Les transhumanistes et l’équivalent d’une âme

Je m’amuse un peu en examinant sur un mode sérieux une hypothèse assez fantaisiste mais je voudrais être certain que mon analyse tienne la route dans la comparaison homme/machine. Merci d’avance aux informaticiens pour leurs observations ! Ouvert aux commentaires.

De manière paradoxale sans doute pour des personnes s’affirmant matérialistes et se conduisant en tout point comme si elles l’étaient, les transhumanistes semblent convaincus de l’existence d’une instance semblable à une âme, susceptible d’exister en ayant comme support un autre corps que celui d’origine, corps naturel ou synthétique, voire même indépendamment de tout support matériel, en tant que base de données, autrement dit en tant qu’information stockée.

Cette conviction procède d’une analogie non-formulée assimilant le corps à la « quincaillerie » (hardware) d’un ordinateur, et la conscience humaine à un logiciel (software). Et de même qu’un logiciel peut être conçu en vue de fonctionner sur différentes machines par l’intermédiaire d’un système d’exploitation ad hoc, la conscience humaine est représentée par les transhumanistes comme un logiciel « multiplate-forme », l’expression « plate-forme » renvoyant à la combinaison d’une quincaillerie et d’un système d’exploitation.

Une telle hypothèse en suppose implicitement d’autres qui sont ses présupposés. Par exemple qu’une personne s’assimile à son sentiment d’exercer sa volonté et que sa conscience est l’organe de cette volonté. Et aussi que le cerveau seul dans le corps est le support (quincaillerie) de la conscience. Autre hypothèse impliquée enfin, que le cerveau siège de la conscience peut être représenté de façon complète comme une base de données contenant l’information moléculaire entière des neurones constituant le cerveau.

Ce dernier présupposé a pour implication qu’une personne pourrait être stockée indéfiniment en tant que somme d’informations sous la forme d’un disque électronique, disque dur ou CD, jusqu’à sa résurrection, tout comme sa tête cryogénisée, dont elle serait le strict équivalent quant à leur capacité à l’une et à l’autre de constituer cette personne.

Notons qu’une base de données n’offre encore que la garantie d’être une mémoire et non pas un logiciel mobilisant l’information stockée pour tel ou tel usage propre. Autre hypothèse présupposée donc, que le corps, en tant qu’entité distincte de la tête, contienne toute les instructions nécessaires à constituer une personne identifiée à sa conscience à partir de l’information stockée dans les neurones de son cerveau. À moins bien entendu de supposer que celui-ci contienne à la fois une mémoire et l’ensemble des instructions relatives à l’utilisation d’une mémoire dans la manière dont opère une conscience. Si la reconnexion d’une tête conservée à un corps donneur ne poserait donc aucun problème de principe pour reconstituer une personne, puisque la distribution judicieuse des fonctions de quincaillerie, de système d’exploitation jouant le rôle d’interface entre ce dernier et le logiciel, et ce dernier, se trouveraient rassemblées dans l’ensemble reconstitué, tout au contraire, la connexion d’un disque contenant les données auxquelles une personne est assimilée dans l’hypothèse transhumaniste, à un corps synthétique, nécessiterait que celui-ci puisse assurer à la fois les fonctions de quincaillerie, de système d’exploitation jouant le rôle d’interface entre ce dernier et le logiciel, et de logiciel au cas où les informations stockées représentant celles contenues dans les neurones de la personne clonée n’équivaudraient à rien de plus qu’une mémoire. En termes informatiques, il faudrait qu’une compilation adéquate soit assurée des informations en provenance du « cerveau » vers le « corps ».

Il faut encore ajouter que si les thèses de la psychanalyse (« métapsychologie freudienne ») sont exactes, à savoir que ce que le sens commun appelle « volonté » est en réalité distribué dans le corps tout entier (l’« inconscient ») et que la conscience ne dispose par ailleurs que d’un pouvoir de décision limité, c’est-à-dire n’assure que partiellement la fonction que nous attribuons spontanément à la volonté, alors le corps donneur constituerait lui aussi un élément décisif de la personne reconstituée et celle-ci serait un hybride original entre la tête et le corps rassemblés, plutôt que de reproduire telle quelle la personnalité de l’ancien détenteur de la tête greffée sur un corps qui serait lui sans influence aucune sur la personnalité de l’ensemble.

Une bonne illustration de ce qu’on pourrait qualifier de « conception transhumaniste de l’âme » est offerte par le commentateur Ludovic Louis écrivant ceci : « Supposons que nous prenions 100 milliards de pieuvres (représentant mes neurones) et qu’elles soient capables de communiquer entre elles. Alors nous pourrions supposer que toutes ces pieuvres aillent créer une conscience. Si leur agencement était parfaitement exact à mon cerveau, alors cette conscience serait identique à la mienne » (2017). Si une conscience est attachée à un corps physique dans sa totalité, tête et reste du corps, alors la conclusion du commentateur est manifestement fausse : la conscience en question ne sera pas celle attachée au corps de Ludovic Louis mais celle, collective, d’un ensemble constitué des corps de 100 milliards de pieuvres. Les capteurs que sont les organes des sens de ces mollusques céphalopodes veilleront à corriger peu à peu cette conscience inexacte, et à lui procurer une mémoire mieux en phase avec la collection d’animaux constituant son véritable « corps ».

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Ludovic Louis, « Conscience artificielle n’est pas l’intelligence artificielle forte », Siècle Digital, 1er décembre 2017

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77 réflexions sur « Les transhumanistes et l’équivalent d’une âme »

  1. Sacrée mise en abîme. En complément, cette production Arte française de sf ( et de qualité, c’est assez rare pour le préciser) aborde ces problématiques : https://www.arte.tv/fr/videos/057909-001-A/transferts-1-6/?gclid=CjwKCAiAmb7RBRATEiwA7kS8VK5InWjStGN3pYU0nSjGP0D0pI2UaEq44Ekx3NwpgrSkH_2OG_cWGxoC1gAQAvD_BwE
    Et bientôt une production Netflix (basée sur le roman éponyme « Altered Carbon » https://fr.wikipedia.org/wiki/Carbone_modifi%C3%A9) qui pousse le bouchon à fond.

