Le cri d’alarme de 15.000 scientifiques sur l’état de la planète – ou la prophétie du dernier homme de Nietzsche, par Cédric Chevalier

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

« Après avoir tenté d’enseigner le Surhomme aux hommes, Zarathoustra, constatant son échec, veut leur montrer la figure humaine la plus méprisable, afin de susciter en eux le désir de créer la figure nouvelle de l’humanité qu’il est venu leur annoncer :

‘Il est temps que l’homme se fixe à lui-même son but. Il est temps que l’homme plante le germe de sa plus haute espérance.

Maintenant son sol est encore assez riche. Mais ce sol un jour sera pauvre et stérile et aucun grand arbre ne pourra plus y croître.

Malheur ! Les temps sont proches où l’homme ne jettera plus par-dessus les hommes la flèche de son désir, où les cordes de son arc ne sauront plus vibrer !

Je vous le dis : il faut porter encore en soi un chaos, pour pouvoir mettre au monde une étoile dansante. Je vous le dis : vous portez en vous un chaos.

Malheur ! Les temps sont proches où l’homme ne mettra plus d’étoile au monde. Malheur ! Les temps sont proches du plus méprisable des hommes, qui ne sait plus se mépriser lui-même.

Voici ! Je vous montre le dernier homme.’

Alors que la foule a ri de Zarathoustra quand il a parlé du Surhomme, elle lui réclame le dernier homme en entendant ce dernier discours :

‘Fais de nous ces derniers hommes ! Et garde pour toi ton surhumain !’ »[1]

Beaucoup trop inaudible dans le malstrom médiatique qui associe l’essentiel et le dérisoire : les nouvelles sont mauvaises sur le front climatique. Après 3 ans de plafonnement des émissions de gaz à effet de serre et les pompeux cris de joie de l’Agence internationale de l’Energie sur un inespéré « découplage de la croissance économique par rapport à ces émissions »[2], les rejets de CO2 sont repartis à la hausse. L’Organisation météorologique mondiale a annoncé le 30 octobre 2017 que nous avions franchi en 2016, pour la première fois depuis 800.000 ans –huit cent mille ans–, le seuil de concentration de 403 parties par million de CO2 dans l’atmosphère.[3] Jusqu’à preuve du contraire, l’Humanité n’a donc pas infléchi sa course folle vers un climat que nulle civilisation n’a connu.

Mais le front climatique, bien qu’important, n’est qu’un des nombreux fronts sur lesquels l’Humanité a déclaré la guerre à la Biosphère, et donc à elle-même. Malheureusement, sur l’essentiel de ces fronts, et à l’exception à peine réconfortante du rétablissement de la couche d’ozone, Humanité et Biosphère sont en train de perdre conjointement ce conflit.

Le Monde a publié ce lundi 13 novembre 2017 en français[4] un manifeste signé par 15 364 scientifiques de 184 pays, paru lundi en anglais dans la revue scientifique internationale BioScience.[5] Oui, vous avez bien lu : quinze mille trois cent soixante-quatre scientifiques de cent quatre-vingt-quatre pays ont signé ce manifeste ! C’est de facto l’article scientifique le plus signé de toute l’histoire de l’Humanité.

Ce manifeste est un cri d’alarme sur l’évolution et l’état désastreux de la planète. Encore un ! diront les lecteurs désabusés. Qu’est-ce que cela nous apporte de neuf ? Rien !

Je pense le contraire et je vais expliquer pourquoi.

Il y a 25 ans, les scientifiques nous avertissaient que l’Humanité était sur une trajectoire de collision avec le monde naturel, comme le rappellent les auteurs du manifeste de cette semaine :

« Il y a vingt-cinq ans, en 1992, l’Union of Concerned Scientists et plus de 1 700 scientifiques indépendants, dont la majorité des lauréats de prix Nobel de sciences alors en vie, signaient le « World Scientists’ Warning to Humanity ».[6] Ces scientifiques exhortaient l’humanité à freiner la destruction de l’environnement et avertissaient : « Si nous voulons éviter de grandes misères humaines, il est indispensable d’opérer un changement profond dans notre gestion de la Terre et de la vie qu’elle recèle. » Dans leur manifeste, les signataires montraient que les êtres humains se trouvaient sur une trajectoire de collision avec le monde naturel. Ils faisaient part de leur inquiétude sur les dégâts actuels, imminents ou potentiels, causés à la planète Terre, parmi lesquels la diminution de la couche d’ozone, la raréfaction de l’eau douce, le dépérissement de la vie marine, les zones mortes des océans, la déforestation, la destruction de la biodiversité, le changement climatique et la croissance continue de la population humaine. Ils affirmaient qu’il fallait procéder d’urgence à des changements fondamentaux afin d’éviter les conséquences qu’aurait fatalement la poursuite de notre comportement actuel.

