Le cri d’alarme de 15.000 scientifiques sur l’état de la planète – ou la prophétie du dernier homme de Nietzsche, par Cédric Chevalier

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

« Après avoir tenté d’enseigner le Surhomme aux hommes, Zarathoustra, constatant son échec, veut leur montrer la figure humaine la plus méprisable, afin de susciter en eux le désir de créer la figure nouvelle de l’humanité qu’il est venu leur annoncer :

‘Il est temps que l’homme se fixe à lui-même son but. Il est temps que l’homme plante le germe de sa plus haute espérance.

Maintenant son sol est encore assez riche. Mais ce sol un jour sera pauvre et stérile et aucun grand arbre ne pourra plus y croître.

Malheur ! Les temps sont proches où l’homme ne jettera plus par-dessus les hommes la flèche de son désir, où les cordes de son arc ne sauront plus vibrer !

Je vous le dis : il faut porter encore en soi un chaos, pour pouvoir mettre au monde une étoile dansante. Je vous le dis : vous portez en vous un chaos.

Malheur ! Les temps sont proches où l’homme ne mettra plus d’étoile au monde. Malheur ! Les temps sont proches du plus méprisable des hommes, qui ne sait plus se mépriser lui-même.

Voici ! Je vous montre le dernier homme.’

Alors que la foule a ri de Zarathoustra quand il a parlé du Surhomme, elle lui réclame le dernier homme en entendant ce dernier discours :

‘Fais de nous ces derniers hommes ! Et garde pour toi ton surhumain !’ »[1]

Beaucoup trop inaudible dans le malstrom médiatique qui associe l’essentiel et le dérisoire : les nouvelles sont mauvaises sur le front climatique. Après 3 ans de plafonnement des émissions de gaz à effet de serre et les pompeux cris de joie de l’Agence internationale de l’Energie sur un inespéré « découplage de la croissance économique par rapport à ces émissions »[2], les rejets de CO2 sont repartis à la hausse. L’Organisation météorologique mondiale a annoncé le 30 octobre 2017 que nous avions franchi en 2016, pour la première fois depuis 800.000 ans –huit cent mille ans–, le seuil de concentration de 403 parties par million de CO2 dans l’atmosphère.[3] Jusqu’à preuve du contraire, l’Humanité n’a donc pas infléchi sa course folle vers un climat que nulle civilisation n’a connu.

Mais le front climatique, bien qu’important, n’est qu’un des nombreux fronts sur lesquels l’Humanité a déclaré la guerre à la Biosphère, et donc à elle-même. Malheureusement, sur l’essentiel de ces fronts, et à l’exception à peine réconfortante du rétablissement de la couche d’ozone, Humanité et Biosphère sont en train de perdre conjointement ce conflit.

Le Monde a publié ce lundi 13 novembre 2017 en français[4] un manifeste signé par 15 364 scientifiques de 184 pays, paru lundi en anglais dans la revue scientifique internationale BioScience.[5] Oui, vous avez bien lu : quinze mille trois cent soixante-quatre scientifiques de cent quatre-vingt-quatre pays ont signé ce manifeste ! C’est de facto l’article scientifique le plus signé de toute l’histoire de l’Humanité.

Ce manifeste est un cri d’alarme sur l’évolution et l’état désastreux de la planète. Encore un ! diront les lecteurs désabusés. Qu’est-ce que cela nous apporte de neuf ? Rien !

Je pense le contraire et je vais expliquer pourquoi.

Il y a 25 ans, les scientifiques nous avertissaient que l’Humanité était sur une trajectoire de collision avec le monde naturel, comme le rappellent les auteurs du manifeste de cette semaine :

« Il y a vingt-cinq ans, en 1992, l’Union of Concerned Scientists et plus de 1 700 scientifiques indépendants, dont la majorité des lauréats de prix Nobel de sciences alors en vie, signaient le « World Scientists’ Warning to Humanity ».[6] Ces scientifiques exhortaient l’humanité à freiner la destruction de l’environnement et avertissaient : « Si nous voulons éviter de grandes misères humaines, il est indispensable d’opérer un changement profond dans notre gestion de la Terre et de la vie qu’elle recèle. » Dans leur manifeste, les signataires montraient que les êtres humains se trouvaient sur une trajectoire de collision avec le monde naturel. Ils faisaient part de leur inquiétude sur les dégâts actuels, imminents ou potentiels, causés à la planète Terre, parmi lesquels la diminution de la couche d’ozone, la raréfaction de l’eau douce, le dépérissement de la vie marine, les zones mortes des océans, la déforestation, la destruction de la biodiversité, le changement climatique et la croissance continue de la population humaine. Ils affirmaient qu’il fallait procéder d’urgence à des changements fondamentaux afin d’éviter les conséquences qu’aurait fatalement la poursuite de notre comportement actuel.

Les auteurs de la déclaration de 1992 craignaient que l’humanité ne pousse les écosystèmes au-delà de leurs capacités à entretenir le tissu de la vie. Ils soulignaient que nous nous rapprochions rapidement des limites de ce que la biosphère est capable de tolérer sans dommages graves et irréversibles. Les scientifiques signataires plaidaient pour une stabilisation de la population humaine, et expliquaient que le vaste nombre d’êtres humains – grossi de 2 milliards de personnes supplémentaires depuis 1992, soit une augmentation de 35 % – exerce sur la Terre des pressions susceptibles de réduire à néant les efforts déployés par ailleurs pour lui assurer un avenir durable. »

Or le constat mis à jour des scientifiques dans ce nouveau manifeste se résume en peu de mots : l’Humanité est toujours sur une trajectoire de collision avec le monde naturel. 25 ans après l’avertissement de 1992, la situation de la planète a empiré sur quasiment tous les fronts environnementaux, à l’exception de la couche d’ozone qui s’est rétablie. Il n’y a eu aucune inflexion significative. Leur conclusion est donc inchangée :

« Pour prévenir une misère générale et une perte catastrophique de biodiversité, l’humanité doit substituer au « business as usual » une alternative plus environnementalement soutenable. Cette recommandation fût bien exprimée il y a 25 ans par les plus grands scientifiques du monde entier, mais pour l’essentiel, nous n’avons pas tenu compte de leur avertissement. Bientôt, il sera trop tard pour s’écarter de notre trajectoire d’échec, et le temps joue contre nous. Nous devons prendre conscience, aussi bien dans notre vie quotidienne que dans nos institutions gouvernementales, que la Terre, avec toute la vie qu’elle recèle, est notre seul foyer. »

Et toujours selon ces scientifiques, les solutions éprouvées, à mettre en œuvre immédiatement, sont connues depuis longtemps.

« Parmi les multiples mesures efficaces que l’humanité peut prendre pour la transition vers la soutenabilité, on peut inclure les exemples suivants :

(a) prioriser la création de réserves bien connectées, financées et gérées couvrant une proportion significative des habitats terrestres, marins, d’eau douce et aériens ;

(b) maintenir les services écosystémiques fournis par la nature en mettant fin à l’artificialisation et la conversion des forêts, praires et autres habitats naturels ;

(c) restaurer à large échelle les communautés naturelles de plantes, particulièrement les paysages forestiers ;

(d) réimplanter les espèces indigènes dans leurs habitats, en particulier les super-prédateurs, pour restaurer les processus et dynamiques écologiques ;

(e) développer et adopter des instruments politiques adéquats pour remédier à la défaunation, la crise du braconnage, et l’exploitation et le commerce d’espèces menacées ;

(f) réduire le gaspillage alimentaire via l’éducation et une meilleure infrastructure ;

(g) promouvoir une transition vers un régime alimentaire composé principalement d’aliments végétaux ;

(h) réduire davantage les taux de fertilité en s’assurant que les femmes et les hommes ont accès à l’éducation et aux services de planning familial volontaire, en particulier quand ces ressources manquent ;

(i) augmenter l’éducation extérieure en pleine nature pour les enfants, ainsi que l’engagement général de la société en faveur de la nature ;

(j) canaliser les investissements financiers et les achats pour encourager un changement environnemental positif ;

(k) mettre au point et promouvoir les nouvelles technologies vertes et adopter massivement les énergies renouvelables tout en supprimant progressivement les subsides à la production d’énergie issue des combustibles fossiles ;

(l) réviser notre économie pour réduire les inégalités de richesse et s’assurer que les prix, la taxation et les incitants prennent en compte les coûts réels que nos modes de consommation imposent à notre environnement ;

(m) estimer, d’une manière scientifique légitime, une taille de population humaine soutenable pour le long terme tout en forgeant un consensus entre nations et chefs d’Etat pour défendre cet objectif vital. »

Ce cri qui retentit à nouveau est donc un signe qu’il faut prendre le temps d’interpréter. Le signe de cette intolérable et incompréhensible apathie et tétanie de l’Humanité face aux menaces les plus avérées. Je vais un cran plus loin, en faisant référence à Nietzsche : ce phénomène que nous observons nous révèle-t-il en fait le nihilisme assumé de l’Humanité face à la perspective d’une vie misérable, de l’effondrement de la civilisation, voire de l’extinction de l’espèce ? Il nous faut concentrer toute nos pensées sur cette hypothèse ahurissante. Car nous vivons une tragédie absurde dans laquelle, avec des différences mineures, les scientifiques expriment le même message alarmant que celui poussé par leurs prédécesseurs il y a une génération : l’Humanité est sur une trajectoire de collision avec le monde naturel. Les gens, maintenant bien au courant, acceptent-ils placidement une sorte d’apocalypse prévisible ? L’Humanité a-t-elle seulement la volonté qu’il en soit autrement ? Pire, l’Humanité a-t-elle le désir secret et inavouable d’en finir avec elle-même ? Avons-nous touché le fond du nihilisme ? Sommes-nous arrivés au stade du « dernier homme » décrit par un philosophe souvent décrié car incompris ?

On ne pourra pas dire que nous n’étions pas prévenus. On ne pourra donc pas dire que nous ne savions pas ce qu’il fallait faire concrètement. Tout est clair « désormais ». En réalité cela fait au moins 50 ans –cinquante ans !– que la situation de l’Humanité est claire pour ceux qui veulent bien regarder autour d’eux avec leurs propres yeux. L’appel précédent de la communauté scientifique a été publié il y a 25 ans –vingt-cinq ans !–. On ne pourra ni dire que nous n’étions pas prévenus, ni dire que nous ne savions pas quoi faire concrètement. Mais pourra-t-on dire que nous avons tout essayé ?

Qu’est-ce qui n’a pas encore été essayé ? Extraits du manifeste :

« Les responsables politiques étant sensibles aux pressions, les scientifiques, les personnalités médiatiques et les citoyens ordinaires doivent exiger de leurs gouvernements qu’ils prennent des mesures immédiates car il s’agit là d’un impératif moral vis-à-vis des générations actuelles et futures des êtres humains et des autres formes de vie. Grâce à un raz-de-marée d’initiatives organisées à la base, il est possible de vaincre n’importe quelle opposition, aussi acharnée soit-elle, et d’obliger les dirigeants politiques à agir. »

[…]

« Les transitions vers la durabilité peuvent s’effectuer sous différentes formes, mais toutes exigent une pression de la société civile, des campagnes d’explications fondées sur des preuves, un leadership politique et une solide compréhension des instruments politiques, des marchés et d’autres facteurs. »

Peut-on dès lors encore penser que la vitesse de la réforme actuelle face aux intérêts établis et à l’inertie de la population est satisfaisante ? Que l’action humaine porte ses fruits ?

Doit-on poursuivre docilement, sans trop d’esclandre, cette action politique matinée d’écologie, au moins formellement, en se convainquant que nous sommes à la frontière des possibles politiques ? Qu’on ne peut être plus radical au risque d’engendrer encore moins d’avancées ? Jusqu’où une minorité consciente doit-elle attendre le réveil d’une majorité inerte en jouant le jeu de la démocratie ? Parce que des votes démocratiques ont sanctionné l’inertie, voire le recul, avec le consentement par défaut de populations entières, des minorités pensantes et agissantes doivent-elles se résigner, dans le respect formel des règles ?

N’y a-t-il pas un devoir moral de rébellion face à cette trajectoire inacceptable ?

Avons-nous tout essayé tant que nous n’observons pas les citoyens, étudiants, parents, enseignants, fonctionnaires, entrepreneurs, scientifiques, ouvriers et employés, chômeurs et pensionnés dans la rue ? Tant que les chercheurs ne refusent pas de travailler sur autre chose que la transition vers la durabilité ? Tant que les enseignants ne refusent pas d’enseigner à leurs élèves autre chose que la situation actuelle et les solutions à mettre en œuvre ? Tant que les élus, les journalistes et les intellectuels ne refusent pas d’aborder le moindre sujet politique moins important que celui-là dans les médias et les travées des assemblées ? Tant qu’il n’y a pas de gigantesques manifestations citoyennes, des grèves, des boycotts, des tribunes, des conférences, des pétitions, des actions de désobéissance civile, pouvons-nous penser que nous avons tout essayé ?

L’action non-violente a été suffisamment théorisée et expérimentée au cours du XXe siècle et ceux qui connaissent la situation de l’Humanité sont encore loin d’avoir utilisé l’ensemble de sa boîte à outils. Tant reste à faire. Peut-on se résigner à l’idée que, 100 ans après la révolution d’octobre, certains intellectuels et tribuns nous conduisent à nouveau dans le chaos et la mort de dizaines de millions de personnes, parce que leur pensée est amorale, que leur principe théorique est « la fin justifie les moyens » et que leur stratégie favorite est celle « du fait accompli et du coup de force » ? Faute d’un sursaut citoyen, démocratique et non-violent, faute d’un engagement sans faille des élites altruistes pour neutraliser les élites démagogiques et ploutocratiques, c’est pourtant dans cette direction que penchera la population aliénée lorsque le chaos climatique ne pourra plus être nié. Alors nous serons mûrs pour être cueillis par le premier apprenti dictateur sans scrupule venu. Cette tendance n’est-elle pas déjà observable y compris dans les plus grandes démocraties du monde ?

Ce qu’il manque encore pour une transition démocratique vers une Anthropo-Biosphère pacifiée, c’est le courage d’un nombre suffisant d’exposer son propre corps, sa propre réputation, sa propre carrière, sa propre volonté, son propre avenir, dans l’arène publique, pour dénoncer ceux qui veulent endormir la population et maintenir le statu quo et pour dire les choses telles qu’elles sont, afin de réveiller les citoyens endormis. Il faut une révolution des consciences pour mener la métamorphose sociétale.

Comme le firent nos illustres prédécesseurs, militants, activistes, résistants, leaders des droits civiques, écrivains engagés, députés et tribuns à la pointe des combats humains, ils nous faut descendre dans l’arène pour y mener ce combat en apparence désespéré.

Aucun nation n’a obtenu son indépendance et sa liberté, aucune ethnie la reconnaissance de ses droits, les femmes le droit de vote, les homosexuels le droit de leurs choix privés, les travailleurs leurs droits sociaux, etc. sans sortir en masse dans la rue, sans leadership d’une intelligentsia influençant jusqu’aux cercles de pouvoir les plus élevés, sans une stratégie commune et déterminée de tous les secteurs de la société, sans un engagement total. La puissance d’une foule pacifique pour renverser une politique détestable n’a aucun équivalent en termes de succès à long terme dans l’Histoire.

Nous n’y sommes pas encore.

Pendant que vous lisez ces lignes, les unes de la presse et réseaux sociaux sont fort occupées : star-système, résultats du football et « trumpitreries grotesques » d’une part, crise catalane, harcèlement et violences contre les femmes, tueries et guerres. Le dérisoire côtoie l’essentiel. Le tout entrecoupé de publicités vantant l’automobile, les city-trips en avion, un bon morceau de viande et le dernier gadget high-tech à la mode. Mais l’essentiel de l’essentiel, qui prédétermine tous les autres sujets, essentiels ou dérisoires, on en parle si peu. On parle si peu de la COP23 à Bonn, de l’état général de notre planète. Qu’y a-t-il de pire que ce quasi-silence ? Il faut le briser !

Il faut je crois lire et relire ce manifeste, court et bien écrit. Il faut le partager sur les réseaux, l’imprimer, l’afficher, le lire à nos enfants, nos amis, nos élèves et nos collègues. Ce n’est pas tous les jours que paraît un texte signé par 15.000 scientifiques –quinze mille scientifiques–. Tout s’y trouve, un résumé de la situation catastrophique de l’Humanité et de ce que nous devons faire.

Les signataires de cet avertissement scientifique ont été surpris de rassembler si rapidement 15.000 signatures. Nous serions peut-être également surpris du nombre de signatures et de citoyens que nous pourrions rassembler dans nos pays !

Alors voilà, entre nous, entre congénères, l’équation est simple et ses résultats connus d’avance. Nous avons le choix : participer au silence assourdissant et au nihilisme béat du dernier homme décrit par Nietzsche, ou nous associer au cri de ces scientifiques pour défendre le dépassement et l’élévation de soi et de la société, nous indigner et nous engager !

Pour que l’Humanité vive, il faudra bien qu’elle en ait la Volonté.

______________________

[1] https://fr.wikipedia.org/wiki/Dernier_homme : Le dernier homme est une expression utilisée par le philosophe allemand Friedrich Nietzsche, dans Ainsi parlait Zarathoustra, pour désigner l’extinction à venir du dépassement de soi de l’homme. Il représente l’état passif du nihilisme, dans lequel l’homme ne désirera plus rien que le bien-être et la sécurité, et se réjouira de son absence d’ambition. Il s’oppose ainsi à l’affirmation de la Volonté de puissance et à l’élévation de l’homme, dont le symbole est la figure à venir du Surhomme.

[2] https://www.iea.org/newsroom/news/2016/march/decoupling-of-global-emissions-and-economic-growth-confirmed.html Je suis de ceux qui pensent qu’on ne peut pas découpler au niveau global croissance économique, consommation de ressources et émissions de polluants, pour des raisons liées aux principes de la thermodynamique, et que donc la croissance économique prendra fin, de gré humain ou de force naturelle.

[3] https://public.wmo.int/fr/medias/communiqu%C3%A9s-de-presse/mont%C3%A9e-en-fl%C3%A8che-des-concentrations-de-gaz-%C3%A0-effet-de-serre-nouveau (l’Organisation météorologique mondiale est une institution spécialisée des Nations Unies)

[4] https://www.lemonde.fr/planete/article/2017/11/13/le-cri-d-alarme-de-quinze-mille-scientifiques-sur-l-etat-de-la-planete_5214185_3244.html

[5] https://academic.oup.com/bioscience/article/4605229

[6] http://www.ucsusa.org/about/1992-world-scientists.html#.WgwRg9LiYdU

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263 réflexions au sujet de « Le cri d’alarme de 15.000 scientifiques sur l’état de la planète – ou la prophétie du dernier homme de Nietzsche, par Cédric Chevalier »

  1. L’appel de 1992 était effectivement passé inaperçu. Au moment de la parution l’année dernière de Le dernier qui s’en va éteint la lumière, quand je disais que je n’apportais aucune preuve dans mon livre du danger d’extinction, les faits étant établis, je rencontrais des yeux ronds : « De quoi parle-t-il ? »

    Les gens sont-ils plus proches aujourd’hui de prendre conscience ? Je l’espère évidemment.

