La collision entre le principe de réalité et l’illusion collective, par Cédric Chevalier

Ouvert aux commentaires.

4 macrotendances et la question du HIATUS (inertie politique) : je propose une rétro-démonstration.

Vu les éléments scientifiques à notre disposition qui montrent notre situation critique (l’Humanité fonce vers l’effondrement et l’extinction quand t tend vers l’infini, avec un t significativement plus proche de zéro que d’un grand nombre, arbitrairement bas donc), il faut que les gouvernements déclarent conjointement un état d’urgence mondial, une mobilisation générale et la mise en oeuvre d’un plan de transition écologique sociétale, de toute urgence (en s’inspirant des possibilités prouvées des économies de guerre US et UK en 40-45 : USA passe de 3.000 à 300.000 avions militaires par exemple, = facteur 100).

Les gouvernements doivent utiliser leurs moyens pour convaincre la population que cela est nécessaire (médias, débats citoyens, etc.). Sans consensus minimal, pas de transition. Car on ne peut compter sur la contrainte uniquement, il faut des citoyens-« rouages » de la transition, convaincus et déterminés à utiliser leur marge de manœuvre (comités de quartiers, initiatives de transition, etc.).

J’écarte l’option de convaincre les dirigeants actuellement au pouvoir, ils sont déjà fautifs de ne pas utiliser la tribune à leur disposition pour seulement parler de ce sujet.

Il faut les remplacer.

Le problème : pour les remplacer dans un cadre démocratique, il faut que les électeurs votent pour leurs remplaçants.

Il faut que les électeurs comprennent que les dirigeants actuels les mènent à l’abîme et qu’hors des dirigeants radicaux prêts à mener la transition, point de salut.

Pour cela, il faut qu’une partie substantielle de l’élite détermine un consensus sur la situation et la « solution » politique, et s’engage collectivement et en force pour exprimer partout et à tous qu’il faut voter pour d’autres dirigeants, ceux qui comprennent la situation et qui sont désireux de mettre en oeuvre les moyens nécessaires.

En parallèle, il faut qu’une partie de cette élite mette au point une sorte de « planification » complexe de la transition écologique sociétale car des mesures trop brutales et bureaucratiques, à la soviétique, ne permettraient pas la transition du système et causeraient des millions de morts. (Leçon de l’étude des systèmes complexes dynamiques)

Il faut un phasing in du nouveau monde et un phasing out de l’ancien, avec, tout de suite, des limites claires (zéro transformation supplémentaire des sols affectés à la nature, zéro construction de route, annulation des subsides aux énergies fossiles et à la voiture, etc. = moratoire sur tout renforcement de la macrotendance 3 ‘extension anthroposphère’).

Déclarer des zones franches d’innovation libre pour la transition.

Etc.

Voilà j’ai beau retourner le problème dans tous les sens, je ne vois pas d’autre scénario pour une transition écologique sociétale qui embarque tout le monde.

Les autres scénarios, c’est du survivalisme (on renonce à embarquer tout le monde) au mieux, ou alors du cynisme (après moi les mouches).

Comme déjà dit, j’écarte d’office la dictature top down centralisée, elle ne permet pas de libérer la créativité et les forces de changement nécessaires (l’empowerment de tous comme au UK et aux USA en 40-45, même les ouvriers innovaient sur la chaîne de production, par esprit patriotique)

Il faut une démocratie avec des leaders charismatiques, investis d’un mandat populaire et accompagnés d’experts en transition sociétale… et le soutien d’une partie de l’élite (« aristos » contre les « ploutos »). Un « gouvernement des meilleurs », au sens grec du terme, pas au sens de l’Ancien Régime.

