Communiqué du G20 : UN SEUL ÊTRE VOUS MANQUE ET TOUT EST DÉPEUPLÉ, par François Leclerc

Billet invité.

Comme cela s’annonçait, le G20 finances de Baden-Baden n’a pas fait mention dans son communiqué final de la lutte contre le protectionnisme et le réchauffement climatique, faute d’accord à ce propos. Ce n’est qu’« un désaccord entre un pays et tous les autres » a tenté de minimiser Michel Sapin, tandis que Wolfgang Schäuble, qui présidait la rencontre, déclarait que « les Américains n’ont pas été isolés ». Il faudrait s’entendre.

Troublé, le ministre français en vient à dire n’importe quoi : « c’est parce qu’il [le G20] n’a pas voulu infléchir sa position qu’il n’y a pas eu ces mentions ». Quel sens a le G20, cette instance suprême de la gouvernance mondiale, si elle en est à tenter de sauver les apparences avec des formules du genre « nous travaillons à renforcer la contribution du commerce à nos économies » ?

Si un doute pouvait encore subsister à propos d’une inflexion possible de la politique énoncée par Donald Trump, il est dissipé. Steven Mnuchin, le secrétaire au Trésor, a expliqué que les plaidoyers en faveur du libre échange des précédents G20 n’étaient « pas pertinents » et annoncé la volonté de l’administration américaine de renégocier les accords de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Il faut un certain cran, dans ces conditions, pour affirmer comme Christine Lagarde que cette administration est dans une phase « d’adaptation et d’apprentissage »… Ou comme Pierre Moscovici que « nous avons évité toute marche arrière ». Pris à contre-pied, ces gens disent n’importe quoi.

Pour s’en tenir aux faits, l’actualité américaine n’alimente pas cet espoir de voir les autorités américaines rentrer dans le rang. Soutenant la plainte d’une agence de crédit hypothécaire, le ministre de la Justice américain a estimé hier que l’agence de protection des consommateurs (CFPB) n’était pas conforme à la Constitution, car son directeur ne peut être renvoyé par le président (c’était précisément une manière de protéger son indépendance). Le CFPB a perdu en première instance, et le cas est jugé devant une cour d’appel fédérale.

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