Quid du déni face au choc de la réalité ? par Cédric Chevalier

Ouvert aux commentaires.

Quelques réflexions sur le déni psychologique face au dérèglement climatique, mon sujet d’étude autodidacte du moment…

Lors d’une conversation avec un ami, on a distingué 4 cas de figure, étant donné l’incapacité de l’Humanité à réagir à la crise de la Biosphère sans être directement impactée (théorie selon laquelle l’être humain ne réagit que s’il est directement affecté, voire corporellement affecté, cfr Spinoza) :

1) L’Humanité va subir un choc terminal sans prise de conscience, c’est-à-dire qu’elle va s’éteindre sans jamais se rendre compte collectivement des causes réelles de son extinction (crise cardiaque fatale du fumeur, qui demande une dernière cigarette en expirant)

2) L’Humanité va subir un choc terminal précédé d’une prise de conscience trop tardive, à cause des effets de seuil liés à l’inertie de la Biosphère et de l’Anthroposphère (crise cardiaque fatale du fumeur, où ses derniers mots sont « j’aurais dû arrêter de fumer »

3) L’Humanité va subir un choc non terminal qui va déclencher une prise de conscience massive et lui donner l’opportunité de réagir afin d’éviter son extinction (crise cardiaque non fatale du fumeur, suivie d’une prise de conscience et d’un arrêt du tabagisme)

4) Une minorité éclairée va créer de toute pièce un simulacre de choc quasi terminal pour déclencher une prise de conscience massive et nous donner l’opportunité de réagir afin d’éviter notre extinction (on drogue un fumeur, on lui fait croire qu’il a eu un arrêt cardiaque et cela provoque une prise de conscience et un arrêt du tabagisme, stratégie aussi employée dans V for Vendetta pour faire prendre conscience de la réalité de la torture et de la résistance)

Ici, une expérience grandeur nature, qui met en péril le scénario 3) : Can climate-driven natural disasters shift attitudes about climate change? In Redding, the weeks to come may provide a somber test case.

Voilà qui démontre l’exceptionnelle capacité de l’espèce humaine à se mentir à elle-même, à se raconter de belles histoires, même face au démenti le plus frontal du réel (« Mais non la cigarette ne va pas me tuer ! »).

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62 réflexions sur « Quid du déni face au choc de la réalité ? par Cédric Chevalier »

  1. Ce billet me laisse plus que sceptique. On a tendance, spontanément, à ramener le déni au négationnisme, et à l’opposer à la (prise de) conscience. Ce sont là deux erreurs. Je suis plutôt adepte de la position de Wikipédia pour qui le déni porte sur la perception des faits plutôt que sur les faits eux-mêmes. Lire http://onfoncedanslemur.blog/2018/05/04/deni-aveuglement-et-ignorance où je cite les collapsologues, Yves Cochet et Anny Duperey, connue pour son livre « Le voile noir ».

      1. Pour moi, rien, c’est pour vous qui dites avoir pris le « déni psychologique » comme sujet d’étude…

      2. Je note cependant que l’article que vous donnez en référence pose la même question que moi .

        Son pronostic conclusif est que  » le grand public » y croira bien assez tôt , en particulier quand les pouvoirs prendront argument de l’effondrement pour justifier des politiques douloureuses . En gros , on croira et intégrera quand l’illusion d’une maîtrise sera là, quelque soit la brutalité de la maîtrise .

        Ça pourrait être bien vu et nourri de l’expérience du pouvoir , mais mon « pronostic personnel  » est un peu différent :
        la nature , la rapidité de l’effondrement et l’universalité des masses affectées ne laisseront pas aux pouvoirs structurés même violents l’opportunité de faire leur publicité .
        Je « pronostique » davantage , faute de pouvoir démocratique capable d’actions partagées sur la durée , une brutale « angoisse et terreur  » de cette humanité de fumeurs soudain  » sans médecins et substitut de nicotine  » sombrant dans la folie en ayant enfin la mort en face ( bis ) :

        https://www.bing.com/videos/search?q=finta+la+comedia+pavarotti&view=detail&mid=EF52966487A4BB2FFF63EF52966487A4BB2FFF63&FORM=VIRE

        A moins que ..la Chine …la France ….l’Europe …l’ONU …?

        A l’expérience du pouvoir , je joue l’Europe .

        Diagnostic , pronostic , tic ….tac , tic tac, tic tac ….

      3. Et le tic tac ne devrait pas durer jusqu’à 2100 évoqué par Jancovici .

        ( qui , par parenthèse , ne semble pas avoir l’oreille des écologistes énergétiques de service du blog ).

  2. Je me rappelle de mon prof de maths de 1ere expliquant que les équations de la mécaniques du motard qu’il prétendait être prédisaient que le bloc {conducteur + moto} n’aurait pas de choc très fort en en cas de rencontre d’un obstacle. Mais que, si on rajoutait la possibilité que le motard et la moto ne soient plus solidaires, il en allait tout autrement et , suite au vol plané de son corps dans ce scénario, son crâne allait morfler illico.

    Je pense qu’il en va de même dans ces scénarios: là où l’analogie rencontre sa limite est dans la mise de l’humanité en un seul bloc. Il y aura fragmentation. Imaginons que les australiens, par exemple, fassent bande à part lorsque l’hémisphère nord sera devenu invivable, et se barricadent dans leur coin d’océan, recolonisant la Tasmanie pour sa fraicheur et ses ressources en eau.

