« Vers un nouveau monde » : La gratuité pour tout ce qui relève de l’indispensable

Vers un nouveau monde

Ouvert aux commentaires. Un chapitre de mon nouveau livre-manifeste.

LE MONDE TEL QU’IL DEVRAIT ÊTRE

7. La gratuité pour tout ce qui relève de l’indispensable

La deuxième révolution industrielle a nécessité un très long temps d’attente avant que la collectivité dans son ensemble puisse en bénéficier. À nous, ayant tiré, une fois n’est pas coutume, les leçons de l’Histoire, de pallier les désastres accompagnant un tel tournant et, mieux encore, de les anticiper, afin d’en restreindre les aspects négatifs et de donner toute leur ampleur à ceux qui sont bénéfiques pour assurer à chacun d’entre nous la véritable renaissance qu’ils portent en eux. La chose est possible, les moyens sont à notre disposition, seule manque la volonté, tout est une question de politique.

Examinant toutes les pistes s’ouvrant devant nous, nous pourrions établir enfin les fondements d’une égalité authentique – non monnayée cette fois – en nous octroyant à chacun une place sur cette terre : celle d’êtres ayant le droit de jouir des bienfaits de celle-ci, dès lors qu’elle les a prodigués à tous sans exception.

Après des siècles d’épuisement et de luttes pour échapper à la précarité – car rien ne nous fut donné –, nous avons le droit de réfléchir tout aussi bien au sens de notre vie qu’à la manière dont nous désirons la conduire.

Les révoltes de la jeunesse il y a cinquante ans, surgies de remises en question et du déferlement d’une créativité bouillonnante dont, dans notre fatalisme présent, nous avons perdu jusqu’au souvenir, nous pouvons non seulement les reformuler en notre nom, mais aussi leur apporter aujourd’hui les solutions pratiques qui leur conviennent puisque nous nous sommes procuré entre-temps les outils autorisant notre émancipation et assurant notre égalité – formule secrète parce qu’inavouée de notre bonheur. C’est ainsi que la nouvelle révolution industrielle de l’automation et de l’informatisation est pour nous la vraie chance – si nous savons la saisir – de rendre à notre monde sa vitalité et sa beauté et d’y trouver la voie qui nous conduit vers une libération.

C’est donc la politique au sens propre : notre manière de vivre en commun qui soit nous mènera à l’abîme, soit nous rendra notre statut d’être humain, libre et égal à tous, statut que, s’il était bien là aux origines, nous n’aurions jamais dû perdre, ou que nous devrions conquérir maintenant s’il nous avait toujours échappé.

Le travail est appelé à disparaître du fait de notre remplacement par une machine mieux outillée que nous et beaucoup plus rapide, sans qu’il soit nécessaire qu’il y ait là raison à davantage de disparités entre nous, puisqu’il s’agit du fruit splendide du génie humain, dont tous devraient bénéficier au même titre. Le travail restant, il faudrait le partager entre nous en fonction des compétences sans qu’il nous en coûte. Le temps ainsi libéré nous permettrait de siéger dans des assemblées de citoyens à part entière, soucieux de gérer la cité le mieux possible. Pour assurer dans ce nouveau cadre notre survie et notre rôle de consommateur des produits de l’industrie, ne serait-il pas juste de donner à chacun d’entre nous, comme base, le même revenu de manière inconditionnelle ?

D’un tel revenu universel de base, une somme allouée mensuellement à l’ensemble des adultes d’une nation, il est beaucoup question aujourd’hui. Chacun, quelle que soit sa fortune, en bénéficierait et cette somme, couvrant les besoins élémentaires d’un individu, rendrait inutiles les allocations existant aujourd’hui pour pallier les difficultés dues au manque de ressources (aide sociale) ou à la perte d’un emploi (allocations de chômage).

Le revenu universel de base constituerait une réponse au chômage structurel dû à la disparition accélérée de l’emploi, causée par l’automation et l’informatisation. La question serait réglée de facto en raison de l’indifférence qui serait désormais la nôtre au fait que nous ayons ou non un emploi, nos besoins élémentaires étant couverts et le sentiment de la sécurité apaisant notre inquiétude et nourrissant du coup notre foi en l’avenir.

Ceux d’entre nous qui bénéficient aujourd’hui de l’aide sociale et des allocations de chômage accueillent positivement cette proposition d’un revenu universel : ils y voient le moyen d’éviter la honte attachée au fait d’être bénéficiaire de ces allocations ainsi que l’humiliation des soupçons qui pèsent a priori sur eux qu’ils ou elles seraient en réalité des fraudeurs, vivant aux crochets de la collectivité.

Mais quel coût économique représenterait l’attribution d’une telle allocation à des personnes qui n’en ont pas un réel besoin ? Le revenu universel constitue-t-il par ailleurs une solution à la disparition globale du travail ou bien s’assimile-t-il à une simple mise entre parenthèses des questions que cette disparition soulève, la problématique véritable en arrière-plan, mais qui resterait alors occultée, étant celle d’une répartition équitable de la richesse créée ? Autre interrogation, portant cette fois sur une question de fond : celle que soulève déjà de son côté la pratique des dommages-intérêts : est-elle légitime et si oui, quelles sont alors les bornes d’une pratique qui substitue une somme d’argent à la solution authentique d’une question qui est en réalité une question de justice, une question touchant aux valeurs, portant sur des qualités bien davantage que sur des quantités ?

Comment prévenir aussi la prédation en tout ou en partie de la finance sur le revenu universel ? Chacun se souvient des hausses de loyers qui accompagnaient main dans la main les hausses de salaires. Aux États-Unis en 2009, une allocation de 4 000 $ avait été attribuée aux jeunes ménages accédant à la propriété ; le prix des logements avait aussitôt bondi du même montant.

Un exemple plus ancien est lui aussi instructif. Les pêcheurs artisans français avaient exprimé leur frustration devant le fait que parfois, leur pêche ne trouvait aucun acheteur et qu’il leur fallait alors rentrer à la maison les poches vides. Ils revendiquèrent l’instauration d’un « prix de retrait » ou « prix plancher » et ils l’obtinrent : un prix minime leur serait payé de toute manière et l’on ne rentrerait jamais de la criée absolument sans argent. Ce qui arriva, ce fut que les acheteurs alignèrent le prix qu’ils offraient sur le prix plancher qui devint automatiquement la norme, et à partir de ce moment le prix décolla rarement de ce niveau. Les pêcheurs y perdirent gros. On pourrait craindre de la même manière, dans un cadre de revenu universel, que le salaire mensuel de nombreux emplois n’aille s’aligner sur un euro symbolique, qui distinguerait l’emploi du chômage et signalerait la fierté d’un travail rémunéré en plus de la sécurité assurée par le revenu universel ! L’enfer aurait été une fois de plus pavé de bonnes intentions.

