Penser tout haut l’économie avec Keynes, de Paul Jorion, éd. Odile Jacob, 2015. Une note de lecture (VIII) : la folie du rapport de force que notre espèce a engagé… avec la Nature, par Roberto Boulant

jorion

Billet invité.

La lignée Homo a traversé à plusieurs reprises des goulets d’étranglement qui ont failli la faire disparaître. Le dernier événement catastrophique datant de 69.000 à 77.000 ans, quand le ‘super-volcan’ Toba sur l’île de Sumatra, explosa en causant un hiver nucléaire qui amena la population de nos ancêtres au bord de l’extinction.

Et nous voici de nouveau devant un tel goulet d’étranglement. À la différence  près, qu’il ne s’agit pas cette fois-ci d’un accident exogène. De ceux où une nature aveugle décime des pans entiers de l’écosystème planétaire à l’aide de titanesques explosions volcaniques ou d’Himalayas célestes nous percutant à des vitesses de plusieurs dizaines de kilomètres par seconde.

Non, cette fois-ci la catastrophe a un aspect beaucoup moins spectaculaire. Elle tient dans les quelques centaines de centimètres cubes de notre boîte crânienne. Dans cette évidence, que nous éprouvons les pires difficultés à brider nos instincts ou à nous projeter dans le futur. Dans le constat chaque jour renouvelé, que demain n’existe pas, et que seule compte la jouissance immédiate. Quel que soit le prix de son assouvissement !

Et justement, comme les lecteurs attentifs de Paul Jorion le savent bien, tout prix est le résultat d’un rapport de force. En l’occurrence celui que la folie de notre espèce a engagé… avec la Nature !

C’est en cela que la lecture de Penser l’économie tout haut avec Keynes peut constituer un point de départ à une réflexion commune. En découvrant comment la pensée keynésienne, sous des aspects souvent baroques, s’articule autour d’une simple mais nécessaire idée : celle d’une économie au service de la paix.

C’est à partir de cette utopie que nous devons penser tout le reste. De là découleront la prohibition des paris boursiers et des havres fiscaux, la neutralisation par la réappropriation populaire des banques systémiques et des transnationales. De là, nous pourrons penser le partage des richesses produites par la robotique et l’informatique. De ce changement de paradigme économique, découleront des représentations politiques qui ne seront plus celle de l’argent, mais celles de notre volonté commune de donner un avenir viable à nos enfants.

Nous sommes condamnés à l’utopie ou à la guerre.

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  1. Ilicitano Votre « Il va falloir… » avec tout ce qui s’en suit est très rigolo ! Il me fait penser à…

  2. Ruiz, j’ai pas compris ce que vous voulez essayer de dire. Mais il me semble que vous n’avez tjs pas…

  3. Que ce soit le bridage par Enedis , déjà expérimenté à 3 Kva pour validation du système de réduction, ou…

  4. Une étincelle dans un mélange hydrogène -oxygène fait de l’eau avec un énorme et très brutal dégagement d’énergie. Basique et…

  5. « « EVENTUELLEMENT » ( ????????????? à vérifier ) de réduire à distance la puissance disponible pour éviter un black-out global…

  6. @Ruiz : Sauf que : * il est possible d’équiper , quand on peut , une maison en photovoltaïque /…

  7. @ilicitano La stratégie est de reporter le coût de l’adaptation à la variabilité (demande ou production) sur le consommateur par…

  8. @Jean-Yves Bien sûr ! Au moins de provoquer une combustion énorme, comme toute bouteille de gaz, l’explosion nécessite un mélange…

  9. Il va falloir vivre avec l’énergie solaire , et autres appoints énergétiques pour « stabiliser » l’adéquation consommation / production d’énergie pour…

  10. @écodouble Dans le même genre l' »énergie pilotable » est un poncif qui convient au mieux à l’hydroélectricité de barrage (que l’on…

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