Yanis Varoufakis à Paris, le 13 octobre 2017, par Emmanuel Rousseaux

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

Voici un petit compte rendu d’une rencontre à laquelle j’ai assisté vendredi dernier, où a participé en particulier, Yanis Varoufakis, à l’occasion de son passage en France. Il n’y a pas, pour moi, eu de « scoop » ou de révélation particulière, mais plutôt une occasion de sentir la teneur générale avec des intervenants intéressants, sur cette question cruciale de l’Europe. 

Dans ce cadre, Yanis Varoufakis apparait très en avance, en particulier au travers de sa proposition de « European New Deal » (Diem25) – où se trouvent esquissées certaines propositions sur la gratuité (« food stamps programme », etc.), ou de mesures visant à anticiper les effets de l’IA et de l’automatisation (financement par la perception publique de dividendes sur les sociétés du « digital »), des idées qui vont dans le sens de choses qui tiennent à cœur au Blog de Paul Jorion depuis longtemps.

Mon impression générale de cette séance, est du décalage (ou retard) important de ces problématiques dans le débat public français, qui se trouve au stade de la résistance plutôt que de l’offensive. En particulier sur le numérique, où Yanis Varoufakis a bien fait de dire que l’Europe en est à la préhistoire par rapport à ce qui se passe aux USA à la « Silicon Valley » (voire en Chine – où les investissements massifs dans la robotique sont même supérieurs à ceux des Etats-Unis) – On pourrait dire que la course a très largement commencé, alors que l’Europe commence juste à prendre conscience de l’importance de l’enjeu. Dans ce contexte, les pays de l’Europe, pris séparément, ne semblent pas faire le poids….

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Compte rendu sommaire de la rencontre le 13 octobre 2017 – à Paris, organisé par l’Institut Veblen : « Sauver l’Europe : comment ? Pourquoi ? », avec Guillaume Balas (député européen), Gaël Giraud (économiste AFD), Yannick Jadot (député européen), Dominique Méda (sociologue), Audrey Pulvar (présidente FNH) et Yanis Varoufakis (DIEM25).

Yanis Varoufakis insiste beaucoup sur les grands défis : dettes publiques et disfonctionnement du secteur bancaire, pauvreté et exclusion, climat.

Il y a nécessité de multiplier les actions aux échelles locales, régionales, territoriales et des villes, mais avec un objectif global de changer l’architecture néolibérale de l’Europe.

Il insiste sur les deux écueils politiques actuels, qui se renforcent l’un et l’autre : l’internationalisme-nationaliste et le néolibéralisme mondialisé.

Il prône la « désobéissance civile » vis-à-vis de la politique européenne – (mais il n’en n’a pas précisé les modalités concrètes).

On doit s’opposer absolument au dogme du TINA, et du « business as usual ».

Dominique Méda fait fortement référence à Karl Polany, et à sa critique sur les rapports Travail / Capital. Elle insiste sur la situation « d’encastrement anti-démocratique » de l’Europe d’aujourd’hui. Elle constate les échecs répétés d’un projet d’une « Europe sociale », depuis plus de 30 ans. Elle indique le creusement des écarts et la divergence des pays actuellement, au lieu de la convergence recherchée, ainsi que l’accroissement des inégalités et la dégradation des services publics. Elle dénonce la doctrine du MOC, et de son slogan « jobs, jobs, jobs », qui vise à augmenter la quantité d’emplois au grand détriment de la qualité. Elle dénonce la doctrine toxique des GOPE et des recommandations de la Commission européenne, qui mènent à une destruction sans précédent des conditions sociales. Au lieu de ça, elle prône la réalisation d’une Europe de la diversité, de la culture, des valeurs humanistes, de l’augmentation des capacités de chacun des pays.

La situation actuelle oblige à penser à une bifurcation (radicale). L’enjeu écologique doit être placé comme la priorité n°1, et conditionner entièrement un nouveau modèle de développement. Cette considération oblige à penser une société « post-croissance ». Celle-ci doit d’abord « prendre soin » (care) du patrimoine humain et naturel. Dans cette perspective, on se doit de penser à de nouveaux indicateurs économiques. Il faut donc concevoir un projet européen avec de nouveaux objectifs, qui puisse « enthousiasmer les citoyens et les jeunes » (notez que Dominique Méda était dans l’équipe de Benoit Hamon lors des élections présidentielles). Ce projet européen nécessite une réduction des disparités entre les régions d’Europe, et nécessitera des transferts économiques entre les pays. On pourrait penser à la création d’un nouvel organe social européen, qui intégrerait en particulier les exigences des conventions de l’OIT. Il y aurait à penser comment les salariés pourraient être associés plus étroitement à la gestion des entreprises, et comment promouvoir la démocratie dans l’entreprise.

