CHINE : Premiers (dés)accords de « trumpette » ! par DD & DH

Billet invité. De la même manière que je ne pensais pas durant la Guerre froide que le choix pour les pays européens devait être entre impérialisme américain et communisme soviétique, je ne pense pas qu’ils doivent aujourd’hui prendre modèle soit sur l’Amérique de Trump en préparation tonitruante, soit sur le Parti communiste chinois : il existe une troisième voie, qui n’est pas la moyenne des deux autres ! Mais voyons ce que vous en pensez : ouvert aux commentaires.

Bon voilà, c’est fait et ça commence très fort ! Donald Trump, pas encore intronisé dans ses fonctions, vient d’agresser la Chine en s’adressant, de chef d’État qu’il n’est pas encore à chef d’État qu’elle n’est pas en droit de prétendre être, à la Présidente de Taïwan.

De toute façon, la Chine a été dans son collimateur durant toute la campagne. Il l’a braillé, éructé, glapi, tweeté et re-tweeté : la Chine veut la perte des États-Unis et n’a pu aligner les succès économiques depuis vingt ans qu’en détricotant sans pitié maille par maille le tissu industriel américain ! Que cet individu dispose, d’ici une poignée de semaines, de l’interrupteur mettant en branle les bases militaires et en mouvement la flotte de guerre du Pacifique n’a rien de rassurant ! Surtout que les Républicains du Congrès, disposant enfin d’un Exécutif aussi boutefeu qu’eux et encore plus décomplexé, vont pouvoir entonner à cœur joie la même partition.

En fait la présidence de Donald Trump est une pochette à mauvaises surprises et l’on peut craindre après ce début en fanfare qu’elles ne  s’avèrent à peu près toutes cataclysmiques à échelle mondiale ! Car, dans l’hypothèse où quelque conseiller, un peu moins barjot que lui, réussirait à le retenir par les basques au moment de déclencher la 3ème guerre mondiale, la planète ne respirerait pas pour autant. Et « respirer » est bien le cas de le dire car, pour Trump, tout le battage fait autour du réchauffement climatique et des risques de destruction massive qu’il entraîne n’est que poudre aux yeux, fariboles et intox diligentées en sous main par Pékin. Il vient de nommer son ministre de l’Environnement qui est évidemment un climato-sceptique de la même farine. Inutile de dire qu’avec un pareil chef d’orchestre, la communauté internationale peut faire des confettis avec les recommandations de la COP 21 et se résigner à entamer sous leur pluie multicolore son dernier tour de valse sur le Titanic !

Face à ce danger pressant, le moment serait peut-être venu chez nous de regarder la Chine d’un autre œil et de considérer qu’entre deux maux il serait sage de choisir le moindre. Nous savons bien que la manière chinoise de gouverner n’est pas forcément à notre goût et, pas plus que d’autres, nous ne plébisciterions de gaieté de cœur un système d’État-Parti sans séparation des pouvoirs ni libertés individuelles garanties par un droit constitutionnel servant de référence pour tous et dans tous les cas. La Chine de Xi Jinping n’a pas les caractéristiques d’une nation « fréquentable » aux yeux de beaucoup de nos concitoyens et nos médias, à peu près unanimes à la prendre avec des pincettes en se bouchant le nez, renforcent la méfiance ambiante. Il va pourtant falloir trouver avec elle un modus vivendi réaliste et sans doute le faire sans attendre qu’elle devienne une démocratie à l’occidentale comme notre bon goût se plaît à les privilégier dans nos relations (quoiqu’il en soit certaines qui fleurent plus les pétrodollars que l’humanisme). Le feu couve dans la Maison-Monde et vient de se pointer sur le seuil un dangereux pyromane avec une valise pleine d’allumettes, pouvons-nous dans ces conditions être vétilleux sur les boutons d’uniforme des pompiers ?  Car la Chine, par sa taille, sa population, les avancées récentes qu’elle a menées à bien et la volonté qu’elle affirme mobiliser pour prendre toute sa place dans le combat contre les dérives climatiques et le désastre dont elles sont grosses, nous paraît, dans le contexte actuel, constituer notre principal allié, et probablement le plus fiable (en tout cas, dans l’urgence, il va falloir en faire le pari), dans la course contre la montre qu’il est vital d’engager.

