Piqûre de rappel : Le Figaro, Apocalypse now, par Éric Zemmour, le 31 mars 2016

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Le Figaro, Apocalypse now, par Éric Zemmour

« La fin du monde est pour demain. Les robots vont prendre la place d’une humanité rendue folle par le capitalisme. Un essai tonique mais qui laisse sceptique. »

LE DERNIER QUI S’EN VA ÉTEINT LA LUMIÈRE. Paul Jorion, Fayard, 273 p.

« La surenchère est partout. La compétition, la rivalité aussi. Chez les sportifs, les artistes, les écrivains, les politiques. Chez les prophètes aussi. Paul Jorion s’était fait connaître du grand public en annonçant la crise des subprimes de 2008. Dans son dernier livre, il prophétise carrément la fin de l’espèce humaine ; son extinction et son remplacement par des robots. L’apocalypse millénariste n’est pas pour demain mais pour après-demain ; pas cinquante ans, mais cent ans. Elle sera la conjonction de trois vagues catastrophiques : crise écologique, crise économique, crise technologique. Par destruction des ressources naturelles ; destruction de la classe moyenne ; destruction de l’homme. L’auteur ne nous laisse aucune chance. Son livre n’est pas le récit analytique de ce qui conduit à notre perte. Nous n’en sommes déjà plus là, selon lui. Notre fin est actée. Il n’y a pas lieu de la discuter, ni même de l’expliquer. Elle est un fait acquis. Le livre répond à une autre question que l’on n’attendait pas si vite : pourquoi sommes-nous incapables d’éviter notre fin ?

Ce parti pris audacieux fausse notre lecture. Jorion répond à une question que l’on ne se pose pas. En tout cas pas encore. Il a sauté une étape. En tout cas pour nous, pauvres béotiens. Et il ne répond pas à la question que l’on se pose : allons-nous vraiment être remplacés par des robots ? Allons-nous être rayés de la surface de la Terre comme de vulgaires dinosaures ? Pourquoi ? Comment ? Les climato-sceptiques sont-ils vraiment tous stupides ou achetés par l’industrie pétrolière ? Les déchets nucléaires sont-ils impossibles à retraiter ? Les ouvriers anglais qui brisaient les métiers à tisser dans les années 1820 ne croyaient-ils pas déjà qu’ils seraient remplacés par les machines ? Nos robots ne pourraient-ils pas heureusement compenser la faible natalité de l’Europe et nous permettre, sur le modèle japonais, de pérenniser notre système économique en dépit de la réduction de notre population active, et ce, sans avoir besoin d’immigrés de moins en moins assimilables ? Comment l’espèce humaine, qui a triplé en un siècle, alors qu’elle avait mis des milliers d’années à atteindre son premier milliard d’êtres vivants, peut-elle disparaître en cent ans ? Le danger mortel pour l’humanité n’est-il pas, à l’inverse de ce que prétend l’auteur, son pullulement excessif, qui la répand en masse dans des villes devenues invivables et la déverse dans de vieilles cités européennes, les submergeant et détruisant leur civilisation millénaire ? Mais toutes ces questions ne seront pas posées par notre prophète tendu vers son apocalypse. Circulez, il n’y a rien à voir. Mais pas rien à lire.

L’auteur a des formules à la Woody ­Allen : « Nous, êtres humains, n’avons en réalité jamais digéré le fait que nous allions mourir un jour. » Beaucoup de références à des films récents, comme si le cinéma hollywoodien était parole d’évangile. Des citations en vrac, de Rousseau, Hegel, Keynes, Lacan, Molière, Freud, Nietzsche, Schopenhauer, etc., les unes archiconnues, les autres plus originales. Un style qui mêle relâchement journalistique et sentences scientifiques absconses. Un recul bienvenu de celui à qui on ne la fait pas dès qu’on parle d’économie : « La science économique est un discours dogmatique dont l’usage est d’être invoqué par les financiers pour opacifier les débats autour de la chose économique. »

