« Le dernier qui s’en va éteint la lumière » : quelques précisions sur la date

Ouvert aux commentaires.

Guy McPherson, professeur émérite d’écologie et de biologie évolutive à l’Université d’Arizona.

Merci à Pierre pour sa retranscription !

P: Nous allons vers une extinction massive, rien que ça, parce que
l’humanité détruit son propre habitat. C’est le message sans équivoque
de l’expert du climat Guy McPherson, de l’université de l’Arizona.
Certains le qualifient d’éco-terroriste, d’autres d’anarchiste, mais
peut-être est-il simplement un réaliste. Guy est en Nouvelle Zélande
pour une tournée de conférences.
Guy, ravi de vous revoir

G: De même, Paul.

P: La dernière fois qu’on s’est vus, en 2014, vous avez ruiné tous mes
espoirs et ceux de ma famille. C’était très sombre comme ambiance.
Est-ce que ça a changé depuis, de votre point de vue ?

G: Oh oui, la situation est bien pire qu’à l’époque.

P: Ok, ok, donc je reformule : on perd notre temps à discuter de
changement climatique, de réchauffement planétaire et d’élévation du
niveau des mers.

G: Je serais content que les gens aient une chance de savoir ce qui se
passe dans le monde. C’est pour ça que je fais ce travail, alors je
crois qu’il faut vraiment en parler. Les gens doivent savoir que ce qui
est en train de se passer…

P: …est presque futile.

G: L’action est futile, à part à un niveau individuel, pour se sentir
mieux. L’action est un remède au désespoir, comme disait Edward Abbey,
cet anarchiste.

P: Vous êtes anarchiste ?

G: Oui, et je sais ce que ça veut dire. Ce n’est pas le chaos.
L’anarchisme n’est pas un concept romantique, mais une façon de vivre
qui a fait ses preuves pendant trois millions d’années.

P: Si vous voyez juste, vous devez aussi vous tromper. Vous dites que
c’est important qu’on parle de ce qui se passe, mais je ne crois pas que
ça soit la vraie raison. À vous en croire, si on en parle, c’est juste
pour nous bercer d’illusions sur notre capacité à échapper à ce qui nous
attend.

G: Ça dépend de votre point de vue. De mon point de vue, il n’y a rien à
faire au niveau de la préservation de l’espèce humaine au-delà de
quelques années. D’autres pensent qu’agir augmentera leur longévité, et
c’est possible, suivant ce qu’ils font et ce qu’ils comptent faire. Mais
pour l’espèce humaine en général, c’est terminé, et depuis longtemps.
Nous sommes en plein dans la sixième extinction.

P: Ok, on va parler dans un instant des délais que vous annoncez. Vous
avez déjà indiqué que les choses bougent, peut-être même plus
rapidement que vous ne le pensiez. Dans certains de vos écrits, vous
sous-entendez presque que nous avons l’arrogance de croire que le destin
de la planète et celui de l’humanité sont confondus. En réalité, vous
envisagez un sort plutôt positif pour la planète, mais sans nous.

G: Tout à fait. Les hommes sur la planète, notre espèce a environ 200
000 ans. L’univers a 13,8 milliards d’années.

P: Nous ne sommes qu’un bref instant.

G: Oui, c’est un feu de paille. Un feu tout court, en ce qui nous concerne.

P: Et, sans la vie humaine telle qu’on la connaît, la planète pourra
sans doute guérir en quelques millénaires ?

G: Ça prendra des millions d’années, comme ça a été le cas dans les
extinctions massives précédentes. Mais je n’ai pas de doute que la
planète finira par être de nouveau florissante. Il y aura juste des
choses minuscules comme les microbes, les bactéries, les champignons
pendant quelques millions d’années.

P: Ce que vous dites à l’air très logique, en tous cas beaucoup plus que
(le discours de) ceux qui disent qu’il suffit de dire à la marée
d’arrêter de monter. Mais je n’y crois pas vraiment, parce que mon
esprit rationnel ne peut pas concevoir tout ça. Je vais donc prétendre
que ça n’existe pas. Est-ce que c’est contre ça que vous luttez quand
vous faites des conférences dans le monde entier ?

G: Bien sûr. En général [devant] des gens comme vous et moi, plutôt
privilégiés, et qui n’imaginent pas voir ces privilèges disparaître.
C’est ça la difficulté. Nous n’avons jamais rien connu d’autre. Nous
sommes nés en captivité, comme je le dis, et nous n’avons pas choisi de
naître à cette époque. C’est difficile d’imaginer autre chose, encore
moins la situation qui va se présenter dans un avenir pas si lointain.

P: Une autre chose difficile à imaginer, même si on en a les preuves
absolues, c’est notre aspect éphémère. Nous connaissons l’histoire. Nous
savons que nous ne durerons pas éternellement, et donc nous pouvons
connaître une part de l’avenir. Combien de temps avons-nous ? En tant
qu’espèce ?

G: Je n’imagine pas qu’il restera des humains dans dix ans. Je pense que
ça sera…

P: Attendez, vous avez dit « dix ans » ?

G: Oui, et même sur un ton catégorique. Nous allons vers une température
du globe qui n’a jamais été atteinte ces deux derniers millions
d’années. Au moins un ordre de grandeur au-dessus de l’extinction massive…

P: Vous voulez dire que l’augmentation de température sera phénoménale
dans les années qui viennent…

G: Oui. C’est une progression exponentielle. Nous avons du mal à
appréhender le changement exponentiel…

P: Non non, je comprends les mots « exponentiel » et « changement ». Ce que
je ne veux pas comprendre, c’est votre échelle de temps. Pourquoi est-ce
qu’on perd notre temps dans ce studio ? Qu’est-ce qu’on fait là ?
Sérieusement, s’il ne nous reste que dix ans, qu’est-ce que vous faites
là, à trimbaler votre femme autour du monde pour parler de ça ? Il ne
vous reste que dix ans ! Vous devriez plutôt être à la maison avec vos
enfants.

G: Je n’ai pas d’enfants, parce que j’ai vu tout ça venir depuis longtemps.

P: Faites-en maintenant. Vraiment, dix ans ?

G: Non, même pas dix ans. Vous savez, le problème quand je donne ces
chiffres, c’est que les gens pensent que ça va être comme d’habitude…

P: Il y a des gens qui prennent des photos dans le studio. Pourquoi vous
prenez des photos ?

G: Ce n’est pas ma femme, c’est ma compagne, mais peu importe.

P: Par rapport à la situation mondiale, effectivement.

G: J’incite les gens à chercher l’excellence, l’amour, à faire ce qu’ils
aiment faire. Je ne crois pas que ça soit si farfelu. Je recommande aux
gens de rester calme, aussi, parce que la situation échappe à notre
contrôle.

P: Vous pensez que les chose ne peuvent qu’empirer. Compte tenu des
délais que vous annoncez – je ne me souviens plus de ce que vous aviez
dit la dernière fois, mais c’était nettement plus que dix ans.

G: Oui

P: Donc c’est votre délai maximal. J’étais prêt à vous suivre, mais vous
avez ruiné tous mes espoirs en l’avenir, et ceux de ma chère enfant
(elle est là, c’est ma petite Bella). Elle n’a pas eu de chance, elle
n’a pas eu sa part du gâteau.

G: Oui, je pense que c’est horrible. Les jeunes sur la planète n’auront
pas la chance de vivre une vie épanouie, ni même de comprendre ce que
vivre veut dire.

P: Oui, et je n’ai même pas fini ma phrase : on n’a plus le temps. Donc
soit je devrais arrêter l’entretien et ne plus jamais vous parler, ou
alors continuer à parler, vu que ça ne sert à rien de parler à qui que
ce soit d’autre, vous voyez ?

G: Oui, je vois tout à fait.

P: Comment…

G: Et vous avez raison : ça ne sert à rien de discuter avec qui que ce
soit. C’est entre vous et moi.

