« Qui étions-nous ? » – La réponse risque d’être perturbante

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Une première observation : nous, êtres dotés de conscience, sommes apparemment seuls (dans notre genre) dans l’univers.

Il faut distinguer par rapport à cette observation, deux périodes : durant la première, qui s’étend jusqu’au 8 avril 1960 et les prémices du projet SETI (Search for Extra-Terrestrial Intelligence), nous nous contentions de constater cet état de fait, durant la seconde, nous avons tenté de manière délibérée de découvrir dans l’univers des traces d’êtres doués de conscience comme nous, sans aucun résultat probant jusqu’ici.

Seconde observation : pour que des êtres comme nous puissent apparaître dans un univers, il faut que les constantes physiques universelles aient des valeurs très précises. Une expansion de l’univers plus lente ou plus rapide rend notre existence impossible ; une taille de l’électron plus grande ou plus petite par rapport à celle du proton rend notre existence impossible ; une taille du neutron plus grande ou plus petite par rapport à celle du proton rend notre existence impossible, etc. On peut dire que si notre existence est avérée, alors l’univers doit être « réglé de très près » d’une certaine manière (en anglais : « fine-tuned »).

Quelques inférences sont légitimes à partir de ces deux constatations. Par exemple : « Nous sommes effectivement seuls dans l’univers » ou « Si les valeurs dès constantes physiques universelles sont aléatoires au moment où se constitue un univers, notre univers est rare parmi les univers possibles ». Et, si l’on combine les deux : « Notre présence est extrêmement peu probable au sein d’un univers extrêmement peu probable ».

On reste cantonné jusque-là bien entendu dans le domaine des évidences.

Mais nous, êtres humains, n’en restons pas là par rapport à ces deux observations : nous les rangeons dans une catégorie que l’on peut appeler le « surprenant-requérant-explication », du fait que ce qui est « rare » ou « peu probable » tombe pour nous dans cette catégorie.

Du coup, à nos yeux, le fait que nous soyons apparemment seuls dans l’univers est surprenant et requiert une explication.

Et, le fait que notre univers est par rapport à nous réglé de très près est surprenant et requiert une explication.

Notons bien que si le « rare » et le « peu probable » ne nous paraissaient pas nécessiter une explication, ces deux questions ne se poseraient absolument pas.

Pour que le « surprenant » puisse intervenir dans des cas comme ceux-ci, il faut, remarquons-le, qu’opère spontanément ce qu’on pourrait appeler un « présupposé de l’appartenance à un échantillon » : il faut qu’il aille de soi pour nous que nous, êtres humains, ne constituions qu’un échantillon d’un groupe plus vaste d’êtres semblables à nous, il faut aussi qu’il aille de soi que notre planète ne soit que l’une parmi de multiples planètes abritant des êtres tels que nous, il faut qu’il aille de soi que notre univers n’est qu’un des univers possibles, etc.

(On verra dans la conclusion que selon moi ce « présupposé de l’appartenance à un échantillon » est peut-être la seule chose dans la problématique que j’examine ici qui requière véritablement explication).

Le fait que nous soyons apparemment seuls dans l’univers est surprenant et requiert une explication est appelé dans la littérature, « paradoxe de Fermi ».

Le fait que notre univers soit par rapport à nous réglé de très près est surprenant et requiert une explication est appelé dans la littérature « principe anthropique fort ».

Le « principe anthropique faible » se contente d’énoncer une banalité de base, que notre existence et celle de notre univers sont compatibles.

La raison pour laquelle le « paradoxe de Fermi » est appelé « paradoxe » m’apparaît personnellement obscure, à moins que le mot « paradoxe » ne soit utilisé ici de manière lâche pour désigner tout ce qui apparaît « surprenant » à quelqu’un. Une manière de le formuler est celle-ci :

« S’il y avait des civilisations extra-terrestres, leurs représentants devraient être déjà chez nous. Où sont-ils donc ? »

Les réponses au paradoxe de Fermi sont quasi infinies et en faire la liste exhaustive serait fastidieux. Par exemple : nous ne regardons pas là où il faut pour trouver des extra-terrestres ou nous sommes incapables pour une raison x ou y de regarder au bon endroit ; ces êtres sont beaucoup plus sophistiqués que nous et ils se cachent ; ils ont été remplacés par les machines qu’ils ont créées, lesquelles n’émettent pas de signaux, etc.

La seule donnée dont nous disposons étant celle d’une absence, les limites aux réponses que nous pouvons offrir sont seulement celles de notre imagination, qui est très vaste.

Les explications du principe anthropique fort sont elles en nombre plus limité : elles tombent dans deux grandes familles : le « dessein intelligent » et les « mondes multiples ».