    Je crains qu’advienne un monde « en oasis » après les « crises cardiaques », et surtout que les oasis soient les oasis de peu de gens, laissant s’annihiler la multitude de façon « malthusienne 2.0″ (You have no credential that you bring a climate-neutral of life if you immigrate to Australia, so stay in your ruined continent »). Une fractalisation plus fine est imaginable, les riches se réservant des ilôts de forêt fraiche replantée là où les autres se contentent de landes asséchées ou salinisée par des montées d’eaux de mer.

    1. Cette « prémonition » a des arguments , car elle a déjà des illustrations permanentes ou plus récentes par les manifestations plus connues de la ségrégation par la couleur de peau , la croyance religieuse , le rang social , la fortune ( ghettos de riches au Brésil , aux USA , en nouvelle Zélande , « propriétaires d’iles paradisiaques  » …) …

      Mais elle a ses limites , car dans les exemples invoqués ci dessus, il restait un « espace vital » ténu mais subsistant , alors que dans ce qui se dessine , c’est , en un court instant , ou tu es dans l’oasis ( peu de monde ) , ou tu crèves .

      Ce qui change pas mal de choses , car il ne s’agira plus de voir de loin des réfugiés couler en mer , avec quelques statistiques émouvantes de morts ou de « sauvés des eaux « , mais une énorme masse de fumeurs soudainement pris de terreur sans espoir de médecins et sans substitut de nicotine .

      Et je doute qu’une majorité se laisse crever sans manifestation hostile , pour le plaisir de laisser des oasis à qui se fout de sa gueule .

      Dans le tabac il y a trois assassins qui sont dans l’odre d’agressivité immédiate :

      – l’oxyde de carbone qui détruit les hématies quand on tire sur la cigarette ,
      – les goudrons qui amènent à terme les cancers ,
      – la nicotine , non létale en tant que telle , mais qui est « l’agent commercial publicitaire » qui donne l’addiction pour retrouver la jouissance procurée .

      La santé de la planète que nous habitons , c’est un peu la même chose :

      – production des gaz CO , CO2 , NO et divers qui rendent l’atmosphère impropre à la vie ,
      – pollutions diverses ( particules fines , déchets industriels, plastiques ..) qui cancérisent terres et océans ,
      – addiction aux « plaisirs anthropocènes  » à renouveler sans cesse .

      La conférence de Paris et ses suivis désespérants semblent confirmer que pour s’en sortir , il faut euthanasier les drogués sans attendre qu’ils se réfugient dans de très provisoires oasis .

  3. il y a beaucoup d’interdits et allonger cette liste par un produit nocif en fait
    de la propagande de ce produit. Si la cigarette est nocive et bien il faut l’interdire.Pourquoi augmenter son prix ?

      1. Ah, par Saint Prix et St Cot (les saints patrons de l’église de Bris-le_Vineux près d’Irancy), j’ai cru que vous parliez de Paul de Tarse.

    1. Ce commentaire me fait dire que l’analogie avec la clope est trompeuse car la clope ne menace pas l’humanité ni la vie sur terre (vies animale et vegetale) ce qui est le cas du rechauffement climatique à la vitesse ou nous le pratiquons et ou il nous entraîne.

      Pour votre premier point:
      Ajouter un produit sur la liste de ceux qui sont nocifs donne la possibilité d’informer ceux qui ne connaîtrait pas la nocivité du produit, sur la base d’une augmentation du savoir (la découverte de la nocivité).
      La propagande c’est quand on vous dit qu’un produit est bon pour vous alors qu’il est nocif par exemple, donc qu’on travesti la connaissance sur un sujet. Le ministère de la santé fait de la prévention, les cigarettiers de la propagande. C’est pourtant simple.
      Le problème c’est la prévention et la correction (sociale).
      L’humain est entre autre une belle usine chimique qui fait que les circuits de la récompense le rendent sensible à certaines substances. C’est notre nature. Certains usages de substances sont depuis longtemps passés dans la culture et la décision de bannir telle ou telle est une construction sociale.
      Dans la société occidentale l’augmentation du prix est un moyen de lutte par la prévention, qui n’est pas parfait mais qui a ses résultats, les exemples de prohibition n’étant pas forcément plus fructueux (mais si je me trompe donnez moi un exemple). Je pense que la prohibition de l’alcool dans les années 40 en est un bon exemple. Le cannabis aujourd’hui l’est tout autant.

  4. https://www.theguardian.com/environment/2018/jul/11/heatwave-climate-change-americans-survey

    Cet autre article se montre plus encourageant : jamais autant d’américains n’ont cru qu’il y avait des preuves solides du réchauffement climatique et qu’il était causé par l’activité humaine.

    Conclusion : certains préféreront mourir plutôt que de modifier leur pensée, tandis que d’autres, confrontée à des faits de plus en plus inévitables, parviendra à modifier progressivement son opinion. La question est maintenant de savoir comment les proportions relatives des uns et des autres vont évoluer, pour influencer le vote et la décision politique concrète. Sachant qu’en l’opinion et l’action, il y a encore un écart !