P: Ok, juste une chose, Guy… Oh mon Dieu… Si les gens vous croient,
et pratiquement personne ne le fera, maintenant que vous avez annoncé
vos délais… Mais s’ils vous croyaient, comment feriez-vous pour éviter
qu’une vague de désespoir absolu déferle sur la planète ?

G: Je pense que l’espoir est une idée abominable. C’est se bercer
d’illusions. Permettez-moi de citer Nietzsche : « l’espoir est le pire des
maux, car il prolonge la souffrance de l’homme. » L’espoir et la peur sont
les deux aspects de « je ne connais pas l’avenir, je pense qu’il ne sera
pas terrible mais de toute façon je ne ferai rien ». L’espoir est une
mauvaise idée. Il vaudrait mieux l’abandonner et s’occuper plutôt de la
réalité. Vivons, plutôt que de rêver à un futur qui n’arrivera jamais.

P: Je suis content de ne pas bosser dans les voitures sans chauffeur,
parce que je croyais que ça, ça allait changer nos vies dans les dix ans
qui viennent. Bien fait pour eux…. (rires). Non mais j’ai mon
producteur… Faut qu’on enchaîne. On n’a pas besoin de faire quoi que ce
soit avec cette info, franchement. Et ces histoires de critères de
qualité des émissions, on s’en fout… Ok Guy, en ce qui concerne…
Parce que c’est ça que je dois savoir, et Bella aussi… Dans le
meilleur des cas, l’humanité en a pour combien de temps ?

G: Je ne m’avancerai pas. Je conseille aux gens de vivre pleinement dans
le temps qu’il nous reste, d’être là pour leurs proches et le reste de
ce qui vit sur la planète, mais je ne connais pas votre date de péremption.

P: Ok Guy, portez-vous bien… Mais à quoi bon… Merci d’avoir été avec
nous.

G: Merci, Paul.

P: Mais quand même, en deux mots. Ça me tombe dessus d’un coup, ces dix
ans. Ça aurait dû être dans mes notes [d’interview]. Vous êtes un expert…

G: Non, non, on n’a pas dix ans

P: Qu’est-ce que vous pensez de tous les autres experts qui semblent
penser que nous pouvons agir sur le changement et survivre ? Ce sont des
experts, eux aussi, ou en tous cas ils prétendent l’être.

G: Pour commencer on les paye, et donc ils ne présentent les
informations qu’à moitié. Personne ne veut rajouter la prise en compte
des rétroactions et de leurs conséquences. Et comme notre société est
concentrée sur la spécialisation, les spécialistes sont amenés à
comprendre un aspect ou l’autre du changement climatique. Des choses
comme l’obscurcissement de l’atmosphère ou la fonte des glaciers de
l’Arctique, l’albédo qui en découle ou le méthane. Personne ne fait la
synthèse de tout ça.

P: En gros, ils mentent. A eux-mêmes et au reste du monde.

G: Je ne veux pas utiliser le mot « mentir ». Je crois que c’est bien pire
que ça.

P: Guy, merci beaucoup d’avoir été avec nous. C’était Guy McPherson,
professeur émérite en ressources naturelles et biologie de l’évolution,
de l’université de l’Arizona.

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164 réflexions sur « « Le dernier qui s’en va éteint la lumière » : quelques précisions sur la date »

  1. Bonjour ,
    Le problème avec ce genre de témoignage, c’est qu’il n’aide pas à se faire une opinion. Au final, cela ne fait que conforter ses propres convictions. Si on pense que la fin de l’humanité est proche alors on soutiendra les thèses de ce scientifique ou au contraire si on croit à l’ingéniosité de l’homme alors on fustigera son raisonnement…
    A l’heure actuelle, je pense qu’il est difficile de se faire une opinion quant à l’avenir de l’espèce humaine. Aujourd’hui, on sait seulement que l’homme est une espèce colonisatrice et opportuniste (merci Paul pour cette définition de l’homme que j’ai adopté… ;-). N’ayant pas de prédateurs sur cette planète, l’espèce humaine croît jusqu’à entraîner des modifications de la biosphère. La suite est difficile à prévoir….sinon qu’il est raisonnable d’imaginer que l’écosystème planétaire va s’adapter et qu’il va trouver des mécanismes pour enrayer la croissance humaine (maladie?virus? catastrophe climatique? famine?etc…) On ne sait pas trop…De là à parler d’ une disparation totale de l’espèce humaine, j’y crois pas trop…car à la différence des autres espèces qui ont disparu on a une arme….l’adaptation… On saura toujours s enfoncer sous terre ou vivre dans les océans pour survivre…N’oublions pas que nous sommes une espèce colonisatrice et opportuniste….
    Pour ma part, je crois au scénario suivant: disparition de plusieurs milliards d’humain à un horizon proche. Les survivants auront trouvés des solutions pour s’adapter, ils réguleront leur population et auront une approche du monde radicalement différente de nous….L’idée forte qui apparaîtra est que nous sommes seulement une espèces vivantes parmi des milliards et que « l’homme dieu » n’était qu’un mirage….Nous sommes seuls au milieu de milliards d’étoiles c’est la seule chose dont on est à peu prés sûr….

    1. L’homme : espèce colonisatrice, opportuniste… et sociale !

      C’est pourquoi je pense que ta conclusion est crédible. Je ne peux pas, en effet, me résoudre à une extinction totale de l’humanité.

      « Les survivants auront trouvé des solutions pour s’adapter, ils réguleront leur population et auront une approche du monde radicalement différente de nous… » Tout notre travail, ici et ailleurs, devrait consister à leur donner les outils pour leur faciliter le travail. (Petit appel du pied à Paul, non déguisé !) Une approche bouddhiste pourrait aussi être un bon point de départ. Il faudrait aussi leur expliquer comment démanteler « proprement » une centrale nucléaire désaffectée… et ça, c’est au-delà de mes compétences ! 😉

      1. Totalement d’accord sur la menace.
        Ensuite: quelques uns survivraient…possible.
        Mais tous nous voulont survivre, moi aussi, mes enfants et petits enfants.
        Et en lisant François Chesnais, on comprend la racine du problème. Il écrit « Nous atteignons un point crucial dans l’histoire du monde, celui où le capitalisme atteint ses limites absolues. » On sait que rien n’est jamais joué, mais il indique la bataille à mener. Quel bonheur. C’est ici: http://wp.me/p5oNrG-u9N

      2. @ Charles dit : 9 janvier 2017 à 4 h 47 min

        « « Nous atteignons un point crucial dans l’histoire du monde, celui où le capitalisme atteint ses limites absolues. »

        Vous, tout comme François Chesnais, faites une très grave erreur. En effet, le capital, et le capitalisme qui est son exploitation tout comme le machinisme est l’exploitation des machines, sont ce qui permet au vivant de vivre et de survivre.
        Or, en prônant l’anticapitalisme, vous incitez à détruire le capital et oeuvrez donc à une accélération de l’extinction du vivant et en premier lieu de l’espèce humaine, la plus grande consommatrice d’énergie et de matières premières indispensables à son existence et à sa perpétuation.
        C’est la physique et la biophysique qui font évoluer le monde et l’amène vers son inexorable extinction.
        Elle interviendra lorsque le capital initial aura tellement été appauvri qu’il ne pourra plus subvenir aux besoins d’une espèce devenue trop nombreuse au regard de la capacité de charge supportable par l’espace qui la nourri.
        Pour survivre les humains sont condamnés, maintenant qu’ils ont atteint le maximum de ce que la planète peut supporter, compte tenu de l’accroissement de leur population mondiale et de son niveau de vie moyen, à travailler d’avantage tout en consommant moins.
        Les français qui ont inauguré un processus d’évolution inverse, visant à travailler moins (35h payées 39 et instauration d’une retraite perçue plus tôt alors que leur durée de vie s’accroissait) se sont eux-mêmes mis dans un régime d’extinction accélérée en entrant dans le chômage de masse auquel les soumettent ceux de leurs concurrents pour la survie qui acceptent de travailler plus, tout en consommant moins.