Par ailleurs, ce revenu, hors inscription dans un contexte politique devenu plus juste de manière irréversible, pourrait être remanié à la baisse par de futurs gouvernements ultralibéraux, sans compter d’éventuelles mesures rétrogrades prises par les établissements bancaires de leur propre initiative. La conséquence en serait une fois de plus un nivellement par le bas des ressources de la plupart d’entre nous au profit d’une élite carnassière, situation qui ne nous est hélas que trop familière. Cette solution ne serait alors qu’un redéploiement infini de l’injustice actuelle et un retour cruel aux siècles prédateurs d’autrefois, arasant le gain de toutes les luttes nées non d’un ressentiment sans fondement mais des nécessités de la survie et de la dignité d’être humain.

N’y a-t-il pas alors de meilleure façon de répondre aux soucis des bénéficiaires d’allocations ?

En 1792, au cœur le plus ardent de la Révolution française, dans son discours sur « les subsistances », Maximilien Robespierre posait la question suivante : « Quel est le premier objet de la société ? » Et il répondait ceci :

« C’est de maintenir les droits imprescriptibles de l’homme. Quel est le premier de ces droits ? Celui d’exister. La première loi sociale est donc celle qui garantit à tous les membres de la société les moyens d’exister ; toutes les autres sont subordonnées à celle-là ; la propriété n’a été instituée ou garantie que pour la cimenter ; c’est pour vivre d’abord que l’on a des propriétés. Il n’est pas vrai que la propriété ne peut jamais être en opposition avec la subsistance des hommes. Les aliments nécessaires à l’homme sont aussi sacrés que la vie elle-même. Tout ce qui est indispensable pour la conserver est une propriété commune à la société entière. Il n’y a que l’excédent qui soit une propriété individuelle et qui soit abandonnée à l’industrie des commerçants. […] Quel est le problème à résoudre en matière de législation sur les subsistances ? Le voici : assurer à tous les membres de la société la jouissance de la portion des fruits de la terre qui est nécessaire à leur existence, aux propriétaires ou aux cultivateurs le prix de leur industrie, et livrer le superflu à la liberté du commerce. Je défie le plus scrupuleux défenseur de la propriété de contester ces principes, à moins de déclarer ouvertement qu’il entend, par ce mot, le droit de dépouiller et d’assassiner ses semblables » (Maximilien Robespierre, Les subsistances [1792]).

La vie est notre bien le plus précieux et au sein du Grand Tournant que nous tentons périlleusement de négocier aujourd’hui, permettons à tous de la préserver par la gratuité, accessible enfin grâce aux progrès de notre civilisation : gratuité pour la satisfaction de tous les besoins assurant notre survie, gratuité de tout ce qui relève de l’indispensable : alimentation, logement, vêtements, santé, éducation, transports et, aujourd’hui, connectivité.

La gratuité pour la satisfaction de nos besoins de base renvoie la consommation à son fondement propre et qui devrait demeurer le sien : dans le nécessaire seulement, ce qui permettrait à la planète de se ressourcer, alors qu’un revenu universel de base octroyé à tous serait encore une manière pour nous de nous maintenir sur la voie de la consommation à tout crin, ceux qui n’en ont nul besoin étant alors tentés de dépenser la somme à des biens ou des services sans grande utilité, facteurs à l’inverse d’une dégradation supplémentaire de l’environnement. La gratuité répondrait aussi par avance à la critique malveillante que l’on adresse au revenu universel, que ses bénéficiaires iront « boire leur paie » : ni les drogues, ni le recours à la prostitution, ni les paris ou loteries n’appartiennent en effet à la catégorie de l’indispensable.

La gratuité nous ramène à la vérité de notre statut d’habitants-citoyens de la terre : est-il logique et défendable que certains s’approprient notre héritage naturel comme l’eau ou l’air ? La terre nous appartient à tous, aussi bien en tant que membres d’une grande famille qu’en tant que personnes méritant en tant que telles le respect. Nul ne devrait pouvoir limiter notre accès à ce que notre planète nous prodigue, à condition que nous respections autrui autant que nous la respectons elle.

Enfin, cette gratuité, en nous rendant notre responsabilité, nous restitue en même temps notre égalité, qui nous fut volée il y a des siècles. Pourquoi en effet toujours remettre à demain la réalisation d’un jardin d’Éden sur notre terre ? Nous pourrions vivre enfin pleinement le troisième millénaire qui s’ouvre à nous car nous ne sommes pas pauvres, comme on nous le répète pourtant à l’envi, nous payons seulement le prix et nous souffrons les peines d’une concentration obscène de la richesse.

Proposition : Distinguons le nécessaire du superflu et faisons-les relever de deux régimes économiques distincts, comme le proposait déjà l’un de nos prestigieux aînés, qualifié d’« incorruptible », un titre dont un nombre infiniment rare d’entre nous sommes dignes.

Promouvons la gratuité pour tout ce qui relève de l’indispensable : alimentation, logement, vêtements, santé, éducation, transports, connectivité.

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245 réflexions sur « « Vers un nouveau monde » : La gratuité pour tout ce qui relève de l’indispensable »

  1. Moi je voudrais supprimer une certaine forme de gratuité. Les matières premières c’est gratuit, le pétrole c’est gratuit, le vent c’est gratuit, l’eau c’est gratuit. C’est pas du boulot privatiser ça . Puis la forêt amazonienne aussi c’est gratuit et c’est le monde entier qui doit en être propriétaire en bon père de famille pas des salopards. Ces gratuités là doivent avoir un statut global protégées par tous. Il y a trop de salopards. C’est toujours la question des limites qui fâche. Puis aussi la valeur que les gens s’attribuent et surtout ceux qui la croient. Puis si on refuse de la croire alors une balle.

      1. J’en appelle à tous ceux qui sont en colère, à ceux dont la colère est en devenir. Je crois que l’ennemi est caché et que nous sommes à découvert. Il me semble également que les erreurs sont tellement évidentes mais que peu à part sur ce blog et qq autres on pris la décision de les regarder en face. C’est vrai aussi que je crois qu’établir des règles au beau milieu de chaos ne peut en modifier la substance complexe. Oui je crois qu’une entreprise est une machine qui a pour seul but de fonctionner avec la règle la plus stupide qui soit, ne pas employer d’humain. Je cois qu’une certaine logique sociétale lui donne raison et prend cette règle comme la seule valable. Je crois que le salaire universel et cie sont une acceptation de cette horreur économique. Je refuse les miettes mais ne désire certainement pas le pain entier. Partager c’est fantastique .

      2. Partager c’est fantastique

        Oui, d’ailleurs on partage près de 60% de la richesse créée dans ce pays, mine de rien. Faire plus ? Ou autrement ?