      1. Que du beau monde pour Heidelberg, rien que les Français…

        France (98)
        Pierre AIGRAIN Académie des Sciences
        Louis ALBOU biologiste
        Jean-Michel Alexandre pharmacologue
        Michel ALLIOT Président d’Université
        Manan APFELBAUM nutritionniste
        Henri ATLAN professeur en
        médecine nucléaire
        Maurice AUBERT océanographe
        Marc AUGE anthropologue
        Jean-François BACH immunologue
        Jean-Pierre BADER professeur de médecine
        Jack BAILLET psychiatre
        Raymond BARRE ancien premier ministre
        Jacques BARROT ancien ministre
        Etienne BAULIEU endocrinologue
        Per BECH psychiatre
        Jean BIGNON pneumologue
        Jean-Paul BINET, chirurgien
        Jean-Noël BIRABE, démographe
        Alain BOMBARD océanographe
        Pierre BOURDIEU sociologue
        André BOURGUIGNON psychiatre
        Odile BOURGUIGNON psychologue
        Jean-Claude BOUVIER linguiste
        Constant BURG Institut Curie
        P. BUSER Académie des Sciences
        Henri CAILLAVET ancien ministre
        V.CAPUT chercheur au CNRS
        Jean-Claude CHERMANN virologue
        Pierre CORNILLOT université Paris XIII
        François DAGOGNET philosophe
        André DANZIN président du Ceselec
        Jean DAUSSET prix Nobel de médecine immunologue
        Quentin DEBRAY Psychiatre
        Pierre DEBRAY-RITZEN professeur
        Claude DEBRU philosophe
        Jean DORST ornithologue
        Pierre DOUZOU biologiste
        Jean-Pierre EBEL biochimiste
        Mosche FLATO mathématicien
        Etienne FOURNIER toxicologue, Marc FUMAROLI historien
        G. GACHELIN Institut Pasteur
        Pierre-Gilles de GENNES prix Nobel de physique
        Paul GERMAIN secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences
        Herbert GESCHWIND cardiologue
        James GOLDBERG cancérologue
        François GROS biologiste
        Marianne GRUNBERG-MANAGO
        biologiste
        Marie Elisabeth HANDMANN anthropologue
        Claude HURIET néphrologue
        Eugène IONESCO écrivain
        François ISAMBERT sociologue
        Lucien ISRAEL cancérologue
        Liliane ISRAEL psychologue
        Claude JASMIN cancérologue
        V.P. KAFTANDJIAN université de Provence
        Sergueï Petrovich Kapital physicien
        Philippe KOURILSKY Institut Pasteur
        Henri LABORIT pharmacologue
        Yves LAPORTE Collège de France
        Raymond
        LATARJET radiobiologiste
        Hervé LE BRAS démographe
        Marcel LEGRAIN neurologue
        Jean-Marie LEHN prix Nobel
        de chimie
        Pierre LELONG mathématicien
        Jean-Paul LEVY virologue
        André LICHNEROWICZ mathématicien
        Michel MAFFESOLI sociologue
        Nicole-Claude MATHIEU maître de conférence
        Yves MATILLON gérontologue
        Antoine MERLE D’AUBIGNE université Paris I
        Philippe MEYER biochimiste
        L. MONNERIE
        Gabriel NAHAS toxicologue
        Guy OURISSON chimiste
        Jean-Claude PECKER astrophysicien
        Yves PELICIER psychiatre
        Pierre PIGANIOL physicien
        A.PROCHIANTZ Ecole Normale Supérieure
        Claude RAFFAELLI CPA
        François RAVEAU professeur de médecine,
        François REGNIER synthélabo laboratoires
        J.RUFFIE Académie de médecine
        Michel SALOMON directeur de
        “Projections
        Evry SCHATZMAN astrophysicien
        Jean SCHERRER hôpital La Pitié-Salpétrière
        Gérard SIEST pharmacologue
        Dominique STEHELIN Institut Pasteur
        François STEUDLER université de Strasbourg
        Lionel STOLERU économiste
        Jean SUTTER psychiatre
        Haroun TAZIEFF volcanologue
        Maurice TUBIANA cancérologue
        Alain-Jacques VALLERON biomathématicien
        Bernard VANDENBUNDER directeur de recherches CNRS
        Daniel WIDLOCHER psychiatre
        Etienne WOLFF Académie Française
        Edouard ZARIFIAN psychiatre –

      2. Comme personne ne réagit (et j’y vois là une autre forme de déni), rajoutons un complément de réflexion sur les chercheurs et les scientifiques. Il y a dans cette liste aimablement fournie par Vigneron un certain nombre de personnes qui font autorité dans le monde de la recherche scientifique (avec diplômes justifiant de leurs compétences, postes importants, etc.) qui néanmoins signent un appel initié par de méchants lobbys. Et ça n’interpelle personne ?
        Qui me dis que les scientifiques qui expliquent le réchauffement climatique actuel par la production anthropique de CO2 ne sont pas financés par les lobbys du nucléaire, des énergies renouvelables, de la géo-ingénierie et qu’ils ne sont pas à la solde d’intérêts nationaux dans le grand concert de l’économie mondialisée ?
        Comment distinguer le bon chercheur du mauvais chercheur pour paraphraser le sketch des Inconnus sur les chasseurs ?
        Si Timiota est de passage ici, j’aimerai bien entendre son avis éclairé sur le sujet.

      3. Parmi les signataires de l’appel d’Heidelberg, il y a aussi un prix Nobel de physique: Pierre-Gilles de Gennes.
        On ne sait plus à quel Saint-Nobel se vouer. Si quelqu’un pouvait éclairer ma lanterne, je lui en serais infiniment reconnaissant.

      4. Arkao qui file un mauvais coton en adoptant une position à la Pyrrhon :

        « Qui me dis que les scientifiques qui expliquent le réchauffement climatique actuel par la production anthropique de CO2 ne sont pas financés par les lobbys du nucléaire, des énergies renouvelables, de la géo-ingénierie et qu’ils ne sont pas à la solde d’intérêts nationaux dans le grand concert de l’économie mondialisée ? »

        Personne ne te le dit. En revanche la nature peut très bien le faire toute seule et à une échelle massive :

        http://huet.blog.lemonde.fr/2017/11/16/lavertissement-de-la-terre-boule-de-neige/

        Ou de l’histoire de la neige carbonique …

      5. @ CloClo
        Des choses étranges dans cet article, principalement au sujet des volcans. Les articles dont je dispose semblent plutôt indiquer lors d’éruptions volcaniques le dégagement de dioxyde de souffre plus que de CO2:

        « Quand le dioxyde de soufre éjecté dans la stratosphère se mélange avec la vapeur d’eau de l’atmosphère, alors ce gaz se transforme en acide sulfurique liquide (H2S04) et devient ce qu’on appelle un « aérosol », c’est-à-dire de fines gouttelettes de quelques dixièmes de microns de diamètre. Ces aérosols d’acide sulfurique, absorbent et réfléchissent vers l’espace le rayonnement solaire, alors un réchauffement a lieu dans la stratosphère il peut atteindre quelques degrés au plus fort de la couche. Puis la température de la troposphère a tendance à baisser comme ce fut le cas lors de beaucoup d’éruptions. Et parfois cela peut durer 2 à 3 ans après l’éruption. De façon générale, il y a une réduction nette de 5 à 10% de l’énergie reçue sur la surface de la Terre. Alors la température peut baisser de 0,10°C à 1°C parfois. Le refroidissement climatique déclenché par ces éruptions serait toujours initialement décelé sous les tropiques, peu après l’éruption »

      6. On l’appellera l’appel BaBou.
        Barre et Bourdieu sur une même liste de pétillants pétitionnant, même pour la science, ça mérite une célébration.

      7. La question est: est-ce qu’il va y avoir un « Appel d’Heidelberg 2 » en 2017?

        Et puis arkao, il est maintenant bien connu que l’appel d’Heidelberg était soutenu/organisé par des intérêts très partisans, qui n’avaient rien de scientifique. Le fait que des scientifiques de renom aient pu se laisser embrigader là-dedans n’est pas si surprenant, connaissant la nature humaine.

        L’appel émanant du « Union of Concerned Scientists » n’était lui soutenu par aucun organisme « extérieur » (en tous cas, je n’ai jamais rien vu sortir là-dessus).

        Finalement, en tant que scientifique professionnel, je suis fatigué de lire ces suspicions que les scientifiques seraient globalement « vendus » à des intérêts mercantiles. Oui, il y en a une petite minorité, et dans certains domaines précis, mais globalement les scientifique n’auraient strictement rien à gagner à mentir collectivement sur l’état de la planète. C’est complètement absurde de prétendre cela.

      8. « une petite minorité, et dans certains domaines précis, mais globalement les scientifique n’auraient strictement rien à gagner à mentir collectivement sur l’état de la planète. » – Mathieu Van Vyve

        Ça n’est pas une situation binaire, c’est plus compliqué. Entre ceux qui prennent des positions favorables aux intérêts dominants et ceux qui versent dans la surenchère dans le but de disposer de plus de crédit(s), il y a beaucoup de situations intermédiaires. Il n’est donc très sain que ceux qui souhaitent tenir compte de ce que disent les scientifiques s’inquiètent des diverses pressions ou intérêts à court termes qui risquent de les avoir influencé.

      9. @ Mathieu Van Vyve
        Ah! La nature humaine, c’est bien commode. Ah mon brave monsieur, Pierre-Gilles de Gennes est un grand scientifique mondialement célébré mais que voulez-vous sa nature humaine a pris le dessus et il s’est fait naïvement dupé par des personnes mal intentionnées.
        « C’est un peu court, jeune homme! »
        Vous allez donc devoir nous expliquer scientifiquement ce qu’est la nature humaine.
        Je n’ai pas parlé de mensonge collectif. Je pose juste la question du crédit que l’on devrait à accorder à un nobelisé plutôt qu’à un autre. Qu’est-ce qui vous fait dire que l’un est dans l’erreur, l’autre dans le vrai? Étant scientifique moi-même, je ne peux me satisfaire d’un résumé de quelques pages à l’intention du grand public (cela dit sans mépris pour le public en question). La base de la recherche, en histoire par exemple, c’est d’analyser en premier lieu la source, l’auteur du texte à étudier, son parcours, les raisons pour lesquelles il écrit, quels sont les rapports qu’il entretien avec le contexte socio-culturel.
        Aussi, j’ai téléchargé la liste des « des 15 000 » signataires de l’appel.
        A l’heure où j’écris, je n’ai pas tout dépouillé (page 30 sur 595), ce qui est encore trop peu pour que l’échantillon soit statistiquement fiable. Néanmoins, premières constations, un nombre inattendu et très important de niveau universitaire MSc gratuated, PhD Candidate, PhD, PostDoc. Alors, je veux bien admettre que nos jeunes chercheurs en formation ne soient pas tous des brêles, mais quand même. Vous qui êtes un scientifique, les pressions « amicales » d’un directeur de labo sur ses étudiants, ça ne vous dit rien?
        Continuons la liste digne d’un poème de Prévert:
        -Un Sustainability Advisor / Production Manager (Tamboura Films)
        -Un Mechanical Engineer
        -Un Project Manager
        -Un Managing Director Field Programs
        -Un Inland Fisheries Management
        -Un Staff scientist
        -Un High Performance Opérations et Sustainability
        -Un Musician
        -Un Information System Analyst
        -Un medico
        -Un Herbarium Curator
        -Un Papua New Guinea Coffee Industry Corporation Ltd
        -Un nombre, certes minime, dont la profession n’est pas renseignée.
        Et je n’en suis qu’à la page 30, lettre Ba.
        Pour faire bonne mesure, un nombre non négligeable de professeurs émérites à la retraite (qui n’en doutons pas se tiennent quotidiennement au courant des avancées de la recherche).
        Répartition géographique: Europe, Amériques du Nord et du Sud, Australie, un peu d’Afrique et de Sud-Est Asiatique
        Quelques rares chinois (je suis allé en diagonale aux lettres courantes pour leurs patronymes) . Quelques Kim d’origine coréenne, mais expatriés.
        Alors « 15 000 scientifiques », c’est un peu comme le nombre de manifestants selon les syndicats…

      10. Ceci démontre que la démocratie ne se réduit pas au vote ou aux nombres de signatures sur un manifeste .

        Dans le cas  » santé écologique de la terre » , ici traité , je ne suis pas sur que le seul thème du « principe de précaution  » par exemple , ne recueillerait pas chez les pros et les anti des signatures prestigieuses et variées .

        Ces manifestes quand ils « sortent » , ont par contre l’immense vertu de porter sur la place publique des enjeux forts qui resteraient tus et/ou trop mal décrits sans eux et le relai des média .

        Mais l’essentiel est que le débat citoyen s’en empare vraiment pour en faire son propre agenda et sa Loi nouvelle .

        Au cas particulier les contraintes sur l’exercice sont immenses , l’une des principales ( comme on est en train de le voir avec les COP ) étant le caractère mondial de la solution .

      11. Arkao, qui raisonne avec délicatesse nous dit que « Les articles dont je dispose semblent plutôt indiquer lors d’éruptions volcaniques le dégagement de dioxyde de souffre plus que de CO2: »

        Et il a bien raison. C’est exactement ce qui est arrivé lors de l’irruption du Samalas en 1257 qui a provoqué le petit âge glaciaire du moyen âge qui a surtout quasi émis 40 km3 de matière dans la haute atmosphère.

  2. Avec cet appel Hulot a un boulevard devant lui pour passer à la vitesse supérieure. C’est le moment ou jamais, pour lui, de jouer à fond la carte médiatique.

    Faut vraiment qu’il éteigne son smartphone la nuit, l’agenda planétaire — celui de la survie de l’espèce, c’est à lui qu’il revient de l’imposer à son patron de l’Élysée.

    1. Non mais sur quelle planète vis-tu PYD ? Hulot imposer aux nucléocrates libéraux autre chose que le business as usual ?

      En tout cas c’est bien à une refondation globale, totale et radicale de la société des Hommes qui est ainsi appelée.

      1. Oui Cloclo, c’est le Hulot citoyen du monde que je voudrais à l’Élysée.
        Je dis juste qu’il dispose de certains atouts dans son jeu, et qu’il aurait bien tort de ne pas s’en servir.

      1. « Completement d’accord! »

        Et d’accord complètement !
        « EDF peut se revitaliser grâce aux renouvelables… Son intérêt n’est pas de se cacher la tête dans le sable comme une autruche mais d’être comme une girafe et de regarder au loin », a ajouté Nicolas Hulot dans le Financial Times.
        « Demain la norme ne doit plus être l’énergie nucléaire mais les énergies renouvelables. C’est un bouleversement complet de notre modèle », a-t-il ajouté.
        http://www.lemondedelenergie.com/hulot-demande-a-edf-un-plan-precis-pour-developper-les-renouvelables/2017/11/14/

        https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/030870031216-nucleaire-hulot-veut-forcer-edf-a-revoir-son-modele-2130009.php

  3. D’accord à 100% avec ce texte.
    Maintenant pour sauver notre monde, il existe une solution: abandonnez le capitalisme! Mais la chose n’est pas simple car les prêtres de cette religion sont puissants.
    J’invite tout le monde à lire l’excellent article de Thomas Schauder paru dans le Monde:’« Paradise Papers » : faire la morale ne suffit pas ‘ (http://www.lemonde.fr/campus/article/2017/11/15/paradise-papers-faire-la-morale-ne-suffit-pas_5215401_4401467.html). Il y a notamment dans cet article une des clefs fondamentale qui permet de comprendre comment on en est arrivé là…. Il est cité Adam Smith qui dit : » « Ce n’est pas de la bienveillance du boucher, du marchand de bière et du boulanger, que nous attendons notre dîner, mais bien du soin qu’ils apportent à leurs intérêts. Nous ne nous adressons pas à leur humanité, mais à leur égoïsme ; et ce n’est jamais de nos besoins que nous leur parlons, c’est toujours de leur avantage. » (« Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations », 1776). »
    Adam Smith avait vu juste sur la nature égoïste de l’être humain. L’homme va devoir passer par une expérience douloureuse et avoir le courage de regarder une de ses caractéristiques fondamentales. Ce n’est qu’à ce prix qu’il pourra ensuite embrayer sur une nouvelle société basé sur l’altruisme. Je vous cacherait pas que le passage se fera à un prix très, très élevé. Si la société ne bouge pas au vu de ce qui nous attends, c’est que je crois que beaucoup d’entre nous ont déjà intériorisé et accepté ce destin.

  4. Nous entrons dans des zones de grandes turbulences où vont s’affronter les intérêts de ceux qui veulent accorder un prix à l’air que l’on respire et ceux qui veulent préserver leur droit de propriété.
    Cette bipolarité va peser sur toutes les stratégies d’alliances de la mobilisation générale pour constituer les divisions sur-terre-sur-mer-et-dans-les-airs.
    Pas -.
    La nouvelle guerre mondiale est déclarée.

  5. Je me suis vraiment renseigné, et j’ai cru apprendre que c’est déjà vraiment trop tard.
    Si toutes les industries s’arrêtent maintenant, dans 50 ans nous aurons encore pris deux à 4°, si elle continue nous prendrons juste un peu plus de degrés.

    C’est comme une immense ou avec beaucoup d’élan.

    Bon courage à tous et faites-vous à l’idée que minimum 80 % des êtres humains vivant sur la croûte terrestre va disparaître, un petit peu par petit peu et de plus en plus vite.

    Si je suis en vie encore en 2070 Ce qui me fera 89 ans, je vivrai Sur une planète qui empêchera toutes les ambitions de vie de la jeunesse restante.

    C’est pas triste, c’est comme ça.

    Dépolluer très vite pourrait faire avancer Le Schmilblick.
    Nous savons dépolluer l’eau l’air et la terre,

    pour nous sauver :
    Un dictateur mondial appuyé par une solide armée met tout le monde au travail pour dépolluer, tout le monde. Pendant cinq ou 10 ans nous faisons tous uniquement de la dépollution et nous attendons tranquillement que la température monte avec la Conscience désormais tranquille.

    Mais cela n’arrivera sûrement pas donc profitez mais à la fin il n’y aura plus aucune trace de vous dans l’univers.

    Ce qui serait arrivé forcément au bout d’un certain temps de toute manière.

    Au final nous avons décidé de notre disparition, quoi de mieux pour une espèce intelligente ?

    Gros bisous, que votre corps exulte, que votre esprit se nourrisse , profitez.

    1. @ Lucas
      « pour nous sauver :
      Un dictateur mondial appuyé par une solide armée met tout le monde au travail pour dépolluer »
      Après le green-washing, le green-fascism, on progresse!!!
      Où allons-nous ? Quelle question pertinente!!!

      1. Non, une aristocratie verdâtre furieusement nietzcheenne saura mener cette barque avec art et distinction, n’en doutons pas.

      2. @ arkao
        Pour nous sauver, plan B :
        Une technologie appuyée par une solide intelligence artificielle et un réseau mondial, pour refroidir l’atmosphère terrestre, et donner du temps pour mettre tout le monde au travail pour dépolluer.
        On n’arrête pas le progrès !!!

    2. Ce qui serait bien avec un dictateur, éventuellement végétarien non fumeur à mèche et petite moustache, c’est que pour sortir d’une telle trajectoire mortelle pour l’humain, il n’y aurait que celui-ci à convaincre. Malheureusement.

