« La crise des subprimes, c’est bien simple… »

Ouvert aux commentaires.

Je prépare en ce moment la leçon que je consacrerai lundi prochain à la crise des subprimes dans le cadre de la chaire « Stewardship of Finance » à la VUB, et je repense aux nombreuses personnes qui m’ont dit au fil des années : « Vous savez, la crise des subprimes, c’est bien simple : on prêtait de l’argent à des gens qui ne pouvaient pas rembourser ! »

La tentation était grande de répondre : « Vous savez, j’ai travaillé plusieurs années dans le secteur des subprimes et les trois livres (*) que j’ai rédigés sur le sujet représentent 950 pages consacrées à la question, et je peux vous affirmer que, non, la crise des subprimes, ce n’est malheureusement pas aussi simple que vous l’affirmez ! »

J’ai dû répondre cela à l’interlocuteur qui me faisait cette remarque une fois ou deux. Le reste du temps, je me suis contenté de rester silencieux, j’ai simplement réfléchi au fait que d’une part, une explication simple, même si elle est grossièrement simpliste, a beaucoup plus de chance de l’emporter aux yeux du public qu’une explication complexe et, d’autre part, que lire 950 pages, cela représente un temps considérable à consacrer à une question particulière, et qu’il n’est donc pas étonnant que seul un très petit nombre de personnes soit disposé à le faire.

À quoi cela sert-il alors d’expliquer de manière détaillée une question complexe si une hypothèse simpliste sans rapport avec le véritable déroulement des faits est à portée de la main et deviendra inéluctablement l’opinion communément admise ?

Je ne connais pas la réponse mais j’aimerais bien savoir ce que vous en pensez.

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* La crise du capitalisme américain (La Découverte 2007 ; Le Croquant 2009)

* L’implosion. La finance contre l’économie. Ce que révèle et annonce la « crise des subprimes » (Fayard 2008)

* La crise. Des subprimes au séisme financier planétaire (Fayard 2008)

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247 réflexions sur « « La crise des subprimes, c’est bien simple… » »

  1. Finalement, la crise des subprimes, c’est peut-être assez simple : des banques spécialisées dans l’immobilier prêtaient de l’argent à des pauvres pour qu’ils prennent le risque de spéculer à la place des investisseurs habituels qui n’auraient pas osé le faire dans des conditions aussi risquées ?

  2. « La crise des subprimes, c’est bien simple : on prêtait de l’argent à des gens qui ne pouvaient pas rembourser ! »

    De mon point de vue, le problème c’est qu’il ne s’agit pas d’une description de ce qui a été fait, mais d’une description de ce qui s’est passé.

    La différence entre les deux? La lecture a posteriori est mono-déterminée, pas le déroulement réel.

    Le mono-déterminisme qui est ainsi pointé? Une volonté d’escroquerie établie à tous les étages, donc une volonté de faire « le mal », l’abandon de tout sens moral.

    Le déroulement réel: un multi-déterminisme. Ce qu’il y a de bien avec les structures sociales, c’est que ce sont toujours un peu les mêmes (technicité/incompétence ; effet de masse/mimétisme ; mauvaise appréciation de l’environnement …). Finalement même si tout le monde avait été honnête, on se la serait peut être bouffée cette crise.

    Certains partent du principe que c’est plus simple de dire « il y a des pourris prêts à tout pour faire du fric », que de pointer du doigt les risques engendrés par les systèmes complexes (sans même y ajouter la couche de malhonnêteté…). C’est vrai, mais si on abandonne cet effort, on fait le lit d’une explication récurrente: « tous nos problèmes découlent des actions (forcement complotées) d’une petite minorité ».

    Alors:
    « une hypothèse simpliste sans rapport avec le véritable déroulement des faits est à portée de la main et deviendra inéluctablement l’opinion communément admise »

    … c’est vrai, mais on verra qu’elle sera la conclusion politique de cet égarement….

  3. All that Jazz
    Et si c’était simplement un rapport de force et par complémentarité, de la soumission ?
    Analyse, explication, justification, démonstration, pédagogie,… la mise au grand jour de pratiques financières et économiques irrationnelles, absurdes ou même illégales, n’a pas l’air de perturber plus que ça nos dirigeants et élus.
    Certes on ne peut accepter l’inacceptable et on ne peut qu’encourager les lanceurs d’alerte, mais parfois ne vous vient t’il pas l’idée de vous dire « à quoi bon », ou « trop c..s »
    En tous cas, merci pour votre blog, vos livres, vos conférences et votre persévérance.

  4. Bonsoir,
    Intéressante interrogation.
    La majorité de la population a une perception « métonymique » de la réalité qui l’entoure car tout le monde n’a pas le temps de lire 950 pages sur le sujet. Et on pourrait dire la même chose des infrastructures métalliques, de la poésie celtique du 14e siècle ou de l’arthrose osseuse, etc. La spécialisation chaque jour accrue dans toutes les disciplines renforce cette « métonymisation » de la perception.
    Quelques disciplines, comme la chirurgie, échappent encore à ce processus et parviennent à imposer une forme d’humilité au public. En effet, il ne viendrait à l’idée de personne de dire : « il suffit de lui couper l’aorte » pour régler le problème.
    Que faire ? Tomber dans le discours de l’expertise, mais celle-ci oscillera toujours entre une certaine simplification « grand public » et une spécialisation qui devient vite inaudible pour le grand nombre. Peut-être faudrait-il avoir une stratégie de création de niveaux « intermédiaires » successifs qui permettrait de construire une progression du simple au compliqué mais on perçoit vite que c’est pas si simple que ça,…

    Autre interrogation concernant les « sub-primes » : je me suis toujours demandé pourquoi les créanciers ont choisi d’expulser le locataire au lieu de rééchelonner le remboursement du crédit. La mesure aurait pu être provisoire mais au moins le principal de la dette se réduisait quand même un peu et le locataire gardait sa maison.

    1. C’est bien plus complexe , mais apparemment cette simplification vous rassure.

      « La société , c’est bien simple … »

  5. Bonsoir à tous
    « À quoi cela sert-il alors d’expliquer de manière détaillée une question complexe si une hypothèse simpliste sans rapport avec le véritable déroulement des faits est à portée de la main et deviendra inéluctablement l’opinion communément admise ? »
    Les politiques, experts en la matière, ont depuis longtemps répondu à cette question en réduisant leur vocabulaire de campagne à environ 400 mots ( le français en compte plusieurs milliers.)