 

La critique de l’Europe de Gaël Giraud a porté d’abord sur la Banque centrale européenne, en tant qu’institution anti-démocratique. Il en a rappelé l’historique : la fondation de la banque centrale allemande, créée indépendante à l’après-guerre, pour éviter toute tentation de création monétaire en vue d’un financement militaire. Il rappelle comment les socialistes ont renoncé à leurs idéaux sociaux, en se vouant entièrement à l’économie de marché. Il indique comment la BCE pourrait aider directement au financement de la transition énergétique et à la résorption des dettes publiques. Il pourrait y avoir un « QE vert » à l’usage des ménages, plutôt qu’à celui des banques privées.

Du système monétaire et financier actuel découle une sorte de trappe déflationniste qui affaiblit les économies des pays de la zone euro. Il indique la nécessité absolue de couper court au chantage bancaire actuel, et de la nécessité de lutter contre le shadow-banking. Il dénonce la fausse mesure de la création de l’Union Bancaire Européenne, prétendument pour remédier à des défauts de banques – l’exemple récent en Italie en donne une preuve contraire, avec la faillite qui a été répercutée sur le contribuable italien. Il indique que 40% des banques européenne ne sont pas viables aujourd’hui, compte tenu de leurs « actifs pourris ».

Yannick Jadot insiste sur la nécessité de réformer l’Europe, en s’appuyant prioritairement sur la société civil. Il regrette le CETA (échec), et se réjouit du retour du thème de l’Europe dans le débat public français. Il indique que l’Europe ne doit pas être vue uniquement comme une somme de traités, et qu’elle n’est pas une prison. Il formule une critique à l’encontre du néolibéralisme, qui est en opposition avec l’idéal européen, et qui crée la défiance des peuples. Il dénonce la dérive actuelle d’une « post-démocratie », et d’une société vouée entièrement à la « com ». L’Europe doit être une communauté de droits. Il faut lutter contre les extra-territorialités des décisions, en particulier générées par les multinationales.

Guillaume Balas fait un petit rappel historique de la mondialisation. Depuis les années 70, la forme qu’a prise la mondialisation a renforcé le pouvoir du Capital sur le Travail. A cela s’ajoute aujourd’hui la crise écologique. L’automatisation renforce l’affaiblissement du Travail face au Capital ; d’où la précarisation, le sous-emploi et le chômage de masse. La situation actuelle a mis fin à une sorte de compromis historique entre Capital et Travail. Il faut donc remettre au centre le bien commun et l’intérêt général. Il insiste sur la nécessité de recréer un « imaginaire politique », et ne pas se restreindre à une vision technique. Il relève que ces enjeux se posent actuellement dans tous les pays européens, et que la question est de pouvoir relier tous ces mouvements européens alternatifs.

Conclusion de Yanis Varoufakis

Le plus grand ennemi est la soumission au TINA. Le défi, en France, sera de mobiliser les 50% de personnes qui se sont abstenues de voter. La priorité est de concevoir un programme pour les gens. Il faut que ce programme aboutisse à des propositions concrètes, qui puissent être applicables et avoir des résultats immédiats en cas de prise du pouvoir. Il rappelle que depuis plusieurs années, la France est à peine en situation de stagnation, alors qu’elle aurait dû bénéficier des politiques de redressement depuis longtemps.

Il indique les principes du programme de DIEM25 (« new deal européen »), en trois temps :

1/ Stabilisation de la zone euro
2/ Plan de relance écologique et social
3/ à 10 ans, mise en place d’une politique « post-capitaliste ».

Il indique que dans les conditions actuelles, l’Europe serait en mesure de mobiliser immédiatement un montant de l’ordre de 50 milliards d’euros pour une relance sociale et écologique et pour financer un « new deal européen ». Il prône un traitement des dettes publiques en les scindant en deux parties : la partie rentrant dans la règle des 60% du PIB des traités européens laissée à la charge des pays (« bonne dette »), et le restant externalisé. Le programme prévoit un volet « anti-pauvreté », qui inclurait en particulier un « food stamps programme » financé directement via la BCE (à l’opposé du QE actuel).

