Penser le monde qui vient, Paul Jorion et Benoît Hamon, à Paris le 14 juin 2018

Message reçu à l’instant : « J’ai le regret de vous informer que malgré notre mobilisation interne et celles des comités de Génération.s nous ne pourrons organiser la rencontre prévue ce jeudi à La Concrète. […] Aussi, je vous propose que nous organisions à un autre moment cette rencontre… »

Comme la nouvelle de cette annulation ne parviendra pas à tout le monde, je me rendrai cependant à La Concrète à 19h, à la rencontre de ceux qui ne l’auront pas vue.

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119 réflexions sur « Penser le monde qui vient, Paul Jorion et Benoît Hamon, à Paris le 14 juin 2018 »

  1. On va suivre ça avec intérêt .

    PS : en démocratie aboutie , ce ne serait pas mieux de tirer les conclusions après le dialogue avec la salle ?…

  2. @Paul Jorion :

    A défaut de connaître le contexte et la trame possible de ces échanges , je me permets quelques réflexions à chaud et éventuellement sans intérêt :

    –  » le monde qui vient » : j’imagine que de votre point de vue , il est déjà bien défini par ce qu’on a sous les yeux et que vos deux derniers bouquins décrivent . Le monde qui vient y est donc déjà pensé . Il n’est pas agrémenté de fleurs . Le « penser » ( et c’est déjà fait ) ne vaut alors que par l’adhésion de l’opinion et les actes à poser pour parer au pire et tenter d’inverser la tendance à l’auto-destruction . C’est la place du politique , et on aimerait alors entendre de ce côté , sans trop tarder les cibles essentielles à atteindre , qui puissent faire tilt pour emporter la conscience et l’adhésion de l’opinion . Ce serait alors la bonne réponse à toutes les âmes paresseuses qui vous opposent  » c’est bien , mais qu’est ce qu’on fait ? » .

    –  » Penser » : c’est le domaine du philosophe ( ou du simple citoyen ) plus que du Prince dont la fonction est « l’agir » . Si cette rencontre entre les deux est bien sur nécessaire , je continue à penser que les contraintes s’appliquant à l’un et à l’autre ne sont pas de même nature ( en particulier la gestion des temps ). Cette « rencontre » est donc forcément fragile . Aurore Lalucq dont le moteur est la conviction que l’écologie doit maintenant constituer le squelette de notre agir , est ou sera aussi inévitablement confrontée à ce tiraillement .

    – si dialogue il y a , plus que débat , c’est sans doute parce que les sensibilités qui se frotteront ce jour là sont déjà assez complices . Vue de loin , on pourrait par contre attendre de ce « penser ensemble » , un éclaircissement et meilleure articulation entre le hard de l’économie que vous pourriez représenter et l’ardente obligation « écologique » que Aurore Lalucq pourrait représenter . Je pense aussi à l’opposition partage qu’il pouvait y a voir entre Harari et Jorion ( sauvetage par les nouvelles technologies contre nouveau paradigme économique et financier ).

    Pardon pour cet avant propos peut être à côté de la plaque .

    1. Mais on pourrait aussi imaginer que c’est précisément la combinaison de nouvelles technologies (Harari) et d’un nouveau paradigme économique et financier (Jorion) qui peut conduire à une soliton de l’innovation.
      Il s’agit d’un nouveau paradigme socio-écologique, financier, économique et politique, dans lequel le noyau du capitalisme est muté.

      Et ce noyau du capitalisme moderne est le désir de monopolisation, et la voie vers la monopolisation passe par la création forcée d’une pénurie artificielle.

      Une pénurie, une rareté complètement ridicule, comme le sait quiconque connaît la générosité de la nature et de l’univers.
      Le capitalisme moderne : une catastrophe provoquée par l’homme.

      Par le mécanisme qui a été bien analysé et décrit par K. Marx : à savoir l’épée à deux tranchants de l’accumulation. Accumuler, accumuler, accumuler : c’est Moïse et les Prophètes. Mais des deux côtés : la richesse d’une part, la misère, sociale et écologique et politique d’autre part.

      On peut imaginer un mode dans lequel le cœur du paradigme n’est plus la création forcée de la rareté, mais la création croissante d’excès généreux. Une transition vers la technologie du graphène et de l’hydrogène (énergies renovables, réseaux intelligents, tout basé sur le graphène, NON sur les métaux), couplée à l’amour dans le sens de Spinoza (discipline, concentration, dévouement et patience), l’amour de la vie professionnelle des jardinières et des jardiniers) comme base de la vie sociale. L´inclusion sociale de tous et toutes, le départ de l´épée décrite par l´homme barbu.

      Un mode dans lequel le cadre social, technologique, financier et économique (cfm Harari/Jorion) impose un nouveau cadre politique (……. cfm qui? ).

      Et c´est LÀ, où il nous faut innover.

      Juste pour mettre les petites cellules grises au travail, PAS comme des EXEMPLES destinés à la transition dont je parle : pensez à l’inversion de la pyramide du pouvoir en Bolivie, où les coopérations de base des paysans des coca ont le pouvoir et où Morales n’est que ‘la poupée quelque peu suspendue’ au monde extérieur. Mais voyez comme la Bolivie est puissante envers, par exemple, les institutions de Bretton Woods, Mme. Lagarde, et envers son voisin en colère dans le Nord.

      La Concorde fait le pouvoir. Une leçon que les socialistes non-autoritaires du XIXe siècle connaissaient bien, une leçon que l’homme barbu de Trèves, enterré à Londres, n’a jamais pu ou voulu apprendre. Car malgré les dures paroles sur sa tombe, il était plutôt une source de discorde, de fragmentation et d’oppression autoritaire, plutôt que de la généreuse sagesse indienne de cette lointaine Bolivie avec sa belle musique baroque.

      https://www.youtube.com/watch?v=4U8R5R5y000PE

      La route vers cette transition, vers la combinaison des deux cadres (social/technologique/financier/économique d’une part et politique d’autre part) est douloureuse, tragique et difficile.

      Une vie sans effort, sans douleur, en termes de Paul Jorion, une vie sans épreuves, n’existe pas.
      Comme chacun d’entre nous en tant que créature vivante le sait, en tragédie et en grandeur.

      Harari et Jorion peuvent très bien aller ensemble, comme Marie Curie et Rosalind Franklin et Simone Weil ont pu le faire.

      Passons à la nouvelle phase !

    2. Juanessy : « Vue de loin , on pourrait par contre attendre de ce « penser ensemble » , un éclaircissement et meilleure articulation entre le hard de l’économie que vous pourriez représenter et l’ardente obligation « écologique » que Aurore Lalucq pourrait représenter ».

      Exactement, c’est de ça dont il faut parler, de « l’ardente obligation écologique » ET sociale », à condition de pouvoir le faire à plusieurs, puisque cette réunion est annulée. Ouvrir des pistes sur les orientations d’une éventuelle « constitution économique ».

      Et pour ça, rien de tel qu’un cas concret : le projet « Montagne d’Or » en Guyane est un cas concret. On a là-bas une situation désespérée, qui est peut-être à l’image de notre futur :
      – une tension sociale telle, que les gens qui sont encore « intégrés », redoutent une agression dans la rue, ou en allant au distributeur de billets.
      – un déficit d’activité énorme (je crois que j’ai entendu 40% de chômage chez les moins de 25 ans)
      – un projet aux bénéfices sociaux limités (extraire de l’or) et aux conséquences environnementales désastreuses, soutenu par des capitaux internationaux, certainement des fonds de pension, finançant des retraites.

      C’est un cas d’école, tant qu’on a pas imaginé pour ce cas guyanais comment peuvent s’articuler « le hard de l’économie » et l’ardente obligation « écologique » et sociale, on a pas avancé d’un pouce. Comment diriger l’activité humaine dans le sens de son profit individuel et collectif, sans revenir aux affres d’un système planifié de style urss ?

      Il me paraît évident pour ma part, que l’activité est « sclérosée ». Libérée des contraintes qui encadrent l’activité de marché , les guyanais pourraient créer de la richesse, et de la richesse durable pour eux, ils pourraient se construire des maisons, des routes, des hôpitaux, restaurer l’environnement, toutes choses directement et durablement profitables pour eux.

      Au lieu de cela, et puisque ces contraintes du marché s’appliquent, il n’y a pour eux pas d’autre alternative que d’envisager cette activité de la mine d’or, malgré son caractère temporaire (quid lorsqu’il n’y aura plus d’or à extraire ?), et malgré ses dégâts écologiques qu’elle peut entraîner, car elle est la seule activité dans ce cadre qui est susceptible de soulager la tension sociale.

      Pour moi, c’est un cas d’espèce de la « religion féroce », que décrit Paul Jorion.

      On ne peut pas se contenter d’être contre le projet « Montagne d’or » (1). Ni se contenter de proposer comme alternative une solution que l’on sait douteuse, à l’image du projet d’écotourisme proposé par Pascal Canfin. M Canfin risquerait-il sa propre retraite sur un tel projet ? Sans doute pas. Pourquoi des fonds de pension le feraient-ils alors ? La Guyane n’est pas l’île Maurice, et quand bien même on réussirait à force de subventions ou de publicité, à convaincre des consommateurs de venir dépenser leur argent en Guyane, cela poserait d’autres problèmes écologiques (les voyages en avion par exemple).

      Au demeurant, si les ressources consacrée à ces subventions ou publicités pourraient peut-être créer une activité d’écotourisme « au forceps », comment s’assurer que ces ressources ne sont pas issues elles-même d’activités polluantes ou inutiles ?

      Le problème Guyanais dévoile une question économique fondamentale, à laquelle eil est plus que jamais utile de répondre : quelle est la part de l’activité humaine, considérée en temps humain et non pas en richesse produite, qui profite directement à l’homme, sur un plan individuel ou collectif ?

      (1) la totalité de l’article sur le projet « Montagne d’or » sur findutravail.net

      1. L’exemple est pertinent comme sujet de travail en atelier d’une rencontre qui n’a pas eu lieu .

        Présenté comme vous le faîtes , on peut craindre qu’il soit indémerdable sauf à zigouiller les guyanais et le problème avec eux .

        L’intérêt de la réflexion , à défaut de donner une solution rapide et idéale qui n’existe sans doute pas , aurait pu être de faire le relevé des contraintes et degrés de libertés possibles , qui permettent un chemin sur un temps réaliste et proposé en onction démocratique . Les yeux et l’esprit ouvert .

        Madame Taubira a donné un avis assez tranché qui ne ménage ni les écologistes , ni les groupes industriels , mais je ne suis pas en état de peser l’aspect industriel et emplois .

      2. @ Vincent Rey dit : 13 JUIN 2018 A 6 H 13 MIN

        « Exactement, c’est de ça dont il faut parler, de « l’ardente obligation écologique » ET sociale », à condition de pouvoir le faire à plusieurs, puisque cette réunion est annulée. Ouvrir des pistes sur les orientations d’une éventuelle « constitution économique ».