  6. J’enrage, oui, mais comment… comment secouer le monde et transformer cette inertie en un mouvement positif …. petit retraité de l’éducation nationale sans vrais moyens et contacts ? Nous sommes dans un « après moi le déluge ‘ lamentable. Oui, j’enrage…

  7. Texte qui a le mérite de tenter de balayer les problèmes auxquels l’Humanité est confrontée. La question de l’épuisement et de l’érosion des terres cultivées ne semble pas abordée. Il s’agit pourtant d’un défi majeur pour lequel des réponses agronomiques sont connues et qui ne sont pas évoquées dans les mesures proposées.
    Le ton néo-malthusien des propositions dégage un certain malaise. « estimer une taille de population humaine soutenable » et « réduire le taux de fertilité » dans le cadre d’un « consensus entre nations » ça ne vous fait pas peur, vous ? D’autant que l’auteur du billet en rajoute une louche en faisant appel à Nietzsche. Va-t-on voir ressurgir de sinistres concepts comme le Lebensraum ? Pour info, Pierre Rabhi vient de mettre en garde contre cet aspect du texte.
    Sur le fond, à partir de quels critères définit-on la soutenabilité de la population humaine ? Ceux du niveau de vie du citadin blanc américain ou ceux du paysan africain ?
    « mettre fin à l’artificialisation et la conversion des forêts, prairies et autres habitats naturels ». Qu’est-ce qu’un milieu « naturel » ? Les trois-quarts de la population mondiale (pour ne pas dire 99 %) vit dans des milieux anthropisés (y compris la forêt) depuis en moyenne 8000 ans. Nos régions bocagères biologiquement très riches (et de nombreux écologistes se battent pour les défendre contre l’agriculture intensive) sont des constructions 100 % humaine. Alors on fait quoi ? On replante une forêt « naturelle », celle d’il y a 10 000 ans, en excluant les espèces exogènes comme le châtaignier, le noyer, le pommier ? Les hommes qui vivent là on en fait quoi ? On les expulse pour laisser place à une « nature » sacralisée et sanctuarisée.
    L’enfer étant pavé de bonnes intentions, un exemple qui a été évoqué au cours des débats du colloque international sur les zones humides auquel j’ai assisté la semaine dernière : Il y a actuellement des opérations de grande envergure sur les cours d’eau. L’idée directrice est de libérer les flux en effaçant les barrages, les seuils, les retenues, pour que les eaux deviennent plus courantes et moins dormantes afin de favoriser le retour d’espèces propres à ce milieu. Soit. Mais il y a aussi des espèces inféodées aux eaux dormantes, qui elles se retrouvent menacées. Évidemment, ces opérations d’effacement ne concernent que les petits ouvrages hérités des moulins du Moyen Âge, pas les gros barrages hydroélectriques pourtant bien plus problématiques pour la dynamique des fleuves. Autre conséquence de ces « bonnes intentions », les travaux réalisés avec des moyens mécaniques. Les pelles hydrauliques qui réalisent ces travaux labourent les berges et vous imaginez bien ce qui se passe alors. Les terres retournées, stérilisées offrent une magnifique opportunité d’implantation à une espèce invasive, la renouée du Japon (Fallopia japonica) http://biologie.ens-lyon.fr/ressources/Biodiversite/Documents/la-plante-du-mois/la-renouee-du-japon-a-la-conquete-du-monde
    « réimplanter les super-prédateurs pour restaurer les processus et dynamiques écologiques ». Qu’en pense José Bové ? Cette question doit faire l’objet de débats, à moins d’accepter de rayer d’un trait de plume 8000 ans d’agropastoralisme.
    Au final, j’ai l’impression que cette déclaration promeut une conception philosophique particulière des relations hommes/milieu, celle d’une nature « naturelle » fantasmée où l’Homme ne serait qu’un intrus malveillant.

    1. Rabhi a raison de s’élever contre l’incontournable teinte malthusienne du texte mais lorsqu’il insiste sur l’inégalité d’accès aux ressources et les millions d’enfants crevant de faim il oublie de préciser que 80% des 155 millions d’enfants souffrant d’un retard de croissance dans le monde en 2016 (i.e souffrant fortement de sous-alimentation) vivent dans des pays en conflit.
      http://www.fao.org/state-of-food-security-nutrition/en/

      1. @ Vigneron
        Je ne suis pas sur qu’il s’agisse d’un oubli. C’est une évidence que les conflits accentuent les accès inégaux aux ressources.
        Encore un aspect du problème qui n’est pas envisagé dans cet appel, ce que je n’avais pas vu – merci Vigneron, et qui confirme mon impression d’un discours naturo-centré en contradiction avec l’humanisme du blog de PJ.

      2. Et j’en profite pour rajouter que guerre, famine et épidémie se promènent souvent de concert, comme la peste de 1347-1349 et la grippe espagnole de 1918-1919. Serait-ce la raison pour laquelle nos scientifiques écolo-malthusiens ne proposent pas en premier lieu la paix dans le monde?

      3. @arkao
        Il y a en effet dans le texte un relent de « l’homme est nécessairement hors-la-nature », « l’homme est nécessairement adversaire-de-la-nature », dont l’implication est constante : « péché originel ».
        P.S. Une histoire que l’on m’a raconté hier : « Le Chinois à l’Européen : ‘Nous ne nous serions jamais retrouvés dans un tel pétrin : nous aurions mangé le serpent plutôt que la pomme !' ».

      4. Bien sûr Jorion.
        « l’Humanité est sur une trajectoire de collision avec le monde naturel. »
        L’Humanité n’appartient pas au monde naturel…
        Fallait y penser.

      1. @ Cédric Chevalier
        « D’un point de vue scientifique, on peut en effet résumer l’impact de l’Humanité avec une formule simplifiée : I = PxAxT où I est l’empreinte environnementale de l’Humanité, P la population, A le niveau matériel de vie et T, la technologie utilisée. »
        La gouvernance par les nombres, encore. Pas satisfaisant, source d’erreurs et de dictature. Et l’Homme dans tout ça ? Seulement une variable mathématique ? La relation de l’homme avec son milieu, ce n’est pas seulement des chiffres, c’est une pensée.

    2. Sur le néo-malthusianisme : ce mot est employé commodément pour disqualifier sans argument de fond toute pensée qui fait mine d’évaluer la possibilité, la nécessité théorique et la nécessité pratique de « limiter la taille de la population humaine mondiale ». En effet, l’expression « néo-malthusianisme » sous-entend implicitement la plupart du temps qu’une telle limitation de la population serait forcément contraire aux principes et aux valeurs démocratiques/humanistes/républicaines/chrétiennes/libérales/etc. (choisissez votre système de valeur). Or la possibilité de limiter la population mondiale est avérée, ainsi que sa nécessité théorique (pour des raisons évidentes, si la population tend vers l’infini, nous aurons un petit problème). Seule la nécessité pratique de limiter la population peut être mise en question notamment dans les pays où la transition démographique amène le taux de fécondité à proximité du seuil de renouvellement de la population, sans intervention publique. Pour les pays où la démographie est hors de contrôle, peu d’experts je crois remettent en question la nécessité de donner accès à l’éducation et au planning familial aux individus. Sur le néo-malthusianisme, le débat est surprenant. Parfois, ce sont les mêmes qui le critiquent qui revendiquent le droit de disposer de son corps et donc de contrôler sa fécondité (contraception et avortement). Ce qui semble autorisé pour un individu ne serait pas autorisé pour l’Humanité. Ce qui est du libéralisme pour l’individu serait du nazisme pour l’Humanité ? L’Humanité n’aurait pas le droit de penser et d’agir par rapport à sa propre taille en nombre d’individus ? Cette décision sur la taille de la population serait « hors du champ démocratique de délibération » ? On peut légitimement s’interroger sur ce postulat. Un reste des religions du passé ? Les utilisateurs de l’argument d’accusation définitif de « néo-malthusianisme » commettent une autre erreur : celle de penser que les tenants de la limitation de population sont de riches hypocrites qui s’adressent à la population du Tiers-Monde en priorité. D’un point de vue scientifique, on peut en effet résumer l’impact de l’Humanité avec une formule simplifiée : I = PxAxT où I est l’empreinte environnementale de l’Humanité, P la population, A le niveau matériel de vie et T, la technologie utilisée. Pour une même empreinte I = 50, on peut effectivement avoir 1 individu riche au niveau de vie 25 avec une technologie 2, ou bien 10 individus pauvres au niveau de vie 5 avec une technologie 1. Donc il peut sembler mal venu pour un individu riche de critiquer le nombre des individus pauvres, vu son propre impact individuel démultiplié. Mais plusieurs choses : 1) l’argument de la limitation de population peut en fait se retourner et s’adresser en priorité aux pays riches (tout individu riche (américain par exemple) qui ne nait pas entraîne une stabilisation démultipliée de l’empreinte environnementale) 2) les pays pauvres tendent à augmenter leur niveau de vie A via le développement, dont l’impact est démultiplié par leur population P (ainsi la classe moyenne chinoise pourrait finir par polluer autant que toute l’Europe) 3) la Biosphère ne se soucie pas de savoir si 1 individu riche pollue autant que 10 individus pauvres puisque pour de nombreuses variables, c’est l’impact I total qui compte. Les technologies T connaissant une limite de performance (thermodynamique), si nous voulons vivre avec un niveau de vie matériel A donné, et si la Biosphère ne peut supporter qu’un impact I maximal donné, cela impose mécaniquement une borne supérieur à la population humaine P soutenable. On se demande si certains préfèrent une foule innombrable de miséreux à une population contenue mais prospère (Pierre Rabhi ?) 4) l’argument de la transition démographique qui annulerait « l’utilité de se pencher sur la limitation des naissances » a bon dos quand depuis 25 ans, la population mondiale a augmenté d’environ 2 milliards de personnes 5) rien ne prouve que la transition démographique ne s’inversera pas.
      Donc CQFD : la variable population, qu’on l’aime ou pas, fait partie de l’équation de l’adéquation entre Humanité et Biosphère, en possibilité et en nécessité théorique. Il reste vrai que, selon de nombreux démographes, la nécessité pratique de limiter les naissances est discutée. Ce qui n’empêche pas les praticiens de distribuer pilules et préservatifs, et d’éduquer les jeunes femmes dans le monde entier.

      Sur le caractère naturel ou non de certains territoires, vous avez raison, on peut s’interroger sur ce qu’est un territoire naturel ou pas, depuis 10.000 ans que la civilisation a émergé progressivement. Néanmoins, je pense que c’est un faux débat. La question est de savoir si nous maintenons -ou pas- les services écosystémiques essentiels en état de fonctionnement. Et le fonctionnement adéquat de ces services écosystémiques implique que certains territoires soient exploités de manière différentiée par l’Humanté, voire pas du tout exploités dans certains cas. Si nous détruisons les récifs de corail où se reproduisent les espèces de poisson que nous pêchons, nous tuons la poule aux oeufs d’or, peu importe que ces récifs soient virginaux ou bien l’objet de visites de touristes plongeurs. Ce n’est pas la « nature intacte » de la nature qui compte dans le système où la capacité de support « supporte » l’empreinte environnementale de l’Humanité, c’est sa fonctionnalité. Il ne s’agit donc pas ici de romantisme de la nature mais bien encore une fois, d’un équilibrage entre les deux membres d’une équation. Le but est bien de préserver des espèces et des environnements pour maintenir l’Humanité en état de fonctionner (et subsidiairement, de maintenir ces espèces et environnements pour eux-mêmes).

      1. @ Cédric Chevalier
        Merci pour cette réponse argumentée qui encourage à un débat plus fécond que l’appel dont vous vous êtes fait le porte-parole.

      2. Un calcul de coin de nappe de Branko Milanovic aujourd’hui.
        A propos de décroissance des pays riches.
        Si à PIB mondial égal on doit réduire notre PIB dans les pays riches de façon à autoriser les pays pauvres à atteindre notre seuil de pauvreté actuel, c’est de 80% qu’on doit chuter.
        En France ça signifierait un PIB par habitant ramené à celui du milieu des années 50, avant l’ère du Gaullo-Jurassique tardif quoi.

      3. Chez nous autres, goupils, il y a un riche débat en cours au sujet de la surpopulation humaine.
        Elle est incontestable, mais de combien ?
        Nous tombons sur des réponses qui vont de 7 à 8 milliards d’individus excédentaires…

      4. Comment ne pas être stérilisé par la « fécondité » des débats néomalthusiens oserais-je dire « renaissants », je vous l’demande.

      5. Y’a longtemps que je me demande s’il vaut mieux un million de personnes qui vivent jusqu’à 100 ans ou plutôt deux millions qui vivent jusqu’à 50.

        Des calculs indiquant quelle serait l’influence sur le PIB permettraient-ils de trancher?

      6. @ vigneron
        – sur le nombre d’humains superflus : nothing personal, kid.
        – sur votre dénonciation du malthusianisme : je suppose que nous sommes d’accord sur le constat que le niveau actuel de consommation des humains est supérieur à ce que la planète peut leur offrir. Si l’on veut proposer une solution elle passe soit par la réduction de la consommation par tête de pipe (voir votre post de 2 h 39 -vous vous couchez bien tard), soit par la réduction des têtes de pipes (voir mon post de 5 h 47, je me lève fort tôt)… De toute façon, il faudra nous ronger une patte pour sortir du piège.

      7. Que nos « scientifiques concernés » se disent concernés par le droit des femmes à disposer de leur corps et par un accès universel aux moyens modernes de contraception et d’IVG, no problem.
        Qu’ils recyclent ici ce droit sous forme de devoir pour la planète et l’humanité, problem.

      8. Magnifique le retour à 1955! C’est ce que j’avais déjà proposé intuitivement en commentaire sur ce blog suite à une question de Attali. En prenant la précaution d’indiquer que l’énergie nécessaire à la vie de tous les jours serait alors facilement fournie par des éoliennes (certains avaient râlé car en 1955 il y avait beaucoup de morts à cause de la pollution atmosphérique dûe à l’utilisation du charbon)

    3. Le site https://www.footprintnetwork.org/ nous montre que la France consomme sa part de planète à partir du 3 mai. Le 3 mai est le 123eme jour de l’année. Donc la part est consommée en 33% du temps et il faut donc que la population de la France soit réduite à 33% de la valeur actuelle pour repasser à une situation durable. Il faut donc réduire la population actuellement de 67 millions pour la stabiliser à 22.5 millions.

      Pour les USA : 14 mars soit 73 eme jour soit 20%. Passer de 326 millions à 65 millions.

      Pour le Honduras, 31 décembre. Honduriens : vivez heureux et ne croissez pas !

      Pour la Chine : 23 juin soit le 174 eme jour, soit 47%. Passer de 1386 millions à 660 millions.

      Méthodes ? Laissons chaque pays décider lui-même. Il y a assez d’expériences, Adolf, Pol Pot, perturbateurs endocriniens, etc. Évitons les méthodes qui débordent chez les voisins, type Fukushima, merci.

      Il y aurait bien moyen de diminuer ces chiffres, par des modifications de comportements. Mais on n’en voit aucune venir malgré les alertes scientifiques. Donc, tirons les conclusions et stérilisons, invitons au suicide, autorisons les meurtres entre voisins qui ne se parlent plus, …. je sens que l’imagination n’aura pas de limites dans ce cas.

  8. Excellent texte et message. A partager absolument partout autour de soi, et rappeler qu’il ne saurait y avoir d’issues que politique (au sens noble).

  9. Oui, mais l’humanité n’est pas un ensemble conscient. On est pas une ruche. Chacun de nous est tiraillé entre notre égo et notre conscience des autres.
    Le cœur de cette problématique c’est : sommes nous TOUS prêts à abandonner une partie du confort (une bonne partie ?) de la vie actuelle ?
    – se déplacer dans une boite en acier d’une tonne climatisée avec la musique.
    – vivre/dormir/jouer dans une boite climatisée
    – acheter pas cher des denrées parcourant des milliers de KM (café, chocolat, sucre et j’en passe)
    – …
    Bref, subir une sorte de « régression ». Qui n’en est pas une sur le long terme, mais sans doute pas appréciable à l’échelle d’une vie d’Homme.

    La plupart d’entre nous (j’en fais partie bien sur) avons « la flemme » de bouger. On ne veut pas perdre ce confort, soyez honnêtes avec vous même (à défaut de l’être ici).
    En plus, on ne sait pas trop comment faire.
    Cela bougera, mais violemment je le crains, comme toutes les « crises » de l’histoire l’humanité. Nous sommes encore loin d’avoir atteint le niveau d’une civilisation « éveillée »
    Oui je ne suis pas très optimiste, mais quand il me faut prendre mon vélo et qu’il fait 5 dehors bien venteux… Je prends la grosse boite… Je suis faible

      1. @Guilhem
        J’ose espérer que le smiley sous-entend un second degrés quant à l’interprétation du terme de « petit peuple ».

    1. « Le cœur de cette problématique c’est : sommes nous TOUS prêts à abandonner une partie du confort (une bonne partie ?) de la vie actuelle ? »
      Il y a une quantité de choses à faire, sans renoncer à la moindre partie de notre confort, et même en l’augmentant, de mon point de vue.

  10. Hélas…
    Hélas, gravitent autour de nous, zombies matérialistes incultes au comportement volontairement ignare et aveugle, la populace se délecte en écoutant « rires et chansons », elle bêle, elle broute devant les admirables images réconfortantes et confortant aux rêves des publicités, l’égocentrisme, le nombrilisme, le narcissisme empêche toute réflexion, toute pensée qui ne soit pas uniforme, la populace s’enferme dans sa bulle, dans ce monde de bulles, elle ne débat plus, ne se débat plus, sujet tabou.
    Et on s’enfonce, imperturbablement, dans les abysses de la bêtise humaine…

    1. Avez-vous déjà tenté d’expliquer à un voisin que le remplacement d’une belle haie par des gabions ou des palissades détruisait l’habitat des oiseaux, empêchait le ruissellement des eaux et n’amortissait pas la pollution sonore?
      Le voisin n’a pas été convaincu, parce que lui n’a pas le temps d’entretenir une haie.
      Donc ce n’est pas seulement par bêtise que les gens sont indifférents, simplement beaucoup n’ont pas de temps à consacrer à la préservation de la nature. Ceux qui ont la chance d’avoir un emploi sont surmenés, ceux qui n’en ont pas s’activent à en trouver. Notre vie quotidienne s’est transformée en course contre la montre, tout doit aller vite pour subvenir à nos besoins matériels immédiats. Et la nature existe depuis si longtemps. Les gens commencent seulement à comprendre ce que signifie l’empreinte écologique et sa relation avec leur vie et leur santé.

      1. @ BEOTIENNE
        Avez-vous déjà essayé de convaincre quelqu’un qui dit aimer les animaux et qui a un chat domestique qu’il ne faut pas le laisser sortir dehors car les chats domestiques du monde tuent des milliards d’oiseaux et des dizaines de milliards de petits mammifères chaque année or rats et souris ?
        Les gens à qui vous dites cela vous regarde avec des yeux complètement vide d’intelligence et certains, et surtout certaines, vous répondent que leur chat n’est pas de ceux-là – abîme d’inconséquence – ce qui revient presque à dire qu’Hitler n’est pas Hitler.

        Je suis en phase avec vous pour le surmenage qui nous est imposé et qui empêche surtout les gens de pouvoir faire l’effort de s’informer correctement sur tous les sujets graves et préoccupant pour l’avenir de l’Humanité tellement nous sommes abrutis après le travail et les obligations personnelles (les journaux radio et télé ne font pas leur boulot en ne faisant que des rubriques de chiens et chats écrasés – j’aime bien les chats écrasés).

        Il faut dire à votre voisin qu’il est allé travailler pour acheter, à des grands groupes financiers, des matériaux qu’il n’aurait pas eu besoin d’acheter s’il avait conservé sa haie, qu’il aurait pu aller au spectacle ou en vacances avec l’argent économisé, qu’il aurait pu se chauffer avec le bois sorti de la haie en taillant ses arbres en têtard tous les dix ans et qu’il s’est donc fait baiser.
        Mais c’est même pas chat qui le fera réfléchir.

      2. @ écodouble
        J’ai un chat et mes yeux ne s’arrondissent pas en vous lisant. Il est possible de limiter les effets des instincts prédateurs de nos félins domestiques en jouant avec lui au moins 20 minutes par jour (et il en redemandera) ; la stérilisation, maintenant obligatoire dans ma région, permet aussi de réduire son territoire de chasse et de diminuer la prolifération de chats errants. On peut aussi habituer cette adorable sale bestiole à une promenade accompagnée. Tout cela demande du temps, donc pas d’animaux si on ne dispose pas du temps nécessaire à leur bien- être et au respect de l’environnement. Mais le temps qu’on y consacre est aussi bénéfique pour nous: on se bouge pour autre chose que du fric.

      3. @ BEOTIENNE
        Faut dire que l’entretien des haies poserait moins de problèmes si on n’était pas cerné d’abrutis qui veulent de la nature taillée au cordon et qui piquent une crise de nerf quand une branchouille dépasse sur leur sacro-sainte limite de propriété.