Le dessein intelligent dit ceci :

« La probabilité très faible de l’univers qui est le nôtre s’explique par le fait qu’il a spécifiquement été conçu pour nous accueillir ».

Les mondes multiples dit ceci :

« Les univers existent en quantité infinie, présentant de grandes variations de valeurs pour les constantes physiques universelles ; nous vivons dans celui où les valeurs sont telles qu’il autorise notre apparition ».

En tant qu’explications du principe anthropique, le dessein intelligent et les mondes multiples constituent les branches d’une alternative : chacune de ces explications suffit à expliquer ce qu’il s’agit d’expliquer. Elle n’exclut pas pour autant l’autre : elle rend simplement l’autre triviale.

Ainsi, s’il existe un dieu créateur de notre univers, pourquoi aurait-il pris la peine de créer par ailleurs une multitude de mondes sans nous ? Et s’il existe une multitude d’univers représentant toutes les combinaisons possibles de valeurs pour les constantes physiques universelles, quel rôle reste-t-il à jouer pour un dieu quelconque ?

Rien n’exclut que nous obtenions un jour la preuve irréfutable que l’une des deux hypothèses du « dessein intelligent » et des « mondes multiples », est vraie. Nous pourrions ainsi avoir la révélation d’une intervention divine, Dieu abandonnant son rôle de metteur en scène discret pour apparaître soudain en pleine lumière. De même nous pourrions assister un jour à la scission de deux univers distincts (cf. mon texte Mondes multiples et conscience).

Quelle est la plausibilité de ces deux hypothèses ?

L’interprétation de la mécanique quantique que nous a proposée Hugh Everett (1930 – 1982), dite des « univers parallèles », nous assure que les superpositions d’états quantiques se résolvent par leur réalisation parallèle causant des divergences d’univers. L’existence de mondes multiples en quantités quasi-infinie est donc postulée par une théorie physique qui, si elle n’est pas la plus communément admise, est en tout cas jugée légitime par les scientifiques.

L’hypothèse du dessein intelligent est plus difficile à évaluer. Si l’auteur du dessein est anthropomorphe et apparu historiquement (ce qui est difficile à imaginer en l’absence de la matière dont il est le créateur), il faudrait en tout cas qu’il soit singulièrement plus intelligent que nous. En l’absence de preuves qu’il existe d’autres êtres anthropomorphes que nous-mêmes, il faudrait supposer que ce dieu apparaîtra un jour dans notre propre descendance, créant l’univers dans un avenir qui devrait se situer en même temps dans notre passé, il y aurait donc présence d’une boucle, soit ce que l’on a appelé dans notre culture, le mythe de l’Éternel Retour.

Quoi qu’il en soit, nous ne disposons à l’heure qu’il est d’aucune preuve, ni d’une des hypothèses ni de l’autre.

Nous avions noté, et il faut y revenir, que le paradoxe de Fermi et le principe anthropique fort ne doivent être invoqués que si nous considérons « surprenantes » les deux observations que nous pouvons faire de notre solitude apparente dans notre univers et le réglage de très près de celui-ci en termes de valeurs des constantes physiques par rapport à notre existence. Si nous ne considérons pas que nous constituons nécessairement un échantillon au sein d’une large famille d’êtres doués de conscience comme nous, et que notre planète constitue un échantillon au sein d’une vaste classe de planètes semblables à la nôtre, et que notre univers lui aussi n’est qu’un parmi une multitude d’autres univers semblables – ce qui n’est rien d’autre qu’un présupposé sympathique parce que révélant une certaine modestie de notre part, qui ne nous est d’ailleurs pas coutumière – alors il faut que nous prenions au sérieux la possibilité qu’il n’existe rien de plus que ce que nous révèlent nos sens prolongés par nos appareils de mesure, à savoir que nous sommes seuls dans notre genre au sein de notre univers et que celui-ci est bien le seul qui existe et que si nous bousillons notre planète au point d’y rendre notre vie absolument impossible, alors nous éliminerons – vraisemblablement une fois pour toutes – la possibilité pour cet univers d’être conscient de sa propre existence, soit un univers entier perdant la signification qui fut à une époque la sienne, impossible sans la présence d’êtres dotés de conscience. Quels gougnafiers nous ferions alors !

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127 réflexions sur « « Qui étions-nous ? » – La réponse risque d’être perturbante »

  1. Comme un brin d’herbe ne peut s’imaginer ses millions d’homologues vu qu’il n’en a pas les moyens, nous nous pensons parfois « seuls » dans l’Univers. A défaut du moindre signe, nous pouvons par exemple nous rassurer en regardant une suite fractale, afin d’orienter notre intuition vers une réponse possible à cette grande question fermée: la vie, sa complexité, son foisonnement et sa furieuse inclinaison à persévérer en son être, peut elle exister « seule » ?