Il prône un système de monnaie digitale, via une plateforme bancaire digitale, séparé des banques privées et des banques d’investissement, comme moyen de paiement au service des citoyens.Il prône la création d’une « green transaction work agency » pour la conception et la mise en œuvre d’un plan de transition énergétique à l’échelle européenne. Il insiste sur l’utilité d’un dispositif visant à créer de l’emploi local, via les programmes écologiques, de fixation des populations (contre les migrations forcées, qui ravagent à long terme les pays périphériques, en particulier, en prélevant la jeunesse la plus formée).

Il attire l’attention sur l’importance des GAFA et le risque très important que cela fait courir à l’Europe. Comparé à ce qu’il y a dans la Silicon Valley, l’Europe est à un stade de « moyen-âge technologique ». Il indique le projet de financement par le numérique, par l’automatisation et l’IA, en mettant en place une participation publique à hauteur de 10% dans le capital des entreprises « digitales », générant ainsi un dividende permettant une source de financement des programmes publics.

Sur une question du public, il indique que le changement d’orientation de l’Europe proviendra d’abord d’un rapport de force, avec l’appui des populations, depuis la base. Pour cela, il faut développer des projets concrets. Vouloir passer par un préalable de modification des traités n’est pas pertinent, ce serai invalidant et paralysant (c’est un piège, tendu en particulier par les courants de droites « nationalistes »). Il indique l’enjeu majeur du Big Data Market, et de la nécessité d’une souveraineté numérique européenne, face aux géants « Big Brother» de la Silicon Valley.

Il indique la nécessité d’une politique industrielle européenne (souveraineté industrielle) à l’exemple des USA – de type « Buy European Act » – ex. la Chine et les USA ont aujourd’hui chacun développé un projet de batterie électrique, et pas l’Europe. Il y a donc la nécessité de propositions concrètes et d’une vision longue, à 25 ans (DIEM 25).

(A noter que ces propositions sont explicitées dans le document-programme du « New deal européen » de DIEM25).

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Je suis également passé hier après-midi assister à la rencontre annuelle organisée par « l’Appel des Appels » (ADA) – il s’agit d’un mouvement principalement porté par l’un de ses initiateurs, Roland Gori (psychanalyste et président de l’ADA), créé depuis une quinzaine d’années – Le thème très intéressant était : « l’avenir est-il promis à de nouvelles prolétarisations ? Colères et alternatives des professionnels précaires et en voie de précarisation » ( les journées ont été filmées et seront visionnables sur youtube dans une dizaine de jours). Les thèmes particuliers étaient : « l’ubérisation et le démantèlement des institutions », « Vivre et travailler à l’épreuve de la précarité : quelles sont les propositions pour sortir de ce processus ».

Alors que les personnes présentes étaient plutôt issues des « métiers de l’humain » (personnels soignants, éducateurs, psychologues, mais aussi chercheurs (du CNRS par exemple)), des problématiques convergentes sont apparues dans les débats : résistance contre une certaine culture de l’évaluation, dévalorisation de la notion de « métier », application de solutions de court terme (moins coûteuses et plus profitables – exemple : traiter les symptômes plutôt que les causes), difficulté à résister au rouleau compresseur « néolibéral » et à une certaine culture managériale des entreprises privées appliquée à toutes les institutions, et de façon générale, déshumanisation, et confusion entre la fin et les moyens…

Ce groupe se pose fortement la question des moyens de résistance et de lutte, et fait le constat de l’atomisation, de la dispersion des initiatives, voire de la division (en silos, en partis, en « chapelles », en catégories socio-professionnelles ou économiques, en rivalités d’idées, d’individus ou d’organisations, qui fait largement le jeu de cet « impérium idéologique néolibéral » et du pouvoir en place), et de diversion. Il y a une grosse question de fédération, de « reliance », de « convergence » (il a été fait référence à « Nuit debout » et à Podemos). Il s’agit de savoir comment peser suffisamment dans ce rapport de force général. C’est une vraie question stratégique, qui semble pour l’instant non-résolue.

