Bitcoin : petite histoire, sentiments à fleur de peau et intrigants mystères !

Ouvert aux commentaires.

À la suite de la vidéo que j’ai consacrée ce matin au Bitcoin, j’ai reçu un email non signé intitulé « Erreurs dans votre vidéo sur le Bitcoin ». L’origine du message est cependant claire : Le Bitcoin info@bitcoin.fr.

Les erreurs dont il est question sont mineures. Le ton du mail est cependant franchement accusateur. J’y réponds de la manière suivante :

Merci pour vos informations. Vous avez dû noter que sur les 2 points de détail où vous relevez une inexactitude, j’avais attiré l’attention pour les 2 sur le fait qu’il fallait vérifier : pseudo exact de l’inventeur [Satoshi Nakamoto], montant exact de la limite [21 millions plutôt que 25 millions]. Sur un point vous m’avez mal entendu, je n’ai pas dit que la blockchain avait été hackée, j’ai mentionné Mt. Gox et un autre bureau dont je ne me souvenais pas du nom.

Quelle n’est pas alors ma surprise de recevoir ceci en retour :

From: bitcoin.fr
Date: Fri, Feb 16, 2018 at 2:57 PM
Subject: Re: .
To: Paul Jorion

Bonjour M. Jorion,

J’ignore qui vous a répondu en utilisant l’adresse info@bitcoin.fr mais il ne s’agit pas de nous (nous = la rédaction du site Bitcoin.fr). Nous ne sommes jamais agressifs et méprisants dans nos messages et nous ne signons pas « le Bitcoin ».

Quelqu’un aura usurpé notre adresse email.

Sentiments à fleur de peau et intrigants mystères ! Confirmation en tout cas de mon diagnostic : quand il s’agit de jetons surévalués, la falsification n’est jamais loin !

14Shares

64 réflexions sur « Bitcoin : petite histoire, sentiments à fleur de peau et intrigants mystères ! »

  1. Cet incident montre effectivement que beaucoup de personnes ont les nerfs à fleur de peau quand ils entendent critiquer, ou défendre, le système bitcoin ou les autres crypto-(monnaies/jetons).

    Non seulement des dirigeants de grandes banques et institutions financières – eux c’est plutôt quand quelqu’un défend ce système –
    mais aussi un certain nombre d’anonymes.

    L’odeur de l’argent, certainement. Des mouvements du type x20 en un an ou /4 en un mois… font tourner les têtes 🙂 !

    1. « L’odeur de l’argent ». Bitcoin (pour moi « Bitshit ») est fait pour: s’enrichir dans un monde que Keynes a nommé « casino society ». Cette drôle de « monnaie » ne repose sur rien, uniquement sur l’éléctronique. Autrement c’est du vent, encore moins que les célèbres racines de tulipes en Hollande du 17e siécle.

  2. Cher M. Jorion,
    Je vous lis et vous écoute avec beaucoup d’attention depuis quelques années, et je me retrouve dans beaucoup d’idées défendues sur ce blog, mais votre vidéo sur le bitcoin m’a énormément déçu: les questions fondamentales liées à la technologies sont complètement passées sous silence, voire présentées de manière erronée.
    La première erreur est de dire que « quelqu’un peut décider de fermer le réseau et partir avec vos bitcoins ». Non ! Si vos bitcoins sont stockés sur une plateforme d’échange, vous risquez que celle-ci ferme ou soit hackée en effet (et il y a eu effectivement de nombreux précédents). Notez en qu’un tel risque existe aussi avec de la monnaie classique si vous confiez votre argent avec une banque qui peut faire faillite… Mais la blockchain en elle-même repose sur un protocole ouvert et un réseau décentralisé qui ne peut pas être «fermé» par une personne. Si vos bitcoins sont stockés dans un portefeuille privé (et non géré par un tiers), ils seront toujours disponibles. (Je ne parle pas ici de leur valeur d’échange, c’est un autre débat – mais le bitcoin est déjà accepté comme moyen de paiement et pas seulement sur le «dark web»).
    L’autre approximation qui me fait réagir est la définition du bitcoin comme un jeton (token). Ce n’est pas le cas! Les «tokens» sont en fait des parts générées par des startups qui veulent se financer en cryptomonnaies et qui proposent ces tokens échangeables comme des parts de la société (via les ICO – Initial Coin Offerings).
    Il est clair qu’on fait face à une bulle, que de nombreux escrocs se servent de la crédulité des gens pour monter des pyramides financières et autres fraudes, mais ces types de fraudes n’ont pas attendu le bitcoin. La technologie de la blockchain est révolutionnaire, elle pose énormément de questions (environnementales également) mais le potentiel de croissance de cette technologie est énorme.
    Pour terminer, je ne peux que vous recommander le très bon reportage que la BBC a diffusé il y a quelques jours (Panorama: Who wants to be a bitcoin millionaire) qui fait un vrai travail journalistique de qualité sur la question loin des articles-chocs des médias classiques ou des réseaux sociaux.
    Bien cordialement,
    Bernard Fortz

