LE DERNIER QUI S’EN VA ÉTEINT LA LUMIÈRE et… Marie NOËL, par Éliane CHAPONIK

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

Je lisais pour la seconde fois, « Le dernier qui s’en va éteint la lumière » quand soudain ce vers m’est venu à l’esprit : « Puis les Temps sans nous recommenceront. »

J’étais certaine que ce vers faisait partie de l’œuvre de Marie Noël (1883-1967) que mon compagnon poète et athée m’avait pourtant fait connaître, car il estimait au plus haut point les écrits de cette poétesse chrétienne. J’ai retrouvé ce poème extrait de Chants d’arrière-saison (1961).

Quand un soir sur nous, quand arriveront
Les jaunes fourmis, jaunes par nuées,
Quand seront les airs lourds de leur ruée,
Nous boirons, un soir, tous assis en rond.

Nous tiendrons encor la fleur, nous tiendrons
La douceur encor de notre veillée
Quand fleur et douceur seront balayées
Par un souffle énorme, implacable et prompt.

Nous n’aurons plus sol ni ciel, nous n’aurons
Plus frères, ni sœurs, ni maris, ni femmes,
Ni mères. En vain nos corps à nos âmes
Demanderont l’heure et ne la sauront.

Or, les chiens errants en vain chercheront
En vain pour le suivre homme qui soit homme.
Les chevaux de trait, les bêtes de somme
De champs en champs morts à mort marcheront

Long sera le cri quand nous partirons,
Les cieux en colère à notre poursuite.
Dieu seul s’Il le veut, comptera nos fuites.
Sans main dans la main nous nous en irons.

Sans pays aux pieds nous traverserons
Les lieux sans merci. Les anges hostiles
Qui chassent notre Ère, au for de la Ville
S’il reste un berceau, le renverseront.

Les Grand Maux chargés de Fin verseront
A nos derniers yeux le plein de leur coupe…
Alors sur nos siècles rasés, les troupes
Pesamment, d’aube en aurore passeront…

Puis les Temps sans nous recommenceront.

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58 réflexions sur « LE DERNIER QUI S’EN VA ÉTEINT LA LUMIÈRE et… Marie NOËL, par Éliane CHAPONIK »

    1. 15 jours, c’est assez pour qu’un bon nombre d’entre-nous s’entretuent. Et puis, lorsque quelques quinzaines auront passé, il viendra le jour où il n’en restera qu’un – et pas « qu’une », signe que l’Humanité aura été machiste jusqu’au bout.
      Que pensera alors ce dernier humain ? restant dans la plus absolue des solitudes.
      Je me le suis toujours demandé.
      Un bon scenario pour Hollywood en tout cas. Faut qu’ils y pensent tant qu’il reste de la pellicule.

      Les Temps sans nous qui recommenceront sera le Temps durant lequel plus personne n’aura la possibilité d’admirer la Nature et sa sublime organisation. « Dommage », disait le poète.
      Mais qu’est-ce que ça changera puisque dans notre monde ils sont rares celles et ceux qui contemplent la Nature ; et bien souvent ils sont traités de fous, de « terroristes », de « casseurs », de « Kmers verts » ou encore de « kyste à éliminer ».

      Aller va ! finalement nous aurons la Fin qu’on mérite.

    2. Elle doit pas aimer trop ce qui peut se passer entre Russie et Ukraine . D’autant qu’avec Tchernobyl , il y a eu une répétition générale .

    3. Il faudrait encore voir si la consigne a été suivie. Après la tonitruante annonce, pas de traces dans les médias allemands des suites qui lui ont été éventuellement données.
      S’agirait-il d’un message crypté que seuls les Allemands peuvent comprendre ?

      1. Entre la banale actualisation d’un plan de défense civile datant de 21 ans et « Merkel appelle la population à stocker 15 jours de provisions « , il me semble qu’il y a comme un gap. Gap par-dessus lequel les chroniqueurs aoûtistes comme ses opposants, Verts en tête, se sont fait un plaisir de sauter allègrement.

      2. @Vigneron :

        Par expérience , je sais qu’il n’y a jamais d’actualisation de plan « sécurité civile  » au hasard ou par routine ( en tous cas pas avec une périodicité de 21 ans ) .

        Sauf parfois quand un nouveau responsable arrive , et qu’il veut se faire mousser .

