Intérêt individuel / intérêt collectif dans la gestion des stocks, par Salvator Dedaj

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

J’ai travaillé plusieurs années en tant qu’intérimaire (eh oui, on contourne régulièrement les lois sur l’intérim) au service approvisionnements d’une usine de moteurs.

Comme dans beaucoup d’entreprises, les différents directeurs ont des objectifs à atteindre, avec primes à la clé, et en ce qui concerne l’usine en question, les objectifs principaux étaient qu’elle ne soit jamais arrêtée pour cause de rupture de stock, et que le stock de pièces soit de plus en plus faible. L’objectif ultime serait d’avoir un stock de pièces pour 4 heures de production, mais nous en étions encore loin.

Or, chaque fois qu’un imprévu arrivait (retard ou erreur du fournisseur, accident de la route, erreur de stock…), on mettait tout en œuvre afin que notre usine continue de fonctionner quel qu’en soit le coût. Il faut savoir aussi que les fournisseurs se trouvent un peu partout dans le monde, donc il n’était pas question (ou rarement) de prendre sa voiture pour aller chercher ce qui manquait. Comme il s’agissait d’organes complexes, il y avait chaque jour des interventions urgentes à faire, ce qui faisait exploser le coût du transport, mais on respectait le niveau du stock, et l’usine continuait (la plupart du temps) à tourner.

Le plus ahurissant se passait entre Noël et le Nouvel-An : l’usine fermait entièrement donc nous ne pouvions pas recevoir de livraisons, car sans consommation pour la production, cela aurait fait monter la valeur du stock et compromettre un des objectifs principaux de notre directeur.

Pourtant il nous fallait des pièces pour redémarrer l’usine au retour de congés. L’astuce consistait à louer des locaux à proximité, en demandant à tous nos fournisseurs d’y déposer leurs marchandises. Du coup, notre stock ne tenait pas compte de ces marchandises-là, et notre directeur avait droit à sa prime. Ces pièces étaient rentrées dans notre stock progressivement en début d’année.

Bref, nous dépensions de grosses sommes d’argent uniquement pour que notre stock « officiel » paraisse bon aux yeux de ceux qui se trouvent plus haut dans l’échelle de la direction.

Le plus étrange, c’est que ça se faisait ouvertement, sans l’ombre d’une doute que c’était la bonne procédure. Tant pis pour le surcoût.

P.S. Pour illustrer cette volonté de baisser les stocks à tout prix, on nous parlait d’usines où le stock était entreposé près de la production, que ce stock appartenait au fournisseur et qu’il était sous sa responsabilité tant qu’il n’était pas consommé. J’avoue que je ne comprenais pas cette explication, car cela engendre des coûts supplémentaires pour le fournisseur, qui est bien obligé de les répercuter sur les prix, donc ce qu’on gagne d’un coté, on le paie forcément de l’autre. Ou alors, c’est un argument qui, comme l’arbre de la forêt, en cache un autre. En effet, je soupçonne que la véritable raison, est qu’on peut avoir des exigences bien plus radicales envers un sous-traitant, même s’il travaille au beau milieu de l’usine, que vis-à-vis de ses propres salariés.

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43 réflexions sur « Intérêt individuel / intérêt collectif dans la gestion des stocks, par Salvator Dedaj »

  1. ces absurdités sont aussi valables dans d’autres domaines que celui de la gestion des stocks, où les théories auxquelles on s’accroche même quand la réalité les contredit, conduit à persister dans l’erreur

  2. Excellent témoignage. L’inverse se pratique aussi avec les mêmes contradictions affligeantes ! Je connais des pharmacies qui achètent beaucoup pour avoir des prix et sont obligés de renvoyer des périmés de ces stocks mais la même est capable de ne pas avoir suffisamment d’aspirine en stock. Et pourtant c’est le même patron qui décide de l’un et de l’autre: je n’ai aucune hypothèse de travail à risquer. Il soit y avoir une dimension « psy » qui m’échappe complètement !

    1. Bah, manquer d’aspirine générique, où est l’problème ? Tu vends de la marque ou du Doliprane et c’est que mieux. Par contre il fallait toujours avoir un peu de Médiator en stock pour la petite cliente plus ou moins surpondérée avec sa petite ordonnance de pseudo-diabétique, pas d’ersatz à Servier.

