« À l’étranger on trouve plus ou moins normal que les administrations aient des comportements mafieux, chez nous, c’est très différent … »

Dans les mémoires de Jacques de Larosière, intitulées 50 ans de crise financière (Odile Jacob 2016), on trouve le souvenir suivant, relatif à l’Ukraine, datant de l’époque où l’ancien gouverneur de la Banque de France, ancien directeur du Fonds monétaire international, était à la tête de la BERD, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (1993 – 1998) :

Mais le bon déroulement de l’opération achoppa sur une affaire d’intérêts particuliers : en l’occurrence ceux du groupe mafieux qui assurait le monopole de la vente des carburants. Or le projet prevoyait l’achat du gasoil au meilleur prix du marché international. Cette disposition – normale – n’était pas du goût du syndicat local. Le projet fut donc bloqué et les récoltes confisquées par les autorités de la région.

Ce passage se trouve à la page 186 du livre. À la page suivante, un autre incident est relaté :

Le dossier nucléaire fut l’un des plus délicats […] J’avais moi-même des doutes sur certaines opérations. Ce fut le cas des deux nouvelles centrales nucléaires que le G7 me poussait à construire en Ukraine pour encourager ce pays à accélérer la fermeture de Tchernobyl […] l’opération n’était pas conforme aux statuts de la banque, ainsi qu’un panel international d’experts l’avait confirmé. Jacques Chirac, président de la République, de même que Larry Summers, alors secrétaire américain au Trésor, tentèrent néanmoins de m’influencer.

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