Intelligence artificielle, une douce installation, par Marc Dujardin

Billet invité.

En médecine, une partie de la réussite tient au fait d’avoir été bien orienté dans le système des soins de santé. Si votre état nécessite une prise en charge rapide par une structure technique spécialisée, vous avez intérêt à y être adressé dans les meilleurs délais. C’est le cas par exemple des infarctus cardiaques, des accidents vasculaires cérébraux, des perforations digestives, etc.

Une partie de la médecine générale consiste à se demander si la personne qui s’adresse à vous doit être référée immédiatement ou non à un service spécialisé. Quelle est la compétence dont ce malade à besoin ? A contrario, se retrouver dans une structure spécialisée quand c’est contrindiqué entraîne des erreurs diagnostiques, des sur-interventions, des affections nosocomiales évitables, etc.

Les médecins généralistes réalisaient ce rôle de tri. Depuis quelques années il semble que le travail de nuit, rester appelable dans le rôle de garde, était une charge insupportable pour les généralistes. Il fallait alléger, particulièrement dans le cadre de la nuit profonde de 22h à 7h du matin.

La Meuse, journal populaire du groupe Sudpress, nous apprend le 14 mars 2016 que pour 500.000 Liégeois en 2015 et pour 750.000 Liégeois, fin  2016, c’est dorénavant un algorithme, comportant 54 paramètres, qui guide le patient vers la ligne de soins la plus appropriée.

Un(e) infirmier(ère) répond au téléphone, pose les questions au patient, et organise la suite en fonction du classement du système expert : envoi d’une ambulance médicalisée, envoi d’un médecin de garde, notification au médecin traitant, etc.

Le stade suivant sera-t-il de mettre 3 infirmier(ère)s pour conseiller les patients durant la période qui va de 7h du matin à 22h ?

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