Harari/Jorion, par Michel Jourdan

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

Tout d’abord, permettez-moi de me présenter. Je m’appelle Michel Jourdan et j’ai 49 ans. Je suis Belge et suis établi depuis plus de 15 ans à l’île Maurice, où je travaille dans la presse écrite.

Le mois dernier, j’ai lu deux ouvrages offrant des prédictions radicalement différentes sur le devenir de l’humanité, à savoir Homo Deus, de Harari, et Le dernier qui s’en va éteint la lumière, dont vous devez très bien connaître l’auteur. Je ne sais pour quelle raison, mais de les avoir lu successivement m’a amené à vouloir dresser une comparaison, notamment en termes de perspectives.Ainsi, concernant Homo Deus, l’ouvrage me paraît au final une vision trop idéaliste d’un avenir pourtant incertain. Si son point fort reste la vulgarisation du contenu, il demeure, selon moi, que les perspectives de Harari restent amarrées dans sa, certes, très bonne connaissance de l’Histoire, mais aussi visent vers des projections ne tenant pas suffisamment compte, toujours selon moi, du facteur anthropologique. En résumé, il fait dans l’histoire, mais pas assez dans les sciences humaines, ayant trop souvent évacué l’aspect psychologique faisant de nous qui nous sommes et ce que nous sommes. Et donc a fortiori où nous allons, ce qui est problématique dans le contexte du livre, qui se positionne presque comme un ouvrage de futurologie appliquée. Car pour moi, en matière d’anticipation, l’aspect technologique est loin d’être le facteur le plus important dans la conjoncture, d’autres points étant plus cruciaux, comme notre rapport avec la nature, nos sociétés capitalistes et nos actions pour la survie du vivant. A quoi bon en effet élaborer sur les progrès attendus (ou espérés) pour le siècle prochain en matière de biotechnologie, de robotique ou encore de génie génétique si nous ne sommes plus là ?

Plusieurs sujets, s’ils ne sont pas totalement escamotés, ne sont en revanche pas assez mis en avant dans Homo Deus. L’argent, ou plus exactement le pouvoir que celui-ci profère, Harari n’en parle par exemple pas assez. Pourtant, lorsqu’il évoque les progrès incroyables de ces dernières décennies ayant permis à l’homme, notamment dans le domaine de la lutte contre les épidémies, de trouver plus ou moins rapidement des solutions à ses problèmes, il en oublie – du moins dans la première partie de son livre – que ces mêmes découvertes ont été initiées sous le couvert qu’à terme, elles se devaient d’être rentabilisées et, plus encore, de générer d’énormes bénéfices. Aussi, l’équation de nos problèmes actuels, ceux-là même qui nous font nous précipiter aujourd’hui dans le vide, se résume-t-elle simplement, d’après moi, à : « Si nous changeons d’orientation, qu’avons-nous à y gagner ? » La réponse paraît bien sûr évidente pour vous comme pour moi, ainsi que des centaines de milliers d’autres Sapiens, puisque le gain est simplement la survie de notre espèce, mais malheureusement pas, pour l’heure, pour ceux qui se trouvent en haut de la pyramide décisionnelle.

Vous le résumez vous-même d’ailleurs très clairement : « Nous craignons sans doute le retour des catastrophes passées et prenons certaines précautions en conséquence, mais nous nous révélons ineptes dans la préparation à des désastres futurs du fait de la combinaison en nous de trois facteurs : nous souffrons d’un manque total d’imagination, nous affichons un optimisme irraisonné que nous appelons “espérance” et, surtout, nous n’envisageons de solutions à adopter que dans une perspective purement commerciale. Nous ne sommes disposés à sauver notre espèce de l’extinction qu’à une seule condition : “si cela peut rapporter”. »

Or, la solution de notre survie, en tant qu’espèce, est, on le sait, liée intrinsèquement à notre capacité de pouvoir nous projeter dans l’avenir. De là tous ces rapports, colloques, réunions, conférences, etc., mais dont l’issue est quasiment toujours la même : des accords, amendés 100 fois puis ratifiés, sans aucune garantie qu’ils seront mis en application ni même éventuellement jetés aux orties (ex : Trump et le climat ou encore Trump et les migrants). Tout cela par manque de perspective et d’intérêt (en termes de billets verts). Parce que cela ne nous (« nous » à travers nos décideurs, bien sûr) intéresse pas, parce que notre vision n’est ancrée que dans celle de notre propre et courte existence et, éventuellement, celle de nos enfants, mais pas beaucoup plus.

L’humain est ainsi fait. Il a beau savoir que l’alcool, la vitesse et le manque de sommeil au volant continue de tuer, il poursuivra sa route sans s’en soucier. Jusqu’au prochain virage, derrière lequel l’attendra le mur qui lui coûtera la vie. C’est une réalité : tant que le danger n’est pas à portée de vue, il n’appuiera jamais sur la pédale de frein. Et c’est pareil pour le réchauffement. On à beau le savoir – à grands coups de rapports, d’histogrammes et de clichés d’ours blancs pris au piège de glaciers se détachant de la banquise –, pour véritablement nous faire réagir, il faudrait presque que le niveau de la mer monte de dix centimètres par jour, et encore, sur nos propres côtes. Alors peut-être nous donnerions-nous rapidement les ressources nécessaires (financières, politiques et technologiques) pour tenter de contrer le cataclysme. Là est évidemment le paradoxe, puisqu’à cette allure, il est évident que cela ne servirait plus à rien.