    1. la blockchain « revolutionnaire », ouais enfin on n’est plus en 2009, avec des frais à 10-50$ quand le reseau est tres actif (decembre) et des dizaines de milliers de confirmations qui sont restées en plan plusieurs semaines, ils auraient mis la clé sous la porte si ça avait du faire office de banque de detail. On a surtout testé les limites de la dite blockchain, elles sont assez criantes. Là ils suent sang et eau à rajouter des rustines et des surcouches (lightning network) en esperant resoudre la quadrature du cercle, et c’est peu de dire que c’est pas gagné d’avance…

      d’autres parient maintenant sur les DAGS (graphes orientés acycliques) pour esperer faire tourner un reseau sans frais associés/quasiment sans delais et qui pourrait supporter theoriquement n’importe quelle charge. Le business etant ce qu’il est, il y a deja une demi douzaine de cryptos (IoTa en tete) qui sont dessus avant meme que tous les defis mathematiques que ça represente soient résolus. Qui vivra verra…

      1. Je suis conscient des limites de la blockchain et des nombreux défis, et je n’ai pas voulu écrire un roman… (on aurait pu aussi parler des smarts contracts et d’ethereum…). Je voulais juste pointer que la vidéo de Paul Jorion utilise des arguments très approximatifs. La blockchain n’est pas une «religion» pour moi (cf commentaire de timotia), j’essaie juste de donner un éclairage un peu plus objectifs que les raccourcis pris dans la vidéo.
        En ce qui concerne les frais, on est revenu à un niveau raisonnable depuis décembre. Et des alternatives existent (ethereum, bitcoin cash, …). La question est de savoir lesquelles seront encore là dans 5 ou 10 ans.

      2. « j’essaie juste de donner un éclairage un peu plus objectif ». Moi aussi : nous sommes exactement sur la même longueur d’onde 😉 .

        P.S. Je ne bénéficie des opinions que j’émets sur le Bitcoin, ni sur un plan commercial, ni sur un plan financier, ni sur un plan politique.

      3. on notera au passage que certains pays ne voulant pas insulter l’avenir, lancent des etudes/appels du pied pour des projets de cryptomonnaies, la suede notamment a lancé un appel pour la creation d’1 « e-krona » auquel ont répondu 33 compagnies, 19 sont toujours en lice. Les etats/les banques ne sont pas contre la technologie…tant qu’ils contrôlent le bouzin. Autrement dit les fantasmes anarcho-libertaro-machin autour du bitcoin vont forcément se prendre le mur de la réalité en pleine face à moyen terme

        https://dig.watch/updates/sweden%E2%80%99s-central-bank-decide-digital-currency-e-krona-within-two-years
        https://computersweden.idg.se/2.2683/1.697581/e-kronan-it-foretag-slass

      4. @ Rototo
        « Les etats/les banques ne sont pas contre la technologie…tant qu’ils contrôlent le bouzin. »

        Exactement, c’est cela qui les inquiète les Etats et les banques… on peut dire aussi les Etats/banques comme vous semblez le suggérer, puisqu’ils vont la main dans la main.

        Concernant les « fantasmes anarcho-libertaro » qui vont forcément « se prendre le mur de la réalité en pleine face à moyen terme »… je n’en suis pas si sûr. Ma position sur le sujet est dubitative et curieuse.

        Comment fait-on au juste pour « tuer » le bitcoin et les autres crypto-(jetons/monnaies) si l’on est un Etat, ou même si l’on est le complexe Etats/banques ?
        – Tenter de décourager afin de freiner la généralisation de la chose, oui, ça se fait depuis plusieurs années déjà, dernièrement avec plus de suivi… mais ça ne suffit pas, le nombre d’utilisateurs du système et les initiatives de plus en plus nombreuses pour le compléter le montrent
        – Compter sur les limites encore bien réelles de ces systèmes (rythme de transactions, donc leur délai et leur coût notamment) pour bloquer sa généralisation, soit… mais les développements continuent, et certains (réseau Lightning notamment) pourraient bien offrir des solutions
        – Faire interdire par les gendarmes ? Pourquoi pas… sauf qu’il faudrait que tous les principaux pays soient alignés sur cette position ce qui n’est pas le cas, il faudrait encore un niveau de répression du Web qui n’existe guère qu’en Corée du Nord

        On n’est pas obligé de voir d’un bon œil les conséquences économiques et politiques prévisibles si une partie significative des paiements devenaient « illisibles » pour les services du fisc (ce ne serait pas le cas avec bitcoin, mais avec d’autres cryptos peut-être), si la quantité de monnaie devenait plus difficile voire impossible à contrôler par le complexe Etats/banques, et autres conséquences imaginables.