Pour en arriver là, il faut sortir du phénomène du « chien de faïence » et de l’interaction spéculaire immobilisante entre politiques, intellectuels et scientifiques et que des gens courageux comme van Ypersele, De Schutter, Jorion, Hansen, Jouzel, Rockstrom, etc. dénoncent nominalement les dirigeants actuels et que des députés ou politiciens d’opposition actuels ou nouveaux se positionnent ouvertement pour le programme ci-dessus, sans égard pour leur chance de réélection.

Le cas échéant, il faut créer un parti politique « messager » qui aura pour unique mission de rendre ce débat visible et public : une sorte de parti de l’état d’urgence et de la transition écologique sociétale. Car cette idée n’est pas présente dans la médiasphère, alors qu’elle est présente dans la sphère scientifique internationale (Mission 2020, etc.).

Pour les Belges, pas sûr qu’Ecolo veuille être ce parti qui dégomme les sbires du Premier Charles Michel en débat public, en leur mettant leur nez dans leur caca et en appelant l’électeur à voter pour des transitionneurs radicaux.

Pourtant, que vaut un parti écologiste s’il n’est que « réformiste gradualiste », alors que la situation réelle exige un remède de cheval ? Que valaient les pacifistes diplomates en 39, alors qu’Hitler se préparait à envahir l’Europe ?

À rien. Voire pire, ils « trustent » les postes de pouvoir, les sièges de députés, et empêchent une alternative « à la hauteur » d’émerger. Ils empêchent Churchill de devenir Premier Ministre et de prendre les décisions nécessaires.

Du point de vue de la logique, je trouve mon raisonnement difficile à attaquer.

Mais je pressens à quel point il serait inaudible devant un auditoire réel (l’effet « poisson à qui on parle du vent violent et de la nécessité de s’abriter »)… Un discours qui serait sans doute « hors de l’espace sémantique » des auditeurs, des sons mais sans aucun sens.

C’est dire à nouveau le HIATUS entre le principe de réalité et l’illusion collective dans laquelle nous baignons.

À un moment donné, si les calculs de l’ingénieur disent : nous avons 3h pour agir avant que la probabilité de percuter un iceberg et de couler atteigne 100%, on ne peut plus admettre dans l’ensemble des solutions les démarches « incrémentales/réformistes ». On est obligé de passer par l’ensemble des solutions « radicales », quand bien même elles paraissent « irréalistes » à l’instant d’avant (ce n’est plus un critère d’exclusion).

Voilà il y a une collision entre le principe de réalité et l’illusion collective.

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68 réflexions sur « La collision entre le principe de réalité et l’illusion collective, par Cédric Chevalier »

  1. et bien il faut un parti européen avec des leaders qui prennent la parole dans toutes les langues pour expliquer qu’il faut se mobiliser contre la « sixième extinction »
    il faudrait le faire vraiment et se présenter aux prochaines élections européennes

    1. Je ne connais pas assez la Chine pour juger de son degré de « centralisation » et de « top down » effectifs. Je lis en tout cas sur wikipedia que la Chine est le 59e émetteur de gaz à effet de serre par habitant en 2010 (métrique plus équitable que les émissions nationales totales où la Chine est 1e émetteur mondial, métrique plus utile pour une question de « management des émission » : on n’a qu’un seul interlocuteur pour le plus gros paquet d’émissions au monde). Alors que la Belgique est le 31e émetteur par habitant…
      Indépendamment de mon expertise faible en la matière, la Chine serait-elle davantage une dictature top down centralisée, sur le continuum de la centralisation/autoritarisme, par rapport à la Belgique ? Il me semble bien que oui…
      Mais on ne peut pas encore préjuger que le modèle chinois va surclasser le modèle démocratique européen au final sur la durabilité écologique.