C’est d’ailleurs ce que vous expliquez à votre manière : « Nous ne sommes pas outillés pour nous mettre à la place d’êtres humains affrontant l’horreur à quelques milliers de kilomètres de chez nous. Et, parfois même, c’est le sort de personnes ne vivant qu’à quelques dizaines de kilomètres de chez nous qui nous indiffère déjà. De même, si l’on nous posait la question, nous dirions : “Oui, nous avons à cœur le sort des générations futures !”, mais elles n’en sont pas moins pour nous des entités abstraites et l’extinction de l’espèce nous apparaît, dans la même perspective, comme une abstraction vague, incapable en tout cas de susciter notre émotion. Nous pouvons nous identifier à d’autres êtres humains – une disposition qui vient tout naturellement à certains d’entre nous –, mais nous sommes incapables de nous identifier au destin du genre humain tout entier, et donc de nous impliquer pleinement dans sa survie. Nous arrivons à donner un sens à notre propre vie, mais donner un sens à l’histoire de notre espèce dépasse les frontières de notre imagination. » Evidemment, il s’agit ici de dresser un portrait général de notre espèce. Notre propension à ignorer les avertissements pour le long terme et notre absence d’application pour la survie des générations futures comportent aussi de nombreuses exceptions. Malheureusement, ces qualités ne sont que rarement prêtées à ceux qui dirigent actuellement le monde, et donc ce dernier dépend pourtant.

En fait, l’unique solution, s’il devait y en avoir une, serait de rebâtir de zéro une société où, en lieu et places de nos élites (politiques, financières…), se trouveraient à guider nos actions des intellectuels, des experts, des économistes adeptes de la décroissance, etc., bref des gens que l’on pourrait qualifier de visionnaires (bien que simplement réalistes), et qui, ensemble, permettraient (peut-être) d’ériger un système nous permettant, non pas d’éviter la catastrophe (car elle aura de toute façon lieu), mais d’en limiter tout au moins l’impact. Une structure qui, pareille à une arche, nous permettrait en tout cas de contenir le déluge (propre et figuré) à venir. Et comme il s’agirait d’une arche, il nous faudrait donc un (ou en réalité plusieurs) Noé, des chefs pouvant guider le troupeau que nous sommes vers un idéal plus intégré aux défis actuels.

Dans votre livre, vous dites d’ailleurs : « Notre capacité à écarter un danger d’une telle nature, en dépit de notre faculté de réflexion et de la possibilité qui nous est offerte de mobiliser toute la puissance du syllogisme pour soutenir la validité de nos arguments, ne dépasse probablement pas celle des dinosaures quand ils durent faire face à leur propre extinction. Ce n’est pas que nous ne sachions pas ce qu’il convient de faire – en fait, nous le savons très précisément –, mais entre notre personne et la décision adéquate se dresse le Prince, qui n’a pas la moindre intention d’y prêter attention, parce que son attention tout entière est mobilisée par une tâche d’un autre ordre : se maintenir au pouvoir. Aussi, si nous laissons le Prince veiller au cours des choses comme il le fait aujourd’hui, c’est le précipice garanti – rien d’autre ! »

Sur certains points, Homo Deus est un peu l’antithèse du Dernier qui s’en va éteint la lumière. Là où le premier trouve dans nos avancées technologiques les raisons d’espérer, le second, lui, estime au contraire qu’elles précipiteront notre disparition. En sus de cela, Harari s’égare quelque peu à certains moments, comme lorsqu’il dresse un comparatif entre les victimes du terrorisme et celles de la malbouffe, comparant Al Qaïda à Coca-Cola et expliquant qu’on n’a plus à craindre du second que du premier, faisant alors presque de Daech un simple produit de consommation. Ce qui est totalement contreproductif car cela équivaudrait à devoir moins se soucier du respect du code de la route que des facteurs à risques de cardiopathies et d’AVC sous prétexte que le premier fait chaque année 10 fois moins de morts dans le monde que le second.

Quant à l’argent, pour revenir sur cette question, vous l’évoquez constamment, au contraire de Harari. Des divergences normales au vu de vos parcours, le premier étant historien et vous, celui d’un anthropologue ayant dévié depuis longtemps déjà vers le secteur financier et analytique. Mais votre point fort, c’est, selon moi, votre capacité à transposer la nature humaine dans le cadre des défis actuels. Ainsi, lorsque vous abordez la question du sens de la vie, telle qu’elle nous a été léguée par la chimie organique, vous dites : « Il est demandé à notre corps de se reproduire, et c’est finalement la seule chose pour laquelle il soit véritablement équipé, la seule chose qu’il sache faire correctement : faire des bébés (“pour de vrai” ou “pour du beurre”), et respecter les conditions minimales pour que cela soit possible (manger et boire de l’eau toutes les quelques heures, absorber de l’oxygène toutes les quelques secondes, évacuer régulièrement les déchets s’accumulant rapidement, ne pas mourir de froid, etc.). Nous avons été très bien conçus pour nous reproduire et raisonnablement conçus pour maintenir les conditions nécessaires à cette reproduction. Mais, comme nous sommes éphémères et jetables, penser à l’avenir sur le long terme n’est pas notre fort : notre manque de talent dans ce domaine est consternant. Et la punition est pour bientôt ! »

Difficile, et peut-être inutile d’ailleurs, de dresser finalement un comparatif entre ces deux ouvrages, Harari et vous n’ayant ni le même objectif ni les mêmes prétentions. Le livre de Harari n’est en effet pas mauvais, loin de là. D’autant, encore une fois, qu’il ne vise pas forcément le même public, n’a pas le même fil conducteur et ne s’inscrit pas dans la même finalité. Homo Deus se lit en fait facilement, presque comme une fable, avec des passages même très prenants et aussi en accord avec nombre de constatations que je me suis faites à un moment ou un autre. A l’instar du ridicule des Sapiens ayant depuis toujours imposé leur hégémonie sur les autres espèces, en fait sous-espèces, selon Sapiens toujours, justifiant dès lors notre immense faculté à accorder droit de vie et de mort sur tout être vivant, y compris nos semblables dans certains cas. Des espèces, animales et végétales, ayant pourtant tout autant le droit de peupler la terre que nous (certaines étant d’ailleurs déjà là bien avant notre apparition, et environ 100 millions d’années avant la première « molécule animale » pour les végétaux), mais dont nous n’avons cure, celles-ci étant, elles aussi, soit considérées comme nuisibles, soit utiles pour les liens affectifs qu’elles nous procurent (animaux de compagnie, plantes en pot…), soit encore perçues comme de simples produits de consommation.