Allons plus loin, au prix d’un poil de provocation dont nous sommes conscients : face à ces défis d’une nature inédite, la « démocratie selon Trump » (puisque c’est bien sans conteste de « démocratie » qu’il s’agit, non ?) apparaît-elle vraiment  préférable à l’« autocratie » exercée par le PCC en Chine ? Soyons encore plus clairs : nous anticipons tous que les objectifs de sauvegarde de notre écosystème nécessiteront une détermination d’acier et des mesures coercitives draconiennes. Les règles de bonne conduite qui devraient dès maintenant entrer en vigueur seront d’autant plus contraignantes que nous en retarderons l’application. Or nous lanternons en nous racontant des histoires à endormir debout ! Cela écorche un peu la bouche à énoncer, mais seul un pouvoir fort peut imposer tout de suite et sans tergiverser les réductions drastiques sur lesquelles nous ne pouvons plus faire l’impasse, comme nous l’avons évoqué, il y a quelques mois, à partir d’un article du Guardian concernant les restrictions chinoises de consommation de viande envisagées et chiffrées. Nos pouvoirs hésitants n’en finissent pas d’atermoyer et de ménager la chèvre et le chou au risque de voir disparaître  pour toujours et les chèvres et les choux avant de s’être mis au travail ! Ce constat est désagréable et l’on préférerait que toutes les nations aient un curriculum 100% clean et qu’elles se conforment à nos critères, mais pouvons-nous être assurés que la notion même de Droits de l’Homme dont nous faisons un préalable ne devra pas être réaménagée à nouveaux frais si les fantaisies du climat chamboulent notre géographie et notre biotope de façon irréversible ? Il apparaît clairement que c’est le capitalisme financiarisé de plus en plus glouton qui met le plus à mal nos équilibres environnementaux. Lui trouver une alternative s’impose. La Chine ne peut, certes pas, passer pour un modèle, mais au moins a-t-elle essayé de relever le défi en osant l’oxymore « socialisme de marché ». Sa mise au diapason du XXIe siècle lui a coûté une inquiétante multiplication des phénomènes de pollution très lourds et extrêmement nocifs sur une bonne part de son territoire. Le Parti sait qu’il joue une grosse part de sa crédibilité dans la résolution de ces problèmes de santé publique et prend donc l’affaire très au sérieux. Désormais présente dans toutes les instances internationales, la Chine doit, ne serait-ce que pour des raisons de « face », se montrer exemplaire dans ce domaine. Depuis son arrivée au sommet de l’Etat en 2012, Xi Jinping s’est lancé dans une vaste entreprise plus complexe que le simple exercice du despotisme que nous voulons généralement y voir.

Premier volet : la lutte contre la corruption dans les deux univers des affaires et de la politique trop souvent dangereusement tangents pour ne pas dire imbriqués. On a pu dire ici et là, y compris en Chine, que cette campagne menée tambour battant n’avait qu’un  but politique : faire place nette en éliminant de potentiels rivaux. Ce fut peut-être le cas dans l’affaire Bo Xilai (2012), mais on peut lire aussi cette campagne musclée comme une purge à visées plus économiques : endiguer les tendances fortes du mot « marché » à bouffer le mot « socialisme » au sein de l’oxymore et éradiquer les germes d’où naissent les cancers du capitalisme qui prolifèrent toujours sous forme de connivences, lobbying et gangstérisme. En somme rappeler aux puissants trop gourmands qu’on ne met pas les deux mains dans le pot de confiture sans se faire taper sur les doigts !