  11. Tout se passe comme si l’humanité avait choisi de vivre de façon dispendieuse mais pas longtemps, plutôt que de vivre longtemps mais frugalement. Peut-on changer ce cours des choses ? Au vu de ce qui s’est passé ces 50 dernières années il semble que non. Le nihilisme semble en effet animer les dominants de l’espèce, ceux qui donnent le mauvais exemple à tous les autres. La jouissance immédiate prime sur toute préoccupation du long terme, c’est le symptôme d’une société qui a renoncé à se perpétuer dans un futur même pas si lointain que cela. L’être humain est rendu malade par le culte de la « croissance » et le consumérisme compulsif.

    « Il faut distinguer entre une vie de riche et une vie riche. La véritable finalité de l’être humain devrait être la joie de vivre (the enjoyment of life). En cela, Georgescu-Roegen renoue avec Aristote et sa condamnation de la chrématistique, le goût de la richesse pour la richesse ; avec John Stuart Mill et son éloge d’un état stationnaire dans lequel les êtres humains cesseraient de courir après l’argent en se combattant et en détruisant les beautés de la nature ; avec John Maynard Keynes appelant de ses voeux un monde dans lequel l’art de vivre aurait pris le dessus sur la course névrotique à l’enrichissement. »

    https://www.alternatives-economiques.fr/nicholas-georgescu-roegen-limpasse-de-croissance-economique/00036454

    1. @ Macarel
      « L’être humain est rendu malade par le culte de la « croissance » et le consumérisme compulsif. »
      La maladie a certes connu une aggravation galopante et inédite ces dernières décennies, mais pour autant avons-nous déjà connu un état stationnaire selon les vœux de J.S. Mill depuis la révolution Néolithique? On est tenté de répondre par la négative. Le processus historique est assez simple et récurrent. L’augmentation de la production de nourriture engendre une hausse démographique permettant la conquête de nouveaux territoires et/ou l’innovation augmentant les rendements au sein d’un espace fermé. S’en suit un inévitable effet de seuil dont l’histoire de l’humanité est coutumière. Effet généralement accentué par les variations naturelles du climat (en rappelant que sous nos latitudes ce sont les coups de froid qui ont été catastrophiques) et la complexité des systèmes sociaux entravant l’adaptation (voir les travaux de Jared Diamond).
      Mais on est bien d’accord que ce processus récurrent atteint aujourd’hui une forme de paroxysme.

    2. @arkao – Ce qui me semble être nouveau c’est l’extraordinaire augmentation (l’ampleur comme l’extension géographique) des effets négatifs que nous sommes en mesure de provoquer sans d’ailleur en avoir pleinement conscience. Exemple le nucléaire – militaire comme civil – mais il y aurait beaucoup d’autres exemples.

      Rien de vraiment irréparable ne me semble avoir été fait avant le 19ème siècle.

      1. Ce pauvre nucléaire civil est battu à plate couture par le charbon, le diesel, les pesticides, la déforestation, l’alimentation carnée, la pêche industrielle …. etc…etc…même s’il a son lot d’accidents de pollutions aussi.

      2. @Arnaud
        On en reparlera quand nos vieilles chaudières à bout de souffle rafistolées avec des emplâtres nous péterons à la gueule les unes après les autres.

    3. D’accord avec vous. Notez que Georgescu-Roegen distingue croissance et développement, un point certainement à creuser si on veut mieux penser à des modèles alternatifs qui ne mènent pas directement dans le mur…. (je pense à toutes les réflexions mettant en cause la pertinence du PIB comme « indicateur » ultime de richesse, et comme objectif suprême des politiques pour soit-disant résoudre tous les problèmes….)…

      1. @ Emmanuel
        Lisez le journal « La Décroissance » et vous constaterez que le point (pas le journal !) a été creusé avec brio.

  12. « …Peut-on se résigner à l’idée que, 100 ans après la révolution d’octobre, certains intellectuels et tribuns nous conduisent à nouveau dans le chaos et la mort de dizaines de millions de personnes, parce que leur pensée est amorale, que leur principe théorique est « la fin justifie les moyens » et que leur stratégie favorite est celle « du fait accompli et du coup de force » ? … »

    Et ça se dit scientifique ! Qui y a t-il d’amorale dans le principe voulant que la fin justifie les moyens ? Ce billet n’épouse-t-il pas lui même ce précepte lorsque qu’il souhaite : « …nous associer au cri de ces scientifiques pour défendre le dépassement et l’élévation de soi et de la société, nous indigner et nous engager  » … pa-ci-fi-que-ment ?

    Dans son nid, et la fin justifiant les moyens, la corneille arracherait bien les yeux de l’aigle !

    Le prolétariat est actuellement muselé, l’aigle dort. Autrement ce type d’appel grandiloquent et prétentieux de petits bourgeois, bourrés de préjugés de classe, prêterait vraiment à rire.

    (Extraits du manifeste):

    « Les responsables politiques étant sensibles aux pressions, les scientifiques, les personnalités médiatiques et les citoyens ordinaires doivent exiger de leurs gouvernements qu’ils prennent des mesures immédiates car il s’agit là d’un impératif moral  »

    Le citoyen (sans citoyenneté) ordinaire que je suis, tu sais ce qu’il te dit …

  13. « la perspective d’une vie misérable, de l’effondrement de la civilisation, voire de l’extinction de l’espèce »

    Cette perspective n’est évidente que pour un infime pourcentage de la population mondiale, population auprès de laquelle les scientifiques n’ont pas les moyens (matériels, intellectuels) de se faire comprendre (remarque: ils ont même du mal à défendre les vaccinations.)

    Un exemple très bête est l’augmentation de 2⁰ C de la température dont on nous rabat les oreilles alors que nous sommes habitués à une variation de 20⁰ C entre l’été et l’hiver.

    C’est pas la peine de m’expliquer pourquoi cette évolution de la température moyenne est catastrophique. Par contre si quelqu’un peut me dire comment l’expliquer de manière convaincante à ceux qui m’entourent (et qui n’ont eu jusqu’ici à souffrir d’aucune catastrophe météo) je suis preneur.

    L’élévation de la température n’est qu’un exemple, c’est pas mieux pour le reste…

    1. Exactement, et dernièrement, un collègue bac +5 m’a dit que deux degrés de plus en hiver feraient faire des économies de chauffge et qu’un peu plus de chaleur ne ferait pas de mal en été pour des pays comme la France, Belgique, Suède, etc qui ne bénéficient pas d’un ensoleillement extraordinaire.
      Concert d’approbation autour de la machine à café !!

      1. Pas si idiot que ça en a l’air. En histoire climatique, le malheur des uns fait le bonheur des autres. Concept vieux comme du Le Roy Ladurie.
        « Le réchauffement observé a augmenté le nombre de décès dus à la chaleur et diminué le nombre de décès dus au froid ». rapport du GIEC 2014, page 56.

  14.  »On ne pourra pas dire que nous n’étions pas prévenus. On ne pourra donc pas dire que nous ne savions pas ce qu’il fallait faire concrètement.  »

    Bonjour,
    Je vous avoue être blasé, dégouté par tous ces rapports scientifiques plus alarmistes les uns que les autres lorsque je vois, en parallèle, le comportement de nos politiques et concitoyens.
    http://www.rtl.fr/actu/societe-faits-divers/auto-radio-du-11-janvier-2017-7786678073
    Tout le monde s’en fout – enfin presque – , notre président préfère supprimer des relations ferroviaires et mettre des cars à la place qui polluent.
    Quant à la ministre des transport, elle n’hésite pas à remettre en cause le bilan carbone du TGV comparé à l’avion.
    http://www.latribune.fr/entreprises-finance/services/transport-logistique/le-tgv-est-naturellement-plus-cher-que-l-avion-elisabeth-borne-757135.html

    Dans ces conditions, vu que le vers est dans le fruit, il ne reste plus qu’à se préparer aux conséquences catastrophiques à venir.
    Les lobbys sont trop puissants.

    1. « Les lobbys sont trop puissants. »

      Absolument pas ! La puissance des lobbys reposent uniquement sur le degrés incroyable de compromission des responsables des organisations ouvrières.

      Qu’est ce que cette énième journée d’action syndicale bidon de ce 16 novembre, sinon la démonstration que les directions syndicales continuent à soutenir à bout de bras le système.

      Qu’est ce que ces premières timides critiques de la France Insoumise vis à vis des couards et des traîtres des sommets syndicaux, sinon la preuve que la pression de la base militante monte en flèche, pour dénoncer la posture d’opposition à sa majesté Macron, des dirigeants aussi bien syndicaux que politiques de la gôche.

      Le prolétariat travaillant en France n’est pas écrasé, il est muselé par des gens qui sont entrain de définitivement se discréditer à organiser des petites ballades une fois par mois, le reste du temps promettre au pouvoir un soutien inconditionnel à sa politique dénoncée par ce fil.

      Mais attention quand même.

      Premièrement, le prolétariat est invisible, parce que au stade actuel, la loi El Khomery et les ordonnances Macron-Philippe sont un cadre général, qui a vocation a atomiser le prolétariat à terme, en mettant fin aux lois sociales et aux conventions collectives.

      Lorsque le patronat va engager les négociations, secteurs par secteur, entreprise par entreprise, service par service, en vue de revenir sur ce qui fait les conditions de vie et de travail des salariés, ceux-ci face au mesures concrètes annoncées et négociées par des pourris, des jaunes, risquent de réagir violemment.

      Déjà on le voit cette semaine dans la fonction publique, face à l’empressement libéral du gouvernement, les représentants CGT, FO et SUD ont été sous la pression, obligés de quitter les groupes de travail. C’est sans doute l’acte politique majeur de cet automne dans le pays.

      Cette orientation syndicale juste va se généraliser maintenant, où alors les représentants syndicaux des secteurs concernés, risquent de rencontrer de gros gros problèmes avec des travailleurs, légitimement exaspérés d’être défendus par de tels bourrins et de tels incapables.

      Mélenchon a bien tord de mettre sur le dos de la division, exclusivement, la difficulté de mobiliser. La raison fondamentale est l’orientation et le syndicalisme proposé.

      Mais quel rapport avec le thème de ce fil vont s’interroger certains ?

      Évident il me semble, pour celui qui se convaincra, que c’est en prenant soin de l’être humain, en premier lieu de la classe ouvrière, que nous rendront le meilleur service à la terre .

      Ce n’est pas l’humanité qui est entrain de tuer la planète, c’est les capitalistes et leurs amis Martinez et Mailly.

      Les masques doivent tomber. Ce blog s’honorerait à dénoncer les crapules à la tête des syndicats, qui ce soir n’ont nullement l’intention de rompre d’avec le gouvernement Macron-Philippe.

      Autant fait celui qui écorche que celui qui tient le pied.

      1. « Évident il me semble, pour celui qui se convaincra, que c’est en prenant soin de l’être humain, en premier lieu de la classe ouvrière, que nous rendront le meilleur service à la terre . »

        J’en suis personnellement convaincu et depuis longtemps.
        _________________________________

        Comment vaincre Macron, et donc le Medef ? En retrouvant la fierté de notre histoire populaire, qui est une histoire d’émancipation du travail, pour sortir le débat public de la fange de la xénophobie et prolonger les conquêtes du mouvement ouvrier au XXe siècle. Le temps est venu de donner un contenu économique concret à l’audace démocratique de l’article premier de la Déclaration des droits de l’homme de 1789 : les humains naissent et demeurent libres et égaux en droits. Toute personne majeure résidant sur le territoire national doit être dotée de trois droits inaliénables : la propriété d’usage de l’outil de travail afin de faire les choix majeurs dans l’entreprise ; la participation à la délibération des caisses chargées de subventionner l’investissement à la place du crédit bancaire et des groupes capitalistes ; le salaire à vie afin que, assurés de notre reconnaissance sociale, nous décidions au travail en toute liberté. En prenant en main l’investissement et les entreprises, nous vaincrons Macron, et nous sortirons la production de la folie écologique, anthropologique et territoriale du capitalisme.
        (Bernard Friot, Vaincre Macron, éd./La Dispute)

    2. @JEAN-PAUL MICHEL
      Le train, le car, la voiture, l’avion, sont tous grands consommateurs d’énergie, cela en rapport avec la masse qu’ils déplacent, le carré de leur vitesse, les frottements qui les freinent et quelques autres menus facteurs (pas des postiers maigres et petits).
      Le train est très lourd, s’arrête souvent et va vite s’il est GV, bus et voiture frottent beaucoup et sont lourds, l’avion va très vite et reste assez lourd.

  15. Qui décide quoi ,pour qui et pourquoi? Le citoyen n’a aucun pouvoir de décision. Par son vote le citoyen remet gentiment à son maître le pouvoir de décider. On n’est pas en démocratie.Nous sommes dans une aristocratie élective qui, avec l’aide de lobby est devenue une ploutocratie. Ceci explique cela!

    1. Aucun pouvoir, aucun pouvoir. Il peut encore voter (même si c’est bien maigre). Et ce qu’on observe, c’est que les partis écologistes en France ramassent des miettes.

      Si la majorité des français votaient pour un parti avec un programme écologique solide et crédible, la politique menée serait très différente. La conclusion, c’est que globalement, les électeurs français ont ce qu’ils veulent: un gouvernement qui se contre-fiche des questions écologiques.

      D’où l’appel à la minorité consciente de Cédric Chevalier. Alors, on peut s’inquiéter de dérives autoritaires possibles, mais cela a le mérite de la cohérence…

  16. Pourquoi sommes-nous incapables de réagir collectivement ? J’en suis arrivé à la simple et toute personnelle conclusion que l’évolution a fait de l’espèce humaine une espèce à l’intelligence à moitié terminée. Dommage pour nos descendants…

      1. « Ah! Encore un déçu de l’humain et de la démocratie, adepte des despotes éclairés. On se croirait en juin 40. »

        D’où l’expression « il est pas fini »….!

  17. @BAIN
    « Pour nous sauver, plan B : »

    J’apporte à ce plan B (de refroidissement actif) une proposition sans IA ni HighTech:
    installation de panneaux solaires célestes passifs (le plus noirs possible), tournés vers le ciel, la nuit, et recouvert d’un réfléchissant (genre couverture de survie) le jour.

  18. Merci de citer Nietzsche. Le « Zarathrustra » fut ma « bible » dès l’âge de 20 ans. Cet ouvrage illustre bien son soucis de « Selbstfindung », la recherche de soi, de la vérité. C’était un grand visionnaire et parfaitement imcompatible avec son époque.
    Le problème réside dans notre confort, qui est intimement lié à la pollution; pensez à la voiture qui pollue beaucoup, à la fabrication industrielle…..Il faut aller voir certaines paysages défigurées et pollués un Chine, c’est horrible. Puis les cancers et d’autres pathologies.
    J’imagine que personne a envie de vivire comme au 18e siécle. Et de très nombreux emplois existent grâce à la production industrielle qui demande un tribut, celui de la pollution. Un autre problème réside dans la voracité et cupidité de l’homme, ce qui l’amène à dévaster de manière stupide la nature, une nature qui protège le vivant. Je suis assez pessimiste. Il faudrait une immense catastrophe collective pour changer les mentalités; mais ce serait peut-être trop tard, puisque le mécanisme irréversible est en marche.

    1. Le monde réel est le lieu de phénomènes irréversibles (au sens du second principe de la thermodynamique). Ce qui veut dire que la quantité d’énergie utilisable se réduit de jour en jour. Même si parallèlement la quantité d’énergie-matière non utilisable croît : celle en particulier qui contribue à réchauffer notre climat. Puisque d’après le premier principe de la thermodynamique : rien ne se crée, rien ne se perd tout se transforme.
      Donc plus nous nous agitons à extraire des ressources naturelles stockées dans le sous-sol, plus nous nous agitons à produire avec ces ressources des biens matériels : moins d’énergie-matière utilisable il y a.

      De sorte qu’à la fin des fins de nos activités thermo-industrielles, il ne restera plus ou presque d’énergie utilisable, si ce n’est celle du soleil qui nous cuira comme des homards dans le court bouillon.

      1. Pas d’accord pour ce bilan sur l’énergie.

        A part les marées (une sorte de « frottement » entre la lune et la terre) et la chaleur du noyau terrestre (chaleur résiduelle ou due à la radioactivité) toute l’énergie que nous utilisons provient du soleil. Le bois, le charbon, le pétrole et le gaz c’est grace à la photosynthèse. Le vent, les vagues, l’eau des barrages et les courants marins c’est du à la chaleur du soleil.

        Quand tout se passait bien la terre renvoyait vers l’espace autant d’énergie qu’elle en recevait. L’augmentation de l’effet de serre (changement de la transparence de l’atmosphère) piège une plus grande part de cette énergie d’où une température d’équilibre plus élevée (de plus en plus élevée si son augmentation accroît à son tour l’effet de serre.)

        Le bilan c’est que, même si on sait mal l’utiliser (principalement mal la stocker et la transporter), c’est pas l’énergie – solaire, forcément solaire – qui nous manquera.

    2. J’ai l’impression que même le cancer se fait nietzchéen ces temps ci et ne veut plus de nous pauvres derniers humains trop humains. Menfin en France en tout cas, 1% par an de baisse du taux d’incidence des cancers depuis 2005.

    3. @ Germanicus
      « pensez à la voiture qui pollue beaucoup. »

      Carrière au Nord de Lorient :
      Pour la fabrication de seulement deux types de pièces de bagnoles Renault, une ancienne carrière d’un roche blanche magnifique, de 250 mètres de longueur, large de 70 m et profonde de 20, a été remplie quasi entièrement, en environ 15 ans, de sable de moules de fonderie, parfois très très fins et donc « volages », truffés de phénols, grâce à des rotations de camion de 25 km.
      Maintenant tout est noir.
      La voiture pollue beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup …………

  19. un demi siècle de déni. Pourquoi s’arrêter ?
    La population n’y croit pas.
    La ploutocratie n’y croit pas.
    Il serait dommage de rater la fin du monde, en prime live on the TV.
    Champagne et luminion, ça va être grandiose.

    1. Ce qui est bête, c’est qu’il n’y aura rapidement plus de télé puisqu’il il n’y aura plus d’électricité. On manquera donc le clou du spectacle !
      Mais grandiose ce sera ! Aucun doute là-dessus.
      On pourra néanmoins imaginer le Grand spectacle au regard de ce que nous vivrons toutes et tous individuellement ou en famille.

  20. « Parce que des votes démocratiques ont sanctionné l’inertie, voire le recul, avec le consentement par défaut de populations entières, des minorités pensantes et agissantes doivent-elles se résigner, dans le respect formel des règles ? »

    C’est un appel à l’insurrection ? Ah non alors ! pas avant que les gens n’aient un peu compris ce qui leur arrive ! ou alors ça ne servira à rien ! Je trouve le programme de sauvetage de ces scientifiques (sauf leur respect) particulièrement mauvais. C’est un catalogue de vœux pieux !

    Bien sûr qu’il faut préserver des espaces naturel pour les espèces, mais comment ? C’est ça la question, il faut avoir un programme !
    Le problème est économique, donc humain, et il ne parlent que des plantes et des animaux… c’est des hommes dont il faut parler ! ce sont eux la cause du problème non ?! Ce n’est pas le gorille de Malaisie qui essaie de fourguer un pot de Nutella ou un voyage en avion à chaque chinois ? si ? C’est le député alors ? Non…il se fait peut être un peu influencer de temps à autre mais non.

    Alors parlons de l’activité humaine.

    Parlons gaspillage de nourriture par exemple : j’ai tenté l’ingestion d’un yaourt resté 6 mois dans mon frigo. il sentait bon, je l’ai mangé, digéré, sans aucun problème. Essayez !

    Parlons concurrence par exemple : quelle est la part de la bande passante consacrée à la publicité ? 50% .. 75% plus ? C’est utile ça ?
    on peut pas s’en passer ? Pourquoi gaspiller l’énergie, à se confronter ainsi les unes contre les autres.

    Parlons influence ! Quel est le poids de l’information alternative, du scientifique qui vous dit que vous pouvez boire l’eau du robinet, face à Evian qui arrose de pub à longueur de journée, pour vous faire boire de l’eau conditionnée dans du plastique ?