  3. Tres interessant.
    Ce que j’y vois c’est la repartition inegale des risques et des bonus.
    Le rapport des forces etant en faveur du capital, le risque est transféré sur…les sous-traitants, les salaries, les contractuels etc etc…ceux qui sont en position de « dominé »…
    Le bonus sur la gestion du stock sera acaparé par une seule personne …rien pour les sous-niveaux de la pyramide hierarchique.
    Nous passons d’un ordre capitalistique de distribution des miettes à un ordre plus « colonial » du genre « c’est moi le boss »..

    1. Le bonus sur la gestion du stock sera acaparé par une seule personne…

      Si c’était si simple… On a connu aussi des gestions de stock (i.e de stock-outil et de trésorerie) déficientes qui mènent du monde à Popaulemploi.

    2. Effectivement, ceci confirme mon observation que si celui qui encaisse des sur-profits se justifiera en affirmant que son sur-profit récompense une prise de risque, c’est précisément l’inverse qui se vérifie : son sur-profit résulte du fait qu’il s’est débarrassé du risque sur ceux qui paieront vraiment les pots cassés à l’arrivée.

  4. Le modèle sous-jacent est sans doute que la « valeur ajoutée » est censée croitre le long de la chaine de production globale ( de la mine à l’usine à composant ou la fonderie /industrie plasturgique chinoise, jusqu’à la voiture finie).

    Donc que celui en bout de chaine peut se permettre de faire porter les couts en amont, puisque les managers locaux peuvent utiliser une marge plus grande, et continuer à se servir dessus avec des justifications à moitié ubuesques sans trop compromettre leur position dominante, du moins pour quelques années.

    On aimerait que la notion de « responsabilité » fasse une chaine d’un autre genre, qui permette d’égaliser plus « naturellement » (ou humainement ou socialement) les marges et le bien-fondé des pratiques correspondantes de l’amont à l’aval.

    Toutefois, une loi avérée dans notre état de bébés sociaux doués en mathématiques est que tout indicateur chiffré engendre son content (son comptant !) d’absurdité. Il y a eu il y a qqs années un livre qui s’appelait « Les stratégies absurdes » (de Maya Beauvallet, Seuil 2009), émaillés d’exemple de cette veine.

  5. Dans un billet de Michel Leis : Trois mises en perspective sur l’affaire Volkswagen, le 1er octobre 2015

    Le premier point est la concentration du pouvoir dans les entreprises. Les managers surpayés sont la partie émergée de l’Iceberg, les hiérarchies sont devenues de plus en plus verticales, les décisions se prennent de plus en plus haut dans la hiérarchie. Dans le même temps, cette concentration des décisions se double d’une simplification à l’extrême des problèmes. Les quelques « top managers » qui prennent les décisions ne peuvent et ne veulent pas rentrer dans le détail. Ils fixent des objectifs très ambitieux pour faire avancer leur propre carrière. Si tant est que les synthèses soient compréhensibles et que les réponses apportées aux quelques problèmes identifiés vont dans le bon sens (entendez, permettent de satisfaire ces objectifs), alors les décisions sont prises sans en mesurer toutes les implications. À cela s’ajoute la pression qui s’exerce sur les salariés, qui rend difficile l’expression de réserves, et une organisation en silos de plus en plus spécialisés qui limitent le nombre de personnes impliquées dans tel ou tel aspect de la production. Cette logique verticale est le reflet d’une pensée darwiniste, ceux qui arrivent au sommet sont des êtres supérieurs, à même d’imposer leur volonté à l’ensemble des employés. Même si le discours dominant prétend le contraire, le capital humain est une valeur en forte baisse. Cette situation rend illusoire tout autocontrôle de la part des entreprises.

    1. Sauf que dans l’affaire VW les représentants du personnel eux-mêmes au Conseil, en parfait accord avec la culture VW, étaient absolument en ligne avec les choix de la direction, voire peut-être en partie initiateur (par exemple sur le caractère inacceptable d’un solution Mercedes au problème technique). L’argument habituel de la connivence des dirigeants syndicaux me parait trop commode pour être honnête. Le cas avait également été soulevé me semble-t’il dans l’affaire Siemens. Modèle Allemand de gouvernance ?
      Et ne parlons pas des grasses primes versées aux salariés allemands VW dans ces années là.