      Enfin, mon argument s’entend « toutes choses égales par ailleurs » : je pense que la transition écologique sociétale requiert la mobilisation consentie de tous dans une communauté politique, mobilisation de tous qu’il me semble plus difficile d’obtenir dans une dictature. « L’exemple » allemand des années 30-40 pourrait me détromper sur les capacités des dictatures à réaliser de « grands » changements sociétaux : « quel magnifique alignement du peuple et de ses dirigeants ! », « quelle débauche d’innovation technologique », « quels grands travaux ! » me dirait-on (je suis bien sûr très bien informé des horreurs nazies, je tiens à le souligner). Mais d’un autre côté, le côté dictature a conduit les Allemands à se priver de cerveaux parmi les plus brillants qui auraient pu leur faire gagner la guerre, s’ils avaient fait passer la raison avant l’idéologie (notamment de nombreux savants Juifs allemands), ce qui est plus difficile dans une dictature que dans une démocratie me semble-t-il… J’ai aussi le sentiment que les créatifs les meilleurs sont plus souvent anti-dictatures que l’inverse. Et que libérer l’énergie positive des citoyens est plus facile dans une démocratie…

      Enfin, il faut aussi raisonner « in concreto » : peut-être les citoyens européens ne pourraient-ils pas supporter une dictature éventuellement « éclairée et bienveillante » comme les citoyens chinois le pourraient, à cause d’histoires très différentes ? Dans ce cas, il n’y aurait pas une solution « one size fits all » mais plusieurs en fonction des traditions de chaque continent (sachant que je ne trouve pas la dictature un système légitime mais ce n’est pas moi qui décide ce que les chinois acceptent comme forme de gouvernement).

      A nouveau, je parle avec mon point de vue occidental et tous les biais que ça comporte.

      Mais je maintiens le point que la transition d’un système complexe dynamique dans une période de turbulences a peu de chance d’être réussie par un système classique « command and control », « top down », etc. Les désastres staliniens et maoïstes sont édifiants.
      La quantité d’innovation sociale nécessaire pour réussir la transition écologique rend a priori la dictature trop peu souple et permissive pour un « écosystème d’innovation décentralisée »…

      Maintenant, indépendamment de son caractère détestable, et par rapport au stalinisme et au maoïsme, peut-être que la dictature chinoise moderne a réussi à mettre au point des « technologies de gouvernance » qui lui permettent de rester essentiellement dictature et négocier avec plus de souplesse une transition écologique que les dictatures rigides du passé ?

      Je prends tous les contre-pieds de mon opinion…

      On verra ça ce siècle… 🙂

    2. Croisant la liste des PIB des différents pays et celle de leurs émissions de CO2 :
      https://en.wikipedia.org/wiki/List_of_countries_by_GDP_(nominal)
      https://en.wikipedia.org/wiki/List_of_countries_by_carbon_dioxide_emissions

      On s’aperçoit que la quantité de CO2 nécessaire à la production d’une unité de PIB – l’intensité CO2 de la l’économie nationale – est fort divergente d’un pays à l’autre. Par exemple :
      – Chine : environ 850 grammes de CO2 par dollar de PIB
      – Etats-Unis, Japon : 250 g/$
      – Allemagne : 210 g/$
      – France : 130 g/$

      Cet indicateur est certes imparfait. Notamment, il faudrait inclure l’ensemble des gaz à effet de serre plutôt que le seul CO2. Et il faut encore avoir à l’esprit que la division internationale du travail a conduit à concentrer en Chine une partie importante des industries les plus lourdes servant les marchés américain et européen.

      Il n’empêche qu’il permet d’avoir au moins un ordre de grandeur. Et encore de comprendre l’impact énorme du choix des sources d’énergie : charbon très important en Chine, nucléaire en France.

  2. « Le problème : pour les remplacer dans un cadre démocratique, il faut que les électeurs votent pour leurs remplaçants. » ( En passant: évidence.)