    1. A le relire je comprends qu’il faudrait aligner l’essence , l’existence et la vie ….

      Pas le courage de relire Sartre et pourtant il est pourtant l’un des très grands pour le thème de ce billet .A noter que , comme Pascal , il voit l’homme comme une « dissonance » ( ça va le réveiller)dans l’Univers . Dylan va-t-il le rejoindre en refusant le Nobel ?Je ne connais pas de radicalisme plus fréquentable que celui de Sartre.

    2. « Le philosophe David Chalmers, plaisantant à peine, déclare que la volonté des théories sur l’Esprit Quantique est : « une Loi de Réduction du Mystère : la conscience est mystérieuse et la mécanique quantique l’est aussi, peut-être alors ces deux mystères ont-ils une source commune. »
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Esprit_quantique

      https://blogs.mediapart.fr/jean-paul-baquiast/blog/131115/le-hard-problem-de-la-conscience-selon-david-chalmers

  2. Je ne vois pas que l’Univers puisse, à un moment donné ou là ou là, être tenu par une quelconque frontière. Les anciens, Épicure en particulier, ont eu cette intuition – que notre science n’a ni confirmé ni infirmé – de l’infini du temps et de l’espace. L’infini est un vertige absolu. C’est de ce vertige, il me semble, qu’il s’agit de se satisfaire. Mais le grand enfant que je suis resté, nourri des contes de la science-fiction (entre-autres lectures…) me fait encore rêver de la rencontre avec un « petit homme vert » qui mettrait du baume sur nos angoisses et nos travers les plus condamnables…

  3. Leibnitz a posé la question ; « pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? ».
    Poser une telle question, c’est ne pas y répondre.
    Admettons que nous n’y répondrons pas. Jamais.
    Quels que soient les progrès dans l’observation, les progrès dans l’élaboration d’hypothèses et de théories, et donc les progrès dans la description de l’origine de ce « quelque chose », il est illusoire, trompeur, déraisonnable de croire que nous connaîtrons un jour le fin mot de l’histoire.
    (De même qu’un moteur à besoin d’une source froide, second principe de la thermodynamique, je crois que la pensée rationnelle a besoin de faire la part de l’irrationnel)
    Dans ce quelque chose il y a de minuscules planètes. Sur l’une de ces planètes il y des êtres pensants. Pourquoi ? Inutile, là encore, de penser que nous le saurons un jour même si nous savons décrire de mieux en mieux décrire la façon dont les choses se sont faites.
    Ces êtres pensants sont-ils des gougnafiers ? À bien des égards et en première analyse, oui certes. Mais tout qualificatif est relatif. Gougnafiers aurait un sens s’il existait d’autres êtres pensants qui, eux, ne le seraient pas, ou le seraient moins. Or cette comparaison est impossible.

    Nous sommes ce que nous sommes.

    Foin des qualificatifs !

    Cela n’interdit pas, bien au contraire, de nous comporter intelligemment, aussi intelligemment que possible, en êtres pensants, en êtres pensants dignes de ce nom, ce que, bon an mal an, nous nous efforçons d’être…

    1. Je me demande comment on écrit  » foin des qualificatifs » sur les smartphones dans les cours de lycées !

      1. Non, ce n’est pas la même sens. Il est cependant d’affirmer qu’il n’y aurait lien entre les deux…

    2. Alfred Nobel, qui les connaissait bien, trouvait les Français arrogants, qu’assurément ils prenaient le cerveau pour un organe français.
      Manifestement il n’avait pas pratiqué les Wallons.

    3. @D Monod-Brocat

      Idem, merci. 🙂

      « Ces êtres pensants sont-ils des gougnafiers ? À bien des égards et en première analyse, oui certes. Mais tout qualificatif est relatif. Gougnafiers aurait un sens s’il existait d’autres êtres pensants qui, eux, ne le seraient pas, ou le seraient moins. Or cette comparaison est impossible. »
      « Nous sommes ce que nous sommes.
      Foin des qualificatifs !
      « Cela n’interdit pas, bien au contraire, de nous comporter intelligemment, aussi intelligemment que possible, en êtres pensants, en êtres pensants dignes de ce nom, ce que, bon an mal an, nous nous efforçons d’être… »

    4. Poser la question est plus important qu’imaginer y répondre. Postuler, par exemple, l’universalité d’une pensée rationnelle nous donne un fil d’Ariane permettant dépasser notre condition de mammifère perdu entre rien et tout. Nous ne sommes pas grand chose, mais nous avons su regarder au delà de nos yeux. Et si ce ne semble pas grand chose au regard de l’immensité de l’Univers, ce miracle qui transcende notre place « naturelle » au monde requiert pour le moins des explications supplémentaires.