        Mais il se pourrait fort bien que le mur de l’avenir… ce soit cela. Je soupçonne que dans ce cas il serait nécessaire de repenser à nouveaux frais une bonne partie de nos systèmes de fiscalité, d’épargne, de prêt et d’investissement. Et peut-être d’autres choses encore.

        Il n’est pas interdit de commencer doucement à y penser. Cette transformation aura ou n’aura pas lieu, bien malin qui saurait le dire. Mais si c’est le cas, il faudra bien s’adapter pour que nos systèmes fiscaux etc. ne soient pas emportés par une lame de fond ultra-libérale qui ne serait pas avant tout idéologique… mais technologique.

      5. @Jacquot :

        Curieuse conclusion qui donne la primauté à « la technologie » , et qui rêve de nouveaux murs .

        Par ailleurs , si j’ai bien suivi , la technologie , c’est la blockchain , pas les crypto-monnaies .

        L’idéologie qui utilise la technologie , Paul Jorion a rappelé d’où vient l’allumage de la mèche .

        Je ne vois pas comment la solidarité par la fiscalité pourrait ne pas être anéantie par les crypto-monnaies , mais si on accepte que la solidarité devienne un marché privé ,on peut vous suivre ….doucement . On a déjà l’exemple de fondations bien connues .Madame a toujours ses pauvres à la sortie de la messe et les murs ne changent pas de nature .

      6. @ Juannessy

        Attention, il semble y avoir malentendu. Ce que j’ai écrit, c’est que si le projet Bitcoin – ou l’un de ses concurrents – réussit et devient un système de monnaie et de paiement universel ET DISCRET – là est le point-clé – alors il faudra « repenser à nouveaux frais une bonne partie de nos systèmes de fiscalité, d’épargne, de prêt et d’investissement »… non pas pour les démanteler, mais bien pour « que nos systèmes fiscaux etc. ne soient pas emportés par une lame de fond ultra-libérale qui ne serait pas avant tout idéologique… mais technologique ».

        S’il devient possible de vendre et d’acheter sans rien de la visibilité que le système actuel laisse aux Etats donc au fisc, il me paraît évident que la fraude fiscale et autre augmentera de manière exponentielle. Il faudra donc dans ce cas s’adapter… en repensant la fiscalité et d’autres choses pour qu’elles ne disparaissent pas tout simplement !

        Sinon la blockchain est effectivement la technologie qui sous-tend les monnaies ou jetons cryptos comme le bitcoin. Mais d’un autre côté personne à ma connaissance n’a montré comment une blockchain pourrait fonctionner A LA FOIS de manière décentralisée et sans « jeton de valeur » comme le bitcoin ou tel de ses épigones. Lorsque l’institution X ou la banque Y annonce étudier la technologie blockchain, c’est à des applications avec contrôle central qu’ils pensent.

        Ils en parlent d’ailleurs assez souvent, et depuis un certain temps… sans que les applications réelles en vraie grandeur ne se bousculent au portillon. Il s’agit de « phases d’étude » et d' »expérimentations ». Pour quelle raison parlent-ils tant, depuis plusieurs années, et agissent-ils si peu 🙂 ? Il est permis de soupçonner que c’est parce que dire « la blockchain c’est l’avenir, le bitcoin aucun intérêt » est plus un gimmick de communication qu’une assertion sérieuse.