  2. La gratuité pose un problème de la contrepartie. Par exemple, une route est gratuite parce qu’elle a été construite et qu’elle est maintenue par d’autres, et en contrepartie de l’impôt de ceux qui travaillent (ou on travaillé), et on fourni un effort pour qu’elle existe. Si une part de plus en plus importante de cet effort est supporté par la robotisation et l’automatisation, il serait en effet intéressant de pouvoir allouer cette ressource supplémentaire à plus de gratuité… La gratuité pose la question de la contrepartie d’un travail et d’un effort des uns pour la rendre possible. Si certains n’ont pas accès au travail (maladie, jeunesse ou vieillesse, ou exclusion du « marché du travail », etc…), on devrait en effet pouvoir assurer la gratuité (cet droit à exister dignement). Sinon, il risque d’y avoir rapidement un déséquilibre, sans contrepartie à définir. Mais oui, à la préservation, à l’approfondissement et à l’extension du domaine de la gratuité – et dans ces conditions, vive le développement de la robotisation et de l’automatisation !

    1. La « contrepartie  » de la gratuité n’est pas le problème .

      Le problème , c’est notre rapport à autrui et à notre environnement , et notre degré d’intelligence pour poursuivre l’aventure .

      1. « notre degré  » : là, je comprends… Degré : plutôt faible, pourquoi ? Je renvoie à nouveau sur la façon dont se forme notre jugement, notre conscience, la conscience que nous avons de notre propre compréhension des choses. Sur ce dernier point, nous sommes plutôt faible, voire très très faible.

  3. @Juannessy
    « semences F1 »

    Une des meilleures façons de tourner le dos à la gratuité…
    et de manifester son mépris à la générosité de la Terre.

    Merci pour l’info.

    1. La terre n’est pas « généreuse ». Seul le travail de l’Homme, l’humanisation de la terre, la rend généreuse.

      1. Évidemment !
        Les graines que viennent picorer les oiseaux, les grains de raisins, ne sont venues à l’existence que par la main de l’homme !

        Et le pétrole est le résultat de la fermentation des déchets de nos ancêtres.

      2. @ adoque
        Pas totalement faux de la part de Vigneron. Si nous pouvons vivre aussi nombreux, c’est bien parce que nous cultivons la terre depuis 8000 ans. La chasse et la cueillette, ça ne nourrit pas grand monde.

      3. les grains de raisins, ne sont venues à l’existence que par la main de l’homme

        Yep, ceux que tu manges comme ceux que tu bois sont le produit du travail de l’Homme, rien de tel ne nous a été donné. Sélections, hybridations, etc, millénaires de génie humain.

      4. Seul le travail de l’Homme la rend généreuse ? Enorme blague de nombriliste ridicule, ça va les chevilles ? Vraiment bête comme phrase. Nullement besoin de l’Homme pour faire tourner le plus grand écosystème diversifié terrestre encore en place : L’Amazonie ! En revanche ces salopards de nombrilistes géniaux et libérales à leurs heures perdus entières vont le bousiller.

        http://www.lefigaro.fr/sciences/2017/08/24/01008-20170824ARTFIG00306-bresil-des-millions-d-hectares-de-foret-amazonienne-ouverts-a-l-exploitation-miniere.php

        Génie humain ? Demande donc ça aux milliers d’espèces disparues de la main directe de l’Homme ou des conséquences de ses choix géniaux ! Non mais qu’est-ce qui faut pas lire.

      5. Oui, c’est bien l’agriculture et l’élevage, qui sont à l’origine et ont favorisé l’essor des civilisations, notamment grace aux échanges de biens et de techniques ie de savoir-faire, entre individus et entre peuples, accompagnant le développement de l’écriture, de l’artisanat et de l’art, de la science etc…

    2. Mais non Arkao, si on est si nombreux c’est pas grâce au génie de l’Homme (agriculture et tutti quanti) c’est parce qu’on a flingué les autres espèces, pris leurs espaces, leurs territoires, décimés leurs membres, détruits leurs écosystèmes ! Nous avons réussi collectivement sur leurs cadavres ! Bref…

    3. Tiens y a personne pour saluer le Génie Humaine qui se lance à la conquête de l’Amazonie ? Vous m’étonnez les gens ?

  4. Débat assez âpre, faute de recul ,grand risque de faire des commentaires ou propositions cornichonesques,je préfère jouer l’apaisement et piteusement battre en retraite.

    1. Par « cornichonnesque » j’ai voulu dire : dire Non par esprit de contradiction systématique (à la limite du trollisme) et puis inventer laborieusement un argument quelconque pour essayer de justifier ce qui n’était en réalité qu’un Non de principe.

      1. Peut être plus simplement , une manifestation de l’état qu’on traverse une première fois entre 2 et 4 ans , et une seconde entre 13 et 15 ans . Bref , le « cornichon » cherche en fait ses propres limites .

    1. Vous êtes ici La page demandée « /fr/infos/2260/histoires-de-la-plaine-ou-lagonie-dun-village-victime-des-pesticides » n’a pas pu être trouvée.

  5. Entre le café et la Poire ce midi, chargé la Poire, je me disais, tiens l’ami en fait pour constituer un système basé sur la gratuité viable dans le temps, et environnementalement efficace, faut des gars à la fois manuel et raisonnable. Ayant en plus une large propension à la méditation ou la contemplation. En un mot un truc dans le genre monastère ! Bon on est au XXI siècle, il sera donc mixte pour les petites sauteries et le renouvellement générationnel. Plein de monastères partout comme des champignons.

    On peut lui adjoindre quelques grands centres urbains regroupant des moyens plus poussés surtout en terme de matériel santé et technologique. Tu rajoutes quelques mines de matières autogérées et des robots multi usage, pour l’extraction, le traitement, la production de biens, le transport collectif matériels/matériaux et humains, la production d’énergie renouvelable et voilà tranquille à la fraîche pour dix mille ans.

    Voilà l’idée, à la manière de Paul de Jorion. 😀

    1. Bon l’avantage on peut constituer des monastères thématiques ou selon affinité cultuel/culturel/sociétal sur la même structure/organisation. Gratuité, travail de tous (mais pas trop) en commun, mais pas trop on peut vite se soûler l’un l’autre. Petit espace privatif (20m2/personne, et oh on n’est pas des moines non plus), au milieu d’un collectif organisé et adapté à l’accueil de visitants (ben oui pour ceusses qui veulent un peu bouger). Donc clos comme un monastère mais ouvert. Comme une cellule vivante, qui a une barrière mais qui interagit avec son milieu, si vous voulez.

      Allez à la sieste maintenant !

      1. Ah oui j’oubliais, faut que ce soit beau, vifs, élégant voir artistique le bastringue, sinon c’est à déprimer.

      2. CloClo vous êtes fatiguant à la longue. Vous n’avez pas autre chose à faire de votre dimanche ?
        En tout cas pas boire une bière avec moi, les bavards s’insupportent.

  6. Je ne comprends pas
    pourquoi il faudrait financer la gratuité. Dans un système comme le nôtres oui ou tout est bloqué il faudrait dans un premier temps débloquer une grosse quantité d’argent qui ne serait aucunement remboursé ? Il y a déjà la dette qui est un peu près comme ceci.
    Non vraiment je ne comprends pas.
    Naïf le lulu

    1. Ça n’est pas de la naïveté , c’est du masochisme lâche .

