150 réflexions sur « Positive Economy Forum : Le monde en 2517 – Attali, de Rosnay, Jorion, le 6 octobre 2017 »

  1. Petit questionnement pour animer la troisième mi-temps …

    L’assemblage des cellules souches, devenues ensuite spécifiques, en structure neuronale cérébrale suit un programme intelligent encodé dans l’ADN. Bien.
    Cela semble rationnel, bien que pas totalement convainquant quand on cherche à y couper les cheveux en quatre. Mais bon, cela relève encore d’une démarche scientifique à portée explicative acceptable.
    Pour la transmission transgénérationnelle de l’ADN soumise, au niveau de l’écosystème, aux impératifs de la sélection naturelle, la raison a toujours son mot à dire.
    On peut comprendre que ce processus aboutisse, au fil des siècles, à faire naître des êtres biologiques aux aptitudes fonctionnelles intelligentes relativement performantes, comme l’être humain.

    Mais là où bloquent les sciences cognitives : la transmission transgénérationnelle de l’aptitude psychique individuelle humaine à traduire la structure cérébrale (quanta) en conscience subjective (qualia).

    Pour l’exemple du cube bleu ci-dessus, la psyché humaine traduit la structure neuronale de traitement de l’info quantique relative au cube 3D en une sensation subjective de « cube bleu 2D en relief avec point-de-vue ».
    Cette aptitude remarquable se transmet bien de génération en génération, apparemment.

    Il reste difficile de considérer rationnellement que cette transmission puisse se faire via le seul code génétique ADN.

    Question ouverte aux sciences cognitives de demain (et déjà d’aujourd’hui) :
    « Par quel processus s’effectue alors cette transmission transgénérationnelle ? »

    Quelques éléments pour alimenter le questionnement (mais n’y apportant malheureusement pas de réponse) …
    http://pierresartondujonchay.over-blog.com/2017/09/la-monnaie-sous-l-angle-d-une-correlation-quanta-qualia.html

    Petite exigence scientifique : les réponses mystico-religieuses comme l’occasionnalisme de Malebranche ne sont pas ici admises comme valides.
    Il va falloir chercher « ailleurs ».

    Bonne réflexion.
    Cordialement,
    pascal

  2. Wolfgang Pauli dirait que « l’univers se comportait plus comme un esprit que comme une machine », et Max Planck avait dit avant lui qu’il « regardait la conscience comme fondamentale , car la matière en découlait ».

    Ceci étant en ajoutant E =MC2 d’un certain autre qui déforme le temps , on accède vite au vertige que je renvoie aux mystères pour ne pas tomber justement dans le piège de la facilité qui renvoie aux simplifications religieuses , ou à celles du couple quanta/qualia .

    Je cale . Mon rasoir d’Ockham est émoussé . Il rasait sans doute trop simple .

    1. Concentré intéressant, à décortiquer, d’hypothèses réistes toutefois … mais une bonne base de travail pour développer une critique ontologique du réisme en général.

      Vous effectuez à un moment un pas de danse intéressant en marche arrière, pour libérer votre psyché de ces réflexes de réification par projection mentale (vous êtes proche de l’étape qui éclate les « illusions de la māyā », pour reprendre une terminologie hindoue, que je n’apprécie pourtant pas outre mesure).

      Vous terminez néanmoins votre danse par un dernier pas qui repart en avant dans le piège réiste : mystère(s).
      Puis vous vous reprenez enfin pour reculer … à un pouce de la libération : votre dernière phrase qui ressemble à la situation d’un méditant bouddhiste acculé dans l’impasse d’un kōan.

      Le moteur du kōan consiste à accepter son propre état psychique de perplexité … sans laisser son mental y répondre par des constructions, réistes ici dans le questionnement proposé.

      « Mystère » constitue la première étape des réflexes anxiolytiques de réification en réaction à l’inconfort psychique de l’état subjectif de perplexité.
      A près cette première étape suivent généralement les constructions mentales comme celles dont vous vous méfiez à juste titre : les simplifications religieuses ou scientifiques.

