
    « une hypothèse simpliste sans rapport avec le véritable déroulement des faits est à portée de la main et deviendra inéluctablement l’opinion communément admise »

    … c’est vrai, mais on verra qu’elle sera la conclusion politique de cet égarement….

  53. All that Jazz
    Et si c’était simplement un rapport de force et par complémentarité, de la soumission ?
    Analyse, explication, justification, démonstration, pédagogie,… la mise au grand jour de pratiques financières et économiques irrationnelles, absurdes ou même illégales, n’a pas l’air de perturber plus que ça nos dirigeants et élus.
    Certes on ne peut accepter l’inacceptable et on ne peut qu’encourager les lanceurs d’alerte, mais parfois ne vous vient t’il pas l’idée de vous dire « à quoi bon », ou « trop c..s »
    En tous cas, merci pour votre blog, vos livres, vos conférences et votre persévérance.

  54. Bonsoir,
    Intéressante interrogation.
    La majorité de la population a une perception « métonymique » de la réalité qui l’entoure car tout le monde n’a pas le temps de lire 950 pages sur le sujet. Et on pourrait dire la même chose des infrastructures métalliques, de la poésie celtique du 14e siècle ou de l’arthrose osseuse, etc. La spécialisation chaque jour accrue dans toutes les disciplines renforce cette « métonymisation » de la perception.
    Quelques disciplines, comme la chirurgie, échappent encore à ce processus et parviennent à imposer une forme d’humilité au public. En effet, il ne viendrait à l’idée de personne de dire : « il suffit de lui couper l’aorte » pour régler le problème.
    Que faire ? Tomber dans le discours de l’expertise, mais celle-ci oscillera toujours entre une certaine simplification « grand public » et une spécialisation qui devient vite inaudible pour le grand nombre. Peut-être faudrait-il avoir une stratégie de création de niveaux « intermédiaires » successifs qui permettrait de construire une progression du simple au compliqué mais on perçoit vite que c’est pas si simple que ça,…

    Autre interrogation concernant les « sub-primes » : je me suis toujours demandé pourquoi les créanciers ont choisi d’expulser le locataire au lieu de rééchelonner le remboursement du crédit. La mesure aurait pu être provisoire mais au moins le principal de la dette se réduisait quand même un peu et le locataire gardait sa maison.

  55. Bonsoir à tous
    « À quoi cela sert-il alors d’expliquer de manière détaillée une question complexe si une hypothèse simpliste sans rapport avec le véritable déroulement des faits est à portée de la main et deviendra inéluctablement l’opinion communément admise ? »
    Les politiques, experts en la matière, ont depuis longtemps répondu à cette question en réduisant leur vocabulaire de campagne à environ 400 mots ( le français en compte plusieurs milliers.)

    Sur les effets à long terme des subprimes, voici un scoop: A l’instant, une de mes amies qui venait d’être embauchée par un organisme gérant le 1% logement a été rappelée par son recruteur catastrophé: l’embauche est annulée, tous les autres recrutements dans cet organisme sont gelés: le gouvernement a cet après midi sorti un arrêté définissant le siphonnage des fonds du 1% logement pour renflouer les caisses de retraites.
    Donc, on ne prêtera plus d’argent aux pauvres pour se loger et nous échapperons ainsi à la crise des subprimes et les 950 pages de Paul sur le sujet n’auront pas lieu d’être ce qui rend l’objet premier de ce billet nul et non avenu lui aussi!
    Ceci, Gudule, pourrait il servir d’exemple pour un « Raisonnement pour les nuls »?
    Tout de même 150 contributions au blog annulées d’un trait par un arrêté du gouvernement concernant un transfert ( c’est le politiquement correct pour détournement) de fonds c’est un bel exemple des résonances de la complexité n’est ce pas.

    Cordialement. Steve
    PS @Gudule; une bonne façon d’aborder physiquement le rapport au temps est de dessiner la surface de l’eau en mouvement.

    1. Vous n’avez pas l’air de bien savoir ce qu’est le 1% logement , ni à qui il sert .

      Ce 1% ne fait d’ailleurs plus que 0,45 % depuis pas mal de temps , et l’Etat a bien raison d’aller voir comment il est géré .

      Pour le détournement de fonds , c’est le sport préféré de Bercy depuis toujours .

      1. Exact sur les 3 points Juannessy!
        Ne pouvant plus même songer à suivre les traces de Pic de la Mirandole, J’ai limité mes centres d’intérêt à un seul: vivre. Le 1% logement et ce genre de choses fait partie de ce que j’ai rejeté en pleine conscience lorsque je suis parti à la suite du Chaplin de la fin des Temps Modernes et je ne dévoierai pas une seule seconde du temps que je surfe pour tenter de combler cette lacune!
        Mais je suis heureux qu’il y ait certains de mes semblables qui semblent posséder à fond la science du 1% logement: après tout, comme le jardinage ou le dessin, la méditation ou tout autre art pratiqué avec un total engagement et une totale sincérité, ce peut être une voie d’Eveil possible.
        Cordialement.
        Steve

    2. Pour ce qui est du nombre de mots de la langue française , ça oscille entre 200 000 et 1000 mots , selon qu’on est exhaustif ( y compris les noms propres ) ou qu’on se contente d’un petit dictionnaire suffisant pour tenir une conversation courante .

    3. @Steve

      Merci Steve pour votre charmant billet.