L’économie, c’est son truc. Antilibéral d’une rare férocité, mais pas sans ­arguments. Il montre avec acuité comment le capitalisme est drogué à la croissance tandis que notre survie écologique réclame la décroissance. Comment notre ­démocratie est redevenue censitaire. Comment nos sociétés ayant abattu toutes les distinctions ne connaissent plus que celles fondées sur l’argent, comme l’avait prédit Tocqueville revenu d’Amérique : « Le prestige qui s’attachait aux choses anciennes ayant disparu, la naissance, l’état, la profession ne distinguent plus les hommes, ou les distinguent à peine ; il ne reste plus guère que l’argent qui crée des différences très visibles entre eux et qui puisse en mettre quelques-uns hors de pair. La distinction qui naît de la richesse s’augmente de la disparition et de la diminution de toutes les autres. »

Ses quatre cavaliers de l’apocalypse ont pour nom Smith, Bentham, Friedman, Hayek, quatre apôtres du libéralisme économique, à qui Jorion reproche d’avoir inoculé le virus individualiste, utilitariste, court-termiste qui empêche l’humanité, et en particulier ses nouveaux patrons de la finance, de voir au-delà de leur cupidité jamais assouvie. Et, accessoirement pour les deux derniers, d’avoir soutenu la dictature chilienne de Pinochet et d’avoir débranché le libéralisme économique de son moteur politique historique, la démocratie libérale.

Mais quand il quitte les terres de l’économie, le pas de notre auteur se fait moins assuré. Ses analyses sur la catastrophe écologique, moins acérées, plus banalisées. L’avènement des robots doit plus au souffle du cinéma qu’aux réalités concrètes. Le transhumanisme est survolé et guère discuté. Jorion est au fond un moraliste à l’antique qui cherche une religion sans dieu, finit par avoir pour seul ennemi le « veau d’or », et badigeonne d’une couche de peinture scientifique les anciennes maximes de Blaise Pascal sur la faiblesse de l’homme et sa prétention démesurée, entre les vertiges de l’infiniment petit et de l’infiniment grand : « Le cerveau humain, a dit le biologiste ­François Jacob, est conçu comme une brouette sur laquelle aurait été greffé un moteur à réaction. »

Jorion est un humaniste égaré dans un monde techniciste. Son essai sur l’extinction de l’humanité hésite entre la fable et le pamphlet, entre la parabole et la note économique, entre la prophétie millénariste et le rapport d’entreprise. On le suit et on le perd. Il ne se lasse pas de citer le Macbeth de Shakespeare : « La vie… est un conte raconté par un idiot, rempli de vacarme et de fureur, ne signifiant rien. » À la fin, on ne sait toujours pas s’il préfère disparaître sur cette terre ou trouver refuge sur une autre planète. Mais on garde la vieille maison. On ne sait jamais : elle peut encore servir. »

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44 réflexions sur « Piqûre de rappel : Le Figaro, Apocalypse now, par Éric Zemmour, le 31 mars 2016 »

  1. J’étais en train de vous écrire quand j’ai vu que les commentaires sont ouverts. Alors voici:

    Bonjour Paul,

    Le pelage estival vous va très bien. Vous avez un an de plus que moi et il y a de quoi être jaloux de votre bonne tête de saison.

    Je n’aime pas Zemmour, et même je le considère comme une nuisance et un homme petit. Mais il faut le reconnaître, il a vous a lu très attentivement et avec beaucoup d’intelligence.
    C’est une des meilleurs critiques de votre livre, ou la meilleure, que j’ai lue de ce point de vue (l’intelligence.)

    Tout simplement, il questionne cette étape que vous considérez comme démontrée, la route vers notre extinction et notre remplacement par les robots.

    Et je vous fais un aveu: moi aussi, je tique sur l’impasse faite sur toute la période qui s’étend d’aujourd’hui au jour de l’hypothétique extinction de l’espèce. Je le pensais avant de lire E. Z., mais bien entendu ça ne rend pas votre livre non pertinent pour la cause: il explore un possible. Le livre de Servigne et Stevens par exemple, accumule en boucle les éléments d’une impasse gravissime mais ne me paraît pas établir la fin de l’espèce.
    Tant de choses peuvent et vont advenir, et les milliards de morts ne vont pas se volatiliser en un jour. Cela va prendre des années ou des décennies, et des forces incroyables et imprévisibles seront levées. Des forces sociales autant que des énergies personnelles inédites, et peut-être une révolution technologique ou l’autre sur lesquelles, à la différence de l’optimisme officiel plus ou moins sincère, je ne compte pas, mais qui ne sont pas impossibles. C’est le caractère vertigineusement ouvert de l’avenir, auquel nulle conscience ne peut accéder « ex ante ». Il suffi de penser à tout ce qui est récent, banalisé, et fut inimaginable il y a peu. Il n’y a pas de visionnaires: il y a juste d’innombrables rêves éveillés, et dans leur variété il y en a un de temps en temps, souvent à titre posthume, qui ressemble au futur advenu.