J’y vois au passage un parallélisme avec la « problématique européenne », où force est de constater que le système actuel se trouve totalement verrouillé par le pouvoir en place (on dit aussi « l’establishment », ou l’oligarchie, etc…), et où la question d’une « bifurcation » possible (pour reprendre le mot de Dominique Méda ci-dessus) semble en l’état hors d’atteinte (faudra-il attendre une crise majeure pour ouvrir des voies alternatives (un « collapse ») ? (l’issue est très hasardeuse, et pourrait aboutir à un effet contraire à celui souhaité…).

Notez, en conclusion, une remarque de Roland Gori : prendre conscience que le progrès humain n’est pas donné (aujourd’hui, il se pourrait bien que nous soyons dans une phase d’inversion…)

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25 réflexions au sujet de « Yanis Varoufakis à Paris, le 13 octobre 2017, par Emmanuel Rousseaux »

  1. … »Il [VAROUFAKIS] prône un système de monnaie digitale, via une plateforme bancaire digitale, séparé des banques privées et des banques d’investissement, comme moyen de paiement au service des citoyens« …
    Peut-être utile d’expliciter ceci (trad.privée d’un extrait de https://www.project-syndicate.org/columnist/yanis-varoufakis )

    … » Laissons les banques centrales tranquilles, mais donnons aux gouvernements plus de poids dans la création de monnaie locale – et, en fait, une plus grande indépendance vis-à-vis des banques centrales – en établissant un système de paiements parallèle basé sur la monnaie fiscale ou, plus précisément, sur la monnaie adossée à de futurs revenus d’impôts et taxes.

    Comment cette monnaie fiscale fonctionnerait-elle ?
    Pour commencer, elle « vivrait » sur une plateforme numérique de l’administration fiscale, utilisant les identifiants fiscaux des individus et des entreprises. Toute personne ayant un identifiant fiscal (IF) dans un pays recevrait gratuitement un compte IF. Les personnes et les entreprises pourraient dès lors ajouter du crédit à leur compte IF, en transférant de l’argent de leur compte bancaire « normal », de la même manière qu’ils le font aujourd’hui pour payer leurs impôts. Et ils le feraient bien en avance par rapport à la date d’échéance de paiement de leurs impôts, car l’état leur garantirait d’effacer 1.080€ de l’impôt dû l’année suivante pour chaque 1.000€ transférés aujourd’hui – ce qui revient à offrir un intérêt annuel de 8%, payable à ceux qui acceptent de payer leur impôt un an plus tôt.

    En pratique : une fois que, disons, 1.000€ ont été transférés sur le compte IF, un numéro d’identification personnel (le fameux code PIN) est généré. Ce code PIN peut ensuite être utilisé soit pour transférer les 1.000€ de crédit vers un autre compte IF, ou pour payer des impôts à venir. Ces euros estampillés pour de futurs impôts, ou euros fiscaux, peuvent être détenus pendant un an, jusqu’à ce qu’ils viennent à maturité, ou jusqu’à ce qu’ils soient utilisés pour effectuer des paiements au bénéfice d’autres contribuables. Des applications pour smartphone, ou même des cartes fournies par l’état (qui fassent aussi focntion de cartes de sécurité sociale, par exemple) rendront ces transactions aisées, rapides, et quasiment impossibles à distinguer d’autres transactions utilisant la monnaie de la banque centrale.

    Dans ce système de paiements fermé, plus la monnaie fiscale approche de sa date de maturité, plus les contribuables qui ne possèdent pas encore cette cuvée nourriront la demande pour celle-ci.
    Pour assurer la viabilité du système, le Trésor doit contrôler la totalité de l’offre de monnaie fiscale, en utilisant un taux d’intérêt efficace, de manière à garantir que la valeur nominale de l’ensemble de l’offre n’est jamais supérieure à un pourcentage du revenu national, ou des impôts agrégés, avec l’accord de l’organe législatif. Pour assurer une transparence totale, et donc la confiance, un algorithme de « chaîne de blocs » (blockchain), conçu et contrôlé par une autorité nationale indépendante, pourrait régler les transactions en monnaie fiscale.

    Les avantages de la monnaie fiscale sont nombreux. Elle fournit une source de liquidité pour les gouvernements, en court-circuitant les marchés des obligations. Elle limite la manière dont les emprunts d’état nourrissent la création de monnaie interbancaire, ou au moins forcent les financier à bloquer une partie de leur monnaie interbancaire dans le système fermé de monnaie fiscale national, et ce faisant elle minimise les chocs résultant d’une fuite soudaine des capitaux. Et, en entrant en compétition avec le système de paiements bancaires, elle réduit le coût des frais que les clients paient actuellement.