Deuxième volet complémentaire du premier : se réapproprier l’héritage proprement chinois pour y activer de nécessaires anticorps et, à partir de ce tremplin, faire le pari beaucoup plus ambitieux de mettre en chantier la nouvelle forme de civilisation du XXIe siècle. La Chine ne proclame pas cet objectif, mais n’est-ce pas son habitude de laisser discrètement mûrir les situations et de faire confiance aux « transformations silencieuses » ? Elle a en matière de culture un capital longuement amassé dont elle juge qu’il ne s’est pas démonétisé et que, bien placé, il peut encore produire des dividendes considérables. Le socle en est toujours solide dans les mentalités populaires et la trilogie « Ciel-Terre-Homme » selon laquelle l’être humain ne peut s’affranchir de son appartenance-dépendance au couple Ciel/Terre est ancrée dans tous les esprits. Même si seuls les modernes lettrés ont encore accès à la langue des « Classiques », les notions de régulation et d’humilité des confucéens et les invitations au « non agir » des taoïstes ne sont pas si loin qu’on ne puisse encore en faire collectivement jouer les outils. Nous n’aimons pas beaucoup chez nous le mot « sagesse » : nous le trouvons trop sucré, trop mièvre et, faute de le prendre au sérieux, nous le cantonnons au rayon « Bien-être et Développement personnel » des librairies. La Chine, elle, s’est bâtie dessus. Comme l’a souligné F. Jullien, « le sage chinois est sans idées » et, par là, infiniment « plastique » sans raideur préconçue ni dépenses d’énergie inutiles. Les situations qui nous attendent offriront une prime à l’adaptabilité dans l’efficacité. Timbale que la Chine pourrait bien décrocher…

En matière de pouvoir personnel despotique, il n’est pas exclu que Trump aille en remontrer à Xi Jinping lui-même. Son seul talent étant de savoir faire du fric, de quel secours pourra-t-il être quand la planète boira la tasse ?

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27 réflexions sur « CHINE : Premiers (dés)accords de « trumpette » ! par DD & DH »

  1. « Le moment serait peut-être venu chez nous de regarder la Chine d’un autre œil et de considérer qu’entre deux maux il serait sage de choisir le moindre ».
    Certes. Mais à qui vous adressez-vous ? Mon dieu, de quel sagesse, où suis-je dans ce nous inclusif ? à soi-même on ne s’entend pas trop, ça fait beaucoup de bruits, d’autant que tout seul à ce train ça penche légèrement schyzé. Par contre ensemble c’est autre chose, l’éloge panégyrique, l’échos lyrique, le délire et l’imprécation, et on patauge encore ? un peu moins, la boue se dilue, on se noie.
    qques infos: http://blog.mondediplo.net/2016-12-12-L-Europe-sans-voix-face-a-Trump

    La dialectique peut elle casser des briques ? – Viénet 1973
    https://www.youtube.com/watch?v=71F96MJtWNE

  2. Trump ADORE négocier et s’en donne les moyens en mettant la pression. Il a explicitement parlé de ne plus reconnaître une Chine Unique « à moins d’un nouvel accord bilatéral plus favorable aux USA… ». Donc il cherche l’accord pour garder la face vis à vis de ses promesses de campagne. Il n’est pas fou (quoique), il cherche à se donner des marges de négociation en ouvrant le front sur une faiblesse de la Chine. Wait & see.

    1. Je ne crois pas qu’il faille wait and see , mais je suis assez d’accord avec votre lecture de l’attitude de Trump .

      On peut aussi s’attendre à ce qu’il prenne aussi l’accord COP21 de Paris en otage pour les mêmes visées très matérielles et de « négociations » en position de force. Mais cette façon d’agir et négocier me semble désuète au temps de la globalisation, et je ne suis pas sur que les USA d’aujourd’hui ne sous-estime pas les capacités de riposte du …reste du monde .

      La riposte de la Chine qui a déjà annoncé la couleur via « l’aide à des intérêts hostiles aux USA « , en attendant peut être le grand combat monétaire, ne me semble que pouvoir être dans une escalade préjudiciable pour la paix du monde, à défaut de transformer les USA en « Corée du nord » .

      Reste cette troisième voie à trouver , que l’Europe a loupé . Laquelle Europe semble poussée par Trump vers l’Est et la Méditerranée . Toute nue et sans projet .

      En serait on déjà à l’hyper conflit ? On est mal, et ça n’est pas le moment de réduire le budget de la défense .

      Quel rôle pour l’ONU , le G20 ,l’OMC, le FMI , l’OIT , la banque mondiale,l’OTAN …toutes les organisations internationales ?

