LA MAUVAISE GRAINE DU BREXIT, par François Leclerc

Billet invité.

Le Brexit va conforter le délitement de l’Europe et contribuer à la poursuite de la crise financière et économique mondiale. Avec dans les deux cas un même moteur : le repli sur des valeurs sûres, puisqu’il n’est pas trouvé d’issue.

La sortie de l’Union européenne du Royaume-Uni exprime à la fois le rejet de la politique que l’Europe personnifie et la montée d’un profond sentiment d’insécurité allant jusqu’à déclencher une xénophobie qui ne craint plus de s’exprimer ouvertement. Dans l’immédiat, l’agitation va prévaloir, les réunions se multiplier, avec l’espoir que la panique enregistrée sur les marchés va vite se tasser, les banques centrales aux aguets. L’heure du bilan n’est pas encore arrivée.

Trois menaces peuvent plus particulièrement être suivies. Au Japon d’abord, où l’afflux des capitaux aboutit à surenchérir le yen et à accentuer la crise propre de la troisième puissance mondiale. En Italie, où le Mouvement des 5 étoiles agite la perspective d’un referendum sur l’euro dans le contexte d’un affaiblissement de Matteo Renzi qui pourrait se concrétiser par son départ. En Turquie, où Tayyip Racep Erdogan menace d’organiser un referendum à propos de la poursuite des négociations avec l’Union européenne concernant les réfugiés.

À sa manière, François Hollande a exprimé ce qu’il faut attendre de dirigeants européens plus dépassés que jamais. Plaidant pour « une relance de la construction européenne », il lui donne comme objectif premier « d’assurer d’abord sa protection, sa sécurité, sa défense » et la surveillance de ses frontières « pour ne pas avoir à revivre ce que nous avons connu par rapport à la question des réfugiés ». Puis ensuite seulement d’être « capable de définir son avenir industriel technologique, universitaire, scientifique », de se doter « d’institutions plus simples, plus rapides », et de promouvoir des « coopérations renforcées » entre ses États membres désireux d’avancer plus vite.

L’Europe est une promesse de plus qui fout le camp.

Partager :

Contact

Contactez Paul Jorion

Commentaires récents

  1. Au moins aussi impressionné par le comité de lecture du BPJ que par les IA de tout poil…

  2. https://www.bbc.com/news/articles/c39428dv18yo AI model from Google’s DeepMind reads recipe for life in DNA

  3. @Otromeros Tout cela reste très subjectif. Permettez-moi de le dire franchement : une bonne partie de vos messages générés avec l’aide…

  4. Illustration meurtrière s’il en est d’un cadre qui s’érige en position indiscutable et cesse d’être redevable de ses effets. À…

  5. @Lucas @bb Intéressant. Mais il n’y a dépossession que si l’on donne aux IA ou à la Bibliothèque de Babel…

  6. Sur les narratifs, les modèles, le réel, les limites, le khaos… fertile pour notre discussion et pour le bonheur d’y…

  7. A propos de ‘ Nirvana ‘ … GAZA l’ « oubliée » ………. ( HAARETZ du jour ) Des centaines de personnes…

  8. @bb 18h44 Plus court et compréhensible++ (surtout si on a lu même rapidement ce qui précède 16h33 et 18h35)

  9. @Lucas 17h00 Je profite (avec retard) de votre intervention ( @bb) pour vous demander si vous « voyez » pourquoi les réponses…

Articles récents

Catégories

Archives

Tags

Allemagne Aristote BCE Bourse Brexit capitalisme ChatGPT Chine Coronavirus Covid-19 dette dette publique Donald Trump Emmanuel Macron Espagne Etats-Unis Europe extinction du genre humain FMI France Grands Modèles de Langage Grèce intelligence artificielle interdiction des paris sur les fluctuations de prix Italie Japon Joe Biden John Maynard Keynes Karl Marx LLM pandémie Portugal psychanalyse robotisation Royaume-Uni Russie réchauffement climatique Réfugiés Singularité spéculation Thomas Piketty Ukraine Vladimir Poutine zone euro « Le dernier qui s'en va éteint la lumière »

Meta