      Vous préférez payer des impôts ( ou de la TVA ) pour des gens qui n’en n’ont pas besoin , ou pour assurer l’indispensable à vos congénères ?

      1. Je ne me suis pas bien fait comprendre. Je ne comprends pas L’assemblage de mots : financer la gratuité.
        Pourtant cela a l’air très bête à comprendre.
        La proposition sur la dette semble être de trop.

      2. Si vous ne comprenez pas , ou ne voulez pas comprendre , « financer la gratuité » , je comprends que vous ne comprendrez jamais ce billet . Entre autres .

  7. Coucou,

    Bon ben j’ai lu quelques beaux textes, quelques belles idées;
    Du gratuit, qui glisse vers les services public, puis les impots …

    Finalement çà va finir sur le divan !
    Quels sont vos desirs, vos fantasmes, vos reves ?

    Le gratuit est il la deuxième face de la monnaie ? Si oui, alors faut il supprimer la monnaie ?
    N’etait ce pas une idée ou le point de vue d’aristote ?

    La monnaie est elle liberatrice, ou nous inféode t elle ?

    Comme disait mon oncle,  » tout depend du point de vue auquel on se place et de l’importance qu’on y attache par rapport à l’idée qu’on s’en fait ».

    Bonne soirée

    Stéphane

  8. Le déni à l’oeuvre dans ce fil de discussion me plonge dans une profonde perplexité. Les défenseurs de la pseudo-gratuité ignorent (volontairement ou non) purement et simplement la définition du mot au cœur de la discussion.

    Repartons donc du début, afin de clarifier un peu les choses. La gratuité est pour le cas qui nous occupe, selon le cnrtl, « le caractère de ce qui est fait ou donné, de ce dont on peut profiter sans contrepartie pécuniaire – sans recherche de compensation. »

    Or rien dans les exemples évoqués ici ou là, qu’il s’agisse de l’éducation, de la santé c’est à dire en fin de compte du service public en général, ou encore des routes et autres infrastructures, aucun de ces éléments donc ne répond à une telle définition, car ils font tous l’objet d’une contrepartie pécuniaire.

    Le fait que cette contrepartie soit collectivisée et ainsi euphémisée ici par des cotisations, là par des impôts ne change en rien sa réalité. Il s’agit simplement du principe de mutualisation des coûts.

    D’ailleurs, irait-on prétendre que la réparation d’une voiture est gratuite au seul motif que c’est l’assurance qui prend l’intégralité des frais en charge? Non, parce que pour délivrer ce service l’assurance a préalablement collecté vos cotisations, ainsi que celles de l’ensemble de ses clients, si bien qu’elle vous rembourse indépendamment du ratio entre vos cotisations et le coût des travaux.

    Paul m’a reproché précédemment de confondre ce qui est gratuit avec ce qui représente un coût, mais c’est bien au contraire lui qui entretient ce flou en parlant de gratuité là où il n’y en a pas. Si vous cherchez des exemples de gratuité authentique, regardez plutôt du côté du bénévolat ou encore des interactions familiales ou amicales. Les services publics ne sont assurément pas de cet ordre.

    Ni les médecins, ni les enseignants ne fournissent un travail bénévole, et si demain on mettait en place un accès libre à la nourriture ou au logement, je ne pense pas que ni les agriculteurs, ni les entreprises de btp ne travailleraient pour rien. Ce sont ces contreparties indubitables qui disqualifie le terme de « gratuité » dans ce contexte.

    Ainsi, une des raisons possibles pour laquelle Jorion tient tant à ce terme, c’est parce que sans lui la distinction avec le modèle proposé par Friot se fait beaucoup plus ténue, car en effet dans les deux cas il s’agit de remettre au goût du jour le principe précédemment évoqué de mutualisation.

    Le problème à ce stade, c’est que si on fait ce rapprochement entre les deux propositions et qu’on entame un comparatif, on aboutit rapidement à la conclusion que le modèle Jorion porte au moins autant, si ce n’est plus, de risques de dérives « à la soviétique » que celui de Friot.

    En effet, si dans le système Friot on verse un salaire à chacun, qu’il est ensuite libre de dépenser comme bon lui semble, c’est donc lui qui détermine en son âme et conscience ce qui procède de l’indispensable et du superflu, en revanche dans le système Jorion les individus ne sont plus décideurs de la manière dont ils vont allouer leurs ressources, et on ne sait d’ailleurs pas bien pour l’instant qui serait chargé de décider quelles sont les marchandises indispensables et quelles sont les superflues.

    Je souhaite d’ailleurs bien du courage à qui voudrait entreprendre une telle classification, tandis qu’un exemple me vient d’une marchandise qui peut être indispensable ou superflue selon le contexte envisagé: La voiture. Superflue dans les zones urbaines correctement desservies par un réseau de transport en communs, elle devient indispensable dans les zones rurales à peu près complètement vidée du moindre service public, y compris de transport en commun. On peut prédire une foule d’autres exemples du même ordre, avec pour conséquence de transformer l’idée simple du début en usine à gaz ingérable.

    1. Je ne me retrouve pas dans la fixette sur le sens psychiquement le plus commun de « gratuité(s) » , fixette qui pour le coup mériterait un passage sur le divan .

      Au sens où vous l’entendez ,il n’y a bien évidemment que l’amour qui soit « gratuit » .Les débats sur « l’acte gratuit » ne manque pas . Et si on complète en affirmant que le corps agit avant la volonté !…

      Au sens d’un échange économique ,il n’en est pas de même , car la gratuité éprouvée par le bénéficiaire d’un bien et d’un service a effectivement une « compensation » , apportée par d’autres . Il n’empêche que pour le ou les bénéficiaires , l’appréciation est celle de la gratuité .
      Se cacher derrière la fumée d’une contestation du terme , m’est donc oiseux et inutile pour le but poursuivi .

      Le débat Friot vs Jorion me parait plus riche car , dans les deux cas , il reste du chemin à faire pour parer aux effets non désirés .

      Je peux me retrouver par contre dans l’interrogation sur la limite entre indispensable et superflu , mais je ne la mettrais pas ( plus ) au niveau des individus d’un groupe ( peuple , pays ) constitué , car après tout leur histoire , constitution et lois communes , c’est un peu l’histoire de la recherche d’un accord sur cette limite , mais elle me parait rester pertinente au niveau géopolitique . C’était d’ailleurs le sens de mon tout premier commentaire .