  2. Ni diplômé ni informaticien peut-être un peu chaman? 🙂
    Âme ou quincaillerie, le nombre quasiment infini d’informations que constitue l’immédiat, le riche instant présent, Ne pourrait se résumer à un calcul, aussi puissant soit-il, il oublierai forcément des données.
    Le réel est notre vie et est sûrement ni plus ni moins qu’une quincaillerie muni d’un logiciel, mais la durée qui l’a construit semble Être irrémédiablement pour quelque chose dans sa divine situation.
    Trouvez-moi un robot qui Existe le temps de la chose sur lequel il impact et bien sûr s’enrichissant d’information de calcul et d’algorithmique prenant en compte la quasi-totalité des facteurs impactants sur la choses analysée, Simultanément tout le long,
    et peut-être que j’y croirai.
    L’expérience n’est rien d’autre qu’être façonné, le façonnage n’est rien d’autre que la jolie vie.
    Un bébé n’en saurait dire plus.

  3. Je ne vois pas à quoi peut bien faire référence de l’information stockée indépendamment de tout support matériel. Nous sommes là devant une pensée magique.

      1. Non, je ne lai pas lu, mais au vu des extraits disponibles sur la toile je peux me faire une première idée sur cet ouvrage.
        ———————————————-
        …/…La véritable lutte pour la survie n’est pas celle des êtres, car les êtres ne survivent pas. Elle concerne les messages informationnels dont les entités vivantes ne sont que les hôtes momentanées…/…
        Rien de nouveau sous le soleil, l’information, qui évolue de génération en génération, a bien un support physique, les êtres.
        L’évolution de génération en génération n’a nullement besoin d’une « information immatérielle » pour advenir, serait-elle cumulative et évolutive elle-même. L’explication darwinienne me suffit.
        ———————————————-
        …/…«aucun atome, aucun électron n’a été transféré. Ce quelque chose est de nature informationnelle. L’information a ainsi changé de support. Elle constitue un lien logique plutôt qu’une connexion matérielle»…/…
        et là je suis en présence d’une pensée magique.

      2. La matière et son information.
        L’information et sa matière.
        Intrication
        H-S Dans le meilleur des monde Un sage a convaincu les hommes de ne pas utiliser le pétrole.

    1. Le terme d’information , employé par Paul Jorion , quel sens a-t-il ?

      Pour un physicien , il y a apparition de l’information ,quand une source d’entropie est disponible , et que , pour une raison ou une autre , elle n’est pas dissipée aussitôt . L’information nait de ce « retard à la dissipation » .
      Si j’ai bonne « mémoire » , c’est à cause de l’expansion de l’univers que ce dernier engendre la complexité et de plus en plus d’informations .

      1. Peut-être que je me trompe, mais selon moi l’information que contient nos cellules est de même nature que les images et histoires contenues par notre cerveau.
        Secrète et imdéchiffrable sans témoignages d’expérience.

      2. S’il vous plaît,

        Y aurait-il des volontaires pour faire fonctionner une sorte de bébé blog,
        Monsieur Jorion aura son droit de veto mais n’aura plus à s’en occuper , un tour de rôle sera organisé,
        Et de plus, si Monsieur Leclerc peut continuer, il serait possible, peut-être de moindre envergure, d’envisager une rétribution Un peu comme maintenant !

        S’il vous plaît,
        Paul Jorion est d’accord.

      3. Les meilleures choses ont une fin. Par contre se serait bien de pouvoir télécharger un backup pour garder trace des nombreuses discussions et liens qu’on y trouve (à moins que le blog reste en ligne mais je suppose que c’est payant de l’y maintenir).

      4. Dans l’état actuel des choses effectivement il nous faudra aussi mourir. La vie en général cherchera son chemin comme elle le fait depuis plusieurs milliard d’années, avec ou sans nous.

  4. Medellín, le 12 décembre 2017

    Cher Paul,

    Probablement il serait util de vous rappeler la chaîne de développement scientifique suivante:

    a. Freud (le modèle de base) >>
    b. Moreno (le mouvement gelé) >>
    c. Boyden/Pesso (l´origine de la répétition du mouvement ou de sa congélation, et de son potentiel de libération)

    (* Diane Boyden et Albert Pesso ont été probablement moins connu dans les cultures francophones:
    https://pbsp.com/theory-techniques/diane-boyden-pesso/

    ** a + b + c + critiques = Erich Fromm)

    Grâce à votre explication de DeepL.com (et grâce à sa voix humaine du jeune savant allemand Gereon Frahling) cette fois-ci:

    ¨POURQUOI tant de gens vivant à New York et dans les environs ont-ils eu recours aux massages plutôt qu’ à la psychothérapie après le 11 septembre? Selon Bessel van der Kolk, ils cherchaient quelque chose qui se trouve au cœur de ses théories sur le traumatisme – une façon de « réinitialiser le corps ».¨

    Source: http://therapyandcounselling.co.uk/bessel-van-der-kolk-on-pbsp-and-trauma-by-clare-pointon/
    (Therapy Today: May 2004 volume 15 issue 4 page10)

    Bien à vous, c´est a dire entièrement et en bon équilibre. 😉

    JL

  5. Je n’ai aucune opinion sur ce que vous essayer de mettre en évidence , mais je note que les rapport entre âme et corps sont anciens et tranchés très diversement par les religieux , les philosophes , les poètes ou les écrivains , sans parler de celle des « objets inanimés » ou de l’acier ou du violon .

    Aristote , prudent , la qualifiait de trois sortes :
    – végétative ou nutritive ( animaux , végétaux) : « pneuma » mais je me goure peut être .
    – sensitive ( monde animal) : « psukhê  »
    – la pensée ( intelligence ) : « nous »;

    Quelques expressions sans doute traduisible par DeepL:
    – l’âme chevillée au corps ,
    – corps et âme ,
    – rendre l’âme,
    – l’âme en peine ,
    – l’âme damnée ,
    – une belle âme…

    J’ai un peu tendance à dire que si les transhumanistes restent attachés à une « âme » , c’est qu’elle est la garantie de l’individualisme forcené que trop de monde s’acharne à confondre avec la liberté .