    2. @Bernard Fortz (16/2 à 19h24) [conjointement à P.JORION.]
      Je partage globalement le contenu de votre premier paragraphe …mais pas pour le même motif..!
      En dehors du contenu de la vidéo qui me semble redire ce qui est connu de quiconque s’intéresse au bitcoin, j’aurais souhaité (purement intellectuel et sans esprit de lucre) comprendre, enfin , ce que faisait concrètement informatiquement « un mineur »en liaison avec un problème d’énergie.
      J’ai eu mon attention attirée par certains aspects abordés , p.ex. :
      ici: https://parismatch.be/actualites/economie/103479/cryptomonnaies-en-islande-dans-une-ferme-de-bitcoins
      ici: http://www.liberation.fr/planete/2018/01/05/le-bitcoin-une-monnaie-qui-tourne-au-charbon_1620275
      Et enfin là: (=source anonyme liée en commentaires 2013 à un site juge&partie du phénomène…!..) https://bitcoin.fr/le-bitcoin-entre-001-et-15-000/ particulièrement accrocheuse et où on a enfin un (faux??) sentiment d’expertise…
      C’est au point que, juste pour le sourire…à moins que??.. : https://www.rtbf.be/info/economie/detail_une-start-up-liegeoise-fabrique-une-crypto-monnaie-ecologique?id=9842720
      Voilà voilà..juste pour ne pas mourir idiot..si quelqu’un a la clef..??

      1. La consommation énergétique est en effet le problème majeur. L’avantage de l’Islande (et du Canada qui attire aussi de nombreux «mineurs») est que l’électricité est principalement d’origine renouvelable, mais la plupart des grosses fermes sont en Chine et le charbon est toujours roi… Trouver un système de minage moins gourmand en énergie tout en assurant la sécurité de la blockchain reste un beau problème ouvert pour les informaticiens !

  3. Il était temps qu’une nouvelle croyance remplisse le vide laissée par les dieux absents et par les lumières pas rallumées après que le dernier soit sorti en éteignant !
    A quand un protestantisme bitcoinesque et un catholicisme du même acabit, ou autre schisme dont les religions ne sont pas avares.

  4. From: monero.fr
    Date: Fri, Feb 16, 2018 at 7:57 PM
    Subject: Your video on bitcoin
    To: Paul Jorion

    Cher Monsieur, nous vous remercions d’avoir fait connaître notre valeur ajoutée liée à nos capacités de camouflage comparativement à celles du Bitcoin. Nos valeurs s’en ressentent positivement depuis quelques minutes.
    com@monero.fr

  5. From: monero.fr
    Date: Fri, Feb 16, 2018 at 7:57 PM
    Subject: Your video on bitcoin
    To: Paul Jorion

    Cher Monsieur, nous vous remercions d’avoir fait connaître notre valeur ajoutée liée à nos capacités de camouflage comparativement à celles du Bitcoin. Nos valeurs s’en ressentent positivement depuis quelques minutes.
    com@monero.fr

  6. Le bitcoin comme le concombre avance masqué , que ce soit par son « créateur » ou par sa boite mail .

    Peut être François Leclerc devra-t-il démasquer après avoir décoder .

  7. oh mais comme toute arnaque qui a le vent en poupe, y’a toujours des rencherisseurs, il y a un nouveau fork de bitcoin (dont je tairai le nom pour pas faire de pub) qui se propose tout simplement…de voler, euh pardon recuperer les adresses bitcoin inactives, sachant qu’à lui tout seul il doit y avoir un million de btc en plan/jamais servis dans la cagnotte initiale du sieur Nakamoto, c’est une arnaque (de plus) à plusieurs milliards qui se profile 🙂 les arnaques pyramidales du XXeme siecle prennent un coup de vieux…

  8. Désolé de paraître un peu rabat joie sur cette formidable invention révolutionnaire (qui va peut-être sauver le monde – ironie, bien sûr) ; mais à quoi ça sert (à part, merci Paul Jorion, pour une certaine catégorie de personnes et d’activités, qui y trouve un technique de blanchiment high-tech). Ah, une idée, concurrencer les paradis fiscaux ? En effet, il y a problème.

    1. L’usage essentiel du système bitcoin dans le chef de son ou ses inventeur(s) – Satoshi Nakamoto n’est qu’un pseudonyme – se laisse deviner à examiner les dates.

      Bitcoin a été initié en janvier 2009, quelques mois après le plus fort de la crise financière :
      – Si ses créateurs ont cherché à produire un système d’échange sans « tiers de confiance », c’est-à-dire sans banque, c’est que beaucoup ont succombé à la crise tandis que bien d’autres faisaient face à des accusations de malversations
      – S’ils voyaient un danger au système de « prêteur en dernier ressort », c’est que la banque centrale américaine, suivie par beaucoup d’autres y compris la BCE, a commencé à créer des dollars par centaines puis milliers de milliards pour les distribuer à des institutions dont la seule qualification à les recevoir était d’avoir perdu des montants gigantesques dans des prêts irréfléchis

      Bitcoin est une tentative de création d’un système complet de monnaie et de paiement – bitcoin n’inclut pas seulement le « jeton », mais encore l’outil de détention et de paiement – décentralisé et sans tiers de confiance.