    Parlons Risque par exemple : qu’est ce qui est vraiment risqué ? manger un yahourt périmé, dépasser de 10km/h la vitesse limite, ou installer des tablettes sur les tableaux de bord, réclamant l’intelligence et le sang froid d’un cosmonaute à elles toutes seule ?

    Parlons sciences ! Pourquoi les sciences appliquées dans l’industrie, ne sont-elles pas supervisées par les académies ? Les meilleurs savants auraient peut être de bons conseils à donner, qui aboutiraient à des progrès peut-être plus substantiels, que des essuie-glaces qui se mettent en route tout seul, alors qu’on a rien d’autre à faire dans sa voiture, ou un aileron de requin sur le toit qui ne sert qu’à faire le kéké ?

    etc etc.

    Il me semble qu’il y a beaucoup à faire, avant d’arriver au stade de l’insurrection, et à jeter les riches et les politiques par les fenêtres, comme en en 1792.

    1. @ Vincent Rey
      « Pourquoi les sciences appliquées dans l’industrie, ne sont-elles pas supervisées par les académies ? »
      Parce que les Académies sont le siège du conformisme et qu’on ne peux pas avancer beaucoup avec elles, dans un sens ou dans un autre, d’ailleurs.

      « Le problème est économique, donc humain, et il ne parlent que des plantes et des animaux… c’est des hommes dont il faut parler ! »
      Ah ben non, les humains ce sont les méchants, il faut les empêcher de se reproduire. Les gentils nounours blancs et les gentils tigrounets et les gentils pandas qui font un million de vue sur Youtube, ça vend du rêve, coco!
      Je plaisante, bien sur 😉

      1. vigneron
        Cette liste est négociable tout de même ?
        j’y vois plein de choses dont on pourrait effectivement se passer : pub, spéculation, JO-business, objets à obsolescence programmée. Rien qu’avec ça on passerait à tout autre chose.
        Ou alors dis-moi ta méthode, qu’on entre un peu dans le concret.

      2. Personne ne négocie avec les zigues qui t’imposent une liste à la Prévert d’interdictions numérotées, avec un gros etc en prime.

    2. Comment?
      Il faut diminuer l’ensemble des activités humaines et le plus simplement possible en commençant par le superflu et le nuisible, facile mais économiquement impossible dans le système actuel donc au préalable revoir de bout en bout ce système destructeur de planète (plus tard)

      Voici tout de même une liste de choses à éliminer ou à réduire drastiquement et qui aurait un impact positif important sans nuire aux besoins fondamentaux. Positif au sens où les écosystèmes auraient probablement la possibilité de récupérer leurs fonctions.
      1-Financiarisation de l’économie, spéculation, dettes, bourse, etc.
      2-Système bancaire, produits dérivés, paris, etc.
      3-Tourisme internationale, avions (1 milliard de litres/jour) et paquebots.
      4-Industrie militaro-industriel
      5-Publicité
      6-Mode vestimentaire
      7-Sports professionnels et olympiques sur payés
      8-Arts et cultures professionnels sur payés
      9-Fabrication d’objets inutiles
      10-Fabrication d’objets non durable et/ou à obsolescences programmé court terme
      11-Produits alimentaires industriels sur transformé, sucré/salé, néfaste pour la santé etc.
      12-Éventail trop grand de produit (parfois peu efficace) pour le même usage
      13-Variété exagéré des modèles de voitures (9-10)
      14-Logements exagérément luxueux bien au-delà des besoins
      15-Sous-utilisation volontaires de techniques efficaces, pouvant permettre de quadrupler et plus la durée de vie des objets utiles et réduire du même coup le recyclage énergivore
      16- Importation de produits (nourriture, vêtements, etc.) pouvant être produit localement.
      17- Extraction minière de l’or pour simple stockage et spéculation.
      18- Exploration spatial.
      19- Etc.

      1. @Alain Audet
        Selon la sensibilité de chacun, on peut changer l’ordre de votre liste, et la compléter.
        Il n’a aucune inquiétude pour savoir si celle sera mise en œuvre, car elle le sera, soit, improbablement par décision, soit par la force des choses.
        Entre deux, il y a les « colibris augmentés »: que chacun s’y mette à titre individuel, mais avec cet assaisonnement: viser l’interaction entre les actions/postures individuelles.
        Après tout, nous sommes tous dotés d’une capacité de communication: celle-ci n’est pas réservée, – de manière néfaste -, aux gourous, alors pourquoi ne pas s’en servir ?

      2. Il y a un programme qui suffirait à un quinquénat :
        interdire la publicité sur les moyens de communication de masse. Distribuer des amendes, aux firmes contrevenantes, avec des sortes de radars de pub automatiques.

        => retour d’une information libre et contradictoire
        => rééquilibrage de l’influence, au profit des citoyen
        => cessation progressive de l’aliénation à la consommation
        => fin de la marchandisation de l’image du corps.

        Si on réussissait à faire simplement ça, il me semble qu’on respirerait déjà un peu mieux. Il ne manquerait rien dans les magasins, les enfants iraient toujours à l’école, et on aurait déjà mis une bonne salve de canon à la machine infernale.

      3. adoquedit :
        17 novembre 2017 à 11 h 22 min

        C’est l’épuisement des ressources qui viendra à bout de l’Humain, par sa faute de ne pas avoir compris et maintenu le fonctionnement des écosystèmes, naturels et irremplaçables, dont il dépend entièrement, à 100%.
        Eau et air vont s’épuiser simplement par la pollution, leurs écosystèmes respectifs ne pouvant suffire au renouvellement de la qualité de ces éléments.
        Maintenir le niveau des activités humaines au niveau actuel et réussir à ne plus polluer, eau et air, demandera tellement d’effort que se sont les énergies et matériaux nécessaire à l’exercice qui s’épuiseront.
        Nous ne pouvons aller au-delà de la capacité des écosystèmes, une seule alternative réduire nos activités.
        En planifiant un retour aux conditions normales de fonctionnement des écosystèmes et en tenant compte de l’état de dégradation actuelle nous allons frôler de toute façon l’épuisement des ressources mais nous éviterons l’extinction sans difficultés majeurs dans le cas contraire nous subiront l’extinction dans le chaos total.

      4. @ vigneron
        Plus tôt sera le mieux !

        @ Alain Audet
        Vous êtes loin du compte.
        Cependant, restez en là ! Faut pas fâcher trop fort notre vigneron marcheur, qui pense que là où il y a l’atome il y a l’ivresse.

      5. @Vigneron :

        C’est en fait l’interrogation d’Hamlet .

        Je crois de mon côté que formuler la question , c’est donner une chance au « plutôt vivre » .

        Et Shakespeaure survit à Hamlet et Laerte .

  21. L’inertie (le temps entre la cause et l’effet =200 ans) est trop grand pour le commun des mortels. L’humanité va donc disparaitre très probablement.

    1. Je rajoute: le plus grand malheur c’est que l’être humain ne ressent que des phénomènes linéaires, alors que beaucoup de ces phénomènes sont exponentiels.

  22. Greenwashing. Mieux vaut en rire qu’en pleurer:
    http://www.leparisien.fr/nanterre-92000/a-nanterre-on-cajole-les-arbres-du-futur-grand-paris-express-16-11-2017-7397160.php
    On est mal parti pour la reconstitution des espaces « naturels » en plantant des arbres d’origine chinoise 🙂
    Incidents diplomatiques en vue avec la Renouée japonaise. Rajoutons aussi la menthe de Corée (Agastache rugosa) dont on ne sait si elle est du nord ou du sud.

  23. Comment taire (terre?) ou faire taire ?
    Je n’ai aucune prétention quand à mon efficacité à lutter contre EDF et sa dérive mortifère, je suis juste autonome en électricité (et sobre, avec 1400 Watts de puissance maximale).
    La finance, le capitalisme, et la croissance qu’ils promeuvent me paraissent invincibles, j’ai délibérément décidé de réduire mes revenus (et mon activité rémunérée) bien en dessous du seuil de pauvreté, c’est autant dont ils ne profiteront pas.
    La planète et la biodiversité souffrent d’une manière insoutenable, j’ai choisi de me nourrir avec des aliments bios et locaux, c’est bon pour ma santé, mais c’est surtout bon pour l’environnement.
    Entre artificialisation et perte de fertilité, les sols agricoles deviennent un enjeu stratégique, j’ai décidé de me former au maraîchage (et à d’autres savoirs liés à ce besoin quotidien, la nourriture), et j’ai compris que le premier combat était de nourrir le sol.
    Le recyclage est dans l’air du temps (un principe important au même titre que le refus -de consommer- et que le réemploi), je transmets ce que je peux de mon savoir faire et de mes connaissances, je recycle ainsi le temps qu’il m’a fallu pour les acquérir.
    L’humanité voit son temps compté, j’en suis intimement convaincu, je suis simplement heureux de sentir mes actes en conformité avec ma pensée.
    Et vous, où en êtes vous dans l’exploration de cet espace hors de votre zone de confort?
    L’action collective est elle la somme des actions individuelles?
    Ou suis-je définitivement trop naïf?

    1. @ Chaluthier
      Naïf, non. C’est la technique du colibri, qui fait sa part du travail. Paul Jorion et ses amis ne semblent pas considérer que les actions individuelles soient suffisantes pour venir à bout de la tâche. Quoi qu’il en soit, soyons en paix avec nous-même et notre conscience, c’est toujours ça de fait.

  24. En vrac.
    L’humanité n’est pas la somme des femmes et des hommes. L’humanité peut être comparé aux premiers organismes qui ont libéré l’oxygène du règne minérale tendis que nous tentons de nous libérer du temps et de notre nature. Sucidère au demeurant !
    Existe-t-il une masse critique de scientifiques qui signent des appels à la raison capable d’engendrer l’apoptose de l’humanité ?
    Enseigne t on aux têtes blondes nôtre fin prochaine ?
    La nature a inventé le cancer pour tuer de l’intérieur. Reste a trouver l’organe à « infecter ».

  25. Merci pour ce très bon article, Cédric. Je partage cette position et par la même occasion ce constat alarmant.

    Quand je regarde autour de moi, je vois un certain nombre de personnes prisent dans leurs habitudes (la priorité de regarder les matchs de foot, faire plaisir à leurs proches par des nouvelles réjouissantes, le dîner que l’on va manger ce soir, la dernière pitrerie de Donald Trump, etc.), c’est assez déconcertant et peut-être que l’humain a toujours été un peu à côté de la plaque avant la venu du déluge. D’un autre côté, nous possédons cette capacité d’agir sur le monde, surtout que nous disposons aujourd’hui d’un capital de connaissances nous offrant les cartes mentales et les moyens technologiques nécessaires pour bâtir un monde meilleur, dépassant l’ultralibéralisme mortifère.

    Toutefois, je me pose la question suivante : l’idée de destruction de notre habitat est-elle trop folle pour qu’une population l’accepte ? Individuellement, on peut s’en inquiéter, jusqu’à en perdre le sommeil. Mais collectivement ? Veut-on faire planer autour de nos proches un spectre de fin du monde, réel bien entendu, ou préférer les rassurer (et se rassurer peut-être aussi) en se disant que d’autres règleront la situation. Sommes-nous prêts à inquiéter les êtres que l’on aime dans le but final de les protéger ?

    Nous avons besoin de courage, de beaucoup de courage, dans un premier temps. J’espère de tout cœur qu’un sursaut collectif est en train d’avoir lieu. J’espère juste que l’être humain est assez bien équipé psychiquement pour faire face à une telle menace, d’une telle ampleur.

    J’en parle autour de moi, et je vois que je ne suis pas le seul ! Cela me fait plaisir.

      1. Le nœud du problème est la monnaie mais qui est disposé à fonder un consensus citoyen planétaire sans monnaie ?
        Certainement pas les illuminés qui la mendient (salaire, allocation, revenu universel, …).
        On n’est pas sorti de l’auberge.

      2. On dit plus « pas sortis de l’auberge ».
        On dit « on est bien à l’hôtel California, mais on le quitte pas ».

        Last thing I remember, I was
        Running for the door
        I had to find the passage back to the place I was before
        ‘Relax’ said the night man,
        ‘We are programmed to receive.
        You can check out any time you like,
        But you can never leave!’

        Normal que tu puisses pas le quitter, y’a les guitares de Felder et Walsh juste à la fin, jusqu’à la fin…
        https://youtu.be/iahhYHy7lDo

      3. Dans le mille !
        Cette chanson résume notre prison idéologico-économique.
        La Californie aussi : ruée vers l’or, paradis artificiels, Hollywood, Palo Alto, Silicon Valley, …
        Sans compter les lobbies plus ou moins « occultes ».

      4. Yep, les Clash ont annoncé Thatcher en GB, les Eagles Reagan aux US.
        Mais le début de la fin c’est plutôt Altamont, 69. Mortelles seventies.

  26. Bonjour
    En réaction au temps qu’il fait.
    Ce que vous dites dans cette vidéo est strictement génial, aussi un arrière goût,
    peut-être Peut-être provoquée par la fréquence, le rythme, l’intonation, les expressions .,. , est éprouvé.
    Comme si le cœur n’y était pas à 100 %.
    Je pense que ça doit être très dur,
    Car vous, comme d’autres,, êtes impliqué dans ce début d’immense virage de notre civilisation.
    Votre engagement est à honorer !
    Comment on appelle cela déjà, Ahh , oui un initiateur .
    Cependant comme vous l’avez souligné à maintes reprises, vous vous rendez compte que – Trop nombreux sont ceux que je connaissais et qui ne sont plus là –
    Je ne sais pas ce qui doit embêter le plus, sa propre mort ou de manquer des épisodes bien que Nous avons déjà pas mal de saisons dernière nous! Plus ou moins.

    D’un point de vue c’est absurde car tout le monde sait pas ici qu’en traversant inprudemment ou en naissant dans la mauvaise ville par exemple, on est quasiment tué(e) sur le champ.
    Mais en mon fort intérieur, un je ne sais pas quoi affirme clairement que ce n’est pas du tout absurde ! Très étrange.
    En tout cas il faut aller sans crainte,
    Devant nous, quelques belles saisons plus ou moins intéressante Sont à vivre pleinement pour apprendre comprendre et moultes aventures et bien sûr essayer de faire, bouger les lignes !

    Bonne journée à tous !

  27. Cher tous : laissez tomber les appels à ce que vous vous représentez comme « raison », verbalisme impuissant dans tous les cas (on peut les examiner un par un si vous voulez) = il n’y a que nécessité qui fasse vertu, le nécessaire = le bon. Le reste, la « morale », les appels au « bon sens », à « la bonne volonté de tous les gars du monde » etc c’est la littérature de la conscience, ie de l’impuissance. Donc : ce sera bien évidemment acculé que les décideurs décideront, et rien n’empêche chacun d’agir plutôt que de pianoter sa belle âme.

    1. Certes. …

      Et puis n’est-ce pas même un brin hypocrite de passer tant de temps à imaginer  » comment  » tout pourrait changer, alors qu’au fond de nous, nous savons bien toute l’inertie embarquée consciente et inconsciente, dont nous sommes le véhicule. …..

    1. Le taux « masse végétale fossilisée brûlée / hommes » aurait-elle aussi son mot à dire ?
      Un chercheur aurait-il le loisir de dessiner la courbe d’évolution de chacun de ces deux taux ?
      Pourrait-il aussi évaluer un seuil critique malthusien à une combinaison de ces deux courbes ?

      Cela serait sans doute plus pertinent que le PIB.

      Tout cela ne serait-il pas qu’une incompréhension entre l’homme moderne et l’arbre ?

      Y aurait-il un druide dans la salle pour rallumer la lumière ?

  28. Bonjour,
    Préférant parler en termes de solutions concrètes, ne faudrait-il pas interdire totalement et immédiatement le sommet du court-termisme, à savoir l’obsolescence programmée dans l’espace européen ?J’entends déjà les « oui mais, vous n’avez pas pensé à,.. ». Nous répondons : Nécessité fait Loi !

  29. La société des loisirs est dans son ensemble une économie de l’obsolescence programmée pour fabriquer artificiellement du PIB obsolescent qui appelle du PIB obsolescent., etc.
    L’obsolescence programmée n’est pas que technique, elle est aussi symbolique.
    Nul besoin de rendre un smartphone techniquement obsolescent, il suffit de produire une nouvelle version pour faire fondre la valeur de la version précédente.
    C’est sur le marketing qu’il faut aussi légiférer et pas seulement sur le process de fabrication.
    L’économie de la surconsommation, c’est avant tout du symbolique.

  30. La distorsion sémantique est révélatrice du malaise culturel :
    on évalue la santé d’une « économie » à son niveau de « consommation ».
    Cherchez l’erreur …

    1. Et comme dirait Astérix et Panoramix , les VRAIS créateurs d’Uderzo et Goscinny, amis des sangliers, si si si… :

      In the power of the Holy Cauldron I Trust !
      https://nsnbc.files.wordpress.com/2011/10/asterix-druid.jpg

      Fruit d’hiver, très apprécié en Corse, nourrissant et régénérant.
      http://www.hautcourant.com/IMG/jpg/bnf_3.jpg

      Nos amis pas si bêtes.
      http://vanhoutenn.free.fr/projet/image/sangliers3.jpg

      Et enfin : Distributiondeprix
      http://vanhoutenn.free.fr/projet/image/gaulois/distributiondeprix.jpg

  31. Face à ce constat chiffré alarmant, le comité scientifique de « salut public » est face à ce dilemme : Quel type de gouvernement mondial adopter pour assurer la frugalité à tout le monde ? Ou comment un Robespierre raisonnable devînt le tyran (Babeuf)

  32. https://www.newyorker.com/magazine/2017/11/20/can-carbon-dioxide-removal-save-the-world/amp

    (…) Early last month, the Trump Administration announced its intention to repeal the Clean Power Plan, a set of rules aimed at cutting power plants’ emissions. The plan, which had been approved by the Obama Administration, was eminently achievable. Still, according to the current Administration, the cuts were too onerous. The repeal of the plan is likely to result in hundreds of millions of tons of additional emissions.

    A few weeks later, the United Nations Environment Programme released its annual Emissions Gap Report. The report labelled the difference between the emissions reductions needed to avoid dangerous climate change and those which countries have pledged to achieve as “alarmingly high.” For the first time, this year’s report contains a chapter on negative emissions. “In order to achieve the goals of the Paris Agreement,” it notes, “carbon dioxide removal is likely a necessary step.”

    As a technology of last resort, carbon removal is, almost by its nature, paradoxical. It has become vital without necessarily being viable. It may be impossible to manage and it may also be impossible to manage without. ♦

    1. Si cela pouvait provoquer la retraite (politique) anticipée de M. Mélenchon, cela aurait au moins un effet positif. J’espère que les insoumis vont ouvrir les yeux.

      1. Première occurrence de « Mélenchon » dans les commentaires
        ce 17/11/17 à 20:20.
        Pour faire référence au programme de la FI ?
        Que neni !
        Et pourtant c’est dans ce dernier qu’il est notamment question de transition écologique, de règle verte, de changement des process industriels.
        700000 voix de plus et la France s’engageait dans une révolution civilisationnelle.

        on en recause aux prochaines élections présidentielles . . .

      2. Merci pour le sarcasme !

        …/… La règle verte ne pourra pas être mise en œuvre si les marchés financiers peuvent agir à leur guise.
        Il y a donc urgence à engager la transformation en dehors de la logique du capital et de ses circuits financiers. …/…

        tout un programme !

    1. Adopter leur mode de vie ? Hell no!
      Suffit de manger sainement et de faire du sport pour avoir les mêmes résultats. Ou d’attendre la mise sur le marché par les Japonais de la pilule répressive des protéines dégénérescentes.

      1. @Julien Alexandre
        C’était un petit trait d’humour……, je n’ai guère envie non plus d’adopter ce mode de vie, mais, à la réflexion, ne serons-nous point forcés, à adopter un jour un mode de vie plus frugal, sans aller toutefois vers celui des amish?