      « Sur les effets à long terme des subprimes, voici un scoop: A l’instant, une de mes amies qui venait d’être embauchée par un organisme gérant le 1% logement a été rappelée par son recruteur catastrophé: l’embauche est annulée, tous les autres recrutements dans cet organisme sont gelés: le gouvernement a cet après midi sorti un arrêté définissant le siphonnage des fonds du 1% logement pour renflouer les caisses de retraites. »
      et
      Ceci, Gudule, pourrait il servir d’exemple pour un « Raisonnement pour les nuls »?  »

      et pourquoi pas ? n’est ce pas un exemple concret ?
      Ce ne sont pas les exemples quotidiens concrets et que nous sommes nombreux à vivre qui manquent pour illustrer l’impact néfaste des conséquences de ces orientations économiques toxiques .
      MAIS en fait , comme je ne suis pas l’auteur et que ma suggestion parlait surtout du contenant et non du contenu, faites la suggestion à Paul Jorion directement ce sera mieux

      « Donc, on ne prêtera plus d’argent aux pauvres pour se loger et nous échapperons ainsi à la crise des subprimes et les 950 pages de Paul sur le sujet n’auront pas lieu d’être ce qui rend l’objet premier de ce billet nul et non avenu lui aussi!
      Ceci, Gudule, pourrait il servir d’exemple pour un « Raisonnement pour les nuls »?
      Tout de même 150 contributions au blog annulées d’un trait par un arrêté du gouvernement concernant un transfert ( c’est le politiquement correct pour détournement) de fonds c’est un bel exemple des résonances de la complexité n’est ce pas. »

      Ce n’est pas ce que j’ai dit dans ma contribution, je vous laisse la responsabilité de vos déductions que je partage ne pas du tout.

       » Cordialement. Steve
      PS @Gudule; une bonne façon d’aborder physiquement le rapport au temps est de dessiner la surface de l’eau en mouvement. »

      OUI J’ADORE CELA, vous devriez essayer……ça détend .:-)

  56. A Makaevitch

    Un juge japonais s’est opposé à la remise en marche des réacteurs no 3 et no 4 de la centrale nucléaire de Takahama, donnant raison aux habitants de la région inquiets de la sécurité des installations.

    (En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/planete/article/2015/04/14/japon-la-justice-s-oppose-a-la-remise-en-marche-de-reacteurs-nucleaires_4615354_3244.html#igZgeKT8ZyXe6qI3.99 )

    Peu importe la ou les raisons invoquées, il est évident que le juge en question ne s’est pas plongé dans le detail des rapports de l’autorité de contrôle du nucléaire affirmant que les réacteurs étaient conformes aux nouvelles réglementations sur la sécurité et pouvaient par consequent être redémarrés. Personne n’est en réalité capable de lire l’ensemble de ces rapports et d’en tirer des conclusions favorables ou pas au redémarrage en ne se basant que sur des considerations techniques.

    En raison de craintes quant à la sécurité, l’opinion publique dans l’archipel reste majoritairement hostile à une remise en marche de ces réacteurs.

    Vous êtes tout à fait, un peu, pas vraiment, pas du tout d’accord avec le juge ou n’avez vous aucune opinion à ce sujet ?

  57. @ Paul Jorion

    À quoi cela sert-il alors d’expliquer de manière détaillée une question complexe si une hypothèse simpliste sans rapport avec le véritable déroulement des faits est à portée de la main et deviendra inéluctablement l’opinion communément admise ?
    Je ne connais pas la réponse mais j’aimerais bien savoir ce que vous en pensez.

    Vous avez mille fois raison de vous interroger avant de répondre. Peut être même pourriez vous allez jusqu’à dire que vu la criticité de la situation de l’espèce humaine, il n’est plus très utile et il peut même être néfaste de perdre du temps à vouloir rentrer dans les détails du processus utilisé avec l’arnaque aux subprimes.

    Il vaut mieux amener nos contemporains à comprendre que notre espèce n’a vécu, n’a évolué et s’est considérablement développée depuis ses origines, que parce qu’elle a été capable de prélever dans l’environnement qui lui était accessible, les matières et l’énergie nécessaires à sa perpétuation, bien avant que soient inventés les emprunts fondés sur des constructions imaginaires, du papier, du virtuel, des croyances, notamment celles fondées sur l’argent immatériel.

    Même l’argent, le vrai, le matériel, celui qui est fait de vrai métal, n’a de valeur que si on le considère comme un moyen d’échange avec ce qui est utile, voire même indispensable à la vie, ce qui est le plus « prisé » par les vivants et qui n’est d’aucune utilité pour les morts.

    C’est pour cette raison que j’approuve la formule suivante:

    « L’argent ne vaut que par l’idée que l’on s’en fait. »

    Je vous l’attribue, bien que de multiples recherches ne m’ont pas permis de retrouver où et quand vous l’avez énoncée. C’était probablement à l’occasion d’une de vos vidéos diffusée avant le 12/12/ 2011 à une époque où Olivier Brouwer ne réalisait pas encore ses retranscriptions.

    Ces instruments représentant une valeur virtuelle, tout comme les titres d’emprunts émis par les banques avec les subprimes, n’auront jamais une valeur aussi solide et sûre que celles qui sont constituée d’énergie et de matières directement utilisables pour entretenir et perpétuer la vie humaine.

    Au lieu de rentrer dans des détails, finalement sans importance, parlez de l’essentiel.

    Parlez de l’énergie et de la matière qui sont à la base de l’existence de tous les organismes vivants.

    Parlez de la nécessité de freiner la consommation de ces ressources essentielles à la survie de l’espèce humaine qui en est grande consommatrice. C’est pourtant cette espèce qui risque fort d’être la première à en périr, à force de donner trop d’importance aux illusions, aux virtualités, et aux croyances diverses qui nous détournent de l’essentiel.

  58. Suite aux difficultés que je rencontre pour parler autour de moi des catastrophes vers lesquelles nous nous dirigeons, je propose quelques éléments de réponses.