    1. Pour gagner un scrutin sur l’avenir de l’humanité, il faut cibler le message le plus finement possible en utilisant la langue, le vocabulaire et les arguments au plus fort impacte (les vieux doivent cracher au bassinet, les jeunes retrousser leur manches et les riches pisser dans leurs violons). Pour l’occident, je ne vois guère que google pour cette tâche.
      Si l’essai réussi, il faut donner corps à internet, soit :
      Inventer un parlement planétaire, un truc du genre « crowfunding/twitter/facebook/.. » sur plateforme mobile.
      Inventer une gouvernance planétaire, un truc du genre « PayPal/Amazone/.. »
      Inventer une police… une armée
      Les détenteurs actuels de la puissance de frappe sont des sociétés très lucratives. Détourner une partie de leurs bénéfices pour au passage devoir changer leur business modèle (la mort du consommateur pour que vive l’humanité) n’est pas chose aisée.
      Pour l’instant je parie plutôt sur la galaxie du libre pour fournir ce que google propose du haut de ses 7 terawatt/h/an.

      1. Pour les vieux et les jeunes , j’ai à eu près compris , mais en quoi consiste  » pisser dans leur violon  » pour les riches ?

        Mais , c’est vrai que s’il s’agit de « gagner un scrutin sur l’avenir de l’humanité  » et que Google est le bulletin de vote , on n’est pas à une c… près .

  5. Extrait d’un entretien avec Bruno Latour paru dans le Nouvel Ob du 16 mars 2017.
    S’informer et réfléchir pour agir à travers cette grille de lecture ouvre de nouvelles perspectives de compréhension. Mais le réalisme pousse à ne pas espérer découvrir une solution globale.

     » Qui a trahi ? Les classes possédantes ?

    Je fais l’hypothèse suivante, dont je n’ai pas la preuve, mais quelques indices : à un moment,
    quelque part à la fin des années 1970 ou au début des années 1980, les membres les plus astucieux
    des classes dominantes ont compris que la globalisation n’était pas soutenable écologiquement.
    Mais, au lieu de changer de modèle économique, ils ont décidé de renoncer à l’idée d’un monde
    commun. D’où, dès les années 1980, des politiques de déréglementations qui ont abouti aux
    inégalités hallucinantes que l’on connaît aujourd’hui. Cette brutalité économique – redoublée par une brutalisation de l’expression politique – est une manière de dire aux autres classes: « Désolés, braves gens, nous avons renoncé à faire un monde commun avec vous. » La classe dominante s’est
    immunisée contre la question écologique en se coupant du monde.
    Mon collègue Dominique Pestre, historien des sciences, a montré comment, dès les années 1970,
    après l’appel du Club de Rome sur l’avenir de la planète, les économistes de l’OCDE ont nié, ou en
    tout cas euphémisé, la question des limites écologiques. A mes yeux, le niveau actuel des inégalités
    ne peut se comprendre qu’en l’inscrivant dans un projet global où l’on admet que tout le monde ne
    pourra pas se développer, un monde où les riches concentrent des profits démesurés et se retirent
    dans leur gated community.
    Un article récent du «New Yorker» raconte comment des milliardaires se préparent à vivre après la
    catastrophe. Ils achètent des terres et construisent des abris luxueux dans les trois endroits qui seront le moins impactés par la transformation climatique : la Nouvelle-Zélande, la Terre de Feu et le Kamtchatka. Jadis, le survivalisme était le fait de zozos en treillis militaires. Aujourd’hui, ce sont des super-riches qui abandonnent le monde. Face à cela, il n’est guère étonnant que les peuples disent : « Si la globalisation n’est pas notre horizon commun, donnez-nous au moins un canot de sauvetage. » Et le premier canot de sauvetage qui se présente, c’est l’État-nation. « 

    1. Bien vu !
      Dans le dernier livre de P. Jorion, « Défense et illustration… » six scénarios sont envisagés (pp.127-133). Celui que vous évoquez correspond au N° 5, : les riches et radeaux de sauvetage , celui que Paul appelle « Elysium » (d’après le film) ; «celui faisant de nous des canailles incapables de se regarder en face ».

      Amis lecteurs du blog : lisez ce livre toutes affaires cessantes !

    2. Je sais bien que la Nouvelle Zélande est une monarchie parlementaire et qu’Elisabeth II y a ses entrées , mais vous ne la classez donc pas dans les états -nations ?

      1. Pour un sourire de Jacinda, je la classe où vous voulez (en fait pour son intelligence politique, pas infiniment loin de celle d’Ocasio-Cortez : oser)

  6. Le sujet sur l’environnement et le changement climatique est devenu plusieurs fois absent du discours politique de Macron, alors que ce dernier avait son temps prononcé sont fameux « make the planet great again ». Pour le citoyen moyen que je suis, la perception est tout simplement que le sujet n’est donc plus une priorité. A cela, il y a l’interrogation quant à l’une absence de débat scientifique porté au public à la hauteur des enjeu ; tout juste devenu thème un accessoire, instrumentalisé pour défendre une forme de notion d’intérêt général en perdition, ou au service d’une diplomatie au service du « multilatéralisme » (Macron), ou encore suspecté de servir une idéologie gauchisante. L’exemple de la persistance de Hulot au gouvernement, qui semblait une des rares personnes en France capable de porter le sujet haut et fort sur la scène publique, conforte cette perception, avec cette sorte de silence accommodant, qui risque à terme de ruiner l’écologie comme Hollande a ruiné le socialisme….A moins qu’il ne se décide à faire volte-face et à « reprendre sa liberté » en sortant au plus vite du gouvernement….

