Trump et la chasse aux sorcières (I) Le pitbull Roy Cohn

Quelques extraits de The man who showed Donald Trump how to exploit power and instill fear (L’homme qui apprit à Trump comment exploiter le pouvoir et instiller la peur), par Robert O’Harrow Jr. et Shawn Boburg, The Washington Post, le 17 juin 2016

[Roy] Cohn acquit sa notoriété dans les années 1950 en tant que conseiller juridique en chef du sénateur Joseph McCarthy, il fut le véritable cerveau de sa chasse à la 5e colonne communiste.

Cohn quitta Washington en 1954 alors que la croisade de McCarthy s’essoufflait. Il professa une admiration pour McCarthy jusqu’à la fin de sa vie. “Je n’ai jamais travaillé pour un plus grand homme ou une plus grande cause”, écrivit-il dans son autobiographie.

Le journaliste d’investigation Wayne Barrett, qui passa des dizaines d’heures à interviewer Cohn et Trump à partir des années 1970,  écrivit un jour dans Trump : The Deals and the Downfall (“Trump : Les affaires et la chute”) que Cohn se mit à “assumer un rôle dans la vie de Donald allant bien au-delà de celle d’un avocat. Il est devenu le mentor de Donald, son conseiller permanent.” Barrett dit  aujourd’hui que l’empreinte de Cohn sur Trump est évidente. “Je le regarde et je vois Roy”, a dit Barrett dans une interview. “Ce sont tous les deux des pitbulls [attack dogs].”

[Trump] : “Il se passait des tas de choses dans la vie de Roy [une allusion à son homosexualité et à sa mort du sida], mais Roy était un gars très intelligent qui m’aimait bien et qui a fait du bon travail pour moi sur différentes choses, et c’était un avocat dur en affaires, et c’est ce que je voulais. Roy était un dur à cuire.”

Trump a également minimisé l’influence de Cohn sur ses tactiques agressives et sa rhétorique, en disant : “Je ne pense pas du tout que Roy m’a transmis ça. Je pense que j’ai un instinct naturel pour ça.”

Trump est resté ami avec lui, même après que l’avocat fut radié du barreau de New York pour manquements à l’éthique. Cohn est décédé en 1986.

Le Sénateur Joseph McCarthy (R-Wis.), à gauche, est défié par le Sénateur Ralph Flanders (R-Vt.), à droite, durant les auditions de 1954. Roy Cohn, conseiller juridique en chef du sous-comité d’investigation, est au centre. (AP)
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