        Je pense qu’il n’y a pas de vie possible sans consommation de la planète de laquelle nous extrayons ce dont nous avons besoin pour vivre. Parmi ces besoins figure l’or et beaucoup d’autres matériaux que nous trouvons à l’état concentré.
        L’usage de ces matériaux de base entraîne l’usure, ce qui nous amène à les rejeter à l’état de très fines particules, tellement infimes, qu’il devient pratiquement impossible de les recycler à l’échelle des temps humains et de l’énergie économiquement accessible..
        Cela annonce, à terme, la disparition de l’espèce humaine et de la planète terre en tant que sources de vie. Les espèces vivantes les plus grosses consommatrices de matériaux devraient s’interroger. L’espèce humaine est en première ligne du fait de l’accroissement de sa population mondiale et de son niveau de vie moyen, c’est à dire de sa consommation moyenne qui, en allant croissant, accélère sa marche vers l’extinction.

  3. Super ! (et j’espère qu’il sera possible d’assister au débat, si c’est ouvert au public. C’est intéressant de sentir l’ambiance de la salle…). Un sujet central et difficile : l’Europe (et l’euro). Pour moi, une façon d’aborder le sujet, ce serait d’apporter la démonstration qu’une organisation à l’échelle européenne est encore la meilleure façon de relever les grands défis contemporains : finance, social, écologie, démocratie, numérique, géopolitique ( promouvoir la paix et des échanges équilibrés…), etc…..et que dans l’hypothèse d’un échec, l’illusion d’un chacun pour soi rendra ces défis encore plus innateignables et rendra les peuples qui composent l’Europe encore plus tributaires des événements extérieurs du monde. Mais encore faudrait il rapidement mettre sur pied un contre-projet européen qui tienne la route, et se débarrasser au plus vite du cadre néolibéral qui nous mène tout droit et de olus en plus rapidement à la catastrophe…et puis il faudrait pouvoir convaincre ceux qui pensent que le système actuel est irreformable, avec comme seule issue la sortie pour tout le monde… bref, sujet difficile, mais tellement central et critique….

    1. Oui, il doit y avoir moyen de reprendre les choses dans le bon sens.

      Un point clé sur lequel je me penche (établi par un certain Blair Fix)
      est celui-ci :
      les structures (firmes) de grandes tailles sont celles qui sont liées aux plus grandes dépenses d’énergie par tête.
      Ca ne dit pas qui est la poule et l’oeuf (si c’est parce qu’il s’agit d’énergie que la firme grossi, façon Total ou Exxon ou BP, ou si c’est parce que ça grossit que ça consomme plus par tête ) , ça peut vouloir dire en effet que pour gérer les questions d’énergie, il faudrait se mettre à l’échelle de l’Europe, mais à condition d’y mettre le poids des peuples jusqu’au sommet :
      que par exemple (en supposant que le Brexit soit annulé), les citoyens Français et anglais comprennent l’enjeu d’Hinkley Point (EPR) par exemple, dans un cadre commun, au lieu que les français n’aient droit qu’au regard indirect de l’état sur EDF/Areva via une commission parlementaire à l’influence réelle étiolée, et que les anglais n’aient droit qu’à un débat sur l’appel d’offre (garantie à 92 euros le MWh ou qqc comme ça de mémoire) sans débat sur ce qu’on installe.
      Idem, pour l’isolation ou la pose de chauffe-eau solaires, mieux vaudrait éduquer la main d’oeuvre roumaine dans le bâtiment ou corps de métier proche à faire du boulot de haute qualité plutôt que de continuer à faire du boulot assez bas de gamme pour remplir le cahier des charges du promoteur en terme de « moins disant ».

    2. Emmanuel
      Le premier grand problème à résoudre est celui de l’énergie et des métaux.
      Il faut que l’on consomme moins de joules et moins de métaux ; beaucoup, beaucoup, beaucoup moins. Et encore moins.
      La résolution de ce problème conditionne la résolution de tous les problèmes que vous avez énuméré, qui reste d’ordre mineur. Ne vous en déplaise.

      1. Ça en fait des clés . Si , en plus chacun a sa propre serrure , la porte du paradis ne va pas voir passer grand monde .

      2. En effet, j’y avais pensé…après : énergie et matières premières (pour la première, confère la démonstration de Jankovici). Alors déjà pour ces deux volets , Europe ou pas Europe, pourquoi et comment ? Mais contrairement à vous, je n’ecarterais pas les autres enjeux « mineurs » car par exemple pour trouver un moyen de consommer moins d’énergie, cela passera par d’autres formes d’organisations collectives, donc politique et économique…

      3. @ écodouble
        Je suis d’accord avec vous
        J’ajoute que le problème de l’eau disponible (pour l’agriculture et pour les villes) va devenir crucial en Afrique d’ici 2030. J’ai lu que les besoins seront de 800 à 1000 km3/an pour l’Afrique sub-saharienne d’ici 2030 et que les nappes phréatiques profondes représentent 660 000 km3 selon le BGS.
        Le problème, c’est qu’il faut investir (env 12 à 20 milliards de $/an; extraction, acheminement, assainissement, recyclage…)
        Qui va payer ? Qui va contrôler et gérer la ressource ?
        Quand à consommer moins d’énergie, on n’en prend pas le chemin; on ira au contraire rechercher la dernière goutte de pétrole au fond des mers, sous la banquise…. Et les énergies dites « renouvelables » doivent renouveler leurs infrastructures et les équipements tous les 15 ou 20 ans.
        La fusion nucléaire n’est pas pour demain, et peut-être jamais.
        Une piste serait envisageable; une meilleure compréhension de la photosynthèse. La aussi il faudrait investir
        Un dernier mot, la surpopulation fait partie du problème

      4. A propos , vous avez un rendez vous à Paris ( avec PYD ) ou entre Bayonne et Bordeaux ( avec Thomas ) , pour un séminaire ( avec apéritif) qui doit aussi réunir Vincent Rey et Olivier Brouwer . La liste n’est pas close .

      5. @merlin II
        « le problème de l’eau disponible (pour l’agriculture et pour les villes) va devenir crucial en Afrique d’ici 2030. »
        Oui, ou bien plus près, Barcelone ou Valence en Espagne, le sud-est en France et même, dans une moindre mesure bien sûr, le bassin parisien est quasiment déjà en ‘stress hydrique’…

      6. juannessy,
        On compte aussi sur vous ! (dans le rôle du sage modérateur 🙂
        Mais faudrait que vous communiquiez votre mail à Paul.

      7. @PYD:

        Mon mail , Paul Jorion en dispose et il m’a déjà transmis une demande de Thomas à participer à vos agapes , comme c’est déjà arriver avec d’autres commentateurs ou auteurs de billet , il y a plus longtemps .

        J’ai décliné , bien que flatté , comme je le fais toujours pour rester à la hauteur des engagements que mes degrés de liberté subsistants autorisent vraiment , et qui tiennent plus de la pertinence que mon temps possible passé à lire , écouter et voir , permet , que de ma capacité à être ( encore ) dans la bagarre sur le terrain ou sur les routes ( je suis admiratif de ce point de vue de la capacité de Paul Jorion à courir les espaces de dialogue et se faire son propre guide Michelin des chambres d’hôtels d’Europe .)

        « Sage modérateur » ? … Bah !… Pas par vocation ou désir , simplement , au contraire , l’idée que donner du poids à des querelles secondaires ou stériles ,ne fait que retarder le convoi en direction d’un semblant de vérité .

      8. Tout dépend d où proviennent les joules , convertir l énergie solaire en travail mécanique c est encore lutter contre le réchauffement et utiliser de joules thermiques solaires pour créer des matériaux aux propriétés proches des métaux via la chimie organique peut aussi être partie d’une solution. Vous oubliez une donnée fondamentale quand à vos prétentions décroissantes : la démographie.
        Pour moi la seule chose sans laquelle on ne arrivera à rien c’est surtout une energie propre. Et à ce jour on ne connaît que les renouvelables (à voir ce que donne ITER?…)

    1. Voir le lien que je donnais plus haut ( le 8 juin à 13 h21 ) , sur les premiers sondages concernant les prochaines élections européennes .

      1. La suite ….:

        https://www.lemonde.fr/politique/article/2018/06/12/eelv-et-generation-s-l-entente-impossible_5313492_823448.html

        Heureusement Paul Jorion ira mettre à l’abri les brebis éparpillées à la ….. »concrète » , un coin qui me rappelle les sprints , quand j’étais jeune étudiant , sur le pont qui franchit la Seine , pour ne pas rater le train pour Saint Etienne depuis la gare de Lyon , en sortant de la station de métro de la gare d’Austerlitz .Je confirme que ça bousculait déjà pas mal dans le quartier , et les mémés avaient intérêt à se garer . Elles se vengent en me doublant quand je vais acheter le journal , maintenant :

        http://www.supercoloring.com/fr/coloriages/la-parabole-du-bon-berger

  4. Juan Nessy/ Question serrures du coté de chez vous ( en suisse par exemple ) on sait de quoi on parle
    Mais si pour aller au paradis il faut percer les codes de la HSBC alors vous n’aurez droit qu’au purgatoire
    Amicalement

    1. Ça me rappelle un dessin où l’on voit Saint Pierre ,assis devant un ordinateur , accueillir un nouveau prétendant à l’entrée au paradis , et qui lui demande : « code d’utilisateur ? Mot de passe ? »

  5. Pour l’énergie c’est très simple :

    Le système consiste à  » répondre à la demande « . Il n’y a aucun frein sur ce paramètre. Donc ça grimpe.

    Le changement de société consiste à imposer des réductions de conso en cohérence avec un avenir possible. Deux écueils majeurs :
    – la société est inégalitaire donc dans ce cadre, ce sont les « pauvres » qui servent de variable d’ajustement.
    – le PIB c’est du flux, corrélé à la consommation d’énergie. Contraindre cette conso crée directement une sortie de route par rapport à cette façon de compter.
    Conclusion le parti qui part avec ce programme doit être prêt à faire du hors piste (et il faudra bien prevenir les électeurs. …. )

      1. On cherche un nouvel Leo ESAKI pour mettre cela en équation, comme ce dernier a pu le faire pour la diode tunnel…, vous avez de l’avenir…
        J’ai pu utiliser, dans mon passé professionnel, ce type de diode au comportement étrange, – au premier abord, pour ceux qui connaissaient le comportement classique des diodes à semi-conducteurs.

      2. @ Tout me hérisse
        Depuis quelques jours, je suis en train de me poser la question si les « cliquets d’énergie » suivraient en effet la statistique de « clignotements » des boites quantiques (de CdS ou CdSe typiquement) que Michel Orrit (actuellement à Leiden) avait expliqué dans un modèle assez simple en 2002 (basé sur un premier modèle d’Efros) : le tunneling vers l’état « sombre » se fait avec une constante tunnel « alpha » mais le tunneling retour, di fait de la tombée dans un piège plus profond que le point de départ, se fait avec une constante « beta ».
        Si on croit que l’usage de l’énergie obéit (via des effets sociologiques comme la taille des organisations, cf. Blair Fix) à un cliquet du même genre, on passe dans le régime « j’utilise » avec un effet tunnel pas trop dur (la barrière est modeste : ouvrir des mines de charbon et ne réagir que mollement quand Zola écrit Germinal), et on n’en sort qu’avec un effet tunnel assez fort, plus rare et plus contraignant (la fin de l’acte II de l’anthropocène, ou l’acte III, je ne sais plus combien il en faut dans une bonne tragédie)

      3. Sinon, pour le « tunneling vers l’état « sombre » », y’a la ‘pâte à noircir les tunnels’, de Pierre Dac si j’me souviens bien… 🙂

      4. @Arnaud :

        Je retiendrai là aussi provioirement de votre brillant plaidoyer , la notion de CBDR-RC qui me semble laisser , pour rendre l’outil effectivement efficace , dans le flou artistique ce qui est la condition ( enfin au moins une ) de l’harmonie entre les peuples .