    Sur les effets à long terme des subprimes, voici un scoop: A l’instant, une de mes amies qui venait d’être embauchée par un organisme gérant le 1% logement a été rappelée par son recruteur catastrophé: l’embauche est annulée, tous les autres recrutements dans cet organisme sont gelés: le gouvernement a cet après midi sorti un arrêté définissant le siphonnage des fonds du 1% logement pour renflouer les caisses de retraites.
    Donc, on ne prêtera plus d’argent aux pauvres pour se loger et nous échapperons ainsi à la crise des subprimes et les 950 pages de Paul sur le sujet n’auront pas lieu d’être ce qui rend l’objet premier de ce billet nul et non avenu lui aussi!
    Ceci, Gudule, pourrait il servir d’exemple pour un « Raisonnement pour les nuls »?
    Tout de même 150 contributions au blog annulées d’un trait par un arrêté du gouvernement concernant un transfert ( c’est le politiquement correct pour détournement) de fonds c’est un bel exemple des résonances de la complexité n’est ce pas.

    Cordialement. Steve
    PS @Gudule; une bonne façon d’aborder physiquement le rapport au temps est de dessiner la surface de l’eau en mouvement.

    1. Vous n’avez pas l’air de bien savoir ce qu’est le 1% logement , ni à qui il sert .

      Ce 1% ne fait d’ailleurs plus que 0,45 % depuis pas mal de temps , et l’Etat a bien raison d’aller voir comment il est géré .

      Pour le détournement de fonds , c’est le sport préféré de Bercy depuis toujours .

      1. Exact sur les 3 points Juannessy!
        Ne pouvant plus même songer à suivre les traces de Pic de la Mirandole, J’ai limité mes centres d’intérêt à un seul: vivre. Le 1% logement et ce genre de choses fait partie de ce que j’ai rejeté en pleine conscience lorsque je suis parti à la suite du Chaplin de la fin des Temps Modernes et je ne dévoierai pas une seule seconde du temps que je surfe pour tenter de combler cette lacune!
        Mais je suis heureux qu’il y ait certains de mes semblables qui semblent posséder à fond la science du 1% logement: après tout, comme le jardinage ou le dessin, la méditation ou tout autre art pratiqué avec un total engagement et une totale sincérité, ce peut être une voie d’Eveil possible.
        Cordialement.
        Steve

    2. Pour ce qui est du nombre de mots de la langue française , ça oscille entre 200 000 et 1000 mots , selon qu’on est exhaustif ( y compris les noms propres ) ou qu’on se contente d’un petit dictionnaire suffisant pour tenir une conversation courante .

    3. @Steve

      Merci Steve pour votre charmant billet.

      « Sur les effets à long terme des subprimes, voici un scoop: A l’instant, une de mes amies qui venait d’être embauchée par un organisme gérant le 1% logement a été rappelée par son recruteur catastrophé: l’embauche est annulée, tous les autres recrutements dans cet organisme sont gelés: le gouvernement a cet après midi sorti un arrêté définissant le siphonnage des fonds du 1% logement pour renflouer les caisses de retraites. »
      et
      Ceci, Gudule, pourrait il servir d’exemple pour un « Raisonnement pour les nuls »?  »

      et pourquoi pas ? n’est ce pas un exemple concret ?
      Ce ne sont pas les exemples quotidiens concrets et que nous sommes nombreux à vivre qui manquent pour illustrer l’impact néfaste des conséquences de ces orientations économiques toxiques .
      MAIS en fait , comme je ne suis pas l’auteur et que ma suggestion parlait surtout du contenant et non du contenu, faites la suggestion à Paul Jorion directement ce sera mieux

      « Donc, on ne prêtera plus d’argent aux pauvres pour se loger et nous échapperons ainsi à la crise des subprimes et les 950 pages de Paul sur le sujet n’auront pas lieu d’être ce qui rend l’objet premier de ce billet nul et non avenu lui aussi!
      Ceci, Gudule, pourrait il servir d’exemple pour un « Raisonnement pour les nuls »?
      Tout de même 150 contributions au blog annulées d’un trait par un arrêté du gouvernement concernant un transfert ( c’est le politiquement correct pour détournement) de fonds c’est un bel exemple des résonances de la complexité n’est ce pas. »

      Ce n’est pas ce que j’ai dit dans ma contribution, je vous laisse la responsabilité de vos déductions que je partage ne pas du tout.

       » Cordialement. Steve
      PS @Gudule; une bonne façon d’aborder physiquement le rapport au temps est de dessiner la surface de l’eau en mouvement. »

      OUI J’ADORE CELA, vous devriez essayer……ça détend .:-)

  6. A Makaevitch

    Un juge japonais s’est opposé à la remise en marche des réacteurs no 3 et no 4 de la centrale nucléaire de Takahama, donnant raison aux habitants de la région inquiets de la sécurité des installations.

    (En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/planete/article/2015/04/14/japon-la-justice-s-oppose-a-la-remise-en-marche-de-reacteurs-nucleaires_4615354_3244.html#igZgeKT8ZyXe6qI3.99 )

    Peu importe la ou les raisons invoquées, il est évident que le juge en question ne s’est pas plongé dans le detail des rapports de l’autorité de contrôle du nucléaire affirmant que les réacteurs étaient conformes aux nouvelles réglementations sur la sécurité et pouvaient par consequent être redémarrés. Personne n’est en réalité capable de lire l’ensemble de ces rapports et d’en tirer des conclusions favorables ou pas au redémarrage en ne se basant que sur des considerations techniques.

    En raison de craintes quant à la sécurité, l’opinion publique dans l’archipel reste majoritairement hostile à une remise en marche de ces réacteurs.

    Vous êtes tout à fait, un peu, pas vraiment, pas du tout d’accord avec le juge ou n’avez vous aucune opinion à ce sujet ?

  7. @ Paul Jorion

    À quoi cela sert-il alors d’expliquer de manière détaillée une question complexe si une hypothèse simpliste sans rapport avec le véritable déroulement des faits est à portée de la main et deviendra inéluctablement l’opinion communément admise ?
    Je ne connais pas la réponse mais j’aimerais bien savoir ce que vous en pensez.