      3. Une approche boudhhiste? Tout est bon à prendre sans aucun doute, cette approche me séduit en effet… il y en d’autres sans doute… la « purification du temple » ne devrait-elle pas nous servir de modèle p.ex? Le temple étant l’habitat de l’homme et non autre chose…

      4. Pourquoi demanteler ? vu la baisse drastique de la population, il nous restera encore beaucoup d’espace ! il y a plus intéressant et utile à ré-apprendre !

    2. Pierre, votre scénario apporte déjà une partie de la solution: moins nombreux, nous consommerons moins, polluerons moins……..

    3. «  »Les survivants auront trouvés des solutions pour s’adapter, ils réguleront leur population et auront une approche du monde radicalement différente de nous… » »
      ********
      Mais non, mon ami!
      Les survivants n’auront pas trouvé une solution pour s’adapter. Ils auront survécu et ils devront tout réapprendre dans un nouveau contexte pour continuer de survivre.
      Il est surprenant que malgré les exemples d’effondrement (à petite échelle) qui nous entoure, la plupart ne puisse pas extrapoler le résultat à l’échelle de la planète.
      Quand on voit le résultat de l’éclatement du système social de l’Irak (destruction des institutions) en 2004 avec pourtant des destructions matérielles et humaines limitées, imaginer la même chose à grande échelle et avec plus de pertes n’est pas difficile.
      http://riverbendblog.blogspot.com/2003_08_01_archive.html

  2. C’est sûr qu’il est effectivement temps de se centrer, (enfin), sur l’essentiel.
    « L’espoir » nous propulsant artificiellement dans le futur mieux vaut lui préférer le temps présent. Ce qui est drôle est la réaction autour de la table…

    1. Yes!
      Faire ce qu’on a à faire, au moment où on doit le faire.
      Pas de spéculation, pas de plan sur la comète, faire un pas après l’autre…

  3. Intéressant.
    10 ans, vrai ou faux, cela n’a pas vraiment d’importance. Le message porté est plus intéressant quand il concerne le temps qu’il nous reste à vivre et la façon dont nous devons le vivre. J’aime bien sa réaction face au mot « espoir ».

    Pour ma part – bien que cela soit mon dernier dada et que je ramène tout à ça – je fais le lien direct avec le message porté et le fonctionnement de notre cerveau, la façon dont il se construit (hors les automatismes ou assimilés), dont il nous fait agir, voir ou refuser de voir.
    Sur ce domaine, il y a du boulot, l’amour de la sagesse nous sera bien utile. On en revient aux auteurs classiques, que je connais à peine ; Socrate, Aristote que je n’ai jamais lus et que je n’ai pas vraiment envie de lire. Dans le domaine de la pensée et plus, beaucoup de chose a déjà été dit, redit, repris au fil des siècles. De temps en temps, il y a des avancées conceptuelles, un regard décalé sur les choses qui nous permet de progresser cf Temple sur la réciprocité
    Mais j’en reviens toujours au même sujet, le logiciel qui nous pilote est plutôt « efficace » alors que son mécanisme de hiérarchisation est d’une simplicité déconcertante : ça me plait / ça me plait pas, ça me fait du bien / ça me fait mal. A partir de cette simple constatation, je ne vois pas pourquoi l’IA ne ferait pas mieux que nous à brève échéance.

    Je conclurais en donnant mon opinion : Il faut que nous améliorions « notre vivre ensemble », pour être capable de bien vivre ensemble dans un monde apaisé. La partie sera difficile quand on voit d’où on part, qu’on rappelle qu’il va falloir « jouer » avec des personnalités aussi différentes qu’un Donald Trump, un Mélenchon, une mère Thérèsa etc…

    Bon WE et bonne année Monsieur Jorion !

    1. Au cas où il  » nous » reste 10 ans,la question du « vivre
      ensemble » m’apparaît non seulement bien « courte »
      mais profondément perturbée.Non?

  4. Mais si en régime encore assez faible en termes de contraintes des millions de danois et de norvégiens ont eu une attitude collectivement responsable, c’est qu’il faut plus que nuancer : les grosses organisations sont empêtrées dans des injonctions contradictoires (« aidez le capitalisme à survivre »(*) et « sauvez la planète » )
    (*)(ça serait bon pour les droits de l’homme a-t-on dit)
    Mais ça ne dit rien de ce qui arrive aux tailles en-dessous. De même que l’anarchisme repose malgré tout sur l’empathie mais dans une version réduite aux connaissances immédiates, on peut envisager qu’en partant d’en haut, les organisations plus petites des strates inférieures résolvent assez vite les injonctions contradictoires, c’est ce que tend à montrer les cas scandinaves par exemple, ou la politique du Portugal de ne pas pénaliser l’usage des drogues.

    1. Mais c’est le deuxième automne sans eau en France, les stations d’hiver n’ouvriront pas faute d’eau dans les retenues qui doivent alimenter les canons à neige.

  5. Les pessimistes sont nombreux, de plus en plus: le capitalisme est malade voire agonisant, la démocratie fera place aux régimes autoritaires (Poutine, Trump……), le système social de la France est au bout du rouleau, l’Europe au début d’une invasion migratoire, et ainsi de suite.
    Bref, difficile de garder le moral.
    Mais il vrai que l’environnement se dégrade de plus en plus, il y a des changements importants et dynamiques au niveau de la vie maritime, tristement visible dans la région du Pacifique. En regardant les chiffres, on constate que la pollution (de l’atmonsphère) cela a commencé déjà vers 1955. La courbe montre bien une évolution ascendante et forte avec les années.
    Je suis d’accord avec McPherson sur un point: l’espoir n’est pas toujours bon conseiller. Il peut être utilisé par le milieu politique pour éviter des flèches, du style: demain il fera meilleur, il faut espérer, en nous faisant confiance. Alors que, au contraire, c’est la révolte qui pousse en avant, c’est elle qui peut provoquer des solutions concrètes. L’espoir seul est de nature passive.

  6. Un point que je ne comprends pas.
    Il est fait mention que l’anarchisme a 3 millions d’années d’expérience, mais que l’homme existe depuis 200.000 ans. Quid ?

    1. @ Groumpf
      Il n’y a rien à comprendre, ce type dit n’importe quoi, n’y connait rien en paléoanthropologie ni en paléoclimatologie.

      1. Pas si vite, Arkao. Sans vouloir signer des deux mains à ce que McPherson raconte là, je pense quand même avoir compris que ce qu’il veut dire, c’est que l’anarchisme est une forme d’organisation sociale à petite échelle qui fonctionnait déjà chez les australopithèques (Lucy, 3 millions d’années, donc, en gros), mais l’homme, l’homme tel que nous le représentons, c’est à dire nous-mêmes, c’est cro-magnon, et là on est à 200 000.

        Voir par exemple ici pour une ligne du temps :
        http://www.alex-bernardini.fr/evolution/evolution-homme.php

        Ne pas trop vite prendre le Gus (ou le Guy) pour un demeuré, merci.

      2. C’est clair, des multitudes de micro-sociétés aétatiques (i.e. « anarchistes ») en état de guerre permanent (Clastres), une bonne solution de régulation.