        J’ai aussi une petite réticence à laisser s’installer l’idée que l’équilibre de la planète ne serait que thermodynamique et pas biologique ,au travers de cette mesure unique . En l’état je n’ai pas vu non plus où se situent les interdits , dont on peut penser qu’ils devraient être en grande partie définis par la notion d’irréversibilité à échelle des temps humains .

        PS :Claire Nouvian ( un de mes oncles était arménien , et c’est un peu à son contact et à son expérience que j’ai compris que un + un ça fait un autre qui tient des deux ) , doit effectivement savoir de par son origine que le désespoir , ça se combat .

      5. @Juan Nessy,
        Si on y réfléchit ce principe CBDR-RC est un principe de réciprocité et de responsabilité de base qui dépasse donc largement le champ environnemental et qui n’est que du discours sans la politique et la volonté de le traduire en actes.
        Il n’est pas si flou que ça depuis l’accord de Paris de 2015, car c’est sur cette base que les pays ont proposé des contributions nationales « volontaires » (les NDC) révisables. Ces documents étant certes non juridiquement contraignants.
        Maintenant la trajectoire en 2018 est, à ce jour, toujours hors des clous pour le+2°C global max en 2050.

        Loin de moi l’idée de penser que tout ça n’est une question purement thermodynamique. (Ou alors qu’Hari Seldon se lève et nous montre son système d’équations).
        Sur ces « outils économiques » de taxe carbone et échanges de quotas d’émission il faut bien tenter d’analyser et mettre les mains dans le cambouis (du moteur, de la chaîne de vélo etc). C’est la réponse économique actuelle privilégiée, la compléter par la gratuite serait une excellente chose, mais Benoit n’a pas eu l’autorisation de ses parents pour en discuter.

      6.  » qui n’est que du discours sans la politique et la volonté de le traduire en acte … »

        Je ne vous le fais pas dire ( un peu écrire , si !) .

        Admettons que ce soit une clé de voûte cependant : en quoi le concept vous semble -t-il répondre idéalement à la notion de « réciprocité » à trois faces énoncée par Dominique Temple ?

        PS : je suis bien d’accord qu’il faut forger des outils pour canaliser la bête , surtout s’ils sont un minimum pertinents ; ce qui me titille , c’est que l’engouement potentiel pour le nouveau né conceptuel à peine balbutiant , tienne lieu de paravent pour oublier que tout est d’abord d’harmonie ou de détestation humaines . Je range l’avancée « boîte à outils  » que vous défendez , dans ma rubrique  » codes  » qui n’est pas la rubrique  » désirs » Toujours l’histoire de l’œuf et de la poule ;

    1. Les économistes de l’environnement abordent ça avec « l’internalisation des externalités  » par une taxe carbone globale+ des permis d’échange… ça progresse mais c’est pas encore gagné…

      1. Qui calcule la taxe et comment ?
        Qui délivre les permis d’échange et selon quels critères ?

        Bref le progrès , réduit à cette vision , ce devrait être plutôt dans la transparence et mesure de la taxe qui ne soit pas , comme le prix , dans un jeu de rapport de forces , mais dictée par la seule puissance publique dans le cadre de projet de VIE voulue et éclairé par la démocratie , ce qui détermine alors , dans le même projet , les « permis d’échange « .

        Au passage on reconnait l’ économie de marché (échanges ) , le libéralisme reçoit un petit coup de lime , mais que devient le capitalisme ?

      2. « Un gouffre ne se franchi pas en deux bonds »

        Si on agit progressivement le système s’adapte et contourne.

        Il y a un truc à casser.

      3. Encore une usine à gaz technocratico-comptable qui ne nous fera pas sortir du cadre et changer de paradigme.

      4. Qui calcule la taxe: les gouvernements.
        Le base du calcul pour la France c’est le rapport Quinet en 2009. (la valur tutélaire du carbone.
        http://www.ladocumentationfrancaise.fr/var/storage/rapports-publics/094000195.pdf
        Mais l’instauration date de 2014 avec la contribution climat energie (pour les combustibles fossiles seulement).
        https://fr.wikipedia.org/wiki/Taxe_carbone_en_France
        A note que la loi de finnace de 2018 nous met dans les clous de la valeur du rapport quinet pour 2010 à Savoir 100€/TCO2 (LeMaire est un ecologiste qui s’ignore ;-D).
        A l’international c’est le rapport Stiglitz Stern de 2017. 100€ la TCO2e en 2030 (idem rapport quinet)
        http://www.carbone4.com/publication-rapport-stern-stiglitz-document-de-reference-tarification-carbone/
        https://static1.squarespace.com/static/54ff9c5ce4b0a53decccfb4c/t/59b7f2409f8dce5316811916/1505227332748/CarbonPricing_FullReport.pdf

        Les permis d’échange cela existe déjà c’est le système EU-ETS (Exchange trade scheme, qui couvre environ 50% des émissions de l’UE), ça ne marche pas encore très bien.
        https://ec.europa.eu/clima/policies/ets_en

        Pour un panorama mondial:
        https://www.connaissancedesenergies.org/prix-du-carbone-marches-et-taxes-ou-en-est-170721
        Apres pour la convergence au niveau Mondial tout est question de volonté, de courage et de taux d’actualisation, et d’impeachment ;-D.

      5. @Arnaud :

        Merci de l’Écho et de la structuration de la réponse . Je prendrai le temps d’éplucher plus avant .

        Réduit à la lecture de votre texte et à ma première critique , les interrogations immédiates sont cependant :

        – Si des règles de calcul existent , tout s’exprime-t-il bien en carbone ?
        – si des règles de calcul existent , quel est le projet de vie plus ou moins « universel » qui permet d’en déterminer le souhaitable , le supportable , l’interdit , le suivi et les sanctions ?
        – c’est visiblement la traduction en terme « d’échanges » qui patine à l’usage , et ça n’est pas étonnant si en fait il s’agit d’échanger entre entités qui ont des « projets de vie » différents si ce n’est opposés .

        En plus court , est ce que les aspects intéressants de l’outil ne cache pas l’absence de désir de sen servir vraiment ?

      6. Oubli :

        Quel serait votre réponse à mon interrogation sur la disparition ou maintien du capitalisme dans ce scenario ?

      7. Tout s’exprime en Tonne équivalent CO2, (TCO2e ou TeCO2) puisqu’il y a plein de gaz qui contribuent à l’effet de serre -GES- et qui ne contiennent pas toujours du carbone (Ex N2O, SF6..) . le CO2 reste cependant le contributeur majoritaire de l’effet de serre. On dit taxe « carbone » par facilité (pour être juste il faudrait dire « taxe sur les émission de gaz à effet de serre d’origine anthropique ).

        L’idée est d’internaliser l’externalité négative que constituent les émission de gaz à effet de serre.
        De prendre en compte la dégradation de l’environnement. A supposer bien sur qu’on soit capable d’évaluer le dommage et de le traduire en composante du prix.
        On reste cependant dans un cadre économique capitaliste et d’économie de marché éventuellement « corrigée ». Est ce que c’est mieux: oui. Est ce que ça suffit à lui seul : non. Il faut des systèmes d’encadrement des quantités via des quotas d’émission et d’échanges éventuellement dégressifs dans le temps pour fluidifier tout ça et permettre l’évolution sur un temps adapté aux enjeux.
        Donc bien sur que ça pose des problèmes en terme de projets de vie dans les pays et entre tous les pays…Et que c’est soumis à tout plein de rapports de force.
        Mais ces mécanismes adaptatifs ont l’avantage de pouvoir être partagés.

        En langage des négociations climatiques ça s’appelle le principe CBDR-RC: common but differentiated responsabilities and respective capabilities- (responsabilités communes mais différenciées et capacités respectives des états pour affronter le changement climatique). Principe évoqué dés 1992 dans la création de la convention cadre des nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC-UNFCC).
        A titre d »objectif grossier il faudrait que les émissions annuelles de GES des pays développées soient réduites de 75% en 2050 (facteur 4) et passer en émissions « négatives » en 2100 (séquestration) pour pouvoir limiter le réchauffement à 2°C. Ça ce sont les modèles des rapports 3 et 4 du GIEC qui le disent (la dynamique des émissions + les modèles physique).

        Il y a aussi bien d’autres outils normatifs voire autoritaires dont Paul Jorion a parlé sur BFMTV (Chine, fermeture d’usines, interdiction de l’utilisation du charbon chez les particuliers) etc.

        Réecouter Claire Nouvian dont je parlais en réponse à Gudule.
        Elle en parle très bien du problème de notre cerveau pour concevoir les catastrophes d’autant plus quand l’effet est retardé dans le temps. Masi que quand même par étique, même si ce’st foutu il FAUT AGIR.
        Je recommande vraiment l’ecoute.
        https://www.franceinter.fr/emissions/une-journee-particuliere/une-journee-particuliere-29-avril-2018

    2. Et puis un détail : Qu’est ce qu’on propose à ceux qui on TOUT misé sur le feu d’artifice énergétique ( typiquement Dubaï )…

      You loose ?

      Y vont pas facilement retourner garder des chèvres. ….

    3. Je recommande le livre  » le choix du feu  » d’Alain Gras » une recherche sur les origines de notre penchant irraisonne pour les solutions thermiques.

      Finalement le thermique s’impose au XIX comme LA science alors qu’il y en a d’autres Terre Eau Vent….exactement comme la fausse science économique devient la mesure du monde aujourd’hui. Nous allons de vision étriquée en vision étriquée. …tachons de faire mieux la prochaine fois !

      1. Tu fais erreur Thomas, nous vivons dans un monde de puissance, sans commune mesure avec ce qu’on peut tirer du vent et du soleil. Personne n’est prêt à revenir au 17ème siècle . J’ai un peu de mal avec les calculs physique, dès que ça devient un peu compliqué, mais peut-être Timotia peut nous aider ! : je m’étais fixé l’idée de voir le diamètre d’un cylindre/piston tirant son énergie uniquement de la pression atmosphérique, soit environ 1kg/cm² pour qu’il puisse fournir l’électricité consommée par un ménage pendant 1 an. Je ne me souviens plus exactement, mais c’était totalement impossible : plus d’un km de diamètre. Les moulins, le soleil, c’est encore moins.
        en matière d’énergie, il faut avoir quelques graphiques en tête, pour avoir une idée des ordres de grandeur. J’en ai mis un en ligne ici sur findutravail.net

    4. Thomas, qu’est ce que tu veux dire exactement, quand tu dis « le parti qui part avec ce programme doit être prêt à faire du hors piste (et il faudra bien prévenir les électeurs..) » ?