    1. >Gudule> Le monde, les gens, vont vite et veulent des réponses, rapides, claires et concises. <bluegreen> Bref, fournir une explication détaillée pour un sujet complexe ne sert strictement à rien si votre but est d’informer vos contemporains, c’est même fortement contre-productif. <GL> Et si le problème n’était ni d’expliquer ni de comprendre des choses compliquées mais seulement de changer des habitudes auxquelles on est attaché ainsi que les justifications qui allaient avec?<<
    Un quatrième élément, me semble-t-il, est ces idéologies dans lesquelles nous baignons. Chacun d'entre nous en favorise certaines au détriment d’autres ; mais, le centre semble plus garni que les extrêmes.
    Sur les blogs – dont celui de Bruno Colmant –, on peut voir généralement que les discussions tournent souvent à un dialogue de sourds en raison des valeurs que les intervenants ont choisis. Une illustration criante est fournie par les blogs où on discute de questions religions : il est rare qu’on puisse dépasser trois échanges sans arriver aux insultes tant nous sommes englués dans nos ‘préjugés bien, trop bien même, acquis.
    C’est dans ce quatrième élément qu’on retrouve l’utilité et la nécessité des propagandes.

    Addendum : Je me permets ici un petit écart avec le sujet initial. Je pense, inspiré par Edward Louis Bernays, que la propagande est un enjeu des plus importants des différents pouvoirs pour rester bien tranquilles dans leur ‘cockpit’. Qui possède les medias, maîtrise l’agenda.

    1. @Jean passe

      « Le monde, les gens, vont vite et veulent des réponses, rapides, claires et concises. »
      c’est une observation personnelle, dès qu’on commence à entamer une conversation à plusieurs sur un sujet qui touche le coeur des problèmes , ce n’est pas que les individus ne veulent pas savoir, ils courent tous partout et moi qui essaie de modestement essayer d’arrêter de courir pour trouver encore le temps de pauser devant l’infini ailleurs que sur mon oreiller, je le comprends, cela dit l’intérêt est réel, ne commettez pas l’erreur qui consiste à penser que les gens s’en foutent, ça; s’est contre productif.

       » Bref, fournir une explication détaillée pour un sujet complexe ne sert strictement à rien si votre but est d’informer vos contemporains, c’est même fortement contre-productif.  »

      NON, pas d’accord, nous sommes encore un tout petit peu libres de nous informer comme bon nous semble et d’ouvrir notre esprit à d’autres perspectives que celles pondues par les médias non indépendants (saucissonés). Nous avons le CHOIX de nos lectures et la paresse intellectuelle des uns n’est pas un argument pour niveler l’intér^t porté par d’autres à cette richesse d’informations; vers le bas !

      La montagne est escarpée et le sommet élevé mais si il y a des sentiers ou des chemins de traverse pour l’atteindre chacun et cune est libre de les emprunter ou pas ou de rester le nez dans le gazon.

       » Addendum : Je me permets ici un petit écart avec le sujet initial. Je pense, inspiré par Edward Louis Bernays, que la propagande est un enjeu des plus importants des différents pouvoirs pour rester bien tranquilles dans leur ‘cockpit’. Qui possède les medias, maîtrise l’agenda. »

      Entièrement d’accord, je pense que c’est un des principaux contre poids et ça c’est du lourd, mais pas indémontable.
      merci à vous M. J

  59. Les subprimes, c’est bien simple :
     » on prêtait de l’argent à des gens qui ne pouvaient pas rembourser !  »

    Ben moi, l’explication me va, si le « on », trop indéfini, est remplacé par ce qu’il représente : des banquiers minables du niveau d’un bateleur de foire.

    On peut se douter que l’explication est plus complexe, mais la simplification apportée ne nuit pas à l’ensemble qu’un citoyen doit comprendre: le système bancaire doit être mis à bas et balancé par dessus bord. Il serait remplacé par un système de crédit d’Etat. Il s’agit que couper court à l’esprit spéculatif.

    Il va de soi qu’un salaire moyen doit permettre à une famille de vivre et se loger en sécurité.

    1. Non ! 100 fois non ! Arrêter la simplicité de jugements manichéens autour du crédit, basé sur des contrats entre des charlatans cupides et des consommateurs imbéciles! Avec la bonne réponse simpliste par l’opposé : le crédit d’Etat. L’Etat, fixant des règles, certes peut éviter des excès. Mais il n’éviterait pas les mêmes errements en matière d’aménagement du territoire, s’il s’agit de répondre à la revendication des classes moyennes voire populaires, en période de croissance des revenus, d’accéder au bonheur de « posséder sa petite maison dans la prairie », en adaptant ce mythe à ses divers moyens, pavillon de banlieue, maison à la campagne, isolement d’un « fabrique » dans un beau paysage naturel. Le langage populaire du monde d’avant avait un vocabulaire très imagé pour dire d’une personne qu’elle déraisonne : « Il est dans la prairie ! » Suis-je parmi les trop rares ici à poser la question de la maison individuelle, impliquant deux voitures, l’hypermarché, le devenir obsolète des anciennes pratiques de vie sociale, ou du moins leur enchérissement, etc,.. Rien de plus désastreux écologiquement. Paul Jorion avait vu , dans son domaine la banque, l’a-vénement en préparation d’une catastrophe. Après coup, aujourd’hui l’é-vènement symptomatique doit être présenté, étudié, vulgarisé, en tant que signe d’un mal plus général.

      1. 1- L’Etat est le meilleur garant de l’intérêt général. C’est mon crédo. D’expérience, je ne vois rien qui puisse le remplacer.

        2- Le « métier » de banquier doit être ennuyeux, ou répétitif, ou mécanique, répondant à chaque cas par une procédure déterminée ne laissant aucune marge à l’initiative.
        La bonne règle général doit être celle du « 2,3,5 »: Emprunter à long terme à 2%, prêter à court terme à 3%, en charentaise à la maison à 17 heures.

        3- Vous avez raison quant aux ravages de la petite propriété.
        Perso, je suis locataire d’un HLM depuis 35 ans, par intérêt et par conviction. Hélas, mon HLM est à bas prix parce qu’il est situé dans un coin perdu. Le premier magasin d’alimentation est à 4 km ( et 300m de dénivelé- Vélocipède très difficile…)
        La gare la plus proche est à 17 km. Pas de transport en commun de proximité. Il faut aller pedibus à l’arrêt le plus proche, 3,5 km.
        Il me faut une bagnole, plus encore à ma femme.