    1. Nous sommes dans une tempête avec des vagues scélérates de 30 m de haut. Macron et Hulot (*) sont des ridules de 10 cm. S’ils se trouvent au sommet de la vague, elle culminera à 30,010 m.
      Plusieurs conséquences :
      1-Le départ ou le maintien de l’un ou de l’autre est indifférent.
      2-L’observation politique avec 18 mois de recul, donc le nez sur le guidon, est sans intérêt.
      3-La Droite, virant extrême, n’est d’aucune solution. Son passé répond de notre avenir : une calamité.

      (*) : mes doigts sont écorchés à écrire ces noms.

  7. L’image du fumeur est trompeuse. L’humanité est un collectif, parcouru de tensions et de conflits, il est sur-armé, et la plupart du temps il réagit par l’inertie (surtout chez les hommes, les femmes sont souvent les premières à lancer une émeute ou une révolution), la gestion à courte vue. Rares sont les dirigeants pouvant concevoir une stratégie cohérente et ayant les moyens de l’imposer et la vendre aux foules. La solidarité humaine surgit quand la catastrophe est là, mais l’individualisme règne jusqu’à la dernière minute auparavant. (Je répète ici l’expérience affolante du plan belge annoncé d’interruption planifiée de distribution électrique pour éviter la panne globale, en 2013 (?) en prévision d’une pénurie avec un hiver rigoureux : le déni dans l’opinion — mon congélateur ! ma série à la télé ! — a été tel que le plan a été enterré en trois jours). Bref, votre fumeur ne va pas mourir du cancer, il va être étranglé par son voisin. Pourquoi ce scénario-là, de la destruction par la violence, évident pour toute prospective, n’est jamais pensé ? De plus l’effondrement sera énergétique, économique, alimentaire et social, il demandera une révolution politique, autre source de violence, d’autant plus longue que l’alternative politique ne serait pas prête. (Bis repetita placent).

    1. C’est que chaque communauté se ceinture d’une zone de violence pour s’assurer une zone de « calme », fût-elle tendue comme l’atmosphère d’un bon western spaghetti de Sergio Leone. Il y a bien une phase de violence plausible, mais comme on le voit un peu en Syrie, elle ne conduit à chasser ou éliminer « que » 10 à 35% de la population, ça ne suffit pas à faire un « reset » surtout si les accès aux ressources « vertes » étant coupés, chacun y va de sa saleté supplémentaire pour avoir son énergie.

  8. La comparaison avec le fumeur est bonne.
    Il s’agit d’une sorte d’intoxication.
    Mais l’humanité constitue-t-elle un organisme capable de penser, de décider, d’agir en tant que telle ?
    Elle n’est pas une.
    Des milliards d’hommes souffrent et souffriront du réchauffement climatique mais sans y être pour rien.
    Tout repose sur nous, nous les riches.
    Beaucoup de gens, dans nos pays, croient au réchauffement et au rôle de l’homme dans ce réchauffement, si ! je crois, pas tout le monde, mais une forte proportion j’en suis convaincu, mais cette croyance est contrebattue pas d’autres croyances, plus fortes, omniprésentes, rabachées tous les jours : croyance en la croissance, croyance en la compétitivité et en l’efficacité, croyance en la réussite, croyance en l’argent… Sans oublier le goût du confort, sans oublier la force de l’habitude, ou plutôt ici de l’assuétude, sans oublier la jalousie évidemment – « pourquoi je ferais un effort si lui n’en fait pas » – qui guide les hommes depuis que le monde est monde…
    Quitte à passer encore pour un idéaliste, un théoricien, un naïf, voire un réactionnaire, je crois que les nations peuvent penser, décider, agir en tant que telles, que c’est même cela qu’on appelle la politique, qu’il est vain de trop attendre d’accords mondiaux, que la France, qui sait ce que penser veut dire, devrait, elle, décider d’une politique cohérente, rejeter toutes ces fausses croyances et, quoi qu’il lui en coûte, prendre résolument le bon chemin. Elle sera suivie. Bien sûr, si un autre pays le fait, suivons-le. Et si nous pouvons nous mettre à plusieurs, faisons-le. Mais cessons de vouloir à la fois, en même temps, consommer plus pour alimenter la croissance et consommer moins pour préserver la planète. C’est ce que nous faisons quotidiennement et cela n’a littéralement aucun sens ! Sortons de cette folie !

    1. Pour la folie , il faut s’inscrire au stage d’automne de Paul Jorion .

      Mais , quand je vois qu’il se consacre essentiellement au patient ennemi n° 1 Trump , je crains qu’il ne néglige les autres stagiaires .

      1. Non ! Décidemment vous avez du mal à comprendre ce que Paul dit.
        Trump est l’ennemi N° 1 il est une sorte de clé de voute. C’est tout.
        Exemple du jour : normes environnementales pour l’automobile…

      2. Encore une occasion de repenser à mon prof de philo …

        Pour la clé de voûte et la « folie » de Trump , je laisserai le Sherlock Holmes de la vie américaine et humaine continuer à s’exprimer directement .