    2. Pas d’alcool, pas de tabac, pas de partenaires sexuels multiples, travail physique en extérieur mais protégés du soleil, etc. Mais au final la même espérance de vie que la population caucasienne environnante, plus faible chez les femmes. Sauf qu’ils doivent se fader en sus les multiples tares de leur consanguinité et de « l’effet fondateur » (nanisme, syndrome d’Angelmam, maladie du sirop d’érable etc, etc.

      1. @ Vigneron
        « Pas d’alcool, pas de tabac, pas de partenaires sexuels multiples »
        Plutôt crever!
        Même « jeune » 🙂

      2. ( Par ces temps de révélations  » sexistes,j’ai choisi une interprétation féminine plutôt que l’original d’Eddie Constantine )

        https://www.youtube.com/watch?v=JkE_jlungOM

        Mais d’une certaine façon entre lutte antialcoolique , lutte anti-tabac , lutte féministe , toutes de vieilles dates , périodiquement redynamisées , ceci illustre la nécessité de remettre sans cesse sur le métier ,comme la démocratie , afin d’éviter de tomber encore plus bas .

        Ce qui me rappelle que la première alerte médiatique sérieuse avant la signature des 15 000 avait été celle ci en …1972 , actualisée 2012 , et que « l’utopie ou la mort  » de René Dumont en 1974 reprenait ce même effroi :

        https://fr.wikipedia.org/wiki/Club_de_Rome

        Il me semble que l’on retrouve alcool et sexe ,sinon cigarettes , dans la géniale vidéo de Lubomir Arsov mise en ligne .Comme dans l’original , son Odyssée  » finit » bien .

        Mais où sont Pénélope , Ulysse et Télémaque ?

        Où sont les sages ( qu’ils soient sept ou plus ) du génie grec qui nous a fait ?

        Où sont les sages de Chine ou d’ailleurs pour les rejoindre ?

        Ombre et lumière dirait Hervey , mais , comme le dit Zarathoustra dans la parole que je lui préfère car il nous fait responsable :
         » Derrière toi il n’y a plus de route … Le voyageur parle avec son ombre » .

        Les rapports nous disent où nous sommes , pas qui nous souhaitons être .

  33. Une évidence me crève les yeux, l’individu demeure au centre de l’essentiel de notre recherche de solutions, encore et toujours. Nous nous indignons, signons des pétitions, applaudissons aux livres de Jorion, défilons parfois, et après? Il y a des raisons matérielles à l’évolution du monde qui nous échappent, une mécanique qui nous échappe et nous comblons notre incompréhension par des réactions morales et vaines. Et compte tenu de notre savoir faire à nous unir, si nous faisions une révolution aujourd’hui, aussi justifiée soit-elle, portée par les meilleures intentions, je prends le pari (sans trop de risque) que nous faciliterions alors des conditions primaires de lutte des places, la part belle à l’arrivisme et à la brutalité, la férocité, comme dans les épisodes précédents. Qui serait alors le prochain ennemi du peuple?
    Une des clés d’évolution qui ne rejouerait pas les épisodes précédents me semble être dans la façon dont nous construisons, structurons nos collectifs, comment la parole des plus faible y est protégée, chérie, et eux avec. Comment les « différents » sont tolérés, voire souhaités, comment ils sont traités par la tendance naturelle des « mêmes », tendance inhérente à tout mouvement de groupe, à tout mouvement de lutte, tendance sans doute immémoriale, peut-être même indispensable à la survie des premiers groupes humains.

  34. Ce billet appelle à l’honnêteté intellectuelle et le courage des membre de la « minorité consciente ». Même si c’est désirable, est-ce réaliste?

    Comme pointé ci-dessus, l’argumentaire de Vincent Rey dans un article récent du blog à propos de l’appel à la vertu écologique (i.e. une critique de ce genre d’appel) pourrait être utilisé ici également.

    Cela dit, il faut bien proposer des stratégies d’action, se résigner n’a pas beaucoup d’avantages…

    1. Je me suis peut-être mal exprimé mais personnellement, je n’en appelle pas à la « vertu écologiste », j’en appelle plus prosaïquement à la volonté de (sur)vivre. Et pour ceux qui disposent de cette volonté minimale, à la volonté de vivre une existence authentiquement humaine. Comme je le disais récemment à un ami, l’être humain semble incroyablement préoccupé de survivre à titre individuel mais très peu soucieux d’exister (esclaves, travailleurs et citoyens aliénés et dominés, etc.). Et bien je me suis trompé : je ne suis même pas certain que l’être humain soit si préoccupé de survivre finalement… Une société d’êtres humains préoccupés de survivre vivrait actuellement dans une anxiété telle qu’ils exigeraient des mesures adéquates pour détourner cette menace existentielle, ils ne dormiraient pas tant que ce ne serait pas le cas.
      C’est là qu’il faut intégrer le court et le long terme dans le cerveau humain et le prix Nobel de Duve l’a bien montré : nous sommes cablés pour nous soucier bien davantage de survie à court terme, que de survie à long terme, et ne parlons même pas « d’existence » au sens noble du terme. Cela explique bien la docilité des esclaves, bien plus nombreux que les citoyens dans la plupart des civilisations antiques et le cri de La Boétie : soyez résolus à ne plus servir et vous voilà libres !

      Donc voilà, pour le dire de manière un peu insultante, je vois une bande de singes (dont je fais partie) en train de se partager des bananes en poussant des cris aigus alors que la montagne est en train de s’effondrer sur eux.

      Alors oui, j’en appelle à la minorité qui souhaite vivre à long terme, voire qui souhaite exister : faites valoir vos droits !
      Il ne s’agit pas de vertu écologique, mais de volonté et de droits civiques.

      Peut-être serait-il intéressant de cadrer la démarche politique de cette manière, comme le fait Naomi Klein en reliant le combat écologique aux grands combats civiques du passé ?

      1. On pourrait donc appeler ça de la « légitime défense », mais pourquoi cette défense serait elle « légitime » agie par les mêmes qui ne bougent pas un petit doigt quand meurent encore , « maintenant et ici » , des enfants , des femmes , des vieillards , des hommes en situation de sous hommes ?

        Quand la défense prendra la force , elle ne sera pas légitime , elle sera affolée et stupéfaite .

  35. La monnaie est une convention collective.
    Contrairement à une bombe, son pouvoir direct est strictement conventionnel.

    Si tout le monde s’obstine à adhérer par habitude (et intérêt individuel à lorgnettes) à cette convention, suicidaire pour la majorité et profitable à une minorité, alors cette majorité pourra se plaindre encore longtemps.

    Lloyd Blankfein en rigole tous les jours, les mains dans les poches … pleines de conventions et sans arme à la ceinture.
    Tout le monde lui cire les pompes parce que l’on confond toujours le symbole (dollar, …) et la réalité.

    L’éternel pouvoir de la magie sur celui qui veut bien y croire.

  36. Conventions de gestion collectives du droit d’usage : par-delà la monnaie …

    Certains sociologues avanceront la croyance selon laquelle la monnaie créerait du lien social.
    La bonne blague.
    C’est le principe même de la convention qui crée le lien social, avant tout contenu.

    Quand le lien social part à la dérive ou mène la société droit dans mur, que font les humains pragmatiques ?
    Ils tentent de modifier la convention.
    Elémentaire !

    Pourquoi se pourrir la vie avec cette convention archaïque de la monnaie ?
    Les nouvelles technologies n’offriraient-elles pas d’autres moyens de gestions du droit d’usage, à partir de nouvelles conventions un peu moins simplistes et barbares ?

      1. D’accord.
        Désolé pour le dérangement.
        Mais en théorie, la personne qui décide du « va falloir », c’est P. Jorion.
        Et en principe, sur un blog, il reste techniquement assez simple de passer au commentaire suivant si cela ne vous intéresse pas.

        Si vous avez par contre une idée ou l’autre en dehors de votre ressenti épidermique quand à la gestion de son propre blog par Paul Jorion lui-même …

      2. Bienvenue Pascal. Je m’occupe ici entre autres choses de la modération, et donc quand je dis « merci d’éviter les digressions et le hors sujet », la phrase à retenir c’est « merci d’éviter les digressions et le hors sujet ».

        On a publié ici-même des centaines de billets sur la monnaie (il y a même un livre sur le sujet, au cas où cela vous ait échappé, auquel votre serviteur a modestement participé), si vous avez envie de commenter, libre à vous de déterrer ces sujets là. Ou de proposer un billet invité (utiliser la fonction contact pour l’envoyer, on vous tiendra au courant après avis de notre petit comité de lecture).

      3. Les « bleus » qui s’attaquent à Julien Alexandre sans connaitre son rôle, c’est toujours une bonne tranche de rigolade (même si ce n’est pas sympa de dire ça). Qui s’y frotte s’y pique, d’autant que le Julien il n’y va pas avec le dos de la cuillère. Petits moments exquis dans la lecture des commentaires du blog de PJ 🙂

      4. Dans le commentaire que vous avez ensuite censuré, je commençais par :
        « Pas fait gaffe à la ligne du dessus. Au temps pour moi. »
        pour m’excuser de ma gaffe.

        Si ça fait rire à peu de frais, tant mieux.
        Mais alors, on s’éloigne encore plus du billet. Non ?

        Sans rancune,
        Bonne soirée.

      5. Pascal, c’était une fois de plus hors sujet, et posté après que vous ayez lu l’invite à éviter les digressions.
        Rien de grave, restons-en là et laissons la discussion autour du billet de Cédric Chevalier reprendre.

      6. Vous faites votre job au mieux et vous en remercie.
        Je m’explique sans doute assez mal dans ce que je tente d’exposer.
        Ma fixation sur la monnaie apparaît assez maladroite. Vous avez raison.

        Il me semble que le fond du problème quant aux limites de l’exploitation de l’écosystème relève fondamentalement du droit, plus particulièrement du droit international.

        On peut tenter en parallèle de solutionner le problème par une éducation citoyenne vers un consumérisme modéré et adapté aux limites de l’écosystème, que nous atteignons pour diverses raisons (technologiques, démographiques, modes de vie, culture individualiste, etc.).
        Ce serait une lapalissade de dire que si tout citoyen avait un sens civique inné ou y accédait par une éducation citoyenne infaillible, le droit serait superflu.
        Cette éducation reste pour un terme assez long sous la responsabilité des politiques nationales et une éducation citoyenne au civisme écologique reste encore assez utopique à l’échelle planétaire.
        On ne peut en attendant travailler sur ce point que par touches ponctuelles (avec des pas en arrière dès qu’un personnage comme Trump instrumentalise les extrémismes populistes).

        Dans cette problématique fondamentale d’atteinte des limites vitales dans « l’usage » des ressources naturelles, les considérations juridiques entrent ainsi par principe plus particulièrement dans le cadre du « droit d’usage ».

        Je ne remets pas en cause vos compétences économiques et comprends que ces aspects soient plus spécifiquement abordés dans d’autres billets.

        Je tentais maladroitement de présenter le fait que cette problématique du « droit d’usage » des ressources naturelles venait inévitablement télescoper l’option libérale de gestion du « droit d’usage », au sens large, qui domine dans notre société capitaliste.

        Sous ce regard, il me semblait intéressant d’élargir le cadre d’étude du « droit d’usage des ressources naturelles » en particulier vers une réflexion, à la fois plus globale et plus fondamentale, sur le « droit d’usage » lui-même au sens large.
        Je peine à exprimer cette nécessité autrement que par ma référence compulsive et peu subtile à la monnaie, option particulière du droit d’usage.

        Si ce regard, ainsi présenté, vous semble toujours s’éloigner du billet, vous voudrez bien m’en excuser.
        Bonne soirée.

  37. Un verre d’eau au milieu du désert, une arme au milieu du champ de bataille, voilà ce qui a pouvoir sur l’homme, indépendamment de toute convention.

    Mais la monnaie n’a aucun pouvoir en elle-même.
    Son pouvoir tient entier dans la convention à son propos.

    Si ce pouvoir devient inadapté à l’époque, la voie la plus logique consiste à modifier cette convention … en commençant par remettre en question les théories fantaisistes à son égard, agitées par les magiciens qui profitent de ces conventions fallacieuses (pseudo-Nobel d’économie, etc.).

  38. Qu’elle agitation chez les Zhumais….au moment où on siffle une fin de partie….Car ça me semble un peu ça,…Fin de partie que l’on précipite;…pour ne pas la voir …Bien que l’on sache & connaisse « une » fin qui reste nécessairement …normale…!!! Évidement les sursauts des Zhumains sont des plus normaux !!!….Vu le savoir doublé d’intuition qu’ils manifestes…Drôle de bête que ce singe nu…!!!…. Et de plus…. »…Je sais bien… »mais ; quand même »!….Car on le dit muni d’intelligence…Surprenant !…Non ?
    Ce avec de l’eau au mollet, (au moins)…Il est un peu tard pour serrer les fesse quand on a chié dans ses chausses !!!…Mais bon, personne n’est parfait…..A qqs uns on pourrait tenter que « ça » ne soit pas trop douloureux……..A…voir…Doucement…….

  39. @arkao. Je vous réponds encore car vos attaques à l’emporte pièce me forcent à préciser mes sous-entendus, les paradigmes qui sous-tendent ma pensée (j’ai l’habitude avec mes meilleurs amis). La provocation est aussi une bonne manière de débattre 🙂
    Sur la « gouvernance par les nombres », il y a beaucoup de choses utiles à dire. Mais ici utilisé comme critique discréditante, je pense quelque chose de similaire que pour « l’accusation de néo-malthusianisme ». Dans les deux cas selon moi, il peut y avoir un « refus des limites », la limite, les limites, étant l’objet principal de mes réflexions. Le refus d’imposer une limite à la population humaine, le refus qu’il y ait quelque part des limites à la volonté humaine dans l’Univers et donc le refus des chiffres, puisque les chiffres sont des limites. C’est pour moi le mal humain principal, bien exploré par la tragédie et la mythologie grecque, qu’a d’ailleurs bien étudié Nietzsche. A contrario, la mesure, la tempérance, est la vertu cardinale des philosophes grecs. Albert Camus défend également la mesure comme limite centrale dans Le mythe de Sisyphe et L’homme révolté. Bref, trêve de bibliographie. L’important pour moi est que les gens reconnaissent qu’il y a des limites : à la durée de vie, au corps humain, à la science, à la technologie, à l’énergie, à la Terre, à la Biosphère, à la connaissance, etc. Je n’ai sincèrement aucune, mais vraiment aucune fascination pour les chiffres. Vous savez, j’ai la chance d’avoir quelques facilités en mathématiques, donc pour moi, c’est vraiment démystifié le chiffre, contrairement à la plupart des économistes qui sont en réalité faibles en math (la plupart des grands économistes sérieux sont formés en mathématiques ou en physique et pas en économie). J’aime la musique, la nature, la gastronomie, la peinture, le contact humain et la littérature, bref, j’aime l’analogique a-numérique.
    Mais pour autant, quand j’écris I=PxAxT, franchement j’y crois, je crois que cette équation simpliste et simplifiante renferme malgré tout une vérité que l’Humanité n’a pas encore accepté : l’existence des limites. Et nous nous débattons comme des enfants avec ce refus des limites.
    Les chiffres permettent d’exprimer ces limites, il ne faut pas confondre le porteur du message avec le message. Le chiffre porte le message de la limite, qui est selon moi de l’ordre du Réel.
    Ceux qui refusent ça sont comme les gens qui se jettent de la tour Eiffel avec des ailes en tissu au début du siècle. « It doesn’t add up » comme disent les anglo-saxons ! = cela n’a pas de sens !
    Je vous épargne les innombrables exemples de limites diverses et chiffrées qu’il ne faut pas faire franchir à votre corps, les nombres vous gouvernent (aussi), quoi que vous en pensiez !

    1. @Cédric Chevalier
      La provocation est effectivement aussi une bonne manière de débattre. J’en use peut-être un peu trop souvent au risque de paraitre discourtois.
      J’ai la malchance d’avoir quelques difficultés en mathématiques. Aussi, je ne pourrai pas vous suivre dans ce débat sur les chiffres et les limites.
      Échec et mat, pour moi. Ce qui montre que je suis conscient au moins de mes limites cognitives.

    2. …/…L’important pour moi est que les gens reconnaissent qu’il y a des limites : à la durée de vie, au corps humain, à la science, à la technologie, à l’énergie, à la Terre, à la Biosphère, à la connaissance, etc. …/…
      Une autre limite est liée à la nature de l’homme qui est un être social. Sa limite première est la soumission à la loi. Pas de loi, pas de société. L’absence de loi c’est la loi du plus fort. La loi c’est la liberté de la multitude.

    3. @Cédric Chevalier et Arkao :
      Puisque Cédric écrit « Mais pour autant, quand j’écris I=PxAxT j’y crois » c’est l’épitaphe d’un homme occidental qui voulait absolument que la fin du monde suive son équation.
      Sur ma pierre tombale sera écrit ‘Et maintenant vous voyez bien que j’étais vraiment malade’.

  40. Il me semble qu’on arrive au bout de quelque chose.

    Malgré les imperfections de l’appel des 150000 scientifiques, comme le biais culturo-centré (l’homme hors de la nature), il a le mérite d’exister, c’est un signal fort, une mobilisation citoyenne des scientifiques, ce n’est pas rien.

    Je ne suis pas d’accord quand je lis que les gens ne se préoccupent, ou plutôt ne sont préoccupés que par le court terme. Ou alors il faudrait préciser.

    L’immense majorité de nos concitoyens ne remet plus en cause l’écologie et son importance pour notre avenir. Le sens des limites est quelque chose que chacun ressent, bien sûr pas chacun avec la même intensité, mais globalement la tension monte. C’est encore un stress souvent négatif, qui ne pousse pas à l’action. Mais comme comme chacun peut le constater par soi-même la distance entre l’inaction et l’action devient nulle au moment où poussé comme par une nécessité intérieure l’on passe à l’action. Les minorités actives sont agissantes, mais les majorités passives peuvent très rapidement se mobiliser lorsque certaines conditions sont remplies.
    Les exemples ne manquent pas.

    Comme l’a justement dit Paul, le thème de l’extinction de l’humanité n’est plus une curiosité, tout comme d’ailleurs celui de la disparition du travail salarié. Chaque jour apporte son lot d’informations qui donne un peu plus de crédibilité à ce qui passait pour des élucubrations de Cassandre.

    IL ne faudrait donc pas confondre sentiment d’impuissance et absence de préoccupation pour le moyen et long terme.
    La quasi totalité d’entre nous a intégré l’idée que le mode de développement actuel a des limites. Il s’agit donc d’abord d’un sentiment d’impuissance, diffus, ou travesti par la croyance en certaines idéologiques qui ont la peau dure, causé d’abord par une inconnaissance des étapes qu’il faudra traverser pour parvenir à sortir de l’impasse.
    D’où l’importance du débat d’idées, car in fine, les solutions qui seront retenues seront celles, au moins en partie, qui auront été déjà pensées, élaborées.

    Où que nous portions notre regard il nous semble que l’impossible se dresse devant nous comme une montagne infranchissable. Et pourtant …

    1. @Pierre-Yves Dambrine
      Mettre sa signature au bas d’un document comme celui-ci, ça ne mange pas de pain. On a connu plus subversif et plus massif comme mobilisation citoyenne.
      Nos amis Eninel et Octobre doivent frémir d’admiration et d’envie devant tant d’audace.

      1. @Arkao

        « …Nos amis Eninel et Octobre doivent frémir d’admiration et d’envie devant tant d’audace… »

        Je ne sais pas trop ce que peut en penser le camarade Octobre, mais personnellement c’est vrai que je suis plein d’admiration en observant que ce type d’appel puisse provoquer tant de réponses et de commentaires sur le blog.