Autre aspect que j’ai particulièrement apprécié dans Homo Deus, et rejoignant là encore ce qui est ma perception depuis longtemps, c’est celui lié à notre absence de libre arbitre, en ce sens que celui-ci est induit par des interactions neuronales contre lesquelles l’on ne peut finalement rien, ne devenant alors qu’un simple acteur de notre propre scénario organique. Cela dit, là où l’auteur parle à un certain moment de « fruit du hasard » pour expliquer la résurgence de flux électriques influant sur nos décisions, j’y vois, moi, quelque chose de beaucoup moins aléatoire, en l’occurrence la création de synapses en quelque sorte programmés car résultant d’interactions antérieures, elles-mêmes répondant à des interactions plus anciennes. Dès lors, selon moi, ce que l’on appelle « destin » prend alors tout son sens si l’on en retire toute substance philosophique ou religieuse. C’est d’ailleurs là une contradiction dans le cheminement philo-scientifique de Harari, car après avoir évoqué le facteur biologique aléatoire de ce que nous sommes, il passe assez rapidement à la terminologie « d’algorithmes biologiques ». Or, par définition, un algorithme est le fruit d’une programmation, qui n’a dès lors plus rien de hasardeux.

Personnellement, je ne suis pas optimiste pour notre espèce et rejoins votre analyse de la situation. Beaucoup seront cependant en désaccord, et en particulier sur le sort réservé à l’espèce humaine et en la capacité de cette dernière de se sortir de l’impasse dans laquelle elle s’est engagée. Reste que nous sommes en revanche de ceux (trop rares à mon avis) étant conscients de la gravité de la situation et de ce qui nous a amenés là où nous en sommes aujourd’hui. En fin de compte, que l’on soit d’avis qu’il reste quelque chose à faire ou qu’au contraire l’on pense, comme vous et moi, que les dés sont jetés, car pipés depuis le commencement, ne change pas grand-chose.

Ainsi, que l’on décide ou non de « faire notre deuil de l’humanité », pour vous plagier, ou que l’on pense avoir la capacité intellectuelle de sauver notre espèce, comme le clame Harari, le plus important reste en réalité de prendre conscience de l’urgence d’actions immédiates. Avec, en filigrane, l’espoir (vague ou pas) que l’humain – espèce dont la survie n’a que peu d’intérêt dans l’ordre de l’univers et à laquelle nous accordons finalement une importance résolument déformée par une arrogance démesurée (mais la chimie organique nous a ainsi fait) – réussira à éviter de subir le même destin que les dinosaures. En tout cas, à la différence de ces derniers, on ne pourra pas dire que nous n’étions pas prévenus !

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46 réflexions au sujet de « Harari/Jorion, par Michel Jourdan »

  1. Je suis en accord avec tout ce qui est écrit dans ce billet et je rajouterais malheureusement…..;-(
    Il y a juste un seul point d’interrogation que j’ai en ce qui concerne la psychologie de l’être humain dans des situations précaires. En effet, la description de l’homme faite par Paul se base sur des observations en « temps normal » quand celui ci n’est pas directement menacé par l’extinction. Dans ce cas, il marche sur ses deux jambes, l’une est la conservation de sa personne (respirer, boire, manger, dormir) et l’autre est sa reproduction (brassage génétique pour l’optimisation du génome face à son environnement, merci Darwin! ;- ). Sa destination est la survie de l’espèce. Mais, comme ce mécanisme Darwinien de sélection naturelle ne marche plus pour l’homme car il lutte de mieux en mieux contre tout les éléments extérieurs qui pourraient réguler sa population (maladie, famine, vieillesse, etc…). Il devient un danger pour son écosystème et lui même ce qui peut induire à une FIN DE L’HISTOIRE.
    Cette description du comportement humain fonctionne bien en « temps de paix » mais en serait il de même en période trouble?
    Je m’explique, j’ai longtemps cru au scenario à la « Mad Max ». Ce scenario est souvent utiliser pour décrire l’homme dans un monde chaotique: la survie sans le maquillage de la civilisation.
    Mais j’ai été troublé par le témoignage de survivants d’un conflit de guerre dont je crois me souvenir qu’il s’agissait de la guerre en Syrie. Alors qu’on aurait pu penser que dans ce genre de situation, le plus sombre de la nature humaine s’exprime. J’ai été étonné que les survivants parlent d’entre d’aide , de coopération, de respect comme si face au danger la nature « primaire » de l’homme laissait sa place à l’Humain. Donc voilà, mon interrogation est là. Je suis d’accord avec Paul sur son constat mais j’ai un doute quant aux comportements de l’homme quand le danger sera imminent. L »espoir se situe peut être là!

    1. C’est plutôt un monde à la « Walking Dead » auquel il faut s’attendre. Sans rire…
      En sachant que WD ne montre QUE les première années de l’effondrement.
      Des poches de « civilisations » souvent inadaptée parce que tentant de maintenir l’ordre ancien, de nouvelles féodalités, des nomades plus ou moins prédateurs, des bandes armées…

    2. C’est pourtant une constante, débarrassé de la futilité et de ses apparats, l’humanité révèle souvent son meilleur côté, sans doute parce qu’elle a alors sous les yeux les preuves de sa mortalité. J’avais remarqué la même chose il y a trente ans au Liban, et ça m’a rappelé l’entraide campagnarde qui existait encore dans l’espace campagnes françaises jusque dans les années 60. Non par idéalisme, mais parce que l’altruisme y était un égoïsme bien compris. Où on s’en sort ensemble, ou personne ne s’en sort…

  2. Il me semble que ce serait utile de lire en premier le précédent livre de Harari « Une brève histoire de l’humanité », d’abord parce que c’est un livre hors du commun qui met en perspective notre histoire, les courants profonds qui nous amenés à aujourd’hui.