Les auteurs de la déclaration de 1992 craignaient que l’humanité ne pousse les écosystèmes au-delà de leurs capacités à entretenir le tissu de la vie. Ils soulignaient que nous nous rapprochions rapidement des limites de ce que la biosphère est capable de tolérer sans dommages graves et irréversibles. Les scientifiques signataires plaidaient pour une stabilisation de la population humaine, et expliquaient que le vaste nombre d’êtres humains – grossi de 2 milliards de personnes supplémentaires depuis 1992, soit une augmentation de 35 % – exerce sur la Terre des pressions susceptibles de réduire à néant les efforts déployés par ailleurs pour lui assurer un avenir durable. »

Or le constat mis à jour des scientifiques dans ce nouveau manifeste se résume en peu de mots : l’Humanité est toujours sur une trajectoire de collision avec le monde naturel. 25 ans après l’avertissement de 1992, la situation de la planète a empiré sur quasiment tous les fronts environnementaux, à l’exception de la couche d’ozone qui s’est rétablie. Il n’y a eu aucune inflexion significative. Leur conclusion est donc inchangée :

« Pour prévenir une misère générale et une perte catastrophique de biodiversité, l’humanité doit substituer au « business as usual » une alternative plus environnementalement soutenable. Cette recommandation fût bien exprimée il y a 25 ans par les plus grands scientifiques du monde entier, mais pour l’essentiel, nous n’avons pas tenu compte de leur avertissement. Bientôt, il sera trop tard pour s’écarter de notre trajectoire d’échec, et le temps joue contre nous. Nous devons prendre conscience, aussi bien dans notre vie quotidienne que dans nos institutions gouvernementales, que la Terre, avec toute la vie qu’elle recèle, est notre seul foyer. »

Et toujours selon ces scientifiques, les solutions éprouvées, à mettre en œuvre immédiatement, sont connues depuis longtemps.

« Parmi les multiples mesures efficaces que l’humanité peut prendre pour la transition vers la soutenabilité, on peut inclure les exemples suivants :

(a) prioriser la création de réserves bien connectées, financées et gérées couvrant une proportion significative des habitats terrestres, marins, d’eau douce et aériens ;

(b) maintenir les services écosystémiques fournis par la nature en mettant fin à l’artificialisation et la conversion des forêts, praires et autres habitats naturels ;

(c) restaurer à large échelle les communautés naturelles de plantes, particulièrement les paysages forestiers ;

(d) réimplanter les espèces indigènes dans leurs habitats, en particulier les super-prédateurs, pour restaurer les processus et dynamiques écologiques ;

(e) développer et adopter des instruments politiques adéquats pour remédier à la défaunation, la crise du braconnage, et l’exploitation et le commerce d’espèces menacées ;

(f) réduire le gaspillage alimentaire via l’éducation et une meilleure infrastructure ;

(g) promouvoir une transition vers un régime alimentaire composé principalement d’aliments végétaux ;

(h) réduire davantage les taux de fertilité en s’assurant que les femmes et les hommes ont accès à l’éducation et aux services de planning familial volontaire, en particulier quand ces ressources manquent ;

(i) augmenter l’éducation extérieure en pleine nature pour les enfants, ainsi que l’engagement général de la société en faveur de la nature ;

(j) canaliser les investissements financiers et les achats pour encourager un changement environnemental positif ;

(k) mettre au point et promouvoir les nouvelles technologies vertes et adopter massivement les énergies renouvelables tout en supprimant progressivement les subsides à la production d’énergie issue des combustibles fossiles ;

(l) réviser notre économie pour réduire les inégalités de richesse et s’assurer que les prix, la taxation et les incitants prennent en compte les coûts réels que nos modes de consommation imposent à notre environnement ;

(m) estimer, d’une manière scientifique légitime, une taille de population humaine soutenable pour le long terme tout en forgeant un consensus entre nations et chefs d’Etat pour défendre cet objectif vital. »