      3. Oui, Juan, il faut que les risques ou leur appréhension aient évolué. Cela dit, en France, les plans Orsec sont révisés au moins tous les cinq ans.
        https://www.legifrance.gouv.fr/affichCode.do;jsessionid=7D0FA93C2DD852F21150A0FF2960446B.tpdila07v_3?idSectionTA=LEGISCTA000029657580&cidTexte=LEGITEXT000025503132&dateTexte=20160901
        Mais effectivement, va savoir, si par exemple un certain Paul Jorion ne s’était pas ému avec d’autres des dangers cataclysmiques liés aux cyber-armes qui se dessinent derrière la guerre numérique, peut-être que nos bons vieux bourgeois-hamsters allemands ne se seraient pas décidés à revoir leur plan de protection civile…

  1. « Puis les Temps sans nous recommenceront.  »

    Aucune donnée démographique n’indique la moindre baisse de population.. Même la grippe espagnole qui a fait plus de victimes que la 1ère guerre mondiale, est loin du compte en termes de fatalité. Alors faire allusion à l’extinction.. Honnêtement, je ne comprends pas pourquoi autant de pessimisme.

      1. écodouble
        Je prends du GOOGLE IMAGES et je regarde l’évolution de la population mondiale sur les 10 derniers siècles. Rien n’indique une extinction imminente et d’ailleurs les rares fois où des événements vraiment tragiques ont eu lieu (guerres mondiales, épidémies telles que la peste noire ou la grippe) on a été très très loin d’une quelconque extinction.
        C’est la différence entre les discours pessimistes, orientés, culpabilisateurs, et les données du terrain. Tu comprends mieux là ?

      2. @EtherEtComprendpas
        Je vous parlais de substances faisant du bien au cerveau et vous me répondez GOGOLE Image. C’est drôle !

        La substantifique moelle qu’il faut comprendre c’est qu’il y a des limites à ne pas dépasser pour ne pas trop « irriter » les Lois de la Physique.
        Si l’on considère la courbe de la population mondiale on peut imaginer la boite de Petri d’un labo avec une bactérie qui s’y développe de façon exponentielle … et puis qui s’effondre, du fait que le milieu est limité.
        Compte tenu que notre économie est fermée thermodynamiquement parlant, la Terre se retrouve être une giga boite de Petri. L’humanité toute entière gravit la Téra Tour de Babel qu’elle construit, tous les jours un peu plus, qui aujourd’hui se lézarde mais tiens, encore pour le moment, jusqu’à l’instant du Péta effondrement, avec tout le monde sur l’édifice. Et ça ira si vite dans la chute que je suis presque sûr qu’on aura pas le temps de tenir à jour l’Etat Civil.

        Vous connaissez Denis Meadows et sa courbe de population à lui ?

      1. vous reprendrez bien un petit virus du « temps des mammouths » (le monde)? ou bien de l’anthrax? non? lol

    1. On a changé d’échelle. C’est différent, pourquoi comparer sans cesse ? C’est du présent qu’il s’agit. La situation appelle un changement de paradigme à grande échelle.

      1. Bien vu Paul EquerreEtCompas m’a fait penser à un analyste financier avant le krach de 2008…
        Bon. Sinon on est toujours sur une tendance du pire scénario du GIEC, mais tout va bien, la COP21 a été un succès qu’on vous dit.
        Les tensions internationales continuent de s’accroître,
        Les ventes d’armes se portent merveilleusement bien, merci pour elles,
        Le racisme ordinaire croit et se lâche de plus en plus un peu partout,
        L’extinction de masse des espèces poursuit son bonhomme de chemin,

        Circulez, y’a rien à voir nous dit EquerreEtCompas, Ah, si tout de même, nous sommes priés de ne pas le/la culpabiliser.
        Dormez braves gens, dans votre faux et fragile petit confort douillet.

  2. A Equerre et Compas
    La poétesse Marie Noël avait vécu la seconde guerre mondiale et observé la folie humaine. Elle évoque l’extinction de l’espèce par l’arme atomique (jetée à l’époque sur le Japon.) Elle voulait par ce poème comme Paul JORIONle fait aujourd’hui, nous faire réfléchir, et réagir car elle pensait sans doute que l’être humain était tout à fait capable de laisser ses élites recommencer une guerre qui serait alors totale.
    Aujourd’hui ne sommes nous pas nous aussi « à boire un soir tous assis en rond » c’est à dire sans réagir ni à la crise environnementale, ni à la disparition du travail humain remplacé peu à peu par des robots, ni à la crise financière …. Il y a un chapitre dans le dernier livre de Paul JORION intitulé pourquoi nous ne réagissons pas. Vous devriez lire Le dernier qui s’en va éteint lalumière.