  9. Les propriétaires de yachts de Saint Tropez ont refusé d’aider la Société Nationale de Sauvetage en Mer qui n’avait plus de budget pour changer une pièce de leur vieux canot utilisé depuis trente ans et qui doit être remplacé.
    Ce canot est donc immobilisé depuis juin jusqu’au 15 août. Ils sont tellement sûrs d’eux qu’ils ne craignent pas les tempêtes méditerranéennes et n’ont donc besoin de personne. Elles doivent pourtant parfois être très mauvaises ces tempêtes sinon à quoi pourrait bien servir un canot de sauvetage ?
    Il ne faut rien attendre de ces gens là – ils veulent se débarrasser des pauvres il y en a trop qui prennent de leur oxygène. Ils pensent sans doute très fort que eux seuls sortiront vainqueurs de ce changement climatique

    1. La quasi-totalité d’entre eux n’ont pas la moindre intention de sortir jamais leur yacht du port : c’est un status symbol, un exercice de com voulant dire : « Je suis riche ». Le mauvais temps, ils s’en fichent.

      1. bonjour Paul Jorion,
        je ne me fiche pas du mauvais temps pour cause des vignes qui vont subir des degats. Evidemment il y a toujours l’assuantielle mais rien ne peut remplacer la vigne detruite que ce soit par la grele ou autre.
        Chere l’assurance pour une franchise elevee et apres comment vivre toute une annee ?

  10. Merci Cédric.
    En lisant ton billet court mais remarquable par son esprit de synthèse, je me suis senti moins seul…

    Dans le dernier livre Paul dit tout simplement «renverser la vapeur dans l’urgence pour garantir notre survie ».
    Mon seul espoir réside dans cette canicule répétitive qui pourrait enclencher ton scénario 3.
    Les gens « aiment le beau temps, le soleil etc. (moi ça fait longtemps que je sais aimer la pluie…) mais devant ces insupportables chaleurs vont-ils enfin se réveiller ?
    À temps ?

  11. Concernant le déni: mon impression c’est que de moins en moins de gens rejettent le constat du rechauffement climatique, ce phénomène est une âpre réalité. Il suffit de regarder autour de soi, la faune et flore des mers réagissent, les glacent fondent……Même dans mon fief, terre de mes ancêtres, je vois plus de branches cassés tristement étendues dans le parc, en raison des tempêtes et orages d’une violence inhabituelle. Un biologue m’a expliqué que l’on voit maintenant des insectes « exotiques » inconnus dans nos régions. En ce moment il fait très chaud, presque 40 celsius, la température du lac: 27 à 28, cela aussi est inhabituelle. Maintenant il faut se poser la question quelle est la proportion anthropogène, et quelle serait dûe aux effets cosmiques; le climat de la terre n’a jamais été pareil, les géologues le confirment, il suffit de consulter des ouvrages anciens, du 17ième sécle par exemple où l’on peut lire que la Seine à Paris était complètement gelée pendant de longues mois. Mais le rechauffement est bel et bien une réalité. Personnellement, je supporte bien la chaleur, je déteste la neige et la glace. Mais ce sera catastrophique pour les peuples du sud.
    Les gens ont du mal à agir avec adéquation, on le voit bien en politique. Vous connaissez tous l’histoire de la grenouille que l’on met dans une casserole, puis on chauffe l’eau petit à petit, jusqu’à la cuisson.

  12. Les scientifiques sérieux admettent les preuves de variations climatiques dans le passé. Cela est mis en avant pour neutraliser l’angoisse provoquée par les phénomènes extrêmes. Cependant on occulte, pour rassurer, la suite de l’avertissement des scientifiques sérieux: la rapidité des variations qui empêchera l’adaptation des plantes et des êtres vivants.
    Si l’hiver prochain s’avère rigoureux, les climato-sceptiques jubileront mais ils oublient l’allongement moyen de la durée de vie; et les péquenots inconscients vont commencer à comprendre. Peut-être trop tard malheureusement.

  13. Une analyse en profondeur du « dénialisme » dans le Guardian.

    Il faut aller assez loin pour que ça devienne intéressant, un des points que je retiens d’une lecture très en diagonale est que le dénialisme est une forme d’hommage à la science, ne visant pas à la nier mais à en créer une autre parallèle,
    Et cela survient en gros du fait de la frustration des désirs qu’impose la science mainstream (ne polluez plus, ne soyez plus laxiste sur les vaccins, etc., je vous laisse compléter la liste dans le quotidien (hygiène) ou le moins quotidien (impôts) )

    Dr Lacan and M. D’Alembert (ou Dr Freud and M. Diderot), on vous demande à la réception (signé : Jekyll & Hide).

  14. Bien sur ces cas de figures sont tout à fait plausibles. La difficulté au carré c’est que le problème auquel on est confronté est celui de l’avenir de la civilisation et sur un temps long. Pour s’en sortir la société doit penser sur ces deux dimensions (or le libéralisme /marché en est incapable, … autre piste la Chinoise ou la troisième voie européenne à inventer). Il me semble donc que la dimension psychologique voire rituelle est indispensable et doit être beaucoup plus poussée en enseignement et pratique (pas que quelques évocation dans l’educ nat et le traitement du sujet suivant le marché médiatique).

    Pour prolonger sur le sujet.