  3. … »faisant de nous qui nous sommes et ce que nous sommes »
    Nous, nous, nous,
    Qui vous?
    Vous les hommes, vous l’espèce humaine, vous de l’anthropocène?

    … »une arrogance démesurée », Non par les voies de la « chimie organique », mais bien par celles d’un occidentalo-centrisme blanc, aveuglé par sa prétention universaliste blanche.
    Vous qui vous prenez pour Nous.

  4. Le constat que l’homme est ainsi fait qu’il continuera à picoler et pas dormir assez au point de rater le prochain virage d’un côté, et préconiser la nécessité d’un Noé de l’autre pour sauver le monde, c’est un peu se tirer une balle dans le pied. A moins que Noé puise sa source ailleurs que dans sa nature….

    1. Genèse 9, 18-27 )
       » Le texte nous permet d’abord de mieux connaître Noé. À travers l’histoire du déluge, nous avons appris qu’il est un constructeur et un navigateur compétent. Ici, nous découvrons qu’il est l’ancêtre de tous les agriculteurs. Il cultive la vigne et en récolte du vin. C’est à partir de là que ses problèmes commencent. Apparemment, il ne sait pas boire modérément et il se retrouve complètement soûl! Celui-là même qui, quelques versets plus haut, parlait avec Dieu et faisait alliance avec lui, « le seul juste », le voici ivre mort… et nu !  »
      Caramba ! Mauvais exemple…

  5. @ Michel Jourdan
    “ espèce dont la survie n’a que peu d’intérêt dans l’ordre de l’univers…” Ben ça, je n’en suis pas aussi sûr que vous. Et, je dirai même que, justement, le développement de la robotique et de l’ intelligence artificielle me prouvent un peu plus chaque jour du contraire…

      1. Ce n’est pas vraiment ce que je voulais dire, mais puisque nous en sommes là, @ écodouble, pensez-vous que nous puissions observer l’Univers sans avoir aucune action sur lui ?
        Aussi, Hubert Reeves a dit : “Observer, c’est perturber”.

      2. @Bain :

        C’est plutôt l’apparition de la théorie quantique qui a conduit à s’intéresser à la « perturbation  » qui se fait entre  » objet en soi » , « phénomène observé » , « observateur » , « instrument de mesure « .
        On retrouve aussi cette préoccupation chez Einstein , Freud , le groupe Bourbaki .

      3. @ BAIN
        Il m’est arrivé d’observer des femmes magnifiques sans qu’elles en fussent gênées, ni perturbées, le moins du monde.
        Alors l’Univers !?!!! Il n’a même pas conscience de nous avoir engendré.

      4. @Juannessy
        Sur ce point, vous devez avoir raison. Mais alors, qu’est-ce qui relie le lointain et le proche, si ce n’est l’observation ?
        « D’autant qu’on ne peut voir loin, si on ne sait pas regarder de très près », comme l’a écrit Annie Le Brun (Cf. LIBÉRER LE TEMPS).
        Aussi, du cœur même de ce qui est devenu notre univers, afin qu’un jour, du temps, il en surgisse un espace, il eut bien fallu que quelque chose le perturbât initialement. Or, si la perturbation naît de l’observation ; où en serions-nous s’il ne s’était pas senti observé ? Je vous le demande.
        Et pourtant, j’observe.

      5. @Bain :

        Que votre « sentiment » soit juste ou faux , quelles conclusions en tirer vous ?

        Car Duhamel vous dirait que l’observation est active et « volontaire » ( à l’opposé de la contemplation ), et que le courant y passe de l’esprit vers l’univers .

      6. @Juannessy
        Quelles conclusions ?
        Vos désirs sont des ordres ! : )
        Voici donc, exprimées brièvement, ces conclusions :
        Le futur ensemence le passé.
        Je dirais même plus : notre faiblesse est notre force.

      7. @Juannessy
        « Ah bon . » subtil. Mais je suis sûr @Juannessy que vous n’allez pas vous contenter de mes deux affirmations conclusives…
        Par exemple, François Laplantine : « De la relation d’incertitude d’Heisenberg, Devereux tire une seconde conséquence : la réintégration du chercheur dans le champ de l’observation. De même qu’Heisenberg a montré que l’on ne peut observer un électron sans créer une situation qui le modifie, Devereux constate que la présence de l’observateur perturbe l’observé et crée un phénomène nouveau qui n’aurait pas lieu sans lui ou si le sujet de l’observation était un autre que lui. Il s’agit de réintroduire le physicien dans l’expérience de l’observation physique (Einstein, Heisenberg), le peintre dans le tableau (Velasquez, Frida Khalo), le cinéaste dans le cinéma (de Jean Renoir à Agnès Jaoui), le thérapeute dans la thérapie et, avec Devereux, l’observateur et son affectivité dans le champ des sciences humaines et sociales. »
        http://www.laviedesidees.fr/Georges-Devereux-un-savant-entre.html

    1. Correction de texte :
      Et je dirai même plus : le développement de la robotique et de l’intelligence artificielle me prouve un peu plus chaque jour le contraire… L’erreur était humaine.

    2. Mais ce n’est pas tout.
      Autre exemple, chez les Indiens Mohave d’Amérique, Tobie Nathan, inspiré par les travaux de son maître Georges Devereux, nous rappelle que « rien ne peut, arriver là-bas qui n’ait auparavant été rêvé par quelqu’un ».
      Quand les Mohaves rencontrent, dit-il, quelque chose d’inconnu, ils attendent qu’un chaman de la tribu rêve de la création du monde. Ainsi le mythe est constamment remis à jour par de nouvelles expériences d’acculturation.
      Il ajoute « dans une telle conception, le rêve précède la réalité ».
      De là, je pense que le rêve représente « l’autre versant » de la connaissance. En effet, si la connaissance nous permet de parler du monde « tel qu’il est » ; le rêve, lui, nous invite à imaginer le monde « tel qu’il devrait être ». Hubert Reeves écrit dans son dernier livre LE BANC DU TEMPS QUI PASSE que, « la connaissance est une stratégie de l’esprit humain pour coexister avec le mystère du monde ». Cependant il tient à nous faire remarquer qu’expliciter, répertorier, cataloguer, etc., sont des armes défensives très anciennes, mais bien faibles contre les intrusions de l’étrangeté…Aussi, « pour agir, il faut se sentir observé ». D’où, le rêve, pour nous apporter la possibilité de renouveler du « dedans », notre regard du « dehors » sur le monde… Vers un nouveau monde.