      1. Medellín, le 20 février 2017

        Il me parait que cette attaque directe et ouverte de M. Vigneron (lachement se cachant derriere un anonymat) aux ¨représentants du personnel eux-memes au Conseil¨ de VW, n´est pas seulement scandaleuse quant à son niveau intellectuel, mais aussi du point de vue social, historique et politique.

        Pardonnez moi, mais cela c´est typiquement une attaque venant d´un Français arrogant, cette arrogance dont on a assez en Europe, ce pays, la France, qui nous a obligés d´introduire l´Euro a ses conditions, contre la volonté politique du Bundestag et du gouvernement allemand.

        Une introduction qui a été bloquée jusqu´à nos jours et avec juste raison, par le peuple suédois, ses syndicats des travailleurs, et son Riksdag.

        VW a été créée par le Reich (une parfaite application du modele centraliste militariste du général-mathématicien-artilleur N. du Buonaparte, tellement adoré et admiré en France, développé après les mesures cruelles et anti-humaines décidées volontairement (!), c´est à dire, avec l´intention de punir, de blesser et de frapper directement les femmes (surtout!), les enfants (nombreux) et les hommes (peu) d´Allemagne, par le trio Clémenceau, Lloyd George et Wilson, bref, lire Paul Jorion et l´histoire de ¨Les conséquences économiques de la paix¨, J. Maynard Keynes, 1919), et, après sa défaite en 1945, a été consciemment converti par les Anglais et les Américains dans un modele néo-corporatiste, et ´détail´ important, avec l´appui direct du fils de l´admirateur du dictateur bonapartiste Hitler, M. Ford, ou se combinaient d´une façon toxique, les intérêts de la famille Porsche, l´Etat, et les syndicats de travailleurs.

        Jusqu´à nos jours!

        VW, alors, l´actuel VW, est le résultat typique de la pression néo-corporatiste Anglo-Américaine, sans position CLAIRE des intérêts des travailleuses et travailleurs.

        Regardez, par contraste, la situation complètement distincte chez Volvo à Göteborg, ou la domination du système syndical, via ses fonds immenses, est claire.

        (re: https://thinkchinablog.wordpress.com/2013/05/30/lessons-from-volvos-transition-to-chinese-ownership-a-union-perspective/).

        Je considère cette attaque ouverte de Vigneron contre les travailleuses et travailleurs en Allemagne (et ailleurs) symbolique (et, comme dit avant, scandaleuse, surtout ici sur le BLOG Jorion).

        C´est le symbole d´une attitude d´un représentant d´un peuple qui a toléré le développement et l´expansion virale au monde d´un modele de gouvernance française, où se combinent le centralisme, l´élitisme, l´auto-admiration, le tout-savoir, l´arrogance extreme, et le militarisme, maintenant le militarisme nucléaire.

        Oui: les Etats Unis et ses administrations sont bonapartistes, et oui, Trump est la conséquence DIRECTE des prescriptions françaises.

        La France a créé le modele, lequel a créé ce monstre.

        Si la France refuse de s´auto-analyser, continue de refuser de se changer, de se diriger vers un modele vraiment démocratique (une seule chambre forte des représentant(e)s du peuple, gouvernement sous dominance de cette chambre, chef d´état symbolique et, notamment, l´abolition de cette culture pénétrante et arrogante nucléaire), alors, c´est très probable de que la folie de Sarkozy et ses guerres, sera encore battue par Mme Le Pen.

        Il n´y a aucun futur pour la France actuelle dans le monde, ni pour le modele néo-corporatiste anglais-américain en Allemagne.

        Il n´y a de l’avenir que pour le modèle de la Scandinavie, dont le clown dans la Maison blanche a tellement peur.
        (re: http://www.huffingtonpost.fr/2017/02/20/attentat-suede-trump/)

        A bas cette France bornée de Napoleone di Buonaparte!

        En avant la France généreuse de Proudhon et son modele ¨suédois¨ des coopératives et des mutuelles !
        En avant une Europe sociale, humaine, égalitaire, féministe.

        (re: http://www.swedenabroad.com/fr-FR/Embassies/Bamako/Actualites–evenements/Actualites/La-Suede-a-le-premier-gouvernement-feministe-dans-le-monde-Cela-met-laccent-sur-legalite-des-sexes-a-la-fois-dans-le-travail-national-quinternational-sys/).