      A ce jour, cette tentative n’a pas abouti. Comme souligné par Paul Jorion, le jeton bitcoin n’a pas de valeur plus ou moins stable et le système n’est pas actuellement capable de supporter un rythme élevé de transactions – c’est la raison pour laquelle les frais augmentent, ainsi que les délais, tandis que le coût énergétique par transaction est démesuré.

      Tout un écosystème de passionnés, de développeurs et de start-ups travaille à résoudre ces manques.

      La possibilité qu’ils réussissent est la base de la spéculation sur le bitcoin : s’ils y arrivent, le jeton bitcoin pourrait prendre une valeur bien plus élevée que son niveau actuel. Et s’ils échouent pour une raison ou pour une autre – technique, politique… – alors le prix du jeton connaîtra tôt ou tard un effondrement abyssal.

      La possibilité qu’ils réussissent est ce qui inquiète les grands banquiers et les grands argentiers. Bitcoin est actuellement une expérience rien de plus. Mais si elle réussissait, beaucoup de situations acquises et de pouvoirs bien établis pourraient s’en trouver bouleversés.

      1. Je dois avouer que pour le néophyte, le bitcoin est un peu un mystère. A lire le début de votre commentaire, sa naissance correspondrait à l’après 2008, comme une tentative d’échapper à une éventuelle faillite des banques et aux risques des politiques monétaires défaillantes des états. Une sorte de monnaie locale, mais internationale, en quelque sorte ? En tout cas, si on en entend autant parler, c’est à cause de la spéculation : c’est toto qui se jetterait dans la rivière pour ne pas être mouillé par la pluie…

      2. Oui c’est clair, c’est la spéculation qui fait les nouvelles et attire l’intérêt. Cependant le système a continué à être développé et à augmenter le nombre de ses utilisateurs dans les périodes entre les bulles, par exemple entre début 2014 et mi-2017, alors que le prix du bitcoin ne faisait guère d’étincelles, donc il existe bien un autre mouvement d’intérêt de fond derrière les bulles successives.

        Les mouvements erratiques du prix du bitcoin sont l’une des raisons pour lesquelles il n’est pas actuellement une monnaie. Les autres raisons sont plus techniques, avant tout l’incapacité à supporter un rythme significatif de transactions – le « tuyau » est beaucoup trop petit – avec pour conséquences augmentation des frais et des délais et bilan écologique aberrant au vu du nombre de transactions.

        Le scénario où le projet Bitcoin réussirait, c’est si ce rythme de transactions pouvait être multiplié, ce qui s’appelle dans le milieu le « problème de la scalabilité », ou de la mise à la bonne échelle. La scène technique est très active sur ce sujet, et une solution au moins semble bien avoir été trouvée, le réseau Lightning (Eclair) qui est en ce moment testé en version bêta. Il n’est donc pas exclu que ce problème soit résolu au final. C’est personnellement ce qui me paraît le plus probable.

        Dans ce cas, le seul manque au jeton bitcoin pour devenir une véritable monnaie – et système de paiement indépendant des banques – serait une valeur plus ou moins stable, de même que les valeurs relatives de l’euro et du dollar par exemple sont relativement stables à court-moyen terme. Il est au moins pensable que les phases de spéculation successives autour du prix du bitcoin arrivent à se stabiliser autour d’une valeur qui deviendrait alors un véritable cours.

        L’autre scénario, échec technique (le tuyau ne peut être agrandi), échec social (« qu’est-ce que c’est que ce truc c’est pas du vrai argent ») ou échec politique (interdiction mondiale) est évidemment également tout à fait possible.

  9. Comme tout le monde sait, les bitcons sont des clés privées de hashage (ouais, même principe que PGP). Il faut les garder sur un support comme disque dur, clé usb, feuille de papier imprimée… Au début j’avais miné des bitcons sur un vieux portable que j’ai fini par revendre sur un site de petites annonces. Si ce portable est toujours entier, et son disque formaté rapide, y a peut-être quelques bitcons à récupérer là dedans.

    Même pas de regrets car tout ça étant complètement con, je suis passé à autre chose depuis longtemps 😉

  10. Je me demande comment Jducac pourra introduire un spermatozoïde capitaliste dans la Block Chain et ses faux-jetons .

    Mais Jducac , comme moi , n’est qu’un vieux jeton ( token ?) qui au mieux ne s’y connaît qu’en jeton de présence , et au pire se paie un jeton .