    1. J’ai trouvé, il y a quelque temps, chez un antiquaire à Londres un petit ouvrage de Karl Marx, qui porte le titre « Vom Geld » (« De l’Argent »). Marx y décrit bien ce que nous vivons aujourd’hui, comme si rien ne nous séparait du 19e siécle: toujours les mêmes types de phénomènes, les mêmes conflits au sujet de l’argent….
      Je veux dire par là que les indvidus ne réagissent que si leur propre destin semble menacé. Cela suppose une prise de conscience et, au-delà, le courage d’agir. Les courants politiques qui gouvernenent et influencent le public n’ont pas forcément un intérêt à se prononcer sur une âpre réalité – non pas par négligeance, il sont bien informés ces gens-là – mais il y a de l’argent en jeu, beaucoup d’argent.

    2. chaponik
      La mécanisation du travail textile a permis à tout le monde de s’habiller pour pas cher. C’est quoi votre idée, que chacun tricote dans son coin son propre linge ? Vous vous y prendriez comment pour fabriquer un PET-scan à la main ? Celui-là même que vous implorez comme tout un chacun de localiser la tumeur avant qu’il ne soit trop tard.

  3. Et c’est sans compter qu’il y aurait eu sans doute plus à dire du mouvement de Vestager contre Apple et l’Eire qui se traduit par 13 milliards de dollars de la Pomme mis sous séquestre ou de ceux des gvts irlandais ou US qui ne trouvent mieux à faire que de s’opposer sans raison valable à la Commission.

    1. En Belgique, un remboursement semblable de 700 millions d’€ a vu le gouvernement belge refuser de toucher son dû et aller en appel. Ce matin, la ministre du budget a dit que si la justice CONTRAIGNAIT l’Etat à toucher les impôts évités par 35 multinationales, il devrait, hélas, s’incliner. De toute évidence, faire de la peine aux entreprises lui brisait le coeur.
      Devant de telles préférences, on s’étonne que les citoyens lucides et bien informés deviennent de plus en plus révoltés.

  4. Marie Noel, comme d’autres penseurs-philosophes-poètes mystiques ( Péguy), font partie d’une génération qui ont intégré leur Dieu à l’humanité : Quand il parlent de Dieu ils parlent autant des Hommes. Cela donne aux textes cette vérité et cette intemporalité.
    « Puis les temps sans nous recommenceront » ce n’est que la mort. Notre propre mort.

  5. A Le Borgne

    Je ne crois pas que Marie Noël confondait Dieu et les hommes; Elle parlait ainsi de ses amis catholiques. Je la cite :
    Il y a dans le catholique un être satisfait supérieur, celui qui possède la vérité plein de sécurité, de certitude. S’il s’incline vers l’autre pensée, s’il s’incline c’est pour la sauver c’est à dire pour la circonvenir, la séduire la gagner à Dieu. Elle n’est pour lui qu’un objet de compassion ou de conquête. Il l’aime par miséricorde. Il la méprise par la foi. Aucun échange possible. Un catholique donne il ne reçoit pas. C’est en quoi je suis mal catholique. Toute âme est mon égale. J’ai donné de mon mieux tout le peu de lumière que j’avais mais j’ai aussi de toutes sortes de gens beaucoup reçu.

    1. Et elle finissait par :

      Avais-je bien la foi ?

      Sinon j’aime bien son :

      J’ai horreur de l’incontinence sentimentale… des gens qui font tout leur cœur sous eux. Mon cœur, je n’en parle pas. Je le tais ou je le chante.