        Johan Leestemaker

  6. Le transfert des risques sur les sous-traitants est un jeu quasi universel dans le monde des affaires. Même des entreprises qu’on croie encore à capitaux publics s’y emploient hardiment. C’est moderne! Les managers sortent tous du même moule.
    L’ironie de l’histoire est qu’en détruisant au final le tissu industriel, elles se retrouveront bientôt à discuter avec des monopoles d’une puissance équivalente.
    On pourrait aussi parler de la trésorerie gagnée par les grands acheteurs en différant leurs paiements sous tous les prétextes.

  7. Bon en même temps on peut avoir un intérêt à grossir fortement son stock en clôture d’exercice pour faire augmenter la variation de stock en fin d’année et ainsi créer du résultat (souvent sans aucune réalité ! que je te compte à la va s y que je te pousse dans les étagères) afin de distribuer peut-être du dividende mais surtout éviter des pertes avec les tracas qui vont avec… Bref reculer pour mieux sauter dans le trou !

  8. à monsieur Leestemaker,

    Je me permet de vous signaler que je trouve assez drole que vous assimiliez le monsieur Vigneron de ce blog, au jacobinisme francais, alors qu’il semble de notorieté publique aux lecteurs du blog, que monsieur Vigneron ne menage pas ses ironies et sarcasmes au sujet justement du jacobinisme…

    Pour ma part, je me contenterais de vous indiquer le travail de l’historien et demographe Emmanuel Todd,( auteur notamment de ‘l’invention de l’europe’) specialiste de l’histoire des systémes familiaux, qui avance que, compte tenu de la grande diversité anthropolique des systémes familiaux en France , la centralisation est apparue comme une necessité historique de gouvernement de provinces aux systémes familiaux plutôt divergents entre elles…
    Ce qui n’est pas le cas de l’Allemagne qui, en depit de differences protestantisme\catholicisme nord\sud, presente une similarité des systémes familiaux sur l’ensemble de son territoire, ce qui permet un fonctionnement decentralisé plus facile, nettement moins » facteur redouté de dislocation « qu’en France…

    Je me permet d’ajouter que si l’invention de l’euro fut une connerie francaise, il me semble que l’allemagne ne s’est pas trop mal dépétré de cette erreur, voire même qu’elle en a profité largement.

    Pour finir cette apostrophe, je dois vous avouer que la teneur un peu agressive de votre message m’attriste un peu…
    ma premiere reaction fut de me souvenir de la parabole chretienne de la paille et de la poutre dans l’oeil… non pas pour defendre un » modele français » que j’aurais preféré au detriment du votre…
    non pas non plus par gout de la superiorité symbolique dans l’echange intellectuel, mais plutôt à cause de ce que j’ai cru discerner d’acrimonie dans votre propos…
    et cela a resonné dans ma lecture, un peu comme un mauvais présage en ce qui concerne l’unité de l’europe que vous semblez continuer de souhaiter.

    Il me semble un peu de mon devoir de vous demander un peu plus de sagesse et de ponderations dans vos propos…

    Je ne peux, pour finir ce message, resister au petit plaisir de vous demander ce que vous penseriez de l’instauration d’un euro monnaie commune , plutôt qu’un euro monnaie unique ?

    Respectueusement, et j’espére sans trop d’arrogance,

    Pat Attalo

  9. Bonsoir
    Le principe: privatiser les bénéfices et nationaliser les pertes, peut s’appliquer du haut en bas de l’échelle dans des domaines variés; y compris au foot ou c’est souvent le marqueur qui est seul ovationné tandis qu’on oublie un peu la dizaine de gars qui ont concouru à le mettre en bonne position de tir. (Il est vrai qu’à ceux là, on accorde volontiers un simulacre de coït collectif devant les caméras en guise de récompense ) !
    Je trouve plutôt intéressante cette réaction créative « à la limite » d’un groupe de personnes pour faire fonctionner un système qui ne leur rapporte pas grand chose. Mais on a toujours trouvé sans problème des troufions pour aller se faire sauter en première ligne tandis que les organisateurs restent bien au chaud.
    Encore qu’au Moyen Âge, les nobles chargeaient en première ligne devant leurs hommes; c’est ainsi que Jean II le Bon fut fait prisonnier… Et Louis IX en Tunisie.