  9. J’ai relu avec attention le texte… et ça se lit très bien ! J’adhère à la proposition. Et, primo, c’est une révolution, car d’abord c’est une opposition frontale au TINA, au dogme religieux néolibérale, et à la fuite en avant de la privatisation forcenée des services publics (pour mémoire, les politiques « d’ajustements structurels » étaient initialement réservées aux pays dits « en voie de développement » mises en œuvre en masse durant les années 80, sous la houlette de la Banque Mondiale et du FMI (logique de banquier : prêter, endetter, puis rendre les pays sous tutelle économique et leur appliquer des mesures de « solvabilité » ; au passage, haro sur les matières premières – et tant pis si ça fait des morts…), puis, plus récemment intégrées subrepticement au sein même des traités européens… et aujourd’hui déclamé haut et fort par les éminents représentants de ces institutions (qu’ils dégagent ! – Ah, oui, c’est vrai, ils ne sont pas élus) – mais c’est un autre sujet…).
    Et merci d’avoir cité la phrase célèbre de celui dont on ne dira pas le nom (sic !) : « C’est de maintenir les droits imprescriptibles de l’homme d’exister. La première loi sociale est donc celle qui garantit à tous les membres de la société les moyens d’exister… » (le droit pour chacun de pouvoir vivre dignement). Une évidence première, et assurément un « oubli » historique, qui serait digne de figurer dans la Constitution ! (Amis d’Etienne Chouard, à vos stylos !).
    Ce serait aussi un moyen de rendre les projets d’automatisation désirables pour tous (à condition de les rendre bénéfiques pour tous, au lieu d’être un moyen détourné de profitabilité pour une toute petite minorité, avec des projets dingues, comme le « transhumanisme », l’immortalité de l’homme, ou des voyages touristiques dans l’espace….). Mais ce serait aussi l’occasion et l’urgence de penser une société plus « inclusive », qui donne plus de sens à l’activité et au travail.
    Et merci d’indiquer au passage que le dispositif de revenu universel contourne passablement le problème d’accroissement des inégalités et de concentration de la richesse (faudra bien mettre les pieds dans le plats, car si ça continue, ça risque vraiment de mal tourner….).

  10. Une citation, comme çà, au passage:
    « C’est dommage, tous ces gens qui savent comment diriger un pays et qui sont occupés à conduire des taxis ou à couper les cheveux. »

    Çà ne vise personne bien entendu.

    1. Evidemment , car il ne s’agit pas ici de diriger un pays , mais de donner une ou des clés jugées nécessaires , et que celles et ceux qui dirigent ou ordonnent dans le présent les « pays » , semblent ne pas trouver ou comprendre . A moins que vous ne pensiez le contraire , ou que la magie de Merlin vous soit plus crédible .

      Rien de moins , rien de plus .

      Ça s’appelle une utopie , et c’est le réel qui la rend et la rendra de plus en plus  » réaliste » , ancrée dans le présent .

      Et le progrès , c’est une utopie réalisée ou ça n’est pas le progrès .

  11. @vigneron
    « Sélections, hybridations, etc, millénaires de génie humain. »

    L’Homme est,… adorable 🙂

  12. @arkao
    « Si nous pouvons vivre aussi nombreux, c’est bien parce que nous cultivons la terre depuis 8000 ans. La chasse et la cueillette, ça ne nourrit pas grand monde. »

    Oui, mais (la poule ou l’œuf ?) est-ce l’Homme qui a inventé les semences primordiales ?
    NB je répondais à Juannessy qui passait un lien sur les semences F1:
    les « inventeurs, génies humains, » ont donc fait de gigantesques progrès !

    Si nous parvenons à nous nourrir de produits de synthèse, alors il est tout à fait cohérent de laisser la place (en éteignant la lumière) à des remplaçants de synthèse, non ?

    1. Moi je suis pas dans ce coup !

      Je me contentais de rendre leur talent aux paysans , en souhaitant qu’ils puissent continuer à l’exercer à un rythme compatible avec la marche du monde .

      1. @Juannessy
        C’est bien comme cela que je l’avais compris 😉

        Quant au « génie » des mosanto, bayer,etc… nous ferions mieux de nous en passer.

        Je reviens sur: « un rythme compatible avec la marche du monde . »
        avec la marche harmonieuse du monde et non la course folle, débridée !

      2. De mon côté, je voulais sous entendre que la marche du monde doit être , en symétrique , compatible avec la marche des paysans ( entre autres !) .

    2. @ adoque
      Le terme d’invention primordiale ne peut s’appliquer de toute façon pour une semence, qui est le fruit d’une longue évolution naturelle de la végétation. D’un point de vue génétique tout le vivant est issu de cellules apparues il y a au moins 3,5 milliards d’années dans les océans.
      L’hybride F1 n’est pas un « produit de synthèse », mais une hybridation contrôlée visant à favoriser certains caractères génétiques (qui peuvent être contestables par ailleurs) à ne pas confondre avec un OGM.
      Tout ce que nous mangeons est le fruit d’un travail humain millénaire.
      Mais on bien d’accord que ce formidable patrimoine de biodiversité créé par le génie humain est gravement menacé de disparition par l’avidité sans bornes de grands groupes de semenciers associée à la bêtise de consommateurs qui veulent des fruits et légumes bien calibrés, bien colorés, bien fermes dans les étals et qui se conservent longtemps.
      http://liberterre.fr/agriculture/semences-biodiversite/mafiasemences.html

      1. Euh, vous pouvez arrêter 2 secondes de parler de génie Humain à toutes les sauces ? Ca me retourne l’intérieur du bide quand je lis ça. La biodiversité créer par l’Homme c’est faite au prix du massacre d’une biodiversité, pour le coup véritablement diverse et riche.

        A cette vitesse continue, dans quelques siècles, une paille donc, le plus grand mammifère terrestre, voir le plus grand animal sur Terre sera certainement l’Homme ! A l’exception de quelques zoo à la noix ou bassin ludique à la con. Génie Humain ? Y a en vérité un mot plus adapté commençant par un C.

      2. @CloClo
        Vous n’avez pas l’air de connaitre grand chose à l’histoire des relations de l’Homme et de son milieu pour écrire des âneries pareilles.
        Vous confondez ce qui s’est patiemment élaboré pendant des milliers d’années avec les erreurs de ces cinq dernières décennies.
        Dites-moi, ô puits de science, où nichaient les hirondelles de cheminée (Hirundo rustica) et les hirondelles de fenêtre (Delichon urbicum) avant que les hommes ne bâtissent des maisons ?
        Si vous séchez, question subsidiaire avec le choucas des tours (Corvus monedula)

      3. Vous faites un concours de niaiseries oh grand robinet de platitudes ?

        Et où vivait le chien-chien à sa mémère avant l’arrivée de sa mémère ? Et où se posait les cigognes avant l’invention de la cheminée ? T’en as d’autres des comme ça, moi un plein carton. Comme les hirondelles quand il va pleuvoir, arkao vole bas.

        Pour le reste, toute la variété des grands mammifères terrestres disparait du fait de l’Homme et pas depuis les 5 dernières décennies mon petit bonhomme en mousse, mais au moins depuis 10 000 ans. Soutenir l’inverse c’est faire du négationisme spéciste.