  60. Sur les subprimes, plutôt que de picorer des informations dans les média, lisez le document synthétique publié par la documentation française : La crise des subprimes : rapport Patrick Artus, Jean-Paul Betbèze, Christian de Boissieu et Gunther Capelle-Blancard
    http://www.ladocumentationfrancaise.fr/var/storage/rapports-publics/084000588/0000.pdf

    Quelque soit le sujet que nous souhaitons comprendre, nous devons nous investir personnellement, y consacrer du temps, lire des ouvrages de vulgarisation puis au fur et à mesure de notre compréhension, lire des ouvrages plus pointus. Comprendre c’est bien mais cela ne suffit pas.

    Je change de sujet…

    Aujourd’hui, je suis étonné du pouvoir que nous acceptons de céder à Mario Draghi. Personne ne semble avoir quelque chose à y redire. M Draghi a trouvé une méthode risquée de faire baisser les taux d’intérêt à zéro mais sans finir le travail car il ne le souhaite pas.

    A force de tourner, retourner le problème, j’ai fini par arriver à la conclusion que le système actuel s’étouffait de lui-même, chaque crise lui donnant un temps de rémission supplémentaire. D’ici 30 ans, la cause sera entendue. Et si ce n’est pas 30, ce sera 60, mais ce n’est rien par rapport à l’espérance de vie de l’humanité.
    Pour vivre mieux, il suffit que nous décidions d’aller un peu plus loin que ne le veut Mario Draghi : nous ne pouvons plus faire de l’argent avec l’argent car ce qui était jouable à petite échelle, ne marche pas à l’échelle de la planète.

    C’est probablement l’une des raisons qui repoussera l’adoption du bancor, car avec une monnaie unique, le phénomène devient tellement criant que ceux qui vivent en faisant de l’argent avec l’argent (des autres d’ailleurs) risquent d’être mis à nus.

    Pour revenir au sujet des Subprimes, ne plus faire de l’argent avec l’argent, c’est impossibilité de revoir apparaître des subprimes ou équivalents !

    1. « lisez le document synthétique publié par la documentation française : La crise des subprimes : rapport Patrick Artus, Jean-Paul Betbèze, Christian de Boissieu et Gunther Capelle-Blancard »

      Vous l’avez lu ? Qu’est-ce que vous pensez de la qualité de l’analyse ? Qu’est-ce qui vous conduit en particulier à dire « synthétique » ? N’avez-vous pas le sentiment qu’il s’agit plutôt d’un amoncellement de considérations disparates dont aucune image précise n’émerge ?

      1. Paul, vous avez raison, le mot synthétique est inapproprié. Il s’agit d’une compilation de faits. Je recommande néanmoins sa lecture à ceux qui veulent entrer dans le sujet. Le texte ne permet pas de se forger une intime conviction quant aux errements du système actuel. La seconde partie qui reprend des commentaires de Pierre, Paul ou Jacques sur le rapport donne un éclairage complémentaire. Chacun a son libre arbitre et fera le tri entre le grain et l’ivraie au fur et à mesure de ses connaissances.

        Quant à l’un des auteurs du rapport, j’émets de grandes réserves quant à sa volonté de réformer le système dont il vit confortablement. Toujours décalé, avec une voix bien posée, il enfourne tous les sujets à la mode dont la stagnation séculaire. Ses articles sont truffés de courbes, de chiffres dont aucune conclusion ne se dégage.

        Le compte rendu de la Cour des Comptes sur Dexia est du même acabit sur les pratiques bancaires : à lire en prenant le recul nécessaire. Un petit tour par les rapports annuels de la BRI, BCE, FED, Banque Centrale Nationale, IMF ne fait pas de mal non plus. Merci à Vigneron !

        Faire de l’argent avec l’argent des autres finit toujours par une catastrophe qui touche les particuliers et non les financiers, c’est le principe de toutes les bulles. L’argent facilement gagné aiguise l’appétit de certains qui misent toujours plus.

        Quelques « innovations » bancaires ont permit de repousser les limites de la mise toujours gagnante. Les financiers ne croient pas aux martingales gagnantes. Par contre, ils ont l’art de concocter des produits rassurants pour les banquiers qui présentent une aversion au risque hors du commun. Le CDO, il n’y a pas mieux. C’était la vrai béquille des subprimes qui expliquent les montants en jeu : du jamais vu.

        Au passage, je souhaite égratigner les « innovations » bancaires qui n’ont rien à voir avec les innovations technologiques dont elles usurpent le nom. La règle de trois des financiers, les abaques de la mutualisation des risques (Var) basées sur des courbes de risques que l’ont modifient en fonction des risques n’ont rien à voir avec la stabilité des lois de la relativité restreinte et générale. Si vous connaissez un banquier, un financier qui innove, dite le moi, j’irai le voir et vous ferais un article en retour sur le blog.
        J’en connais .. mais je vous mets à l’épreuve pour que vous le les dénoncier car ils font du bon boulot.

        Et le Bancor ? L’idée est excellente, le principe excellent ( de l’anti Mario Draghi). Par contre, je crains que l’idée soit trop centralisatrice et mal adaptée aux conditions « locales ». Comment l’adapter aux conditions locales ?

        Dans ma quête de la connaissance, je suis en train de lire Keynes que je recommande. C’est une valeur sure. Sa lecture me permettra de faire l’impasse sur celle de Marx. Ils disent tous deux la même chose sans s’en avoir eu la possibilité de se rencontrer.

        Mon cher Paul, what did you expect…

  61. Les gens n’ont pas besoin de comprendre, croire leur suffit.
    Les gens n’ont pas besoin de penser, répéter ce qu’on leur a mis dans la tête leur suffit.
    Le contrôle des médias de masse, et de l’enseignement, est à la base du Pouvoir,
    Le droit de vote l’assoit.