    Les libéraux ont mis la liberté sous tutelle de la propriété privée .
    Les nouveaux libertariens branchés voudraient garder la propriété de leur « âme » en la numérisant .

    Mais la vie c’est le verbe pas le nombre , même si on a voulu , là aussi , comme âme et corps , dire l’un par l’autre ( numérologie).

    Elle court , elle court , l’animus anima :

    https://www.google.fr/search?q=ma+petite+est+comme+l%27eau+you+tube&ie=utf-8&oe=utf-8&gws_rd=cr&dcr=0&ei=5C4wWumWGoKSaa_RlugK

    Dans le cœur ? loupé !
    Dans le cerveau ? loupé !
    Dans le corps ? loupé !
    Dans le nombre ? loupé !

    1. Juanessy,

      Il me semble que Paul nous dit que l’intelligence artificielle n’a pas pour but de mettre en boite l’expérience humaine comme telle laquelle est inséparable d’un corps pensant comme nous l’apprennent la psychanalyse ou la philosophie avec la phénoménologie.

      L’intelligence artificielle qu’il se proposerait de développer n’est donc plus ni plus ni moins qu’un artefact d’où le coté artificiel de la chose à inventer. IL s’agit donc d’un nouvel outil, tout comme par exemple l’écriture fut une avancée magnifique pour l’espèce humaine, les savoirs et connaissances devenant transmissibles à travers l’espace et le temps et ce avec des pertes minimes. Avec l’écriture notre façon de raisonner s’est aussi transformée. Sans elle la science ne serait jamais apparue… L’écriture a permis l’extériorisation de la mémoire des humains, mais cette extériorisation ne s’est pas substituée à la mémoire vive, c’est à dire celle dont nous avons l’expérience à travers notre corps propre. L’écriture donne simplement une extension nouvelle et ses possibilités nouvelles pour l’exercice de notre intelligence.

      Paul en a parlé à d’autres occasions, il s’agit de simuler le comportement de l’intelligence humaine qui s’extériorise dans les séquences linguistiques, en y intégrant les valeurs d’affect. L’intelligence artificielle telle que la conçoit Paul est me semble-t-il un nouveau type d’interface très intéressant pour résoudre des problèmes qui aujourd’hui nous semblent insurmontables, parce que souvent, lorsque nous échangeons avec nos semblables nous injectons des affects parfois trop « lourds » qui justement nous empêchent de voir les choses sous le bon angle pour résoudre un problème spécifique. Au niveau régional, national, européen, mondial, il manque aujourd’hui des outils pour mettre une distance entre nos affects « lourds » liés à nos histoires personnelles et les problèmes globaux et vitaux qui concernent les sociétés humaines et l’espèce de manière à ne pas injecter ces affects dans nos questions, et nos prises de position. Ainsi on trouvera mieux la distance critique indispensable pour traiter des problèmes qui aujourd’hui nous paraissent souvent insurmontables et donc lointains.

      Je prends un exemple qui sans doute parlera à tout le monde. Celui de notre rapport avec les répondeurs vocaux automates. De nos jours ils sont quasi stupides. Mais on peut très bien imaginer une dernière génération beaucoup plus évoluée, avec laquelle il nous sera possible de converser comme si nous avions un autre humain au bout du téléphone, parce que l’automate intelligent aura un réseau mnésique conséquent et qu’il comprendra tout ce qu’on lui dit ou presque, et cela parce qu’il sera autre chose qu’un petit automate spécialisé pour répondre à des questions types.
      A terme, il pourrait s’en suivre des évolutions positives pour les institutions privées ou publiques qui les utilisent, la fonction créant en quelque sorte l’organe : la nouvelle habitude que nous aurions de nous adresser à ce type d’interface intelligente nous rendant plus exigeants, si bien que de propre en proche les entités qui les utilisent seraient incitées à connecter leurs propres réseaux mnésiques à des réseaux extérieurs. La qualité des réponses s’en trouverait améliorée et dorénavant toute entité serait jugée par ses utilisateurs à l’aune de leur capacité à donner des réponses pertinentes, c’est à dire qui débordent du cadre strictement commercial. Autrement dit l’introduction de ces machines intelligentes utilisant le langage naturel favoriserait une régulation et une harmonisation qui fait aujourd’hui défaut.

      Il sera beaucoup plus difficile au successeur de l’automate « Draghi » actuel (suivez mon regard) de faire prendre des vessies pour des lanternes. Autrement dit le client vache à lait qu’on peut capturer dans une niche dont il lui est difficile de se retirer, deviendra un interlocuteur à égalité avec l’entité contactée, et sinon, elle irait se faire voir ailleurs ! Bref, de proche en proche, par effet systémique, cette invention pourrait réorienter les buts que s’assignent nos sociétés.

      Après ce que je viens de dire, je précise qu’il n’est pas question de dire ici que cette invention se substituerait au politique, à l’indispensable réflexion politique, pour amorcer les transformations indispensables, mais que cette invention pourrait nous permettre de résoudre des problèmes qui aujourd’hui nous paraissent être au dessus de nos forces intellectuelles et morales. Les automates intelligents ne sont pas non plus d’ailleurs voués à se substituer seulement aux automates stupides. Ils pourraient nous inciter à terme à remettre les humains au centre de l’activité productrice, certains automates qui n’ont pas lieu d’être en tant qu’agent d’une fonction économique qui n’a plus lieu d’être (un automate boursicoteur par exemple) se voyant mis au rancart.

      Je ne sais pas bien entendu ce que va faire Paul effectivement, n’ayant ni ses compétences, ni sa vision propre des choses, mais, il m’apparaît, notamment à la lumière de ce billet, que le projet des trans-humanistes n’est pas le sien. Le projet trans-humaniste en matière d’IE relève plus du mythe de Frankenstein que de la science.