    Il paraît que dans la préhistoire l’humanité a été un jour réduite à une quinzaine de milliers d’individus. Ce n’étaient peut-être pas les meilleurs du point de vue des risques actuels, et il y aurait là de quoi questionner Darwin, mais ça a suffi pour une belle petite longueur et nous produire Shakespeare ou Paul Jorion, et même Guy Leboutte, ce que je ne peux considérer autrement que comme des bonheurs.

    Bien à vous, bonne journée, et recevez mes condoléances pour Michel Leis.

    G.

      1. C’est évident que cette question doit être prise au sérieux.
        Comme je le dis plus bas c’est le principe de Carnot appliqué à un système fermé qu’est notre capitalisme industriel et financier. Ce n’est pas dogmatique, c’est scientifique.
        Si on veut s’en sortir, le capitalisme doit devenir informationnel.
        Ce ne sont plus des ressources matérielles qu’il faut capitaliser mais des informations qui par le rêve et l’action deviendront connaissances comme le dit très bien Hervé Pillaud:
        « l’agriculture passera d’une utilisation intensive d’intrants à une utilisation intensive de connaissances. »
        http://www.innovagri.com/visiter/village-agroecologique
        (Cliquer sur Hervé Pillaud)
        C’est démontrable au sein du potager collectif auquel je participe.
        Une façon de résoudre le problème du remplacement de l’homme par les robots.
        @ Guy Leboutte
        Si cela vous intéresse on peut en parler de l’autre côté de la ville de Liège ici: http://coindeterrejupille.be/

      2. « Une façon de résoudre le problème du remplacement de l’homme par les robots. »

        Les robots ou autres automatismes peuvent tout à fait être adaptés et utile à une agriculture de conservation écologique, aucune antinomie.

      3. C’est ce qui fait ,paradoxalement , que le  » catastrophisme éclairé  » de Jorion est  » tonique  » , alors que le « scepticisme » de Zemmour est sans espoir ,que ce soit dans la « vieille maison » ou dans une « autre planète » .

        Entre Hamlet et les derniers vers du poème de Victor Hugo qui a servi de dernier salut de Michel LEIS , on a d’ailleurs deux messages qui dépassent , et l’un , et l’autre .

  2. Le lien pour Apoclyse now de Eric Zemmour dans le Figaro ne fonctionne pas. Etonnant non ?

    Deux liens qui fonctionnent dans l’Express, le second vaut son pesant de bouillie pour les chats :
    1) http://www.lexpress.fr/actualite/monde/proche-moyen-orient/en-images-syrie-a-manbidj-liberee-de-daech-la-vie-peu-a-peu-son-cours_1821231.html
    2)http://www.lexpress.fr/actualite/monde/proche-moyen-orient/pourquoi-le-declin-de-daech-n-est-pas-forcement-une-bonne-nouvelle_1799499.html

    1. Oui en cette période de prélèvement obligatoire il est bon de le rappeler, Smith avait peut être une éthique en sollicitant davantage les riches pour faire tourner l’économie sur un mode capitaliste liberal et serait probablement à gauche du hollandisme.

      Sinon, le titre du livre soulève une dernière question: Où s’en aller?

      1. PJ aime à se comparer à Philipulus, il annonce la fin des temps en dénonçant les théories des Hayek et autres penseurs économistes. Philipulus, dérivé de Philippe, Celui qui aime les chevaux dans son sens originel. Alors, PJ cavalier de l’apocalypse? Où s’en aller, une question qui trotte. Le naturel revient au galop, les robots auront-ils pour mission de détruire dans les prochaines millions d’années tout retour à la vie? Après les dinosaures, les mammifères, ce serait fini de la vie multicellulaire? L’IA n’est qu’un condensé de la prétention humaine, elle s’en ira à la suite de celui qui éteint la lumière.