    On a envie de foutre un jeton à tout ça . Ça fout les jetons .

    1. @ Juannessy dit : 17 février 2018 à 20 h 11 min

      Le spermatozoïde capitaliste, tout comme les autres, se juge sur pièce, à la valeur de ses rejetons de troisième génération.

      1. @ Juannessy dit : 19 février 2018 à 19 h 59 min

        Le spermatozoïde, comme tous les spermatozoïdes sortis vainqueurs d’un environnement où règne l’adversité et la compétition, est un créateur de vie pour la survie par la descendance, laquelle épuise inexorablement notre biosphère.
        Cela implique de devoir travailler toujours plus pour survivre en jouissant moins de la vie, jusqu’au jour où la vie de notre espèce ne sera plus possible sur terre par suite l’épuisement des ressources.
        A cause des « bienfaits » attribués au progrès, beaucoup de descendants de nos lointains ancêtres, surtout s’ils ont été surprotégés avant d’atteindre leur autonomie économique, ont tendance à relâcher l’effort d’investissement personnel, confirmant ainsi l’adage : « le premier crée l’affaire, le deuxième la développe, le troisième la coule».
        Il est à craindre que l’entreprise « espèce humaine » en soit arrivée à ce stade.

      2. non possumus!
        Ce capitalisme-là, avec les mots et les idées choisis de J. du CAC40, est abject.
        S’insinuer ainsi dans nos chambres à coucher est intolérable.

        Toute ma (courte) expérience s’y oppose fermement.
        Et j’ose le dire: ici l’érotisme n’est pas de mise.
        Gardons jusqu’à la fin une bonne tenue. Ne ternissons pas la bonne réputation de ce blog.

        A quoi, cher J. du CAC40, avez-vous échappé?
        Par exemple, le darwinisme est bon, en apparence, pour les amibes. Enfin, grands Dieux, vous vous rendez bien compte que la noblesse de l’homme ( et vous en êtes un, dussiez-vous en rougir de fierté ) lui fait échapper aux petitesses des amibes et autres microbes malveillants.
        N’avez-vous jamais, cher J. du CAC40, entendu parlé d’entr’aide , de coopération, d’efforts collectifs, de répartition et même de S-O-C-I-A-L-I-S-M-E. Ce sont des choses réelles, qui existent et qui ne demandent qu’à vivre. Pour le bien de tous.

        Mais n’en doutez pas: l’érotisme ne passera pas. A vrai dire, le darwinisme mal léché encore moins. Beaucoup moins.

      3. « le premier crée l’affaire, le deuxième la développe, le troisième la coule »

        Ceci n’est pas d’aujourd’hui, et j’espère bien que le troisième la coulera avec qu’elle ne nous coule.
        Défendre le capitalisme actuel d’accumulation par la simple compétition est parfaitement dépassé, ce qui ne veut pas dire qu’il ne faille pas capitalisé quelque part. Et encore une fois c’est la nature qui nous donne l’exemple, le stockage du carbone n’est pas une fin en soi. http://www.celesta-lab.fr/medias/upload/files/TCS67LightDossier_fluxMO.pdf
        A l’instar de la nature, il nous faut un capitalisme de volant d’inertie qui fait tourner la boutique, mais pour se faire il nous faut une approche holistique qui remet tout en question. Il nous faut dépasser les croyances et entrer dans la thermodynamique de la biosphère. L’homme doit arrêter de se considérer au-dessus de la biosphère, il est dedans et ne pourra jamais la quitter, c’est mon opinion.

      4. @Michel Lambotte:

        Jducac , pour échapper à la biosphère , est capable de breveter , le « trou de vers » capitaliste , association d’un trou noir qui aspire les vulgum pecus pour en faire de la dette , et d’un trou blanc qui restitue la « matière » sous forme de trans-humanistes numérotés .

        Librement inspiré ( c’est à la mode ) de l’émission d’hier soir sur le cosmos ( la 5 toujours ) .

      5. @Juan
        Malgré votre grand âge votre esprit n’a perdu une once de vivacité.
        Ce que vous décrivez là existe depuis le capitalime industriel, les vulgus pecus sont soumis à la dette puis sont obligés de turbiner dans le système comme des petits soldats pour la rembourser.
        Pour ma part je serais plus orienté par le cosmos du sol, les plus érudits en la matière n’en connaissent qu’à peine 15%.
        Aujourd’hui je me pose cette question: comment la jachère fait-elle pour rééquilibrer les sols. J’ai comme une vague impression qu’il faudra touiller dans la biologie moléculaire et la physique quantique, passer du µ au n.