    Que faire contre ça?

    1. Que fait le pouvoir quand il veut absolument conserver le Pouvoir ?
      Confiscation de toutes les ressources vitales (y compris l’oxygène) et si tu n’es pas d’accord, c’est la prison, les camps ou la peine de mort.
      bref, ma réponse est probablement encore moins ragoûtante que l’affirmation très shakespearienne de Hervey.

      1. Quand le pouvoir veut absolument conserver le pouvoir c’est qu’il l’a déjà perdu mais qu’il ne s’en rend encore pas compte.

  62. Je retire ce que j’ai dit sur l’acceptation, ou la soumission et donc le rapport dominant/dominé. Car par dérapage cela reviendrait à considérer qu’il y a des classes supérieures et inferieures, ce qui revient à fournir un alibi et à encourager l’attitude des profiteurs, sinon même des tyrans. Qui certes sont minoritaires numériquement, mais s’attribuent un pouvoir exorbitant.

    Pour la simplicité et l’impact, rien ne vaut la publicité, ou le cinéma.
    Je trouve que le film « the wolf of wall street » est assez percutant et simpliste. Mais comme il pourrait avoir un effet contreproductif sur des étudiants (avec risque de déviance), il ne vous reste plus M. Jorion qu’a tourner votre propre film.
    Sans vouloir vous vexer, les prises de vues fixes et la mise en scène du « temps qu’il fait » sont un bon début, mais je pense qu’il faut voir plus grand.
    Plus sérieusement, j’attribue plus d’attention à vos vidéos, audios, qu’aux écrits. Non pas en raison de la richesse et de l’intérêt du contenu, mais en raison de ?????

  63. À quoi cela sert-il alors d’expliquer de manière détaillée une question complexe si une hypothèse simpliste sans rapport avec le véritable déroulement des faits est à portée de la main et deviendra inéluctablement l’opinion communément admise ?

    c’est l’entité ou le groupe qui dépense le plus d’énergie (même par procuration)
    qui prend le dessus,
    pour les idées et la culture c’est pareil (François Roddier, thermodynamique de l’évolution).

    1. Je viens donc d’écouter une telle conférence de Roddier.
      https://www.youtube.com/watch?v=6lNz5vmKEFA
      Le fait de ramener toutes les disciplines au même principe général d’organisation assez simple, est clair. Cela commence par séduire, c’est même intéressant pour un novice comme moi, mais rapidement ça devient effrayant! Les subprimes c’est une affaire de structure en tas de sable, comme dans l’Univers, la thermodynamique, la biologie, l’évolution, la création des cyclones et des turbulences atmosphériques? Et alors, ça changerait quoi de chercher à savoir si ça peut correspondre à une structure dissipative de seconde espèce?

      1. @ arciatus
        « Il n’y a de science que du général » disait Aristote. La science est donc une entreprise dogmatique puisqu’elle vise à susciter chez tout observateur la même réaction mentale face à un même donné scientifique, fait ou théorie.

        Les principes généraux sont donc fondamentaux (c’est une tautologie!): un vice dans les principes et c’est la catastrophe (pour moi le mélange newtonien d’empirisme et de dogmatisme en est une: les « principes mathématiques de la philosophie naturelle [expérimentale] » ont eu pour conséquence la coupure galiléenne, à mon avis source de beaucoup des maux dont souffre notre société contemporaine). En science il y a, entre autres, la manière de voir de thermodynamiciens (Prigogine, Roddier), celle de synergéticiens (Haken) et celle de Thom.
        Ce qui m’a frappé à la lecture de Roddier c’est son usage constant d’analogies: il traite de ce qu’il connaît (la thermodynamique) puis extrapole allègrement. Thom a commencé par ébaucher une théorie de l’analogie, « théorie de la signification telle que l’acte de connaître soit conséquence de la théorie », ce que n’ont fait, à ma connaissance, ni Prigogine ni Roddier ni Haken. Mais je crois que Roddier accepterait ce qu’écrit Thom: « Les situations dynamiques qui régissent l’évolution des phénomènes naturels sont fondamentalement les mêmes que celles qui régissent l’évolution de l’homme et des sociétés ». Les mérites comparés de ces trois approches se discutent actuellement dans le cadre de la théorie des systèmes dynamiques, actuellement en pleine effervescence: chacun y voit midi à sa porte et défend son bout de gras selon sa sensibilité.

         » Cela commence par séduire, c’est même intéressant pour un novice comme moi, mais rapidement ça devient effrayant!. »

        Les théories du tout (il y a aussi celle du physicien Garrett Lisi) sont effrayantes (tout renvoie à totalitaire) mais, pour moi, la science est à ce prix.
        On ferait peut-être mieux de vivre sans. « Ce qui explique tout n’explique rien » dit l’adage…

    2. C’est aussi pour ça qu’il est essentiel de s’approprier les ressources nécessaires pour dépenser utilement l’énergie.

      Le Pouvoir est à ceux qui détiennent ces Ressources. Et tant qu’elles seront aux mains de propriétaires privés, la démocratie ne sera qu’une illusion.

      1. @ basicRabbit
        Le science m’effraie qui observe de l’extérieur les formes d’un monde d’objets. Je lui préfère la phénoménologie qui pose la question de la présence au monde des êtres vivants en tant que sujets percevant et réagissant. Comme en art où la forme que je dessine ne se détache pas sur un fond neutre, « elle ex-iste le fond » (Henri Maldiney) d’où elle existe.

      2. @ arciatus

        J’avais deviné votre position au travers votre citation de Sartre!

        Cf. (si vous voulez) mes commentaires du billet « Ars industrialis ».