      2. « L’IA n’est qu’un condensé de la prétention humaine »

        Qu’est ce que vous en savez ? L’IA de demain est aussi inconnue que les découvertes de physique de demain.

        Il y a même plutôt des raisons de penser que l’IA future sera nettement moins stupide que l’être humain.

      3. @ Lito :

        Je ne sais si vous avez tort ou raison , mais avouez que si l’IA doit être plus pertinente qu’un humain , on va attendre l’avis de l’IA .

        Si ça se trouve elle exprimera que l’humain est plus pertinent qu’elle !

      4. @Jeff :

        Dans le titre , il n’y a pas d’ambiguïté « S’en aller » signifie perdre la vie .

        Sur ce que ça « signifie » , Shakespeare et Hugo ont donné leurs intuitions.

        Par « presque » expérience , je suis plus proche de Hugo .

      5. Une (et une seule, totalitaire) Ia pour remplacer notre humanité. Perçue comme telle, IA ne peut être dépourvue de connerie humaine et va s’effondrer, de mon point de vue, qui ne doit froisser personne car ne voulant être imposé comme Vérité.
        PJ accorde beaucoup d’intérêt à Lacan, si le ratage permet à l’homme de se penser en tant qu’ humain, et de s’y complaire,cela peut signifier que l’humain est imparfait et rendre à la Nature une forme de volonté qu’il lui conteste. Ratage perçu comme fatalité, cela résonne étrangement, le raté n’avait-il d’autres possibilités d’être ce qu’il est, doit-on choisir entre ratage et fatalité?

        S’en aller signifie disparaitre, la nature est magique, de quoi être enchanté! La mort est une action et une oeuvre, « la mort n’est pas uniquement une action naturelle c’est encore une oeuvre utile à la nature » pensait (pour lui-même, pas de prosélytisme) Marc-Aurèle.

      6. Juannessy

        Si ca se trouve l’humain trouvera l’IA bien plus pertinente que lui, l’IA n’étant qu’une extension du domaine du savoir, comme le singe reconnait au miroir qu’il regarde une connaissance hors de lui, qui lui échappe, principe de toute connaissance :

      7. @Lito :

        J’ai le sentiment que vous êtes en contradiction avec votre propre référence à l’Odyssée 2001 ( qui repasse ce soir sur ARTE).

        Pour le singe et le miroir ( ou le bébé et le miroir) , plus que la conscience d’un monde qui n’est pas soi , j’avais plutôt l’interprétation , que c’est l’accès à la conscience …de soi .

        C’est la naissance et la mort qui nous font autres qu’intelligents .

        PS : Contrairement à ce que dit l’interviewé , on ne joue pas vraiment de valses de Vienne dans les bals musette !

      8. Une IA capable de nous survivre pourrait bien être made in china, V. Havel parle de post-totalitarisme pour qualifier l’organisation de ce pays, qui fonctionne par la résolution de cas pratiques pour se développer. Il faudrait donc envisager l’IA sous cet angle de post-totalitarisme. L’idéologie n’est plus, la programmation prépare l’après effondrement.

  3. D’abord mes pensées vont à Michel Leis et à sa famille, tous ses écrits ne peuvent que nous aider à comprendre le monde qui nous entoure.
    C’est à travers son oeuvre écrite que son immortalité se concrétisera.

    Cet article de Zemmour me fait penser à un éléphant dans un magasin de porcelaine.

    Quelques phrases épinglées:
    « Notre fin est actée. Il n’y a pas lieu de la discuter, ni même de l’expliquer.  »
    Mais bien sûr, si nous restons dans ce système capitaliste industriel carburant aux énergies fossiles, c’est acté une fois pour toutes. Voir le principe de Carnot appliqué à un système fermé.
    La chose est entendue et c’est scientifique.
    Jamais Paul jorion n’a dit qu’il n’y a pas d’explications à la fin possible de l’humanité, ce n’est pas lui qui prétend cette fin mais bien les scientifiques.
    Rien ne dit qu’on va rester dans ce système et Paul Jorion souhaite en sortir.