    Sur la collapsologie:
    Effondrement, déclin ou catastrophologie ? : théories sur les risques et l’avenir des sociétés
    Séminaire du Laboratoire Interdisciplinaire des énergies de demain (sciences humaines et sociales)-Paris 7.
    ici >https://www.youtube.com/watch?v=s7RxPio3njI
    le lien vers le site du LIED: http://www.lied-pieri.univ-paris-diderot.fr/

    Sur un outil Economique « technique » de la transition: le prix du carbone enjeux/expérience/limites
    ici>https://www.youtube.com/watch?v=42F7KEyaFEw&list=PLa0GJqdwzk6wBKAOprP_o63O8ZBPaMElu

    Sur un cadre politique « souhaitable/possible » …
    – Débat sur la refondation d’un projet européen et la question du financement de la transition écologique
    ici > https://tv.arts-et-metiers.fr/pour-une-europe-de-lenergie-et-du-climat-lunion-a-long-terme/

    Avec : Amélie DE MONTCHALIN, députée LREM de l’Essonne, membre de la commission des Finances. Yves COHEN-HADRIA, membre de l’Initiative Climat 2020, fondateur et directeur associé d’ICMS. Jean-Marc JANCOVICI, président du Shift Project, think-tank de la transition carbone.
    Conférence organisée par le Groupe Professionnel Arts et Métiers Energie.

    1. Attention au lie sur la conf du LIED j’ai mal repris le lien et du coup il positionne la lecture 1H apres le début de celle -ci> il faut « repartir » depuis le début.

    2. C’est rassurant de constater que ça cogite en de nombreux endroits sur des sujets qui en sont vraiment .

      C’est un peu inquiétant de constater que chacun cogite dans son coin , un peu comme chaque ministère produit de l’excellence dans son domaine , qui devient sans portée parce que les « excellences  » n’ont pas été pensées ensemble , et que le premier ministre est submergé par le quotidien , lui qui au demeurant n’a pas la légitimité populaire d’arbitre qu’aurait pu lui donner un débat long sur ces sujets de fond lors des élections .

      1. Juan,
        Je soutiens votre proposition pour que Paul Jorion, Jancovici, Larrouturou, O de Schutter, Philippe Lamberts et d’autres montent un projet Européen sur le climat et l’emploi!

      2. Le climat et l’emploi, ce serait bien et il y a déjà eu des versions proposées ici ou là depuis dix ans .

        Mais ce serait bien réducteur pour faire projet de société qui ambitionne de redonner goût de vivre à l’humanité .

        Ce qui devrait être le plat de résistance des universités de Conleau .

  15. En l’état je ne vois pas ce qui fait plus projet de société que ça. Ou en tout cas sans commune mesure avec la société actuelle. Sinon dites moi ou regarder et chercher…

    1. C’est effectivement plus simple et causant que le pataques des projets « soumis » lors des dernières élections .

      Mais si l’on est bien , partiellement, dans ce que j’ai pu appeler ailleurs  » les corps » ( via le climat), ou « les codes  » ( via le travail et son rôle ) , c’est encore une besace bien légère , même si les produits y sont de qualité .

      Et surtout , où est le « sens » qui est le pari sur le futur ?

      On avait entamé une mise en parallèle Jorion / Todd / Harari , il y a peu de temps , sans vraiment conclure sur une synthèse qui aurait pu enrichir et compléter le travail des trois .

      C’est dire s’il reste à faire .

      Mais Paul Jorion a peut être travailler sa candidature depuis .

      Moi je fous rien , je distribue le travail !

      1. Mais Juan quand on y réfléchit on a pas le choix. Independamment du rechauffement on a /va avoir en MEME TEMPS un problème de conditions de vies liés à la fin de l’energie « pas chère » par sa raréfaction (pétrole conventionnel) et la dégradation écologique.

        C’est ça qu’il faut que les gens se mettent dans le crane: ma génération (40) va vivre difficilement mais plus encore nos enfants et nos petits enfants. et c’est ça qu’on va avoir sous les yeux: le malheur pour nos enfants.
        Bien sur ça n’est pas forcément concevable suivant la sensibilité des gens ou le contexte culturel mais c’est de cela qu’il s’agit.

        Sur « que faire » un parallèle est fait dans la 3eme conférence dont j’ai mis le lien entre l’effort de guerre 39-45 et/ou la conquête spatiale par l’ampleur de l’action à engager..
        Le réchauffement climatique c’est entre les deux: il n’y a pas de solution sans effort ( cad à niveau de vie inchangé pour 80% de la population des pays développés) et potentiellement sans drame. Et au delà de l’effort c’est soit de la volonté politique maintenant (effort politique) soit de la « gestion de catastrophe »…
        Qu’est ce qu’on préfère? L’incertitude ne doit pas empêcher d’agir. Il me semble que votre position c’est ça…. je ne suis pas sur de faire TOUS els bons CHOIX) donc attendons que X (plus intelligent, mieux armé que moi s’en charge). Je ne vous reproche pas de redistribuer le travail mais de généraliser votre position.

      2. Vous avez aussi le loisir de penser qu’en sauvant la génération de 40 ans , vous sauvez l’humanité entière ( et si ça se trouve c’est vrai ….au moins pour quelques années ).

        Vous avez bien raison de dire qu’il ne faut pas attendre d’être  » au complet » pour agir . Mais , outre que j’ai trop souvent entendu ( voire prôné) cette attitude pour le résultat que l’on voit, il me semble que , tactiquement , s’il fallait réduire les raisons et le mode d’agir à ça , vous n’allez pas entrainer grand monde avec un étendard à deux têtes ( climat , travail ) seulement , et les « questions des auditeurs  » vont vite vous submerger et désorienter.