Ce cri qui retentit à nouveau est donc un signe qu’il faut prendre le temps d’interpréter. Le signe de cette intolérable et incompréhensible apathie et tétanie de l’Humanité face aux menaces les plus avérées. Je vais un cran plus loin, en faisant référence à Nietzsche : ce phénomène que nous observons nous révèle-t-il en fait le nihilisme assumé de l’Humanité face à la perspective d’une vie misérable, de l’effondrement de la civilisation, voire de l’extinction de l’espèce ? Il nous faut concentrer toute nos pensées sur cette hypothèse ahurissante. Car nous vivons une tragédie absurde dans laquelle, avec des différences mineures, les scientifiques expriment le même message alarmant que celui poussé par leurs prédécesseurs il y a une génération : l’Humanité est sur une trajectoire de collision avec le monde naturel. Les gens, maintenant bien au courant, acceptent-ils placidement une sorte d’apocalypse prévisible ? L’Humanité a-t-elle seulement la volonté qu’il en soit autrement ? Pire, l’Humanité a-t-elle le désir secret et inavouable d’en finir avec elle-même ? Avons-nous touché le fond du nihilisme ? Sommes-nous arrivés au stade du « dernier homme » décrit par un philosophe souvent décrié car incompris ?

On ne pourra pas dire que nous n’étions pas prévenus. On ne pourra donc pas dire que nous ne savions pas ce qu’il fallait faire concrètement. Tout est clair « désormais ». En réalité cela fait au moins 50 ans –cinquante ans !– que la situation de l’Humanité est claire pour ceux qui veulent bien regarder autour d’eux avec leurs propres yeux. L’appel précédent de la communauté scientifique a été publié il y a 25 ans –vingt-cinq ans !–. On ne pourra ni dire que nous n’étions pas prévenus, ni dire que nous ne savions pas quoi faire concrètement. Mais pourra-t-on dire que nous avons tout essayé ?

Qu’est-ce qui n’a pas encore été essayé ? Extraits du manifeste :

« Les responsables politiques étant sensibles aux pressions, les scientifiques, les personnalités médiatiques et les citoyens ordinaires doivent exiger de leurs gouvernements qu’ils prennent des mesures immédiates car il s’agit là d’un impératif moral vis-à-vis des générations actuelles et futures des êtres humains et des autres formes de vie. Grâce à un raz-de-marée d’initiatives organisées à la base, il est possible de vaincre n’importe quelle opposition, aussi acharnée soit-elle, et d’obliger les dirigeants politiques à agir. »

[…]

« Les transitions vers la durabilité peuvent s’effectuer sous différentes formes, mais toutes exigent une pression de la société civile, des campagnes d’explications fondées sur des preuves, un leadership politique et une solide compréhension des instruments politiques, des marchés et d’autres facteurs. »

Peut-on dès lors encore penser que la vitesse de la réforme actuelle face aux intérêts établis et à l’inertie de la population est satisfaisante ? Que l’action humaine porte ses fruits ?

Doit-on poursuivre docilement, sans trop d’esclandre, cette action politique matinée d’écologie, au moins formellement, en se convainquant que nous sommes à la frontière des possibles politiques ? Qu’on ne peut être plus radical au risque d’engendrer encore moins d’avancées ? Jusqu’où une minorité consciente doit-elle attendre le réveil d’une majorité inerte en jouant le jeu de la démocratie ? Parce que des votes démocratiques ont sanctionné l’inertie, voire le recul, avec le consentement par défaut de populations entières, des minorités pensantes et agissantes doivent-elles se résigner, dans le respect formel des règles ?

N’y a-t-il pas un devoir moral de rébellion face à cette trajectoire inacceptable ?

Avons-nous tout essayé tant que nous n’observons pas les citoyens, étudiants, parents, enseignants, fonctionnaires, entrepreneurs, scientifiques, ouvriers et employés, chômeurs et pensionnés dans la rue ? Tant que les chercheurs ne refusent pas de travailler sur autre chose que la transition vers la durabilité ? Tant que les enseignants ne refusent pas d’enseigner à leurs élèves autre chose que la situation actuelle et les solutions à mettre en œuvre ? Tant que les élus, les journalistes et les intellectuels ne refusent pas d’aborder le moindre sujet politique moins important que celui-là dans les médias et les travées des assemblées ? Tant qu’il n’y a pas de gigantesques manifestations citoyennes, des grèves, des boycotts, des tribunes, des conférences, des pétitions, des actions de désobéissance civile, pouvons-nous penser que nous avons tout essayé ?