    En France , ce n’est pas possible. Les extrêmes droite et gauche sont utilisées comme épouvantail en faveur du type sans programme, sans conviction sociale et sans colonne vertébrale mais qui cause bien dans le poste et porte une cravate. Et qui a d’autres projets et préoccupations que celles pour lesquelles on a cru l’élire. La France Insoumise recelait un potentiel certain, en particulier en écologie, fruit d’un travail collectif respectable, mais son caudillo-harangueur de comice agricole n’a pas plu. Y compris ici, où des risques inconnus , mais affirmés, n’ont pas été jugés valoir l’effort. En toute certitude, un danger grave et imminent nous menaçait s’il était élu. Or, il était facile de circonvenir Mélenchon s’il devenait un obstacle, ce que je ne crois absolument pas.

    Il me semble évident, comme vous le suggérez, que la question est d’abord politique par le choix des personnes. Or, nous ne trouverons jamais le catalyseur/catalysatrice sans défauts que tout le monde espère. Accepter l’idée de risques et de ruptures, dans le cadre démocratique, est donc une nécessité inévitable. On remarquera que nous ne pouvons élire seuls ceux qui acceptent de se présenter aux suffrages. Le processus informel de pré-sélection est si controuvé qu’il semble ne pas fonctionner d’une manière optimale. Peut-être faut-il porter un regard à l’amont de l’élection ?

    Enfin, votre beau programme d’urgence oublie l’ex-tiers monde, loin de nous et à nos portes. Ils nous observent. Ils sont la majorité. Notre histoire coloniale nous disqualifie pour prendre la tête du combat pour la planète. Nous ne sommes exemplaire en aucune façon. Votre fébrilité devrait leur paraître soit hors de propos soit suspecte.

    Par ailleurs votre texte fourmille de « il faut » péremptoire. Ma réponse agacée: Je vous en prie, après vous.

    1. @Daniel. Merci pour votre commentaire critique. J’y réponds en espérant avoir une réponse en retour !

      J’ai souvent entendu de Français l’idée qu’il était « impossible » de faire émerger par exemple EELV au pouvoir en France (une majorité parlementaire et un président). Pourtant c’est assez simple : il suffit de voter pour eux aux élections ad hoc. Si suffisamment de Français le font, alors un(e) EELV deviendra président(e) et une majorité parlementaire absolue leur sera conférée par la Constitution française. C’est d’ailleurs comme ça, étrangement, qu’un parti qui n’existait pas avec un « non-candidat » a priori est devenu la majorité parlementaire absolue et le président de la France. Quand on veut, on peut, ici c’est vrai. Le problème est que les électeurs ne veulent pas porter une majorité en faveur de la transition écologique sociétale au pouvoir. Voilà pourquoi ma lapalissade ouvre en fait une réflexion sur la volonté réelle des gens : veulent-ils vivre (voter pour la transition écologique effective) ou mourir (laisser l’inertie mener tout le monde à l’effondrement) ? Nombreux ouvrages sur la question de ce hiatus entre faits scientifiques et action politique/citoyenne réelle.
      Penser que « c’est impossible » n’est jamais qu’une astuce psychique commode pour éviter le changement.

      J’ai également pensé au tiers-monde avant d’écrire ce billet. Je me suis dit qu’en fait, ce sont eux les premières victimes du réchauffement climatique et d’un potentiel effondrement écologique/sociétal. Et que donc, c’est chez eux qu’on peut trouver « l’armée de réserve de la transition » si je peux m’exprimer ainsi. Et que je gagnerais peut-être plus en efficacité en écrivant en chinois ou sur le web africain… plutôt qu’à des Occidentaux embourgeoisés qui ont tout à perdre et rien à gagner (réduire son empreinte environnementale au seuil de partage équitable entre tous les humains).
      Mais je suis né en Belgique et citoyen belge, je suis avant tout membre de la « Polis » belge et c’est ici que j’ai les racines, la culture et le droit de vote pour apporter ma pierre à l’édifice. Je ne pourrai jamais être président des USA (il faut être né américain)… je ne connais rien aux circonstances chinoises et africaines, je serais arrogant de leur faire la leçon. C’est mon droit de citoyen de donner mon avis dans la sphère belge et européenne.