  4. @Juannessy : Quand le soleil « se couche » , il a déjà disparu depuis 8 minutes… n’implique pas qu’il se soit éteint, ni qu’il soit toujours allumé dailleurs ! Juste qu’il a été là dans cet état à un moment donné. C’est suffisant comme information. Non?

    Une civilisation avancée comme la notre est-elle condamnée, ou peut-elle passer la (les) crise(s) et se développer.
    Croire être seuls dans l’univers à réussir ce tour de force serait un retour à une vision Ptoleméene de l’univers (rassurez-moi). Serions nous donc les élus d’un créateur comme le pensent certains ? J’en doute fort. Cela n’est étayé par rien d’autre que l’histoire des croyances humaines.

    Passer les crises de la fin des énergies et continuer à se développer, par contre, devrait laisser des traces que SETI et d’autres cherchent… effectivement en vain. Les déceler prouverait que nous pourrions encore progresser. Ne rien trouver… et c’est le signe que nous touchons peut-être le fond (ou aussi la preuve de notre incapacité à les trouver, j’en conviens).
    Peut importe qu’une civilisation enfin décelée ait envoyé un signal il y a 8 minutes ou 100 millions d’années, si elle l’a fait ! Car si elle l’a fait, je persiste: nous avons une chance de survie, de continuer à rêver civilisation, informatique, robotique, et plein de choses passionnantes dans le genre: c’est donc possible?!

    L’actualité autour de l’étoile KIC 8462852, par exemple, a quand même du sens, et ceci malgré sa distance à nous – et une partie de la communauté scientifique a effectivement réagi à cette info (SETI). Esperons…

    Cette recherche est donc bien plus importante que vous ne semblez le penser. Nous ne sommes peut-être deja plus que les dinosaures de l’ère prochaine… ou pas? Ceci dit, certains dinosaures ont pu avoir une conscience suffisante pour apprécier un ciel étoilé, les suivants auront peut-être aussi cette capacité.

    Je viens effectivement sur ce blog chercher une « assurance vie ». Il y a d’autres blogs qui ne traitent pas de cette problématique, j’en suis conscient.
    Les blogs de rencontres… avec des extraterrestres, par exemple. A ce sujet, je n’ai jamais compris le paradoxe de Fermi, qui suppose une rencontre (pourquoi ne sont-ils pas là). Est-ce bien nécessaire pour valider une existence extraterrestre? Le paradoxe devrait être plus simplement « pourquoi n’avons nous toujours pas trouvé d’activité extraterrestre ». (A noter: le tardigrade pourrait être un émissaire extraterrestre. Qui sait? Ca résoudrait totalement le paradoxe de Fermi 🙂

    Je pensais être une fois de plus dans le sujet et amener une petite pierre complémentaire à l’édifice. Peut-être n’ai je pas bien saisi le sujet. Possible… je retourne maison alors…

    1. « Peut importe qu’une civilisation enfin décelée ait envoyé un signal il y a 8 minutes ou 100 millions d’années, si elle l’a fait ! Car si elle l’a fait, je persiste: nous avons une chance de survie, de continuer à rêver civilisation, informatique, robotique, et plein de choses passionnantes dans le genre: c’est donc possible?! »