    Vous avez mille fois raison de vous interroger avant de répondre. Peut être même pourriez vous allez jusqu’à dire que vu la criticité de la situation de l’espèce humaine, il n’est plus très utile et il peut même être néfaste de perdre du temps à vouloir rentrer dans les détails du processus utilisé avec l’arnaque aux subprimes.

    Il vaut mieux amener nos contemporains à comprendre que notre espèce n’a vécu, n’a évolué et s’est considérablement développée depuis ses origines, que parce qu’elle a été capable de prélever dans l’environnement qui lui était accessible, les matières et l’énergie nécessaires à sa perpétuation, bien avant que soient inventés les emprunts fondés sur des constructions imaginaires, du papier, du virtuel, des croyances, notamment celles fondées sur l’argent immatériel.

    Même l’argent, le vrai, le matériel, celui qui est fait de vrai métal, n’a de valeur que si on le considère comme un moyen d’échange avec ce qui est utile, voire même indispensable à la vie, ce qui est le plus « prisé » par les vivants et qui n’est d’aucune utilité pour les morts.

    C’est pour cette raison que j’approuve la formule suivante:

    « L’argent ne vaut que par l’idée que l’on s’en fait. »

    Je vous l’attribue, bien que de multiples recherches ne m’ont pas permis de retrouver où et quand vous l’avez énoncée. C’était probablement à l’occasion d’une de vos vidéos diffusée avant le 12/12/ 2011 à une époque où Olivier Brouwer ne réalisait pas encore ses retranscriptions.

    Ces instruments représentant une valeur virtuelle, tout comme les titres d’emprunts émis par les banques avec les subprimes, n’auront jamais une valeur aussi solide et sûre que celles qui sont constituée d’énergie et de matières directement utilisables pour entretenir et perpétuer la vie humaine.

    Au lieu de rentrer dans des détails, finalement sans importance, parlez de l’essentiel.

    Parlez de l’énergie et de la matière qui sont à la base de l’existence de tous les organismes vivants.

    Parlez de la nécessité de freiner la consommation de ces ressources essentielles à la survie de l’espèce humaine qui en est grande consommatrice. C’est pourtant cette espèce qui risque fort d’être la première à en périr, à force de donner trop d’importance aux illusions, aux virtualités, et aux croyances diverses qui nous détournent de l’essentiel.

  8. Suite aux difficultés que je rencontre pour parler autour de moi des catastrophes vers lesquelles nous nous dirigeons, je propose quelques éléments de réponses.

    1. >Gudule> Le monde, les gens, vont vite et veulent des réponses, rapides, claires et concises. <bluegreen> Bref, fournir une explication détaillée pour un sujet complexe ne sert strictement à rien si votre but est d’informer vos contemporains, c’est même fortement contre-productif. <GL> Et si le problème n’était ni d’expliquer ni de comprendre des choses compliquées mais seulement de changer des habitudes auxquelles on est attaché ainsi que les justifications qui allaient avec?<<
    Un quatrième élément, me semble-t-il, est ces idéologies dans lesquelles nous baignons. Chacun d'entre nous en favorise certaines au détriment d’autres ; mais, le centre semble plus garni que les extrêmes.
    Sur les blogs – dont celui de Bruno Colmant –, on peut voir généralement que les discussions tournent souvent à un dialogue de sourds en raison des valeurs que les intervenants ont choisis. Une illustration criante est fournie par les blogs où on discute de questions religions : il est rare qu’on puisse dépasser trois échanges sans arriver aux insultes tant nous sommes englués dans nos ‘préjugés bien, trop bien même, acquis.
    C’est dans ce quatrième élément qu’on retrouve l’utilité et la nécessité des propagandes.

    Addendum : Je me permets ici un petit écart avec le sujet initial. Je pense, inspiré par Edward Louis Bernays, que la propagande est un enjeu des plus importants des différents pouvoirs pour rester bien tranquilles dans leur ‘cockpit’. Qui possède les medias, maîtrise l’agenda.

    1. @Jean passe

      « Le monde, les gens, vont vite et veulent des réponses, rapides, claires et concises. »
      c’est une observation personnelle, dès qu’on commence à entamer une conversation à plusieurs sur un sujet qui touche le coeur des problèmes , ce n’est pas que les individus ne veulent pas savoir, ils courent tous partout et moi qui essaie de modestement essayer d’arrêter de courir pour trouver encore le temps de pauser devant l’infini ailleurs que sur mon oreiller, je le comprends, cela dit l’intérêt est réel, ne commettez pas l’erreur qui consiste à penser que les gens s’en foutent, ça; s’est contre productif.

       » Bref, fournir une explication détaillée pour un sujet complexe ne sert strictement à rien si votre but est d’informer vos contemporains, c’est même fortement contre-productif.  »

      NON, pas d’accord, nous sommes encore un tout petit peu libres de nous informer comme bon nous semble et d’ouvrir notre esprit à d’autres perspectives que celles pondues par les médias non indépendants (saucissonés). Nous avons le CHOIX de nos lectures et la paresse intellectuelle des uns n’est pas un argument pour niveler l’intér^t porté par d’autres à cette richesse d’informations; vers le bas !

      La montagne est escarpée et le sommet élevé mais si il y a des sentiers ou des chemins de traverse pour l’atteindre chacun et cune est libre de les emprunter ou pas ou de rester le nez dans le gazon.

       » Addendum : Je me permets ici un petit écart avec le sujet initial. Je pense, inspiré par Edward Louis Bernays, que la propagande est un enjeu des plus importants des différents pouvoirs pour rester bien tranquilles dans leur ‘cockpit’. Qui possède les medias, maîtrise l’agenda. »

      Entièrement d’accord, je pense que c’est un des principaux contre poids et ça c’est du lourd, mais pas indémontable.
      merci à vous M. J

  9. Les subprimes, c’est bien simple :
     » on prêtait de l’argent à des gens qui ne pouvaient pas rembourser !  »

    Ben moi, l’explication me va, si le « on », trop indéfini, est remplacé par ce qu’il représente : des banquiers minables du niveau d’un bateleur de foire.

    On peut se douter que l’explication est plus complexe, mais la simplification apportée ne nuit pas à l’ensemble qu’un citoyen doit comprendre: le système bancaire doit être mis à bas et balancé par dessus bord. Il serait remplacé par un système de crédit d’Etat. Il s’agit que couper court à l’esprit spéculatif.