      Mon « il faut » n’est en rien péremptoire, c’est penser cela qui l’est. Vous ignorez combien d’heures j’ai mis à raffiner mon argument et à quel point je suis susceptible de changer d’avis face à un bon contre-argument. A vous de prouver « qu’il ne faut pas » face à mon « il faut », et un vrai débat s’engagera sur l’argument de fond.

      1. Cédric, bonjour
        Deux choses

        1) Je ne suis pas beaucoup plus optimiste que Daniel dont les critiques me semblent à peu près justes, même si un peu teintées d’akwabonisme à 2,5%. La démocratie qui émerge « vite fait bien fait » , si ça a marché façon Macron, c’est parce que Sarko et Hollande avaient ruiné l’espoir de continuer dans les partis traditionnels, chacun à leur façon, et que « l’état profond » (clin d’oeil) à la française a soutenu à fond le visage qui lui convenait. Via l’Institut Montaigne , via les confréries énarchiques, via les Gracques, via les parrains du capitalisme parisien dont la confiance en Fillon ne m’a jamais semblé bien forte, et le tout dans un contexte de terrorisme où il était agréable de se dire qu’on pouvait relever la tête de notre affliction, au moins sur un terrain où nous pourrions être fier, l’économie. Le soupçon très connu aussi en Belgique que les partis traditionnels sont beaucoup trop clientélistes avec les fonctionnaires (pas les mêmes suivant le côté : flic ou prof) a été un argument pour la masse des français du privé de salaire >= salaire médian (la majorité des votants, donc, les pauvres votent moins) de se jeter sur le mac(a)ron.

        2) Se souvenir du cas de Dollfuss et de l’Autriche au moment de l’Anschluss. Ce qui a rendu l’opération si facile a été la neutralisation par ledit Dollfus des corps inetrmédiaires, qui auraient pu relayer la résistance à l’Anschluss, mais en 1939, interdire les syndicats etc. c’est se couper de la force du peuple. Je n’ai as réétudié ça c’est un souvenir sans doute de mes lectures du Diplo (Halimi ? ou même Claude Julien ?) , mais la faiblesse des corps intermédiaires désigne d’emblée la possibilité d’un lourd craquement dans les 10 ou 20 ans qui suivent, du simple « bal tragique  » (manif de rue durement réprimée) à pire (façon post-Commune de Paris pour reprendre les affaires qui ont occupé Victor Hugo en Belgique en 1871, cf. le livre de Jorion (!) et les citations d’Annie Le Brun)

        J’ai du mal à croire aux grands scénérios de ce fait , d’où le scepticisme sur la mobilisation générale. De quel droit priver une génération (la génération Y) qui n’a déjà pas l’accès facile au travail, d’une jouissance « modulée » du monde pas trop éloigné de la mienne (je suis de 1963 …voiture avion chauffage à 19°C à des doses « moyennes », pas de 4×4, et des bons cyber-thermostats, pas facile de descendre en dessous de ce mode de vie sans avoir l’impression d’être un illuminé) ? Au nom de ses enfants à elle ? Pas évident vu comme ça.