    En effet, grâce à la technologie des « chaînes de blocs », la monnaie fiscale constitue un système de paiement public totalement transparent, et sans aucun coût de transaction, qui est surveillé conjointement par tous les citoyens (et non citoyens) qui y participent.

    D’un point de vue politique, la monnaie fiscale est également vendeuse. Grâce à elle, les gouvernements pourraient utiliser toute faiblesse de l’offre de monnaie pour recharger les comptes IF des familles dans le besoin, pour pour payer des travaux publics, ce qui la rendrait attractive pour les progressistes. Quant aux conservateurs, ils devraient être intéressés par un système qui promet une baisse d’impôts significative pour ceux qui aident l’état à créer de la monnaie fiscale, sans empiéter sur le rôle de la banque centrale en matière de fixation des taux d’intérêt.

    Du point de vue transnational, les avantages potentiels de la monnaie fiscale sont aussi importants. Par exemple, la monnaie fiscale aurait aidé la Grèce à résister à l’ingérence de nos créanciers en 2015, et elle était au cœur de mon plan pour gérer la fermeture prédatrice de nos banques, imposée par la BCE à la fin du mois de juin de la même année. Aujourd’hui, elle donnerait à l’Italie, à la France et à d’autres membres de la zone euro un espace fiscal bien nécessaire, et elle pourrait peut-être fournir les bases d’une zone euro refondée, dotée d’euros fiscaux nationaux imbriqués plutôt que de monnaies parallèles, jouant un rôle macroéconomique de stabilisation. Et ensuite, peut-être, ils pourraient devenir la base d’un nouveau Bretton Woods, en fonctionnant comme une union de compensation générale de nombreux systèmes de monnaie fiscale différents.« 

    1. DiEM25: a detailed proposal on creating an electoral wing
      27 September 2017

      European New Deal and radical Europeanism
      « When DiEM25 was formed, its Manifesto stated that :
      We consider the model of national parties which form flimsy alliances at the level of the European Parliament to be obsolete. While the fight for democracy-from below (at the local, regional or national levels) is necessary, it is nevertheless insufficient if it is conducted without an internationalist strategy toward a pan-European coalition for democratising Europe. European democrats must come together first, forge a common agenda, and then find ways of connecting it with local communities and at the regional and national level. »
      https://www.opendemocracy.net/can-europe-make-it/diem25/diem25-detailed-proposal-on-creating-electoral-wing

  2.  » …/… Il prône la « désobéissance civile » vis-à-vis de la politique européenne – (mais il n’en n’a pas précisé les modalités concrètes). …/…  »
    Tout est dit, rien n’est dit.
    La question première est de savoir si on envisage de modifier l’UE ou si on envisage de construire autre chose.
    Au vu de l’historique de la construction de l’UE et des événements récents, je ne crois pas un instant à la viabilité d’un plan de renégociation, des traités, quel que soit le vocable sous lequel on le propose, ici, la « désobéissance civile ».

    1. Pour y voir (peut-être) plus clair :
      http://tempsreel.nouvelobs.com/economie/20170925.OBS5129/yanis-varoufakis-mon-plan-pour-macron.html
      Extraits significatifs:
      … »Je crois pour ma part à une approche que j’ai appelée la « désobéissance constructive ». Vous proposez un plan A modéré, qui va dans l’intérêt de l’Allemagne et que Merkel elle-même, si elle se l’approprie, peut vendre au Bundestag comme étant son idée. Puis, si cela ne passe pas, vous « désobéissez » : vous refusez de signer quoi que ce soit. « Vous voulez m’expulser de la zone euro, allez-y ! »
      (…)
      La BEI [Banque européenne d’investissement, NDLR] peut jouer un grand rôle. Imaginez une conférence de presse commune, au cours de laquelle la BEI annoncerait qu’elle s’apprête à financer un grand programme, une sorte de New Deal, portant notamment sur les énergies vertes et la transition énergétique. Elle investirait jusqu’à 5% du PIB européen, financé par des obligations qu’elle émettrait et que la BCE achèterait [dans le cadre de son programme d’assouplissement quantitatif, NDLR]. Un tel programme serait parfaitement conforme au droit européen. Emmanuel Macron pourrait demander qu’il soit lancé, en menaçant de mettre son veto sur toute décision future à l’Eurogroupe en cas de refus allemand. La stratégie gaullienne de la chaise vide appliquée à l’Eurogroupe ! Une chaise vide française pendant six mois, vous imaginez l’impact ? Sans un tel moyen de pression, vous n’arriverez à rien. Berlin vous traitera avec mépris.
      (…)
      Il faut donc créer un système commun, comme aux Etats-Unis, avec une garantie commune des dépôts, et couper le lien entre les trésors nationaux et les banques.