  6. Sans abandon des libertés individuelles, sans un gouvernement mondial et sans le yankee dollar, nous n’y arriverons jamais. Le « Rien ne se crée, rien de se perd,tout se transforme » de Lavoisier devient tout se crée artificiellement et se transforme en poisons pour l’humanité.

  7. Medellín, le 7 de décembre 2017

    Cher Monsieur Jourdan,

    1. Merci pour votre essai, comparant deux approches ¨prophétiques¨, celle de Paul Jorion et de Yuval Harari.

    2. Si vous me le permettez, j´aimerais attirer l´attention et la concentration sur un aspect non-mentionné dans votre analyse. Un aspect d´ailleurs qui est plus accentué dans l´approche de Harari, que dans celui de Paul Jorion.

    C´est le manque des observations, et alors, des mots concernant (a.) la pauvreté profonde et (b.) la pauvreté ´cachée´, aussi connue sous le titre ¨secteur informel¨.

    Pourquoi ce manque?

    Tout d´abord, parce que, probablement, votre environnement cotidien depuis 15 ans, ne vous donne aucune référence // ni rappel de conscience quant à la pauvreté profonde ni le secteur informel.

    Lisant une déclaration tout récente du premier ministre de Maurice, vous vivez au paradis, encore plus fort: dans le VRAI paradis.

    Source: http://mof.govmu.org/English//DOCUMENTS/PM%20STATEMENT%20-%20PARADISE%20PAPERS.PDF

    3. En ce qui concerne Harari, j´estime qu´il sera suffisant de mentionner sa date de naissance: le 24 février 1976, Israël. Ce qui veut dire, un ¨chico mimado¨ comme on le dit en Colombie, né dans un pays TOTALEMENT subventionné par les Etats Unis, mieux dit, un ´clone´ gaté des Gringos.
    Lisant ses ¨histoires¨, c´est très clair que ce garcon n´a vraiment ni la moindre idée de ce que représente la pauvreté profonde, ni du secteur informel.

    C´est quand même remarquable que quelqu´un avec une presse tellement enthousiaste quant à ses bavardages, n´avais jamais observé ce manque d´habite nouveau de cet empéreur des salons des ¨progressifs¨ en Europe et aux Etats Unis.

    Je ne connais pas votre formation (académique), mais moi j´ai toujours appris qu´un aspect fondamental de la qualité de l´information est qu´elle soit (le plus) complet (possible).

    Jamais on lit une critique par rapport à Harari, disant: ¨mais écoutez bien monsieur, vous oubliez simplement les 60 % de la population humaine mondiale qui vit déjà, et d´une facon augmentante, dans la pauvreté profonde, ou, dans sa gare antérieure ou postérieure, le secteur informel.¨

    ¨Qu´est-ce qu´il reste de tous vos beaux mots, vos prophéties époustouflantes, considérant cette misère Dickensienne massive, tout ce qui vous dites monsiers, ne concercne qu´une minorité gâtée de l´humanité?¨

    Et ne parlons même pas du sort des animaux, des plantes, et de la mère terre même, la terre vue dans sa qualité d´organisme vivant (re: prof dr Peter Westbroek, Un de Leyde, Collège de France: Earth System Science).

    Conclusion: le grand, très grand erreur de Harari est, qu´il se montre aveugle pour le sort triste de la grande majorité de la vie. Il n´a que des yeux pour les femmes et hommes gâté(e)s, alors, dans ma vue, Harari est un faux prophète, aidant aux riches d´aller se coucher tranquillement, et un monsieur adroit, un entrepreneur scientifique, qui sait bien vendre ses livres et ses bavardages, et se fait de l´argent basé sur le gros sommeil et la naivité des gens riches.

    4. Regardons et analysons maintenant la position de Paul Jorion.
    Tout d´abord, Paul Jorion a bien sur vécu et travaillé dans des situations de pauvreté profonde et de l´existence du secteur informel. Sa période de travail pour le FAO/PNUD en Afrique Occidentale, bienque relativement courte, l´a permis d´observer et analyser les réalités de la pauvreté profonde et du secteur informel.

    (Néanmoins je considère urgent que Paul se déplace ici en Colombie, pourque je puisse le montrer se qui se passe dans le grand, tres tres grand misère en Colombie, encore renforcé de nos jours par l´influx des centaines de milles de refugié(e)s de Vénézuela… ).

    Malgré le fait qu´il y aura des gens qui disent qu´il y aurait eu mieux si Paul Jorion aurait pu continuer sa carrière dans la coopération internationale, et que sa formation EXCELLENTE en anthropologie sociale (notamment chez le tragique Jaap van Velsen), combinée avec son intelligence formidable et ses grands dons sur le terrain de la diplomatie, lui donnaient l´opportunité et la chance d´une carrière impressionnante dans la lutte contre la pauvreté profonde et contre le secteur informel au monde, moi j´estime que son choix en faveur de l´application de sa boîte d´outils d´anthropologue social et sociologue dans le domaine de l´anthropologie des sociétés industrialisées, l´a approvisionné à lui et à nous tous, d´un spécialiste UNIQUE au monde, dans l´analyse approfondie d´un aspect majeure du secteur des services financiers: le jeu magique des escrocs et imposteurs qui jouent avec la confiance et la vanité des gens. (A lire l´analyse Shakespearien de Paul Jorion du superbandit B. Madoff dans ¨L´Argent, mode d´emploi.¨).