    « Le danger mortel pour l’humanité n’est-il pas, à l’inverse de ce que prétend l’auteur, son pullulement excessif, qui la répand en masse dans des villes devenues invivables et la déverse dans de vieilles cités européennes, les submergeant et détruisant leur civilisation millénaire ?  »
    C’est cela, le pullulement du « tiers monde » est la cause première de l’effondrement de l’occident.
    C’est nous les occidentaux qui somme la cause du pullulement du tiers monde, nous avons exploité leur ressources, nous leur avons vendu notre technologie qui leur a permis de pulluler sans leur donner un mode d’emploi pour régler ce problème.
    En ce qui concerne l’effondrement de l’occident et sa civilisation millénaire, voir la première phrase épinglée et le tiers monde n’a rien à voir avec cela.

    « Jorion est un humaniste égaré dans un monde techniciste. Son essai sur l’extinction de l’humanité hésite entre la fable et le pamphlet, entre la parabole et la note économique, entre la prophétie millénariste et le rapport d’entreprise. »
    Au moins lui aura essayé ce qui n’est pas le cas de tout le monde.
    La critique est aisée, l’art est difficile.

    1. Je relisais semaine dernière « La guerre du faux » de Umberto Ecco.
      « Ce qui est effrayant c’est que tous ceux pour qui l’opinion publique démocratique européenne s’étaient émue quand ils languissaient dans les prisons de la dictature et qu’on arrivait à justifier quand ils faisaient leurs petits attentats… Tous ces révolutionnaires, tous ces ennemis du capitalisme et des multinationales aujourd’hui se rangent du côté du gouvernement, excités par l’invitation nationaliste à mourir pour les frontières sacrées de la patrie.
      Il n’y a pas d’idéologie, il n’y a que des forces biologiques obscures qui entraînent les hommes vers les effusions de sang.
      Je ne veux pas dire que toutes les idéologies et tous les idéaux sont des couvertures transitoires pour des pulsions violentes qui naissent dans les profondeurs de notre espèce. Il y a peut-être une distinction, et elle est très simple.
      Les vrais héros sont toujours entraînés par les circonstances. Au contraire, nous devons nous méfier de ceux qui partent sur les chapeaux de roue, poussés par un idéal de purification par le sang, le leur et surtout celui des autres.
      Si on ne reconnaît pas avec courage la fatalité de ces comportements, en étudiant les techniques pour les contenir, on risque d’être aussi idéaliste et moraliste que ceux dont on réprouve la folie sanguinaire.
      La raison ne suffit plus à expliquer le monde dans lequel nous vivons »
      ….
      Donc le message qui semble brûlant d’actualité bien qu’écrit en 1982 : trouver d’autres soupapes moins sanglantes que la violence et la force biologique sanguinaire.
      Ca serait une bonne piste de réflexion, du moins, s’y pencher de manière consciente car pour le moment ça va dans tous les sens, et on subit davantage les querelles de clochers politiques que l’on avance, à se demander si ça n’est pas voulu. Enfin, si, c’est en partie voulu bien sûr, mais il faut s’extirper de ces filets

  4. L’enfer étant pavé de « bonne intention » et plus ou moins réservé à ceux et celles y « croyant », en priorité, en « Etat d’urgence » quoi… M. Zémmour ne tenterait-il pas, comme à l’accoutumé, à l’occasion du regain d’intérêt pour cette rentrée chaotique, de votre bel ouvrage M. Jorion, d’y installer un stand au bord de ces pavés, d’y appâter le « chaland » dont il croit savoir ses secrets, du moins fait tout pour le faire croire, tout en tentant de se « redorer » la pullule au frais du crédit de vos thèses, dont il peine en en dénier la véracité, du moins à en contredire scientifiquement les étayements… ?

  5. Pour Michel,
    l’en faut bien trois, grands, en plus de nous, petits, pour chanter I’ll fly away, Johnny Cash, Carl Perkins, Jerry Lee Lewis.

      1. Quelle actualité ? C’est tous les jours que je vois autour de moi de bonnes raisons de penser que l’homme est incapable de se gouverner.