      C’est justement là Loïc que réside la sagesse cosmique : je pense quant à moi que toute civilisation beaucoup plus avancée que la nôtre et capable par exemple de voyages interstellaires se gardera bien de révéler des signes de son existence aux civilisation moins avancées qu’elle-même (les plus avancées sauraient déjà malgré qu’elle existe et qu’elle est pacifique !). S’il en était autrement, c’en serait fini de la paix cosmique et l’univers deviendrait rapidement un lieu d’affrontements meurtriers comme actuellement sur terre, avec à terme une extinction de toute intelligence universelle (toute vie avancée). Les civilisations cosmiques les plus avancées se garderont donc sagement de dévoiler leur existence à celles qui le sont moins, une sagesse que l’homme blanc n’a pas observé sur terre avec son débarquement en Amérique et ses conquêtes coloniales et autres guerres dévastatrices qui en résultent. C’est le principe d’un apartheid cosmique de sagesse d’espaces d’évolution emboîtés en poupées russes (voir mon site) : des civilisations extraterrestres plus avancées en amont n’auraient survécu qu’en observant cette loi cosmique qu’elles imposeront par ailleurs à leur tour en aval en aidant même les plus obstinées à s’autodétruire ou à changer de comportement face à la défense de la vie cosmique. L’humanité vit déjà depuis toujours en apartheid cosmique et elle attendra en vain un signal des plus avancées : elle n’aura jamais que des ovnis et autres phénomènes d’apparitions toujours contestables ! Le cosmos n’attend d’elle qu’une démonstration sur le terrain terrestre de sa volonté de paix universelle : nous y viendrons ou nous serons tous éliminés par notre propre stupidité, ou au besoin avec un coup de pouce d’en haut pour ne pas faire trop traîner le désastre terrestre en longueur. C’est sans doute la loi cosmique de sagesse d’une évolution imposée d’un amont par toutes les civilisations les plus avancées, avec un dieu existant ou non en tête de cordée mais qui existe déjà potentiellement en chacune des civilisations derrière dans la chaîne : une évolution rationnelle de la vie « par paquets d’informations » pour échapper à un effondrement universel. Une telle loi cosmique n’est pas négociable, pas plus que la chute des corps.
      Cordialement
      Ariste

      1. Et hop, et une Promesse Cosmique, une ! Faute de grives bibliques on mange des perles cosmiques. Avec un Ariste en guise de prophète cosmique et de Mandela messianique d’anti apartheid cosmique.

    2. Dans le sujet , vous l’êtes en reconnaissant que vous cherchez une assurance vie ( et je ne vous en fais pas grief!).

      J’avançais seulement que ce n’est pas la preuve de vie extraterrestre ayant existé ou même plausiblement existante , qui nous informe sur la marche à suivre pour régler nos affaires .La découverte de ces cousins peut nous donner un peu de courage pour continuer l’aventure , un peu comme lorsque des enfants de l’assistance publique se découvre de la famille même lointaine , mais cela ne répond pas au mystère de la vie .

      Confidence absolument pas scientifique d’un ex matheux : je trouve hautement plausible ( sinon probable , car pour cela , en calcul de probabilité ,il faudrait que l’on connaisse totalement le processus d’apparition de la vie , ce qui n’est pas le cas) , qu’il y est ( existe ?) une quantité phénoménale de cas de vie dans NOTRE univers .

      1. La marche à suivre, sans doute pas dans le détail… mais ça oterait d’un doute. Bon, quelque part plus haut, vous avez cité Guillaume d’Orange « Point n’est besoin d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer » ?

      2. En réponse à :
        « J’avançais seulement que ce n’est pas la preuve de vie extraterrestre ayant existé ou même plausiblement existante , qui nous informe sur la marche à suivre pour régler nos affaires .La découverte de ces cousins peut nous donner un peu de courage pour continuer l’aventure , un peu comme lorsque des enfants de l’assistance publique se découvre de la famille même lointaine , mais cela ne répond pas au mystère de la vie. »,,
        je dirais que si des extraterrestres plus avancés de millions ou de milliards d’années (existants ou ayant existé) sont une réalité, il ne s’agirait sans doute pas de nos cousins, mais de nos arrières/arrières des milliards de milliards de fois grands-parents. Ils auraient même été à l’origine de notre naissance, et puisqu’ils ne nous ont jamais reconnus en tant que progéniture ou semblables, ils ne nous permettront jamais de les dévoiler sans aucune ambiguïté. Notre science aussi avancée qu’elle pourra être ne pourra jamais briser un voeu de silence légitime dans un apartheid cosmique qui est sans doute une loi de préservation de la vie universelle. On rétorquera peut-être que ce paradigme ne s’appuie sur rien. Mais ce n’est pas tout à fait le cas : il s’appuie déjà sur l’apartheid et un silence cosmique que l’humanité connait depuis toujours et sur des données numériques (pi, l’âge de l’univers, etc. Les contours de la science et du silence cosmique s’épousent en transcendance comme les côtes d’Afrique et d’Amérique s’épousent en tectonique des plaques. Si des anomalies orbitales d’Uranus ont permis de dévoiler l’existence de Neptune, une transcendance en poupées russes se révèle sans doute de même par de trop nombreux hasards et relations entre les nombres et les cycles (Pi, l’heure, l’âge de l’univers, de la terre, etc. ). Les curieux peuvent consulter mon site.

      3. @Loïc :
        C’est bien ça .
        J’en profite pour corriger : »…enfants de l’AP se découvrent … », pour ne pas froisser the eternal , endless , timeless designer .