    Une analyse PARS PRO TOTO, qui analyse une fois pour toutes, toutes les reines et tous les rois de n´importe quel chateau casino, que se soit Trump, May, Lagarde, Putin, Merkel, Macron, Abe, Yellen ou Draghi. Toutes et tous savent qu´elles et ils ne seront pas sauvegardé de son regard de renard (comparé con le corbeau mentionné par Paul il y a trois semaines à Paris).

    Le journaliste Joris Luyendijk (Pays Bas, anthropologue) a voulu imiter Paul Jorion, et probablement il a une plume un peu plus raffiné et un peu plus flux de bouche parfumé que Paul Jorion, mais Luyendijk n´arrivera jamais aux profondeurs d´analyse de Jorion.

    Dans ce sens, Paul Jorion n´a pas pu pénétrer seulement dans la gueule du monstre qui cause la profonde pauvreté et le secteur informel au monde, il se trouve toujours dans ses cellules, même au delà, Paul Jorion se trouve DANS le NDA même du monstre, Paul s´est transhumanisé, et c´est pour cette raison que le monstre fait TOUT pour s´en défaire de Paul Jorion, à commencer à Los Angeles, ensuite à l´Université Libre de Bruxelles, et tout récemment, au patronat de la Wallonie.

    On ne mange PAS Jorion, on le déteste, mais, Jorion s´est transformé dans un virus, le Virus Jorion (le ViPaJo), qui a contaminé le monstre de l´intérieur, et, quel miracle, nous a contaminé à nous, ses lecteurs, aussi. Paul Jorion est un souci dans notre conscience, le ViPaJo nous reveillele ViPajo nous cause de bouger.

    En GRAND et PROFOND contraste avec Harari qui nous fait dormir, non pire, nous fait baîllir.

    Et le message ViPaJo es limpide comme du crystal: si vous ne voulez pas vous occuper à courte terme des REALITES de la pauvreté profonde, du secteur informel, de la destruction de la nature, de la vie, de la terre dans lesquelles vivent PLUS que 60 % des gens vivant sur terre, vous n´auriez même pas droit ni l´opportunité de vous mêler dans la discussion à moyen terme sur l´abolition du capitalisme et son remplacement par un systeme plus égalitaire, plus incluyant et plus démocratique, servant la vie.

    Dans ce sens, Paul Jorion et Immanuel Wallerstein se rejoignent.

    https://www.iwallerstein.com/left-social-movements-electoral-tactics/

    Et le petit garcon Harari?

    Il faut l´oublier, valeur zéro dans la lutte contre le misère.

    Laissez-le dans son cocon de stupeur capitonné et subventionné par les Américains.

    5. Mesdames, messiers, le temps de jouer est terminé.

    Bien à vous tous,

    JL

    1. Vivant à l’île Maurice, je peux vous dire deux choses :
      1) n’écoutez surtout pas ce que peut dire notre premier ministre, un fils à papa qui a hérité – littéralement, au mépris de la démocratie – de son poste. La situation chez nous n’est guère reluisante et l’actuel gouvernement ne fait rien pour y remédier, au contraire…
      2) la grande pauvreté existe chez nous, et le secteur informel y est TRES important, avec notamment un important phénomène de « marchands ambulants » qui sont un véritable lobby ici (et blanchissent l’argent de la drogue, pour nombre d’entre eux).
      Par ailleurs, pour en revenir à vos commentaires sur Harari, vous le dépeignez en gros comme quelqu’un qui n’a pas voyagé, ou alors d’une limousine à une autre, et totalement coupé des réalités du monde. Est-ce un portrait correct ?
      Cela étant dit, tout en ayant dévoré « Sapiens », et apprécié « Homo Deus » mais avec quelques réserves, je me retrouve effectivement plus dans les prédictions de Jorion que dans les siennes

    2. Crime et châtiment, par Paul Jorion, le 17 décembre 2008

      Le nom « Donald Crowhurst » vous rappelle-t-il quelque chose ? Il participa à la Golden Globe Race en 1969, une régate autour du monde en solitaire. Alors qu’il se trouvait en position de vainqueur potentiel, il cessa soudain de donner de ses nouvelles. Lorsqu’on repéra son trimaran, il avait disparu. On retrouva son journal de bord qui permit de comprendre qu’au lieu de chercher à faire le tour du globe, il était resté de longs mois embusqué dans l’Atlantique Sud, communiquant jour après jour des positions fictives, attendant que les autres navigateurs y refassent apparition à l’issue de leur circumnavigation. Il se serait semble-t-il satisfait de finir en dernière position. Le hasard n’en voulut pas ainsi : la dureté de la course fit qu’il se retrouva finalement seul en position de l’emporter. Il se mit alors à errer au milieu de l’Atlantique, son journal révélant une raison de plus en plus chancelante, consignant en particulier une théorie relative à la condition humaine qui lui aurait épargné l’abominable dilemme qui était le sien : vainqueur par tricherie ou tricheur démasqué. Son système échoua cependant à le convaincre lui-même puisqu’il s’ôta la vie.

      Ce qui me fait penser à Crowhurst, c’est bien entendu l’affaire Bernard Madoff. Comme vous avez pu le voir hier, je me le suis d’abord représenté en Machiavel : un homme convaincu que la « cavalerie » est le meilleur business plan qui soit au monde et développant froidement une stratégie fondée sur ce principe. Or, les informations diffusées aujourd’hui quant aux justificatifs détaillés qu’il procurait à ses clients me font maintenant penser à tout autre chose : à une tragédie à la Crowhurst. Parce que ces relevés, mentionnant parfois des dizaines d’opérations au cours d’un seul mois, présentent de manière précise la stratégie complexe qu’il affirmait mettre en œuvre pour le bénéfice de ses clients : l’utilisation de « collars », un montage particulier d’options, associée à un portefeuille dynamique d’actions, qui permet en effet d’engranger des gains réguliers dans une bourse portée par une hausse constante et paisible. Seulement voilà : pas à l’échelle qui était devenue la sienne, pas à l’échelle des milliards de dollars qu’il brassait en réalité.