      L’idée de bâtir un système commun affole Schäuble : « 6.000 banques, c’est bien trop gros ! », dit-il. Très bien. Ce que je propose, c’est de créer un système commun avec pour commencer… zéro banque. Mais quand une banque grecque, espagnole, néerlandaise, allemande connaît un problème et a besoin d’être recapitalisée, elle entre dans ce système. Le Mécanisme européen de stabilité la recapitalise alors. Un nouveau conseil d’administration, où ne siège aucun membre du pays concerné, est chargé de la nettoyer et a deux ans pour revendre ses actions, afin de rembourser le MES.
      Ce que je propose est très modéré : ce serait une union bancaire qui grandirait pas à pas, mais qui permettrait de casser immédiatement le lien délétère entre les pertes bancaires et la dette publique des Etats. Toutes les banques pourraient par la suite rejoindre ce système sur une période de vingt ans. »

      1. Visiblement, le bonhomme, M.Varoufakis, cherche du travail. Je m’étonne de sa naïveté de croire que l’on fera appel à lui, lui qui a été vomi par les tueurs à gage de l’Euro-Groupe et chassé comme un manant. Que s’imagine t-il vis à vis de Macron, le roi des « fainéants » ? C’est la Bastille Européenne qu’il faut prendre désormais d’assaut, afin de chasser purement et simplement les personnes qui ne sont plus dignes de l’idéal européen. un « idéal de civilisation » hier tant vanté et si mortifère aujourd’hui ; rendu morbide et avilit par celles et ceux qui ont redressé le pont-levis. Aux armes législatives, Citoyennes, Citoyens Européens ! Entrons dans tous les parlements !

  3. Tout ca est bien dit, mais reste à un niveau purement théorique, contemplatif. Ce qui manque, ce sont des plans d’action, de concrétisation. Même des énarques parisiennes vous font des analyses de ce genre, powerpointées et bien commentées, mais on cherche en vain les conclusions pratiques – et surtout appliquables.

  4.  » …/… Il indique que dans les conditions actuelles, l’Europe serait en mesure de mobiliser immédiatement un montant de l’ordre de 50 milliards d’euros pour une relance sociale et écologique et pour financer un « new deal européen …/…  »
    C’est à peine plus que le cadeau fiscal de la France à ses riches . . . sans aucune contrepartie . . .
    Ce chiffre de 50 milliard d’Euros pour l’UE, est dérisoire.
    Un seul pays pourrait quasiment autant que tout l’UE ?

  5.  » …/… Le plus grand ennemi est la soumission au TINA. Le défi, en France, sera de mobiliser les 50% de personnes qui se sont abstenues de voter. …/…  »
    Pour ma part je dirai plutôt : Le plus grand ennemi est le miroir aux alouettes de « l’Europe sociale », et le défi, en France, sera de prendre en compte les 54% de votants, qui en 2005, ont dit non au « traité établissant une constitution pour l’Europe », père naturel du traité de Lisbonne.

  6.  » …/… Il prône un traitement des dettes publiques en les scindant en deux parties : la partie rentrant dans la règle des 60% du PIB des traités européens laissée à la charge des pays (« bonne dette »), et le restant externalisé. …/… »
    Donc « désobéissance civile » mais pas sur plus de 40% des traités . . . et en conservant la logique des traités comme l’alpha et l’oméga de la conduite de la politique des Etats . . .
    Je ne vois pas de cohérence au propos.
    La dette de l’Etat devra faire l’objet d’un audit, et contrairement à ce qui s’est passé en Grèce, cet audit ne devra pas être enterré sans suite. Pour ce faire il faudra instituer une instance indépendante de l’Etat, ayant des pouvoirs comparables à ceux des commissions d’enquêtes parlementaires, dont les conclusions, d’une façon ou d’une autre, s’imposeront à l’Etat.