      On aimerait que les élections présidentielles se fassent aussi et surtout autour de ces questions .

      1. « Il n’est pas fou (quoique) » TB
        « Je suis assez d’accord avec vuuu… » (?)
        Vous n’avez rien d’autre à faire.
        Dites-le. Ou taisez-vous.

    2. Trump est un instinctif, un négociateur averti, c’est vrai – contrairement à l’actuel locataire de White House. Il faudrait une boule de cristal pour mieux connaître les futurs manoevres issues de sa politique, mais je pense qu’en printemps prochain, on verra plus clair. Une chose est sûre: la Chine poursuit une politique expansive, dominatrice, elle est guidé par une stratégie à long terme, ce qui la différencie des Etats-Unis avant Trump. Il convient de ne pas sousestimer cette réalité.

      1. compte sur la CIA pour qu’il n’arrive pas jusqu’au printemps prochain. le coup en cours a evidemment pour but qu’il n’atteigne meme pas les 270 grands electeurs au vote de lundi prochain. Ca parait peu probable sur le papier mais tout est improbable cette année ^^

  3. On ne saurait agir à la place d’autrui. S’il fait des bêtises, qu’y pouvons-nous ?
    Mais nous pouvons, nous, essayer de ne pas en faire, de bêtises, ou pas trop, ou pas de trop grosses. Nous ? : nous la France. Car la démocratie suppose un peuple et qu’il existe un peuple français, et donc qu’il existe une république française. Nous, la France, efforçons-nous de ne pas faire trop de bêtises. Facile à dire ? sans doute. Mais pourquoi ne mettrions-nous pas en application, pour commencer, enfin !, ces beaux et grands principes qui sont les nôtres : liberté, égalité, fraternité ?…
    Ce serait une bonne façon de mettre au rancart leurs opposés : libéralisme, compétition, loi du plus fort…

  4. Il existe peut être une « quatrième voie » pour qualifier la porte de sortie de l’Europe, la « troisième » voie c’est la politique économique et diplomatique de l’Inde, la place est prise.

  5. Aller, je vais me contenter dans le sens de l’auteur, le sujet ici présent est bien trop grave et important pour chipoter sur deux trois épiphénomène que l’histoire de retiendra probablement pas.
    Alors, oui, se serait génial si ceux là qui se pavanent avec leurs constitutions pouvaient ne serait ce qu’effleurer la culture chinoise, pas celle des usines capitaliste pour faire grossir la croissance aux forceps, ni celle des bouchées aux crevettes, plutôt celle ci plurimillénaire mères de bien des philosophies. En bon français ne parle t’on pas de proverbe chinois..

    Ceci dit, je souhaiterais tout de même attirer votre attention sur un détail qui me chagrine, cet empire qui ne dit plus son nom, n’a pas, il me semble, l’intention d’endurer pour les autres les restrictions à venir. Il me semble aussi que dans cette course au nivellement par le bas, celui ci avait et à toujours une bonne place en haut de la liste au nom du chacun pour soi pour faire ruisseler la richesse. J’ajoute enfin que même si des tentatives audacieuses sont faites, comme vous le dites, c’est pour honorer le contrat passé entre le peuple et le parti, pas pour prétendre être le leader exemplaire que le monde devrait suivre.
    Alors, je pose la trajectoire suivante, les modèles occidentaux seront incapable de prendre des mesures draconiennes, ni même de favoriser une certaine industrie qui pourrait jouer un rôle important dans l’effort à mener. Dans le même temps l’est sera pris en tenaille dans des contradictions évidente et éminemment simple, il lui sera incapable de moins polluer sans détruire de la croissance, il lui sera impossible de préserver l’environnement sans par ailleurs amoindrir un niveau de vie tant recherché ces dernières décennies. Et à ce petit jeu là rappelons nous à ces nombreuses campagnes dont on aimerait bien que la richesse y ruisselle un peu plus, les habitant y sont nombreux aussi. Il faudra donc continuer de faire vivre cet art plurimillénaire qui consiste à toujours garder la face, au détriment des décisions qui changeraient le monde, possiblement réellement voulu au plus profond de l’être, mais concrètement parlant, entre soit on s’en tiendra à un haussement d’épaule en tendant la paume des mains, « c’est comme ça ».
    La politique, quel que soit le système dans lequel celle-ci opère, n’a t’elle jamais consistée à autre chose que de ménager la chèvre et le chou ? Je veux dire, au delà des promesses.
    Dans cette optique là, si ménager la chèvre ou le chou devait correspondre à ménager la peste ou l’ebola, avions nous seulement une chance minime d’éviter la pandémie ?