        Pour moi l’approche thomienne de géométrisation de la pensée (faisant suite à celle d’Aristote, cf l’intervention de PJ à Ars) permet un nouveau regard sur les rapports du logique et du morphologique et sur l’approche de la phénoménologie:
        http://www.ehess.fr/revue-msh/pdf/N140R771.pdf (il faut passer outre l’abstract!)

    1. On tourne un peu en rond mais la réponse n’est sans doute pas « démocratique » – pas plus qu’une peste moyenâgeuse : ce sont des énergies qui sont plus ou moins bien analysées puis gérées. La question simple est plutôt (?): A qui la faute ? A qui profite la faute ? Qui a les connaissances et le « pouvoir » de décider quel goutte à goutte fera un ruisseau, un torrent, une rivière ? ( La Gauche? La Droite ? Personne ne veut voir les abus ! Qui protège qui ?
      Rappelez vous cette mauvaise explication donnée à la Reine d’Angleterre: « la fête est finie, majesté ! » Elle qui n’avait jamais connu que la fête !
      Qui sait capter les torrents et les orientés à sa guise, construire ou détruire ? Qui connait la qualité des terreaux ? Qui déchiffre la météo ? Qui choisit les engrais ? Qui estime qu’on peut faire fortune en rassemblant des « data » sans valeur ?
      Il parait que les français ne sont pas heureux que les impôts locaux augmentent significativement maintenant que Paris distribue plus chichement les impôts nationaux ? Qui osera prétendre que ce n’était pas inscrit dans les palais régionaux de tous ces petits barons locaux, de leurs courtisans et des leurs fêtes ! Le terreau est le même: est-ce l’anthropologue qui le qualifiera ?

  64. @vigneron
    merci d’argumenter quand vous n’êtes pas d’accord, ce qui est votre droit le plus légitime.
    Les eux sédékons et des charlatans et redirection vers un lien bien juridico technique qui renvoie à une jurisprudence oeb (je ne suis pas juriste de formation, sortez de votre bulle) , c’est un peu short et abscons, surtout quand on ouvre le bal en désignant les charlatans…………….pas top le début d’argumentaire !

    Merci bien mais j’aime bien décider par moi même les sites ou les individus qui ne me semblent pas interessants ou digne d intérêt ou alors argumentez et avec tact et pédagogie de préférence, merci à vous

    je rejoins sur ce thème M Juanessy, m^me si je ne suis pas d’accord j’aime bien comprendre et entendre un ou des avis contraires clairs et sans condescendance , c’est un dialogue ou pas qui peut advenir.

    Les tons abruptes et péremptoires me froissent la feuille.

    Docteur vinaigre si vous approchez votre nez vinaigré de mes laitues mettez un peu d’huile pour ne pas que la moutarde me monte au nez !

    amicalement votre

    1. merci d’argumenter

      Pour ce qui est de l’huile, c’est l’heure de spéculer sur l’huile d’olives si j’en crois une nouvelle peste qui décime les oliviers en Italie et ailleurs.
      Pour ce qui est du Big Data, il est intéressant de constater comment ces sites de réservations d’hôtel et autres villégiatures, ont fait fortune en vendant très cher un acte qui était gratuit – réserver une chambre ici ou ailleurs – et en se faisant payer dans un paradis fiscal ! Ils sont devenus de plus en plus gourmands et leur savoir-faire « mafieux » leur a permis de quasi éliminer du web certains de leurs « clients » auxquels ils soutiraient des commissions croissantes et bloquant leur publicité par ailleurs comme cette chambre d’hôte qui avait rapidement signé un contrat à 5 % et qui voyait ce prélèvement croître sans pouvoir s’en débarrasser, sa publicité ayant été éliminer ! C’est une situation que j’ai vécu l’an passé et qui est peut être en voie d’être résolu puisque la chaîne Accord a porté plainte contre certains « réservateurs » et que l’Europe s’intéresse à ces détournements.; n’est ce pas un détournement parfaitement naturel de nos mafieux en herbe ? Il va être très difficile de se débattre dans et contre cette matrix ! ET sans doute nous ne sommes pas de cette « race de commerçants » – expression d’Ernest Renan ! Donc à laquelle vous instillerez une dose d’anachronie.

      1. Merci au groupe Accord ! qui défend la « race des petits propriétaires » contre la « race des commerçants – à laquelle vous instillerez une dose d’anachronie »…

      2.  » Pour ce qui est de l’huile, c’est l’heure de spéculer sur l’huile d’olives si j’en crois une nouvelle peste qui décime les oliviers en Italie et ailleurs. »

        merci pour les oliviers et leur propriétaires qui apprécieront vos grands talents de fourmi précautionneuse…

        mon précieux….

  65. je cite le billet de p Jorion « agir par la culture  »

    « Le problème que nous avons est que l’homme d’affaires a gagné. Et l’homme d’affaires n’est pas un très bon philosophe. C’est une sorte de robot avant la lettre. Et malheureusement, il n’y a plus qu’eux qui prennent les décisions. Le problème n’est pas celui de la technologie mais celui d’un système politique où nous nous désintéressons de ce qui se passe. On s’est déjà déresponsabilisé au profit d’individus aux schémas de pensées très robotisés. On a déjà abandonné sa souveraineté à quelqu’un d’autre ou quelque chose. Robot ou pas, peu importe »

    CQFD

    UN GRAND MERCI . 🙂
    Je suis profondemment émue, c’est également ce que je pense et c’est aussi pour cela que j’apprécie beaucoup Pierre Rabbhi, entre autres !

