Ex_Machina, scénario d’une fin pour l’espèce ?, par Lazarillo de Tormes

Billet invité.

Je suis encore sous le choc après le visionnage d’Ex_Machina. Un chef d’oeuvre au contenu expansif et multidimensionnel. Plus on y réfléchit, plus on accouche de matière alimentant la réflexion.

Le titre fait bien sûr référence à l’artifice de la tragédie grecque par lequel une déité apparaissait à la fin de l’intrigue pour recoller les morceaux conséquences des quatre cent coups de ces humains si peu fiables. Nietzsche s’horrifiait de ce procédé qu’il accusait de transformer la douleur, embryon incontournable de la pensée, en une partie de plaisir qui ne génère qu’insouciance coupable, antichambre d’une issue… tragique pour le coup.

Le cadre aussi, un des paysages de Nature brute les plus impressionnants que l’on puisse imaginer et une action qui se déroule en son sein dans un huis clos artificiel presque intégral et oppressant comme pour symboliser le divorce de l’homme et de cette nature dont il est issu. Sa nature ? Car de découplages il en est question à chaque seconde de l’heure trois quarts du film. D’illusion de maîtrise également.

Peu de sujets de ceux qui s’abordent sur le blog échappent à une référence possible. Au point que suite à une réplique reprenant littéralement une citation de Robert Oppenheimer, père de la bombe atomique, je me suis demandé si à un moment il en avait été question sur le blog. J’ai souvent ce réflexe lorsque je suis en présence, au gré du hasard, d’un sujet, un indice, un article, un auteur… qui accrochent mon attention. Chaque fois jusqu’à présent, j’en ai trouvé une trace dans ce terrain fertile qui en accumule tant depuis 2007. Cette fois la trace apparaît pas plus tard que dans “le temps qu’il fait” de Noël dernier.

Pour terminer par une note potentiellement positive malgré le titre, nous donnons au mot “fin” plusieurs définitions. Que chacun choisisse la sienne, mais qu’il en fasse du bruit pour que la majorité ne se terre plus, sache et ne se taise pas. Cette majorité qui pèse avec toute la gravité de sa conscience sur les épaules d’un Oppenheimer, les yeux baissés par le remords, qui n’a rien voulu voir avant que l’horreur ne s’impose d’elle-même.

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