      3. @ Olivier Brouwer
        A vous d’aller un peu vite en présupposant une forme d’organisation sociale chez les australopithèques. Une étude sérieuse sur la question ?
        Je vous en propose une au sujet des sociétés non-étatiques (un grand classique):
        https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Clastres#La_soci.C3.A9t.C3.A9_contre_l.27.C3.89tat
        Je remets en lien l’excellent article de Timiota sur les dérives de la recherche scientifique dont ce gus semble être une bonne illustration.
        http://www.pauljorion.com/blog/2015/04/26/yoda-impatient-le-trou-de-ver-du-chercheur-mur-par-timiota/

    2. Je ne vois pas l’intérêt d’une position comme celle de McPherson. Je trouve même cela éminemment contreproductif. Sa position ne serait rationnelle que s’il avait la certitude soit que :
      a) l’espèce humaine est réellement condamnée à court terme : et ceci dans le but charitable d’inciter ses congénères à vivre leurs dernières années de la manière la plus heureuse possible ;
      OU
      b) que l’espèce humaine ne pourra se sauver que si elle est intimement convaincue qu’elle est condamnée à court terme (parmi d’autres conditions nécessaires éventuelles) même si cela est faux : et ceci dans le but de la sauver par ce mensonge.

      Comme on ne peut avoir aucun certitude à 100% sur a) ou b) en raison de l’impossibilité de connaître parfaitement le futur, et comme poursuivre b) pourrait avoir pour conséquence une inaction politique par confusion avec a) (croyant que la fin du monde est inéluctable, certains se résignent et profitent des derniers instants, et le sursaut espéré dans b) n’a pas lieu), j’estime que la stratégie de McPherson n’a aucun fondement rationnel.

      La seule posture rationnelle et éthique selon moi à défaut d’obtenir une certitude à 100% sur le futur est celle de gens comme Edgar Morin qui disent : le pire est probable et l’éviter très improbable, mais l’Histoire ayant montré que l’improbable pouvait survenir, il faut nous battre pour qu’il survienne !

      Et donc oui, informer sur les risques réels mais pas en niant l’incertitude en la transformant en certitude grotesque, et surtout pas en réfutant la possibilité (même improbable) que nous puissions nous en tirer.
      Il faut plutôt utiliser le catastrophisme éclairé de Jean-Pierre Dupuy (bien plus subtil et solide philosophiquement) et inspiré de l’heuristique de la peur de Hans Jonas.
      Cette logique philosophique est équivalente à toujours considérer le pire comme possible, voire probable (mais pas aller jusqu’à le considérer comme certain comme le fait irrationnellement McPherson).

      Fermer définitivement la porte à tout espoir, l’Histoire a démontré que cela n’aidait pas un groupe humain à traverser une épreuve mais que cela hâtait sa chute au contraire.

      Il n’y a aucun être humain vivant sur Terre qui connaisse avec certitude le futur. Ceux qui le prétendent perdent selon moi leur stature scientifique et intellectuelle.

      1. @ Cédric Chevalier
        J’ai l’impression bizarre que vous venez de faire, en creux, le portrait de Paul Jorion lui-même : « Je ne vois pas l’intérêt d’une position comme celle de (Paul Jorion). Je trouve même cela éminemment contreproductif. (…) j’estime que la stratégie de (Paul Jorion) n’a aucun fondement rationnel. (…) pas aller jusqu’à le considérer (le pire) comme certain comme le fait irrationnellement (Paul Jorion)) (…) Ceux qui le prétendent (connaître avec certitude le futur) perdent selon moi leur stature scientifique et intellectuelle. ».

        Me trompai-je ?

      2. L’intérêt que vous ne voyez pas est pourtant évident… vendre des bouquins.

        Il y a 50 ans, j’avais 17 ans, et avais rencontré un type (que j’ignorais être témoin de Jéhovah) qui m’avait démontré avec des extraits si troublants la capacité prédictives de la Bible que j’en étais arrivé à douter de mon rationalisme au point de me demander si la fin du monde qu’il m’annonçait pour l’année d’après n’était pas bel et bien dans les tuyaux. A tel point que rentré chez moi, je m’en suis ouvert à mon père. Qui m’a répondu : quand j’avais ton âge j’ai vécu la même chose et je suis allé voir mon père. Qui m’a repondu : quand j’avais ton âge…

        Je certifie cette anecdote authentique.

    3. Je me suis fait la même réflexion et est essayé d’y creuser partiellement des voix ouvrant un vaste champ de questions posées par la distinction que fait Guy McPherson entre les 3 millions d’années d’existences de « l’anarchisme » (qui doit être interprété dans toutes les évolutions qu’à connu notre espèce : de l’homo érectus, aux autres stades) tel qu’il le conçoit (ayant fait ses preuves selon une interprétation individuelle… personnelle, mais alors à voir comme sens d’un niveau collectif, ce que l’auteur en comprend au bord du gouffre dans lequel il entrevoit notre notre fin), et les 200 000 ans du dernier stade qu’à connu notre espèce, celui d’Homo Sapiens…

      Une première interrogation m’apparaît fortement et me fait me et nous demander si un un autre stade de notre évolution que celui d’homo sapiens (sédentarisation, explosion démographique combinée à la croissance des progrès technologique, etc, guerres, etc) nous aurait conduit au même résultat catastrophique… pour nous (et quelques autres espèces que nous avons exterminé) et non plus la planète au sens de berceau de la vie dans toute sa multitude et diversité comme complexité… ?

    1. Bien vu, jolie trouvaille, après la lecture de ce texte de Michael Tobis, il n’y a plus grand chose à rajouter au sujet de Guy McPherson. La démonstration est achevée, la démolition de McPherson complète.

      Son message « plus rien à faire, extinction humaine d’ici dix ans » est de la pseudoscience, parce que même s’il accumule les références aux études scientifiques, il ne sait pas les utiliser, ne comprend même pas comment fonctionne la plus simple des boucles de rétroaction, et masque la faiblesse scientifique de son message avec une bonne grosse dose de complotisme paranoïaque – les experts du climat mentent, voyez-vous, car ils ne veulent pas vous effrayer.

      « Next » !

  7. Morphogénèse, spiritualité, interdépendances émergentes … reprise des échanges précédents reliés à celui-ci ( nouvelle forme de développement de notre humanité)
    Joël de Rosnay nous emmène dans un fascinant voyage à la découverte des codes cachés de la nature et de cette mystérieuse force organisatrice qui régit notre univers.
    De la suite de Fibonacci au nombre d’or, en passant par la découverte de la morphogénèse d’Alan Turing aux fractales de Benoit Mandelbrot, l’auteur à succès de Surfer la vie et du Macroscope explore le monde microscopique ou la vie macroscopique pour faire partager son émerveillement… Mais également les différents codes qui régissent l’organisation et l’évolution des sociétés humaines. Avec une question : ne serions-nous pas à l’aube d’une nouvelle forme de développement de notre humanité ?

    « Arrivé à un stade de ma vie et de mon expérience qui m’engage à prendre un certain recul, je voudrais témoigner dans ce livre d’un certain sentiment de spiritualité, qui a émergé de mes recherches pour comprendre l’ordre caché des choses et le sens secret de la nature. Ce sentiment est né d’un émerveillement et d’une révélation sur la simplicité des codes naturels qui conduisent au jaillissement, dans l’espace et dans le temps, de formes d’une extrême diversité et d’une grande beauté. Une morphogenèse qui a passionné des penseurs comme Pythagore, Benoit Mandelbrot ou Alan Turing, et qui se poursuit par le travail et l’œuvre des hommes. Ce travail est désormais mis en cause par les extensions du corps et du cerveau humains que représentent l’intelligence artificielle et les robots. Aujourd’hui, il devient plus difficile de prédire les évolutions exponentielles auxquelles nous sommes confrontés dans les domaines scientifique, technologique, économique et politique. Mon message vise à alerter les prospectivistes, les politiques, les économistes, les scientifiques, non seulement sur la vitesse de ces évolutions, mais surtout sur les interdépendances émergentes entre intelligence artificielle, robotique, travail humain et modifications de l’« ADN » d’Internet. Mal comprises, ces évolutions peuvent engendrer des mouvements tels que le transhumanisme. Mieux intégrées à nos réflexions, elles peuvent en revanche mener à une nouvelle étape de l’évolution de l’humanité.. »

    1. Preuve par de Rosnay qu’au moins sur un point – et pour qui en doutait encore – Christopher Lasch avait raison. Un narcissique mystique du Grand Tout est bien de la même eau que le narcissique technophile pousse-bouton de la Toute Puissance.