      Je vous invite à étendre cette méfiance vers une remise en cause plus approfondie d’autres simplifications réistes : univers, matière, E=mc2, déformation du temps, …

      Puis pour finir par ne même plus évoquer la notion de mystère pour vivre plus intensément cet état de perplexité.

      Ensuite vous pourrez danser à votre guise avec les constructions mentales sans les associer aux réflexes de réification.

      Très intéressant …

      P.s. Il est ici utile de préciser ici que la réification en psycho-phénoménologie bouddhiste (processus réflexe de la psyché tendant à considérer les constructions mentales comme des réalités en soi) n’a rien à voir, ou si peu, avec la notion homonyme de réification littéraire (simple acrobatie stylistique du langage).

      Il n’y a ni matière, ni univers, ni énergie sinon comme simples élucubrations mentales.

      Bon weekend,
      pascal

      1. Petite mise en garde …

        Un écueil, courant à ce stade, serait de laisser la psyché réagir intempestivement par des mécanismes de défense narcissique comme le déni.
        La suspension imprudente des mécanismes de réification associée à une exacerbation des mécanismes de déni risque de conduire le mental à élaborer une autre chimère : le nihilisme, dont la position extrême serait le solipsisme.
        Ceci est un écueil fréquent de ce genre de démarche, qui peut alors confondre la négation réiste du samsāra avec sa négation ontologique radicale.
        D’où l’intérêt ici de développer une ontologie non réiste (étape suivante … pas aujourd’hui).

        La négation ontologique radicale du samsāra est parfois vécue par le samnyāsin : cet écueil prend alors la forme d’un délire narcissique dans lequel le méditant ressent erronément une « fusion du soi et du Soi », élucubration qui, en ontologie non réiste, rélève d’une absurdité manifeste.
        Cet écueil fusionnel illusoire vient d’une autre errance du mental dans son amalgame entre les notions d’ipséité et d’identité. Ceci est une autre histoire.

        Bonne journée.
        Cordialement,
        pascal

      2. Je vais passer quelques nuits là dessus .

        A ce jour , ma construction mentale se trouve le moins mal à l’aise avec le « temps » dans ses quatre « états » , que vous jugerez sans doute trop « réifiés » , mais je n’ai pas encore trouvé mieux pour éviter de « péter les plombs » comme vous avez failli le faire .

        A suivre , si mon état de conscience me laisse …le temps de trouver d’autre étoile qu’un sourire .

  3. « Cet écueil fusionnel illusoire vient d’une autre errance du mental dans son amalgame entre les notions d’ipséité et d’identité. Ceci est une autre histoire. »

    Oups , assurément, et ce n’est QUE la partie « visible » de l’iceberg…
    Awful my friend, awful . What if your evil friend is bold but sick ?
    https://www.youtube.com/watch?v=4wsdksMsbUI

    De profundis clamavi ad te, Domine ?
    https://www.youtube.com/watch?v=xzkWUGZe7lQ

    Les Béatitudes.
    https://www.youtube.com/watch?v=dwLhhtCydAg

    1. On comprend mieux la phrase quand on a fait du latin (idem – Ipse) ou qu’on a lu Paul Ricoeur .

      En gros , dans le premier cas , on se reconnaît soi en fonction de l’autre , et dans le second on se reconnaît soi par soi même .

      « Les religieuses » sauraient sans doute mieux que cet excellent film de De Funès, éclairer les enjeux .

      Bise ( si on peut encore !) .

      1. « En gros , dans le premier cas , on se reconnaît soi en fonction de l’autre , et dans le second on se reconnaît soi par soi même . »

        Yep, amha aucune incompatibilité, mais « Rome » ne s’est pas fait en un jour… 😉
        Bise et moulti rebizz chaleureuses itou !

      2. Juannessy,
        Par inadvertance vous avez interverti premier cas et second cas. Comme vous j’ai lu Ricoeur, et je me souviens de quelques échanges par voie de presse entre Ricoeur et Bourdieu. ( Je précise que Bourdieu fut élève de Ricoeur à l’Ecole Normale supérieure de la rue d’Ulm, pas son disciple comme Macron toutefois.)