      Jamais un tel programme ne sera possible en France. Les français ne se laisseront jamais brutaliser comme les chinois en ce moment, chez qui on enlève de force les poêles à charbons, peu importe si les enfants crèvent de froid. Un programme comme ça, c’est le blocage total immédiat en France, c’est totalement impossible.

      J’ai un meilleur programme à proposer : la gratuité sur l’essentiel, et l’abandon total de la publicité sur les moyens de communication de masse, pour libérer l’information de la propagande, et en même temps, mettre le paquet sur la recherche en matière d’énergie, sans ne fermer aucune porte. C’est déjà un sacré remède de cheval à faire avaler à la société, crois moi…mais avec un peu de chance, il n’y a pas e catastrophe économique majeure, et les gens s’y retrouvent…

      1. Ça parait évident au premier abord , mais je serais preneur d’une dissection plus acérée par Dominique Temple , au regard de ce qu’il appelle la réciprocité trinitaire , par exemple .

  6. Paul jorion fait son rebelle voyant incompris mais ne peux s’empêcher de s’afficher dans les médias mainstream et dominer avec du social traitre.

    Dommage, comme quoi, compétence, intelligence et éthique ne suffit pas, encore faut il avoir du courage, surtout d’où l’on parle !

    1. Mouarfff ! Mouarfff ! Mouarfff !

      J’adore les pseudos de Troll ! Ils veulent masquer leur identité mais n’arrivent jamais à cacher qui ils sont ! Vous vous souvenez de « L’Enfoiré » ?

      « Dommage », c’est pas mal, mais « déçu » c’est encore mieux comme je l’ai rappelé récemment : vous avez « toujours adoré » ce que j’écrivais mais ma présence « dans les media mainstream » vous a « maintenant déçu ». Comme je suis chroniqueur au Monde depuis 10 ans, le franc a pris un moment à tomber dans votre cas !

      Et leur vocabulaire pittoresque ! Vintage dans ce cas-ci : « social traitre » ! On l’avait oublié celui-là, mais il fleure bon son procès stalinien ! Que de souvenirs !

      Merci Mouarfff !

      1. Le problème c’est que dans l’optique ou on reste en démocratie rien n’est faisable sans eux… Alors de deux chose l’une les manipuler ou les changer? Dans les deux cas c’est pas très reluisant… Profitez en pour voir ce qu’en pense Hamon 😉

    2. Et comme toujours, cachant leur véritable identité derrière des masques, sous des cagoules, comme des arnaqueurs perfides et perfides qui s’assurent que la gauche est toujours divisée. De l’ETA à l’IRA, des FARC à l’ELN, de Rote Armee à Brigate Rosse, en passant par les zapatistes du Chiapas : les arnaqueurs. Il est incompréhensible que l’accès soit accordé à ce genre de traîtres, incompréhensible les arguments, également ici sur le blog, qu’il est parfois nécessaire pour les personnes dans des positions dites « hautes » de se cacher, et ensuite d’être en mesure de faire entendre leurs remarques ici. En tant que président du syndicat européen des appelés, dans les années 1970, je les ai expulsés de la salle sans pardon, dans la rue. Pour que les gens ordinaires puissent voir qui est vraiment l’avant-garde du prolétariat (les léninistes marxistes) : les lâches.

  7. Si l’union progressiste est aussi longue à venir que le communiqué annoncé pour demain depuis trois jours , c’est un peu pénible …

    Ecoute chéri ,je suis presque prête , ça fait une heure que je te dis que j’en ai pour dix minutes !

      1. Ces choses là , ça va , ça vient , et les allemands eux même , à l’époque napoléonienne, chantaient ( en allemand ) quelque chose comme :

        A Leipzig ,
        Metternich ,
        nous a tous félicités
        pour avoir ,
        sans l’savoir ,
        manqué de faire un prisonnier .

        Avançons lentement ,
        avançons lentement ,
        et laissons les vaillants ,
        marcher en avant …

      2. @ Juannessy
        Oui, ça va, ça vient.
        Il n’y a pas de nations pas essence guerrières ou pleutres.
        Ni plus que d’individus d’ailleurs.

  8. Si vous arrivez à lui faire admettre une sortie immédiate et inconditionnelle du nucléaire quitte à déroger à la cop (le réchauffement on y aura droit de toutes façon et ne pourra y faire face avec le nucléaire) . On pourra peut être commencer à le prendre au sérieux …

  9. En tout cas, la mairie de Vancouver a agi et a un bilan plutôt prometteur. Puisse-t’il inspirer d’autres grands centres urbains dans le monde.

    Le maire de Vancouver a lancé, en 2011, un plan zéro déchet, zéro carbone, etc.. en y impliquant des citoyens et en réalisant aussi des travaux de transformation (transports, énergie, urbanisme..)

    Eau et changement climatique : les alternatives existent !
    « En 2015, un bilan mi-parcours du plan « Greenest City » permettait d’observer plusieurs avancées :

    « 200 bornes ont été installées pour charger les voitures électriques
    la ville compte aujourd’hui 275 km de pistes cyclables
    le nombre de kilomètre parcourus en voiture a diminué de 21% par personne depuis 2007
    50 % des déplacements sont faits à pieds, à vélo ou en transports en commun
    37 000 arbres ont été plantés depuis 2010
    les habitants de Vancouver consomment 36% de plus de produits locaux depuis 2010
    3 nouveaux espaces verts ont été installés en 2014
    les déchets solides à enfouir ou à incinérer ont été réduits de 18% depuis 2008
    une réduction de 16% de l’eau totale consommée depuis 2006.
    La dynamique actuelle, lancée par la volonté politique, a permis de fixer de nombreux objectifs dans un pas de temps assez court. Parmi les 10 objectifs fixés, certains ont réussi, ou sont en passe d’être atteints. D’autres, comme la réduction des émissions de GES, dépendent de plusieurs acteurs dont les industries et se font plus durs à atteindre. »

    https://blogs.mediapart.fr/francelibertes/blog/150917/eau-et-changement-climatique-les-alternatives-existent-n-10

    1. Saluons ces initiatives, avec un bémol cependant.
      La voiture électrique, c’est bien pour le problème de la qualité de l’air en ville, mais c’est repousser le problème de la production d’énergie et de ses nuisances à la campagne.
      Ça m’agace un peu, voire beaucoup, de croiser dans ma ville des véhicules municipaux estampillés « verts » parce qu’ils sont électriques ou roulent aux agrocarburants. Je leur collerais bien un autocollant « je roule au nucléaire » ou « je roule au glyphosate ».

      1. @Arkao
        Voui, d’ailleurs, on roule tous avec le gros nautocollant écrit en grosses lettres rouges sur fond blanc et collé sur son nautomobile : « ya know what man ?
        My petrodollar big gloutono do it better ! And I’m proud of it ! »
        Ni plus, ni moins, isn’t it ? 😉

      2. Oui tout à fait, la voiture électrique ou agromachin ou hydrotruc ne sert (ou servirait) qu’à une chose, continuer à en vendre le plus longtemps possible… 🙂

    2. Yes Gudule.
      Dans une emission de radio entendu Claire Nouvian de l’association Bloom;
      Elle rappelait cette citation du philosophe allemand Günther ANDERS, 1997. Et si je suis désespéré, que voulez-vous que j’y fasse ?
      « Le courage ? Je ne sais rien du courage. Il est à peine nécessaire à mon action. La consolation ? Je n’en ai pas encore eu besoin. L’espoir ? (…) Par principe, connais pas. Mon principe est : s’il existe la moindre chance, aussi infime soit-elle, de pouvoir contribuer à quelque chose en intervenant dans cette situation épouvantable dans laquelle nous nous sommes mis, alors il faut le faire. »
      Je me suis dit qu’il fallait rajouter ça sur mes listes de lecture (avec Défense du genre humain bien sur).
      https://www.franceinter.fr/emissions/une-journee-particuliere/une-journee-particuliere-29-avril-2018

      1. @Arnaud

        Joli. Oui ! Pourquoi faudrait-il avoir une « raison » pour être ce que l’on est, tout simplement ?

        « You can’t always get what you want
        But if you try sometimes you might find
        You get what you need »
        R. Stones.

        « Créer, c’est vivre deux fois. ”
        A.Camus

      2. Il faut être bien fier pour se dire exempt de désespoir .

        Et courageux pour ne pas succomber à la soit disant évidence du néant .

        Humain , trop humain ?

        Humain .

  10. Source : New York Times, 12 juin 2018

    quote

    ¨Un Quisling et ses facilitateurs¨

    Par: Paul Krugman, chroniqueur d’opinion

    Il ne s’agit pas de savoir si Donald Trump est un quisling – un politicien qui sert les intérêts des maîtres étrangers aux dépens de son propre pays. Tout doute raisonnable sur cette réalité a été dissipé par les événements de ces derniers jours, lorsqu’il a défendu la Russie tout en attaquant nos alliés les plus proches.

    Nous ne connaissons pas la motivation de Trump. Est-ce du chantage ? Corruption ? Ou simplement une sympathie généralisée pour les autocrates et la haine pour la démocratie ? Et nous ne le saurons peut-être jamais : S’il met fin à l’enquête Mueller et que les républicains conservent le contrôle du Congrès, le camouflage peut durer indéfiniment. Mais ses actions racontent l’histoire.
    Comme je l’ai dit, cependant, ce n’est pas une colonne sur Trump. Il s’agit plutôt des personnes qui permettent sa trahison de l’Amérique : le cercle interne des fonctionnaires et des personnalités des médias qui sont prêts à le soutenir quoi qu’il dise ou fasse, et l’ensemble des politiciens – essentiellement toute la délégation républicaine au Congrès – qui ont le pouvoir et l’obligation constitutionnelle d’arrêter ce qu’il fait, mais qui ne lèveront pas le petit doigt pour défendre l’Amérique.

    Il est important de comprendre que le combat que Trump choisit avec nos alliés ne concerne pas un véritable conflit d’intérêts – parce qu’ils ne font pas, en fait, les choses qu’il les accuse de faire. Non, le Canada et l’Europe n’imposent pas de « tarifs massifs » sur les marchandises américaines : La grande majorité des exportations américaines entrent au Canada en franchise de droits de douane, et le tarif européen moyen n’est que de 3 %. Ce sont des faits simples, et non des questions discutables.
    Trump justifie donc sa tentative de détruire l’alliance occidentale en accusant nos alliés de méfaits qui n’existent que dans son imagination.

    On peut dire la même chose de son affirmation selon laquelle Justin Trudeau du Canada l’a trahi d’une façon ou d’une autre et a miné le sommet du Groupe des Sept. En réalité, les remarques de Trudeau à la fin de la conférence ont été retenues et conventionnelles, affirmant simplement – comme tout leader normal – qu’il défendrait les intérêts de sa nation. Le Trump rage-tweet qui a suivi répondait à une insulte qui, comme ces « tarifs massifs », n’existe que dans son imagination.