      1. à Vigneron
        Après la blague sur la « bagnole »,nous voilà orientés vers
        le sociologue US Christopher Lasch.Décidément,vous ne
        savez pas vous arrêter.Soyez « zen » enfin,et ne jouez pas
        au plus malin.Cela sert-il à quelque chose? Evitez
        surtout les sous entendus plus ou moins confus.Merci!

      2. Vigneron qui passe son temps à Googler les commentaires qu’il ne maîtrise pas pour donner son avis. Qui n’a pas actualisé ses connaissances depuis le siècle passé sur bien des sujets mais ne peut s’empêcher de dire ce qu’il en pense et au passage, démolir les auteurs qu’il n’a pas lus et leur pensée qu’il ne comprend pas.
        Un petit séjour d’initiation au Yi-King vous serait plus profitable que de fanfaronner à tort et à travers. C’est très subtil et cela demande de mettre son ego en veille et oser enlever ses oeillères et ses gros sabots pour affronter le réel.

    2. Christopher Lasch n’est sans doute pas un imbécile complet. Il lui sera beaucoup pardonné pour cette formule moins connue relative à notre époque:
      la sécession des élites.

    3. Ça donne plus envie. Dommage qu’il n’alerte pas sur le plus grand et proche danger pour l’espèce : la prédation de l’homme par l’homme qui a abouti à un tel gap entre dominés et dominants que ceux-ci ne devront leur survie qu’au recours aux technologies désormais capable d’automatiser le contrôle irréversible de tous par quelques uns.

  8. 10 ans ou plus …
    L homme à fait une invention capitale à ces débuts, le feu. Depuis il est obsédé par celle-ci. Il brûle tout d abord le bois, le charbon, le gaz et finalement le pétrole.
    Peut être que ce feu ne fut pas si bien contrôlé. Et que ce n était pas une si bonne idée en définitive.
    10 ans cela va être court pour guérir notre fascination des flammes.

  9. Bob Dylan 2014, Things have changed, Superbowl, Chrysler… You can’t import Original, Detroit made cars and cars made America, let Germany brew your beer, let Switzerland make your watch, let Asia assemble your phone, we will build your car.
    Things have changed.
    https://youtu.be/QNlTM4HBnHQ

    1. C’est un montage audiovisuel ?

      Je demande que Bob Dylan fasse de la pub pour Renault – Dacia – RSM – Lada – Nissan – Mitsubishi, Alpine, la Kwid.

      Renault builds your car everywhere in the world and some in France

  10. Juste un témoignage à ma – très petite – échelle.

    Il y a près de dix ans, je suis allé passer une semaine en bateau en Turquie, au départ d’Antalya (oui, je sais, je sais). C’était au mois d’août. Durant toute cette semaine, passée à peu près complètement en plein air ou dans l’eau, je n’ai vu ni un oiseau (je suis ornithologue, amateur certes, mais averti), ni un poisson, ni un mammifère autre qu’humain. Rien. La désolation totale. Pas même un pauvre goéland, c’est dire. Fonds marins vides, ciel vide, arbres vides.

    1. Io vedo molti meno uccellini, dove vivo, vicino al bosco, da 2016 a 2017 🙁
      Je vois beaucoup moins d’oiseaux, où je vis, près de la forêt, 2016-2017 🙁

  11. En effet je ne comprends pas non plus sa motivation à clamer qu’il ne nous reste que dix ans. Cela mis à part, je pars du principe qu’aucun scientifique ne peut avoir la prétention de tout comprendre, ni dans un sens ni dans l’autre. La science s’est déjà trompée à de maintes reprises. Par conséquent ce qu’il annonce me semble hélas tout à fait possible, mais j’émets le faible espoir que ce soit peu probable.
    Je pense que ce qui choque dans son discours est le fait qu’il ne propose aucune solution. Qu’il n’y ait « rien » à faire ne fait pas partie de notre patrimoine génétique. Certes, nous sommes loin d’avoir trouvé une solution à tous les problèmes, et lorsque nous trouvons une solution, nous créons le plus souvent un nouveau problème. Mais là, même le journaliste reste sans voix à la fin de l’interview.
    Dix ans ça va aussi être un peu juste pour démanteler les 438 réacteurs nucléaires dans le monde et empêcher un des scénarios « Homo disparitus » d’Alan Weisman de se réaliser…
    Et pour terminer, je ne vois pas pourquoi un feedback ne pourrait pas être multiplicatif 😉

    1. Ben, formellement, si c’est multiplicatif alors la combinaison d’un feedback négatif et d’un feedback positif sera toujours négatif… (points de suspension dits « type McPherson »)
      Ça tient pas la route.
      Problématique non ?

    2. Quand elle est positive la rétroaction (feedback in english) amplifie les écarts avec l’état stable.

      Exemple:

      – rétroaction A: le CO² augmente la température et la température augmente le CO²
      – rétroaction B: le méthane augmente la température et la température augmente le méthane (rétroaction positive)

      Pour que la rétroaction A ait un effet multiplicatif sur la rétroaction B il faudrait qu’elle agisse directement sur le mécanisme de cette rétroaction B. Ça peut exister mais ça n’est pas le cas pour le CO² et le méthane. Bien entendu les deux augmentations de température s’ajoutent et c’est la température résultante qui est prise en compte pour calculer chacune des deux rétroactions.

      Un rétroaction négative diminue les écarts avec l’état stable. Par exemple quand l’élévation de température fait que la végétation plus abondante transforme plus de CO² en carbone et oxygène.

      McPherson a commis une erreur de vocabulaire mathématique en parlant de multiplication…

      1. « McPherson a commis une erreur de vocabulaire mathématique en parlant de multiplication… »

        De plus, il y a une petite différence entre le concept exprimé (avec des mots approximatifs) et la réalité des phénomènes.

        En poursuivant votre exemple (rétroactions positive/négative), nous pouvons considérer par analogie directe, la différence de comportement des amplificateurs opérationnels (dont le principe de stabilisation repose sur son amplificateur d’erreurs et sa boucle de rétroaction négative). En particulier, considérer l’écart minime !!! qui existe entre l’ampli OP idéal, parfait, et les composants réels.
        Quelqu’un saurait dire combien d’amplificateurs réels sont proposés (vive la diversité !) aux concepteurs, alors qu’un seul, idéal, suffirait ?

    3. Un meilleur exemple de rétroaction positive: s’il fait plus chaud la neige recouvre le sol moins longtemps et quand le sol n’est pas couvert de neige il se réchauffe plus (le sol sombre absorbe plus la chaleur du soleil que la neige qui la renvoie vers l’espace.)

    4. Entre 7 ans et demi et 15 ans ?

      La vitesse du réchauffement dépend (et dépend seulement) de la différence entre l’énergie que la terre reçoit du soleil (qui varie) et l’énergie que la terre renvoie vers l’espace (qui diminue à cause de l’effet de serre, lequel est de plus en fort pour des raisons connues depuis longtemps.)

      Les mesures (par satellites), qui sont malheureusement entachées d’une forte imprécision, conduisent à une fourchette allant de 0.43 W/m² à 0.77 W/m². La vitesse actuelle de l’indiscutable réchauffement constaté est donc très très mal connue puisque ces estimations vont du simple au double !

      https://en.wikipedia.org/wiki/Earth%27s_energy_budget

      Note: dans la version française Le bilan radiatif de la Terre je n’ai rien trouvé sur l’imprécision de ces mesures.

  12. L’interview est au raz des pâquerettes, mais je vois mal comment McPherson pourrait trouver une tribune de meilleure qualité pour placer ses discours. Un illuminé parmi un paquet d’autres illuminés, sauf qu’il tord les faits dans le sens de l’apocalypse, ce qui est moins courant que l’inverse mais tout aussi spécieux.