        L’identité c’est l’age, la carte d’identité, une appartenance sociale qui vous catégorise de telle ou telle manière. Une fixité, objectivable. L’ipséité relève d’une subjectivité, c’est le soi relativement à l’autre, aux autres. Ce sont les figures exemplaires passées, contemporaines, auxquelles on s’identifie, et à l’aune desquelles on règle une conduite de vie, autant dire quelque chose qui se vit, de mouvant, qui évolue, et n’est pas objectivable.

        Notre président Emmanuel Macron a eu pour maître en philosophie Paul Ricoeur, ce que confirment deux livres qui viennent de paraître (que je n’ai pas lus). On l’aurait finalement la figure du sage-président. Hum, à voir ! Quand bien même Macron serait fidèle à Ricoeur, encore faudrait-il déterminer si la philosophie de Ricoeur ne comporte pas quelque limitation qui expliquerait en partie du moins pourquoi le président a beaucoup de difficultés à convaincre et à susciter l’enthousiasme. Et qu’il a les sorties de route que l’on sait.

        Le point fort de la philosophie de Paul Ricoeur c’est d’avoir pensé une ipséité, loin donc de l’identitaire. Il n’y a pas non plus chez Ricoeur le cogito cartésien transparent à lui-même. C’est une pensée dialogique.

        La limite de sa pensée, pour penser le monde, et d’autant plus dans un monde en pleine transformation, où l’on se cogne au Réel, c’est il me semble qu’il y manque la prise en compte du rôle du rôle des structures sociales. Le collectif n’existe pour Ricoeur que dans la médiation politique. Ce n’est pas faute chez Ricoeur de s’être penché sur l’inconscient, mais il l’a fait comme si tout devait se rapporter à l’inter-subjectivité, et tout devrait s’y résoudre. Ricoeur s’est beaucoup intéressé aux sciences humaines, mais en réalité surtout à la linguistique, à la narratologie, et bien peu à la sociologie, ceci expliquant sans doute cela.
        Macron, encore un effort ! Mettez-vous à la socio, prenez quelques cours de rattrapage avec Jorion, et peut-être que vous comprendrez alors pourquoi vous avez eu quelques sorties de route langagières très préjudiciables pour la suite.
        Peut-être alors cesserez-vous de considérer que le capitalisme est soluble dans l’intersubjectivité, une intersubjectivité, qui manque de science.

      3. @PYD :

        Merci pour la rectification d’ordre . J’aurais eu un remords éternel d’avoir transmis à Gudule des contresens .

  4. On pourrait aussi à ce stade commencer une critique ontologique de la théorie de la vacuité du bouddhisme.
    C’est assez complexe.
    Cette théorie arrive à des conclusions qui sont partiellement intéressantes mais par des chemins rhétoriques biaisés et fondés sur des a priori (surtout grossiers, sur une approche non pertinente de la temporalité) facilement ré-évaluables. A décortiquer encore, évidemment. Mais toujours pas pour aujourd’hui. Désolé.
    Cette théorie (diluée en écoles, plus complexes qu’il n’y paraît a priori) déduit souvent et abusivement de l’académique « vacuité des phénomènes » une vacuité absolue de l’être (dans ses versions exotériques … par définition, les ésotériques ne m’étant pas accessibles mais je doute fortement de leur pertinence).

    Bon weekend,
    pascal

    1. Vacuité signifie ici en gros, selon la phénoménologie ordinaire, absence de réalité en soi.
      A partir d’une élucubration verbale « prénotionnelle » de la « réalité », tout langage parle ici dans « le vide ».
      Humour à trois balles (private joke surtout … pas sympa), désolé.

  5. Bonjour Pierre-Yves Dambrine,
    je ne parlais pas ici des multiples et non-exhaustives cibles des processus d’identification au niveau phénoménologique commun au sens large ni de de celles de chaque individu impliqué dans la vie sociale en particulier (soi-même, le clan, etc.) … mais des processus premiers qui, notamment, nous font déjà nous identifier à notre « corps physique » (nommé « corps propre » par une phénoménologie superficielle très scolaire et occidento-centriste du siècle derneir), lesquels sont surtout explicitement et très rationnellement critiqués par l’ontologie bouddhiste (pas seulement … mais aussi de plus en plus par la physique non vulgarisée qui évacue progressivement ces superstitions réiste naïves).
    Ce blog finit par donner l’impression d’une secte à l’idéologie particulièrement réductrice, surtout réiste, comme si l’on vivait encore au début du 20ème siècle.