    Mais c’est Trump, un homme dont la présidence a été marquée par environ sept fausses déclarations par jour en fonction. Qu’en est-il de ses fonctionnaires?
    Eh bien, ils ont agi comme les courtisans dans la vieille histoire des nouveaux vêtements de l’empereur. (Le nouveau postiche de l’empereur?) Si le patron dit quelque chose dont la fausseté est évidente pour tous ceux qui ont des yeux à voir, ils prétendent croire sa version.

    Larry Kudlow, l’économiste en chef de l’administration (en fait « économiste », mais c’est une autre histoire) est donc passé à la télévision pour déclarer que Trudeau nous a « poignardé dans le dos ». Peter Navarro, l’expert en chef de l’administration en matière de commerce ( » expert « ) est allé encore plus loin, répétant le coup de poignard dans le dos et déclarant que Trudeau fait face à un  » endroit spécial en enfer « .

    Vous vous souvenez quand les gens imaginaient que Trump serait retenu par des officiels qui mettraient un frein à ses pires pulsions ? C’est peut-être ce qui s’est passé pendant quelques mois, mais à ce stade, il est entièrement entouré de flagorneurs qui lui diront tout ce qu’il veut entendre.

    Pourtant, l’Amérique n’est pas encore une monarchie, du moins pas encore. Le Congrès a le pouvoir de contrôler un président qui semble trahir son serment d’office. Il peut même l’éliminer; mais à défaut de destitution, il existe de nombreuses façons pour les membres du Congrès d’agir pour contraindre Trump et limiter les dommages qu’il fait.

    Mais le Congrès est contrôlé par les républicains. Et leur réponse à un président dont les actions ne sont manifestement pas seulement anti-américaines mais anti-américaines a été…. quelques tweets tristes d’une poignée de sénateurs qui sont mécontents du comportement de Trump mais qui ne veulent rien faire de réel. La plupart des républicains ne sont même pas allés aussi loin : Ils se taisent, c’est tout.

    Pourquoi les politiciens républicains refusent-ils de s’acquitter de leurs responsabilités constitutionnelles ? Relativement peu d’entre eux, on le soupçonne, veulent une guerre commerciale, sans parler de la rupture de l’alliance occidentale. Et beaucoup d’entre eux, on le soupçonne aussi, sont bien conscients qu’un agent étranger de facto siège dans le Bureau ovale. Mais ils sont immobilisés par une combinaison de vénalité et de lâcheté.

    D’un côté, les réductions d’impôt pour les riches sont devenues la priorité absolue pour le G.O.P. moderne, et c’est ce que Trump leur donne, de sorte qu’ils sont prêts à laisser tout le reste glisser.

    De l’autre côté, la base du parti aime vraiment Trump, non pas pour ses politiques, mais pour la cruauté performative dont il fait preuve à l’égard des minorités raciales et la façon dont il met son pouce dans les yeux des « élites ». Ainsi, tout politicien républicain qui prend position au nom de ce que nous avions l’habitude de considérer comme des valeurs américaines fondamentales risque fort de perdre sa prochaine primaire. Et d’après ce que nous pouvons dire, il n’y a pas un seul républicain élu prêt à prendre ce risque, peu importe ce que fait Trump.

    Ce que tout cela nous dit, c’est que le problème auquel l’Amérique est confrontée est beaucoup plus profond que l’horreur personnelle de Trump. L’un de nos deux principaux partis semble être désespérément, irrémédiablement corrompu. Et à moins que ce parti ne perde non seulement les élections de cette année, mais commence à perdre régulièrement, l’Amérique telle que nous la connaissons est terminée.

    unquote

    1. Plus que des flagorneurs ou une cour moderne, le suivisme derrière Donald illustre la puissance contagieuse des névroses et c’est bien plus emmerdant parce que cette mécanique là va vite et partout.

      1. Tout ça se réveillera comme dit Paul, dans la gueule de bois d’un suicide individuel ou collectif….

  11. Source: NRC Handelsblad, Amsterdam, le 8 juin 2018.

    quote

    Le nettoyage d’un site sinistré est ‘mikado sur l´ensemble du tableau’
    FUKUSHIMA

    Sept ans après la catastrophe nucléaire de Fukushima, le nettoyage bat toujours son plein. Wim Turkenburg est allé voir l’endroit contaminé.

    Par notre rédacteur en chef Paul Luttikhuis

    UTRECHT. Près du réacteur 3 de la centrale nucléaire de Fukushima Dai’ichi, le rayonnement dans le bus s’élevait parfois à 40 microsieverts par heure, dit le professeur émérite Wim Turkenburg. Récemment, en collaboration avec l’organisation environnementale Green Cross International, il a visité la centrale électrique au Japon, qui a été gravement endommagée lors d’un tremblement de terre en 2011.

    « Chez moi, à Amsterdam, le rayonnement est d’au plus 0,075 microsieverts « , explique Turkenburg, dans une étude approfondie dans le bâtiment Unnik de l’Université d’Utrecht. « Les hommes qui travaillaient à l’extérieur dans des combinaisons blanches de protection dans les bâtiments du réacteur reçoivent jusqu’à 40 à 100 microsieverts par heure. Les réacteurs de Fukushima ont explosé en mars 2011, après qu’un tremblement de terre et un tsunami ont frappé la région. Il s’agissait du troisième accident grave après Harrisburg et Tchernobyl impliquant une centrale nucléaire en plus de 30 ans. Le désastre s’est produit au ralenti, et devant les yeux du monde entier. Pendant des semaines, Turkenburg a été un invité presque quotidien dans la salle de rédaction.

    Comme une sorte de météorologue, il expliquait en studio, à l’aide de graphiques et de cartes, ce qui se passait ces dernières heures et ce qui nous attendait peut-être encore. La centrale avait été gravement endommagée par le tremblement de terre et s’était éteinte. Mais cela a également stoppé l’approvisionnement en électricité que l’électricité fournie pour les pompes de refroidissement. En raison du tsunami, les générateurs d’urgence ne fonctionnent plus.
    Le black-out total a conduit dans les jours suivants à une chaîne de réactions : fonte des crayons de combustible, incendie, explosion d’hydrogène et propagation de grandes quantités de radioactivité dans l’environnement. Sept ans plus tard, les travaux de nettoyage battent toujours leur plein, dit Turkenburg. En particulier, le nettoyage et le contrôle des réacteurs les plus touchés par la catastrophe est extrêmement compliqué. « Le noyau a fondu dans trois réacteurs. Le combustible peut avoir pénétré le fond de béton jusqu’à deux mètres de profondeur. Tout y est si fortement radioactif que les gens n’y ont que peu ou pas d’accès. Le travail se fait à distance avec des robots. Au-dessus des cuves du réacteur et des bains de refroidissement voisins, qui contiennent encore de nombreux crayons de combustible, se trouvent une variété de junk – des tiges d’acier, des piquets d’aluminium de l’intérieur partiellement effondré. Vous devez d’abord l’enlever avant de pouvoir atteindre le carburant. C’est une sorte de grand mikado. Si la matière se déplaçait et que les barres de combustible étaient endommagées au cours du processus, une autre catastrophe nucléaire pourrait facilement se produire. Pendant ce temps, les réacteurs et les bains de refroidissement sont refroidis en permanence par un système de refroidissement provisoire car le système de la centrale elle-même ne fonctionne plus. « Ils injectent environ trois mètres cubes d’eau par heure dans chacun des noyaux du réacteur, qui ne chauffent donc pas plus de 25 degrés Celsius « , explique Turkenburg. « Cette eau revient du réacteur fortement radioactif et est nettoyée au mieux dans une usine spécialement construite à cet effet. L’eau est toujours réutilisée. Mais comme il y a des fissures dans les fondations, l’eau souterraine s’écoule constamment. Selon la quantité de précipitations, il est maintenant d’environ 150 à 200 mètres cubes par jour. Celle-ci se mélange à l’eau de refroidissement, laissant de l’eau radioactive tous les jours. « Il y a déjà un millier de barils de 1 000 mètres cubes d’eau chacun. On en ajoute un tous les six jours. Ils peuvent continuer à le faire jusqu’en 2020, mais il n’y aura plus de place. Et l’empilement n’est pas autorisé, en raison du danger de tremblements de terre.¨

    Dans une région de la taille de la province d’Utrecht autour de la centrale électrique, des travaux de nettoyage du sol sont encore en cours. « En 2015, il y avait de grands sacs de terre polluée partout, le long des routes, dans les jardins, dans les prés. Celles-ci ont été transportées à un endroit central où un incinérateur spécial a été construit. C’est là que tout est séparé. Le sol et les cendres de l’incinérateur sont stockés centralement jusqu’à ce que l’intensité du rayonnement soit inférieure à 8 000 becquerels par kilo. Dans ce cas, il ne sera plus qualifié de radioactif. Ils veulent l’utiliser pour les routes et les fondations.¨

    Sûrement ou non, ces mesures ne contribuent pas à rétablir la confiance du public. Après la catastrophe, 160 000 personnes ont dû quitter la zone contaminée. Il n’y avait pas de plan d’évacuation parce que, selon le gouvernement, une telle catastrophe ne se produirait jamais. Beaucoup d’évacués vivent encore dans de petites maisons en conteneurs, dit Turkenburg. Cette fois, il a visité le village de Katsurao, où vivaient quelque 1 600 personnes avant la catastrophe. « Le maire, comme une sorte de rat-catcher de Hamelin, a emmené ses habitants avec lui immédiatement après la première explosion d’hydrogène, loin de la centrale électrique, vers la ville de Fukushima et plus tard, à 50 kilomètres de là. Il a reçu un prix de l’ONU pour cela. Le village est en grande partie situé dans la zone qui a été relâchée, maintenant 800 kilomètres carrés. Mais seulement 220 personnes sont revenues, dont une quinzaine d’enfants. Aujourd’hui, ils jouent au ping-pong, parce qu’une équipe de football ne peut plus les mettre ensemble. Turkenburg comprend bien leurs préoccupations. « Le gouvernement a augmenté le niveau de rayonnement maximal acceptable de 1 à 20 millisieverts par an. Je ne voudrais pas que mes petits-enfants y soient exposés – le risque qu’ils contractent une tumeur due à ces rayonnements et meurent d’un cancer dans 20 ans est cinq à dix fois plus élevé que chez les adultes.¨

    Une organisation gouvernementale spéciale surveille de près l’état de santé des personnes évacuées. Déjà 1 500 personnes – près de 1 % – sont mortes du stress, de la solitude, de l’alcool et du suicide. « Beaucoup de familles sont déchirées¨, dit Turkenburg. « Les mères vivent souvent loin de la centrale électrique avec leurs enfants, tandis que les pères de la zone contaminée travaillent à la centrale – il n’y a pas grand-chose d’autre à faire. Les liens sociaux ont disparu et il n’y a aucune perspective d’avenir. Le dilemme est donc: évacuation ou radiation ? ¨
    Les coûts s’élèvent maintenant à plus de 200 milliards d’euros. L’environnement finit par devenir vierge et propre, a promis le gouvernement japonais. Mais si elle réussit un jour, il faudra certainement encore trois décennies. En attendant, les experts espèrent, selon le Turkenburg, qu’il n’y aura pas d’autres tremblements de terre et tsunamis similaires. La catastrophe nucléaire que cela provoquerait pourrait bien être plus importante que la précédente.