    De plus je pense que même si vous abordez les problèmes actuels chacun différemment vous êtes dans votre pensée et donc dans l’esprit complémentaire du sage philosophe paysan

     » « Désormais, la plus haute, la plus belle performance que devra réaliser l’humanité sera de répondre à ses besoins vitaux avec les moyens les plus simples et les plus sains. Cultiver son jardin ou s’adonner à n’importe quelle activité créatrice d’autonomie sera considéré comme un acte politique, un acte de légitime résistance à la dépendance et à l’asservissement de la personne humaine. » Pierre Rabhi »

    http://terramorphoses.over-blog.com/page-7948128.html

     » A l’érosion des sols, de la biodiversité sauvage et domestique, il faut ajouter celle des savoirs et des savoir-faire traditionnels que nous avons la stupidité de laisser ou de faire disparaître alors qu’à l’évidence ils seraient indispensables à un avenir qui ne soit pas subordonné à la seule combustion et consommation énergétique. Il est donc urgent de définir la culture comme étant tout ce qui concerne les potentialités et les actes humains qu’ils s’adressent à la subjectivité, au monde des abstractions ou à la sphère tangible de notre existence. Il est tant que l’éducation prenne en compte cette nécessité pour ne produire ni des intellectuels infirmes ni des manuels souvent considérés comme des indigents de l’esprit. Vive la culture libérée des ghettos et de l’arbitraire de l’élitisme culturel. »
    Pierre Rabhi

    et merci pour le lien !!! 🙂

    Si les sages pouvaient se fédérer……i have a dream

  66. Paresse de l’économie mondiale, Grèce et Ebola au menu des réunions FMI/BM
    AFPPar Jean-Louis Doublet | AFP – il y a 35 minutes

    – Le risque grec-

    S’y ajoutent les tensions régionales comme la Grèce et les menaces toujours vives de voir ce pays être contraint de faire défaut sur sa dette et de sortir de la zone euro.

    Si le ministre des Finances allemand Wolfgang Schaüble a de nouveau affirmé mercredi qu’il n’y croyait pas, plusieurs responsables du FMI n’hésitent plus à se placer dans une telle perspective.

    Olivier Blanchard a ainsi affirmé que si la priorité reste de trouver un accord avec Athènes sur un nouveau programme de réformes en échange du versement de la dernière tranche d’aide de 7,2 milliards d’euros, une sortie de la Grèce de l’euro ne peut-être exclue avec un effet déstabilisant sur les marchés financiers.

    Mais M. Blanchard, tout comme Wolgang Schaüble, estiment que la zone euro survivrait à une telle issue et que la contagion serait somme toute limitée. « Le reste de la zone euro est en meilleure position pour faire face à une sortie de la Grèce. Certains des pare-feu qui n’étaient pas là avant le sont maintenant et même si cela ne serait pas facile, cela pourrait être fait », a-t-il estimé.

    « Si cela devait arriver, la façon de rassurer les marchés serait d’utiliser cette opportunité pour réaliser des progrès sur la voie d’une union budgétaire et politique et cela serait clairement le bon moment pour le faire », a déclaré l’économiste du FMI mardi. »

    Est ce quelqu’un comprend le sens de cette dernière phrase et peut me l’expliquer ?
    Comment une sortie de la grèce de la zone euro peut il être une transformé en une opportunité censée rassurer les marchés ?

  67. A propos du projet de loi sur le renseignement, il s’agit de prendre les devant sur les mouvements, à venir, de résistance à leur politique d’écrasement économique des populations.

  68. Excellent M le Lapin farceur 🙂
    plus tard ils comprendront peut être leur humour

    Si ce n’est qu’une petite vagounette , un surfeur expérimenté peut effectivement la chevaucher et utiliser l’énergie de la vague pour surfer mais un tsunami… …j’ai des doutes …

    Mais puisqu’ils nous disent que ce n’est qu’une petite vagounette de plus et que leurs jolis murets cette fois ci pourront contenir les colères de l’atlantique….vi vi vi

    les apprentis sorciers en panne de tapis volant ça s’écrit comment en novlangue ?

    http://www.pauljorion.com/blog/2015/04/13/apres-le-krach-de-septembre-2015-la-paix-ou-la-guerre-la-fin-de-la-civilisation-ou-la-renaissance-par-pierre-sarton-du-jonchay/

    @D gagnot

    A propos du projet de loi sur le renseignement, il s’agit de prendre les devant sur les mouvements, à venir, de résistance à leur politique d’écrasement économique des populations.

    Et à part leur enlever la prise qu’ils ont dans le dos pour les débrancher, vous proposez koi ?

    1. @GUDULE

      Et à part leur enlever la prise qu’ils ont dans le dos pour les débrancher, vous proposez koi ?

      Je ne vois même pas comment on peut les débrancher. Ce sont des robots fabriqués à l’ENA, autonomes (pas de prise), qui se reproduisent.(chaque année un nouveau bataillon)
      Ils sont inconscients, dénués de réflexion, et ne ressentent rien car déconnectés du réel.
      Ils ne font que obéir à ce pourquoi ils sont programmés.
      Et ils seront bientôt protégés par un état policier. C’est le pompon.

      1. « Ils ne font que obéir à ce pourquoi ils sont programmés. »

        Il y a des tsunamis qui peuvent être trés convaincant pour nous apprendre à  » renouer avec les fondamentaux « , ne sous estimez pas la vertu pédagogique du tsunami …

  69. A quoi sert il de résoudre de manière détaillée une question complexe , si des hypothèses simples sont à portée de la main pour y parvenir ?

    Exemple : Vigneron et Octobre ont finalement rencontré Gudule .

    Quand est ton anniversaire ? demande Vigneron .

    Gudule :  » je ne vais pas vous le dire , mais vous donner des indices « . et elle écrit une liste de 10 dates:

    – 15 mai , 16 mai , 19 mai .
    – 17 juin , 18 juin
    – 14 juillet , 16 juillet
    – 14 août , 15 août , 17 août .

     » Mon anniversaire est l’une de ces dix dates  » dit Gudule .

    Puis elle murmure à l’oreille de Vigneron le mois ( et seulement le mois ) de son anniversaire .

    Elle murmure ensuite à l’oreille d’Octobre ( pas de jaloux ) le jour et seulement le jour de son anniversaire .