    Bon weekend,
    pascal

    1. Vous parlez vite d’identité au niveau politique, lequel reste une extrapolation a priori idéologique.

      A ce niveau, ce n’est plus la philo qui prime mais les techniques d’ingénierie sociale et sociétale. La force actuelle en oeuvre, à ce niveau, c’est la masse populaire manipulée par les médias.
      La masse se fout de l’ontologie et de toute réflexion en général, elle réagit comme une bête pulsionnelle. Point.

      Je parlais à un niveau plus fondamental de l’identité au plan ontologique premier.
      Ricoeur est un auteur bobo franco-français que l’on aura oublié dans un siècle et qui reste peu connu hors francophonie. On peut parcourir indéfiniment la presse people mais quel intérêt ?

      Votre réflexion reste évidemment pertinente dans le cadre prospectiviste global de la vidéo, puisque la bêtise humaine participe jusqu’à présent et pour un temps à l’élaboration historique.

      1. Les diverses idéologies se télescopant ici sur le blog (et laissant probablement à certains une impression hâtive de diversité culturelle) restent malgré tout globalement formatées par l’académisme franco-français.
        Le chauvinisme en foot, c’est pittoresque.
        En philo et le reste, c’est plutôt comique.

        Ne surtout pas sortir du blog (ou des blogs franco-français) … au cas où l’on rencontrerait des pensées exotiques …

    2. « Ce blog finit par donner l’impression d’une secte à l’idéologie particulièrement réductrice, surtout réiste, comme si l’on vivait encore au début du 20ème siècle. »

      Pourriez vous développer?

    3. Pascal,
      n’étant pas suffisamment versé en bouddhisme spéculatif, je ne vais pas m’aventurer à vous répondre en ce qui concerne les objections qu’a le bouddhisme envers la phénoménologie. Par contre, j’ajouterai que la phénoménologie n’est pas toute d’une pièce, de même qu’au sein du bouddhisme il y a diverses « écoles » : Vijnavadin, Avatamsaka et quelques autres encore.
      Quant au corps propre oui, cela me semble une notion très importante, sans doute occidentalo-centrée selon vous, mais de même je pourrais vous renvoyer à un asiato-centrisme du bouddhisme. D’autre part, la notion de corps propre est tout sauf réiste justement. On n’est plus dans la relation d’objet mais dans la sensation, l’affect. Le corps propre c’est le corps que soi-même l’on ressent et qu’on ne peut ressentir que par soi-même. Quand vous avez mal quelque part, ce n’est pas un autre qui a mal, c’est bien vous.

      Bon week-end !

    1. Si c’est vraiment le cas , le nombriliste ne va pas attendre la réponse de l’anthropologue : il va donner lui même sa réponse !

      Ou faire des émules .

  6. Inde : 1,2 milliards d’habitants
    France : 0, 067 milliards d’habitants.
    Ratio (Inde/France) : 18.
    La population française vaut démographiquement le dix-huitième de la population indienne.
    On zappera aussi la comparaison avec l’extérieur des deux petits siècles d’existence d’une France révolutionnaire qui rejoint déjà les placards de l’Histoire …

    La culture indienne (à titre d’exemple) intervient sur les blogs français dans une proportion inférieure à l’inverse de cette proportion démographique (hors les parodies new age traduites en niaiseries bobos locales).

    Ouverture culturelle ou chauvinisme suicidaire ?
    Fini (depuis quelques décennies) le temps des colonies … retour à la réalité politique.
    Sinon demain ou après-demain, boom dans le mur.

    Je propose ici des options pour sortir du nombrilisme pseudo-culturel local bobo et participer enfin à l’histoire planétaire future …

    On peut évidemment s’étendre en interminables replis réactionnaires chauvins.