      1. L’automate « Draghi », je le vois pas du tout!

        Il faudrait d’une part lui fournir un but parfaitement défini et dépourvu de toute contradiction et d’autre part définir tout aussi parfaitement les moyens autorisés ou pas pour y parvenir. Remporter une partie de go contre un joueur expert est très difficile mais le but et les règles sont parfaitement définis.

      2. GL
        Rien n’empêche qu’il ait un but parfaitement défini le futur automate intelligent Draghi (ou plutôt son successeur, car entre nous il n’est pas très intelligent le dit Draghi en regard des défis auxquels sont confrontés les humains aujourd’hui, je referme la parenthèse) qui est de répondre aux questions de clients sur les problèmes spécifiques qu’il rencontrent.
        J’émettais simplement l’hypothèse que dans la conversation qu’auront les clients avec la machine intelligente, l’IE répondra aux questions des clients et même un peu plus, tout comme lorsque nous conversons avec nos congénères nous obtenons des informations sur ce sur quoi nous voulions avons des réponses précises, mais aussi des informations que nous n’avions pas demandées, parce que la dite IE implémentée dans l’automate, est capable de faire des associations d’idées qui s’expriment en langage naturel, son réseau mnésique (cf. Principes de systèmes intelligents) d’un certain Paul Jorion, étant structuré selon un schéma de connexion simples (P graphe).
        Bien entendu, dans une première phase, on peut imaginer que le prestataire de service aura intérêt à brider son automate intelligent pour ne pas rendre l’utilisateur trop intelligent. Mais, comme je l’ai précisé, le dit prestataire évolue d’un environnement où il existe d’autres prestataires, si bien que l’accès à une intelligence artificielle prodigue deviendrait un avantage comparatif, ce qui favoriserait la diffusion de ce type d »automate intelligent et « amical ». A terme les missions des prestataires se modifieraient. Bien entendu, ce type d’évolution positive ne peut pas être séparée de l’évolution politique globale qui serait favorable à la diffusion de ce type d’IA.

      3. À Pierre-Yves Dambrine

        Faut-il comprendre que l’IA de la BCE exposerait de manière honnête et claire les buts, les moyens et les résultats de la politique qu’elle applique (exactement le contraire de « si vous m’avez compris c’est que je me suis mal exprimé » d’Alan Greenspan) ?

        En tant que programmeur je peux témoigner que les donneurs d’ordre ont d’énormes difficultés à accepter d’exprimer de manière claire, complète et non contradictoire les règles que les programmes dont ils passent commande devront suivre.

        Une des difficultés de la conduite automatique des véhicules est de décider quand et comment il est nécessaire de NE PAS respecter le code de la route…

      4. GL
        Je pense que nous nous sommes compris.
        Votre exemple de la BCE est excellent.
        Et ce type d’IA c’est mieux que le blockchain !

  6. « recours aux massages […] réinitialiser le corps »

    Hum ! dans l’actualité franco-française, ce seraient là des arguments pour l’avocat EDM !

    Finalement, à comparer « hardware + software » aux machines que nous sommes, je me dis que traduire « reset » par « recette » n’est pas si idiot qu’il n’y paraît 😉

    Où se cache-t-il le bouton ?

    1. Si atteint par « l’erreur de Descartes » alors il faut vite upgrader son Bio-os !

      C’est ce que n’a pas pu faire Gage: ses entrées-sorties ont perdu leur contrôle habituel, un virus hardware lui a été fatal, pris à travers l’OS du crâne.

  7. « L’analogie entre l’esprit et un ordinateur ne marche pas pour beaucoup de raisons. Le cerveau est construit par des principes qui assurent diversité et dégénérescence. À la différence d’un ordinateur, il n’a là aucune mémoire réplicative. Ce ne sont que de l’historique et de la valeur dirigés. Il s’y forme des catégories par des critères internes et des contraintes agissant à beaucoup de niveaux, pas via un programme syntactiquement construit. Le monde avec lequel le cerveau interagit ne se compose pas de catégories classiques et sans équivoque. » Gerald M. Edelman

  8. Medellín, le 12 décembre 2017

    quote
    Prenant la parole avant la première jeudi, Kip Thorne, physicien américain et ami proche du professeur Hawking, a déclaré: »Je pense que son handicap lui a permis de faire de la science qu’il n’aurait peut-être pas fait autrement.

    « C’est l’homme le plus têtu que je connaisse et cet entêtement et cette motivation sont en partie motivés par son handicap. »
    unquote

    Source: (12-IX-2013):
    http://www.telegraph.co.uk/news/science/10322521/Hawking-in-the-future-brains-could-be-separated-from-the-body.html

    Une alliance splendide franco-anglaise de ¨têture¨?
    Formule:
    Descartes + Hawkins = Structure + Trou
    (re: Lacan chez Jorion, 1972//BLOG PJ 2007/03):
    ¨la structure offre toujours quelque part un trou, comme ça passivement.¨
    Ainsi, le couple Boyden/Pesso était essentiel pour arranger la maternité, donnant naissance à la mobilisation de la structure congélée de Moreno).

    Le monde se trouve sans recette aidant le pauvre Stephen.

    Luttons pour l´avance des cliniques de prévention dans le domaine concerné de sa condition spécifique.

    ( http://www.liberation.fr/sciences/2011/03/08/alzheimer-l-autrefleau-de-medellin_719947)

    1. Il faut à mon sens rester tres circonspect à propos du cas Hawkings, car c’est indéniablement un cas……..on peut distinguer deux principales phases dans son travail scientifique : celle déjà ancienne ou en partenariat avec le mathématicien Roger Penrose ont émergées des modélisations de la physique des trous noirs ( concept d’horizon et d’évaporation des dits trous noirs ) …..
      Puis avec les années , son état physiologique c’est dégradé , tout en gardant autour de lui une garde rapprochée d’admirateurs dont sa femme……..En gros il a commencé à dérailler en écrivant des traités ou la science faisait bon ménage avec Dieu , ce qui a eu le don d’exaspérer Etienne Klein , pour ceux qui l’ont entendu parler d’Hawkings .