    1. Il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs , ou miser sur le mauvais cheval, et sans monter sur ses grands chevaux , se demander si changer son fusil d’épaule ne fait pas passer l’arme à gauche, et s’il ne vaudrait pas mieux avoir plusieurs cordes à son arc .

      Mais ,en Gaule , beaucoup s’en moquent comme de l’an quarante avant JC ( invasion par l’autre JC ).

      Ne danse pas tout ce que l’on te chante ( proverbe chinois) .

  6. Il me semble hasardeux et prématuré de faire des pronostics catastrophiques sur la présidence de Trump. Ici en France, nous avons un longue expérience des différences entre les proclamations de campagne et les réalisations une fois en situation. De même mais pronostics inverses, les espoirs mis en Obama, prix Nobel de la paix, premier président noir etc. ont été au moins exagérés, vu avec 8 ans de recul. La réalité a été cruelle et elle l’est toujours.
    Il me semble bien que Trump n’a pris aucun engagement précis, en opportuniste et pragmatique qu’il semble être. La « tonitruance » du personnage serait plutôt un camouflage…
    Et puis, il y a l’exemple de Roosevelt. Suite à la crise de 29, pendant la remise en ordre de la finance, il crée la SEC, « gendarme de la bourse ». Et il nomme à sa tête Joseph Kennedy, un homme d’affaire spécialisé dans des magouilles financières en bourse, supposées légales, et en trafic d’alcool pendant la Prohibition en liaison avec la mafia et le groupe de pression irlandais de Boston. Cette nomination avait sa logique: qui de mieux qu’un connaisseur de la place et de ses pratiques douteuses pour faire respecter la Loi ? L’aventure de Vidocq est bien connue.

    Et puis, les hommes changent. Le nouveau ministre de l’Environnement climato-sceptique pourrait être frappé par la Lumière… Après tout, il aura accès à la meilleure documentation.

    1. il est déjà à l’origine de la proposition SATA en tout cas, sur laquelle nos chers medias français gardent un silence pudique depuis 4 jours…

      là aussi il y a alliance de democrates et republicains (de Gabbard à Rohrabacher) pour en finir avec l’armement des groupes terroristes au moyen orient (enfin, coté américain ^^ ), ce qui evidemment enrage la CIA… mais chut hein, puisqu’on vous dit que Trump veut declencher la 3eme guerre mondiale…

      la rencontre de Trump avec Tulsi Gabbard a été manifestement fructueuse en tout cas…
      https://www.youtube.com/watch?v=uKV1sTw8zOc

  7. D’une manière générale, la question de la réponse à la crise écologique, dont la composante principale – non la seule – est le réchauffement par émission de GES, est plus importante que toutes les questions de regard porté par les étrangers sur le régime que s’est donné telle ou telle nation. Difficile de donner tort aux auteurs sur ce point !

    Le risque que Trump déclenche volontairement ou involontairement des affrontements armés ne doit pas être surestimé. Certes il fait de la diplomatie avec une finesse rarement vue – celle d’un pachyderme – et il fait d’ailleurs là un mauvais calcul car mettre en jeu des « intangibles » dans une négociation comme face, honneur ou légitimité – remettre en question la politique d’ « une seule Chine » a exactement cet effet pour Pékin – c’est rendre très difficile à son interlocuteur la souplesse nécessaire à la négociation, c’est le pousser au raidissement extrême, car tout à coup il ne s’agit plus « que » de gros sous, car tout à coup les choses deviennent _personnelles_
    Il reste cependant que Trump n’a aucun intérêt à utiliser la force armée contre un autre Etat nucléaire, la Chine non plus, et d’une manière générale c’est plutôt sur l’objectif de limiter les engagements militaires extérieurs qu’il s’est fait élire.

