Piketty président !, par Stéphane-Samuel Pourtalès

Billet invité.

C’est pas qu’jai tout lu Piketty, d’ailleurs j’ai rien lu, mais le gars me fait une bonne impression. Il a une bonne frimousse de gentil. Un gentil qui nique les riches, quand-même. Avec le sourire : il a le swag. Ça fait quand-même vieillir Marine, y a pas à dire. Dents de fumeurs tous les deux, mais il y en a une qui fait vieille bourgeoise héritière-compromise, je vous laisse deviner. Tom sourit sans être séducteur, parce qu’il ne veut séduire personne (ou presque).

Inégalités : il y a mis le doigt. Il hésite, pour le bras. Pourtant, ça serait mieux s’il était président, à la place de Marine-Sarkozy. Pour les photos, déjà, pour faire genre Merkel est vieille et moche. Parce qu’à un sommet interplanétaire, tout le monde autour de la table en diamant saura « qu’il sait ». Sacré poids, pour négocier. Il refusera le deuxième verre à l’apéro : c’est pas un bolos. Il sait : où est l’argent et pourquoi. Il a beau être tout mignon, aucun grand de ce monde ne peut lui taper sur l’épaule en lui disant allez, hein, quand-même… Il ne rêve pas beaucoup : c’est sa force.
Sacré radeau pourri que les temps qui viennent. Tom a des fantasmes d’universitaire. Et d’écrivain. La Marianne souffre et lui fait du pied, mais lui, genre, fait durer les préliminaires. C’est des lois qu’il faudrait écrire. Le monde intellectuel qu’il a séduit à travers le monde, c’est aussi des gens qui pourraient saluer la nouvelle internationale contre l’abus et les extrêmes qui s’annoncent un peu partout. Pour sauver un peu la paix. Un peu, quand-même, pourquoi pas ? Une demi-paix, un quart-de-paix, moi ça m’botte déjà, j’suis pessimiste, comme les Davos-Men.

Ah mon poto, c’est pas la révolution, j’suis d’accord, c’est pas le grand soir. Mais la révolution, c’est pas sous « nos latitudes », comme on dit, qu’elle se fera. Les retraités rhumatisants ont du mal à courir devant les CRS (qui sont gentils, d’ailleurs), et ils ne peuvent même plus soulever un pavé. Game Over. Tom ne tremblote pas, c’est bon signe. Il y a un moment ou les radasses blondes des oligarques perdent leurs sourires crispés : Tom peut y arriver. Tom peut faire ça : tendre un miroir, et faire peur aux cons par leur propre connerie. « Je veux expliquer », il dit. Justement, Tom, c’est ça la bombe.

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