L’action non-violente a été suffisamment théorisée et expérimentée au cours du XXe siècle et ceux qui connaissent la situation de l’Humanité sont encore loin d’avoir utilisé l’ensemble de sa boîte à outils. Tant reste à faire. Peut-on se résigner à l’idée que, 100 ans après la révolution d’octobre, certains intellectuels et tribuns nous conduisent à nouveau dans le chaos et la mort de dizaines de millions de personnes, parce que leur pensée est amorale, que leur principe théorique est « la fin justifie les moyens » et que leur stratégie favorite est celle « du fait accompli et du coup de force » ? Faute d’un sursaut citoyen, démocratique et non-violent, faute d’un engagement sans faille des élites altruistes pour neutraliser les élites démagogiques et ploutocratiques, c’est pourtant dans cette direction que penchera la population aliénée lorsque le chaos climatique ne pourra plus être nié. Alors nous serons mûrs pour être cueillis par le premier apprenti dictateur sans scrupule venu. Cette tendance n’est-elle pas déjà observable y compris dans les plus grandes démocraties du monde ?

Ce qu’il manque encore pour une transition démocratique vers une Anthropo-Biosphère pacifiée, c’est le courage d’un nombre suffisant d’exposer son propre corps, sa propre réputation, sa propre carrière, sa propre volonté, son propre avenir, dans l’arène publique, pour dénoncer ceux qui veulent endormir la population et maintenir le statu quo et pour dire les choses telles qu’elles sont, afin de réveiller les citoyens endormis. Il faut une révolution des consciences pour mener la métamorphose sociétale.

Comme le firent nos illustres prédécesseurs, militants, activistes, résistants, leaders des droits civiques, écrivains engagés, députés et tribuns à la pointe des combats humains, ils nous faut descendre dans l’arène pour y mener ce combat en apparence désespéré.

Aucun nation n’a obtenu son indépendance et sa liberté, aucune ethnie la reconnaissance de ses droits, les femmes le droit de vote, les homosexuels le droit de leurs choix privés, les travailleurs leurs droits sociaux, etc. sans sortir en masse dans la rue, sans leadership d’une intelligentsia influençant jusqu’aux cercles de pouvoir les plus élevés, sans une stratégie commune et déterminée de tous les secteurs de la société, sans un engagement total. La puissance d’une foule pacifique pour renverser une politique détestable n’a aucun équivalent en termes de succès à long terme dans l’Histoire.

Nous n’y sommes pas encore.

Pendant que vous lisez ces lignes, les unes de la presse et réseaux sociaux sont fort occupées : star-système, résultats du football et « trumpitreries grotesques » d’une part, crise catalane, harcèlement et violences contre les femmes, tueries et guerres. Le dérisoire côtoie l’essentiel. Le tout entrecoupé de publicités vantant l’automobile, les city-trips en avion, un bon morceau de viande et le dernier gadget high-tech à la mode. Mais l’essentiel de l’essentiel, qui prédétermine tous les autres sujets, essentiels ou dérisoires, on en parle si peu. On parle si peu de la COP23 à Bonn, de l’état général de notre planète. Qu’y a-t-il de pire que ce quasi-silence ? Il faut le briser !

Il faut je crois lire et relire ce manifeste, court et bien écrit. Il faut le partager sur les réseaux, l’imprimer, l’afficher, le lire à nos enfants, nos amis, nos élèves et nos collègues. Ce n’est pas tous les jours que paraît un texte signé par 15.000 scientifiques –quinze mille scientifiques–. Tout s’y trouve, un résumé de la situation catastrophique de l’Humanité et de ce que nous devons faire.

Les signataires de cet avertissement scientifique ont été surpris de rassembler si rapidement 15.000 signatures. Nous serions peut-être également surpris du nombre de signatures et de citoyens que nous pourrions rassembler dans nos pays !

Alors voilà, entre nous, entre congénères, l’équation est simple et ses résultats connus d’avance. Nous avons le choix : participer au silence assourdissant et au nihilisme béat du dernier homme décrit par Nietzsche, ou nous associer au cri de ces scientifiques pour défendre le dépassement et l’élévation de soi et de la société, nous indigner et nous engager !

Pour que l’Humanité vive, il faudra bien qu’elle en ait la Volonté.

______________________

[1] https://fr.wikipedia.org/wiki/Dernier_homme : Le dernier homme est une expression utilisée par le philosophe allemand Friedrich Nietzsche, dans Ainsi parlait Zarathoustra, pour désigner l’extinction à venir du dépassement de soi de l’homme. Il représente l’état passif du nihilisme, dans lequel l’homme ne désirera plus rien que le bien-être et la sécurité, et se réjouira de son absence d’ambition. Il s’oppose ainsi à l’affirmation de la Volonté de puissance et à l’élévation de l’homme, dont le symbole est la figure à venir du Surhomme.