    Le point le plus inquiétant dans les vues de Trump, c’est son opinion sur le réchauffement. Il la rappelait encore hier « Personne ne sait vraiment si le changement climatique est réel » tout en disant « étudier » s’il fallait retirer les EU de l’accord de Paris sur le climat. Voir https://www.washingtonpost.com/news/energy-environment/wp/2016/12/11/trump-says-nobody-really-knows-if-climate-change-is-real

    Cela dit, il faut aussi prendre en compte que :
    – D’abord la Chine reste à ce jour de loin plus émettrice de CO2 par rapport à son activité économique, environ deux fois pire que les Etats-Unis c’est-à-dire cinq fois pire que la France. Eh oui, le charbon a de ces inconvénients… Voir http://donnees.banquemondiale.org/indicateur/EN.ATM.CO2E.PP.GD
    – Les Etats-Unis quant à eux sont de loin les pires pour ce qui est de l’émission de CO2 par habitant, plus de deux fois pire que la Chine, plus de trois fois pire que la France – alors que leur niveau de vie est équivalent. Voir http://donnees.banquemondiale.org/indicateur/EN.ATM.CO2E.PC
    – Il est difficile dans ces conditions de désigner un « moins pire » parmi les deux géants. On peut sans doute choisir de considérer que le PCC s’embarrassant moins de processus démocratiques saura plus facilement imposer des évolutions brusques, mais le moins que l’on puisse dire est que cette idée n’est pas validée par l’expérience, puisque la baisse de l’ « intensité en CO2 de l’activité économique » de la Chine depuis dix ans… est fort limitée ! Que l’on se rapporte à http://donnees.banquemondiale.org/indicateur/EN.ATM.CO2E.PP.GD?locations=CN
    Sans doute, la meilleure performance des Etats-Unis ou de la France sur ce critère est dans une certaine mesure le reflet de leur désindustrialisation partielle, mais pour une partie seulement. Et le PCC lui n’est parvenu à aucun progrès notable depuis dix ans…

    L’argument « coopérons avec tous les pays étrangers, sans nous scandaliser de leurs gouvernements qui, au fond, ne sont pas notre affaire » est très recevable pour ne pas dire salutaire. S’il est applicable à un régime dictatorial comme celui de la Chine, il l’est d’ailleurs d’autant plus à un pays démocratique dont le résultat des récentes élections peut susciter l’inquiétude, comme les Etats-Unis.

    De là à dire qu’un dictateur éclairé vaut mieux qu’un démocrate désordonné, démagogique voire tonitruant, il y a là un pas que je ne franchirai pas. Ce n’est pas principalement parce que l’argument m’est désagréable, c’est avant tout parce qu’il me semble _faux_

  8. Trump est peut être un petit PN le jour qui s’ennuie le soir devant sa télé. Nous sommes affamés par l’argent tout comme la Chine et les Etats Unis, mais là ou certains jouent win win d’autres bien plus cash préfèrent le win loose. Notre passé de pilleurs se prend la claque car les pillés de la main d’oeuvre apprennent si vite qu’a part invasion bactérienne je ne trouve pas d’autre comparatif ( cette vision bactérienne est valable en fait pour comparer l’utilité réelle de l’homme en général sur cette planète du moins un belle grosse majorité de ceux ci malheureusement. Nous en irions presqu’a croire que sans les humains la terre n’existerait pas; c’est dire…
    Un homme n’a pas fait le monde, un seul ne le défera pas. Quant aux postes distribués je les vois plutôt comme des dobermans stéréotypes parfaits qui on promis yes I can do that. Y a un truc que j’aime dans cette nouveauté trumpie, c’est le fait d’oser quelque chose considéré par certains comme nouveau. Quoique faire du fric ne soit pas une volonté nouvelle. Moi j’aime juste l’idée de faire une politique nouvelle. Oser, mais la politique a , en général horreur du changement. Trop de risque de division sans doute, perte d’audimat … He oui, nous en somme encore à cela. De l’audimat. C’est tellement triste. Tant que les faibles n’auront rien à dire les conflits poursuivront leur multiplication. Tant qu’ils ne recevront rien les plus faibles continueront à croire en tout, y a qu’a voir le nombre de joueurs de lotto. Les américains ont joué le .. Et vous que jouez vous?