  7. Je lis :  » Il y a une grosse question de fédération, de « reliance », de « convergence » (il a été fait référence à « Nuit debout » et à Podemos). Il s’agit de savoir comment peser suffisamment dans ce rapport de force général. C’est une vraie question stratégique, qui semble pour l’instant non-résolue.  »

    Et personne dans le cercle d’aveugles, de sourds et de malentendants n’a pensé à faire référence au mouvement fédérateur qui a rassemblé 7 millions de personnes aux dernières élections présidentielles, à savoir le  » Mouvement de la France Insoumise » ? Risible, non ? En tous les cas, la volonté de ne pas nommer ce mouvement autant politique que culturel en dit long, sinon sur les organisateurs de la conférence, du moins sur l’impensé des conférenciers. Mais j’ai trop d’admiration ou de sympathie pour M.Roland Gori pour croire que cet oubli manifeste et « magnifique » puisse venir de lui.

    1. Entièrement d’accord. Ne serait-ce pas parce que programme de la FI risquerait effectivement de tuer la « pensée en rond » ? Pourtant le programme économique de la FI est « gentillet »…
      Immense foutage de gueule de gens qui comme Y.V. sont autant honnis en Grèce que son ex partenaire Tsipras.
      Chercher l’erreur !

      1. « Gens comme Y.V. sont autant honnis en Grèce… ». J’avais entendu ça, mais je me demandais pourquoi ? Certes, jusqu’à présent la négociation a échouée face à la Troïka, mais il s’active avec DIEM25, et fait des propositions qui sont plutôt favorables à son pays…. Mais ?

  8. Le point 2 du programme Diem 25 de Y.V. me semble devoir
    être le plus consensuel.Il convient donc de le pousser à fond.S’agissant du point 1,je pense qu’il faut passer par
    les préconisations de Bernard Schmitt(1929-2014)(cf. ses
    publications disponibles depuis 2005 qui s’adressaient
    à la »Troïka »,et bien sûr aux divers gouvernements..)
    les uns et les autres sourds comme des pots.
    Quant au point 3,je pense qu’ Emmanuel Rousseaux a
    raison d’évoquer le lien avec l’ADA de Roland Gori.

    Penser sérieusement au « post-capitalisme »,c’est d’abord « militer » à l’instar de Paul.Et c’est démasquer
    avec lui et avec d’autres toutes les impostures et
    supercheries.Certaines de ces supercheries sont par
    exemple dénoncées par Steve Keen,l’australien.On peut y ajouter ce qui concerne « la concurrence libre et
    non faussée »(qui a été cachée dans le Traité scélérat de
    Lisbonne,mais qui reste vivante dans l’esprit des
    fossoyeurs de l’actuelle soit-disant construction européenne).Ce concept est d’une sottise totale et
    définitive.C’est extrêmement simple de comprendre
    cela.Il est absolument clair qu’en présence d’unités de
    grandes dimensions,ce qu’on appelle « concurrence »
    LIBRE,n’est que liberté pour ces grandes unités de faire
    ce que bon leur semble,et naturellement en fonction de leurs propres intérêts.Voilà pour l’aspect « liberté »…
    (qui,en l’espèce, opprime d’autant plus -comprends-tu
    Tirole?- que le « pouvoir de marché »de ces unités est fort,
    c’est-à-dire le rapport de forces élevé).Quant à l’aspect
    « non faussée »,déjà évoqué bien sûr… il s’épanouit si j’ose
    dire avec les distorsions fiscales…Et sur ce plan les
    « responsables » « européens » se moquent du monde.
    (il est vrai qu’avec des gens de type Barroso,il ne faut pas s’étonner de « reculer » plutôt que d »avancer »!.).
    S’y ajoutent les stupidités organisées des TAFTA et CETA
    Bref du n’importe quoi ,du presque tout et du je sais ce que c’est,pour évoquer ici,Vladimir Jankélévitch. Vu?

      1. Ben oui, de la bonne soupe de Sciences-Po…..(faut dire que c’est un plaidoyer…d’un avocat !) – Un joli conte de fée, et il faudrait juste voir la réalité, les rapports de forces, et les contournements en tout genre, guerres économiques et autres….