    Il va de soi qu’un salaire moyen doit permettre à une famille de vivre et se loger en sécurité.

    1. Non ! 100 fois non ! Arrêter la simplicité de jugements manichéens autour du crédit, basé sur des contrats entre des charlatans cupides et des consommateurs imbéciles! Avec la bonne réponse simpliste par l’opposé : le crédit d’Etat. L’Etat, fixant des règles, certes peut éviter des excès. Mais il n’éviterait pas les mêmes errements en matière d’aménagement du territoire, s’il s’agit de répondre à la revendication des classes moyennes voire populaires, en période de croissance des revenus, d’accéder au bonheur de « posséder sa petite maison dans la prairie », en adaptant ce mythe à ses divers moyens, pavillon de banlieue, maison à la campagne, isolement d’un « fabrique » dans un beau paysage naturel. Le langage populaire du monde d’avant avait un vocabulaire très imagé pour dire d’une personne qu’elle déraisonne : « Il est dans la prairie ! » Suis-je parmi les trop rares ici à poser la question de la maison individuelle, impliquant deux voitures, l’hypermarché, le devenir obsolète des anciennes pratiques de vie sociale, ou du moins leur enchérissement, etc,.. Rien de plus désastreux écologiquement. Paul Jorion avait vu , dans son domaine la banque, l’a-vénement en préparation d’une catastrophe. Après coup, aujourd’hui l’é-vènement symptomatique doit être présenté, étudié, vulgarisé, en tant que signe d’un mal plus général.

      1. 1- L’Etat est le meilleur garant de l’intérêt général. C’est mon crédo. D’expérience, je ne vois rien qui puisse le remplacer.

        2- Le « métier » de banquier doit être ennuyeux, ou répétitif, ou mécanique, répondant à chaque cas par une procédure déterminée ne laissant aucune marge à l’initiative.
        La bonne règle général doit être celle du « 2,3,5 »: Emprunter à long terme à 2%, prêter à court terme à 3%, en charentaise à la maison à 17 heures.

        3- Vous avez raison quant aux ravages de la petite propriété.
        Perso, je suis locataire d’un HLM depuis 35 ans, par intérêt et par conviction. Hélas, mon HLM est à bas prix parce qu’il est situé dans un coin perdu. Le premier magasin d’alimentation est à 4 km ( et 300m de dénivelé- Vélocipède très difficile…)
        La gare la plus proche est à 17 km. Pas de transport en commun de proximité. Il faut aller pedibus à l’arrêt le plus proche, 3,5 km.
        Il me faut une bagnole, plus encore à ma femme.

  10. Sur les subprimes, plutôt que de picorer des informations dans les média, lisez le document synthétique publié par la documentation française : La crise des subprimes : rapport Patrick Artus, Jean-Paul Betbèze, Christian de Boissieu et Gunther Capelle-Blancard
    http://www.ladocumentationfrancaise.fr/var/storage/rapports-publics/084000588/0000.pdf

    Quelque soit le sujet que nous souhaitons comprendre, nous devons nous investir personnellement, y consacrer du temps, lire des ouvrages de vulgarisation puis au fur et à mesure de notre compréhension, lire des ouvrages plus pointus. Comprendre c’est bien mais cela ne suffit pas.

    Je change de sujet…

    Aujourd’hui, je suis étonné du pouvoir que nous acceptons de céder à Mario Draghi. Personne ne semble avoir quelque chose à y redire. M Draghi a trouvé une méthode risquée de faire baisser les taux d’intérêt à zéro mais sans finir le travail car il ne le souhaite pas.

    A force de tourner, retourner le problème, j’ai fini par arriver à la conclusion que le système actuel s’étouffait de lui-même, chaque crise lui donnant un temps de rémission supplémentaire. D’ici 30 ans, la cause sera entendue. Et si ce n’est pas 30, ce sera 60, mais ce n’est rien par rapport à l’espérance de vie de l’humanité.
    Pour vivre mieux, il suffit que nous décidions d’aller un peu plus loin que ne le veut Mario Draghi : nous ne pouvons plus faire de l’argent avec l’argent car ce qui était jouable à petite échelle, ne marche pas à l’échelle de la planète.

    C’est probablement l’une des raisons qui repoussera l’adoption du bancor, car avec une monnaie unique, le phénomène devient tellement criant que ceux qui vivent en faisant de l’argent avec l’argent (des autres d’ailleurs) risquent d’être mis à nus.

    Pour revenir au sujet des Subprimes, ne plus faire de l’argent avec l’argent, c’est impossibilité de revoir apparaître des subprimes ou équivalents !

    1. « lisez le document synthétique publié par la documentation française : La crise des subprimes : rapport Patrick Artus, Jean-Paul Betbèze, Christian de Boissieu et Gunther Capelle-Blancard »

      Vous l’avez lu ? Qu’est-ce que vous pensez de la qualité de l’analyse ? Qu’est-ce qui vous conduit en particulier à dire « synthétique » ? N’avez-vous pas le sentiment qu’il s’agit plutôt d’un amoncellement de considérations disparates dont aucune image précise n’émerge ?

      1. Paul, vous avez raison, le mot synthétique est inapproprié. Il s’agit d’une compilation de faits. Je recommande néanmoins sa lecture à ceux qui veulent entrer dans le sujet. Le texte ne permet pas de se forger une intime conviction quant aux errements du système actuel. La seconde partie qui reprend des commentaires de Pierre, Paul ou Jacques sur le rapport donne un éclairage complémentaire. Chacun a son libre arbitre et fera le tri entre le grain et l’ivraie au fur et à mesure de ses connaissances.

        Quant à l’un des auteurs du rapport, j’émets de grandes réserves quant à sa volonté de réformer le système dont il vit confortablement. Toujours décalé, avec une voix bien posée, il enfourne tous les sujets à la mode dont la stagnation séculaire. Ses articles sont truffés de courbes, de chiffres dont aucune conclusion ne se dégage.

        Le compte rendu de la Cour des Comptes sur Dexia est du même acabit sur les pratiques bancaires : à lire en prenant le recul nécessaire. Un petit tour par les rapports annuels de la BRI, BCE, FED, Banque Centrale Nationale, IMF ne fait pas de mal non plus. Merci à Vigneron !

        Faire de l’argent avec l’argent des autres finit toujours par une catastrophe qui touche les particuliers et non les financiers, c’est le principe de toutes les bulles. L’argent facilement gagné aiguise l’appétit de certains qui misent toujours plus.