  5. En fait, l’état actuel de la science nous permet au moins de répondre à la question qui y a t il après l’humanité. RIEN. C’est un progrès remarquable en comparaison de la réponse chrétienne. Pas satisfaisant, pour la plupart d’entre nous, c’est pourquoi, retroussons nos manches et travaillons aux successeur de la science.

  6. Nous attribuons généralement à nos idées sur l’inconnu la couleur de nos conceptions sur le connu : si nous appelons la mort un sommeil, c’est qu’elle ressemble, du dehors, à un sommeil ; si nous appelons la mort une vie nouvelle, c’est qu’elle paraît être une chose différente de la vie. C’est par le jeu de ces petits malentendus avec le réel que nous construisons nos croyances, nos espoirs – et nous vivons de croûtes de pain baptisées gâteaux, comme font les enfants pauvres qui jouent à être heureux.

    (Fernando Pessoa – Le livre de l’intranquilité – éd. Christian Bourgois 1988)

      1. « Non , le spermatozoïde capitaliste . »

        Extrait du manuel « La spermatogénèse algorithmique perpétuelle ».

        L’auteur, grand capitaliste averti s’est formé sur le tas en 40cac dont nul ne connait ni la nature ni la forme. En encore moins la provenance d’ycelui ( Terrestre ? Extra-terrestre ? Scission amibienne ou protozoaire mutant ? Flatulence galactique ? Univers parallèle ? Multi sans envers, ni endroit ? Qubit quantique ? ). Un expert. En fait.
        Bon pied, bon pain. Bon oeil, sans tain.
        Alien sidéral sidérant.

  7. nous etions fiers de ces jeunes filles refusant l’esclavage …..400 ans….nous donnant envie de retirer au pater familias le droit de vie et de mort sur sa femme ses enfants,ses esclaves ….1000 ans…..

  8. « …alors il faut que nous prenions au sérieux la possibilité qu’il n’existe rien de plus que ce que nous révèlent nos sens prolongés par nos appareils de mesure, à savoir que nous sommes seuls dans notre genre au sein de notre univers … »

    C’est sans doute ce que nous avons jusqu’ici envisagé majoritairement, avec l’aide des certaines religions, peut-être toutes, je ne sais pas. Et comme nos appareils de mesure s’améliore et que nous sommes toujours apparemment seuls, cette possibilité semble se confirmer, du point de vu de nos cinq sens et d’une certaine logique.
    Si la cosmologie se tourne vers la possibilité de vie extra-terrestre, quelle est son moteur pour envisager son hypothèse ? Une commande publique ? Un besoin économique ? Le désir de rêve et de mystère ? Le refus de la solitude ? Ou bien une démarche scientifique basée sur des hypothèses si surprenantes ou peu probables qu’elles puissent être ?
    L’échantillon pourrait n’être qu’un bout de matières drôlement agencés sans annoncer de modèles identiques quelque part dans le cosmos. Plus palpable est son immensité grâce au progrès scientifiques et plus notre solitude est surprenante, confinant à l’isolement.
    Nos cinq sens ont leur limite, notre cerveau est un organe encore assez peu connu et notre logique ne passe pas le niveau quantique. Chercher sans attendre rien d’autre que de démêler des mystères nous préserve de pencher vers l’une ou l’autre des possibilités : autre vie consciente ou pas. Nous préserve aussi d’un espoir ou d’une crainte de rencontrer cet autre.
    En tout cas, si jamais une autre vie était découverte, nous aurions une petite idée de ce que fut la renaissance en d’autres temps. Si à l’inverse notre isolement se confirmait encore, une traversée de désert nous attend, plus béante que jamais.

      1. Attendez que je révise le cours d’histoire quand j’oublie une majuscule. On pourrait bien tourner en boucle avec les mémoires du passé, le réinventer ou bien de prendre le terme dans son sens propre de telle sorte qu’il faille manger la salade par la racine.

      2. @Armelle :
        J’ai juste appris que vous vouliez écrire  » Renaissance » . Mais ça me laisse dans le brouillard , et la salade m’est interdite pour cause de prise de Préviscan !
        Peut être une tentative de réécrire une théorie de l’éternel retour , qui malheureusement se heurte au principe de causalité ?

      3. Y aurait-il autre chose à apprendre ?
        Ah non non, je ne souhaite rien ré-écrire du tout.
        Car concernant tout principe de causalité, vous êtes très certainement plus matheux que je ne le suis.