        Donc en référence au scénario de l’Anschluss, je crois que c’est le type de fractionnement à venir qui est imprévisible (le miroir qui se brise) , mais qu’il faut garder bcp de corps intermédiaires « autonomes » (exécutivement et intellectuellement) pour que les « fractalités » à venir ne dégénèrent pas en combats de meutes de loups errants ou de loups en château fort. C’est pas très satisfaisant pour la bonne conscience, en comparaison des trompettes « mobilisation générale, what else », et c’est un peu akwaboniste aussi (à 45%). Mais si on pouvait par exemple, par voie « associative », imposer différents usages des smartphones (pas de video inutiles et couteuse en énergie, réseau social capable de redéfinir son bien commun suivant l’échelle proche ou lointaine (contournant Max Havelaar et les écueils des « politiques de quartiers »), cela aurait un impact certain. Plutôt que les grandes lignes d’un Halévy (qu’on peut écouter mais bon…) je verrais plutôt les chances des « riches » pour la suite dans la désaliénation de leur environnement de riche (smarpthone isolant les classes dans leurs ghettos sociaux, pour les riches : macarons Ladurée, vacances au touquet ou en afrique du sud et teinture blonde pour les femmes) à faire d’une façon qui redonne de la dignité aux autres c’est là qu’est le plus gros challenge ; montrer à l’électeur actuel du FN (RN) que son savoir-vivre a du bon, qu’il n’a pas beaucoup à « trier » pour faire sortir de « bon » qui est dans ses relations avec les autres. Ca passe aussi par de l’écologie, puisqu’il peut alors se poser la question du prix des ressources à son échelle (locale) et de la modulation que des pratiques plus collectives pourraient y apporter.

        Un peu utopique aussi, mais ce dernier développement est surtout pour re-dire que c’est entre les bris du miroir que ça va se jouer, pas forcément dans la construction du grand trempoline censé maintenir le miroir d’une pièce à l’issue de son lent basculement.

    2. « En France , ce n’est pas possible. »

      Si ce n’est pas possible en France, alors ce n’est possible nulle part :
      – La France a une Constitution spécifiquement conçue pour les situations de crise, par quelqu’un qui en avait connu quelques-unes dans sa vie publique, et non des moindres
      – Elle a une longueur d’avance dans la diminution de ses émissions de CO2 du fait de son programme électronucléaire, il lui serait donc plus facile qu’à d’autres pays de faire le reste du chemin

      « Les extrêmes droite et gauche sont utilisées comme épouvantail en faveur du type sans programme, sans conviction sociale et sans colonne vertébrale mais qui cause bien dans le poste et porte une cravate. »

      Situation 2017. L’Histoire ne s’est pas terminée cette année-là.

      J’ai le fort sentiment que ce n’est pas un parti spécifique construit autour d’un seul thème, celui de la transition écologique, qui pourrait réussir à mobiliser. A mon sens, c’est ___à l’intérieur___ de chaque parti que les partisans d’une telle mobilisation gagneraient à faire entendre leur voix et tenter d’atteindre une influence déterminante. Et ceci du plus à gauche au plus à droite.

      Si un consensus est nécessaire pour rendre possible une mobilisation et il me semble évident qu’il l’est – consensus au sens « deux sur trois » au moins voire « quatre sur cinq » au mieux, pas « 99% » – alors ce consensus ne peut qu’être construit partout à la fois sur l’échiquier politique.

      Si un parti marqué à gauche, ou à la gauche modérée, tentait de le construire tout seul, il ne pourrait guère dépasser un plafond de peut-être 30%, bien trop petit. Même situation pour tout autre parti qui tenterait de s’y mettre tout seul. Ce n’est que si la marche vers le consensus a lieu partout à la fois qu’un niveau du genre deux personnes sur trois pourra être atteint.

      La meilleure chose à faire à mon sens pour qui est persuadé de la nécessité d’une mobilisation écologique c’est de s’engager en ce sens au parti dont on se sent le plus proche. Expliquez chez LREM que c’est la modernité, chez LR que c’est nécessaire au capitalisme, à gauche que c’est nécessaire à l’égalité, au RN que la France en a besoin, chez les trotskistes que c’est la cause du Peuple, etc. Tentez de gagner de l’influence en interne, de rassembler les plus sensibles à ce thème pour qu’ils agissent ensemble… afin de parvenir au final à en faire un thème fondamental de votre parti.

      1. d’accord à 100% : on peut imaginer (sans exclusion des autres stratégies de création de nouveaux partis ou mouvements) influencer les partis existants de l’intérieur.