    Quel intérêt ?
    Se rassurer ? A propos de quoi ?

  7. Paul,
    mais quelle idée de publier une vidéo de prospective sur un blog de retraités nostalgiques ?! 🙂
    Bon dimanche,
    pascal

  8. « J’aurais eu un remords éternel d’avoir transmis à Gudule des contresens . »

    Yep, joliiii. Et moi donc… 😉

  9. Juan,
    Je concède être assez pignouf sur la forme dans mes expressions communicatives mais cela ne reflète pas mes intentions sur le long terme.
    L’altruisme autoproclamé sonne par nature faux et m’en affubler serait risible …

    Sinon, Juan, je garde de ces échanges avec vous une impression d’ouverture d’esprit intéressante de votre part.

    Continuer plus loin mes élucubrations relèverait ici du rôle de gourou de kermesse.
    La suite la plus pertinente de ma part serait de poser les bases culturelles de cette « ontologie non réiste », laquelle s’inscrit dans un projet plus vaste de « métaphysique des paradigmes ».

    Que des mots, gratuits a priori.
    J’ai suffisamment dit d’âneries à ce stade.

    Bonne continuation.
    Cordialement,
    pascal

    1. Merci d’être resté à la porte du gourou ( pas forcément de kermesse) sans la pousser tout à fait .

      Bonne route.
      Amicalement ,
      Juannessy .

  10. Fable ironique sur le mythe naïf fondateur du bouddhisme …

    Le yoga de la liberté en saṃsāra

    Dans la série « les sÅ«tras apocryphes » : le yoga de la liberté en saṃsāra
    Un vieux sage (ils sont souvent vieux dans les contes, ceal fait plus sage) avait depuis longtemps compris que la « liberté ordinaire » n’était qu’illusion propre aux êtres immatures. Sa longue expérience méditative l’avait d’abord « libéré », au sens spirituel, de ses illusions pubères, puis lui avait ensuite appris à cultiver la philosophie de la liberté vraie. Il reçut un jour la visite d’un adolescent fougueux en quête de « liberté ».
    « Oh, maître, enseigne-moi la voie vers la liberté ! ».
    Le vieillard l’invita à s’armer de volonté et de patience puis lui proposa une technique ardue et rigoureuse qu’il présentait comme infaillible. Voici la voie en dix points, lui dit-il. Ecoute-moi bien et applique strictement chacun des principes suivants.
    1. Ferme les yeux et concentre-toi sur ta structure cérébrale (ce sage était aussi le précurseur des neurosciences). La vois-tu de manière nette et précise ? Oui ? Passons alors au point suivant.
    2. Recense, un à un, tous tes neurones, sans en omettre. Combien en comptes-tu exactement ? … Bien.
    3. Essaie maintenant de ne plus les voir un à un mais tous en même temps. Y arrives-tu ? … Parfait.
    4. Recense maintenant toutes tes connexions synaptiques. Elles sont bien plus nombreuses, comme tu le vois.
    5. Observe-les toutes simultanément. Décèles-y la moindre action.
    6. Tente maintenant de prendre le contrôle d’une information entre deux neurones. Pas facile ! Y parviens-tu ? Oui ?
    7. Prends maintenant le contrôle absolu de l’ensemble de tes connexions synaptiques, sans rien laisser t’échapper.
    8. Conserve ce contrôle total et maintiens-le indéfiniment sans faiblir.
    9. Tu réussis cet incroyable exploit et te persuades maintenant être enfin « libre ». Tu ne l’es pas encore…
    10. Etape ultime : « Ne m’obéis plus! C’est un ordre ! »

    Le jeune homme ne réussit jamais à franchir cette dernière étape. Mais cet échec le libéra de ses illusions. Cette expérience initiatique lui permit d’accéder enfin à la maturité. De nombreux autres adolescents tout aussi fougueux et épris d’une liberté tout aussi illusoire vinrent à la suite visiter le sage. La plupart échouèrent à la première étape et aucun ne franchit jamais la dernière.
    « L’illusion de liberté est la pire des chaînes », conclut le sage à chacun de ses visiteurs.