[2] https://www.iea.org/newsroom/news/2016/march/decoupling-of-global-emissions-and-economic-growth-confirmed.html Je suis de ceux qui pensent qu’on ne peut pas découpler au niveau global croissance économique, consommation de ressources et émissions de polluants, pour des raisons liées aux principes de la thermodynamique, et que donc la croissance économique prendra fin, de gré humain ou de force naturelle.

[3] https://public.wmo.int/fr/medias/communiqu%C3%A9s-de-presse/mont%C3%A9e-en-fl%C3%A8che-des-concentrations-de-gaz-%C3%A0-effet-de-serre-nouveau (l’Organisation météorologique mondiale est une institution spécialisée des Nations Unies)

[4] https://www.lemonde.fr/planete/article/2017/11/13/le-cri-d-alarme-de-quinze-mille-scientifiques-sur-l-etat-de-la-planete_5214185_3244.html

[5] https://academic.oup.com/bioscience/article/4605229

[6] http://www.ucsusa.org/about/1992-world-scientists.html#.WgwRg9LiYdU

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264 réflexions sur « Le cri d’alarme de 15.000 scientifiques sur l’état de la planète – ou la prophétie du dernier homme de Nietzsche, par Cédric Chevalier »

    1. Oui, Arkao. Des compromis nécessaires et vitaux doivent être effectués, études d’impact.

      Energies renouvelables et biodiversité : des compromis doivent être trouvés pour dépasser les conflits
      « Une étude scientifique met en lumière les impacts des énergies renouvelables sur l’environnement. Sans remettre en cause leur développement, elle préconise une meilleure prise en compte de la biodiversité dans les politiques énergétiques. »

      Ne pas opposer transition énergétique et sauvegarde de la biodiversité
      « L’objectif n’est pas (…) d’opposer transition énergétique et sauvegarde de la biodiversité, mais (…) d’inviter les pouvoirs publics et les décideurs (…) à prendre en compte la biodiversité dans l’élaboration et le déploiement des stratégies de transition énergétique afin d’éviter la survenue d’impacts majeurs, et non prévus, sur la biodiversité », résume Jean-François Silvain. »

      « Ce que le président de la FRB traduit par un mix énergétique qui conserve une place aux énergies fossiles et au nucléaire en attendant que les décideurs puissent prendre en compte les impacts environnementaux globaux et pas seulement les émissions de gaz à effet de serre. « Dès lors que les décisions politiques se sont accordées pour sortir d’une économie carbonée, l’utilisation de sources d’énergie fossile compensées par des réserves de biodiversité stockant du carbone pourrait s’avérer plus durable qu’un scénario 100% renouvelable raisonné exclusivement par des logiques de marché avec comme dégât collatéral un fort impact sur la biodiversité (convertissant de la forêt non gérée en champs de biocarburant ou d’éoliennes par exemple) », soutient le président de la Fondation. »
      https://www.actu-environnement.com/ae/news/frbiodiv-energies-renouvelables-biodiversite-compromis-conflits-29954.php4

      http://hmf.enseeiht.fr/travaux/bei/beiere/content/2015/especes-animales-protegees

      https://www.actu-environnement.com/ae/news/convention-bonn-reduire-risques-enr-especes-protegees-23215.php4

  1. Mammifères menacés en France, la liste actualisée:
    https://www.sciencesetavenir.fr/animaux/biodiversite/en-france-1-espece-de-mammifere-sur-3-est-menacee-ou-quasi-menacee_118392

    « Par ailleurs, les chauves-souris souffrent également de l’intensification des activités humaines comme l’agriculture et l’exploitation forestière. Et les spécialistes affirment que ces animaux se trouvent désormais confrontés à des « menaces additionnelles » comme la rénovation des bâtiments qui, bien que nécessaire, conduit à limiter le nombre d’abris pouvant accueillir des chiroptères. Par ailleurs, les chauves-souris migratrices subissent des pertes à cause du développement du secteur éolien : les animaux percutent les pales. »

    Pauvres chiroptères, bien moins photogéniques que Nounours et Babar:
    http://ekladata.com/S6zu4eM_xyW1OzP3alDcB1raMT0.jpg
    Elles peuvent être sacrifiées sur l’autel des énergies renouvelables.