      4. @arkao
        « Le terme d’invention primordiale… »

        N’avez-vous pas discerné que j’ai volontairement forcé le trait ?
        Bien sûr que la main de l’homme est intervenue pour (tenter d’) améliorer ce « formidable patrimoine »!
        De là à se prendre pour Dieu ou le dieu hasard/combinatoire en s’attribuant la gloire et de l’œuf et de la poule… permettez-moi de sourire 😉

      5. @ CloClown
        Vous n’avez pas répondu à la question et ça ne m’étonne guère.
        « Variété » des grands mammifères ne veut scientifiquement rien dire.
        Homme : Règne animal ; Embranchement des chordés ; Classe des mammifères ; Ordre des primates ; Famille des hominidés ; Genre Homo ; Espèce sapiens.
        http://www.cnrs.fr/cw/dossiers/dosbiodiv/index.php?pid=decouv_chapA&zoom_id=zoom_a1_5
        Quant aux chiens, l’enquête progresse.
        https://www.sciencesetavenir.fr/animaux/chiens/la-domestication-du-chien-a-eu-lieu-a-deux-reprises_102815

      6. @Cloclo
        Comme vous semblez sécher, quelques articles à lire pour vous aider :
        https://www.zoom-nature.fr/etre-un-commensal-de-lhomme-ca-veut-dire-quoi/
        http://cabanedetellus.free.fr/Plantes_rud%C3%A9rales_Tellus.html
        Comme exercice pratique, vous me calculerez le nombre de mètres linéaires de falaises naturelles en France et vous le rapporterez au nombre de mètres linéaires de façades construites par l’homme disponibles pour la construction de nids, multiplié par le nombre d’hectares déboisés depuis le Néolithique favorisant l’alimentation des dits oiseaux. Si l’exercice vous plait, même chose avec le nombre de mètres carrés de grottes naturelles et celui des cavités artificielles telles les carrières pour l’hibernation des chiroptères.
        Ne pas confondre écologie politique de salon et écologie, science qui étudie les êtres vivants dans leur milieu et les interactions entre eux.

      7. Arkao,

        Vu que vous continuez à parler dans la vide, vous n’aurez en retour que le silence mon brave. Collez des liens et faire des affirmations ne font pas une science, ni un savoir. En plus vous soulevez un sujet sans aucun rapport, mais alors aucun avec ce que je vous disais, que vous n’avez en fait pas compris du tout.

        Ciao bello

      8. PS : Vous sortirez vos liens scientifiques, aux Tigres d’Asie, aux Rhinocéros d’Asie aux Bisons des Amériques, à tous les grands animaux d’Afrique, à l’Hippopotame du Nil, à l’Ours et aux Loups d’Europe, à tous ces troupeaux gigantesques d’herbivores qui parcouraient les terres d’asie et d’europe, et bien avant aux aurochs, aux Mammouths et la liste est longue. Les hirondelles vous remercie !

      9. @Cloclo
        Les mammouths ont disparu et alors ? La terre s’est arrêtée de tourner ? Les écosystèmes se sont effondrés ?
        Je ne me contente pas de coller des liens, je les lis et en tire les conclusions qui s’imposent contrairement à vous. Ça s’appelle citer ses sources, pour ne pas parler dans le vide justement comme vous le faites.

      10. Vos conclusions sont anecdotiques et ridicules devant les êtres vivants disparus du fait de l’Homme, y a pas photo mon cher arkao, chacun jugera de votre perspicacité en la matière. Vous avez soigneusement limité votre reprise au Mammouth, ça ne m’étonne guère.

        http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/07/11/alerte-rouge-sur-l-extinction-des-especes_5158968_3232.html

        Vous lisez, mais vous ne comprenez rien, il n’y a pire aveugle que celui qui ne veut pas voir.

        Personne ne nie, et certainement pas moi, que des animaux ou des plantes ont suivi et bénéficié le/du développement de notre espèce, mais à aucun moment je n’ai parlé de cela mon pauvre.

        Heureusement que ce blog est modéré, car en fait mon intention première n’était pas de vous répondre, à votre dernière sortie sur « ils ont disparus ? Et alors ? ! », en termes froids et factuels, mais plutôt sur un mode primate hors de lui. T’es bien un libéral mon arkao.

  13. @PJ
    Un peu suite à « l’imbécile » de service
    Je n’ai pas trop d’idée à lui opposer. Que dire aux gens refermés sur leur certitude ? en général ils n’entendent que ce que leur voix intérieure leur dit : on les appelle aussi des psychorigides, ce que sont aussi les terroristes en tout genre de toute époque.

    Je dois connaitre et lire votre blog depuis fort longtemps (rien d’inscrit dans mes agendas, donc aucun repaire sinon la mémoire souvent non fidèle parce que subjective).

    Cette été je vous ai « fréquenté » plus qu’auparavant par des lectures plus attentives. Est-ce vous, est-ce l’époque ? car les blogs qui aident à réfléchir se font rare, et en été ma foi les médias sont en vacance (s).

    Pour la première fois en fait j’ai découvert l’humain pour le peu que vous en laissez passer.

    Vous n’êtes pas, ce que j’ai cru jusqu’à maintenant, un économiste froid et « chiffreur » tel que ceux qui peuplent le web, qui nous font des démonstrations torrides graphiques à l’appui, (je ne citerai personne).

    Vous êtes d’une autre espèce. Vous découvrez votre part d’humain qui a une sensibilité à l’autre. Ce n’est pas si fréquent, d’autant que vous êtes -presque- inclassable : pas de parti, pas de théorie appliquée et assenée à tout, pas la distance glacée que par contre on rencontre plus parmi vos commentateurs.

    Finalement votre part d’anthropologue est constamment sous-jacente. Il faut être attentif car elle peut passez inaperçue. Mais elle structure le « tout ».

    Sans doute aussi ne faisais-je pas la distinction entre chaque auteur de ce blog, chacun ayant une approche et des sujets bien caractéristiques. Ils se complètent. L’un va déployer son analyse froide (enfin c’est ainsi qu’elle m’apparait, et elle n’est pas vaine) ; vous aurez demandé une traduction de textes et ces choix sont toujours un complément à votre « côté » anthropo, et vous y rajoutez vos propres textes et « inventions » qui sont des aboutissements de recherches ou déductions de la réalité idéale projetée dans l’avenir.

    Il est, dans nos temps sombres, oublié que l’économie est une science humaine, nos gouvernements et nos -faux- économistes de la classe libérale nous expliquent que ce n’est que science exacte, ceux-là et les gouvernements qu’ils soutiennent nous mènent au désastre de jour en jour.

  14. A propos des réfugiés, un élément ou deux que je ne vois pas dans les billets de François Leclerc et que l’on peut trouver dans les chiffres donnés par le ministère de l’intérieur. On remarque la forte proportion des demandes d’asile en Italie par des ressortissants de pays francophones (Côtes d’Ivoire, Guinée, Mali, Sénégal) et la très faible proportion des demandeurs obtenant le statut de réfugié (5 à 8%).
    http://m.7sur7.be/7s7/m/fr/34762/Crise-des-refugies/article/detail/3202342/2017/07/06/Les-demandes-d-asile-en-forte-hausse-en-Italie-en-2017.dhtml

  15. @jducac 29 août 2017 à 12 h 02 min
    Tout ce que vous exprimez se dit en un mot : le ruissellement. C’est la thèse des libéraux, dont Macron.