        Quelques « innovations » bancaires ont permit de repousser les limites de la mise toujours gagnante. Les financiers ne croient pas aux martingales gagnantes. Par contre, ils ont l’art de concocter des produits rassurants pour les banquiers qui présentent une aversion au risque hors du commun. Le CDO, il n’y a pas mieux. C’était la vrai béquille des subprimes qui expliquent les montants en jeu : du jamais vu.

        Au passage, je souhaite égratigner les « innovations » bancaires qui n’ont rien à voir avec les innovations technologiques dont elles usurpent le nom. La règle de trois des financiers, les abaques de la mutualisation des risques (Var) basées sur des courbes de risques que l’ont modifient en fonction des risques n’ont rien à voir avec la stabilité des lois de la relativité restreinte et générale. Si vous connaissez un banquier, un financier qui innove, dite le moi, j’irai le voir et vous ferais un article en retour sur le blog.
        J’en connais .. mais je vous mets à l’épreuve pour que vous le les dénoncier car ils font du bon boulot.

        Et le Bancor ? L’idée est excellente, le principe excellent ( de l’anti Mario Draghi). Par contre, je crains que l’idée soit trop centralisatrice et mal adaptée aux conditions « locales ». Comment l’adapter aux conditions locales ?

        Dans ma quête de la connaissance, je suis en train de lire Keynes que je recommande. C’est une valeur sure. Sa lecture me permettra de faire l’impasse sur celle de Marx. Ils disent tous deux la même chose sans s’en avoir eu la possibilité de se rencontrer.

        Mon cher Paul, what did you expect…

  11. Les gens n’ont pas besoin de comprendre, croire leur suffit.
    Les gens n’ont pas besoin de penser, répéter ce qu’on leur a mis dans la tête leur suffit.
    Le contrôle des médias de masse, et de l’enseignement, est à la base du Pouvoir,
    Le droit de vote l’assoit.

    Que faire contre ça?

    1. Que fait le pouvoir quand il veut absolument conserver le Pouvoir ?
      Confiscation de toutes les ressources vitales (y compris l’oxygène) et si tu n’es pas d’accord, c’est la prison, les camps ou la peine de mort.
      bref, ma réponse est probablement encore moins ragoûtante que l’affirmation très shakespearienne de Hervey.

      1. Quand le pouvoir veut absolument conserver le pouvoir c’est qu’il l’a déjà perdu mais qu’il ne s’en rend encore pas compte.

  12. Je retire ce que j’ai dit sur l’acceptation, ou la soumission et donc le rapport dominant/dominé. Car par dérapage cela reviendrait à considérer qu’il y a des classes supérieures et inferieures, ce qui revient à fournir un alibi et à encourager l’attitude des profiteurs, sinon même des tyrans. Qui certes sont minoritaires numériquement, mais s’attribuent un pouvoir exorbitant.

    Pour la simplicité et l’impact, rien ne vaut la publicité, ou le cinéma.
    Je trouve que le film « the wolf of wall street » est assez percutant et simpliste. Mais comme il pourrait avoir un effet contreproductif sur des étudiants (avec risque de déviance), il ne vous reste plus M. Jorion qu’a tourner votre propre film.
    Sans vouloir vous vexer, les prises de vues fixes et la mise en scène du « temps qu’il fait » sont un bon début, mais je pense qu’il faut voir plus grand.
    Plus sérieusement, j’attribue plus d’attention à vos vidéos, audios, qu’aux écrits. Non pas en raison de la richesse et de l’intérêt du contenu, mais en raison de ?????

  13. À quoi cela sert-il alors d’expliquer de manière détaillée une question complexe si une hypothèse simpliste sans rapport avec le véritable déroulement des faits est à portée de la main et deviendra inéluctablement l’opinion communément admise ?

    c’est l’entité ou le groupe qui dépense le plus d’énergie (même par procuration)
    qui prend le dessus,
    pour les idées et la culture c’est pareil (François Roddier, thermodynamique de l’évolution).

    1. Je viens donc d’écouter une telle conférence de Roddier.
      https://www.youtube.com/watch?v=6lNz5vmKEFA
      Le fait de ramener toutes les disciplines au même principe général d’organisation assez simple, est clair. Cela commence par séduire, c’est même intéressant pour un novice comme moi, mais rapidement ça devient effrayant! Les subprimes c’est une affaire de structure en tas de sable, comme dans l’Univers, la thermodynamique, la biologie, l’évolution, la création des cyclones et des turbulences atmosphériques? Et alors, ça changerait quoi de chercher à savoir si ça peut correspondre à une structure dissipative de seconde espèce?

      1. @ arciatus
        « Il n’y a de science que du général » disait Aristote. La science est donc une entreprise dogmatique puisqu’elle vise à susciter chez tout observateur la même réaction mentale face à un même donné scientifique, fait ou théorie.

        Les principes généraux sont donc fondamentaux (c’est une tautologie!): un vice dans les principes et c’est la catastrophe (pour moi le mélange newtonien d’empirisme et de dogmatisme en est une: les « principes mathématiques de la philosophie naturelle [expérimentale] » ont eu pour conséquence la coupure galiléenne, à mon avis source de beaucoup des maux dont souffre notre société contemporaine). En science il y a, entre autres, la manière de voir de thermodynamiciens (Prigogine, Roddier), celle de synergéticiens (Haken) et celle de Thom.
        Ce qui m’a frappé à la lecture de Roddier c’est son usage constant d’analogies: il traite de ce qu’il connaît (la thermodynamique) puis extrapole allègrement. Thom a commencé par ébaucher une théorie de l’analogie, « théorie de la signification telle que l’acte de connaître soit conséquence de la théorie », ce que n’ont fait, à ma connaissance, ni Prigogine ni Roddier ni Haken. Mais je crois que Roddier accepterait ce qu’écrit Thom: « Les situations dynamiques qui régissent l’évolution des phénomènes naturels sont fondamentalement les mêmes que celles qui régissent l’évolution de l’homme et des sociétés ». Les mérites comparés de ces trois approches se discutent actuellement dans le cadre de la théorie des systèmes dynamiques, actuellement en pleine effervescence: chacun y voit midi à sa porte et défend son bout de gras selon sa sensibilité.