  6. il y avait quelque chose qui avait particulièrement attiré mon attention; un jour Paul JORION avait parlé de son livre le dernier qui s’en va éteint la lumière comme d’une « consolation » au même titre que des textes et des poèmes qui avaient été écrits en ce sens. Nous connaissons tous : et rose elle vécu ce que vivent les roses, l’espace d’un matin. Une consolation pour un père qui avait perdu sa fille.
    Après la lecture du « dernier qui s’en va.. ».j’ai écrit un petit poème à Paul JORION que j’avais appelé chanson dans un premier temps mais que finalement j’ai intitulé consolation puisqu’il s’adresse à une petite fille qui pleure… Monsieur Paul JORION m’a remercié de cet envoi car monsieur Paul JORION contrairement à Zemmour, sait donner de la tendresse humaine.

      1. oui si vous voulez mais ce n’est pas un chef d’oeuvre…
        Mes plus cordiales salutations E. CHAPONIK

      1. Au bout d’un moment il faudra ce décider, soit l’avenir est merveilleux (fin du travail), soit l’avenir est foutu et la jonction des deux c’est pas le capitalisme (qui n’est qu’un féodalisme post-industriel, entre un imaginaire Rousseau-iste et le marxisme il c’est passé pleins de trucs), c’est l’industrialisation, c’est elle qui permet la fin du travail et qui en même temps flingue la planète (c’est pas délié par des objets abstraits nommés monnaies), même si elle pourrait être autre, c’est la limite de votre système extrapoler de la pêche (qui est une pratique de chasseurs cueilleurs, en oubliant tout ce qui suit, l’agriculture, l’artisanat, les hameaux) puis arriver à l’industrialisation et dire si l’homme nouveau est impossible vive les robots (si il avait fait beau, on aurait pût récolter les fruits de nos semences, mais comme il pleut revenons aux mythes du golem et à la pêche, sans l’espoir tragique de Dieu), vous allez les rendre fous, avec les meilleurs intentions du monde, mais sans avoir assez confronté vos idées au réel (à quand ce foutu chemin plutôt que des moteurs pour bateaux de pèches, un acte plutôt que des pleurs).
        Sur ceux bien à vous, je m’écarte de cette folie douce amer.

      2. Par facilité j aurai espéré une modération, franceculture s affole d un manque de théâtre en banlieue, tant qu elle n aura pas envie d un manque de lien entre la banlieue et la ruralité, elle ne fera rien, la lutte des épidermes, ce ne sera jamais la lutte des prolos.

      3. @ samuel
        Je suis parfaitement d’accord avec vous, permettez moi d’en rajouter une couche.
         » l’industrialisation, c’est elle qui permet la fin du travail et qui en même temps flingue la planète »
        D’accord, mais d’où vient l’industrialisation?
        A mes yeux, c’est elle qui a permis à la rente de la propriété privée (au sens général) de prospérer indéfiniment grâce au remplacement de la force musculaire de l’homme et de l’animal par les énergies fossiles. On en voit les conséquences par le flinguage de la planète. On arrive aux limites.
        L’industrie n’est rien d’autre qu’un outil, ce n’est pas un but en soit.

        « votre système extrapoler de la pêche (qui est une pratique de chasseurs cueilleurs, en oubliant tout ce qui suit, l’agriculture, l’artisanat, les hameaux) puis arriver à l’industrialisation et dire si l’homme nouveau est impossible vive les robots »

        C’est marrant, il y a 30 ans, je disais autour de moi, voyant les pertes d’emplois s’accumuler et l’animosité vis à vis des robots, qu’il n’y aurait bientôt plus que des bricoleurs et des robots.
        Il faudrait ajouter à votre liste ce que j’appellerai l’autonomie de l’individu.

        « sans avoir assez confronté vos idées au réel »

        Et oui, c’est ça le problème, rien de tel que d’être les pieds dans la terre et la tête dans les étoiles sans oublier le portefeuille bien sûr.
        Une idée, une information n’a de sens que quand elle devient une connaissance dès lors qu’elle est expérimentée et confirmée.