    Pour l’anecdote … Le jeune Siddhârta rendit un jour visite au sage (déjà vieux donc !) et échoua comme les autres impétueux. Cet arrogant jeune homme (« omniscient » autoproclamé … comme le scande le dogme bouddhiste) vécut très mal cet échec, que son narcissisme pathologique (après une éducation aussi tordue, point étonnant) ne put supporter.
    En pleine décompensation psychique, il finit par s’effondrer, en prise à des crises de délire, sous l’arbre de la bodhi. C’est là qu’il conçut sa théorie illusoire et schizoïde mais très soporifique de la « coproduction conditionnée » … dans laquelle toute allusion à la structure neuronale avait entièrement disparu.
    Abracadabra ! Finie la dépression, bonjour la schizophrénie … et la joie enfin retrouvée.

    Au départ, ce petit texte était destiné aux libertariens pubères (pléonasme) de tout poil.
    Il constitue toutefois une distraction philosophique à portée de tous.

    Les défenses narcissiques poussent souvent le lecteur à se focaliser sur la dixième injonction.
    Le déni aide à ne pas se pencher sur les neuf précédentes qui bousculent l’ego dans sa prétention à être le maître du « corps propre », lequel n’est par ailleurs que construction psychique illusoire … cette notion de construction psychique illusoire, l’ontologie de la vacuité la cerne relativement bien.
    Pour le reste …

    Juste pour rire du bouddhisme.
    Pour démonter cette arnaque idéologique multiséculaire, cela demande des développements trop laborieux à présenter ici.
    Cela sortirait aussi du cadre prospectif de la vidéo, les superstitions bouddhistes ayant peu de probabilité de survivre jusqu’en 2517 …

    Cordialement,
    pascal

  11. Pourtant, quand je dis « je ne suis pas conscient directement de mes neurones mais d’autre chose qui n’est pas la structure cérébrale 3D », j’introduis dans cette structure cérébrale de nouvelles infos qui ne s’y trouvaient pas a priori et qui ne peuvent venir de cette structure-même.
    Le contenu de ma conscience subjective influence dès lors a posteriori ma structure cérébrale 3D, une partie de l’univers, en contradiction radicale avec la thèse de la « conscience épiphénomène », chère au matérialisme ontologique.
    La communication cerveau/conscience fonctionne bien à double sens.

    1. Bonjour Poisson,
      Merci pour cette vidéo intéressante.
      Je me permettrai une petite critique concernant l’écologie.

      On reconnait ici le discours du technicien qui s’égare vite lorsqu’il sort de son domaine d’affinité.
      Son préjugé écologique erroné sur la gestion des forêts est encore largement partagé par les personnes n’ayant pas un minimum de réflexion biologique.

      Le bois et le papier sont des pièges à carbone. Donc aussi longtemps qu’on ne les brûle pas pour rendre ce carbone à l’atmosphère, ils participent à la diminution du taux atmosphérique de dioxyde de carbone en le piégeant. Elémentaire mon cher Watson !
      Planter des végétaux spécialement prévus pour ce captage du carbone atmosphérique et les destiner ensuite à des artefacts durables constitue un circuit économique (a priori rentable) particulièrement écologique, circuit qui diminue (hors autres considérations) ce taux atmosphérique de carbone.

      L’électronique concurrence a priori ce circuit économique écologique et n’est ainsi pas souhaitable dans cette politique de diminution de l’effet de serre.
      Chacun son domaine. On n’aurait pas osé demander son avis à ce technicien (pourtant très pertinent dans son domaine de la communication électronique) comment il conçoit la relation entre l’électronique et la « conscience subjective immatérielle ».
      Peut-être aurait-il eu toutefois l’humilité et la sagesse d’avouer son incompétence dans ce domaine qui n’est pas le sien car il apparaît nettement moins exubérant et prétentieux que les transhumanistes actuels.