    Quant à vous « justifier » d’être dans la juste ligne puisque vos parents étaient des gens d’une classe défavorisée, Vous avez l’air d’ignorer que la tendance politique
    – de gauche (pour la redistribution) ou
    – de droite (pour le moins de redistribution possible la gloire venant du travail de chacun, sous entendant que les pauvres et les chômeurs ne sont que des paresseux, quoique depuis plusieurs dizaines d’années nous voilà avec des gens se nommant de gauche alors qu’ils sont pour le ruissellement, voir les lois Hartz que rêve d’appliquer en France notre président Macron) n’a jamais dépendu de la classe sociale de quiconque.

    Il a toujours existé et il existera toujours des pauvres votant pour la droite, et des favorisés de naissance et/ou de statut votant pour la gauche. C’est une question idéologique, en fait philosophique, deux manières opposées d’envisager la vie et son rapport aux autres.

  16. souvent il est question dans les commentaires de la monnaie et sa malfaisance, et en concluent, pour certains : alors vive la gratuité (je résume !)

    Je prendrais la monnaie par un autre bout. Avant la monnaie nous échangions par ex. une carotte « en trop » contre une pêche qui nous manquait.

    Mais ceci était mal pratique : 1 carotte n’égalant pas 1 pêche selon les moment de l’année. Et il y avait le problème de la qualité de la carotte, de sa grosseur, si la pêche était mûre… et puis un jour l’un n’avait rien à échanger alors qu’il avait vraiment besoin d’1 carotte.

    … ils ont commencé par des coquillages qui ont l’avantage de se conserver… vous connaissez la suite.

    … le problème est que certains étaient plus doués que d’autres pour produire des échanges inégaux… amasser les coquillages, les voler,

    C’est un des problèmes qui peut se poser dans un système de gratuité, c’est une question que j’ai déjà posé (restée sans réponse) car il y aura toujours des Humains « plus futés » que d’autres pour détourner, et vanter certains éléments de ce qu’ils reçoivent… pour les revendre… enfin quoi les Humains sont comme ils sont : pas bons par nature, ça dépend des moments et autres questions subjectives.

    … ou alors je ne comprends rien à la proposition de PJ, en fait je crois que lire le livre dans son entier s’avère indispensable !

      1. @2Casa
        merci
        mais d’emblée je crois qu’il y a confusion : je ne parlais pas de l’Histoire, mais de la Pré-histoire. L’échange se plaçant avant quelque forme de monnaie.

        Sur la dette, alors là en Histoire, je vais rappeler Solon . Et je dirais en plus que le servage du Moyen-âge doit (hypothèse) avoir pour cause antérieure la dette des paysans.

        @Cloclo
        je n’y avais pas pensé ! mais j’avoue que lire un livre sur écran ne m’a jamais tenté. Pour moi un livre c’est d’abord physique. Cela m’a été confirmé durant mon état de libraire (une vingtaine d’années) : quand les colis arrivaient ce qui me sautait à la figure c’était : couleurs, odeurs, puis le poids de chaque livre qu’on sort… le tout formant sensations,
        ça fait problème souvent pour moi : si un livre est mal mis en page je ne peux pas le lire.
        en fait n’est-ce pas ça le boulot d’un éditeur ? pas seulement le choix de texte, sujet, auteur, mais la présentation, la mise en forme.
        on peut le comparer à la cuisine : beaucoup d’ingrédients bien choisi mis en tas… beurk personne n’en veut !

      2. @Annie S :

        En cuisine aussi il y a l’indispensable et le superflu . En l’occurrence, c’est le superflu qui magnifie l’indispensable .

      3. suite
        @2Casa
        maintenant que j’ai été au bout de ce texte, (et résumer un livre de 500 pages ! Pj a du quand même prendre un certain nombre de notes au fil de sa lecture ; je ne lirai jamais un tel livre)
        le plus intéressant est la conclusion de PJ commençant à « Il ne s’agit pas seulement ici de reprocher à David Graeber ». Tout PJ y est. Plus particulièrement sa vision de l’Humain qui ce jour est continuée par la gratuité.

        @Juannessy
        « le superflu »
        on pourrait considérer que c’est ça la mise en page. Mais sans … tout comme la ponctuation, qui a été appliqué par … le nom m’échappe.

    1. Economie de troc , du don , du contre don , capitaliste , libérale , « de marché » … Ça en fait des définitions à poser et des livres à lire !

      Notre humanité qui a sans doute commencé par le troc et le don et le contre don , n’y a pas trouvé la satisfaction de tous ses désirs , même s’ils en satisfaisaient certains (dont les besoins vitaux et la philia . L’indispensable ?).

      L’économie supportée par « l’argent » ( réel ou virtuel) a sans doute plus de vertu pour supporter le « superflu » ( le rêve , la maîtrise du temps )

      Mais j’en reviens toujours à ma propre fixette sur l’étymologie grecque de économie : l’art d’aménager sa maison .

      C’est un art : on est dans le domaine du sensible , de la relation humaine , de la mesure permanente , de l’harmonie ,

      C’est « aménager » : on est aussi dans l’organisation ,même provisoire , la règle , le droit , l’institution , la Constitution ,le présent et le futur proche ou lointain ,

      C’est « sa maison » : d’où le poids de la conscientisation de la finitude et de la fragilité de notre environnement vital , de la difficulté à définir et faire évoluer les territorialités.

      La monnaie ( gagée sur l’or ou virtuelle ) n’est pas le problème , pas plus que les « compensations  » à la « gratuité » . Elle est un outil parmi d’autres dans la panoplie possible de nos moyens de « sceller » nos échanges . La véritable question peut être alors : que voulons nous faire de nos échanges et quelle institution mettons nous au « pouvoir » pour gérer et maîtriser ces outils .

      Et éviter que , comme actuellement , ce soit l’outil qui dicte les fins et les institutions .

      1. Bonjour Juan,

        Ce qui me paraissait intéressant dans la critique de Graeber – et d’autres illustres avant lui – du mythe du troc c’est qu’il remet en cause l’idée d’un individu isolé ou de marché – chère à notre Jduc national – ce qui conduit en droite ligne aux théories de l’échange contemporain et leur assure une pseudo-légitimité historique fallacieuse, quand, au contraire, et comme le montre aussi Jorion dans le cas des pêcheurs africains, il s’agit d’une activité collective associant tous les membres d’une communauté dans la notion de partage.

        C’était le seul objectif de mon commentaire à Annie.

        A cet égard on peut se reporter à la passionnante série documentaire diffusée sur Arte : Capitalisme.

        Spécifiquement pour la question qui nous occupe ici le vol.1 à 12mn12s : Réfutation anthropologique d’Adam Smith :
        https://www.youtube.com/watch?v=KRA84HkMH5w

        Bonne journée !