    Ses affirmations sur la non prise en compte des boucles de rétroaction et en particulier du méthane, non content d’être insultantes pour la communauté scientifique, sont parfaitement gratuites. Elles reposent sur une collection de détails glanés n’importe où (quelques lignes de papiers scientifiques soigneusement détournées mélangées à des interviews people), extrapolés n’importe comment et tordus dans tous les sens pour nourrir des conclusions pré-établies.

    Bien sûr que le méthane est pris en compte dans les modèles climatiques, et il y a consensus sur le danger de la fonte du permafrost depuis bien longtemps. Simplement, dans l’état des connaissances, ce n’est pas pour dans 10 ans. Ça nous pend au nez à l’échelle du siècle et on peut fortement douter de notre capacité à inverser la tendance à temps, mais aller raconter qu’on a moins de 10 ans à vivre c’est de la pensée magique, dans la catégorie glauque.

    C’est amusant cinq minutes mais ça ne tient pas plus la route que du Jean Pierre Petit, à mon avis. Des scientifiques obscurs sur le retour qui abusent de leur statut pour en faire un argument d’autorité, des gourous à la petite semaine qui finissent par glaner assez de fans pour qu’une télé de seconde zone en fasse un divertissement de 5 minutes une fois de temps en temps.

    Des types comme ça ne rendent pas service aux causes qu’ils semblent vouloir défendre. Il vaut mieux prendre cette interview comme une gentille caricature de ce qui se dit parfois sur ce blog. J’espère que c’est bien dans ce sens qu’elle a été postée.

    1. « Des scientifiques obscurs sur le retour qui abusent de leur statut pour en faire un argument d’autorité, des gourous à la petite semaine qui finissent par glaner assez de fans  »
      « c’est de la pensée magique, dans la catégorie glauque. »

      Voire complaisamment sordide .
      Tout est dit !

    2. 10 ans ça frappe les esprits, 100 ans tout le monde s’en fout: on sera mort. Mais pour l’avenir à court terme de l’humanité, ça change quoi ???

    3. « …mais ça ne tient pas plus la route que du Jean Pierre Petit, à mon avis.

      Pierre, pouvez-vous nous indiquer ce qui vous gêne chez Jean Pierre Petit ? Peut-être le fait qu’il ne considère pas l’énergie nucléaire comme « propre », mais plutôt que c’est un cadeau empoisonné pour les survivants, bien pire que la dette ?

      1. S’il ne nous restait que dix ans alors le nucléaire aurait augmenté notre espérance de vie actuelle de plus de 40% (trois années d’émissions de CO2 économisées depuis le premier réacteur). Autrement dit, dans sept ans c’est au nucléaire que McPherson devrait d’être encore en vie, pas à ses rutabagas en permaculture.

  13. Nous fonctionnons grâce aux promesses de don de la planète. Ces promesses se transforment de plus en plus en promesses douteuses.

    Le taux de défaut devrait augmenter, renchérissant le prix de tout. La crise approche ! Mais qui peut dire précisément si c’est dans 10 ans, 20 ans. Ma petite boule dit, 100 ans, et je ne suis pourtant pas ma boule.

    La seule promesse non douteuse qu’on peut vous faire : bon sauna à tous dans un avenir certain. Au plus tard rendez-vous avec notre géante rouge dans quelques milliards d’année (<4).

  14. Beaucoup de pessimisme et pas vraiment de preuves convaincantes. Bref, tout le contraire de ce que l’on a besoin.

  15. Bonjour,
    Pendant que nous avons les yeux fixés sur la fonte (ou pas) des glaces, nous ne parlons pas de l’essentiel.
    C’est le « système économique » actuel qui est à faire fondre.
    En le dépassant.
    C’est-à-dire : favoriser les sciences pour la robotisation du travail et, ainsi, la fin de l’argent.
    Et, avant tout, apprendre la fraternité, que la D. U. D. H. soit enseignée dans toutes les écoles du Monde.

  16. Peut être exagére t il un peu pour faire peur ?
    Toujours est il que les phénomènes climatiques mettent en oeuvre de telles énergies, des inertie colossales sans parler les interactions entre phénomènes, il y a de quoi être inquiet. Les forces libérées se sont mises en route il y a des dizaines d’années et poursuivront leur évolution jusqu’au terme d’un nouvel équilibre. L’humanité qui a mis en branle tout ca est totalement impuissante dans l’affaire.
    Je ne crois pas à une extinction aussi brusque que décrite dans l’article. Mais notre capacité à nous accorder au niveau planétaire en tant qu’espèce est quasi inexistante, le délai est quelques dizaines d’années (siÄ—cle ?) ce qui ne change pas grand chose vu la prise conscience collective proche de nulle.
    Donc le plus probable est que l’espÄ—ce, va utiliser ses vieux réflexes: ce qui pris n’est plus à prendre, après moi le déluge, trier ceux qui pourront survivre encore….
    A part ça, bonne année.

    1. Salut Arkao : sur la « collapsologie », n’hésite pas à écouter ça : tu connaissais sans doute, les gars sont sérieux (certains te diront : oil man, pfeu…), le discours est instruit, documenté, intelligent et nuancé. Ils avancent quant à eux l’hypothèse d’une rupture de trajectoire « autour » de 2030 (épuisement des matières premières nécessaires à la production agro-industrielle, rendement toujours décroissant des extractions pétrolière ou aventure du retour au charbon), et réfute aussi de manière convaincante tous les colifichets de la croissance verte (la substitution énergétique, la verdisation complète des énergies etc). MP Nogaret avait écrit un méchant billets contre eux, je sais toujours pas pourquoi… En passant : Malaurie était récemment sur culture, il tient (2° partie de l’émission) un discours étrange sur les problème à venir (semble pas considérer l’activité humaine ou la tient pour cosmiquement négligeable). Il parie toujours sur ses chers Inuks, sur le conatus des peuples du nord, enfants de la nature et de l’umma -la vitalité de la vie, la nature naturante.

  17. Bonjour à tou-te-s et Bonne année !

    « Dédicace Vœux d’Ariane Mnouchkine »
    …inspirée par ses vœux pour 2014***

    Ses vœux valaient pour l’année 7
    Et valent encore aujourd’hui
    A l’aube de 2017
    Comme année 1 nouvelle qui luit !

    Des objets plombants sont passés
    Et la jeune génération
    Fera tout pour se surpasser…
    Condition de l’évolution !

    Il est déjà trop tard pour fuir
    Tant l’inertie devient trop grande
    L’énergie veut ré-introduire
    L’humain avant qu’on ne le vende !

    Retour à la bifurcation
    De l’Humaine Fraternité
    Entre Hommes et Femmes sans condition
    Pour garantir l’Egalité !

    Le chemin vers la Liberté
    Ouvre le temps et les espaces
    Afin que la sérénité
    S’y déploie et montre sa grâce !

    En cette année de changement
    Que voulons-nous voir s’épanouir
    Aux confins de cheminements
    Dont chacun pourra se ré-jouir ?

    Une place pour Mère Nature
    Prête à vivre des jours meilleurs
    Au cours desquels Dame Culture
    Se soucie d’ici et d’ailleurs !

    Les familiers de la sagesse
    Et du bon sens mis en pratique
    Visent aujourd’hui cette prouesse
    De bien commun œcuménique !

    C’est à l’école du vivre ensemble
    Qu’il est essentiel de s’inscrire
    C’est à chacun quand bon lui semble
    D’oser sans peur de contredire !

    La société de création
    Digne de notre humanité
    Fait résonner la vocation
    De l’être en pleine vitalité !