         » Cela commence par séduire, c’est même intéressant pour un novice comme moi, mais rapidement ça devient effrayant!. »

        Les théories du tout (il y a aussi celle du physicien Garrett Lisi) sont effrayantes (tout renvoie à totalitaire) mais, pour moi, la science est à ce prix.
        On ferait peut-être mieux de vivre sans. « Ce qui explique tout n’explique rien » dit l’adage…

    2. C’est aussi pour ça qu’il est essentiel de s’approprier les ressources nécessaires pour dépenser utilement l’énergie.

      Le Pouvoir est à ceux qui détiennent ces Ressources. Et tant qu’elles seront aux mains de propriétaires privés, la démocratie ne sera qu’une illusion.

      1. @ basicRabbit
        Le science m’effraie qui observe de l’extérieur les formes d’un monde d’objets. Je lui préfère la phénoménologie qui pose la question de la présence au monde des êtres vivants en tant que sujets percevant et réagissant. Comme en art où la forme que je dessine ne se détache pas sur un fond neutre, « elle ex-iste le fond » (Henri Maldiney) d’où elle existe.

      2. @ arciatus

        J’avais deviné votre position au travers votre citation de Sartre!

        Cf. (si vous voulez) mes commentaires du billet « Ars industrialis ».

        Pour moi l’approche thomienne de géométrisation de la pensée (faisant suite à celle d’Aristote, cf l’intervention de PJ à Ars) permet un nouveau regard sur les rapports du logique et du morphologique et sur l’approche de la phénoménologie:
        http://www.ehess.fr/revue-msh/pdf/N140R771.pdf (il faut passer outre l’abstract!)

  14. C’est quand même beau la crise des subprimes on prête à des gens qui ne pouvait déjà pas à la base payer leur crédit …

    1. On tourne un peu en rond mais la réponse n’est sans doute pas « démocratique » – pas plus qu’une peste moyenâgeuse : ce sont des énergies qui sont plus ou moins bien analysées puis gérées. La question simple est plutôt (?): A qui la faute ? A qui profite la faute ? Qui a les connaissances et le « pouvoir » de décider quel goutte à goutte fera un ruisseau, un torrent, une rivière ? ( La Gauche? La Droite ? Personne ne veut voir les abus ! Qui protège qui ?
      Rappelez vous cette mauvaise explication donnée à la Reine d’Angleterre: « la fête est finie, majesté ! » Elle qui n’avait jamais connu que la fête !
      Qui sait capter les torrents et les orientés à sa guise, construire ou détruire ? Qui connait la qualité des terreaux ? Qui déchiffre la météo ? Qui choisit les engrais ? Qui estime qu’on peut faire fortune en rassemblant des « data » sans valeur ?
      Il parait que les français ne sont pas heureux que les impôts locaux augmentent significativement maintenant que Paris distribue plus chichement les impôts nationaux ? Qui osera prétendre que ce n’était pas inscrit dans les palais régionaux de tous ces petits barons locaux, de leurs courtisans et des leurs fêtes ! Le terreau est le même: est-ce l’anthropologue qui le qualifiera ?

  15. @vigneron
    merci d’argumenter quand vous n’êtes pas d’accord, ce qui est votre droit le plus légitime.
    Les eux sédékons et des charlatans et redirection vers un lien bien juridico technique qui renvoie à une jurisprudence oeb (je ne suis pas juriste de formation, sortez de votre bulle) , c’est un peu short et abscons, surtout quand on ouvre le bal en désignant les charlatans…………….pas top le début d’argumentaire !

    Merci bien mais j’aime bien décider par moi même les sites ou les individus qui ne me semblent pas interessants ou digne d intérêt ou alors argumentez et avec tact et pédagogie de préférence, merci à vous

    je rejoins sur ce thème M Juanessy, m^me si je ne suis pas d’accord j’aime bien comprendre et entendre un ou des avis contraires clairs et sans condescendance , c’est un dialogue ou pas qui peut advenir.

    Les tons abruptes et péremptoires me froissent la feuille.

    Docteur vinaigre si vous approchez votre nez vinaigré de mes laitues mettez un peu d’huile pour ne pas que la moutarde me monte au nez !

    amicalement votre

    1. merci d’argumenter

      Pour ce qui est de l’huile, c’est l’heure de spéculer sur l’huile d’olives si j’en crois une nouvelle peste qui décime les oliviers en Italie et ailleurs.
      Pour ce qui est du Big Data, il est intéressant de constater comment ces sites de réservations d’hôtel et autres villégiatures, ont fait fortune en vendant très cher un acte qui était gratuit – réserver une chambre ici ou ailleurs – et en se faisant payer dans un paradis fiscal ! Ils sont devenus de plus en plus gourmands et leur savoir-faire « mafieux » leur a permis de quasi éliminer du web certains de leurs « clients » auxquels ils soutiraient des commissions croissantes et bloquant leur publicité par ailleurs comme cette chambre d’hôte qui avait rapidement signé un contrat à 5 % et qui voyait ce prélèvement croître sans pouvoir s’en débarrasser, sa publicité ayant été éliminer ! C’est une situation que j’ai vécu l’an passé et qui est peut être en voie d’être résolu puisque la chaîne Accord a porté plainte contre certains « réservateurs » et que l’Europe s’intéresse à ces détournements.; n’est ce pas un détournement parfaitement naturel de nos mafieux en herbe ? Il va être très difficile de se débattre dans et contre cette matrix ! ET sans doute nous ne sommes pas de cette « race de commerçants » – expression d’Ernest Renan ! Donc à laquelle vous instillerez une dose d’anachronie.

      1. Merci au groupe Accord ! qui défend la « race des petits propriétaires » contre la « race des commerçants – à laquelle vous instillerez une dose d’anachronie »…

      2.  » Pour ce qui est de l’huile, c’est l’heure de spéculer sur l’huile d’olives si j’en crois une nouvelle peste qui décime les oliviers en Italie et ailleurs. »

        merci pour les oliviers et leur propriétaires qui apprécieront vos grands talents de fourmi précautionneuse…

        mon précieux….