    Pour l’organisation des grandes entreprises, j’avais particulièrement apprécié un Dilbert, qui désigné d’office pour donner une conférence devant les élèves d’une école à propos du métier d’ingénieur, leur révélait que l’ambition première d’un ingénieur était d’arriver en fin de carrière sans qu’on ait pu lui reprocher quoi que ce soit.
    Cordialement.

  10. Tout ceci peut être constaté partout, la gestion du risque a toujours consisté pour l’essentiel à envoyer la patate chaude ( le risque ) à quelqu’un d’autre. La titrisation c’est ça, les hypothèques en francs suisses comme on en voit dans les pays de l’est, et même chez nous, c’est ça, les prêts basés sur le Libor, c’est ça, jusqu’à l’agro industrie qui par exemple n’achète pas des betteraves mais le sucre qui y est contenu se débarrassant du risque climatique sur les agriculteurs, les exemples son légion. Dans le couple inséparable risque/rendement le jeu consiste à garder le rendement en faisant payer le risque par les autres. C’est à pleurer.

      1. Deux siècles après, la ligue infâme de l’ennemi européen s’acharne encore sur la glorieuse dépouille de notre cher Naboléon. Dans l’indifférence nationale Général-isée.

        Le 2 janvier 1812, Chaptal allait annoncer au ministre Montalivet que les ateliers de Delessert venaient, en partant de betteraves cultivées dans la région parisienne, de fabriquer deux pains de sucre d’une blancheur éclatante et d’un goût exactement comparable à celui du sucre de canne.
        Aussitôt le ministre se fit annoncer chez l’Empereur. A peine eut-il terminé son exposé que ce dernier s’écria :
        – « Il faut aller voir cela. Partons ».
        Dans l’intervalle, Chaptal s’était rendu auprès de Delessert pour l’avertir de cette visite. Lorsque le banquier Delessert arriva devant son usine, l’escorte impériale en gardait l’entrée. Il lui fallut parlementer avant de pouvoir franchir le seuil de ses ateliers. Napoléon avait déjà terminé sa visite, félicité les ouvriers, admiré leur travail. En voyant Delessert, il se précipita à sa rencontre lui donna l’accolade et détachant sa propre croix, la lui accrocha sur la poitrine. Le lendemain le « Moniteur » annonçait « qu’une grande révolution dans le commerce français venait de s’accomplir». Deux mois plus tard Delessert était fait baron de l’Empire.

        https://www.napoleon.org/histoire-des-2-empires/articles/la-bataille-du-sucre/

  11. Medellín, le 20 février 2017

    Chère madame/cher monsieur Attalo,

    Veuillez me permettre de vous remercier pour votre réaction aimable.

    Oui, vous avez raison, ma réaction est forte et dure. Comme vous le pouvez lire, j´ai mentionné les raisons historiques pour cette critique aigue: la création consciente de la misère allemande par Clémenceau, Lloyd George et Wilson en 1919, et alors, la responsabilité française pour cette situation, et ensuite l´auto-glorification de la France et de son modèle de gouvernance jusqu´à nos jours (avec ses sous-produits Trump, Wilders et Le Pen), et le refus de la population française de suivre les efforts de son mandataire en deux septennats successifs (années 1980 – 1990) de changer du modèle et de suivre, par exemple, le modèle suisse.

    Vous me permettez une question précise et critique? Ou reste la description et l´analyse historique du coté de E. Todd de cette proposition ´suisse´ dans les années 1980 – 1990 et de la grande déception du dernier ¨vrai président¨ (dans ses propres mots)?

    Vous croyez vraiment que Todd peut nous convaincre de son analyse de l´Europe, en comparaison avec les travaux de Göran Therborn? (http://www.therborn.com/publications/)

    Vous me posez une question, et je vous dois une réponse.
    Oui, je crois en l´Europe, je crois en l´Europe large, c´est à dire l´Europe du Conseil de l´Europe (Council of Europe).
    Cela c´est aussi la politique officielle en Europe du Nord, et j´y crois et je la supporte.