        On tourne en rond, et nous tournicoterons ainsi, aussi longtemps que nous nous refuserons d’admettre que le seul système politique (mondial) apte à commencer à nettoyer la planète, à commencer à produire rationnellement et écologiquement, ce sera un système politique radicalement post-capitaliste, socialiste.

        Pour aller du capitalisme au socialisme, il n’y a pas trente six manières, il faut un pont et une transition révolutionnaire.

        Cette transition révolutionnaire est la raison d’être du programme rédigé en 1938 par Trotsky, pour le compte de la IV Internationale.

        https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/trans/tran.htm

        Certes ce programme date. Sur bien des aspects il est abscons, mais sa philosophie générale reste il me semble d’une modernité et d’une audace unique.

        Vous voulez sauver la planète ? Ne vous trompez pas d’adresse, ne nous trompons pas d’audace !

        Il faut que l’adversité renverse la fourmi pour qu’elle voit le ciel.

        Regardez par exemple chez nous nos impatients et nos confusionnistes, qui s’apprêtent à mille, à déferler vers l’Elysée ce weekend, ils sont l’illustration même que sans tactique, sans stratégie, sans programme, il est vain …

        https://www.frontsocialuni.fr/

        Les pollueurs ont de beaux jours devant eux !

      2. Arkao,

        Laissez-donc les camarades Eninel et Octobre à leurs rêveries révolutionnaires.
        L’histoire dira si c’était rien ou quelque chose.
        Il ne faut pas voir seulement l’appel en soi, ce qu’il dit, le nombre des signataires, mais ce qu’il suscite comme écho.
        Eh bien, j’observe qu’il est largement relayé par les citoyens sur les réseaux sociaux.
        En fait, plus qu’un signal, c’est un signe de ralliement, parmi d’autres, mais important, qui entre en résonance avec milles autres signaux.
        Par exemple, cet artiste qui a fait une série magnifique sur les animaux sauvages en voie de disparition et qui pour chacun de ses dessins (grand format) a réalisé une notice expliquant en une dizaine de lignes les tenants et les aboutissants du sort de l’animal. Eh bien me suis-je dit, voilà un artiste qui fait de l’explication de texte tout sauf pompeuse comme on en voit tant dans les œuvres d’art contemporaines, le texte venant ici simplement amplifier l’œuvre graphique en lui faisant accéder à une nécessité qui dépasse le champ purement artistique. Ou plutôt, l’artiste a trouvé sa nécessité dans sa vive préoccupation pour la survie de l’espèce, le sort de la nôtre étant intimement lié au sort des autres espèces animales.
        https://www.pinterest.fr/pin/459507968223997574/

      3. @ Pierre-Yves Dambrine.

        « …j’observe qu’il est largement relayé par les citoyens sur les réseaux sociaux… »

        Des citoyens ordinaires ou des citoyens extraordinaires ?

      4. Come gather around people
        Wherever you roam
        And admit that the waters
        Around you have grown
        And accept it that soon
        You’ll be drenched to the bone
        And if your breath to you is worth saving
        Then you better start swimming or you’ll sink like a stone
        For the times they are a-changing

      5. @ Pierre-Yves Dambrine
        Si les artistes s’y mettent aussi nous sommes sauvés 😉
        Plus sérieusement, et n’en déplaise à Cloclo, si on peut s’émouvoir, y compris artistiquement parlant, de la disparition d’espèces animales, je remarque une focalisation sur celles qui sont photogéniques et qu’on retrouve en grand format sur papier glacé dans des revues comme National Geographic, pour le plaisir de NOS yeux. Les ours, les tigres, les lions, les panthères, les éléphants c’est bien joli, surtout vu de nos salons douillets bien éloignés des réalités du terrain. Mais le vrai problème n’est pas là. La raréfaction des grands mammifères n’est que la partie émergée de l’iceberg certes bien utile pour faire pleurer dans les chaumières occidentales, mais 80 % de la biomasse terrestre se sont des invertébrés, moins ragoutants et photogéniques que le pauvre ours blanc famélique coincé sur bout d’iceberg en train de fondre.

      6. @ Pierre-Yves Dambrine.

        Et bien votre « anthropologue bien connu », Paul pour ne pas le nommer, quelque puisse être par ailleurs son caractère sympathique et son respect de l’autre et de son opinion, ce démocrate, c’est finalement lui le rêveur.

        Extrait et cœur de cette adresse:

        « Les responsables politiques étant sensibles aux pressions, les scientifiques, les personnalités médiatiques et les citoyens ordinaires doivent exiger de leurs gouvernements qu’ils prennent des mesures immédiates car il s’agit là d’un impératif moral vis-à-vis des générations actuelles et futures des êtres humains et des autres formes de vie. Grâce à un raz-de-marée d’initiatives organisées à la base, il est possible de vaincre n’importe quelle opposition, aussi acharnée soit-elle, et d’obliger les dirigeants politiques à agir. »

        Rêveur celui qui croit possible d’obliger les dirigeants politiques à agir, les Macron, Merkel, Poutine, Xi jinping et autre Trump, aussi sensibles aux pressions qu’on pu l’être en leurs temps les Daladier, Hitler, Staline, Churchill et autre Roosevelt, mis en demeure au nom d’un autre impératif moral de ne pas entrainer le monde dans un nouveau apocalypse.

        Pour le reste pierre Yves, dites moi un peu le sens que vous donnez au mot « république », lorsque vous ne sursautez même plus au fait que des individus admettent, à travers cette adresse (d’une maladresse incroyable), qu’il est normal qu’il y ait « des scientifiques », « des personnalités médiatiques » et des « citoyens ordinaires ».

        Ces scientifiques et ces personnalités médiatiques, au nom de quoi se considèrent-ils des citoyens extraordinaires ? En quoi leur activités politique et civique doivent-ils leur permettre de ne pas se considérer comme des citoyens ordinaires ?

        Il n’y peut pas y avoir un état d’esprit républicain sur la base de tels préjugés. On est citoyen ou on ne l’est pas.

        Tenez, j’en arrive encore à préférer les anciennes communications bibliques, où au moins en dessous de Dieu, les hommes, ceux qui articulaient des prêches, et ceux qui étaient censés les entendre, se considéraient tous égaux, tous frères entres eux !

        Cette histoire de citoyens ordinaires, et de citoyens scientifiques et médiatiques -extraordinaires- sent trop la naissance d’une nouvelle aristocratie (évidemment en dessous d’une oligarchie financière intouchable, un nouveau Dieu), pour qu’une petite personne ordinaire comme moi, un manant, un vilain, daigne un seul instant, prêter attention à ces bons maîtres scientifiques, ces bons messieurs médiatiques, comme le chantait Jacques Brel.

        Grâce à un raz-de-marée d’initiatives organisées à la base, il est possible de vaincre n’importe quelle oligarchie, cela je n’en doute pas, mais parce que je ne suis pas un rêveur, cela n’est possible, autrement qu’en étant habité d’un vrai esprit républicain, esprit républicain qui manque tant dans cet appel.

        Il n’y a chez nous communistes, aucune rêverie, aucune sournoiserie, dans nos activités révolutionnaires, activités qui se résument à travailler patiemment à l’avènement d’un raz-de-marée d’initiatives organisées à la base, obligeant (sous peine de les remplacer par des hommes neufs) NOS dirigeants politiques à agir.

        Considérez cette activité comme une contribution à la sauvegarde de la planète Pierre-Yves.

      7. Il y a des citoyens scientifiques .
        Il y a des citoyens médiatiques .
        Il ya des citoyens comiques .
        Il ya des citoyens empathiques .
        Il y a des citoyens artistiques .
        Il y a des citoyens qui enseignent .
        Il y a des citoyens qui apprennent ( parfois les mêmes).
        Il y a des citoyens charismatiques ;
        Il y a des citoyens solitaires .
        Il y a des Césars et des Lucky Luke .
        Il y a des professeurs et des avides de savoir .
        Il y a des génies et des humoristes .
        Il y a des mèdecins et des assoifés d’amour .
        Il y a des donneurs et des receveurs .Les mêmes .
        Des citoyens .
        Egaux en droits et en devoirs.

        Il n’y a de citoyen que par la cité , soit sa Constitution , dont la notre qui pose en préambule la DDH….C .
        Avec sa seule faille citée ici depuis les débuts du blog et même avant : la sacralité de la propriété .

        Mais , c’est vrai , il n’y a pas de citoyen ordinaire , ni de citoyen socialiste , ni de citoyen par la race ou la couleur de peau.

        Reste à voir si la légitimité pour répéter « aux armes citoyens « , ne passe pas par la revendication de grandir en « citoyen du monde » .

        En colmatant la faille repérée . Pas par la majorité .

        Liberté donc …d’expression , dont le blog et son propriétaire ne porte pas trop mal l’étendard , même si je n’aimerais parfois pas être à la place de Julien Alexandre pour faire la part que sainte éthique nécessite .

      8. @ Juannessy

        « Mais , c’est vrai , il n’y a pas de citoyen ordinaire , ni de citoyen socialiste »

        Et bien vue l’état de délabrement avancé de la citoyenneté dans les républiques bonapartistes bourgeoises, celles de Trump et Poutine, mais aussi celle de Macron, vivement la Sociale et la vraie reconnaissance politique du « citoyen socialiste ».

        Lorsque je lis derrière le pantin et renégat christophe Castaner: « la république en marche! », et que j’observe objectivement que cette république bourgeoise, cette cinquième, est en marche contre les intérêts vitaux de la jeunesse et du prolétariat, je trouve vain d’espérer quoi que ce soit du bonapartisme contemporain, comme l’espère Paul.

        A chacun son éthique !

      9. Un citoyen n’a pas besoin de qualificatif supplémentaire .

        Toutes ses qualités requises sont dans la Constitution .

        Point .

      10. La classe dominante a elle aussi ses rêveries, c’est évident, toutefois d’un genre très particulier, car leur barque est en plus lourdement chargée en cynisme. Cynique en parole et en action. Je crois que quand on tire le diable par la queue tous les trente-six du mois, on peut dans cette situation très préoccupante avoir aussi le sens du réel. Et de la réalité économique dans une acceptation plus large, moins individualiste, ou pour le dire autrement, moins tourné vers son égo. J’espère pour ma part ne pas perdre mon âme d’enfant et que ces temps sinistres ne me fasse pas dériver vers le ressentiment ou l’amertume mais plutôt vers la création et l’imagination.

      11. « Tenez, j’en arrive encore à préférer les anciennes communications bibliques, où au moins en dessous de Dieu, les hommes, ceux qui articulaient des prêches, et ceux qui étaient censés les entendre, se considéraient tous égaux, tous frères entres eux ! »

        Franciscains de tous les pays unissez-vous !

  41. Selon quel principe abusif les amérindiens d’Amazonie voient-ils leur cadre de vie détruit par les multinationales d’exploitation forestière ?

    Ces autochtones ne détiennent initialement aucun titre de propriété sur leur territoire.
    Pourquoi ?

    La notion de propriété territoriale ne participe pas de leurs référents culturels.
    Ils n’ont jamais développé, contrairement aux sociétés urbanisées, une géométrie leur permettant de conceptualiser puis délimiter un territoire défini.
    La notion de « propriété » terrienne reste de surplus absente de leur culture.
    Les multinationales en profitent alors pour s’approprier leur territoire et y marchandiser leur écosystème.

    Avant l’arrivée des multinationales, ces peuples vivaient en une symbiose durable avec leur écosystème.

    On peut ainsi constater, par cet exemple, que les notions de « propriété » au sens large puis de « propriété territoriale » constituent des facteurs essentiels dans l’empreinte destructrice de l’économie capitaliste sur l’écosystème.

    La propriété privée constitue un pilier de la philosophie des droits de l’Homme.

    Dans cette grave problématique écologique, il serait sans doute pertinent de replacer notre vieille philosophie des droits de l’Homme sur la planche de travail de la réflexion critique, notamment quant à nos préjugés idéologico-juridiques, notamment sur la notion un peu étriquée de « propriété ».

    Les errements historiques du communisme nous gardent de nous laisser tenter par cette voie radicale de la propriété exclusivement collective.

    La réflexion est ouverte …

    1. Obama avait soutenu la demande des amérindiens. Et Trump fut élu nouveau potus, patatras !

      Geste fort de Barack Obama
      « Le président Obama, qui achève son mandat, a soutenu le combat des Sioux contre cet oléoduc controversé. Il a demandé à l’armée américaine, propriétaire du terrain, de ne pas donner l’autorisation à ce projet. »
      « Barack Obama a ainsi placé les questions environnementales et la défense de la culture amérindienne devant les intérêts particuliers de grandes compagnies. »
      « Cette décision a été vivement critiquée par l’entreprise porteuse du projet. Dans un communiqué, Energy Transfer Partners a dénoncé un « arbitrage politique » de la part de l’administration Obama. La compagnie va tout faire pour construire ce pipeline.
      Donald Trump favorable au projet contesté d’oléoduc au Dakota
      Une fois à la tête des Etats-Unis, Donald Trump pourrait renverser la décision. Il a toujours soutenu la construction de ce pipeline. Il faut dire que le milliardaire a investi des sommes importantes dans le projet. »
      « Ce qui souligne une nouvelle fois les conflits d’intérêts du président élu. Cette affaire montre bien la confusion des genres entre le Donald Trump, homme d’affaire et le Donald Trump, président des États-Unis. »
      https://www.rtbf.be/info/article/detail_des-amerindiens-des-cowboys-obama-trump-et-du-petrole-nicolas-willems?id=9473819

  42. Fixer un prix sur la nature participe aujourd’hui de nos habitudes culturelles.
    Jouer sur ce prix (et les diverses taxes) ne constitue pas toujours un obstacle suffisant à une possible surexploitation des ressources naturelles, dangereuse pour l’équilibre écologique.

    Fixer un prix sur la nature, c’est déjà, juridiquement, la rendre accessible légalement au droit d’usage (potentiellement illimité).
    Ensuite, pour l’exploitant disposant d’un pouvoir financier suffisant, la porte est alors ouverte à tous les excès.

    Le business des taxes carbones montre ainsi une certaine impuissance du droit à gérer la problématique écologique par la seule contrainte financière.

    Dans les cultures traditionnelles, le droit présente la notion (souvent d’origine religieuse) « d’interdit ». Notion peu en accord avec le libéralisme idéologique.
    Ce télescopage entre ces deux approches du « droit d’usage », celui géré financièrement par la société capitaliste et celui des traditions ancestrales, a surgi l’an dernier lors du projet de traversée d’un territoire « sacré » indien en Dakota du Nord par un oléoduc.

    La gestion écoresponsable de nos ressources naturelles invite à introduire à la gestion planétaire du droit d’usage (des ressources naturelles) des notions inspirées de ces anciennes notions traditionnelles de « sacré » et « d’interdit » … en se gardant des dérives possibles d’une approche dogmatique quasi religieuse de l’écologie.

  43. L’origine historique des idéologies libérales déployées aujourd’hui dans l’économie de marché invite à une certaine prudence stratégique dans tout projet d’imposer des limites politiques face à la toute- puissance du marché, notamment dans le cadre des politiques écologiques.

    Les revendications politico-idéologiques libertaires du temps des Lumières ont puisé leur légitimité dans leur lutte face aux abus manifestes des pouvoirs en place, ceux de la noblesse et du clergé.

    Les traditions libertaires soutenant les actuelles idéologies politico-économiques libérales véhiculent toujours cette aversion viscérale envers toute forme de coercition répressive, vécue comme réminiscence de ces multiséculaires abus de pouvoir.
    L’écologie est alors perçue comme un nouvel obscurantisme … et les lobbies des énergies fossiles jouent sur cette corde pour désinformer le public.

    Tout mécanisme politico-juridique tentant aujourd’hui d’imposer des limites (écologiquement justifiées) au marché et à l’idéologie libérale qui le sous-tend doit impérativement éviter d’être assimilé à une réminiscence irrationnelle des vieux dogmatismes religieux, ennemis historiques du libéralisme.

    Il est alors stratégiquement impératif de se garder de toute concession faite à des versions romantiques ou sentimentales du discours écologique, lesquelles risqueraient d’être vite assimilées à une forme de résurgence de l’irrationnel religieux bigot.
    Certaines tendances actuelles de l’idéologie écologique ont tendance à se présenter comme une néo-bigoterie.
    Face au libéralisme (politique et économique), ces concessions risquent de condamner la pertinence des mises en garde écologiques, pourtant scientifiquement justifiées.

    Les tentatives de coercition politique de limite de la consommation libérale selon des critères écologiques suscitent par exemple, aux States, des réactions libertaires extrémistes (et irrationnelles, elles) comme celles de certains conducteurs de Hummer, qui arpentent les villes pour y vider volontairement leur réservoir en combustion inutilement polluante.

    Il pourrait être pertinent de se demander si une liste de mesures coercitives, présentée sous une forme un peu trop proche des mythiques « tables la loi de Moïse » ne risque pas, dans un tel contexte, d’être abusivement assimilée, dès le départ, à l’expression d’un dogme quasi religieux et d’être instinctivement rejetée, indépendamment de toute validité rationnelle et scientifique.

  44. Le libertarianisme défend « une société dont les institutions respectent et protègent la liberté de chaque individu d’exercer son plein droit de propriété sur lui-même ainsi que les droits de propriété qu’il a légitimement acquis sur des objets extérieurs » (Wikipédia).

    On peut comprendre qu’aux States, la confrontation directe entre lobbies libertariens et lobbies religieux fondamentalistes exacerbe chez les premiers le droit à disposer pleinement de sa propriété, quelle qu’elle soit.
    Dès lors que la nature y entre, de plein droit, dans le cadre de la propriété individuelle (ou d’une société commerciale), les limites écologiques au droit d’exploitation sur cette nature peuvent être ressenties comme des interdits irrationnels quasi religieux … opposés à la liberté fondamentale.

    Dans la zone géographique d’influence du dollar, le relatif vide juridique entre la situation initiale de larges pans de la nature libres de tout droit de propriété (forêt, air, eau, air, …) et leur situation ultérieure de surexploitation commerciale, légalisée par le seul droit de propriété, interpelle.

    La recherche juridique en droit international se doit de développer des notions intermédiaires entre les situations de non propriété et de propriété, pour modérer les droits d’exploitation de la nature dans le cadre d’un acte légal de propriété (surtout à finalité commerciale).
    Elle se doit également de développer des options intermédiaires entre les notions de propriété individuelle et propriété d’Etat.
    Enfin, l’option d’exclusion de tout droit de propriété de certains pans de la nature (pas seulement certaines forêts mais aussi l’eau, l’air, certains génomes, …) doit aussi être défendue par le droit international contre la puissance du marché (pas seulement dans un cadre culturel comme les sites Unesco).

    Les considérations écologiques (scientifiquement établies) doivent pouvoir intervenir dans les litiges juridiques entre le droit international de préservation de l’écosystème et le droit national qui risque de céder aux tentations du marché dans certaines situations de fragilité économique locale.

    Ces considérations idéologiques devraient idéalement (mais cela restera probablement utopique en bonne partie) permettre de développer une règlementation internationale concernant, directement en amont, le droit d’exploitation des ressources naturelles (forestières mais aussi fossiles !) à émission de dioxyde de carbone … plutôt que de tenter assez inefficacement, dans le cadre de la problématique du réchauffement climatique, de traiter le problème en aval lors de l’usage industriel (ou privé) de ces carburants,

    Surgit ici un problème majeur, celui des économies où l’exportation du pétrole constitue la principale ressource financière de l’économie nationale.
    Tant que ce problème ne sera pas pris en charge, en amont, par un droit international coercitif par rapport à un droit national d’extraction et exportation, les conventions internationales sur le réchauffement climatique semblent vouées à un succès très relatif.
    Cette coercition en amont ne pourra se dédouaner, sur le plan humanitaire, de compenser ces pertes économiques nationales consécutives d’une chute des exportations … La réflexion humanitaire observera toutefois que ces exportations ne profitent généralement pas à l’ensemble de la population mais à une poignée au pouvoir.