      6. A propos de trou noir , on notera que « crypto- » renvoie à grotte , trou , chose cachée , masquée ( de type concombre ou bitcoin ) , version améliorée de la machine à « blanchir » l’argent sale , royaume du marché « noir » .

        PS : comment fait on pour calculer qu’on ne connaît que « 15% » de quoi que ce soit , ce qui sous entend que l’on a une idée de ce que représentent les 100% ?

      7. @ daniel dit : 20 février 2018 à 23 h 22 min

        « S’insinuer ainsi dans nos chambres à coucher est intolérable »

        De grâce prenez un peu de recul et vous y verrez plus clair!

        Embrassez toute votre lignée depuis vos très lointains ancêtres et vous conviendrez que vous êtes l’héritier d’individus qui, contrairement à vous, étaient très loin de jouer les vierges effarouchées par la réalité de la vie, telle qu’on l’enseigne maintenant dès l’école et le collège.

        Si je me réfère au spermatozoïde, si je reviens à la source, c’est pour tenter de vous faire comprendre, par analogie, comment ce détenteur d’un très grand capital (la capacité d’engendrer et de démultiplier la vie), est en somme un vrai capitaliste. Il est à l’origine de votre propre vie parce qu’il a investi, tel un capitaliste, sa précieuse richesse, cet extraordinaire pouvoir, à seule fin de le faire prospérer au travers de ses descendants, mais aussi au profit de la perpétuation de l’espèce humaine tout entière.

        Où voyez-vous de l’érotisme là dedans ?

        « Gardons jusqu’à la fin une bonne tenue. Ne ternissons pas la bonne réputation de ce blog. »

        Sachez que je soutiens le blog de Paul Jorion parce que, grâce aux échanges d’idées et à la confrontation d’arguments diversifiés qu’il permet, je le vois participer sans sectarisme, à l’enrichissement mutuel de ceux qui y apportent leur collaboration. Y seriez-vous opposé ?

      8. @ Michel Lambotte dit : 21 février 2018 à 10 h 41 min

        « Défendre le capitalisme actuel d’accumulation par la simple compétition est parfaitement dépassé, ce qui ne veut pas dire qu’il ne faille pas capitaliser quelque part. »

        J’admets, comme vous, qu’il faut partir d’un existant capitalisé sous forme de réserve de valeur pour couvrir les dépenses qu’entraîne la réalisation d’un investissement. Mais vous n’admettez pas que ce capital constitué, résulte d’une compétition pour l’obtenir, alors que la compétition règne en maître partout dans la nature.
        Visionnez une nouvelle fois la vidéo que j’ai postée ci dessus le 16 février 2018 à 12 h 17 min pour mieux vous en convaincre.
        https://www.youtube.com/watch?v=Boar-7gsFiM
        Cette lutte pour la survie et la victoire finale est un peu à l’image de tout ce qui se passe dans la vie réelle. La sélection et les classements par ordre de préférence ou de performance, sont omniprésents dans la nature chez les animaux, chez les humains qui opèrent des sélections et des classements dans les sports, en politique avec le recours aux élections à la majorité des suffrages, en amour, dans les arts (mineurs et majeur) du fait des inégalités et différences observées dans de nombreux domaines où il est possible d’opérer des classements
        Refuser ou fuir la compétition, notamment en économie, c’est refuser la réalité et se ranger de fait dans les rangs des perdants à terme.

    2. @ J. du CAC40

      Merveilleux.
      Jusqu’au bout votre inépuisable sens de l’humour aura égayé mon écran et ravi mes jours. De même pour mon clavier, autrement à sec d’inspiration, croyez le bien.
      Grâce vous en soit rendue.

  11. « Dédicace bi-coin »

    Le bi-coin est une illusion
    Comme un égrégore numérique
    Qui vient semer la confusion
    Dans les chimères économiques !

    Le bi-coin non-localisé
    Se perd dans une conscience quantique
    Eclairée par des avisés
    Cachés par un voile exotique !

    Le bi-coin extrait de la mine
    Se gagne à coups de blocs en chaines
    Derrière une opaque vitrine
    Qui à voir nous fait de la peine !

    Signature : luami
    « Un médiateur d’ l’innovation
    Qui allie raison et passion
    Pour mieux vivre le temps restant
    Et en partager les instants ! »

    Bon voyage dans la Vie !
    http://luami.viabloga.com

  12. Hum… Le « minage », c’est le contraire du « déminage », c’est mettre les mines.

    Le terme anglais « mining », en français, c’est « extraction ».

