Nouvelles du samedi soir, par Panagiotis Grigoriou

Billet invité.

L’étranglement du système banquier, autrement dit de la vie et de l’activité est l’arme utilisée par la Troïka et cela… fonctionne. Je n’avais jamais vécu une telle situation jusque-là, je vais dire une telle opération de propagande et d’interventions diverses et variées pour ainsi faire plier tout un peuple, et en tout cas sa majorité. Participant au mot d’ordre lancé par le patronat et par la Troïka de l’intérieur, l’entreprise dans laquelle travaille ma compagne, n’a pas versé les salaires fin juin, prétextant la situation, alors qu’elle n’a pas été touchée par la crise – pas des problème de trésorerie. En outre, il semblerait que les détenteurs de cartes (type VISA etc.) grecques, ne peuvent plus les utiliser à l’étranger, dans pareil cas, la Grèce serait isolée du système disons global.

Inutile de dire combien le climat ici est délétère. Nous naviguions dans les Cyclades, ma compagne et moi à bord de son (petit) voilier lorsque la nouvelle du référendum est tombée. Un voyage autant essai, aussi en vue de mon activité liée au tourisme laquelle démarrera timidement en août, nouveauté oblige et situation incertaine comme on sait. C’est ainsi que mes petites finances demeurent celles générées par le blog

Depuis l’annonce du référendum ce fut alors la course… autant contre la météo pour rentrer à temps. En effet nous étions au sud de Naxos et nous sommes rentrés à Méthana près d’Athènes (notre port d’attache) pour ne pas perdre un seul bulletin du NON, et nous sommes donc rentrés hier soir à Athènes. Nous avons rencontré vent 6 à 7 et une mer assez grosse… retour donc sportif pour un voilier de 31 pieds, Naxos – Sifnos, puis Sifnos – Serifos et enfin Sérifos – Méthana (60 miles en une journée) mais enfin !

Le périple, m’a toutefois mis en contact avec les mentalités cycladiques – largement pro-mémorandum il faut dire, j’ai partiellement raconté tout cela dans mon blog. Ce soir, je m’apprête dans quelques minutes à me rendre Place de la Constitution, au grand rassemblement du « NON », Alexis Tsípras y sera. Nous savons que les moments sont historiques. De nombreux gens craquent, ne pouvant plus résister au matraquage des médias en faveur du « OUI » en plus des difficultés bien réelles. Certains de ma propre famille d’ailleurs, m’ont téléphoné… en larmes depuis la Thessalie, ils sont déboussolés. Cela se nommerait je crois de la « mécanique sociale ».

D’autres à Athènes, tels les voisins dans notre immeuble, sont au contraire déterminés, prêts à voter « NON », et le moral y est. C’est sans doute la première grande bataille (son couronnement) ou sinon… la dernière avant un moment.

Voilà pour les nouvelles… du front

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