      Et ses familles de province :

      Famille d’autrefois en province, composée de gens qui retombent – les femmes surtout – indéfiniment les uns sur les autres.
      Figurants toujours les mêmes aux cérémonies, ils se retrouvent, fidèlement joyeux le matin du jour de l’an et le jour de la Toussaint, fidèlement tristes. Ils sont rassemblés tous, en grande tenue, dans la maison de la mariée, et tous accourent en même temps à la «maison mortuaire» pour «faire les démarches» et les billets d’enterrement.
      Entre temps ils – elles – se surveillent, se jalousent, se gênent mutuellement, se jugent, se jaugent, se pèsent sans trouver le bon poids. «Telle parente en entrant chez l’autre fouille de l’œil l’armoire qui baye, épie l’odeur de la cuisine, regarderait – s’il se pouvait – sous tes jupes, sous tes ongles, en s’informant de tes nouvelles…
      Ces proches, bienveillants ou non, se prêtent main-forte en bons alliés dans les cas de malheurs officiels, décès, accouchements, accidents, maladies, mais comme nul d’entre eux, au fond, ne connaît l’autre – et bien moins que les étrangers – ils ne sont d’aucune ressource dans les crises profondes, aux heures mystérieuses du mal vrai.
      Ils ne sont là, alors, que pour imposer à la douleur, un masque, un silence, une bonne tenue.
      Il s’agit de leur celer le grand danger qui ne dit rien, la détresse dont on va mourir et jusqu’à la pâleur de son visage.

      http://www.apophtegme.com/SPICILEGE/RELIGION/marienoel.htm

    2. Je me suis mal exprimé. Je pense qu’elle avait Dieu avec elle dans sa vie et son cœur. Ce qui m’a frappé quand j’ai lu quelques uns de ses écrits c’est qu’elle parle de Dieu, au travers des Hommes, elle parle d’humanité et de valeurs humaines, qui sont (ou pas) Dieu.
      Ce que j’essaie de dire c’est qu’au delà de sa croyance, c’est le comportement humain dans ce qu’il a de pire et de meilleur qu’elle décortique et le Dieu mis à part, c’est très pertinent et très beau.

      1. mais les couleurs ça bouge sans arrêt . Après le Vert , le Rouge , me voilà en Bleu . Rimbaud me glisse que j’ai encore le A et le E , mais si je peux me stabiliser sur le U
        » cycles, vibrements divins des mers virides,
        paix des pâtis semés d’animaux , paix des rides
        Que l’alchimie imprime aux grands fronts studieux;… »

        Oui Juan. Tout le temps. Et la lumière change très rapidement et tout se redessine et se recrée tout le temps face à nous.
        « La lumière est diffuse », dit Rosal de Sainte-Croix au jeune Nivard de Chassepierre.  » Elle est fugace, changeante, capricieuse. Elle a toutes les ruses. Jamais tu ne seras satisfait de ton ouvrage, si beau soit-il. Jamais tu n’auras assez de couleurs dans tes casiers pour donner vie à un vitrail comme tu le souhaites, jamais tu n’auras la certitude de colorer juste comme on chante juste. Qu’importe! Tes pas partent du feu et tu dois atteindre le feu, devenir un maître en ton art.  » Nivard ne déçut pas le chevalier qui attendait de lui la plus vertigineuse escalade jamais rêvée vers la lumière. Animé par une passion presque charnelle pour le verre et ses sortilèges, il récolte d’Orient en Occident les couleurs alchimiques de nos cathédrales. Il oeuvre en Bavière, à Saint-Denis, au Mans, à Chartres… La quête déchirée de ce « passeur de lumière » sera alors celle d’un artisan sublime, funambule oscillant entre le ciel et l’ombre.
        Le passeur de lumière. Nivard de Chassepierre Maître verrier
        Bernard Tirtiaux.

    3. Merci à Vigneron et à Chaponik pour ces extraits des notes de l’auteure Marie Noël, j’apprécie la découverte de sa poésie.

      « Pas trop de maîtrise de soi-même. Il faut laisser à l’âme la grâce de ses mouvements.
      La grâce est liberté.
      Je préfère quelques légers défauts de nature à l’orthopédie de la perfection.
      Je le préfère pour le cœur, pour l’âme et pour le style ».

      http://www.marienoelsiteofficiel.fr/CITATIONS-TEXTES%20CHOISIS%2014-12.pdf

  6. Si l’on admet que les temps ont « commencé » il y a environ 14 milliards d’années , s’ils « recommencent » , ils ont bien du cœur à l’ouvrage.

    1. Les temps , faut voir ( enfin si on peut) , mais les couleurs ça bouge sans arrêt . Après le Vert , le Rouge , me voilà en Bleu . Rimbaud me glisse que j’ai encore le A et le E , mais si je peux me stabiliser sur le U
       » cycles, vibrements divins des mers virides,
      paix des pâtis semés d’animaux , paix des rides
      Que l’alchimie imprime aux grands fronts studieux;… »

      ça me rendrait la fin de mes propres temps plus sympa .