  9. A propos de cette question des soi-disant réglages fins, on lira avec profit les pages de Christian Magnan qui pense que c’est une absurdité. Toujours dans la contestation voici l’objection du physicien Hervé Zwirn ci-dessous:

    Hervé Zwirn :
    « L’argument consistant à envisager qu’une très faible différence entre la charge électrique de l’électron et celle du proton conduirait les objets qui nous entourent à exploser, n’est pas réellement recevable. En effet, qu’est ce que la physique ? C’est une explication plus ou moins précise du réel matériel qui nous entoure. Les lois, élaborées par les physiciens, qui fondent notre modèle explicatif de cette réalité, sont admises lorsque tout au moins, leurs prédictions théoriques sont en accord avec les mesures objectives, expérimentales ou observationnelles, que nous sommes capables de réaliser. Une fois que les lois physiques sont établies, si un désaccord évident apparaît entre la réalité expérimentale ou observationnelle et les prédictions théoriques, comme la non-stabilité des objets environnants, cela signifie, que c’est la loi qui est en cause et qui doit être corrigée, et non que la réalité physique est particulièrement singulière. Dans l’exemple qui nous intéresse, ce n’est pas la différence éventuelle entre la charge de l’électron et du proton qu’il faudrait questionner, mais notre capacité, le cas échéant si cette différence existait, à expliquer alors la stabilité des objets qui nous entoure. Nous aboutirions dans ce cas, fort probablement à de tout autres lois physiques que celles que nous connaissons aujourd’hui. De plus, les lois physiques sont élaborées de façon cohérente, non seulement avec la réalité expérimentale et observationnelle, mais également entre-elles. C’est pourquoi l’observation d’un évènement aussi “ étrange ” qu’une différence entre la charge de l’électron et celle du proton mettrait en difficulté non pas une loi physique particulière ayant trait à cet événement mais des pans entiers de notre compréhension physique du monde. »

    « J’ai dit mon scepticisme sur les raisonnements du type :  » si telle constante n’avait pas exactement telle valeur, il se passerait ceci ». En fait, un tel raisonnement est ce qu’on appelle un contre factuel. On se dit si les choses avaient été comme ceci, alors aujourd’hui il se passerait cela. Or, il ne se passe pas cela, on le constate, donc c’est qu’il ne s’est pas passé ceci avant. Ce type de raisonnement est la base même du principe anthropique, au moins le principe faible. Il consiste à dire que si telle ou telle constante avait été différente, en utilisant les lois de la physique on en conclurait que les choses devraient être différentes de celles qu’on observe. Un raisonnement par l’absurde permet alors d’en conclure que l’hypothèse (à savoir la valeur différente de telle ou telle constante) est fausse. Mais dans ce cas, on raisonne toutes choses égales par ailleurs, c’est-à-dire qu’on fait des simulations numériques qui permettent de prédire ce qu’on observerait si la seule chose qui changeait, était, par exemple, la valeur de la masse du proton ou le rapport entre la charge du proton et la charge de l’électron mais que tout le reste (par exemple les lois physiques) ne changeait pas. Or ceci me paraît contestable car on pourrait penser que si la masse du proton change alors telle ou telle loi de la nature pourrait changer aussi et permettre ainsi de rétablir ce qu’on observe. Si en changeant à la fois la masse du proton et une loi physique on peut rétablir la concordance avec ce qu’on observe alors rien ne nous permet de déduire que la masse du proton doit nécessairement avoir sa valeur constatée pour que l’univers soit tel que nous l’observons. »

  10. Ah le principe de causalité…..
    La Sélection du Week-End n°215 est arrivée ! Comme chaque semaine, voici une sélection de WTF, de cosplay retro, de pubs vintages, d’illustrations trash, de photos bizarres, de délires surréalistes et j’en passe, sans contexte ni explication, glanée dans les méandres sans fin de l’Internet. Retrouvez aussi toutes les précédentes Sélections du Week End ici. Je vous souhaite un très bon week-end à tous !
    http://www.ufunk.net/vrac/selection-du-weekend-215/

  11. Bonsoir à tous
    J’ai appris ces jours çi que l’opération de chirurgie esthétique la plus pratiquée aux USA cette année est le blanchiment de l’anus. Beh!
    Dans ces conditions,
    premièrement je ne m’étonne plus de leurs présidentielles et de leurs candidats,
    deuxièmement, je suis soulagé à l’idée que nous puissions être la seule espèce du genre dans l’univers.
    Mais… mais, un doute m’étreint. Le grand poète gallois John Cowper Powys tenait fermement, an obstinate cymric indeed, au multivers plutôt qu’à l’univers. Et dans ce cas, nous pourrions bien être la seule forme de vie dans cette boîte de Petri qu’est notre univers, mais que se passe t’il alors dans les autres univers-boîtes de Petri dont nous sommes séparés par les trous noirs? Trou noir d’un côté, fontaine blanche de l’autre, selon Stephen Hawking. Et revoilà la question du blanchiment: de l’anus aux capitaux, et, à la fin des fins, la matière cosmique!
    Pauvres de nous!
    Cordialement.