      1. Vous faites bien la paire tous les deux. Les rois du calculs sur un coin de table. De vrais comptables avec de bonnes oeillères. Sauf que vous oubliez les milliards dans la défense, les milliards dans les produits nocifs et inutiles, l’organisation générale de la société du gaspillage, le service en 24H pour recevoir sa belle petite poupée qui pleure pour Noël, les surplus de m2 habitables inhabités, des journées de 8 heures à consommer en pure perte un travail stupide et inutile, des transports tous azimuts permanent de stock roulant de produits idiots, et la liste est longue, dont la quasi suppression ou réduction massive permet une véritable décroissance sans touché à la qualité de vie fondamentale.

        Je n’ai jamais écouté les comptables larbins dans ma vie, et j’ai toujours été bien inspirés de le faire. A bon entendeur salut.

        Bisous au sécateur fou.

      2. Au rayon « décroissance sans touché (sic) à la qualité de vie fondamentale », faudrait penser aussi à décroisser la consommation de bouteilles et décroisser la consommation subséquente d’électricité utilisée aux fins de démontrer par l’expression sur le web la surconsommation au préalable de bouteilles.
        On t’aime CloClo.

      3. « Il ne me semble pas que ce résultat, bien que nous puissions modifier les hypothèses, est quelque chose qui est même vaguement susceptible de trouver un quelconque soutien politique, y compris des partisans de la décroissance, dont beaucoup devraient réduire leur consommation d’environ 80 à 90 pour cent. Il serait plus logique de réfléchir sérieusement à la manière de réduire les émissions, de ne pas se faire illusion dans un monde très pauvre et inégal, mais de penser comment les biens et services les plus polluants pourraient être taxés pour réduire leur consommation. L’augmentation de leurs prix relatifs réduirait le revenu réel des riches (qui les consomment) et réduirait, même légèrement, l’inégalité mondiale. De toute évidence, nous devons réfléchir à la manière dont les nouvelles technologies peuvent être exploitées pour rendre le monde plus respectueux de l’environnement. Mais la décroissance n’est pas la voie à suivre. »

        Voilà la fin de l’article traduit en français par google, la synthèse c’est business as usual les mecs ! Quelques taxes, un peu de technique et hop tout comme avant.

        https://www.youtube.com/watch?v=zCIwGinSoU0

        Et c’est devenu ça le blog de Paul Jorion ? Merci vigneron et merci Julien Alexandre ! Merci Attali !

      4. Mais quitte à lire Branko Molanovic, autant lire cet extrait bien plus édulcoré et moins affirmatif que ne laisse sous entendre le lien du petit comptable en chef :

        http://www.sens-public.org/article886.html

        « Il semble que nous voulions tous une maison achetée sans acompte, nous achetons une deuxième voiture si nous obtenons un crédit pas cher, nous avons des factures sur nos cartes de crédit bien au-delà de nos moyens, nous ne voulons pas d’augmentation des prix de l’essence, nous voulons voyager en avion même si cela génère de la pollution, nous mettons en route la climatisation dès qu’il fait plus de vingt-cinq degrés, nous voulons voir tous les derniers films et DVDs, nous avons plusieurs postes de télévision dernier cri, etc. Nous nous plaignons souvent d’un emploi précaire mais nous ne voulons renoncer à aucun des bénéfices, réels ou faux, qui dérivent de l’approche Reagan/Thatcher de l’économie.
        Quand une majorité suffisante de personnes aura un sentiment différent, je suis sûr qu’il y aura des politiciens qui le comprendront, et gagneront des élections avec ce nouveau programme (pro-égalité), et le mettront même en œuvre. »

        Et voilà la SEULE vraie proposition intéressante de Branko :

        « Ce qui nous laisse une troisième solution pour réduire les disparités globales : la migration. En principe, ça n’est pas différent du fait d’accélérer la croissance du revenu dans un quelconque pays pauvre. La seule différence – mais politiquement c’est une différence significative – est qu’une personne pauvre améliore son sort en déménageant ailleurs plutôt qu’en restant là où elle est née. La migration est certainement l’outil le plus efficace pour la réduction de l’inégalité globale. Ouvrir les frontières de l’Europe et des États-Unis permettrait d’attirer des millions de migrants et leurs niveaux de vie s’élèveraient. On voit cela tous les jours à une moindre échelle, mais on l’a vu également à la fin du 19e siècle et au début du 20e siècle, quand les migrations étaient deux à cinq fois supérieures (en proportion de la population d’alors) à aujourd’hui. La plupart de ceux qui migraient augmentaient leurs revenus. »

        Vive l’Immigration ! C’est la seule solution ! Ce qui revient de fait à une décroissance et un partage ici et maintenant bande de comptables aveugles.