    1. Certains sont des spécialistes de la théorie de jeux , mais, au jeu de poker, la théorie et la pratique doivent être simultanées .

      Si l’on assimilait négociation internationale et jeu de poker ( ça me rappelle un débat entre JLM et JA), remarque faite que les enjeux y sont beaucoup plus terribles et potentiellement létaux , j’aurais aujourd’hui tendance , pour nous , à privilégier quelques règles qui font les joueurs efficaces au delà de leurs qualités psychiques propres :

      -ne jamais risquer de trop perdre en misant trop ,
      -conforter au maximum mon capital initial et mes possibilités de mises pour la partie,
      – mettre le temps avec soi en visant des gains non spectaculaires mais constants , afin de « rester dans la partie » .

      Mais surtout avoir une idée ( et un peu plus) claire , du point où j’ai envie de diriger la partie .

      La troisième voie évoquée en chapeau du billet .

  9. Ce n’est pas pour faire plaisir au reste du monde que la Chine devient écolo. C’est juste pour que sa classe moyenne qui ne respire plus et dont elle a besoin pour gouverner se remette à respirer.
    Il ne me semble pas avoir lu ça quelque part, mais je suis certes loin de tout lire…
    Les mesures d’appui au climat de la Chine est donc une affaire intérieure et c’est tant mieux pour le reste du monde car rien de tel quand un pays prend des mesures bénéfiques pour les Humains de la planète juste pour ses intérêts propres, idem pour la corruption.
    Quant à Trump. Je lis des tergiversations : « mais non on ne sait rien de lui il crie mais ne fera rien ». C’est un peu vite oublier la lourde constance des EU en matière d’attaqueS des pays qu’il a décidé d’écraser pour ses propres intérêts, souvent mal calculé d’ailleurs, n’ayant que la vue courte. Par contre la constance millénaire de la Chine est d’être pacifique… ce qui ne l’empêcha pas d’avoir quelques vassaux.
    Kennedy et Johnson : Vietnam, Cuba. Et plus récent Bush fils : Irak pour cette occasion nous avons eu l’honneur d’avoir un Chirac/Villepin. Je ne sais si nous aurons un/e représentant élu à partir de mai 2017 ayant la capacité d’avoir cette même politique diplomatique que de Gaulle eut et qui fit honneur aux Français… La France ayant oublié sa renommée diplomatique séculaire ces derniers temps.
    Remarque : la 2 nous a passé hier un reportage montrant que la Chine construit des usines aux EU (et ailleurs aussi), la mondialisation n’est pas que dans un sens.

  10. Bonjour.
    Dans mon cube de cristal (à ecran tactile), j’ai pu voir Macron vendant des babioles à son effigie – lors de son grand meeting – made in China! ( le petit profit avant la grande politique économique nationale, donc!).
    J’ai pu voir un Fillon doutant et atténuant ses annonces de politique de sécurité sociale et service public qui l’on fait élire aux primaires de la droite.
    J’ai pu voir plein de petites choses comme cela, qui montrent le niveau d’incompétence de nos futurs (peut-être ?) élus .
    Alors quand J’ai vu le futur (probable) président Trump promettre le retour de l’industrie aux USA, je me suis demandé s’il allait re-remplir les mines de charbon pour pouvoir les rouvrir, re-injecter du pétrole au Texas pour relancer l’exploitation comme du temps de papa, obliger les indiens à danser… pour enfin faire pleuvoir sur une Californie déshydratée. A moins que, tout comme les beaux parleurs français (dont le paon aurait été un meilleur symbole que le coq pour certains), il ne doive composer face à une réalité economique, climatique et sociale qui n’a que faire de Sa Grandeur. Méchante réalité !
    S’il n’est pas élu suite au recomptage ou à la désaffection de suffisamment de grands électeurs, alors ce sera une autre grande crise… interne. Cela, je l’ai lu dans ma boule de cristal (tout aussi peu fiable que le cube).
    On n’a pas encore tout vu, non…