      En ce qui concerne actuellement l’effet désastreux de la déforestation, cela vient surtout du fait de la déforestation des forêts amazoniennes et africaines, principalement en ce qui concerne les grands arbres (vieux de plusieurs dizaines voire centaines d’années) encore en bonne santé car leur taux d’absorption du carbone atmosphérique reste bien supérieur à celui des jeunes pousses qui seraient plantées à leur place (et évidement que celles que l’on ne replante pas !).
      Ce problème précis des vieux arbres ne relève pas de la technique sylvicole en elle-même mais surtout de la politique internationale impuissante face à ce business mafieux.
      Diminuer le stockage du carbone dans les objets en bois ou en papier (comme dans le cas du recyclage papier) relève de l’absurdité (une de plus, inhérente à l’écologie romantique non scientifique).

      Le recyclage du papier stoppe stupidement le piégeage du carbone dans de nouveaux objets non incinérés sans pour autant stopper le business de destruction des forêts amazoniennes et africaines.
      C’est donc fondamentalement absurde dans la gestion de l’effet de serre.

      Pour résumer, attention ici à l’argument d’autorité d’un technicien ou d’un scientifique qui s’égare dans un registre qui n’est pas le sien.

      Hormis ce petit détail sur l’écologie, cette vidéo reste très intéressante concernant le domaine du bonhomme.
      Merci pour le lien.
      Cordialement,
      pascal

      1. Reste alors à gérer la logistique du bois par des moyens non polluants.
        L’usage intensif de l’électronique à l’échelle planétaire n’est pas non plus exempt de pollutions diverses.
        La problématique est assez complexe, bien plus que les préjugés de l’écologie romantique.

        Ceci concerne aussi la prospective pour … 2517 !
        Le reboisement planétaire massif … mais les pièges à carbone naturels ont aussi leurs limites (voir les essais sur les tourbières-pièges à carbone qui finissent par dégager du dioxyde après un certain temps).
        En associant ce reboisement à une gestion intelligente des artefacts associés, lesquels stockent le carbone avant que la nature ne le rende à l’atmosphère, pourrait apporter une solution partielle, économiquement rentable éventuellement, à la gestion planétaire de l’effet de serre.
        Reste à gérer les autres effets écologiques indésirables d’une telle industrie.

        « Reste à » ou « y a ka », c’est vite dit. Bien sûr.

      2. Je propose, pour édification générale, que l’on fasse de la coquette propriété du Sieur Pascal un petit piège à carbone exemplaire en y entassant quelques centaines de containers 40 pieds hermétiques pleins des Pensées et des Provinciales de Pascal ou, mieux, de PQ triple épaisseur, le tout à base de cellulose, vierge non recyclée évidemment.

      3. Drôle de préjugé que de considérer a priori tout citoyen comme « propriétaire ».
        Assez « matérialiste », non ?

      4. Si ce n’est pas un stockage à fin utile, il existe des options à plus grande concentration de carbone, dans des objets forcément moins volumineux.
        Le container, c’est bien l’idée mais un peu trop encombrant.
        Cordialement,
        pascal

      5. Il existe aussi des objets utiles et durables à plus forte concentration carbone que le papier.
        Reste à voir s’ils peuvent découler facilement de végétaux à fort taux d’absorption du carbone atmosphérique.
        Le tout entrant dans une problématique plus large de répartition équitable des terres entre fonction nourricière et fonction industrielle climatique (en sachant que le climat a aussi des répercutions sur l’agriculture).
        Complexe.

  12. Dans le cas du cyborg, même en y introduisant une complexité électronique ou logicielle dépassant les fonctionnalités cognitives et cogitatives du cerveau humain (la grande singularité du transhumanisme, etc.), cette communication cogitative complexe « interne » reste, jusqu’à preuve du contraire, du type cerveau/cerveau.
    La connectique cybernétique reste au niveau de la structure physique 3D.
    Rien ne prouve qu’une complexité électronique, même plus performante que le cerveau humain pour certaines tâches, ne « crée par magie » une conscience subjective « immatérielle » associée.