  7. Cher Juannessy
    A la fin de la première de l’audition de La mer poème symphonique comprenant trois parties ayant chacune un titre : de l’aube à midi sur la mer, jeux de vagues et dialogue du vent et de la mer, Debussy demanda à son ami Eric Satie si sa musique lui avait plu : oh oui lui répondit-il, surtout le passage vers midi moins le quart.
    Et bien moi comme vous j’aime Arthur Rimbaud surtout dans un des passages des illuminations quand il parle de « nos horreurs économiques. »

  8. Il y a des jours où je déprime à la prise de connaissance de tous les génocides et exterminations récents (affrontements religieux du XVI°, Mao, Staline, Arménie, Indonésie, ……., guerre d’Espagne, Nazis, Rwanda, Irak, Syrie). C’est quoi cette humanité nauséabonde.

    Heureusement qu’il y a des lucarnes d’espoir et nos actions quotidiennes positives.

    J’ai enfin eu l’opportunité de voir le film « Demain » et en plus à la belle étoile.
    Un véritable régal, une sacrée bouffée d’oxygène dans ce climat (politicien) maussade.
    Ce film a le mérite de concentrer un certain nombre d’alternatives pour nous éviter de continuer à foncer tête baissée vers le mur. Pas de scoop pour les initiés, un excellent complément aux 2 films de Marie-Monique Robin « Sacrée planète » et « Sacré village ».
    MM Robin était dans nos murs dans le village haut-rhinois d’Ungersheim à l’occasion des 2 journées de la transition en septembre 2015 et nous l’avons croisée alors qu’elle tournait.

    Cependant, comme Paul nous le rappelle très justement, les démarches citoyennes ne sont pas suffisantes, l’action par la base doit s’accompagner des actions sur le sommet de la pyramide selon l’approche en U.
    La puissance des mains « invisibles » et de leurs lobbies est énorme.
    Cyril Dion : « Une mobilisation globale : la solution ne viendra jamais d’un seul côté de la société »
    http://www.pauljorion.com/blog/2016/07/10/cyril-dion-une-mobilisation-globale-la-solution-ne-viendra-jamais-dun-seul-cote-de-la-societe/

    Un article récent du Monde de Cyril Dion complétera et équilibrera la vision optimiste du film et éclairera quelque peu la réalité.

    Cyril Dion : « Etre plutôt qu’avoir »
    http://lemonde.fr/festival/article/2016/08/15/etre-plutot-qu-avoir_4982798_4415198.html
    Brefs extraits
    « De nombreuses études pointent désormais le risque d’un effondrement écologique sans précédent, susceptible de déclencher conflits, migrations de masse, ruptures alimentaires, cracks économique et financier… Et il pourrait intervenir dans les vingt à trente ans. »

    « Mais un système aussi global et complexe que le nôtre ne pourra pas changer de cette façon. Comme le répète souvent l’astrophysicien Hubert Reeves, « nous vivons une veillée d’armes ». Ce qui signifie que nous devrions être mobilisés, unis, comme à l’aube d’une guerre mondiale. Les problèmes que nous affrontons sont énormes et ils nécessitent que nous soyons ensemble pour les relever. »
    « En quelques décennies, nous pourrions redresser la barre et sauver une bonne partie de l’humanité. Et lui permettre de vivre mieux. A condition de favoriser la coopération entre droite et gauche, citoyens et élus, législatif et exécutif. De nous unir. Et de cesser les petites guéguerres politiciennes et les stratégies électoralistes. »
    En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/festival/article/2016/08/15/etre-plutot-qu-avoir_4982798_4415198.html

    Sur le site de Kaizen
    Mélanie Laurent et Cyril Dion regardent demain
    http://www.kaizen-magazine.com/melanie-laurent-et-cyril-dion-regardent-demain/

    1. Un véritable régal, une sacrée bouffée d’oxygène dans ce climat (politicien) maussade.

      Je laisse le choix d’un heureux antonyme à maussade pour le climat politicien :
      accort
      amène
      charmant
      divertissant
      enjoué
      gai
      hilare
      jovial

      1. D’accord avec Vigneron, divertissant serait le meilleur antonyme dans la situation actuelle:
        « détourner de ce qui préoccupe réellement »

      2. @Nyssen :
        Pourtant beaucoup ont trouvé Blaise  » chagrin » avec son argument du divertissement .