    (croire dans le sens de Spinoza: être résolu)

    Je supporte également la transformation du programme actuel d´Euro dans un programme de la création du Bancor, comme proposé par Keynes dès 1944. Je n´ai jamais caché cette préférence. J´ai déja écrit dans ce sens en 2011 ici au Blog, et j´ai défendu cette position dès les années 1970, aussi dans des écrits sur Knut Wicksell et des premières esquisses d´un inventaire de l´actitude des ´diplomates´ Néerlandais pendant Bretton Woods vis-à-vis les propositions de Keynes, basées sur des investigations dans les cavernes du ministère de affaires étrangères à la Haye. Révélatrices…

    Tout cela implique aussi un changement de fond du FMI et de la Banque Mondiale. Il nous faut une structure mondiale ouverte, démocratique, non basée, quant au poid de ses voix, sur les contributions dans le patrimoine, mais basée sur des valeurs humaines MONDIALES non-discriminatoires, (ce qu´on peut facilement calculer, comme l´on montré John Maynard Keynes et Jan Tinbergen) santé pour tous gratuite, éducation pour tous gratuite, eau et assainissement pour tous gratuits, habitations pour tous gratuites, et des emplois bien rénumérés pour tous, avec des systèmes de transport public généreux, et avec des systèmes d´énergie aux sources 100 % renouvelables.

    Il nous manque pas du travail.
    Si vous ne me croyez pas, je vous invite pour venir voir le desordre et le chaos dans ce pauvre pays, après 52 ans de guerre, après 52 ans de violence, souvent inspirée religieusement: la contradiction absurde et surréaliste entre la ¨bonne violence¨ et la ¨mauvaise violence¨, les terroristes presque toujours camouflé(e)s, à deux ou multiples identités.

    Ce qu´il nous faut c´est la solidarité et la volonté firme de coopérer, de créer des copies à l´échelle mondiale du KF en Scandinavie et du We-Effect. (http://www.weeffect.org/es/)

    L´Effect-Nous, et pas la haine contre l´Allemagne.

    L´histoire ne nous permet pas de répéter cette erreur historique.

    A lire: Paul Jorion, et J.M. Keynes.

    Ici, gratuit pour tous: http://www.pratclif.com/economy/keynes/keynes_consequences_paix.pdf

    Cordialement et respectueusement,

    votre Johan Leestemaker

    1. On est d’accord Johan Leestemaker, et ne vous en faites pas pour moi, j’ai parfaitement digéré et assimilé mon petit bréviaire « de César à Hitler en passant par Richelieu, Louis XIV et Napoléon » de la « folle » Simone. Mais ne vouloir rien trouver à redire de la gouvernance à l’allemande de cogestion, dans le cas de VW ou d’autres, par pieux mensonge et sous prétexte d’amitié franco-allemande, désolé, je ne vois pas l’amitié comme ça ; Kant ou Simone non plus osé-je croire.

  12. En soi, ce système inventé par les japonais (Kanban) dans les années ‘50-’60, est assez logique en ce qu’il évite des pertes d’énergie, évite de devoir financer un stock trop long à résorber (stock=argent immobilisé), il permet également le respect des délais de livraison du produit final.
    Mais, comme dans toute activité humaine, il y a des dérives !

  13. Monsieur Leestemaker

    Je vous remercie de la precision de votre reponse…n’etant pas un specialiste des questions anthropologiques ou sociologiques , je ne saurais repondre avec la justesse requise aux questions que vous avez bien voulu m’adresser en retour…vous m’en voyez navré.

    Je vais tout de même essayer quelques commentaires , au « feeling » et d’avance je vous prie de me le pardonner…

    Concernant l’analyse anthropologique de l’europe de E Todd, il me semble tout de même qu’elle a eu le merite de pointer , bien à l’avance, les ecueuils sur lesquels risquait de s’emboutir le gros navire europeen :

    -Persistance d’une heterogeneite des politiques et cultures ‘ nationales’,
    – Transformation d’une construction européenne ‘egalitaire’ des nation entres elles, en une realité politique européene inegalitaire et hierarchique, champ renouvelé d’affrontements sociaux et politiques internes et externes…

    Constatant les ferments de divergences politiques des cultures européennes entre elles ,boostées par le libre echangisme mondialisé , monsieur E Todd milita, aprés la parution de ‘ L’invention de l’Europe’, pour un protectectionnisme europeen ;

    une solution cooperative et rationnelle au probléme posé tant au niveau des disparités internes à l’Union, qu’aux conséquences sociales previsibles du libre echange mondialisé…
    Emmanuel Todd ajoutant dans son plaidoyer que, le controle des flux de marchandises pourrait , dans sa realité economique regulatrice, etre aussi l’occasion de promouvoir les exigences ecologiques que nous avons le devoir ,( je l’espére) en tant qu’êtres vivants, de concretiser instamment…