        D’ailleurs Bernadette en a déjà posé quelques unes encore sans réponses.

      3. La question , pour l’envol de vos deux priorités , pourrait donc être :

        – faut il attendre Bernadette et la démocratie pour s’emparer des vrais sujets ,

        – manipuler ( conforter ?) le milieu économique pour qu’il trouve intérêt à promouvoir et réclamer aux politiques des avancées en ce sens ?

        L’éthique voudrait qu’on attende Bernadette .

        Le chronomètre regarde du côté des « entreprises » et de la « créativité sociale politique » .

        Mais dans les deux cas ,on se porte mieux de discuter .

      4. Juan j’ai répondu à Bernadette, mais c’est plus par rapport aux contresens de son raisonnement.
        Vous aimez bine ouvrir les portes Juan, mais jamais les refermer c’est philosophiquement élégant mais à une moment il faut bien se coltiner avec le réel.
        Je ne comprends pas la remarque sur la démocratie.
        Je ne pense pas qu’elle soit le problème, même si le calendrier électoral porte en lui des difficultés, c’est plutôt la croyance en la symbiose (qui l’est de moins en moins) entre l’état providence la croissance économique qui pose problème.

        Entraîner les gens sur le dyptique « climat/ travail » repose sur tous pas que sur moi. Et par ailleurs vous faites semblant de penser que ces deux mots n’ont pas toute une batterie de déclinaisons très concrètes qui ne sont pas forcément antagoniste de l’éthique. bien au contraire, en revanche ça l’est d’une société qui nous fait croire que tous nos désirs sont légitimes, qu’il n’existe pas de barrière physique à la possession dans l’espace et le temps et que le marché est la solution.
        Je me permets d’insister que votre réponse est typique; vous en appelez à répondre à toutes les questions en même temps avant de passer à l’étape suivante ou reprocher à l’auteur de ne pas avoir répondu à toutes les questions. C’est intellectuellement élégant mais un peu roublard sur les bords.

      5. Vous avez raison , je préfère ouvrir les portes que les fermer , sans doute à cause de la formation scientifique , où l’on apprend assez vite qu’en ouvrant une porte ,on en retrouve dix nouvelles fermées devant soi , qu’il faut tenter d’ouvrir .
        Enfin , « il faut » , disons que c’est plutôt l’inclination des scientifiques ( mais pas que ) .

        Sur  » qu’est ce que vient faire la démocratie là dedans ? », votre étonnement m’étonne . C’est en effet un grand classique que d’accuser la démocratie d’être la dernière à comprendre et exprimer correctement les nouveaux enjeux vitaux , voire d’être ( depuis que Tocqueville l’a conceptualisé ) un piège qui donne le pouvoir ( par la nécessité de la majorité) à une armée d’imbéciles .

        Les plus expéditifs diront alors qu’un système dictatorial , autocratique, aristocratique dans le meilleur des cas , avec variante « le philosophe se substitue au prince » , serait bien plus sur et efficient  » pour le bonheur de tous » ( c’est en général là que ça se gâte ).

        J’ai mon opinion sur le sujet qui consiste à dire que je préfère crever de l’erreur ou de l’imbécillité de la masse que de crever pour que ne subsiste qu’une minorité d’imbéciles heureux qui n’ont rien de l’humanité à laquelle je m’attache .Mais je suis assez largement minoritaire sur ce coup là .

        Et si l’on regarde un peu autour de soi , on note que le marché capitaliste libéral n’est pas le seul assassin de la démocratie . Le soliton et le tic tac de l’horloge jouent aussi contre elle .

  16. Bonjour Arnaud

    Vous savez sans doute, si vous trainez au LIED, qu’il m’arrive de faire acte de présence et plus dans les séminaires…
    (sous mon vrai nom, un des « remerciés » du dernier bouquin de Paul).

  17. Chères toutes, Cher tous,
    Depuis que la conscience d la catastrophe à venir je n’ai eu de cesse ;
    de chercher l’origine (le point zero)
    de chercher ce qu’il y a derrière le déni
    Alors j’ai lu Jean Pierre Dupuy (Pour un catastrophisme éclaire), Joseph Tainter (L’effondrement des sociétés , )complexe),Jared Daimon (Effondrement), beaucoup de livre de Jancovici avec qui j’ai entretenu une conversation par mail, les livres de Paul Jorion, j’ai même été lire du coté des choses sulfureuses comme Pietro San Giorgio, j’ai lu les revues la décroissance, Silence, Sortir du nucléaire, mais encore tout ce qui me donnait à comprendre la complexité.
    Dans un premier temps 2003-2008 je me suis engagé :
    – chez Les Verts
    – j’ai co construit avec la femme de ma vie notre maison autonome en eau et électricité avec une clim naturelle qui nous assure aujourd’hui une température de 22 ° au RdC 24° au premier et 26 ° au deuxième.
    – je passais pour un emmerdeur tout autour de moi, les relations sociales en dehors d’un entre soi jarretais
    Dans un deuxième temps 2009 2014
    Jusqu’au boutiste dans mes positions sur la nécessité d’agir et d’alerter
    Je divorce de mes amis qui ne supporte plus mon engament
    La même chose avec la famille
    Je quitte le mouvement les verts
    Par amour ma chérie ne divorce pas et nous vivons en autarcie sociale, nous n’avons presque plus de sociabilité en dehors de repas où avec nos invité nous parlons de la pluie et du beau temps comme si de rien n’était.
    2015 à ,aujourd’hui
    L’homme est un animal social et nous avons retrouvé du lien social avec une ville en transition à coté de notre village.
    Nous mangeons les fruits de notre potager, nous sommes comme de petit vieux à observer l’insoutenable légèreté de nous mêmes.
    Nous regardons nos enfants grandir et quitter le nid.
    Il est déjà trop tard et comme toujours je cite Jules Renard « Le temps perdu ne se rattrape pas, alors continuons de ne rien faire »