    Nul ne sait à partir de quoi ou comment cela se produit chez l’humain.
    Quel technicien détiendrait-il alors la technique et le pouvoir magique de le produire chez un cyborg ?
    L’orgueil démesuré de l’imaginaire transhumaniste peut s’aventurer à le proclamer haut et fort, cela reste pourtant philosophiquement peu crédible au stade actuel de nos connaissances en sciences cognitives.

    Accorder aujourd’hui des droits civils à une machine, du seul fait de sa complexité fonctionnelle, sans s’assurer qu’elle ait bien une « conscience subjective associée », relèverait d’une idéologie assez arbitraire.
    Pourquoi pas alors des droits aux émoticônes ?
    Pourquoi ne pas condamner tout dessinateur d’une émoticône triste, destinée à ressentir cette tristesse toute sa vie.

    Il va bien falloir prochainement que des philosophes dotés d’un minimum de sens analytique et critique apportent leurs réflexions à un discours sur l’IA monopolisé principalement aujourd’hui par des techniciens illuminés au discours plus que fantaisiste, appuyé parfois par des thèses scientistes assez naïves (comme certaines assertions gratuites de la présente vidéo du forum) …

    1. Il va bien falloir prochainement que des philosophes dotés d’un minimum de sens analytique et critique apportent leurs réflexions à un discours sur l’IA monopolisé principalement aujourd’hui par des techniciens illuminés au discours plus que fantaisiste…

      L’humanité n’attendait que vous, Pascal, pour s’y risquer ou seulement s’en soucier, manifestement.
      Nous voilà sauvés, vous vîntes enfin, Fiat lux, et lux fuit, Alléluia.
      Youpi.

      1. Bonjour,
        « Philosophe » est un métier, ce n’est pas le mien.
        Je constate simplement que c’est le métier de certains mais que leur discours pertinent dans le domaine de la vidéo fait encore cruellement défaut.
        Ici, je ne suis qu’un lecteur occasionnel de blog qui propose des commentaires (qui me semblent élémentaires et rationnels jusqu’à preuve d’arguments contraires) de non professionnel et ne revendique rien d’autre.
        Bonne journée,
        pascal

  13. La propagande transhumaniste qui tente d’accorder des droits civils aux machines « intelligentes » (et pas nécessairement « conscientes ») vise in fine (volontairement ou pas) à accroitre le pouvoir (juridique, politique, économique, …) des futurs propriétaires de la cybernétique de haut niveau (l’oligarchie) face aux détenteurs initiaux du travail humain (les citoyens eux-mêmes, humains jusqu’à preuve du contraire).

    En poussant l’analyse, on peut même ici se poser la question de savoir si le lobbying, a priori indépendant, pour le développement (partiellement légitime) de certains droits destinés aux animaux et à certaines formes de vie ne pourrait pas être instrumentalisé par d’autres lobbies plus sournois pour brouiller les pistes de cette réflexion juridique globale, à des fins d’enfumage culturel pour mieux berner le peuple dans la problématique cybernétique.

    Il apparait ici civiquement dangereux de propager inconsidérément dans le discours public et par suite sur les réseaux sociaux certaines superstitions scientistes sur la relation entre cybernétique et conscience.

    L’Histoire a montré que la valeur scientifique d’un personnage ne constitue pas une garantie de sa finesse idéologique dans d’autres domaines et notamment en politique.
    J. de Rosnay mesure-t-il dans ce forum toute la portée de son propos ?
    On comprend son enthousiasme scientiste exalté mais certains domaines exigent une tempérance plus réfléchie.

  14. Etrange « entrée » et atmosphère dès le début de la vidéo .

    Je me suis senti mal dès les 20 secondes qui s’écoulent entre 1mn10 et 1mn30 .

  15. Imaginons l’impact politique d’un droit de vote accordé à une multitudes de cyborgs programmés par les sbires d’un richissime dictateur potentiel …
    Un problème similaire se pose déjà dans nos démocraties (encore soutenues pourtant par des électeurs humains) où certains lobbies idéologiques réussissent à formater la culture populaire par une emprise croissante sur les médias de masse.
    Mais dans le cas de droits civils cédés bizarrement aux cyborgs, cela constituerait l’aboutissement de ce processus aux risques évidents de dérive totalitaire.

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