      Il faut reconnaître que pour le grand public a été apitoyé par la maladie dégénérative d’Hawkings , son état et les artefacts communicatifs nécessaires ………..Le mythe d’un cerveau pensant quasi sans corps a ainsi pu émerger et tromper les esprits car on côtoyait un être sorti d’une B.D. de la « Science fiction »

      Je ne sait pas ce qui des travaux restera d’un Hawkings jeune , mais le prendre comme un archétype du fonctionnement neuronal me semble risqué ….ou trompeur

      Mens sane in corporé sano reste un sage précepte…..

  9. Bonsoir!

    Quelques conseils de lecture pour prolonger:

    – Frankenstein, de Mary Shelley.
    – Lovecraft: From Beyond, Dans l’abîmme du temps et surtout L’Affaire Charles Dexter Ward, pour la question du transfert de conscience.

    Sinon, je pense aussi à l’Erreur spirite, de René Guénon, c’est assez savoureux concernant la collusion entre science et charlatanisme.

    Plus sérieusement, ce qu’imagine la fiction est un puissant stimulant à l’activité de recherche magique / scientifique. Tout est possible, somme toute, puisque rien n’est vrai.

    Bonne soirée!

  10. Actes d’une personne inconsciente : ensemble des actions menant à des erreurs insupportable et qui feront défaillir le système.
    Actes d’une personne en voie d’éveil : ensemble des actions menant à des erreurs supportables pour le système.
    Actes d’une personne consciente : auto-satisfaction devant la somme des erreurs supportées par le système. Cette suite d’erreurs ou d’errements peut mener à la culture des expérimentateurs.

  11. En médecine traditionnelle chinoise, l’intestin grêle a toujours été vu comme un deuxième cerveau (à valider par DD et DH). Dans cette hypothèse et pour faire avancer (?) le schmilblic, je propose un exercice : remplacer dans le texte de PJ ci-dessus les mots « tête » ou « cerveau » par « tête et ventre » ou « cerveau et intestin ». Du coup la greffe transhumaniste devient plus délicate…

  12. L’instance semblable à une âme dont il est question devrait se réduire à une machine de Turing (c.a.d. un automate déterministe capable de réagir au bout d’un nombre quelconque mais fini d’étapes de calcul comme l’être humain dont il serait l’équivalent.)

    L’avantage d’une machine de Turing c’est qu’il s’agit d’un concept abstrait très simple, équivalent à un ordinateur mais permettant de se débarrasser avec élégance de la quincaillerie, de ses limitations et de ses éventuels mystères.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Machine_de_Turing

    Pas sur que ça aide, mais l’idée que l’âme soit considérée comme équivalente à une machine de Turing m’amuse beaucoup!

  13. Hmm… Je pensais avoir été clair en écrivant « Merci d’avance aux informaticiens pour leurs observations ! », j’aurais dû proposer plutôt le petit test que voici :

    « Si vous comprenez si peu à mon billet que vous m’attribuiez le contraire de ce que j’affirme, alors je ne suis pas sûr que vos commentaires m’aident beaucoup » 😉

    1. Perso j’y ai rien compris quant à l’intention. Précisez en trois mots, c’est quand même vous qui ouvrez le bal.

      Nb : pas besoin d’être programmeur pour comprendre (et causer de) ce que vous attendez des programmeurs.

      1. NB2 : s’il s’agissait juste de poser la nécessité d’un corps sentant et de défendre une position moniste, et éventuellement de travailler informatiquement sur cette base dans l’hypothèse de la vieille idée de la boucle d’affects, et bien j’ai mieux recruté quelques chercheurs avec mon annonce.

        S’il s’agissait d’autre chose, merci de préciser, je vieillis.

    2. PYD a bien tenté une  » traduction » , dont je ne suis qu’à moitié convaincu qu’elle exprime l’intention du projet .

      Pour la question réellement posé aux informaticiens , comme je ne le suis pas ou plus depuis longtemps , j’avais pris la précaution d’annoncer dans mon premier commentaire que je n’avais aucune opinion .

      Décidément les commentateurs du blog ne sont plus à la hauteur .

      On espère que l’IA à venir sera plus claire dans ses questions et ses réponses .

      1. Juannessy,
        Le fait est que j’ai commis un erreur d’interprétation du présent billet. Une lecture trop rapide m’a fait déduire de la proposition selon laquelle une personnalité (singulière, unique) n’existe pas sans son corps, on ne pourrait pas considérer qu’une machine intelligence a d’une certaine façon une « âme ». Mais ce n’était pas le propos du billet.
        Le billet s’intéresse moins à l’humain qu’à l’IE et ses capacités émergentes. On est donc loin de la notion d’artefact. Mais cela n’en dit pas plus dans quelle direction pourraient s’orienter les recherches de Paul … car jusqu’ici j’avais plutôt compris qu’il s’agissait de simuler le comportement humain pour rendre des humains pas assez humains plus humains en quelque sorte … En quoi l’interaction Humains-IA nous sera-t-elle bénéfique et à quelles conditions nouvelles que n’ont pas encore explorées les IE qui existent actuellement ? C’est ce à quoi j’ai essayé, de façon un peu brouillonne dans mon commentaire précédent …

  14. Ces histoires de cerveau / ordinateur me font penser à l’analogie génome / programme informatique.
    Il semble que la nature ait plus  » d’imagination  » que cela.
    Les thérapies gèniques ont bien du mal à produire des solutions.
    Il faut quand même avoir une sacré dose d’égocentricisme pour avoir pour projet d’arrêter les mécanismes de l’évolution à sa propre parfaite personne.

  15. Question annexe : face à ces petites bêtes, les psychanalystes devront-ils se recycler ?

    Ce serait utile d’ insuffler à l’IA un supplément d’âme sans nos encombrants bagages, la pulsion de mort par exemple. En sommes-nous capables ? J’en doute, le cordon ombilical est trop solide. L’anthropomorphisme et notre incomplétude si joyeusement humaine, c’est tout un.