    Curriculum Vitae de Wim Turkenburg, ‘monsieur Energie Nucléaire des Pays-Bas’.
    Wim Turkenburg (1947) a étudié la physique, les mathématiques et l’astronomie à Leyde. Il est professeur émérite de science, technologie et société à l’Université d’Utrecht. De 2001 à 2011, il a dirigé l’Institut Copernicus pour le développement durable. Il a été co-auteur de Global Energy Assessment -Toward a Sustainable Future (2012).

    unquote

    1. Et oui le nucléaire n’est pas vraiment une énergie propre. Les émissions de GES non plus.
      On est actuellement plus sur du +4°C. Les conséquences de ceci sont incomparables avec la somme de tous les accidents liés à l’énergie nucléaires réunis (on peut même rajouter les essais nucléaire militaires).
      Mais réduire le changement climatique aux choix en matière d’énergie n’est qu’une partie du problème. Mais ça ne suffit pas.

      1. Qu’on soit a +4 avec le nucléaire ou + 4,1 sans je ne suis pas sur qu’on notera la différence, par contre si on ajoute aux morts du changement climatique ceux du nucléaire ça fera une grosse différence (surtout pour ces derniers). Donc rester dans le nucléaire pour gagner 0,1% sur le changement climatique et une totale absurdité et il se trouve des gens qui sont ministre pour soutenir ce point de vue! Et des français pour le gober (c’est ça le plus inquétant…).
        Nota : pour faire face au changement climatique (pomper l’eau, refrigerer l’habitat, irriguer les cultures) il faudra énormément d’énergie, c’est le seul argument en faveur du maintient du nucléaire à ce stade. Mais il implique aussi une politique massive d’investissement dans des sources supplémentaires de production et de stockage, or on vas mettre l’argent dans le nucléaire pour simplement maintenir un semblant de sécurité à sa capacité de production, donc c’est encore une hérésie.
        Moralité un test de logique basique devrait être exigé avant d’entrer dans un ministère. comme ça on n’aurait plus de doute quand au conflit d’intérêt pour ne pas dire la corruption de certains…

      2. Comment comparer de façon rationnelle et chiffrée les conséquences respectives d’un réchauffement climatique hors norme et d’accidents nucléaires à répétition ?
        D’autant que les deux problèmes sont liés quand on connait la sensibilité des systèmes de refroidissement des centrales nucléaires à l’excès ou au manque d’eau.
        On en a déjà parlé, mais le champion toutes catégories de l’énergie « propre » c’est le petit hydraulique. Et ce qui est très con, c’est qu’au nom de la « restauration de la continuité écologique » des rivières, un vaste programme de démantèlement des seuils de moulins est en cours, au lieu de convertir ceux-ci en producteur d’électricité propre et locale.

      3. Dup ton raisonnement suppose qu’on fera + 4°C de toute façon.
        Mon raisonnement est que si on veut essayer de rester à +2°C alors le nucléaire sera utile, probablement nécessaire mais pas suffisant.
        Mais encore redisons le, le problème est beaucoup plus vaste que les sources d’énergie.

    1. Sans doute, à ce stade la difficulté d’assumer un vrai programme.
      https://www.generation-s.fr/idees/l'economie-au-service-de-la-societe

      Sur le site de Génération S je ne vois mentionnée ni débattue aucune mesure préconisée par Paul Jorion, seulement de grandes déclarations d’intentions. Il n’est ni question de RU ni de gratuité.

      Bon, j’espère me tromper, et que la raison de la déprogrammation est beaucoup plus prosaïque que ça …

      1. ça colle pas puisqu’ils ont été capables de décider d’un lieu, d’une date, et d’invités.
        Ou alors ils ont eu peur du démarrage de la coupe du monde….
        En tout cas c’est pas vraiment encourageant sur la dynamique et la volonté du mouvement.

      2. Arnaud,
        A vrai dire cette annulation, comme vous, me met en colère.

        Pendant ce temps là Macron cogne avec son droit et dit : eh les pauvres, prenez encore ça ! Parce que vous comprenez les pauvres nous coutent un « pognon dingue ».
        https://www.20minutes.fr/politique/2288855-20180613-pognon-dingue-pourquoi-elysee-fait-fuiter-video-emmanuel-macron
        Il en faudra plus que des boites à idées et des bidules participatifs à Génération-s pour créer un véritable mouvement politique et être de taille à s’affronter à un adversaire qui a d’ores et déjà fait son OPA sur la droite. Il se trouvait qu’il y a avait un intellectuel de haut vol prêt à apporter sa contribution, et l’on a jugé qu’il n’était pas encore temps de dialoguer …. c’est tout à fait incompréhensible. Va falloir mettre les bouchées doubles au prochain coup.

      3. Ça n’est sans doute pas la peine de s’exciter et de fantasmer . Paul Jorion sera le mieux à même de circonstancier cet épisode ;

        Si je devais cependant relier cet acte manqué et la dernière initiative de Macron , je dirais que voilà une occasion ratée d’apporter la réponse de gauche au  » constat » faussement naïf de Macron .

        Oui les inégalités se creusent en dépit du niveau actuel des efforts financiers de solidarité .

        La traduction de droite sera que les aides ne servent à rien , ou ,dans le meilleur des cas, doivent être « optimisées » , selon une méthode bien connue depuis quarante ans et qui , après avoir permis de tuer bien des services publics , s’attaque actuellement à la solidarité hospitalière .Une couche de droite supplémentaire sera de nous raconter que la vente des bijoux de famille s’impose à cause de ses efforts de solidarité .

        La traduction de gauche « aurait pu » être de remonter à l’aval et de nommer la source des inégalités et des raisons pour lesquelles elles se creusent inexorablement . Et donc , au delà des pansements qu’il faut maintenir , donner les clés de la prévention de la maladie .

      4. @Juannessy
        Enfin, « initiative », disons un tweet en direct live, non ?
        Un peu méthode ‘Trump le mégatroll’ finalement, mais ensuite, quid ?
        @Pierre-Yves Dambrine
        En fait son secrétariat à dû se tromper de cassette, il voulait dire ‘les riches nous coûtent etc..’
        Ah ma cassette, on a volé ma cassette !! 🙂

    2. Je m’aperçois que s’il faut remonter à l’aval , ça risque là aussi de prendre du temps .

      Remonter à l’amont bien sur , qui ne semble pas être l’Hamon du moment .

      Macron a peut être raison sur un point ( mais je doute que ce soit ce à quoi il pensait ) :

      Dans le système actuel il ne sert à rien de mettre beaucoup ou pas du tout …d’argent dans l’aide sociale , s’il s’agit vraiment de sortir les pauvres de la pauvreté ou d’éviter à ceux qui n’y sont pas encore d’y tomber .

      Mais , si l’on veut se soucier de Ricoeur plutôt que du Cac 40 , l’aide reste forcément nécessaire tant qu’on n’a pas déniché la source des inégalités et de la pauvreté . On y trouvera peut être que cette source explique aussi les drames de l’immigration .

      Il y a à parier qu’il y a une réponse de droite et une réponse de gauche à cette quête .

      Les réponses de Paul Jorion sont ( ou auraient pu être ) sur le marché des solutions .

  12. Sans doute que Génération.s a du juger qu’il fallait garder des forces disponibles pour d’autres forums (ceux de l’été ?) et par exemple se focaliser sur une université d’été où il est plus facile de faire foule avec un programme un peu plus préparé que sur cette opportunité « vite fait » en juin.

    On approche peut-être de la cuisine politique ordinaire ? Pas forcément mauvais signe si le mouvement doit marcher sur deux pieds…

    1. Sans doute ont ils du juger que chaque concession faite à Jorion en serait une faite au programme des insoumis en tout cas qu’ils serait considéré comme ça par les médias qui rêvent de pouvoir enfin faire de Jorion un Bolchévique de plus. M’est avis que le récent (et excellent il faut le reconnaitre) coup de poker de Sanchez en espagne qui d’une pierre 2 coups à écrasé la droite corrompue et muselé Podemos à redonné du peps à ce qui ressemblait jusque là plus à une association de socialistes anonymes qu’à un parti politique…

    2. Non, Timiota, je ne suis pas d’accord avec ta vue positive et gentille.
      Leur attitude est inexcusable et l’excuse d’une politique ordinaire ne passe pas non plus à mes yeux. De toutes façons du monde, ils en aurait eu avec les lecteurs et mais de Paul…
      Perso, j’aime pas ce nom de Génération.s avec ce clin d’œil idiot à l’écriture in.clusive. J’en suggère un autre : Décomposition.s

      1. En effet …. Je préchais le faux pour qu’on me répliquât le vrai (et idéalement par des informés de l’intérieur, sur les évènements de l’été : soit ils arrivent à décoller pour les Européennes en août, soit c’est torché mode « décomposition.s »),
        mais je suis bredouille pour l’instant.

  13. (( Hors sujet )) Pour F. LECLERC s’il passe par ici (et n’est pas déjà au courant..! ).
    Impossibilité d’accès à son site depuis au mois quatre heures..

    1. Rahan, fils des âges farouches vous écrit depuis le paléolithique:
      Eh les gars, c’est panique à bord pour quelques décimètres de niveau d’eau en plus ?
      De mon temps, c’était 80-100 mètres la variation entre périodes glaciaires et interglaciaires.
      https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/3/39/Sea_level_temp_140ky_Quaternary-fr.svg/530px-Sea_level_temp_140ky_Quaternary-fr.svg.png
      Faut dire que nous on étaient moins cons. On n’allaient pas s’agglutiner par millions sur le littoral et sur les berges des fleuves. Quand on fait le malin…

  14. TRUMP A TRANSFORMÉ LES MOTS EN ARMES. ET IL GAGNE LA GUERRE LINGUISTIQUE.

    DE ‘SPYGATE’ À ‘FAUSSES NOUVELLES’, TRUMP UTILISE LE LANGAGE POUR ENCADRER – ET GAGNER – LES DÉBATS. ET LA PRESSE FONCTIONNE COMME SON AGENCE DE MARKETING.

    Par George P. Lakoff et Gil Duran
    Source : The Guardian, Londres, mercredi 13 juin 2018

    Quote

    Donald Trump est un vendeur depuis près d’un demi-siècle. Il se vend maintenant lui-même, sa vision du monde et sa vision égoïste du droit et de la vérité. Ses principaux outils sont le langage et les médias. En transmettant fidèlement les mots et les idées de Trump, la presse l’aide à attaquer, et donc à contrôler la presse elle-même.

    Trump sait que la presse a un fort instinct pour répéter ses affirmations les plus scandaleuses, ce qui lui permet de mettre la presse au travail en tant qu’agence de marketing pour ses idées. Ses mensonges atteignent des millions de personnes par le biais d’une répétition constante dans la presse et les médias sociaux. Cela constitue une menace existentielle pour la démocratie.

    Le langage fonctionne en activant des structures cérébrales appelées  » circuits de cadre  » utilisés pour comprendre l’expérience. Ils deviennent plus forts quand nous entendons le langage actif. Une répétition suffisante peut les rendre permanents, ce qui change notre façon de voir le monde.