        Merci à vous samuel

      4. Michel merci de ne pas trop m en vouloir d une réaction précédente, en ce moment je pense a l autre joue, cet impossible qui semble nié, mais qui a cet époque n est sûrement pas l œuvre d un con. C est l utilité de ce blog, on peut être un peu narcissique sans être perverti. Mais il ne faut oublier qu une forme de perversion est exprimable chez l homme, au tribunal on dirait une enfance difficile, bon le pouvoir les attire et les concepts humanistes buggent dessus, faut des Picasso pour l exprimer

    1. Je ne sais pas si Zemmour a déjà eu une fille qui pleure , mais cela m’est arrivé il y a une trentaine d’années , alors que je prenais de ses nouvelles au téléphone . Dans l’instant ,j’ai pansé ce que j’ai pu , et comme j’étais resté ,avec ma femme , complètement bouleversé , j’ai pris plus tard ma plume , comme dans tous les cas graves de mon existence , pour tenter d’accoucher par un poème , de ma vérité qui se heurte à la réalité . Je vous le livre , sans pudeur , et sans regrets. Je l’avais intitulé  » Allo ? …pourquoi tu pleures ?! »:

       » Le courage me manque
      Et je dois t’en donner
      A toi qui n’en demandes même pas ,
      …ou ne le montres pas.
      Je dois…mais ce devoir
      De quelle essence est il ?
      Est ce vraiment l’espoir
      Ou bien le dernier fil
      Dont j’ignore la matière
      Et qui en tient les bouts?
      Tes larmes balaient tout
      Dans mon cœur de pierre ;
      Je n’ai que ma douleur
      Pour conjurer tes peurs … »

      Trente ans plus tard , c’est son sourire et le calme de son regard , qui conjurent les miennes , et mes douleurs sont accessibles à la pharmacopée .

  7. « La surenchère est partout. La compétition, la rivalité aussi. Chez les sportifs, les artistes, les écrivains, les politiques. Chez les prophètes aussi. » …

    Zemmour doit être convaincu que les artistes sont des ectoplasmes vivant hors-sol dans leur atelier ?
    La passion, l’expérience, le savoir, l’alchimie, la joie, la lumière, la souffrance, la solitude, les rêves et les voyages c’est zéro ? doit-on en conclure que seul le fric compte ?

    En matière d’art, Michel Houellebecq est beaucoup plus fin et profond:
    « Même quand on a une vie nulle on peut faire quelque chose de beau ».

    Par certains côtés cela rejoint « la beauté du geste » maintes fois évoqué sur le blog. Geste qui peut-être violent et tendre en même temps ou bien les signes désespérés de notre condition de mortel. Amour et mort.

  8. En lisant cet article de Zemmour, le premier de ma vie (et, j’espère, le dernier) m’est revenu en mémoire une histoire de colombe et de crapaud baveux (DSL les batraciens, je vous aime aussi mais c’est ainsi que parle la fable)…

    Le fait que ce plumitif consacre son énergie à commenter votre livre est à voir comme un hommage du vice à la vertu. Vous inquiétez, donc on fait donner du chien contre vous. Bon signe donc. 🙂

    Je pense que Zemmour est le Drumont du moment et que sa prose répugnante, relayée complaisamment par un canard qui déshonore le personnage éponyme ne mérite, selon la formule consacrée, que d’être lu d’un derrière distrait…

  9. Il y a du vrai dans ce que dit Zemmour. Comme il peut y avoir du vrai dans ce que disent des fascistes quand ils affirment que le ciel peut être bleu et que le capitalisme est mauvais. Mais cela révèle surtout une situation particulière aux mystificateurs doués d’un minimum d’intelligence. En l’occurrence le vrai est un moment du faux
    Je n’ai pas lu le dernier bouquin de Paul Jorion. Je n’ai pas envie de dire pourquoi ici. J’ai appris à aimer Paul malgré tous ces défauts – eh oui personne n’est parfait, même moi… -. Il a quelque chose d’un anti héros. Le type attachant qui ne voit même pas lui même que sa veste est troué, qu’il perd sa monnaie dans la rue.
    Ce qu’il y a de meilleur en lui ce sont ses goûts musicaux, le partage d’un plat de spaghetti à Ixelles ou ailleurs, son humanité, ses sentiments…

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