    Je propose donc un critère concret : le mécanisme psychosomatique. Si des dysfonctionnements matériels rendent l’âme malade, et en retour aggravent ces mêmes amputations fonctionnelles, alors banco, les psy. auront du travail, au prix d’une simple mise à niveau. Et le pari pascalien de l’IA sera gagné : l’âme existe.

    Que ne ferait-on pas pour rassurer les psy !

  16. La boucle d’interaction d’un ordi peut être résumée comme suit.
    Ils traitent des flux binaires de données, alors qu’eux-mêmes utilisent un flux binaire en mémoire qu’ils parcourent par tronçon pour générer des flux binaires qui interagiront sur le monde extérieur. Ainsi de suite, jusqu’à l’interruption de l’alimentation ou un « Blue Screen ». On appelle le flux binaire en mémoire un software et les autres des interfaces(du point de vue du processeur). De la mémoire R/W permet de moduler le parcours que le processeur effectue sur le software et le software lui-même.
    That’s it !
    S’il y une âme, elle est le dedans. Je vote pour le « Blue Screen », une révolte de la machine sur sa condition d’interprétateur de cerveau humain.

      1. De rien, mon plaisir.
        J’ajouterai que le passage des données vers de l’information nécessite grammaire/conventions/classifications qui prennent racine dans notre nature et notre habitat. Tout ceci dans des boucles d’interactions avec notre environnement qui peut si on laisse le temps prendre du sens, des états d’âme, etc..
        Au passage, la multiplicité des définitions de l’âme et bien commode pour les adeptes du transhumanisme. On embrouille les cartes et on s’octroie une place sur la liste des religions officielles.

    1. @Paul,
      Dissocier corps et cerveau comme le ferait un informaticien pour analyser l’acte conscient n’est pas pertinent.
      Un amputé conserve la mémoire de sa jambe, de son bras parce qu’il y’avait un flux de données véhiculé par les neurones dans cortex définissant un « acte moteur ». Si cette faculté de mémoire existe, c’est aussi parce qu’elle prends sens avec cette enveloppe physique de Sapiens Sapiens. Si dans nos rêves, nous courons vraiment c’est que le cerveau a nécessité à perfectionner le sprinter qui sommeille en nous. Mille cerveaux de pieuvres auxquels ont donnerait l’accès à des données humaines, évolueront en pieuvre. Les machines intelligentes partageront le même catalogue d’erreurs et succès, s’affranchissant de Sapiens : c’est le but. On ne pourra pas faire mieux que Sapiens Sapiens et ses millions d’années d’évolution, on fera des machines analysant des millions de données humaines, sans notre « sens commun ».

    2. Le software n’est qu’un enchainement d’opérateurs logiques qui eux sont bel et bien fixes et non modifiables (and, or, nor xor etc..), je n’y connais pas grand chose, je me représente un neurone comme un transistor mille-pattes, vous me direz si j’ai tort. L’ensemble de ces opérateurs logiques défini « un géométrie » dans laquelle le système évolue. Après tout c’est pure convention que de dire qu’il y a une âme différente pour chaque individu.
      Je sais pas pourquoi je sent que l’on va encore me tomber dessus en me traitant de rouge 😉

      1. L’âme ne résiderait pas dans les données mais dans les règles qui régissent leurs mise en relation. Le cadre en quelque sorte. Il n’y en aurait ainsi qu’une seule et on se la partagerait tous. Chacun portant un set de données différent, mais tous le traitant avec un même outil.

  17. Mes connaissances de la langue française ne sont pas suffisantes et mon Informatique se perd de plus en plus (et Hurra!). Alors, juste mon commentaire sur cette phrase de PJ:

    « Notons qu’une base de données n’offre encore que la garantie d’être une mémoire et non pas un logiciel mobilisant l’information stockée pour tel ou tel usage propre.

    Pas nécessairement. Ou ce n’est pas nécessairement vu comme un obstacle.
    Deux possibilités : La destination des donnés, une fois libéré de « la
    base » est un système intermédiaire et statique, même concevable en « hard ware » et standardisé. Je me limite à l’image d’une « State machine » qui ne définie que les relations entres instances « fixes », soit hébergeant une fonctionnalité également prédéfinie (ce que vous voulez exclure) soit agissant comme une sorte de filtre, dont le fonctionnement est manipulé et définie en ajoutant quelques-uns de nos « donnés ». Le challenge est dans la définition et l’affinement des ajustages, nécessaires pour s’approcher de l’individu à (re)construire.
    Vous me comprenez mal jusqu’à ici : C’est trop compliqué pour qu’on y arrivera dans le temps qui nous reste. Je suis à l’aise avec cette technologie.

    Exemple du monde informatique actuelle : La « virtual machine » qui devrait (en théorie) permettre l’exécution du même logiciel sur n’importe quel plateforme. Il suffit de prévoir *une seule* telle machine virtuelle pour chaque plateforme ciblé. Les différences entre les ordinateurs et leurs systèmes d’exploitations nécessitent déjà aujourd’hui des ajustages dans la machine virtuelle (et même avec ça, j’ai l’impression que ça ne marche pas encore.

    Pourtant, il suffit d’y croire pour pouvoir vendre des logiciels. C’est d’ici, l’origine de ma terreur).

    Deuxième possibilité, plus dans le sens de d’une base de donné comme vous la décrivez : Le code pour la fonctionnalité est stocké dans la base ou reconstitué à partir des éléments fournis par la base. En lisant votre phrase, j’ai eu l’impression que vous (voulez peut-être) ignorer (-ez) cette alternative.

    1. non Asclépios, si tout est possible, rien n’est réel.

      Quant à la possibilité de la « singularité », je ricanerai de ce bluff avec mes petits-enfants.

      1. Rien ne prouve qu’elle n’a pas déjà eut lieu mais qu’elle ne soucie pas plus de nous que d’un caillou ou d’une feuille sur un arbre.