      2. à vigneron,16-oct.-2017,16h03
        Bon.Pas complètement sans intérêt,ce renvoi au plaidoyer de Olivier Freget et cette évocation du boulot de la(grande)Commissaire danoise à la Concurrence…Mais,…l’avocat d’affaires ne saurait que se
        régaler de signatures de traités d’échanges internationaux (contrats en hausse potentielle assurés);quant à la Dame Vestager,elle fait sans doute
        ce qu’elle peut,mais se limite à une position de type
        « centre gauche »,très marquée « libéralisme international »…,et au sein d’une Commission globale
        ment assez peu évoluée….
        Alors une info:le grand spécialiste de la « concurrence » qu’était notre Nobel d’économie Maurice Allais(qui dut attendre 1987 la distinction,en
        grande partie parce qu’il avait vexé ces messieurs prof
        d’économie US en leur démontrant EMPIRIQUEMENT
        qu’ils n’avaient pas de comportements rationnels,or
        notez que le petit Richard Thaler est récompensé pour
        ce genre d’idée,en 2017….bravo les gars de la Banque de Suède…) a publié en 1999(Editions Clément Juglar
        Paris un ouvrage essentiel « dédié aux innombrables victimes dans le monde entier de l’idéologie libre-échangiste mondialiste,idéologie aussi funeste qu’erronée ».)…Allez,vigneron,un peu d’ouverture d’esprit SVP !.Et respect pour notre Nobel,bien plus
        français que Debreu,ou même que Tirole,tous deux
        très « américanisés »,notamment celui-là.Et oui,voyez-
        vous,bien qu’ayant beaucoup bougé dans le monde,et
        n’étant pas bêtement « nationaliste »,j’aime profondément mon Pays.Et je suis très fâche de le voir
        mal « barré » dans une Europe mal « barrée »,à cause
        d’idées mal « barrées ».ou plus exactement d’une idéologie tout à fait stupide et mortifère.

  9. Bon, le FMI n’a pas attendu le départ de Maduro pour faire ses p’tits calculs.
    Ben ce sera un mix gréco-argentin le sauvetage, dans le genre massif quoi, hors-normes effèmiennes donc, pour pas changer.
    30 Milliards de dollars par an à injecter pendant un certain nombre d’années, et juste pour pouvoir importer (i.e bouffer, se soigner, etc) et financer le déficit budgétaire…
    C’est Inspirant le Bolivarisme, pas vrai Emma Méluche ?
    https://amp.ft.com/content/3908e5c0-b19b-11e7-a398-73d59db9e399

    1. M.Varoufakis  » prône un système de monnaie digitale, via une plateforme bancaire digitale, séparé des banques privées et des banques d’investissement, comme moyen de paiement au service des citoyens « .

      J’aimerai bien connaitre l’avis de M.Jorion sur cette proposition.
      Merci.

      1. … »J’aimerai bien connaitre l’avis de M.Jorion sur cette proposition.« …
        Moi aussi.. et pas que! ( + politique macronienne de la chaise toujours occupée par un mec qui dit systématiquement « niet »..!) François Leclerc pourrait aussi se « mouiller » sur les deux sujets?

    2. à vigneron,16-oct.-2017,16h55
      Et voilà.Vigneron de nouveau obsédé qui fait une fixation
      sur Mélenchon et…le Vénézuéla.En paraphrasant un
      certain Edouard…je serais tenté de « vous demander de
      vous arrêter ».Mais,en êtes-vous capable?That is the
      question….En tout cas,c’est celle que je vous fais.
      (veuillez pardonner mon respect pour Maurice Allais,il
      était de temps en temps mon voisin au Comité Directeur
      de l’Association Française de Science Economique.C’était
      déjà il y a assez longtemps…)

  10. Je profite de la tribune de M.Jorion pour appeler à ce que le visage de la blogueuse Maltaise Madame Daphne Caruana Galizia ne soit jamais oublié, ni bien sûr son combat contre la corruption endémique de son pays : Malte.

    Je propose que son souvenir édifiant, via le visage de la  » lanceuse d’alerte  » – assassinée ce jour – soit inscrit sur les billets de banque européens ; sur notre monnaie vide d’images et de sens politique.

    http://www.lemonde.fr/europe/article/2017/10/16/daphne-caruana-galizia-celebre-blogueuse-maltaise-tuee-par-une-bombe_5201748_3214.html

    Merci.

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