        Ce mec est cool ! Surtout que Branko parle dans cet article de circuits courts.

      5. Admet au moins que la sélection d’extrait chez un auteur est révélateur d’un trait de caractère à visé politique, et que le passage sur l’immigration comme solution est une putain de très bonne solution ! Moi j’ai toujours été contre les frontières, c’est une excellente forme de décroissance l’immigration puisqu’elle casse ce processus stupide de faire des bagnoles et des routes et des usines et tout le reste partout comme des neuneus.
        Et je ne vois pas en quoi boire un coup est contradictoire avec une vie saine et amusante zespèce de bonne soeur du dimanche !

      6. C’est bien Cloclo, on t’a appris à lire je vois, au moins Milanovic.
        Zero décroissance, Branco ne dit rien d’autre, effectivement.

      7. Bien sur que si c’est une décroissance qu’il prône Branko ! Quand on partage à deux un appartement au lieu d’en construire un chacun c’est bien une décroissance dont on parle.

        Je constate que tu as préféré extraire un pseudo raisonnement ayant l’apparence de servir tes tics intellectuels que mettre en évidence l’orientation réelle de sa pensée.

        Je serais toujours là pour vous torcher les fesses à tous les deux.

      8. J’veux pas être méchant, mais celui qui est le plus souvent « torché » ici, c’est celui qui passe son temps à la bulle à verre, n’est-ce pas CloClo ? 😉

        Si partager un appartement avec quelqu’un, c’est être décroissant, alors nous sommes nombreux à être décroissants en effet. Je quitte de ce pas femmes et enfants pour marquer mon opposition ferme au décroissantisme.

      9. Oui, la bulle en verre est une forme de cosmologie très répandue chez les être humains, chez les bigots c’est plutôt le fouet pour l’Achoura, chacun son truc.

        Comment peut-on ne pas voir que permettre l’immigration massive et totale de population en manque de tout vers des lieux débordants de richesses n’est pas une forme rapide et généreuse de décroissance gaie et radieuse ? Vous êtes stupides ou quoi ? Puisque tout ce qui sera partager et mise en commun ici ne nécessite pas leur construction là-bas ? Le bien-être étant préservé et amplifié.

        Tu veux un dessin pour comprendre ça ou un verre de gnole ?

      10. Non Choupinet, comme le monsieur Branco te le dit, l’immigration, massive ou pas, n’a rien à voir avec la décroissance ou alors les années soixante auraient été l’âge d’or de la décroissance en France.
        Surveille la décroissance de ton taux de Gamma gt stp.

      11. Soit, nuit d’ivresse aidant, tu voudras bien m’expliquer, abstinent de foire, de quoi le Monsieur parle donc quand il dit ceci (collé depuis au dessus) :

        « Quand une majorité suffisante de personnes aura un sentiment différent, je suis sûr qu’il y aura des politiciens qui le comprendront, et gagneront des élections avec ce nouveau programme (pro-égalité), et le mettront même en œuvre. » »

        Et, il est surprenant qu’une Intelligence hors paire comme la tienne ne comprenne pas que lorsque un pays riche (biens, infrastructures, logement, industrie, services, alimentation) accueille des millions d’étrangers, et modifie son mode gestions (optimisation des circuits, des taux d’occupation, …) cela revient à mathématique décroître.

        A la tienne !

      12. Mais vous avez entièrement raison Monsieur Ecodouble, je ne comprends pas ce qu’est la décroissance, je ne saisis même pas ce que cette notion recouvre. C’est ainsi, j’utilise des notions sans les cernées, je vous remercie de me le faire remarquer avec une argumentation aussi efficace. Mon arrière grand oncle et néanmoins parent Nicolas Georgescu-Rogen ne me pardonnera pas, lui, mon ignorance crasse.
        Au plaisir de vous lire et vous vous penserez aussi à remercier Monsieur Alexandre d’avoir permis cette précision toute en amitié et soumise avec une extrême déférence.
        Bien cordialement, dring dring dring.