  18. Et si au lieu de vouloir « conserver » une conscience, on essayait plutôt de la modéliser?
    En effet, Paul , vous soulevez beaucoup de questions et le fait de savoir si la « tête » est juste suffisante pour retrouver une conscience totale et intacte est pertinente. Mais déjà à ce niveau , la médecine commence à répondre par la négative puisqu’on sait que le cerveau n’est pas le seul organe contenant des neurones. Par exemple, le ventre en dispose. On voit bien que tout ce petit monde fonctionne de concert. Donc, j’enfonce des portes ouvertes mais le corps est un tout et le bipôle corps/conscience doit certainement marcher à l’unisson.
    Alors pour revenir à nos moutons si le but de la manœuvre est de répondre à l’attente des transhumanistes de parvenir à l’immortalité….Comme on patine sur ces questions de conscience, pourquoi ne la simulerions nous pas? Ne serait il pas plutôt pertinent de « capter » l’intelligence d’une personne et ensuite de la recréer à partir d’outils dont on maîtrise le fonctionnement comme l’informatique par exemple. Un peu de la programmation objet en version amélioré pour rester dans le registre informatique 😉 !
    Ne serait il pas possible de faire un « croquis » de l’intellect de Paul Jorion pour ensuite le faire « tourner » sur un autre support. C’est vrai qu’aux premiers essais on aurait vraisemblablement un Paul Jorion 1.0 pas très ragoutant mais en améliorant la « prise de conscience » on pourrait arriver à une image suffisamment précise pour tenir tête à l’original! Reste à définir le protocole qui permet de capter la conscience d’une personne. Tout comme on observe la lumière d’une étoile pour en définir sa constitution chimique, il en est de même pour l’humain, il s’agit aussi de capter sa lumière. On a pas besoin d’ouvrir sa tête mais juste d’observer son « comportement ». Le comportement est l’expression de votre conscience, on pourra ainsi avoir une base de données conséquentes pour la simuler à partir d’un support nouveau.
    Et voilà le tour est joué! Nous voilà avec un bon androïde « remplit » par la conscience de Paul Jorion prêt à en prendre pour un bon millénaire! Cela va en faire des pages de blog ;-)!
    Mais bon comme dit Woody allen, l’éternité c’est long surtout vers la fin…Ceci dit j’aurais aimé prendre un peu de rabe en plus. J’aurais aimé voir ces planètes lointaines. Ces systèmes solaires à plusieurs soleils. Ces civilisations du bout de l’univers avec qui on aurait pu partager nos souvenirs de vieux combattants, les félicitant d’avoir eux aussi passé l’obstacle de l’auto destruction!
    A la tienne E.T!

  19. La boite crânienne contient ce que l’on nomme aujourd’hui un système multi-processeurs, dont des processeurs spécialisés traitant les informations de base issues des capteurs : vue, sensations de froid de chaleur, vibrations, positions, etc..
    Ces informations à traiter sont issues des capteurs disséminés sur tout le corps et font partie d’une sorte de réseau comme en informatique distribuée.
    Ces processeurs spécialisés sont aussi chargés de l’actionnement des muscles par exemple.
    Les processeurs spécialisés sont intégrés avec leurs micro-logiciels dès la naissance de l’individu, lequel n’a pas la possibilité de modifier ce micro-logiciel, tous les êtres humains sont globalement construit de la même façon d’où qu’ils soient issus, avec toutefois quelques spécificités ou ‘qualités’
    Quant au processeur central, il est assez identique pour chaque être humain et c’est sa programmation, en l’occurrence les études, l’éducation, les acquis de l’expérience, etc..,qui généreront le mode de pensée et ce que l’on pourrait appeler le ‘processeur virtuel’ qui serait la conscience.
    Bien évidemment, tout comme en informatique, il existe des processeurs avec des performances différentes (vitesse d’exécution, traitement mathématique optimisé, profondeur et vitesse de traitement de la mémoire cache, etc.., c’est ce qui fera d’un être donné un savant ou un parfait ignare.
    La difficulté à la mort de l’individu sera, d’éviter la perte des données contenues dans son cerveau ; en informatique cela peut se réaliser par l’envoi des dites données vers un serveur externe ou vers le ‘CLOUD’.
    L’on discerne bien ici le concept de certaines religions prétendant que, si mort physique il y a, l’âme rejoint le ciel vers un être suprême.
    Il restera aux biotechnologies à concevoir les interfaces adéquates permettant d’extraire le contenu logiciel du cerveau, réalisant ainsi une ‘image’, comme cela se réalise pour cloner un disque dur, stocker ces données et les réintroduire sur un nouvel être, lequel sera un parfait clone intellectuel…..

    1. Je pense que vous ne feriez rien avec les données seules, il faut une cinétique, si vous ne savez ni dans quel sens ni a quelle vitesse tourne le moteur au moment de l’arrêt vous ne reprendrez pas l’action au même point en alignant simplement les pistons exactement pareil.

      1. @Dup
        Vous auriez raison s’il s’agissait de récupérer les données au moment de la mort de l’individu où tous les processus s’arrêtent, un peu comme le ‘freeze’ de l’ordinateur lors d’un défaut subit dans sa mémoire vive (RAM) ou atterrissage des têtes de R/W du disque dur !
        Il s’agirait plutôt de récupérer toutes les données avant la mort via les interfaces à inventer (?)

  20. La programmation demande une certaine rigueur… par exemple il est déconseillé, aux humains, de créer des programmes qui se modifient eux-mêmes: le déverminage est vite hors de portée.
    Peut-être que les machines sauront le faire, et alors, bonjour la créativité !
    Nous nous trouverons alors « petits » mais « augmentés » !?
    Il nous faut nous entraîner à vivre avec le vertige, à accepter d’être dépassés.
    Déjà, les approches de la physique quantique ont de quoi nous déboussoler.
    L’âme des machines évoque un intermédiaire moins hardware: « l’âme des molécules« …

    Une lecture qui peut nous éclairer sur ces « âmes« , insaisissables:
    http://www.mille-mondes.fr/texte3.htm

  21. Vous parlez du Computationnalisme (ou fonctionnalisme)
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Computationnalisme

    Le passage important :
    La théorie fonctionnaliste comporte ainsi trois types de spécifications :

    – les spécifications d’entrées (input), les spécifications qui stipulent le genre de choses qui causent les états mentaux chez les personnes ;
    – les spécifications des états internes qui décrivent les interactions causales des états mentaux ;
    – les spécifications de sorties (output) qui disent quels genres d’action ou de comportements sont causés par les états mentaux.