    Même la négation d’un circuit de cadre l’active et le renforce, comme lorsque Nixon a dit « je ne suis pas un escroc » et que les gens le considéraient comme un escroc.

    Les scientifiques, les spécialistes du marketing, les annonceurs et les vendeurs comprennent ces principes. Il en va de même pour les pirates informatiques russes et islamiques. Mais il est clair que la plupart des journalistes et des rédacteurs en chef ne le font pas. La presse est donc désavantagée lorsqu’il s’agit d’un super-vendeur doté d’une capacité instinctive à manipuler la pensée en 1) encadrant d’abord 2) en répétant souvent, et 3) en amenant les autres à répéter ses paroles en incitant les gens à l’attaquer dans son propre cadre.

    Le langage peut façonner notre façon de penser. Trump le sait. Voici quelques-unes de ses techniques de manipulation préférées.

    D’abord, il arme les mots. Le modificateur « malhonnête » a condamné Hillary Clinton sans procès. La répétition constante des médias a scellé le verdict. « Fausses nouvelles » proclame que les nouvelles sont fausses.

    L’utilisation de « faux » vise à délégitimer la presse elle-même. Trump utilise également des injures stratégiques pour miner l’enquête sur la Russie, la qualifiant de « chasse aux sorcières » par l' »État profond » dans une tentative de déplacer le blâme. C’est faux, mais quand la presse le répète, son récit l’emporte.

    Les médias ont perpétué un mensonge de Trump en répétant « spygate », ce qui a faussement caractérisé l’informateur du FBI comme un espion. Une fois faite, une telle erreur par la presse est difficile à corriger.

    Une correction immédiate possible aurait pu être d’utiliser « RussianSpyGate », en se concentrant à plusieurs reprises sur les contacts russes des assistants de campagne de Trump, Carter Page et George Papadopoulos, l’informateur du FBI vérifiant l’espionnage russe dans la campagne Trump. Cela aurait dû être fait et refait, avec des journalistes qui en parlent chaque fois qu’on utilisait le terme « spygate ». Ce n’est pas une solution facile.

    Ensuite, il y a ce que les spécialistes des sciences cognitives appellent des « exemples saillants » – des cas individuels bien connus, où une large publicité conduit le public à les considérer comme ayant une probabilité élevée et caractérisant une classe entière. Trump les transforme en stéréotypes armés. Il est un maître dans la diffamation de groupes entiers de personnes en tant que menteurs, violeurs, terroristes – ou, dans le cas des agences américaines d’application de la loi et de renseignement – agents de corruption.

    Il sait comment éviter d’assumer la responsabilité d’une réclamation. « Peut-être. » « Je ne sais pas. » « On verra bien. » Pourtant, la revendication a été faite et se maintient, sans aucune responsabilité à son égard.

    Dans ‘The Art of the Deal’, Trump discute de l’utilisation de l' »hyperbole véridique » – des affirmations exagérées suggérant une vérité significative. Son hyperbole peut être soit positif (« grand », « génial », « le meilleur ») pour ce qu’il aime, soit négatif (« un désastre », « le pire ») pour ce qu’il n’aime pas. « Le pire accord commercial de tous les temps » définit les accords commerciaux comme des « accords », où les « accords » sont considérés comme des jeux à somme nulle que l’on gagne ou que l’on perd – et gagner est le seul bon résultat. « Ça fait du bien de gagner ! » « Vous gagnerez tellement, vous vous sentirez fatigué de gagner ! »

    « Deal » et « gagner » ne sont pas que des mots. Ils sont au cœur de sa vision du monde. Ceux qui gagnent méritent de gagner ; ceux qui perdent méritent de perdre. Ceux qui ne gagnent pas sont des « perdants ». C’est une version de la responsabilité individuelle, une pierre angulaire de la pensée conservatrice. Il y a une hiérarchie morale. Ceux qui gagnent sont meilleurs que ceux qui perdent.

    « L’Amérique d’abord  » signifie que l’Amérique est meilleure que les autres pays, comme en témoignent sa richesse et sa puissance. Et que la richesse et le pouvoir doivent être utilisés pour gagner – pour acquérir plus de richesse et de pouvoir dans tous ses « accords » – même avec nos alliés. Le pouvoir comprend le pouvoir d’intimider ou de punir – par exemple, d’imposer des tarifs ou de se retirer du traité – ou du moins de menacer si d’autres ne l’accompagnent pas.

    Les tweets de Trump ne sont pas aléatoires, ils sont stratégiques. Il en existe quatre types : 1) Encadrement préventif, pour obtenir un avantage d’encadrement. 2) Détournement, pour détourner l’attention quand les nouvelles pourraient l’embarrasser. 3) Déviation : Faire porter le blâme aux autres. Et 4) ballon d’essai – testez combien vous pouvez vous en tirer. Rapporter, et donc répéter, les tweets de Trump ne font que lui donner plus de pouvoir. Il y a une alternative. Rapporter les images vraies qu’il essaie de devancer. Rapporter la vérité dont il essaie de détourner l’attention. Mettez le blâme là où il doit être. Cassez le ballon d’essai. Rapporter ce que les stratégies tentent de cacher.

    Encerclé par l’enquête sur la Russie, Trump fait des heures supplémentaires pour déformer les faits, la loi et la réalité en général, pour son propre bénéfice. Alors que les actes d’accusation et les preuves s’accumulent en faveur d’une affaire de collusion entre Trump et la Russie lors des élections de 2016, il a clairement indiqué qu’il se considère au-dessus de la loi et de la vérité. En tant que président des États-Unis, tout ce qu’il dit – vrai ou faux – est fidèlement perroqueté par la presse. Cela doit changer.

    Trump soumet la démocratie américaine à un test brutal. Notre survie exige que la presse mette fin à sa complicité involontaire dans sa prise de pouvoir. La presse est devenue complice de Trump en se laissant utiliser comme amplificateur pour ses mensonges et ses cadres. Lorsque la presse donne à Trump le pouvoir absolu de dicter la couverture médiatique, elle abdique son rôle de pilier de la démocratie.

    Comment la presse peut-elle faire un meilleur travail ? Voici quelques suggestions de base :

    1. Tout d’abord, les journalistes doivent comprendre comment la propagande fonctionne sur le cerveau et saisir la science cognitive que les spécialistes du marketing de la propagande ont implicitement maîtrisé : les cadres, les métaphores, les récits et les bases du cerveau.

    2. Deuxièmement, il faut se concentrer sur le fait que la démocratie américaine est attaquée par une puissance étrangère, peut-être avec la collusion de la campagne du président en exercice. C’est une crise. Certaines règles ne s’appliquent pas en temps de crise, notamment la règle selon laquelle la presse doit amplifier les propos du président, quels qu’ils soient.

    3. Troisièmement, arrêtez de laisser Trump contrôler le cycle des nouvelles. La collecte de nouvelles devrait être une affaire sérieuse contrôlée par des rédacteurs en chef dont le pouvoir rivalise avec celui de n’importe quel politicien. Arrêtez de courir après ses tweets et d’élever tous les spectacles. Commencez chaque histoire par la vérité et le contexte de ce qui est vraiment important pour les citoyens dans une démocratie. Plus de BBC, moins de TMZ.

    4. Quatrièmement, ne répandez pas de mensonges. Ne privilégiez pas les mensonges de Trump en mettant leur langage spécifique dans les titres, les leads ou les hashtags. Ne répétez pas les mensonges en supposant que les gens sauront automatiquement qu’il s’agit de mensonges. Les gens ont besoin de savoir que le président ment, mais attention à ne pas répéter les mensonges, car « un mensonge répété assez souvent devient la vérité ». La répétition des mensonges les répand.

    Le travail de la presse libre est de rechercher la vérité et de rapporter la vérité, en particulier les vérités moralement importantes et leurs conséquences. Si la presse ne parvient pas à faire ce travail, non seulement elle perd sa liberté, mais nous le faisons tous.

    UNQUOTE

    Traduit avec, et grâce à http://www.DeepL.com/Translator, avec quelques corrections de ma part. B.à.v. tous, JL

    1. «Si la presse ne parvient pas à faire ce travail, non seulement elle perd sa liberté, mais nous le faisons tous.»
      Avec ce journaliste-là, c’est vraiment mal barré.

      Une erreur: Carter Page a été un informateur volontaire du FBI, un «good guy» selon le procureur ayant eu connaissance de ses affaires.
      Il est probable que George Papadopoulos , un modeste grouillot dans l’équipe de campagne de Trump, est hors du coup, victime (imbibée et prolixe) d’une manœuvre d’intoxication.

      Une perle: «Fausses nouvelles» proclame que les nouvelles sont fausses.» Je suppose que l’expression «nouvelles vraies» n’existe plus, comme tombée en désuétude ou non-vendeur. Pauvre journaliste qui doit faire le tri entre la vérité vraie, la vérité fausse et la Vérité… Les points -1 et -2 de l’article montrent que c’est vraiment mal engagé. « la règle selon laquelle la presse [ne] doit {pas] amplifier les propos du président, quels qu’ils soient. » est indispensable en tout temps, à pas seulement en cas de crise.

      Trump est un grossier personnage et un politique à la ramasse pour les intérêts à long terme des USA et du monde. La séquence qui a vu d’abord le refus de l’accord avec l’Iran qui offrait des garanties raisonnables de sécurité, puis l’échec du G7 qui ne porte préjudice qu’à des amis et alliés, enfin l’accord avec la Corée du nord sans engagement formel, ni sur la profondeur du désarmement, ni sur le délai, le montre autant que de besoin.
      L’intérêt de l’article, tendant à présenter Trump comme un artiste de la com et de la manipulation est donc hautement contestable. Trump est un minable dont la capacité de nuisance doit tout à son poste et rien à ses ‘qualités’. Rien ou plutôt pas grand’chose, parce que la faiblesse professionnelle des journalistes est un complice mécanique évident.

      En tant qu’Européens, il pourrait nous ré-apprendre que les États n’ont pas d’amis et seulement des intérêts, y compris collectifs, dépassant le plus souvent le cadre étroit de l’économie. C’est une leçon de réalisme utile.

      Il reste qu’il est le dernier d’une lignée présidentielle récente dont l’honnêteté et le courage n’ont pas été les qualités principales, par exemple Bush junior et surtout Obama. Le verrouillage de la com d’Obama est jusqu’à présent un succès mais un jour les archives nous diront pourquoi et comment il a ordonné l’assassinat de plus de 4000 personnes avec des drones armés dans la zone Afghanistan-Pakistan. Et pourquoi il a soutenu si longtemps et de toutes les façons Daech et autres coupeurs de têtes islamistes ‘modérés’ en Syrie.

  15. Je suis passé hier soir à La Concrète ; point de Benoît Hamon et de Paul Jorion, en revanche, il y avait un « after work » organisé par la banque Natixis…, il faut bien qu’ils dépensent le ‘pognon dingue’ qu’ils prennent en frais sur leur clientèle…, manant que je suis, je n’ai pas pu jouer l’incruste et profiter… !