  16. je cite le billet de p Jorion « agir par la culture  »

    « Le problème que nous avons est que l’homme d’affaires a gagné. Et l’homme d’affaires n’est pas un très bon philosophe. C’est une sorte de robot avant la lettre. Et malheureusement, il n’y a plus qu’eux qui prennent les décisions. Le problème n’est pas celui de la technologie mais celui d’un système politique où nous nous désintéressons de ce qui se passe. On s’est déjà déresponsabilisé au profit d’individus aux schémas de pensées très robotisés. On a déjà abandonné sa souveraineté à quelqu’un d’autre ou quelque chose. Robot ou pas, peu importe »

    CQFD

    UN GRAND MERCI . 🙂
    Je suis profondemment émue, c’est également ce que je pense et c’est aussi pour cela que j’apprécie beaucoup Pierre Rabbhi, entre autres !

    De plus je pense que même si vous abordez les problèmes actuels chacun différemment vous êtes dans votre pensée et donc dans l’esprit complémentaire du sage philosophe paysan

     » « Désormais, la plus haute, la plus belle performance que devra réaliser l’humanité sera de répondre à ses besoins vitaux avec les moyens les plus simples et les plus sains. Cultiver son jardin ou s’adonner à n’importe quelle activité créatrice d’autonomie sera considéré comme un acte politique, un acte de légitime résistance à la dépendance et à l’asservissement de la personne humaine. » Pierre Rabhi »

    http://terramorphoses.over-blog.com/page-7948128.html

     » A l’érosion des sols, de la biodiversité sauvage et domestique, il faut ajouter celle des savoirs et des savoir-faire traditionnels que nous avons la stupidité de laisser ou de faire disparaître alors qu’à l’évidence ils seraient indispensables à un avenir qui ne soit pas subordonné à la seule combustion et consommation énergétique. Il est donc urgent de définir la culture comme étant tout ce qui concerne les potentialités et les actes humains qu’ils s’adressent à la subjectivité, au monde des abstractions ou à la sphère tangible de notre existence. Il est tant que l’éducation prenne en compte cette nécessité pour ne produire ni des intellectuels infirmes ni des manuels souvent considérés comme des indigents de l’esprit. Vive la culture libérée des ghettos et de l’arbitraire de l’élitisme culturel. »
    Pierre Rabhi

    et merci pour le lien !!! 🙂

    Si les sages pouvaient se fédérer……i have a dream

  17. Paresse de l’économie mondiale, Grèce et Ebola au menu des réunions FMI/BM
    AFPPar Jean-Louis Doublet | AFP – il y a 35 minutes

    – Le risque grec-

    S’y ajoutent les tensions régionales comme la Grèce et les menaces toujours vives de voir ce pays être contraint de faire défaut sur sa dette et de sortir de la zone euro.

    Si le ministre des Finances allemand Wolfgang Schaüble a de nouveau affirmé mercredi qu’il n’y croyait pas, plusieurs responsables du FMI n’hésitent plus à se placer dans une telle perspective.

    Olivier Blanchard a ainsi affirmé que si la priorité reste de trouver un accord avec Athènes sur un nouveau programme de réformes en échange du versement de la dernière tranche d’aide de 7,2 milliards d’euros, une sortie de la Grèce de l’euro ne peut-être exclue avec un effet déstabilisant sur les marchés financiers.

    Mais M. Blanchard, tout comme Wolgang Schaüble, estiment que la zone euro survivrait à une telle issue et que la contagion serait somme toute limitée. « Le reste de la zone euro est en meilleure position pour faire face à une sortie de la Grèce. Certains des pare-feu qui n’étaient pas là avant le sont maintenant et même si cela ne serait pas facile, cela pourrait être fait », a-t-il estimé.

    « Si cela devait arriver, la façon de rassurer les marchés serait d’utiliser cette opportunité pour réaliser des progrès sur la voie d’une union budgétaire et politique et cela serait clairement le bon moment pour le faire », a déclaré l’économiste du FMI mardi. »

    Est ce quelqu’un comprend le sens de cette dernière phrase et peut me l’expliquer ?
    Comment une sortie de la grèce de la zone euro peut il être une transformé en une opportunité censée rassurer les marchés ?

  18. A propos du projet de loi sur le renseignement, il s’agit de prendre les devant sur les mouvements, à venir, de résistance à leur politique d’écrasement économique des populations.

  19. Excellent M le Lapin farceur 🙂
    plus tard ils comprendront peut être leur humour

    Si ce n’est qu’une petite vagounette , un surfeur expérimenté peut effectivement la chevaucher et utiliser l’énergie de la vague pour surfer mais un tsunami… …j’ai des doutes …

    Mais puisqu’ils nous disent que ce n’est qu’une petite vagounette de plus et que leurs jolis murets cette fois ci pourront contenir les colères de l’atlantique….vi vi vi

    les apprentis sorciers en panne de tapis volant ça s’écrit comment en novlangue ?

    http://www.pauljorion.com/blog/2015/04/13/apres-le-krach-de-septembre-2015-la-paix-ou-la-guerre-la-fin-de-la-civilisation-ou-la-renaissance-par-pierre-sarton-du-jonchay/

    @D gagnot

    A propos du projet de loi sur le renseignement, il s’agit de prendre les devant sur les mouvements, à venir, de résistance à leur politique d’écrasement économique des populations.

    Et à part leur enlever la prise qu’ils ont dans le dos pour les débrancher, vous proposez koi ?

    1. @GUDULE

      Et à part leur enlever la prise qu’ils ont dans le dos pour les débrancher, vous proposez koi ?

      Je ne vois même pas comment on peut les débrancher. Ce sont des robots fabriqués à l’ENA, autonomes (pas de prise), qui se reproduisent.(chaque année un nouveau bataillon)
      Ils sont inconscients, dénués de réflexion, et ne ressentent rien car déconnectés du réel.
      Ils ne font que obéir à ce pourquoi ils sont programmés.
      Et ils seront bientôt protégés par un état policier. C’est le pompon.

      1. « Ils ne font que obéir à ce pourquoi ils sont programmés. »

        Il y a des tsunamis qui peuvent être trés convaincant pour nous apprendre à  » renouer avec les fondamentaux « , ne sous estimez pas la vertu pédagogique du tsunami …

  20. A quoi sert il de résoudre de manière détaillée une question complexe , si des hypothèses simples sont à portée de la main pour y parvenir ?

    Exemple : Vigneron et Octobre ont finalement rencontré Gudule .

    Quand est ton anniversaire ? demande Vigneron .

    Gudule :  » je ne vais pas vous le dire , mais vous donner des indices « . et elle écrit une liste de 10 dates:

    – 15 mai , 16 mai , 19 mai .
    – 17 juin , 18 juin
    – 14 juillet , 16 juillet
    – 14 août , 15 août , 17 août .