        Et ça n’est pas le texte de Rimbaud évoqué par Eliane Chaponik , dénonçant l’insouciance , que ses lecteurs ont trouvé le plus charmant .

  9. A Vigneron
    Verlaine était un personnage détestable, lâche, alcoolique qui a bien failli détruire RIMBAUD au sens propre comme au sens figuré. Son ami dites vous Vigneron ? Il n’y a pas beaucoup d’enfants aux chastes oreilles sur ce site. Son amant plutôt…. Rimbaud avait donc plusieurs raisons de finir par le détester. Pour ce qui est de l’art pour l’art en effet il faut avouer que « le bateau ivre », « les assis (tiens ?) ou les effarés ce poème admirable où des enfants par une froide nuit d’hiver regardent un boulanger faire son pain c’est autre chose que « votre âme est un paysage choisi. »

  10. Il reste encore quelques jours pour voir les oeuvres de Jean Lurçat aux Gobelins. Le désespoir, la quête, et, le triomphe ; cette exposition est tout simplement magnifique et bienvenue.

      1. De par chez nous , le chœur de l’église ND de toute grâce de Passy s’orne d’une illustration de l’apocalypse selon Saint Jean . Je ne crois pas qu’il y ait un coq sur le clocher ,mais je vérifierai :

        http://www.gilles-lansard.com/folio-pdf/161/plateau_d_assy_74_ete.html

        On se souviendra que l’apocalypse , avant d’être une succession de catastrophes ,est une révélation de notre inconscient , du « réel » .

        Et que plus que la fin des temps , c’est la fin du temps .

        Qui ne recommence donc pas . Ou alors autrement ?

      2. Le parcours interieur de l’artiste et son oeuvre sont diversement appréciés, tout comme le coq.
        Il me parait qu’il y a eu renaissance chez cet homme, ses poèmes sont assez éclairants, et le « last One » aura du mal à éteindre la lumière.

      3. Un oncle, qui habitait tout près de Saint Céré dans le Lot, avait – a toujours – une grande tapisserie de Lurçat dans son salon. Elle me mettait l’bourdon quand j’étais niard, sinistre. Comme une tapisserie quoi, mais en pire que les scènes de chasse. Pareil aujourd’hui.

      4. De mémoire, des peintres qui ont représenté des coqs, j’en vois déjà deux : chez Chagall et Soutine. D’ailleurs celui de Soutine est un coq qu’on a pendu, estourbi je veux dire, avec pour seul destin celui de la casserole qui l’attend. Par conséquent il n’a plus les pattes dans la merde et ne chantera plus. Mais peut-être a t-il fait un excellent coq au vin (avec du vin de Bordeaux) ?
        Les prochains épisodes : le perroquet très énervant ; le porc très cochon ; le bipède sans plumes – sauf trois – là où je pense.
        Lâcher sur les plages, observer, riez de bon cœur.

      5. Sur Passy , sur le côté de la place devant l’église ND , en opposition à la façade principale illustrée par Léger , les moins croyants peuvent jeter un œil sur une tour assez haute , carrée , en inox , reprenant en spirale , l’intégralité de la déclaration des droits de l’homme . C’est une oeuvre de Gilles Rousi qui tente d’évoquer le mariage possible des « valeurs » humaines , des mathématiques , de la technologie .

        Dans le même secteur , surplombant l’Arve et les usines de Chedde ( où fut fabriquer la Cheddite , explosif autrefois bien connu ), le viaduc des Egratz , très cher à mon cœur , s’essaie à une illustration plus journellement partagée du même propos .

        Toute oeuvre ne vaut que par l’usage (quelque soit la forme d’usage) qu’on en fait .

        Fleurs ou bonbons , tout est périssable , mais tout est bon qui peut renaître .

  11. Vigneron
    Pas vu de bourdon dans le bestiaire à Lurçat.
    Mais j’ai peut-être mal regardé.

    La réflexion de Duchamp me semble assez juste :
    « C’est le spectateur qui fait l’œuvre »

    Le spectateur Armelle n’est pas le spectateur Vigneron qui n’est pas le spectateur X. Entre eux, l’épaisseur de leur propre singularité – et leur histoire – depuis l’enfance, au moins, et chez la plupart il est évident que ça laisse des traces.

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