    Signature : luami
    « Un médiateur d’ l’innovation
    Qui allie raison et passion
    Pour mieux vivre le temps restant
    Et en partager les instants ! »

    *** Les voeux d’Ariane Mnouchkine pour 2014 re-circulent
    http://www.thierry-niang.fr/Voeux-d-epopee-d-Ariane-Mnouchkine

    Bon voyage dans la Vie !
    http://luami.viabloga.com

  18. Logiquement, ceux qui sont peu ou prou convaincus par la thèse de Guy McPherson seraient bien idiots de venir commenter ici. Leur espérance de vie bien courte doit les inciter à l’utiliser (à en profiter) au mieux…

  19. Les années à venir auront le mérite de nous sortir de notre zone de confort en tout cas, ou sommes-nous cette grenouille dans l’eau qui chauffe doucement jusqu’à ébullition ?

    Éteindre la lumière certes mais surtout bien penser à éteindre les centrales nucléaires.

  20. Comme quoi ne pas faire d’enfant nuit à la santé mentale et vous fait voir le monde plus noir que ce qu’il est !

  21. L’été dernier je suis allé en vacances en Bretagne en voiture, je n’ai pas du essuyer mon pare brise. Il n’y avait que quelques impacts d’insectes.
    Début des années 70 après environ 50 km nous étions obliger de l’essuyer. Dès lors on peut dire qu’il y effectivement effondrement des insectes.
    Il y a deux ans, au potager collectif j’ai réalisé un couvert sur l’ancienne parcelle du grand tunnel, je n’avais jamais vu autant d’insectes au m2 et d’une grande diversité. Il faut dire que la diversité végétale était elle aussi importante, il y avait des possibilités pour beaucoup d’espèces d’insectes. Dans le même temps, j’ai du réagir aux commentaires d’autres jardiniers qui me disaient que je laissais aller la parcelle et que ce n’était pas acceptable. Bon, faut savoir ce qu’on veut!
    Je suis certain que si nous allons dans le bon sens, nous pouvons reconstruire assez rapidement un équilibre écologique suffisant.

    Dites Monsieur, c’est par où le bon sens?
    J’en sais rien, faut le construire.

    A ma yeux, il y a 4 problèmes importants auxquels nous devrons faire face.
    L’urbanisation, la déforestation, le labour, le massacre des grands troupeaux d’herbivores dans les savanes qui sans eux se désertifient. Solutionner tous ces problèmes en même temps peut résoudre les problèmes de l’humanité ainsi que le dérèglement climatique.
    Dans le même temps il faudra transformer le rente financière de la propriété privée tout en en développant l’usage vers plus de sobriété.
    En ce concerne le billet, je n’ai pas d’avis chacun pense ce qu’il veut.
    Ce qui est important c’est l’action et tenir compte de ses conséquences.

    1. @Michel Lambotte
      Si la question du nombre d’insectes vous préoccupe, vous pouvez participer aux enquêtes coordonnées par le Muséum d’Histoire naturelle et l’Opie:
      http://www.spipoll.org/le-spipoll/pr-sentation
      http://www.insectes.org/opie/monde-des-insectes.html
      Constat personnel, rien de mieux que le lierre pour augmenter la biodiversité de son jardin et offrir un dernier festin aux insectes avant l’hiver:
      http://www.promonature.com/lierre-plante-floraison-hiver-liane-epiphyte-grimpante-sacree-celte.html

    2. Nous avons 10 ans pour bâtir, implanter, rendre opérationnel et pleinement efficace un système économique qui fera en sorte de diminuer de façon drastique notre empreinte écologique.
      Cependant c’est de l’intérieur que les changements doivent se faire, nous devons concevoir et accepter de diminuer le total des activités humaines tout en conservant une honnête qualité de vie pour tous.
      Nous ne devons plus accepter que le système financier/bancaire consomme 50% des ressources via l’endettement/usure et la spéculation, appuyer dans ce scénario par des stratégies comme l’obsolescence programmée.
      Comment ?
      L’État doit reprendre le contrôle de la monnaie, éliminer les dettes, exercer une gestion des ressources pour en assurer la pérennité.
      Il est également urgent de stopper toutes les activités inutiles.
      Exemple : En 2016, 3.7 milliards de personnes ont voyagé par avion, plus de 95% sont des touristes, pour le système actuel c’est économiquement essentiel, avions, routes, aéroports, hôtels, personnels, publicité, etc., et à quel prix pour une finalité pratiquement nulle soit d’aller voir ailleurs si j’y suis…Nous devons accepter que cela soit arrêter…
      Nous devons également accepter de maintenir le système de communication performant que nous possédons déjà, de le stabiliser pour tous, mais aussi d’assumer que nous n’avons pas besoin de 5 ou 6 appareils par individus et que l’appareil que nous possédons puisse durer toute une vie et transférable à une autre génération.
      Même chose pour la voiture où elle sera nécessaire, comprendre interdite dans les grandes villes.
      Ramener une économie de proximité, à l’échelle du territoire, comprendre qu’un territoire donné est en mesure de nourrir sa population, à part l’Homme aucun autre être vivant n’importe sa nourriture d’un autre continent ….. et pratiquement n’importe quel territoire répond à cette réalité exemple : Les Eskimos ou les tributs Amazoniennes, bien entendu avant que la «civilisation» les rattrapent.
      Il y a plusieurs autres secteurs qui pourraient faire partis de ce scénario, le militaro-industrielle, les sports et arts professionnel, la mode vestimentaires, ect.
      Et aucune nouvelle technologie n’est nécessaire, seulement une prise de conscience que nous sommes esclave d’un système ….

      1. Et si on commençait par réduire drastiquement l’activité de reproduction ?

        De toute manière, compter sur nos descendants pour assurer nos retraites n’est plus qu’une illusion ou une fuite en avant vers le précipice.

    3. Chez moi, il y a 3 ou 4 ans, je devais avoir plus d’une centaine de coccinelles au mètre-carré (sans exagérer) sur une surface totale de 4000. Puis, il y a 2 ans, c’était l’invasion de libellules, insecte très sensible à la pollution et que je n’avais vu depuis au moins 10 ans. Donc, je confirme votre observation, en plus de la présence régulière de serpents et autres, ce qui à mon avis est plutôt bon signe. Et je suis curieux de voir si le prochain printemps va ramener d’autres espèces fragiles.

      1. Plutôt petites et jaunes à points noirs les coccs ? Vers la fin octobre ?
        Si oui alors raté, espèce invasive asiat introduite pour la lutte bio y’a 30 ans. Cela dit on voit encore les bonnes vieilles rouges bien catholiques à sept points noirs, menfin dans mes vignes en tout cas, ailleurs j’m’en tape, comme dit Epictète.

  22. Quand on voit la difficulté à concrétiser un tournant « environnementaliste » nécessitant de revoir le système de production et d’échanges, la courbe de détérioration de Dame nature et celle des réparations annoncent un sérieux et évident déséquilibre.
    De plus, les actions de sensibilisation se heurtent à des freins assez considérables, à tous les niveaux.
    La question du temps imparti pour opérer une transformation est celle que l’on posait déjà il y a quarante ans. C’est là que chacun calcule son propre temps de vie et les difficultés attendues en matières d’énergie, de ressources, de dégradations… Avec un peu de chance, le regard sur les jeunes, nos enfants éveillent, à minima, une petite inquiétude en faveur d’une prise de conscience. Quant à agir au niveau politique…
    Le sentiment d’impuissance n’est pas à écarter.

    Les grands mots qui consistent à crier après tout loup de mauvaise augure, ces insatiables pessimistes, ces malades mentaux, ces tristes mages si drôles néanmoins, ces anti raisonnables, anti scientifiques,…, ne changent pas le fait que nous n’avançons guère.
    Le sentiment d’impuissance face à l’augmentation des problèmes n’empêche en rien d’agir d’ailleurs, mais l’agir doit trouver une forme plus efficace peut-être, sans doute.
    L’horizon, vrai ou faux, à dix ans, cible les hommes d’aujourd’hui et l’instant présent. Et je ne vois pas en quoi, cette possibilité-là étoufferait toute volonté d’agir, à moins d’être vraiment très très pessimiste, encore plus que les oiseaux de mauvaise augure.