     » Mon anniversaire est l’une de ces dix dates  » dit Gudule .

    Puis elle murmure à l’oreille de Vigneron le mois ( et seulement le mois ) de son anniversaire .

    Elle murmure ensuite à l’oreille d’Octobre ( pas de jaloux ) le jour et seulement le jour de son anniversaire .

    Vigneron qui a consulté ses références habituelles dit alors : » je ne sais pas quand est ton anniversaire , mais je sais qu’octobre ne le sais pas non plus  » .

    Octobre , regonflé par sa batterie solaire :  » je ne le savais pas non plus à l’origine , mais maintenant je le sais  » .

    Vigneron toujours aussi fiérot :  » Ha oui ? Et bien maintenant je le sais aussi  » .

    Quand tombe l’anniversaire de Gudule ?

    Je connais la réponse , mais j’aimerais savoir si vous vous en sortez .

    ( c’était le dernier défi de mon fils , résolu en 3 minutes trente ) .

    1. Si Vigneron dit qu’Octobre – qui ne connait que la date – ne peut pas savoir quel est le jour d’anniversaire de Gudule, on peut non seulement rayer le 18 juin et le 19 mai, car Octobre connaissant le jour, et le 18 et le 19 n’apparaissant qu’une fois, Octobre aurait tout de suite deviné le mois et donc la date, mais également toutes les autres possibilités de mai et juin, puisque si Vigneron affirme qu’octobre ne peut pas savoir, alors que lui-même ne connait pas le jour, c’est qu’il avoue par là-même qu’il ne peut s’agir de mai et juin, car si Gudule lui avait dit « le mois de mai », il ne pouvait pas affirmer que Octobre ne pouvait pas savoir, car si c’était le jour 19, et bien Octobre aurait sû.

      Restent donc les dates en juillet et août. Et alors Octobre fanfaronnant qu’il ne savait pas mais qu’il sait désormais permet d’éliminer d’office le 14 juillet et le 14 août : il ne connait que le jour, donc un jour présent dans les deux mois restants ne peut être la solution. Restent alors le 16 juillet, le 15 août et le 17 août.

      C’est alors que Vigneron estime qu’il sait désormais lui aussi quelle est la bonne date. Comme Vigneron ne connaît que le mois, ça ne peut pas être août, puisqu’il y a encore deux dates possibles et que Vigneron hésiterait entre le 15 et le 17 août. Il s’agit donc nécessairement du 16 juillet.

      Là où ça ne tient pas debout ton affaire Juan, c’est d’imaginer une seule seconde Vigneron en train de demander sa date d’anniversaire à Gudule.

      1. Fortiche le modo , on comprend pourquoi on l’a mis là !

        Ce raisonnement a été effectivement le mien et ma réponse était bien le 16 juillet , mais mon propre rejeton-modo ne m’a pas encore répondu pour sanctifier ma réponse . On dira que , qui ne répond pas admet !

        Pour Vigneron , je n’imaginais aussi pas trop Gudule lui murmurer à l’oreille .. Ni à celle d’Octobre d’ailleurs depuis qu’elle l’a tétanisé .

         » L’amour , c’est bien simple …. »

      2. @juanessy

         » » L’amour , c’est bien simple …. »  »

        L’amour rend fou, il n’y a que la guerre qui Rambo. 🙂
        coluche

  21. Les « résultats » économique nous sommes y attaché, mais la challenge est que nous créons un contexte dans laquelle nous essayons de vivre correctement en relation avec la nature, l’autre et nous-même.

    Les rapports de forces économiques et politiques sont aujourd’hui devenue très malsain et même autodestructeur. Aujourd’hui nous avons mis une logique en place dans laquelle nous pouvons vivre ce qui n’est pas encore produit, c’est ici ce trouve notre fuite politico-économique vers l’avant pour pas vivre dans le moment présent. Si on continue de vivre dans un système dans laquelle on doit prendre plus que nous contribuons, ça me semble logique un moment au l’autre ça ne marche plus. On peut créer des nouveaux institutions de contrôle, mais ils ne comprennent pas ce qu’ils contrôlent, c’est sans fin. La finance (et l’économie) n’a pas de cadre crédible et on ne veut pas parce que on doit croître pour pouvoir rembourser nos dettes. L’économie est devenue la religion la plus puissant et pour le moment intouchable du monde avec de millions de papes, sous papes et contre papes. Nous avons démocratisé le droit « des rapports de forces » mais il n’y pas de pilote dans l’avion, parce que c’est nous même qui se sont absentés.

    A. Il n’y a pas une cadre auto-régulateur
    B. Personne est co-responsable
    C. Pas une base commun, solide, compréhensible qui est sécurisant pour les citoyens.
    D. Une bureaucratie déraillé comme objectif inconscient de la politique et économie.
    (Un levier comptable comme principe de base de l’économie)

    1. En bref le levier comptable* se traduit dans une « plus-value comptable » qui aujourd’hui n’est pas cadré et qui crée bureaucratisation « en soi » ou « hors sol ». En mettant la priorité en économie et politique là nous avons créé la fuite bureaucratiquement à l’avant chronique. On peut difficilement mettre en cause parce-que la machine politico-économique s’arrête et va créer plus que probable un chaos complète. En conséquence on « accepte » d’être pris en otage permanent. Un cercle vicieux et destructif dans laquelle on se trouve aujourd’hui est créé.
      Comment sortir de ce « catch 22 » est psychologiquement très difficile !

      Mais « relativer le profit » pour créer un cadre dans laquelle par exemple les écarts de revenus sont 1 à 4 ou au maximum 1 à 10. Redonner la responsabilité qualitative au citoyennes en voire et concrétiser les priorités simple et atteignable : l’eau, nourriture, habitation, santé, éducation et un cadre qui donne l’espace au temps libre sans que ça va au frais des priorités sociales. Plutôt coopérer et partager que se concurrencer mutuellement dans la peur de l’autre ! Essayer de renforcer l’estime de soi, la démocratie et la justice !!!

      *qui fonctionne comme un levier du profit comptable et qui est responsable de la matrice bureaucratique dans laquelle l’esprit de l’homme s’étouffe. Un levier politico-économique avec le message subliminale : prendre plus que nous apportons !!!

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