  16. @Paul Jorion:

    1. ¨Tout me hérisse¨ qui ne voit pas des personnes qui pourtant étaient là…

    2. ¨Daniel¨ qui (a) lit des choses qui n´ont pas été écrites, et qui (b) nomme ¨journaliste¨ à George Lakoff qui est pourtant un expert scientifique et reconnu en liguistique cognitive..

    3. Et les DEUX, ¨Tout me hérisse¨ et ¨Daniel¨ se camouflant lâchement en dessous des psdeudonymes, tellement infantilement échappant de leur ¨Zivilcourage¨ ou ¨Bürgermut¨, disons un peu comme ces terroristes ¨Daech et autres coupeurs de têtes islamistes ‘modérés’ en Syrie.¨….

    Effectivement, Paul Jorion a raison, une autre fois: ¨L’odieuse méchanceté du monde¨.

    1. @Johan Leestemaker
      Je me suis sans doute présenté au mauvais endroit pour ce qui concerne la ‘Concrète’ !
      Quant au pseudo, il permet d’éviter ce qui pourrait être lié à l’homonymie, n’y voyez aucune intention maléfique…
      Paul Jorion sait qui se cache sous ce pseudo un peu humoristique.
      Vous-y allez un peu fort quant à la comparaison avec Daech… ?

  17. Quote

    Commentaire N° 475, 15 juin 2018
    « Le G-7 : un décès à célébrer »

    Une institution appelée le G-7 a tenu son assemblée annuelle les 12 et 13 juin 2018 à Charlevoix, Québec, Canada. Le président Trump était présent au début, mais il est parti tôt. Parce que les points de vue des deux parties étaient si incompatibles, le groupe des Six membres a négocié avec Trump la publication d’une déclaration assez anodine comme la déclaration conjointe habituelle.

    Trump a changé d’avis et a refusé de signer toute déclaration. Les Six ont ensuite rédigé une déclaration qui reflétait leur point de vue. Trump était en colère et a insulté les protagonistes de la signature de la déclaration.

    Cela a été interprété par la presse mondiale comme un snobisme politique réciproque par Trump et les six autres chefs d’État et de gouvernement qui y ont assisté. La plupart des commentateurs ont également soutenu que cette bataille politique marquait la fin du G-7 en tant qu’acteur important de la politique mondiale.

    Mais qu’est-ce que le G-7 ? Qui a inventé l’idée ? Et dans quel but ? Rien n’est moins clair. Le nom de l’institution elle-même a constamment changé, tout comme le nombre de membres. Et beaucoup soutiennent qu’il y a eu des réunions plus importantes, comme celle du G-20 ou du G-2. Il y a aussi l’Organisation de coopération de Shanghai qui a été fondée en opposition au G-7 et qui exclut à la fois les États-Unis et les pays d’Europe occidentale.

    Le premier indice des origines du G-7 en tant que concept est la datation de la naissance de l’idée du G-7. C’était au début des années 1970. Avant cette époque, il n’existait aucune institution dans laquelle les États-Unis jouaient un rôle égal à celui des autres nations.

    Rappelez-vous qu’après la fin de la Seconde Guerre mondiale et jusqu’aux années 1960, les États-Unis ont été la puissance hégémonique du système mondial moderne. Elle a invité aux réunions internationales qu’elle souhaitait pour des raisons qui lui étaient propres. Le but de ces réunions était principalement de mettre en œuvre des politiques que les États-Unis jugeaient sages ou utiles – pour eux-mêmes.

    Dans les années 1960, les États-Unis ne pouvaient plus agir de manière aussi arbitraire. On a commencé à s’opposer aux arrangements unilatéraux. Cette résistance était la preuve que le déclin des États-Unis en tant que puissance hégémonique avait commencé.

    Pour conserver son rôle central, les États-Unis ont donc changé de stratégie. Elle a cherché des moyens de ralentir ce déclin. L’un des moyens était d’offrir à certaines grandes puissances industrialisées le statut de « partenaire » dans la prise de décision mondiale. Il s’agissait d’un compromis. En échange de la promotion au statut de partenaire, les partenaires accepteraient de limiter la mesure dans laquelle ils s’écarteraient des politiques que les États-Unis préfèrent.

    On pourrait donc soutenir que l’idée du G-7 a été inventée par les États-Unis dans le cadre de ce nouvel accord de partenariat. D’autre part, un moment clé dans le développement historique de l’idée du G-7 a été le moment du premier sommet annuel des hauts dirigeants, par opposition aux réunions de personnalités de rang inférieur comme les ministres des finances. L’initiative n’est pas venue des États-Unis, mais de la France.

    C’est Valéry Giscard d’Estaing, alors président de la France, qui a convoqué la première réunion annuelle des hauts dirigeants à Rambouillet en France en 1975. Pourquoi pensait-il qu’il était si important qu’il y ait une réunion des hauts dirigeants ? L’une des explications possibles était qu’il y voyait un moyen de limiter davantage le pouvoir des États-Unis. Face à la négociation avec l’ensemble des autres dirigeants, chacun ayant des priorités différentes, les États-Unis seraient contraints de négocier. Et comme ce sont les principaux dirigeants qui ont signé l’accord, il serait plus difficile pour l’un d’entre eux de le répudier plus tard.

    Rambouillet a commencé une lutte entre les États-Unis et diverses puissances européennes (mais surtout la France) sur toutes les grandes questions mondiales. C’était une lutte dans laquelle les États-Unis ont fait de moins en moins bien. Elle a été sérieusement repoussée en 2003 lorsqu’elle s’est trouvée incapable, pour la première fois dans l’histoire, d’obtenir même la majorité des voix au Conseil de sécurité de l’ONU lorsqu’ils devaient voter sur l’invasion de l’Irak par les États-Unis. Et cette année, dans Charlevoix, elle s’est retrouvée incapable de s’entendre sur une déclaration commune banale avec les six autres membres du G-7.

    Le G-7 est à toutes fins pratiques terminé. Mais devrions-nous pleurer cela ? La lutte pour le pouvoir entre les États-Unis et les autres était essentiellement une lutte pour la primauté dans l’oppression du reste des nations du monde. Ces petites puissances seraient-elles mieux loties si le mode de fonctionnement européen l’emportait ? Est-ce qu’un petit animal se soucie de ce que l’éléphant piétine dessus ? Je ne pense pas.

    Vive Charlevoix ! Trump nous a peut-être tous fait la faveur de détruire ce dernier vestige majeur de l’ère de la domination occidentale du système mondial. Bien sûr, la disparition du G-7 ne signifiera pas que la lutte pour un monde meilleur est terminée. Pas du tout. Ceux qui soutiennent un système d’exploitation et de hiérarchie chercheront simplement d’autres façons de le faire.

    Cela me ramène à ce qui est maintenant mon thème central. Nous sommes dans une crise structurelle du système mondial moderne. Une bataille est en cours pour savoir quelle version d’un système successeur nous verrons. Tout est très volatil en ce moment. Chaque côté est vers le haut un jour, vers le bas le lendemain. Dans un sens, nous avons de la chance que Donald Trump est tellement stupide qu’il a porté un coup massif à son propre côté. Mais n’applaudissons donc pas Pierre Trudeau ou Emmanuel Macron, dont la version la plus intelligente de l’oppression est de combattre Trump.

    par Immanuel Wallerstein

    © Immanuel Wallerstein 1998, 1999, 2000, 2001, 2002, 2003, 2004, 2005, 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2014, 2015, 2016, 2017, 2017, 2018.
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    Unquote

    1. Il me semble très difficile de lire quoi que ce soit comme positif ou négatif dans un processus de décomposition. Wallerstein dit « Ils ne l’ont pas volé ! ». C’est vrai, mais ça s’apparente davantage à du cynisme qu’à de l’analyse.

  18. Petit exercice de politique-fiction qui n’engage que moi, « au coin du feu », ou plutôt au coin de l’écran de mon ordinateur.

    Il y a une chose qui pourrait fonctionner à gauche, pour la gauche d’ouverture, et réellement socialiste.
    C’est un tandem Ruffin-Hamon ou Hamon-Ruffin, avec à la clé un conseiller de haut vol, théoricien du capitalisme et a fortiori du socialisme, pour tracer un sillon profond.

    Pourquoi ce tandem ? (mais en fait un trio, vous verrez.)

    Parce que chacun dans leur coin ils sont aujourd’hui prisonniers et incomplets et n’arrivent, non pas à rien, mais à pas grand chose, ce qui revient à rien au regard du chemin qui reste à faire pour emporter une élection présidentielle et législative, et même européenne.
    Or en s’alliant, ces deux personnalités réuniraient à elles deux des qualités complémentaires.

    Ruffin a du mal à cacher son agacement face à Mélenchon qui le lui rend bien.
    Ruffin est à l’étroit dans les habits étriqués de l’insoumission poussive, la direction de « parti unique » peu favorable au rassemblement de toute la gauche.
    Ruffin a des mots parfois durs, que d’aucuns s’empressent d’identifier à du sectarisme, mais c’est au fond quelqu’un d’extrêmement ouvert.
    Il suffit de jeter un œil sur cet article de La Vie pour vous en convaincre : http://www.lavie.fr/actualite/politique/le-vocabulaire-spirituel-de-francois-ruffin-12-06-2018-90683_813.php
    Ouvert mais doté d’une grande sensibilité humaine et politique, capable d’impulser une dynamique sur des bases nouvelles, ainsi à Nuit Debout après un film politique marquant, et plus récemment, avec La fête à Macron. C’est donc un franc-tireur mais capable de créer des dynamiques collectives. Et, excusez du peu, capable d’être élu député en allant presque chercher les électeurs un par un, à force de conviction et de talent pour convaincre.

    Hamon a une bonhomie à toute épreuve. Il sait être convainquant et combatif lors des débats. Et il aura le coté chaleureux nécessaire à l’esprit d’équipe.
    Mais il souffre de n’avoir pas avec lui une structure qui lui permette de prendre un cap bien établi.
    Si bien qu’on a souvent l’impression qu’il navigue à vue.
    Ruffin pourrait être celui qui lui permette de prendre les bons caps. Le stratège, celui qui a le flair politique, le plus d’audace, c’est Ruffin, pas lui. Hamon sait prendre ses distances avec les structures pesantes, mais il quitte le navire quand il est déjà trop tard. Il lui faut donc une équipe solide pour qu’il puisse donner le meilleur de lui-même. On comptera sur lui pour aller chercher au centre gauche les derniers soutiens indispensables pour rassembler la gauche, plus les quelques voix du centre qui font toujours basculer la majorité d’un coté plutôt que de l’autre.

    Bref, la nouvelle formule qui pourrait marcher, c’est celle du trio, avec deux politiques qui s’équilibrent et se renforcent l’un l’autre, et un intellectuel de fond pour structurer solidement le débat et pour avoir du répondant face à des adversaires redoutables.

    J’ai bien entendu une petite idée quant au nom de l’intellectuel de fond. Un petit indice, il est incroyant, mais il reçoit à l’occasion le soutien de ceux qui se disent religieux ou tiennent même université catholique. Il sait citer à bon escient un certain Paul de Tarse qui n’est autre que Saint Paul. Je vous en dis pas plus 😉

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