    1. @Armelle
      « La question du temps imparti…

      Je vois une percussion entre le temps court qui se présente et le temps très long nécessaire au traitement des déchets nucléaires.

      J’ai du mal à comprendre, et c’est un euphémisme, comment les particules fines et/ou le CO2 parviennent à nous embrumer au point de considérer le nucléaire comme « propre ».
      A moins de considérer que notre génération est une des toutes dernières, auquel cas le nucléaire ne devient qu’un risque minime, mais dans cette hypothèse plus rien ne pose problème et il n’y a pas lieu de se fatiguer, mais plutôt de « jouir » au maximum,… notre attitude sur cette question de l’énergie est tout bonnement criminelle.
      En gros, nous nous donnons le choix entre suicides et euthanasies, rendus confortables par le déni 🙁

      Pourtant, la décroissance consumériste n’interdit pas la croissance de la qualité de la vie, individuelle comme collective.

  23. Le problème n’est pas d’avoir une opinion sans se référer à un savoir. Si ce qui vous importe est votre opinion, rentrez directement en religion ou vous pourrez croire plutôt qu savoir. Si dans votre système de valeur vous ne savez même pas par votre savoir juger de qui sait pour vous y référer et que vous vous référer seulement à ce que votre parent, ami, voire journaliste télé vous dit plutôt que d’arriver à voir qui a réellement une analyse juste on ira pas loin. Quand aujourd’hui on considère que le savoir (wikipedia) n’est qu’une compilation de choses sur un sujet sans que cela ne fasse référence à une réalité en effet il y a un problème. Si votre opinion n’est jamais confronté à la réalité en ne regardant même pas la couleur du ciel jaune brunâtre à Paris qui est un fait en étant convaincu qu’il fait beau parce que la météo vous l’a dit à la télé alors…

    1. @JB Auxietre

      Se référer à un savoir mais quel savoir quand le sujet est complexe. Avancer une opinion n’est finalement qu’une forme de modestie par rapport à une situation dont on ne fera jamais le tour.
      On peut aussi parler d’intuition, mais c’est la même chose.
      Pour voir les choses positivement, cela peut s’interpréter comme une porte ouverte à la contradiction positive et bienveillante.

  24. Bonjour!

    Je mets ce McPherson dans le sas d’observation, et je vais prendre un peu de temps et sans me prendre la tête.

    Cependant, je me dis que de grands changements vont parfois très très vite. Dix ou vingt ans avant l’accident planétaire, voire une semaine avant, comme pour la chute du mur de Berlin, la plupart des humains, y compris très instruits, continueront à danser sur le pont.

    On pourrait facilement psychologiser McPherson: il émet des considérations qui lui donnent raison de n’avoir pas eu d’enfants, par exemple.
    Apparemment il fait grande cas des évolutions exponentielles. Les collapsologues Servigne et Stevens, au début de leur bouquin Comment tout peut s’effondrer. Petit manuel de collapsologie à l’usage des générations présentes, donnent d’intéressants graphiques et pistes de réflexion sur ce que peut signifier une exponentielle, notion en fait assez peu intuitive pour la plupart d’entre nous.

    Et j’aime assez ce que dit McPherson des spécialistes. C’est tout à fait ce qui se passe dans l’incroyable article de Cédric Maes sur ce blog (http://www.pauljorion.com/blog/2017/01/06/syrie-pour-en-finir-avec-cette-histoire-de-gazoducs-par-cedric-mas/ ), qui prétend démontrer, sous une pluie de détails et de citations, de préférence en anglais, que la guerre mondiale des grandes puissances industrielles pour le partage des ressources n’a rien à voir dans la situation en Syrie!
    Il ne manque en effet pas de jardinets syriens où ne passe aucun gazoduc, et où le sol ne contient ni pétrole ni richesse.

    1. Cédric Mas (…) qui prétend démontrer, sous une pluie de détails et de citations, de préférence en anglais, que la guerre mondiale des grandes puissances industrielles pour le partage des ressources n’a rien à voir dans la situation en Syrie!

      Manque pas d’air le gazier Leboutte !
      Tu pourrais le lire Mas avant de t’aligner précipitamment sur la ligne des tweets hyper nuancés méluchiens.

      Les enjeux et choix énergétiques, l’accès aux ressources pétrolières rares sont évidemment des éléments essentiels de compréhension des évènements géopolitiques et historiques.
      Il n’est bien évidemment pas question de le nier ici.

    2. A Guy Leboutte
      Je plussoie votre critique de l’article de Cédric Maes. Celui-ci ne démontrait rien, dans la mesure où il ne prenait en compte les arguments adverses que pour en nier globalement leur part de vérité. Je comprends mal que Paul Jorion l’ait publié sur son blog.

      1. Depuis le début, j’affirme que la candidature de #Monsieur Mélenchon n’est pas une candidature politique mais une candidature géostratégique dans l’intérêt de #Putin, #Gazprom, #Rosneft, #Total et #Bachar.

        Ugh !

    3. @ Guy Leboutte. J’approuve.
      Le bon, l’habituellement bon Cédric Mas n’a rien prouvé.
      Y’a un blog conspirationniste et pro-Poutine qui en parle beaucoup , et avec beaucoup de détails. Je préfère ses arguments reposant sur des informations nettement plus complexes et vérifiables.
      Comme si l’accès aux ressources et à l’énergie n’était pas un obsession des USA, pendant toute la guerre, mais aussi avant et bien sûr après. Pour avoir une idée, feuilleter les mémoires du Secrétaire à la Navy de cette période, le très capable James Forrestal.
      Il va jusqu’à dire que l’accord du Quincy ne concernait pas le pétrole de la Monarchie, mais que le Roi s’était répandu sur ses craintes et préventions relatives à un établissement juif en Palestine, qu’il voyait venir. Je crois me souvenir que le Souverain avait agité un exemplaire du protocole des sages de Sion comme confirmation de ses craintes (on sait que ce torchon, tout juste bon à caler une meuble bancal est un faux anti-sémite). Et on suppute que le Président a fourni toutes les assurances au Souverain soucieux de la Oumma… de là à deviner une transaction, y’a gros. Passe que c’était déja fait, par l’éjection des Brits dans les années 1930…
      Le blog: chercher Observatus Geographicus.

      Un ancien du SDECE, visiblement très ancien et quelque peu artilleur fatigué en parle aussi et lui aussi n’est pas d’accord. La guerre en Syrie fleure bon le gaz…
      http://hervelebideau.canalblog.com/
      Problème: par déformation professionnelle, il apparaît farouchement anti-soviétique et légèrement conspirationniste. Il préconise de trahir l’OTAN dès la premier coup de canon, pas avant. Il trouve Marine très bien et l’autre de droite fréquentable. La vieillesse des hommes, ça va pas mieux que celle des bateaux. Mais bon, comme le premier, faut savoir distinguer une affirmation de celui qui la tient. Même un idiot fini de droite a raison quand il dit que le théorie de Newton est incomplète.

  25. C’est rigolo, mais c’est exactement ce que je pense : il est trop tard pour faire quoi que ce soit à l’échelle mondiale qui puisse modifier l’effondrement. Les seules choses à faire sont à l’échelle individuelle pour se sentir mieux.
    Ensuite?
    Laissons faire l’anarchie/nos gènes/ notre instinct de survie/les divinités responsables du Grand Tout/le hasard/la chance, en fin bref, rien à foutre*… et peut être que les quelques dizaines de milliers(?) d’humains restant sur la planète auront la chance d’avoir à relancer l’espèce dans 100-150 ans… 🙂 En étant optimiste 🙂

    * Dans le plus pur esprit du stoïcisme : Occupe toi uniquement des choses qui dépendent de toi.

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