  11. « Cela écorche un peu la bouche à énoncer, mais seul un pouvoir fort peut imposer tout de suite et sans tergiverser les réductions drastiques sur lesquelles nous ne pouvons plus faire l’impasse, …. »
    Je serais d’accord avec cette idée si elle ne s’opposait pas à un problème de taille: la GUERRE ÉCONOMIQUE que se livre les nations entres elles!!.
    Dernièrement, n’avez vous pas été frappé par la remise en cause de l’enfant unique? Pourtant cette politique, qui peut paraître inhumaine pour beaucoup de monde, avait des vertus écologiques indéniables. Mais nos gouvernants chinois, devant le problème du vieillissement de leur population avec tous les problémes que cela engendre en coût sociaux, ont préféré revenir en arrière. L’écologie ne pèse pas lourd devant l’économie, dictature ou pas….
    Autre exemple dont j’aimerais votre avis: la lutte contre la pollution atmosphérique. Pensez vous que les dirigeants Chinois s’occuperaient de ce problème avec autant d’énergie si cela n’impactaient pas leur propre santé et celle de leurs enfants? Si , les usines polluaient du côté du Taklamakan et non dans les banlieues Pékinoises ou Cantonaises, est ce que le parti s’attaquerait à la pollution? Permettez moi d’en douter!
    Aujourd’hui, je pense que la seule façon de remettre l’écologie au centre du débat, c’est de dénoncer le CAPITALISME. C’est un poison mortel! Le capitalisme est une réponse à notre mortalité. On accumule des biens pour optimiser notre survie. C’est pourquoi il s’agit d’un modèle sociétal très puissant et universel. Or , il faudra bien que l’homme accepte sa finitude et sans recourir à des artifices religieux…. On touche à des questions philosophiques!
    Ce monde va sombrer mais j’ai la conviction qu’un autre plus beau va éclore.

  12. J’aimerais bien savoir ce que les USA et la Chine pense de la France, si cette question a du sens, bien sûr !

    Indépendamment des qualités des américains, un pays qui abuse de l’avantage que lui confère sa monnaie (de réserve internationale) ne me plait pas. Ces dirigeants feraient mieux de revenir petit à petit à la raison en accélérant l’avènement d’une monnaie mondiale et feraient mieux d’arrêter de jouer avec la parité de leur monnaie.

    Quand aux chinois, ils ont bien joué. Mais à force de dévaloriser leur monnaie, ils se sont mis dans une position économique délicate, qu’ils seront résoudre en contrôlant les mouvements de capitaux !

    Quant à l’Europe, qu’elle s’occupe d’elle même. Elle devrait réfléchir à ce que devrait être la solidarité européenne et mettre en place doucement des mesures ad-hoc progressives . Je n’ai pas envie de développer car le sujet est Chine USA.

    Bonne soirée.

  13. Clinton représentait la russophobie ordinaire d’une partie de l’Establishment ricain plus enclin à favoriser les chinois, Trump représente l’autre partie qui préfère dealer avec les russes et remettre les chinois in their place, il est là pour enfoncer un coin dans une alliance russo-chinoise qui commence à devenir gênante . Trump est loin d’être le dernier des idiots n’en déplaise aux conceptions des bonnes manières de la social-démocratie ouest-européenne .

  14. $i Trump était désavoué par £es grands €£€ct€urs, c€ s€rait c€rtain€m€nt £a gu€rr€ civi£€ aux US. $i Trump passait c€ s€cond vot€, i£ ¥ aurait risqu€ d€ gu€rr€ mondia£€ (économiqu€, éco£ogique ou armé€).
    €t i£ ¥ aurait vraim€nt un€ troi$ièm€ voi€?
    Ménag€r £a chèvr€ et £€ choux p€ndant quatre an$, p€ut-êtr€? att€ndr€ dans la z€nitude £e prochain cyc£e d’é£ection$.
    Bah, c’€st ri€n quatre an$… z€n… ₩ait and $€€

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