  12. Bon sang, Steve, qu’avez vous tapé sur Internet pour tomber sur cette info ? 🙂
    Plus sérieusement : en privilégiant l’idée d’un univers par espèce, John Cowper Powys écrit les lois d’une physique des âmes bien plus que de la matière vivante. Personellement, je ne peux croire aux multivères-divins (bientôt un univers particulier pour les bonobos?). On en revient encore à une vision Ptoleméene, en version multiple.

    Vite, trouvons UNE trace de vie intelligente ailleurs, et enfin, nous auront une vision globale de l’univers et de la vie, enfin nous aurons vaincu cet égocentrisme qui parasite le moindre de nos faits et gestes.
    Cherchant plus d’info sur EPIC 204278916, je viens de trouver cette citation de Nicolaï Kardashev qui illustre très bien mon propos (j’ai juste 36 ans de retard! Zut, c’est vexant) :
    « La détection et l’étude de civilisations extraterrestres constituent un problème d’une grande importance pour le progrès de l’humanité, pour sa culture et sa philosophie. La découverte d’une vie intelligente dans l’univers fournirait une ligne de conduite au développement possible de notre civilisation au cours des futurs temps astronomiques ».
    Source: http://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/exobiologie-extraterrestres-deux-astronomes-savent-enfin-debusquer-61843/

    C’est bien cela que je defendais (maladroitement) dans mes posts sur ce billet. Merci Kardashev !

    1. Carl Sagan qui était un pote à Karashev ( de mémoire , j’espère ne pas me tromper ), aurait été moins convaincu de la formule »…fournirait une ligne de conduite…. »Juannessy n’a toujours pas compris en quoi découvrir une vie extra-terrestre lui permet de progresser , d’être plus cultivé ou plus philosophe .

      S’il est plausible que des traces de vie soient multiples dans notre univers , il n’y a aucune « chance » que ces extraterrestres soient des « humains » . Et ça vaudra mieux pour eux , car notre premier souci d’espèce qui n’est pas encore foutue d’être loyale avec elle même et la planète bleue , serait sans doute d’aller les conquérir ,leur piquer leurs ressources , et évacuer nos déchets et microbes chez « eux » .

      1. Tiens, le billet n’est pas encore fermé? Chouette !
        @Juannessy : il n’est pas question de transfert de technologies, de science ou de partage de philosophie avec des ET (je doute qu’un contact soit à jamais possible compte tenu des distances). Juste d’avoir une trace, même lointaine d’une civilisation qui a passé le cap de la fin des énergies fossiles sur sa planète native. Pour les détails et solutions de survie, ce sera à nous de les sculpter, mais tout désespoir balayé. Ça n’empêche pas d’essayer à l’aveugle, je suis d’accord, sauf qu’il faudra fédérer large sur le sujet. Apparemment, c’est bien cette idée qui a motivé le programme SETI.
        J’arrête là les posts sur ce billet. Merci pour cet espace d’échange!

  13. Moi je trouve que quand c’est DiCaprio qui blanchit des dollars détournés du fonds souverain malaisien 1MDB dans des productions anti-climatonégationnistes (plutôt qu’en aspergeant les murs du Hakkasan club de Las Vegas de millions des mêmes dollars sous forme de Champagne As de Pique en fêtant ses 40 ans avec ses potes détourneurs Jho Low et Riza Aziz) ben c’est bien. C’est comme qui dirait rendre les dollars aux Malaisiens, non ?
    https://www.letemps.ch/economie/2016/08/29/leonardo-dicaprio-empetre-lun-plus-grands-scandales-financiers-xxie-siecle

  14. Pas d’ ET en vue ni à babord, ni à tribord.
    Plus proche de nous , les vikings au cheveux bleus et le parti pirate islandais en pleine ascension, cool !

    http://www.laviedesidees.fr/Les-pirates-en-politique.html

    « Certes, la potentielle victoire du Parti pirate ne se déroule pas dans un pays puissant capable d’influencer la scène internationale. L’Islande n’a pas d’armée par exemple et son économie est fondée sur la pêche et le tourisme. Pas de quoi bouleverser l’ordre mondial. Mais cela n’écarte pas qu’une victoire puisse galvaniser d’autres partis radicaux dans le monde occidental. »

    «La victoire du Parti pirate offre une illustration vive de jusqu’où les Européens sont prêts à aller dans leur rejet de la politique conventionnelle», écrit le Washington Post. »
    http://www.slate.fr/story/126971/anarchistes-hackers-diriger-islande

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