      La supercherie résulte du fait que si la stratégie qu’il prétendait utiliser a dû fonctionner selon ses vœux pour ses premiers clients, elle a dû atteindre rapidement sa limite en volume dans le cadre que le marché autorisait : plus et le prix des actions se serait retrouvé balloté de manière incontrôlable en raison de ses transactions. Alors, plutôt que de refuser de nouveaux clients, il a dû se mettre à feindre, jusqu’à basculer dans une simple « cavalerie » : prétendant continuer de la même manière qu’avant mais se contentant en réalité de payer les plus anciens participants avec les apports en fonds de ses plus récentes recrues.

      Si mon hypothèse est exacte, son histoire est celle d’un homme qui s’imagine d’abord un géant parce que son plan complexe, digne d’un génie (celui que les relevés communiqués à ses clients persista de présenter) semble réussir mais qui, quand il découvre que ce plan est limité par la taille, ne s’y résigne pas par orgueil, par hybris. Il s’autorise sans doute d’abord quelques libertés avec ses principes – tactiques « de complément » que Michael Ocrant qui le questionne avec perspicacité en 2001 [1] semble avoir très bien devinées – pour maintenir la fiction, puis succombe : il se met alors à tricher et se retrouve non plus un géant à ses propres yeux mais un nain. Enfin bien des années plus tard, pareil à Raskolnikov dans Crime et Châtiment, il n’en peut plus : il révèle sa turpitude.

      Car ne l’oublions pas, Madoff n’a pas été démasqué : il a avoué à ses fils, et ce sont eux qui l’ont livré à la police. Comme dans le cas de Crowhurst : ce n’est pas la justice des hommes qui l’a rattrapé mais sa propre conscience. Le drame humain n’est pas celui de ceux qui ont cru en Madoff : c’est celui de la manière outrancière dont il a cru en lui-même.

      ––––––––––––––––
      [1] Michael Ocrant, Madoff tops charts ; skeptics ask how, MAR/Hedge (RIP), No. 89 May 2001

    3. Vous n’avez certainement pas lu le livre de Harari « Une brève histoire de l’humanité » qui est tout sauf un bavardage. Tout d’abord c’est un livre collectif auquel de nombreux historiens et scientifiques divers ont collaboré. Il y est très largement fait appel aux principes matérialiste de la sélection après-coup de Darwin et ça donne une fresque impressionnante de notre histoire. Quant à l’attention qu’il porte à la vie, elle est très aigüe, en particulier lorsqu’il parle de nos élevages concentrationnaires et de la souffrance animale.
      D’autre part, je trouve assez ignoble la manière dont vous le disqualifiez et ainsi comptez disqualifier son travail:
      « En ce qui concerne Harari, j´estime qu´il sera suffisant de mentionner sa date de naissance: le 24 février 1976, Israël. Ce qui veut dire, un ¨chico mimado¨… »

  8. « mais écoutez bien monsieur, vous oubliez simplement les 60 % de la population humaine mondiale qui vit… »

    La population occidentale ne représente qu’environ 20 % du total mondial mais consomme environ 80 % des ressources globales de la planète.

    Ce 20% c’est le « Nous » autant de M. Harari, que de M. Jorion, le Nous universel blanc, celui de la civilisation occidentale blanche et propre sur elle, pleine de bonne et de moins bonne conscience, et de paternalisme, voire de prophétisme grandiloquent, vous occidentaux, toutes classes confondues qui vous prenez pour l’humanité, pour l’espèce, pour pouvoir dire, écrire et penser « Qui étions-nous? », »anthropocène », et toute ces fadaises d’une arrogance et d’une présomption sans borne, c’est ainsi que l’on reconnaît ces occidentaux civilisés, prétentieux et destructeurs.

      1. Bonsoir Cher Juan

        Je voudrais avoir votre sentiment (un peu hors sujet à ce post) sur l’idée que l’IA puisse être un oxymore car à mon sens de montagnard du sud intelligence et artificiel ne vont pas bien
        ensemble…..non ?
        Autrement dit à mon sens un algorithme n’est à l’intelligence qu’une sorte de « Canada dry » qui voudrait être ce qu’il ne peut pas être (par définition) / Paul va peut étre me gronder et m’envoyer a mes pâquerettes montagnardes que je lui livrerai
        bientôt dans son paradisiaque golfe Breton………. car je sais ou il se repose………..!

      2. Bonsoir cher pyrénéen

        Hè bé , comme question avant le repas du soir , vous me gâtez en me donnant , plutôt que le pic d’Aneto ou le Mont Blanc , un Everest à vaincre !

        Plutôt que de trancher sur le caractère d’oxymore , je peux juste faire le tour de mes compréhensions actuelles .

        Pour ce qui est de ce qu’il est convenu d’appeler l’intelligence déductive , je crois que nous avons du souci à nous faire vis à vis de l’intelligence algorithmique ;

        Pour ce qui est de l’intelligence dite inductive , ça commence à craindre .

        L’intelligence dite humaine me semble différente de l’intelligence dite artificielle , en ce qu’elle a pas mal de ratés qui sont « mis à profit » par d’autres humains , ce qui ( peut être à tort ) me semble être un exercice plus inhabituel pour une ou plusieurs intelligences artificielles .

        Le défi de la bonne traduction du langage , de son esprit et de la poésie , est ,sinon le mur de Planck , le bon test pour admettre l’IA dans la catégorie intelligence humaine .

        L’homme ne se réduit pas à son intelligence déductive ou inductive , ni même à l’intelligence humaine .

        Si nous sommes « intelligents » à hauteur de ce que nous nous considérons , nous ne céderons pas la place pour une intelligence artificielle .

        C’est ce que j’ai voulu dire en écrivant dans le lien déjà fourni :

        « J’espère simplement que ce qui renaitra , restera digne d’une espérance folle :

        Liberté , Egalité , Fraternité étendue au vivant .

        Le cauchemar serait une société à 1 % de transhumains, car ce système là c’est la mort physique ( de l’espèce) et la mort de ce qui nous fait hommes . »

        Mais c’est bien une espérance et une folie , dont il faudra qu’elle résiste d’abord à « America first » , avant que de résister à l’intelligence artificielle .

