Le regretté Philippe Roth a écrit « Portnoy et son… » truc ?

Fallait-il traduire en français « Portnoy’s Complaint » (1969) par « Portnoy et son complexe », comme ce fut fait à l’origine (1970), ou par « La plainte de Portnoy » comme on l’a fait récemment pour l’édition de la Pléiade (2017), voire par « La complainte de Portnoy » comme le suggère l’entrée sur Wikipedia en français ?

Je lisais la nouvelle « Goodbye, Columbus » l’autre jour, que je n’avais jamais lue. Contrairement à mon habitude, je lisais Roth dans une traduction française – tout simplement parce qu’on venait de me l’offrir sous cette forme.

Et je me livrais à mon exercice favori quand je lis un livre anglais ou américain traduit en français : j’essaie de comprendre les phrases privées de toute signification qu’on y trouve parce que le traducteur ou la traductrice (même travaillant pour Gallimard) n’a entravé que pouic à ce qu’il ou elle était en train de faire : je retraduisais la phrase française énigmatique en anglais pour tenter de deviner d’où provenait le pataquès.

En général ça marche parce qu’un ou plusieurs mots a (ou ont) été traduit(s) dans une de leurs acceptions mais pas la bonne, et la cause du désastre est dans la plupart des cas qu’il s’agit d’une expression peu usitée, ou d’un usage argotique ou, très souvent, d’une allusion littéraire, à laquelle on ne comprend rien faute d’être familier avec la culture qui accompagne une langue (combien d’allusions à Henry V chez Shakespeare, à Ishmael chez Melville, ou au corbeau de Poe, n’ai-je vu ainsi massacrées ?).

Tout ça pour vous dire que « complaint » dans « Portnoy’s Complaint », ça veut dire l’affection dont il souffre : « La maladie de Portnoy ». Point-barre.

Et… thank you so much for your attention.

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