    Je suis toujours épaté par cette détermination féroce des gens qui ne parlent pas anglais de ne surtout pas ouvrir un dictionnaire.

    1. En tant que citoyen d’extraction stéphanoise et charbonnière , je félicite les réticents et salue les « minarats » ( ça c’est du gaga stéphanois) ainsi que leurs homologues belges d’extraction et adeptes du borinage .

      1. D’ailleurs , si , lorsque je « laisse des comments » je retrouve des « thoughts » , je ne ferai plus de réflexions qu’en  » gaga » !

      1. Il s’agit d’un parallèle avec le processus d’extraction de l’or : la production de nouveaux bitcoins est assimilée à l’activité du prospecteur d’or.

        Je comprends que vos interventions ici font partie d’un processus d’auto-légitimation : vous essayez de vous poser en expert incontesté sur le bitcoin, et assortissez du coup tous vos messages d’un ton d’autorité et de grande sagesse. Seules votre attitude vis-à-vis des faits et votre connaissance de la littérature pourront cependant vous mener là. Mais pourquoi ne pas essayer, certains ont réussi : qui se souvient encore de von Schmoller alors que Menger passe aujourd’hui pour un grand savant ?

      2. « Je suis toujours épaté par cette détermination féroce des gens qui ne parlent pas anglais de ne surtout pas ouvrir un dictionnaire. »
        Ne pensez-vous pas que cette phrase fait aussi preuve d’une auto-suffisance et d’un argument d’autorité visant à dénigrer les commentaires précédents ? Que savez-vous de ma connaissance de l’anglais ? Vous l’avez dit vous-même, nous avons le même but: apporter un peu d’objectivité au débat 😉 Mon ton d’autorité «et de grande sagesse» est sans doute une déformation professionnelle… Évidemment j’aurais pu agir comme un bon troll en vous insultant et en me protégeant avec un pseudo 😀 Et pour l’anecdote, je ne suis pas économiste, le Menger que je connais bien est le fils de l’autre, Karl. Son théorème (https://en.wikipedia.org/wiki/Menger%27s_theorem) m’a été d’une grande utilité dans mon parcours académique !

    2. Le charbon, la société civile américaine et le changement climatique :

      « Face à Donald Trump, la décarbonisation sera possible grâce aux efforts des citoyens.
      « À l’occasion de la sortie du documentaire From the Ashes, sur l’industrie du Charbon aux États-Unis, We Demain a rencontré deux activistes climatiques américaines de passage à Paris. Elles expliquent que, face à Trump, la société civile est déterminée à poursuivre ses efforts pour lutter contre le changement climatique. »
      https://www.wedemain.fr/Face-a-Donald-Trump-la-decarbonisation-sera-possible-grace-aux-efforts-des-citoyens_a2781.html

      Cop23 and climate action 2018 : America is still in !
      https://www.wearestillin.com/

      From the Ashes – Official Film Trailer | National Geographic
      https://www.youtube.com/watch?v=rV0ro0uleVo&feature=youtu.be

  13. Et maintenant on fait quoi du Petro Bolivarien? une armée, des prison, des juges et une ressource naturelle tout y est … s’agit il pour autant d’une vrai monnaie? 😉 Une crypto peut elle devenir la solution pour des pays possédant des ressources naturelles à gager quand ils tombent dans la spirale inflationnaire?? Je sais pas pourquoi mon petit doigt me dit que les chinois vont aimer ça… A quand l’Afro (d’aucun diront que ça pourra pas être pire que le CFA….?)

    1. Oui, c’est intéressant, la première crypto-monnaie lancée par un état, toutefois, elle ne répond pas entièrement aux critères définis pour le bitcoin, ce serait plutôt une nouvelle monnaie gagée sur les réserves de pétrole du pays, le président Maduro compte beaucoup là dessus pour échapper aux mesures états-uniennes…

  14. Nous n’avons plus le plaisir de lire les commentaires de vigneron ces temps ci, allez, un dernier feux d’artifice… ?
    Ooo ! Sh..!, j’espère qu’il n’est pas passager du Tesla roadster ?

  15. Drôle d’histoire je trouve. Comme Jacquot l’a dit, cet incident est la preuve que plusieurs personnes ont les nerfs à fleur de peau quand ils entendent critiquer ou défendre le système bitcoin ou les autres crypto monnaies. Investisseur sur la plateforme ecrypto-international, je trouve cela un peu exagéré.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.