  2. J’arrive après la bataille dans ce riche débat, mais il me semble qu’il esquive, comme l’appel des chercheurs d’ailleurs, un aspect assez fondamental: un systeme dont tous les choix sont de plus en plus universellement dictés par la maximisation du profit financier ne peut pas etre conciliable avec une relation mutuellement bénéfique et pacifiée, – ou au moins neutre -, entre l’homme et la nature. La première chose à faire, de mon point de vue, est de faire ce que Paul propose depuis qu’il a lancé il y a bien longtemps l’idée d’une constitution économique pour remettre l’economie à sa place, au service de l’homme, au lieu de mettre l’homme à son service. Je crois en effet qu’il ne peut rien se passer de significatif tant que l’economie dictera les choix humains. L’urgence est probablement d’abord de cesser la marchandisation de la vie humaine, et de remettre au goût du jour la gratuité, en défendant et en étendant son domaine. Pour y parvenir, il faut d’abord redonner au politique le primat sur l’économie. C’est facile à dire, mais moins à faire, mais la solution est forcement dans cette direction.

    1. Même « après la bataille » il est utile et nécessaire de redire, ré-exposer, ces principes, ces directions.
      En face, c’est répétitions à l’envi de la propagande mortifère.
      Il faut semer, semer encore, sans se préoccuper de savoir ou cela va lever, ni quand exactement… On peut être surpris de l’endroit, mais ça lèvera !

  3. mais c’est cuit… les livres se vendront, mais c’est cuit.
    je me souviens de Michel Serres, il y a 25 ans, il nous alarmait au sujet de la couche d’ozone et des gaz à effet de serre ; maintenant (tenant en main), il prétend que notre présent est beaucoup mieux que notre « passé » (sur certains points c’est vrai). A l’époque j’écrivais des chansons sur le péril à venir, comme pour prophétiser, mais rien n’a changé. Si, c’est devenu un sujet de conversation. C’est cuit…

    1. Si c’est cuit alors Fromanger :-))
      « Le réel on le prend, on le mange, on le mord, on le tord, on le fabrique, on le fait, on le construit ».

      https://www.franceculture.fr/emissions/les-masterclasses/les-masterclasses-vendredi-6-octobre-2017
      Écoutez-moi ça, cette parole extrêmement chaleureuse et amicale. J’aurais tort de dire que je suis bouleversé par son œuvre peinte, mais c’est une autre histoire, ce qui me touche ici c’est la magie du verbe de quelqu’un qui envoie des signes et raconte.

    1. @Sapristi
      C’est bien ce que j’avais perçu en commençant à étudier la liste des signataires. Mais comme il n’est pire sourd que celui qui ne veux pas entendre, PJ et ses amis continuent de parler de 15 000 « scientifiques ». J’en suis plus triste que fâché.

      1. Qu’est-ce que t’as « perçu » Arkao « en commençant à étudier la liste des signataires » ? Huh ?
        Qu’il y avait quelques musiciens ou journalistes ou médecins généralistes dans la liste ?
        Trop de doctorants, d’étudiants ?
        T’as fini l’étude statistique ?
        T’as confirmé/chiffré ta “perception de commencement” ?
        Fais péter tes stats please.
        Édifie nous mon bon.
        Sois un bon scientist, pour une fois.
        http://scientistswarning.forestry.oregonstate.edu/signatories

      2. @Julien Alexandre
        Est-ce que vous percevez le ridicule de la page d’accueil du site de l’UCS avec son trombinoscope d’aimables représentants de l’espèce Homo Sapiens au sourire béat ? Je croyais que l’heure était grave. De la com’ encore de la com’, digne des témoins de Jéhovah et de l’Église des Saints des Derniers jours.

      3. Désolé Arkao, je me contente des chiffres pour éviter qu’on donne dans le « fake news » sur ce blog, pas trop le temps de blairer un trombinoscope à la recherche de gueules de Jéhovah…

    2. La « tromperie » ne semble pas intentionnelle !

      Mais on est dans les chiffres « ronds »: en suivant le lien qui mène au site officiel de l’association http://www.ucsusa.org/
      on voit: more than 20,000 technical experts advancing science-based solutions for a healthy planet and a safer world.
      et, si vous voulez devenir membre:
      Join the Union of Concerned Scientists and our 100,000 members, https://secure.ucsusa.org/onlineactions/UTzgs8R_NUmst2iZobkSmg2?MS=footer

      C’est vrai que cela fait penser à une pétition… et/ou à un appel aux dons…

  4. Vous avez été désolé par la pêche en eau profonde?
    Voici sa cousine la pêche électrique.
    La balle au parlement européen en plénière en fevrier 2018
    Car comme d’hab malgré l’appel des 15000 scientifiques ça n’a pas empêché 20 députés sur 23 de la dite commission de pêche de statuer pour une extension de la technique « dite innovante ».
    https://reporterre.net/Le-Parlement-européen-donne-un-premier-feu-vert-a-la-néfaste-pêche-électrique

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