Lettre à Athéna, par Dominique Temple

Billet invité.

Athéna ! à qui l’on doit l’économie politique que nous légua le grand Aristote qui nous apprit que la cité est construite sur la réciprocité de bienveillance dans la production et le partage dans la redistribution, les équivalences de réciprocité dans la circulation des marchandises, et leur échange grâce au petits commerçants.

Qui dénonça l¹accumulation sans limite qui s’articule par la spéculation sur le libre-échange à l’origine d’un pouvoir économique rival du pouvoir politique.

Qui nous apprit que l’allocation universelle était de taille à compenser l’envie, et à permettre la liberté pour tout citoyen responsable de délibérer du bien commun ; que la consommation sans limite devait être récusée au bénéfice des besoins de tous en commençant par ceux des plus démunis.

Qui définit la propriété par sa fonction sociale, et montra comment le régime de propriété où la production est sous la responsabilité individuelle, est le plus performant de tous lorsque le partage est la règle de la redistribution.

Athéna ! Comment peux-tu dédaigner ton peuple qui sur l’agora créa la démocratie et le marché de réciprocité ? La bourgeoisie grecque place ses capitaux en Suisse, le déficit de l’Etat tire la monnaie à la baisse. Les bourgeois grecs y ont intérêt pour revaloriser leurs capitaux suisses, ultime défi de ceux qui refusent de mettre une limite au profit au bénéfice de l’Etat, et d’instaurer l’allocation universelle qui protège tout
le monde contre le chantage des puissants. Le cycle pervers ne mérite-t-il que ton dédain ?

Athéna tu n’es plus reine à Athènes, et ton temple déserté va être vendu aux enchères. Le peuple mérite-t-il ton courroux et sa disgrâce ? Lui qui peut entendre ta voix si tu reviens dans ta cité !

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