    Comme dans la chanson de Cabrel qui convoque Dieu qui s’assoit sur le bord de la fenêtre est de convoquer la seule action qui me reste ; Pleurer la fin de ce monde, dénis or not dénis !!!

    pas de vidéo avec un bon son
    https://www.youtube.com/watch?v=pP10W2og6ks

    Paroles de la chanson Assis sur le rebord du monde par Francis Cabrel
    Si j’ai bien toute ma mémoire
    Disait Dieu dans un coin du ciel
    J’avais commencé une histoire
    Sur une planète nouvelle, toute bleue
    Bleue, pour pas qu’on la confonde
    Je vais aller m’asseoir sur le rebord du monde
    Voir ce que les hommes en ont fait
    J’y avais mis des gens de passage
    Et j’avais mélangé les couleurs
    Je leur avais appris le partage
    Ils avaient répété par cœur
    « Toujours » ! tous toujours dans la même ronde
    Je vais aller m’asseoir sur le rebord du monde
    Voir ce que les hommes en ont fait
    Je me souviens d’avoir dit aux hommes
    Pour chaque fille une colline de fleurs
    Et puis j’ai planté des arbres à pommes
    Où tout le monde a mordu de bon cœur
    Et partout, partout des rivières profondes
    Je vais aller m’asseoir sur le rebord du monde

    Voir ce que les hommes en ont fait
    Soudain toute la ville s’arrête
    Il paraît que les fleuves ont grossi
    Les enfants s’approchent, s’inquiètent
    Et demandent « pourquoi tous ces bruits ? »
    Sans doute, Dieu et sa barbe blonde
    Dieu qui s’est assis sur le rebord du monde
    Et qui pleure de le voir tel qu’il est !
    Dieu qui s’est assis sur le rebord du monde
    Et qui pleure de le voir tel qu’il est.

      1. merci pour le comment taire !!! ou comment terre !!!

        Et vous la question du dénis et votre entourage, vous faites comment ?

      2. Ça va .

        Ils ont l’air de résister et ils m’en font voir de toutes les couleurs de leurs côtés .

        La vie , quoi .

        Tantôt Sparte , tantôt Athènes .

  18. @juannessy sur la démocratie versus la dictature pour réussir la « transition écologique » et éviter « l’effondrement ». J’ai tendance à penser que la dictature « verte » serait un système politique incapable de réussir la transition écologique nécessaire. Car un système top-down, centralisé, monolithique, autoritaire, pyramidal, ne peut selon moi produire l’action bottom-up, décentralisée, hétérogène, spontanée, réticulaire caractéristique des réseaux d’innovation/créatifs. Or pour la transition, il faut énormément de créativité et d’innovation. Ma connaissance de la 2e guerre mondiale m’indique que les régimes totalitaires et dictatoriaux (l’Axe) avec Allemagne et Japon , ont été beaucoup moins performants dans la lutte contre les démocraties USA et UK, en termes d’innovation, de stratégie, de réflexivité dans l’action. Hitler a foutu dehors parmi les meilleurs scientifiques qui auraient pu lui faire gagner la guerre, parce qu’ils étaient juifs (projet Manathan, les US les ont récupérés). Turing a pu travailler à décoder Enigma alors qu’il était homosexuel, même s’il a souffert après coup et s’est suicidé. Idem pour l’URSS dans le camp des Alliés (façon de parler) : Staline n’a gagné la guerre contre Hitler que lorsqu’il a lâché la bride à l’armée et permis que des officiers compétents puissent émerger et diriger effectivement la bataille.

    Il y a dans le système démocratique selon bien plus de chances de gagner la bataille climatique que dans n’importe quel système autoritaire.

    D’où peut-être un contre-argument par rapport à Paul Jorion sur un certain « Espoir venu de Chine ». Je pense plutôt que l’espoir sera le fait de l’Europe, grâce à sa tradition démocratique, son hétérogénéité, son écosystème historiquement et naturellement innovant (comme des milliers d’expériences naturelles menées côte à côte, gra^ce aux sous-frontières naturelles du continent européen).

    Etc. j’écris en vrac…

    1. Quand c’est en vrac , je comprends tout et , globalement je suis d’accord avec vous sur la plus grande richesse prolifique et créativité portées par la démocratie , quand elle s’empare des vrais enjeux .

      J’espère ,sans en être encore sur, que ces « vrais enjeux » seront de plus en plus évidents dans la conscience mondiale pour que ce soit eux qui fassent le « débat politique ».

      Sur « qui porte le mieux la démocratie « , je me suis aussi mouillé de dire que l’Europe , pour peu que les européens le désirent , avait les meilleures armes pour se faire . La Chine a aussi évolué , mais c’est un sacré challenge que de porter la démocratie pour 7 milliards et + de « pékins » , quand ça parait difficile pour faire avancer 1,4 milliards .

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