Brésil : LES POSSÉDANTS L’EMPORTENT AU CONGRÈS DES CORROMPUS, par François Leclerc

Billet invité.

L’alliance des milieux d’affaires brésiliens et des députés corrompus a dans l’immédiat sauvé le président Michel Temer d’une inculpation et d’un procès devant la Cour suprême pour corruption passive. Une majorité plus large que prévue de 263 députés a éteint l’action entamée par le procureur-général Rodrigo Janot, alors que 172 votes sur 531 suffisaient, les deux-tiers des voix étant nécessaires pour poursuivre l’action engagée.

Michel Temer n’a pas ménagé ses efforts tout au long de ces dernières semaines, multipliant les rencontres, les déjeuners et dîners, ainsi que les faveurs coûteuses. Il a notamment déjeuné avec 52 députés apparentés au Front parlementaire pour l’agriculture, une créature du lobby de l’agrobusiness, qui oeuvre en faveur de nouvelles autorisations de défrichement de la forêt amazonienne afin d’étendre la culture du soja. Ce qui a conduit Chico Alencar, député du PSOL d’extrême-gauche, a ironiser en séance sur le fait que le président a dépensé plus que le PSG français pour le transfert du joueur brésilien du Barça catalan.

Désormais en mesure de poursuivre son mandat, en attendant de nouvelles révélations, Michel Temer va bénéficier à la Chambre d’une plus grande marge de manoeuvre afin de mettre en place les mesures d’austérité que réclament ses alliés. « Nous sommes en train de sortir ce pays de sa pire crise économique de son Histoire » n’a-t-il pas craint de lancer, se prévalant d’une victoire « du droit et de la démocratie » dès confirmation de son mandat. « Je veux mener à bien le plus grand changement jamais réalisé dans notre pays », a-t-il ajouté, en référence au gel des dépenses publiques les 20 prochaines années, qu’il a déjà fait adopter, ainsi qu’à la réforme du droit du travail et au recul de l’âge de la retraite qu’il entend encore instaurer.

La Bourse de São Paulo avait anticipé sa victoire avant même le vote des députés, la majorité des interventions des députés ayant justifié leur vote en faveur du président par la nécessité d’adopter des mesures d’austérité pour confirmer la sortie du pays de la récession qui est prévue pour la fin de l’année.

Attendons la suite.

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