  17. Saint Augustin avait tranché , à sa façon , l’antinomie entre indispensable et superflu (cité par Blaise dans sa douzième lettre aux révérends pères jésuites ).

    « Nous avons beaucoup de superflu , si nous ne gardons que le nécessaire; mais , si nous recherchons les choses vaines ,rien ne nous suffira.Recherchez , mes frères, ce qui suffit à l’ouvrage de Dieu , et non pas ce qui suffit à notre cupidité, et souvenez vous que le superflu des riches est le nécessaire des pauvres . »

    Bon , mais Dieu est faiblard . Il n’y a plus que l’état démocratique providence pour que la cupidité démoniaque de l’outil capitaliste ne le remplace pas .

    1. Blaise n’était pas dans les défavorisés … je ne suis pas sûre que les paysans sous Louis XIV particulièrement avaient beaucoup de superflu… qu’il parla pour la Cour tant qu’il voulait… et son quiétiste lui suffisait à lui !

      1. C’est Saint Augustin qui écrit ( simplement cité dans la lettre de Blaise ). On trouve généralement une filiation en Saint Thomas ( et le thomisme ) et lui . Saint Thomas emprunte par ailleurs aussi à Aristote .

        Ce qui m’accroche chez Saint Augustin ,c’est que sa pensée se confronte à un événement qui ressemble à notre histoire du moment : effondrement de l’empire romain( du capitalisme ?) , montée de la barbarie et de la violence . Il marque une époque qui s’achève tragiquement et il pense celle qui commence ( l’ère chrétienne).

        Lui s’en sortait en posant que dieu , via l’amour , était le guide aussi bien de l’homme que des  » cités » . L’homme y perd en liberté ce qu’il gagne en amour .

        A quelle aune faut il peser aujourd’hui nos degrés de liberté , pour échapper à la barbarie et au désastre , et quelle y est la place de la gratuité , sans doute parmi d’autres artifices humains et non pas ( plus , dieu est mort ) divins ?

    1. Cloclo.
      1) Fais attention également à ne pas écouter France Q en descendant les escaliers, au risque de finir comme une ancienne ministre – t’imagines la honte. Gaffe, les chutes tuent 3 fois plus que la route.
      2) Fais le test de Rosling, lis Pinker et reviens nous moins niais – pas trop vite kâmême, surtout dans les escaliers.

  18. @ tous et plus particulièrement @2Casa

    Ne serait-il pas possible de mettre en acte cette proposition de gratuité. Serait-ce possible dans des cadres associatifs-coopérant, de territoire/s ?

    Il est fait tout un tas d’essais dans la réalité sur des territoires circonscrits, de mise en œuvre comme les monnaies locales,

    Cela serait mis en œuvre par des volontaires qui sont motivés, mais bien sûr peut-être que trouver des élus volontaires peut être difficile ? quoique nous n’avons pas que des « réactionnaires » parmi nos élus !

    pour comprendre et mettre à l’épreuve une telle proposition rien de tel que la réalité !
    (à moins que cela existe déjà quelque part sur Terre ? et dans ce cas nous en informer).

    1. Bonsoir Annie,

      Quelque part sur Terre… Peut-être !

      Le peu d’expériences dont j’ai pu entendre parler hors ZAD, ou squatts artistiques hollandais ou néo-keupons rennais se situent là : https://fr.wikipedia.org/wiki/Coop%C3%A9rative_europ%C3%A9enne_Longo_Ma%C3%AF

      Exemple illustré par Pierre Carles dans sa vidéo déjà maintes fois citée ici.

      J’ai entendu parler d’un camping un peu collaboratif pas loin de chez moi, sur le mode une demi-journée de travail dans le potager contre le gîte et le couvert mais cela reste sur le mode vacances pour ce que j’en sais. Cela se pratique aussi en France et en Europe « à la ferme », version tourisme vert et cheap.

      Pas d’autres cas concrets sous la main. A moins que vous ne disposiez de 50ha boisés, bien irrigués à mettre à disposition on tombera vite sous le coup des arguments de M. Morlie : propriété, autorités, etc.

      J’avais bien proclamé l’indépendance de mon garage aménagé il y a quelques années mais… ça n’a pas duré ! La sécession c’est pas fastoche, z’avez qu’à demander à Lee.

      Dans ma commune, alors là, vu le public et l’orientation politique de la majorité de la population, à moins de brandir un panneau « arbeit macht frei » vous avez peu de chance d’être entendu et seule la prochaine canicule laisse espérer une inversion de la courbe démographique… à moins que cela ne se transforme en ville fantôme ! C’est déjà bien muséifié, les classes ferment, ma génération a été virée à 15 bornes pour cause de loyers stratosphériques et l’hiver, les larbins que nous sommes sont au chômage technique. La vie y est douce au demeurant mais la saison bien courte et les salaires rares et au lance-pierre ! Des rentes de situation pour les mieux lotis et quelques institutions qui tournent depuis Mathusalem. Bref, pas trop le contexte !

  19. La gratuité de l’indispensable – sans l’ouverture de territoires d’autonomie collective – , permettra de rester chez soi et de casser la graine « tranquille », mais pour « un peu de rab  » … il conviendra toujours d’aller se subordonner à l’autorité des possédants et de leurs experts ?

  20. @Juannessy
    « Pourquoi ? » en réponse à mon « Essentiel ! » suivant votre question « L’art , indispensable ou superflu ? »

    Pour faire court…
    L’art, outre sa part artisanale, est un domaine particulier, un méta-domaine, qui laisse une place importante aux intuitions, aux gestes spontanés, n’excluant pas pour autant toute sorte de calculs…
    Il permet de s’approcher du méta-physique, dans le sens de ce qui est écarté de la rationalité…
    Or, il me semble que cette dimension, accessible avec légèreté, subtilité, est une part constitutive essentielle de l’Humain.

    L’art, devient ainsi, à mes yeux, un outil privilégié (ou à privilégier) pour (re) trouver notre humanité…

    « philo » peut-être de café du comm…
    c’est en tout cas mon ressenti 😉

    On peut aussi l’écrire avec une majuscule, pour éviter tout amalgame avec sa contrefaçon !

    1. Merci d’avoir tenté de répondre à cette question peut être sans réponse .

      J’ai la mienne que je garde pour moi .

      On se bornera à noter que l’art n’est pas dans la boîte des indispensables évoquée par Paul Jorion dans la fin de son billet .

      1. @Juannessy
        « On se bornera à noter que l’art n’est pas dans la boîte des indispensables évoquée par Paul Jorion dans la fin de son billet . »

        Pourquoi se borner ? d’autant que ce n’est pas si sûr que l’art ne…
        Paul Jorion place en premier des indispensables: l’alimentation, alors qu’il ne m’apparaît pas qu’il néglige la « nourriture spirituelle »!

        NB cette dernière a aussi fait l’objet de marchandisation, offrant aux consommateurs des produits frelatés… et pas gratuits !

  21. En tout cas, pour un site moribond, cela faisait longtemps qu’on avait pas vu une discussion comme ça ! Trop bien !

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