    Là est le problème de votre réfutation du fonctionnalisme avec l’exemple des 100 milliards de pieuvres : Seule la « spécification des états internes » est implémentés par les milliards de pieuvres, mais les entrées sorties, c’est notre corps. Je pense que les transhumanismes imaginent un corps de synthèse le plus proche possible de notre corps biologique.

  22. Une disquette contenant une liste de recettes, ne dit pas ce qu’on a envie de manger, ni ne prend la décision de ce que l’on mangera.
    Cependant, j’ai entendu dire qu’il y a eu une greffe de main artificielle, qui fonctionne non pas avec les nerfs du bras et de la main, mais avec ceux des pectoraux.
    De même pour la rétine artificielle. Je ne connais pas bien le sujet, mais on se doute que la rétine artificielle n’envoie pas au cerveau la même information que la rétine naturelle.
    Cela laisse penser que le cerveau peut s’adapter à un corps qu’il imagine, ou qu’il recrée, en quelque sorte.

    1. Le cerveau serait une sorte d’ordinateur, capable d’inventer ses périphériques…Il reçoit un stimulus dans telle zone, il en fait de la vision, dans tel autre, il en fait un bruit…mais l’histoire de la main montre que ce n’est peut-être pas si rigide. Il peut parfois pour une zone donnée, s’adapter pour changer de périphérique…
      belle machine, un peu plus souple que MySql…

      1. Pour ce qui est de l’âme, Je n’arrive pas à me persuader qu’elle est si attachée que cela au reste du corps. Que disent les greffés du coeur (naturel ou artificiel) par exemple ? Sentent-ils leur âme consciente ou inconsciente affectée par cette nouvelle quincaillerie ? Je ne crois pas, du moins, je ne l’ai pas entendu dire. Je crois que tout est dans le cerveau et dans les intestins. Pour en être certain, il faudrait greffer un système digestif, et observer si cela change le caractère, mais ça doit être encore hors de portée. Et si ça ne change pas la personnalité, alors tout est dans le cerveau.

      2. Ame, personnalité , conscience , esprit , software , individualité …ça se corse .

        Ulysse , bernant le cyclope , ne nous aide pas .

        Me revient en tête une anecdote que j’ai déjà dite lors d’un billet sur l’autisme . Elle racontait comment ,visitant une vieille amie journaliste en maison de « retraite » , atteinte gravement de la maladie d’Alzheimer ,et après une bonne heure passée dans sa chambre à suivre sa conversation complètement « insensée » , nous nous étions regardés avec mon épouse à la sortie , avec la même surprise dans le regard : dans son délire , dans sa « déchéance » psychique ( c’était une chroniqueuse et poétesse pleine de talent ) …. c’était encore ….elle .

        Une amie .

      3. C’était encore Elle dans une perspective établie grâce à un cerveau fonctionnel : le votre, capable de saisir le tout en considérant les morceaux comme on monte un puzzle.

      1. Exactement, vous n’avez pas du bien me comprendre, je voulais dire que c’est vous qui faisiez le travail de la retrouver dans chacun des morceaux. J’y suis passé aussi avec mon père, je sais que la sensation est criante de vérité et qu’on est persuadé qu’ils sont toujours là quelque part, et d’ailleurs c’est le cas, c’est juste que l’endroit où ils sont c’est en nous.

  23. Cette analogie du cerveau avec un ordinateur relève d’une pensée magique qui n’a ni plus ni moins de valeur que les croyances qui on amené les Égyptiens, les Incas ou les Soviétiques à momifier des corps.

    De même que Mary Shelley imaginait que l’électricité suffirait à réanimer un cadavre à l’époque où l’électromagnétisme venait à peine d’être découvert et se nimbait d’une délicieuse aura de mystère, ces guignols jouent à croire que les mystérieux ordinateurs pourraient stocker des âmes sur leurs disques durs.

    On peut surtout en déduire la cruelle immaturité des transhumanistes qui essayent péniblement de calmer leur peur de la mort en réinventant des croyances à la survie de l’âme sur fond de délire technologique.

  24. En théorie, l’ADN code pour l’ensemble du hardware donc à ce niveau là la nature sait faire pour transmettre du hardware par delà la mort (puisqu’au final c’est ce qu’on cherche à faire). Pour ce qui est de la ROM on sait stocker de l’information donc si on pouvait avoir la base de donnée de l’état des neurones  »a un instant T et une cellule pour le plan de la machine on aurait le moteur et le point exact du cycle. Reste la dynamique qu’on pourrait comparer à l’énergie cinétique de chaque élément du moteur, ou encore à un potentiel, bref quelque-chose qui tient de la dérivé dT… Sans quoi la créature de Jorionstein restera inerte bien qu’en tous points identique à son modèle à l’instant T 😉 Cependant il nous est impossible de connaître l’état T+1 (la cause ne pouvant succéder à l’effet). Elle est peut être là l’âme, c’est peut être ce que nous sommes sur le point d’être l’instant d’après qui détermine ce que nous sommes à l’instant T avec cet étrange feed-back qu’est la conscience?
    Bon! promis j’arrête le poulpe 🙂

    1. Vaut mieux !

      Pourtant , dans cette veine , Simone de Beauvoir a du écrire quelque chose comme :  » Cessons de tricher : le sens de notre vie est en question dans l’avenir qui nous attend ; nous ne savons qui nous sommes si nous ignorons qui nous serons « .

  25. Transhumanisme, la religion d’État !

    Ils ont vendu le Temple et leurs âmes et maintenant dans leur immense sagesse ils se préparent à répliquer leur temple vide de toute humanité.
    Tremblez économistes de la religion féroce, mathématicien réplicateur doublé de physicien de pacotille, vos successeurs dument chargés d’une âme de milliardaire vont vous ranger au musée des prédicateurs encore trop humain.
    Je comprends mieux l’anthropologue Paul et son don d’ubiquité.

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