    Vigneron qui a consulté ses références habituelles dit alors : » je ne sais pas quand est ton anniversaire , mais je sais qu’octobre ne le sais pas non plus  » .

    Octobre , regonflé par sa batterie solaire :  » je ne le savais pas non plus à l’origine , mais maintenant je le sais  » .

    Vigneron toujours aussi fiérot :  » Ha oui ? Et bien maintenant je le sais aussi  » .

    Quand tombe l’anniversaire de Gudule ?

    Je connais la réponse , mais j’aimerais savoir si vous vous en sortez .

    ( c’était le dernier défi de mon fils , résolu en 3 minutes trente ) .

    1. Si Vigneron dit qu’Octobre – qui ne connait que la date – ne peut pas savoir quel est le jour d’anniversaire de Gudule, on peut non seulement rayer le 18 juin et le 19 mai, car Octobre connaissant le jour, et le 18 et le 19 n’apparaissant qu’une fois, Octobre aurait tout de suite deviné le mois et donc la date, mais également toutes les autres possibilités de mai et juin, puisque si Vigneron affirme qu’octobre ne peut pas savoir, alors que lui-même ne connait pas le jour, c’est qu’il avoue par là-même qu’il ne peut s’agir de mai et juin, car si Gudule lui avait dit « le mois de mai », il ne pouvait pas affirmer que Octobre ne pouvait pas savoir, car si c’était le jour 19, et bien Octobre aurait sû.

      Restent donc les dates en juillet et août. Et alors Octobre fanfaronnant qu’il ne savait pas mais qu’il sait désormais permet d’éliminer d’office le 14 juillet et le 14 août : il ne connait que le jour, donc un jour présent dans les deux mois restants ne peut être la solution. Restent alors le 16 juillet, le 15 août et le 17 août.

      C’est alors que Vigneron estime qu’il sait désormais lui aussi quelle est la bonne date. Comme Vigneron ne connaît que le mois, ça ne peut pas être août, puisqu’il y a encore deux dates possibles et que Vigneron hésiterait entre le 15 et le 17 août. Il s’agit donc nécessairement du 16 juillet.

      Là où ça ne tient pas debout ton affaire Juan, c’est d’imaginer une seule seconde Vigneron en train de demander sa date d’anniversaire à Gudule.

      1. Fortiche le modo , on comprend pourquoi on l’a mis là !

        Ce raisonnement a été effectivement le mien et ma réponse était bien le 16 juillet , mais mon propre rejeton-modo ne m’a pas encore répondu pour sanctifier ma réponse . On dira que , qui ne répond pas admet !

        Pour Vigneron , je n’imaginais aussi pas trop Gudule lui murmurer à l’oreille .. Ni à celle d’Octobre d’ailleurs depuis qu’elle l’a tétanisé .

         » L’amour , c’est bien simple …. »

      2. @juanessy

         » » L’amour , c’est bien simple …. »  »

        L’amour rend fou, il n’y a que la guerre qui Rambo. 🙂
        coluche

  70. Les « résultats » économique nous sommes y attaché, mais la challenge est que nous créons un contexte dans laquelle nous essayons de vivre correctement en relation avec la nature, l’autre et nous-même.

    Les rapports de forces économiques et politiques sont aujourd’hui devenue très malsain et même autodestructeur. Aujourd’hui nous avons mis une logique en place dans laquelle nous pouvons vivre ce qui n’est pas encore produit, c’est ici ce trouve notre fuite politico-économique vers l’avant pour pas vivre dans le moment présent. Si on continue de vivre dans un système dans laquelle on doit prendre plus que nous contribuons, ça me semble logique un moment au l’autre ça ne marche plus. On peut créer des nouveaux institutions de contrôle, mais ils ne comprennent pas ce qu’ils contrôlent, c’est sans fin. La finance (et l’économie) n’a pas de cadre crédible et on ne veut pas parce que on doit croître pour pouvoir rembourser nos dettes. L’économie est devenue la religion la plus puissant et pour le moment intouchable du monde avec de millions de papes, sous papes et contre papes. Nous avons démocratisé le droit « des rapports de forces » mais il n’y pas de pilote dans l’avion, parce que c’est nous même qui se sont absentés.

    A. Il n’y a pas une cadre auto-régulateur
    B. Personne est co-responsable
    C. Pas une base commun, solide, compréhensible qui est sécurisant pour les citoyens.
    D. Une bureaucratie déraillé comme objectif inconscient de la politique et économie.
    (Un levier comptable comme principe de base de l’économie)

    1. En bref le levier comptable* se traduit dans une « plus-value comptable » qui aujourd’hui n’est pas cadré et qui crée bureaucratisation « en soi » ou « hors sol ». En mettant la priorité en économie et politique là nous avons créé la fuite bureaucratiquement à l’avant chronique. On peut difficilement mettre en cause parce-que la machine politico-économique s’arrête et va créer plus que probable un chaos complète. En conséquence on « accepte » d’être pris en otage permanent. Un cercle vicieux et destructif dans laquelle on se trouve aujourd’hui est créé.
      Comment sortir de ce « catch 22 » est psychologiquement très difficile !

      Mais « relativer le profit » pour créer un cadre dans laquelle par exemple les écarts de revenus sont 1 à 4 ou au maximum 1 à 10. Redonner la responsabilité qualitative au citoyennes en voire et concrétiser les priorités simple et atteignable : l’eau, nourriture, habitation, santé, éducation et un cadre qui donne l’espace au temps libre sans que ça va au frais des priorités sociales. Plutôt coopérer et partager que se concurrencer mutuellement dans la peur de l’autre ! Essayer de renforcer l’estime de soi, la démocratie et la justice !!!

      *qui fonctionne comme un levier du profit comptable et qui est responsable de la matrice bureaucratique dans laquelle l’esprit de l’homme s’étouffe. Un levier politico-économique avec le message subliminale : prendre plus que nous apportons !!!

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