        Bonne nuit , mon salut à Daniel Sentenac si vous le croisez , n’oubliez pas vos paquerettes pour le retraité breton à l’occasion .

    1. @ Adé

      Oui, nous Occidentaux, malgré tous nos crimes, nous sommes capables de penser « Nous », et un nous qui inclut. À vous, les autres, vous qui évoquez aussi un « Nous », mais un tout autre « Nous », celui qui exclut tous ceux qui ne présentent pas l’une ou l’autre particularité banale dont vous avez cru bon de faire votre étendard, je vous réponds : « Encore un effort pour mériter le nom d’Humain ! »

      1. Vous noyez votre poison.
        Quelle particularité banale?
        Quel étendard?
        décernez les mérites?
        décidez qui a le mérite? (pourquoi pas le talent cher à Pdt.Dr. Gal. Macron, Vigneron, Alexandre et toute la clique des « Nous »)
        Bien à vous, monsieur le Professeur.

      2.  » Nit moo di garab nit  » ( l’homme est le remède de l’homme).

        Proverbe wolof souvent cité par Léopold Senghor .

        Et les esprits tordus n’ont pas de couleurs.

        Mais des partis .

  9. « La seule solution serait de repartir de zéro », on a plus vite fait de dire qu’il n’y en a pas….

    Et oui…pas facile de sortir du cadre sans sortir de la réalité.

    St Ex a une phrase comme ça, pour dire qu’un homme auquel on a dit que telle constellation ressemble à un cygne, n’arrivera plus à y voir autre chose….

  10. Hé BAIN !
    «  Or, si la perturbation naît de l’observation ; où en serions-nous s’il ne s’était pas senti observé ? Je vous le demande. »

    Cela m’inspire ;-)… (*)
    Les observations perturbant l’observé, cet univers qui permit que les observateurs surviennent… Il se pourrait que nos observations soient la cause de notre apparition…
    Mais big data laisse entendre qu’il faut négliger/rejeter la causalité pour ne conserver que les corrélations.
    Peut être qu’en observant à la fois le futur et le passé, finirons-nous par nous (re)trouver.
    « (re) »: pas que nous soyons déjà trouvés, juste que ayons fait un tour…

    (*) un délire: Janus !!

  11. Je vois ce billet un peu tard . . .

    A propos de l’ouvrage de Paul Jorion,
    page 130 et 131 PJ évoque la démocratie et page 229 il évoque le type de démocratie ayant cours en Europe et aux EUA.
    Dans les deux passages il déplore que l’intérêt général ne soit pas défendu par la démocratie.
    A aucun moment dans le livre il ne définit la Démocratie, il l’entend donc suivant son sens contemporain.

    La dénonciation d’une démocratie enchainée au pouvoir de l’argent,
    l’affirmation que défendre la démocratie relève de l’essentiel
    et l’appel au rétablissement de la démocratie dans ses droits,
    nécessiteraient pour rendre possibles, rendre audibles, ces vœux, que la Démocratie soit caractérisée.

    La Démocratie est sujet de reflexion depuis plus de 2500 ans.
    Ce n’est qu’assez récemment, au XIXe siècle, que l’on a qualifié de démocratie, nos formes contemporaines de gouvernement représentatif.

    Lors de la Révolution de 1789, les penseurs de l’époque ne confondaient nullement ces deux formes d’organisation des pouvoirs. Ils les opposaient, sans s’en cacher, c’était une évidence pour leurs contemporains.
    Illustration :
    Discours du 7 septembre 1789, intitulé précisément : « Dire de l’abbé Sieyes, sur la question du veto royal : à la séance du 7 septembre 1789 »
    « Les citoyens qui se nomment des représentants renoncent et doivent renoncer à faire eux-mêmes la loi ; ils n’ont pas de volonté particulière à imposer. S’ils dictaient des volontés, la France ne serait plus cet État représentatif ; ce serait un État démocratique. Le peuple, je le répète, dans un pays qui n’est pas une démocratie (et la France ne saurait l’être), le peuple ne peut parler, ne peut agir que par ses représentants. »

    Qui sont nos représentants aujourd’hui ? Des élus, au suffrage universel. Qui dit élu, dit candidat et qui dit candidat instaure la possibilité d’aider ces candidats. Et qui mieux que tout autre peut aider un candidat que celui qui a déjà le pouvoir économique ?
    Le mode de désignation de nos représentants crée un cadre qui permet de les acheter.
    N’est-ce pas suffisant pour créer des vocations ?
    Le représentant qui doit son élection à une aide est donc redevable, il aura des difficultés certaines à agir pour le bien commun, en dehors de toute autre considération.
    Par ailleurs un élu a le droit de se présenter plusieurs fois de suite, ce qui crée un cadre, qui lui, autorise la professionalisation de la fonction. Il n’en reste pas moins que pour se faire élire il faut aussi convaincre les électeurs. L’élu est donc celui qui, à aide égale, aura le mieux parlé. Est-ce un gage de compétence ou d’honeteté ? J’en doute.

    Je suis partisan de remettre en selle le tirage au sort, accompagné de certaines mesures de contrôl du repésentant à posteriori,
    puisque qu’aucun choix n’est éffectué avant sa désignation hors celui définissant l’éligibilité des tirés au sort, être majeur, sans casier judiciaire etc.
    Le cadre ne devrait permettre, par exemple, que des mandats courts non renouvelables, avec l’instauration d’un processus citoyen de révocation en cours de mandat et d’un bilan en fin de mandat.
    Les assemblées ainsi constituées, serait grâce à la loi des grands nombres, un excellent reflet de la société aussi bien en terme de genre que de condition sociale.

  12. Quitte à se livrer à des comparaisons , j’ai trouvé celle que fait Thomas Piketty entre Trump et Macron , dans une chronique du Monde de ce dernier dimanche/lundi , assez convaincante .

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