    Ceci invite à concevoir en droit international un « droit d’ingérence écologique », comme existe déjà le droit d’ingérence pour raisons humanitaires.

    Tant que l’exportation de carburants fossiles constituera la base de l’économie nationale de certains pays, il reste peu probable qu’elle soit freinée. Et si exportation il y a, il est évident qu’elle sera suivie d’une combustion polluante en aval.
    Les divers modes de taxation au niveau de l’émission en aval risquent simplement de promouvoir un jeu du chat et de la souris, qui débouche déjà actuellement sur un business juteux des écotaxes.

    Ce problème global gravissime invite à repenser fondamentalement notre conception du « droit de propriété » sur le plan international.

      1. Merci pour le lien, je vous rejoins.
        Je ne présente certes pas les USA comme une nation libertarienne, au contraire.
        Sa devise reste bien « in god we trust » et le pouvoir fédéral n’y est pas non plus qu’une institution creuse.
        Mais c’est sans doute le pays ou l’opposition entre fondamentalisme bigot et libertarianisme est la plus frontale et ouverte.

      2. Quelle opposition entre fondamentalisme bigot et libertarianisme ? Qui soutenait un Goldwater en 64 sinon ces deux tendances de la droite US ? Qui soutenait Reagan en 79 sinon et les tenants de la moral majority et les tenants du libertarianisme qui étaient d’ailleurs souvent les mêmes ?

  45. On sait pas trop ce qu’il faut mettre derrière le terme « scientifique » ou « chercheur » mais, pour info, l’Unesco en compte ≈ 7 millions dans le monde, soit ≈ un adulte sur 700…

      1. @Arkao :

        j’espère pour vous et pour nous que vous aurez répondu à votre interrogation avant un raz de marée qui fasse consensus .

      2. Il y a les chercheurs en fondamental et les chercheurs des lobbies. Les seconds sont bien plus nombreux que les premiers.
        Par exemple, dans les facs de France des chercheurs-fonctionnaires travaillent en nombre pour ceux qui ont de l’argent privé.

  46. J’ai rêvé que « maintenant les gens sont prêts » à partager l’alimentation de la donation mensuelle .( ou le paiement accru de leur contribution « audiovisuel » , pour une radio libre des contraintes du marché )

    Au réveil , ça m’a laissé songeur .

  47. Ce n’est sans doute pas bien de casser l’ambiance.. Tant pis!
    Quand on y réfléchit (sérieusement)(juste) un peu.. une bonne quinzaine brumeuse hard-hivernale (-10°..-15°en plaine) sur l’étendue [ Belgique/France/Allemagne/Hollande + Est ] avec un (ou deux) « black-out » électrique journalier aux « heures de pointe » ménagères…et « on » pourrait enfin « voir » à quoi « les gens sont prêts »..!

    1. Je parlais de l’alimentation de la donation , pas de l’alimentation électrique .

      Sinon , vous croyez sérieusement » que l’on peut voir « les gens être prêts » à quelque chose de « sérieux » avec votre manipulation ?
      PS : ne comptez pas trop sur les gens de ma génération dans votre cinéma , car ils en ont vu de bien plus sévères ( et y ont survécu ) .

      1. @Juannessy(18/11 à 17h07)
        « manipulation?« …Sans doute y-a-t’il méprise de votre part…voulez-vous bien considérer dans l’ordonnancement des posts qu’il ne s’agissait aucunement d’une réponse à votre intervention de 14h22.
        Il s’agissait d’une réaction au titre du tout récent billet « Maintenant les gens sont prêts » de P.J.
        Peut-être aurais-je dû le préciser..

      2. J’avais bien compris !

        Mon pont avec mon commentaire n’était que l’occasion d’une accroche avec l’électricité que vous voulez couper .

        Espérer des coupures de courant pour susciter une réaction , ça n’est pas de la manipulation ?

    1. Oui, Arkao. Des compromis nécessaires et vitaux doivent être effectués, études d’impact.

      Energies renouvelables et biodiversité : des compromis doivent être trouvés pour dépasser les conflits
      « Une étude scientifique met en lumière les impacts des énergies renouvelables sur l’environnement. Sans remettre en cause leur développement, elle préconise une meilleure prise en compte de la biodiversité dans les politiques énergétiques. »

      Ne pas opposer transition énergétique et sauvegarde de la biodiversité
      « L’objectif n’est pas (…) d’opposer transition énergétique et sauvegarde de la biodiversité, mais (…) d’inviter les pouvoirs publics et les décideurs (…) à prendre en compte la biodiversité dans l’élaboration et le déploiement des stratégies de transition énergétique afin d’éviter la survenue d’impacts majeurs, et non prévus, sur la biodiversité », résume Jean-François Silvain. »

      « Ce que le président de la FRB traduit par un mix énergétique qui conserve une place aux énergies fossiles et au nucléaire en attendant que les décideurs puissent prendre en compte les impacts environnementaux globaux et pas seulement les émissions de gaz à effet de serre. « Dès lors que les décisions politiques se sont accordées pour sortir d’une économie carbonée, l’utilisation de sources d’énergie fossile compensées par des réserves de biodiversité stockant du carbone pourrait s’avérer plus durable qu’un scénario 100% renouvelable raisonné exclusivement par des logiques de marché avec comme dégât collatéral un fort impact sur la biodiversité (convertissant de la forêt non gérée en champs de biocarburant ou d’éoliennes par exemple) », soutient le président de la Fondation. »
      https://www.actu-environnement.com/ae/news/frbiodiv-energies-renouvelables-biodiversite-compromis-conflits-29954.php4

      http://hmf.enseeiht.fr/travaux/bei/beiere/content/2015/especes-animales-protegees

      https://www.actu-environnement.com/ae/news/convention-bonn-reduire-risques-enr-especes-protegees-23215.php4

  48. Mammifères menacés en France, la liste actualisée:
    https://www.sciencesetavenir.fr/animaux/biodiversite/en-france-1-espece-de-mammifere-sur-3-est-menacee-ou-quasi-menacee_118392

    « Par ailleurs, les chauves-souris souffrent également de l’intensification des activités humaines comme l’agriculture et l’exploitation forestière. Et les spécialistes affirment que ces animaux se trouvent désormais confrontés à des « menaces additionnelles » comme la rénovation des bâtiments qui, bien que nécessaire, conduit à limiter le nombre d’abris pouvant accueillir des chiroptères. Par ailleurs, les chauves-souris migratrices subissent des pertes à cause du développement du secteur éolien : les animaux percutent les pales. »

    Pauvres chiroptères, bien moins photogéniques que Nounours et Babar:
    http://ekladata.com/S6zu4eM_xyW1OzP3alDcB1raMT0.jpg
    Elles peuvent être sacrifiées sur l’autel des énergies renouvelables.

      1. Vous faites bien la paire tous les deux. Les rois du calculs sur un coin de table. De vrais comptables avec de bonnes oeillères. Sauf que vous oubliez les milliards dans la défense, les milliards dans les produits nocifs et inutiles, l’organisation générale de la société du gaspillage, le service en 24H pour recevoir sa belle petite poupée qui pleure pour Noël, les surplus de m2 habitables inhabités, des journées de 8 heures à consommer en pure perte un travail stupide et inutile, des transports tous azimuts permanent de stock roulant de produits idiots, et la liste est longue, dont la quasi suppression ou réduction massive permet une véritable décroissance sans touché à la qualité de vie fondamentale.

        Je n’ai jamais écouté les comptables larbins dans ma vie, et j’ai toujours été bien inspirés de le faire. A bon entendeur salut.

        Bisous au sécateur fou.

      2. Au rayon « décroissance sans touché (sic) à la qualité de vie fondamentale », faudrait penser aussi à décroisser la consommation de bouteilles et décroisser la consommation subséquente d’électricité utilisée aux fins de démontrer par l’expression sur le web la surconsommation au préalable de bouteilles.
        On t’aime CloClo.

      3. « Il ne me semble pas que ce résultat, bien que nous puissions modifier les hypothèses, est quelque chose qui est même vaguement susceptible de trouver un quelconque soutien politique, y compris des partisans de la décroissance, dont beaucoup devraient réduire leur consommation d’environ 80 à 90 pour cent. Il serait plus logique de réfléchir sérieusement à la manière de réduire les émissions, de ne pas se faire illusion dans un monde très pauvre et inégal, mais de penser comment les biens et services les plus polluants pourraient être taxés pour réduire leur consommation. L’augmentation de leurs prix relatifs réduirait le revenu réel des riches (qui les consomment) et réduirait, même légèrement, l’inégalité mondiale. De toute évidence, nous devons réfléchir à la manière dont les nouvelles technologies peuvent être exploitées pour rendre le monde plus respectueux de l’environnement. Mais la décroissance n’est pas la voie à suivre. »

        Voilà la fin de l’article traduit en français par google, la synthèse c’est business as usual les mecs ! Quelques taxes, un peu de technique et hop tout comme avant.

        https://www.youtube.com/watch?v=zCIwGinSoU0

        Et c’est devenu ça le blog de Paul Jorion ? Merci vigneron et merci Julien Alexandre ! Merci Attali !

      4. Mais quitte à lire Branko Molanovic, autant lire cet extrait bien plus édulcoré et moins affirmatif que ne laisse sous entendre le lien du petit comptable en chef :

        http://www.sens-public.org/article886.html

        « Il semble que nous voulions tous une maison achetée sans acompte, nous achetons une deuxième voiture si nous obtenons un crédit pas cher, nous avons des factures sur nos cartes de crédit bien au-delà de nos moyens, nous ne voulons pas d’augmentation des prix de l’essence, nous voulons voyager en avion même si cela génère de la pollution, nous mettons en route la climatisation dès qu’il fait plus de vingt-cinq degrés, nous voulons voir tous les derniers films et DVDs, nous avons plusieurs postes de télévision dernier cri, etc. Nous nous plaignons souvent d’un emploi précaire mais nous ne voulons renoncer à aucun des bénéfices, réels ou faux, qui dérivent de l’approche Reagan/Thatcher de l’économie.
        Quand une majorité suffisante de personnes aura un sentiment différent, je suis sûr qu’il y aura des politiciens qui le comprendront, et gagneront des élections avec ce nouveau programme (pro-égalité), et le mettront même en œuvre. »

        Et voilà la SEULE vraie proposition intéressante de Branko :

        « Ce qui nous laisse une troisième solution pour réduire les disparités globales : la migration. En principe, ça n’est pas différent du fait d’accélérer la croissance du revenu dans un quelconque pays pauvre. La seule différence – mais politiquement c’est une différence significative – est qu’une personne pauvre améliore son sort en déménageant ailleurs plutôt qu’en restant là où elle est née. La migration est certainement l’outil le plus efficace pour la réduction de l’inégalité globale. Ouvrir les frontières de l’Europe et des États-Unis permettrait d’attirer des millions de migrants et leurs niveaux de vie s’élèveraient. On voit cela tous les jours à une moindre échelle, mais on l’a vu également à la fin du 19e siècle et au début du 20e siècle, quand les migrations étaient deux à cinq fois supérieures (en proportion de la population d’alors) à aujourd’hui. La plupart de ceux qui migraient augmentaient leurs revenus. »

        Vive l’Immigration ! C’est la seule solution ! Ce qui revient de fait à une décroissance et un partage ici et maintenant bande de comptables aveugles.

        Ce mec est cool ! Surtout que Branko parle dans cet article de circuits courts.

      5. Admet au moins que la sélection d’extrait chez un auteur est révélateur d’un trait de caractère à visé politique, et que le passage sur l’immigration comme solution est une putain de très bonne solution ! Moi j’ai toujours été contre les frontières, c’est une excellente forme de décroissance l’immigration puisqu’elle casse ce processus stupide de faire des bagnoles et des routes et des usines et tout le reste partout comme des neuneus.
        Et je ne vois pas en quoi boire un coup est contradictoire avec une vie saine et amusante zespèce de bonne soeur du dimanche !

      6. C’est bien Cloclo, on t’a appris à lire je vois, au moins Milanovic.
        Zero décroissance, Branco ne dit rien d’autre, effectivement.

      7. Bien sur que si c’est une décroissance qu’il prône Branko ! Quand on partage à deux un appartement au lieu d’en construire un chacun c’est bien une décroissance dont on parle.

        Je constate que tu as préféré extraire un pseudo raisonnement ayant l’apparence de servir tes tics intellectuels que mettre en évidence l’orientation réelle de sa pensée.

        Je serais toujours là pour vous torcher les fesses à tous les deux.

      8. J’veux pas être méchant, mais celui qui est le plus souvent « torché » ici, c’est celui qui passe son temps à la bulle à verre, n’est-ce pas CloClo ? 😉

        Si partager un appartement avec quelqu’un, c’est être décroissant, alors nous sommes nombreux à être décroissants en effet. Je quitte de ce pas femmes et enfants pour marquer mon opposition ferme au décroissantisme.

      9. Oui, la bulle en verre est une forme de cosmologie très répandue chez les être humains, chez les bigots c’est plutôt le fouet pour l’Achoura, chacun son truc.

        Comment peut-on ne pas voir que permettre l’immigration massive et totale de population en manque de tout vers des lieux débordants de richesses n’est pas une forme rapide et généreuse de décroissance gaie et radieuse ? Vous êtes stupides ou quoi ? Puisque tout ce qui sera partager et mise en commun ici ne nécessite pas leur construction là-bas ? Le bien-être étant préservé et amplifié.

        Tu veux un dessin pour comprendre ça ou un verre de gnole ?

      10. Non Choupinet, comme le monsieur Branco te le dit, l’immigration, massive ou pas, n’a rien à voir avec la décroissance ou alors les années soixante auraient été l’âge d’or de la décroissance en France.
        Surveille la décroissance de ton taux de Gamma gt stp.

      11. Soit, nuit d’ivresse aidant, tu voudras bien m’expliquer, abstinent de foire, de quoi le Monsieur parle donc quand il dit ceci (collé depuis au dessus) :

        « Quand une majorité suffisante de personnes aura un sentiment différent, je suis sûr qu’il y aura des politiciens qui le comprendront, et gagneront des élections avec ce nouveau programme (pro-égalité), et le mettront même en œuvre. » »

        Et, il est surprenant qu’une Intelligence hors paire comme la tienne ne comprenne pas que lorsque un pays riche (biens, infrastructures, logement, industrie, services, alimentation) accueille des millions d’étrangers, et modifie son mode gestions (optimisation des circuits, des taux d’occupation, …) cela revient à mathématique décroître.

        A la tienne !

      12. Mais vous avez entièrement raison Monsieur Ecodouble, je ne comprends pas ce qu’est la décroissance, je ne saisis même pas ce que cette notion recouvre. C’est ainsi, j’utilise des notions sans les cernées, je vous remercie de me le faire remarquer avec une argumentation aussi efficace. Mon arrière grand oncle et néanmoins parent Nicolas Georgescu-Rogen ne me pardonnera pas, lui, mon ignorance crasse.
        Au plaisir de vous lire et vous vous penserez aussi à remercier Monsieur Alexandre d’avoir permis cette précision toute en amitié et soumise avec une extrême déférence.
        Bien cordialement, dring dring dring.

  49. J’arrive après la bataille dans ce riche débat, mais il me semble qu’il esquive, comme l’appel des chercheurs d’ailleurs, un aspect assez fondamental: un systeme dont tous les choix sont de plus en plus universellement dictés par la maximisation du profit financier ne peut pas etre conciliable avec une relation mutuellement bénéfique et pacifiée, – ou au moins neutre -, entre l’homme et la nature. La première chose à faire, de mon point de vue, est de faire ce que Paul propose depuis qu’il a lancé il y a bien longtemps l’idée d’une constitution économique pour remettre l’economie à sa place, au service de l’homme, au lieu de mettre l’homme à son service. Je crois en effet qu’il ne peut rien se passer de significatif tant que l’economie dictera les choix humains. L’urgence est probablement d’abord de cesser la marchandisation de la vie humaine, et de remettre au goût du jour la gratuité, en défendant et en étendant son domaine. Pour y parvenir, il faut d’abord redonner au politique le primat sur l’économie. C’est facile à dire, mais moins à faire, mais la solution est forcement dans cette direction.

    1. Même « après la bataille » il est utile et nécessaire de redire, ré-exposer, ces principes, ces directions.
      En face, c’est répétitions à l’envi de la propagande mortifère.
      Il faut semer, semer encore, sans se préoccuper de savoir ou cela va lever, ni quand exactement… On peut être surpris de l’endroit, mais ça lèvera !

  50. mais c’est cuit… les livres se vendront, mais c’est cuit.
    je me souviens de Michel Serres, il y a 25 ans, il nous alarmait au sujet de la couche d’ozone et des gaz à effet de serre ; maintenant (tenant en main), il prétend que notre présent est beaucoup mieux que notre « passé » (sur certains points c’est vrai). A l’époque j’écrivais des chansons sur le péril à venir, comme pour prophétiser, mais rien n’a changé. Si, c’est devenu un sujet de conversation. C’est cuit…

    1. Si c’est cuit alors Fromanger :-))
      « Le réel on le prend, on le mange, on le mord, on le tord, on le fabrique, on le fait, on le construit ».

      https://www.franceculture.fr/emissions/les-masterclasses/les-masterclasses-vendredi-6-octobre-2017
      Écoutez-moi ça, cette parole extrêmement chaleureuse et amicale. J’aurais tort de dire que je suis bouleversé par son œuvre peinte, mais c’est une autre histoire, ce qui me touche ici c’est la magie du verbe de quelqu’un qui envoie des signes et raconte.

    1. @Sapristi
      C’est bien ce que j’avais perçu en commençant à étudier la liste des signataires. Mais comme il n’est pire sourd que celui qui ne veux pas entendre, PJ et ses amis continuent de parler de 15 000 « scientifiques ». J’en suis plus triste que fâché.

      1. Qu’est-ce que t’as « perçu » Arkao « en commençant à étudier la liste des signataires » ? Huh ?
        Qu’il y avait quelques musiciens ou journalistes ou médecins généralistes dans la liste ?
        Trop de doctorants, d’étudiants ?
        T’as fini l’étude statistique ?
        T’as confirmé/chiffré ta “perception de commencement” ?
        Fais péter tes stats please.
        Édifie nous mon bon.
        Sois un bon scientist, pour une fois.
        http://scientistswarning.forestry.oregonstate.edu/signatories

      2. @Julien Alexandre
        Est-ce que vous percevez le ridicule de la page d’accueil du site de l’UCS avec son trombinoscope d’aimables représentants de l’espèce Homo Sapiens au sourire béat ? Je croyais que l’heure était grave. De la com’ encore de la com’, digne des témoins de Jéhovah et de l’Église des Saints des Derniers jours.

      3. Désolé Arkao, je me contente des chiffres pour éviter qu’on donne dans le « fake news » sur ce blog, pas trop le temps de blairer un trombinoscope à la recherche de gueules de Jéhovah…

    2. La « tromperie » ne semble pas intentionnelle !

      Mais on est dans les chiffres « ronds »: en suivant le lien qui mène au site officiel de l’association http://www.ucsusa.org/
      on voit: more than 20,000 technical experts advancing science-based solutions for a healthy planet and a safer world.
      et, si vous voulez devenir membre:
      Join the Union of Concerned Scientists and our 100,000 members, https://secure.ucsusa.org/onlineactions/UTzgs8R_NUmst2iZobkSmg2?MS=footer

      C’est vrai que cela fait penser à une pétition… et/ou à un appel aux dons…

  51. Vous avez été désolé par la pêche en eau profonde?
    Voici sa cousine la pêche électrique.
    La balle au parlement européen en plénière en fevrier 2018
    Car comme d’hab malgré l’appel des 15000 scientifiques ça n’a pas empêché 20 députés sur 23 de la dite commission de pêche de statuer pour une extension de la technique « dite innovante ».
    https://reporterre.net/Le-Parlement-européen-donne-un-premier-feu-vert-a-la-néfaste-pêche-électrique

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