    Cette proposition concréte et conciliatrice,
    libérale et régulatrice au niveau européen aussi bien qu »au niveau mondial,
    nullement totalitaire (inspirée du theoricien allemand friedrich List) ne fut pas retenue…

    et elle ne germa pas d’elle même non plus dans les grosses têtes pensantes de l’UE…

    A qui la faute ?

    il semble que les interets economiques des oligarchies européenes prevalurent…dans la continuation d’une politique européenne accentuant les desequilibres economiques et sociaux internes aussi bien que, globalement,ecologiques…

    Ce qui me conduit, ainsi que beaucoup d’autres, à verser dans l’eurosepticisme, et c’est bien dommage.

    Je vous avoue que je regrette que nos politiques , nos élites, semblent n’avoir, chacunes pour leurs raisons,que decidé de faire cavalier seules…toutes ensemble dans le parcours convenu de politiques economiques qui semblent n’ avoir que peu tenu compte des externalités negatives qu’elles produisaient … malgré tout…

    J’ avoue même avoir, un temps, cédé à l’espoir chimerique que le parlement européen ne réedite à son niveau, une ‘assemblée nationale’ des nations européennes contre les oligarchies europeennes, comme cela s’est deja déroulé en France en 1789 …
    voila bien la preuve que en ce qui concerne ces questions de politiques Européennes et Mondiales, je ne suis qu’un reveur incoherent et imparfaitement renseigné… français trop français…

    Quand à l’etablissement d’une regulation institutionnelle mondiale…j’ai l’ impression, en effet qu’il y a beaucoup de travail, et j’ai bien peur que vous ne cediez , à votre tour , à une sorte de ‘ wishful thinking ‘
    J’ose esperer, tout de même , que votre position soit la bonne…même si je me demande si, peut-être, il ne faudrait pas la’ tempérer’ d’un peu plus d’empirisme anglais ?

    Il me reste à vous remercier encore de votre attention et je l’espére, de votre mansuétude.

    Votre non moins dévoué , Pat Attalo.

  14. Il faudrait une règle comptable…
    prenant en compte une multitude d’infos ( :-S ), dans laquelle est inscrit que le déséquilibre des rapports de force entre protagonistes doit dans tous les cas être minimisé pendant les transactions.
    Ciao les profits !
    Mais c’est bien plus compliqué

    1. On ne sortira pas de notre cauchemar de comptable, pas tout de suite c’est sûr, cela nécessite trop d’éducation…
      mais là on cauchemardera pour la bonne Cause au moins.

  15. « Toutes situations sociétales absurdes doivent être comprises puis traitées à la racine. » …
    L’absurde n’a pas sa place en structure.

    (c’est absurde de poser de bons plats au pied d’une statue quand à 50 mètres une famille mendie de faim ?…)

      1. Bayrou vas faire une annonce cet aprem, même la Nasa est sur le coup! si ça c’est pas digne du royaume d’Absurdie 🙂

      2. Le lancement est annulé, missile très courte portée Bayrou sagement remisé aux cotés du lance-pierre usagé Lepage.

      3. Sont à côté de la plaque les journaleux. Discutailler de sa candidature, alors qu’elle était impossible. Ça fait depuis novembre au moins qu’on attendait l’alliance.
        Ein groB caillou dans la chaussure du pilote du Mans.

      4. Y’a un mot de Mitterrand sur Bayrou dont je n’ai jamais pu décider s’il était un hommage sincère à Démosthène ou une flatterie empoisonnée envers Bayrou.

        Bayrou est le plus prometteur. J’admire comment il a su dominer son problème d’élocution. Ça dénote une vraie force d’être.

      5. Va falloir en vouloir pour se déplacer au deuxième tour pour voter le duo Macron president Bayrou PM… Esperons qu’il fera pas trop beau…

  16. Ah ! Oui ça c’est normal.
    Dans ce cas ce n’est rien, il faut leurs rappeler que le veau est en viande pour prendre des forces, pas en or pour s’hypnotiser.

    Ces situations cocasses adviendront après le « Grand procès pour la vie » ou « l’Ecoberg »

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