  3. Le mouvement Diem25, initié en mars 2016 par quelques personnes arrivées aussi à la conclusion qu’il faut agir pour éviter l’éclatement de l’Europe, sera présent dans plusieurs pays européens lors des élections en 2019. Serait-ce un début de solution ?

    1. « […] ne brigue pas le pouvoir, n’ait pas de candidats aux élections et se concentre sur les problèmes écologiques. »
      Plus fort:
      Ne fait pas parler d’eux, fuit la publicité politicarde; ne fait aucun prosélytisme, discrétion absolue quant aux propositions sur « les problèmes écologiques » et au final , réunion du non-parti (« mouvement ») dans une cabine téléphonique.

      C’est bien ce que nous avons. Avec 2 différences si humaines: une guerre des chefs et des places impitoyable. Et une aptitude inégalée à avaler toutes les couleuvres quand par goût du sacrifice ils se laissent entraîner à faire partie d’un gouvernement.

  4. @timotia. Oui mes réflexions ne valent probablement que projetées sur l’espace des futurs où l’on « maintient l’intégrité du miroir » : c’est-à-dire que mes propositions considèrent qu’il existe un Etat Belgique (on peut transposer à la France), qui est gouverné par des mandataires élus, qui disposent de moyens humains (les corps intermédiaires de l’Etat : fonctionnaires, enseignants, juges, policiers, etc.), financiers, informationnels, techniques, d’infrastructure, pour mener des actions décisives dans le sens de la transition écologique sociétale, pour la piloter en cours de route et pour maintenir l’intégrité de la communauté politique belge au final.

    Dans ce cas là, je vois mal comment faire autrement qu’avec un « état d’urgence » ou « Etat d’urgence », une mobilisation générale (analogue à celle du UK et des USA en 39-45), et une sorte de « planification nationale » (plus décentralisée que les plans quinquennaux soviétiques s’entend).

    Mais si ce momentum n’est pas saisi, alors l’effondrement risque de mettre en péril les grosses structures (voir Joseph Tainter sur l’effondrement de l’empire romain), qui vont se diviser en sous-ensembles plus faciles à piloter dans une époque de turbulence (les collapsologues et décroissants parlent de biorégions par exemple). Et là peut-être que je vous rejoins sur le « entre les bris du miroir » ?

    Et je suis bien d’accord que les corps intermédiaires doivent maintenir leurs capitaux (scientifiques, culturels, éthiques, exécutifs) pour servir la gouvernance des communautés politiques résilientes à venir.
    J’ai souvenir que les syndicats cheminots étaient une colonne vertébrale de la Résistance française, les syndicats et l’Eglise de l’indépendance polonaise, etc.

    A nouveau, je ne suis pas spécialiste, je suis juste un citoyen qui cogite.

    1. Je dirais que l’effort interne – au niveau de chaque pays à gouvernement démocratique – est une nécessité évidente, mais ne fait pas la solution à soi seul.

      Il est indispensable dans le même temps d’arriver à influencer les deux « gros morceaux » que sont la Chine et à un moindre degré les Etats-Unis :
      – L’Amérique représente un peu moins de 15% des émissions. D’autre part, avec son gaz de schistes elle agit pour maintenir son mode de vie inchangé plutôt que de se mettre à économiser – alors même que le début du chemin serait relativement aisé pour elle, il lui suffirait de prendre exemple sur l’expérience des pays européens
      – La Chine c’est presque 30% des émissions, le double de Washington. Non seulement elle s’est exemptée de tout effort avant 2030 et l’a fait accepter dans l’accord de 2015 sur le climat – pas besoin d’élire un Trump pour elle, les chefs du Parti font ça d’emblée – mais elle vent des centrales à charbon à tire-larigot dans le monde entier : la Chine construit et finance la majorité des 850 projets prévus, qui augmenteront la production mondiale d’électricité d’origine charbon de 43% https://www.rfa.org/english/commentaries/energy_watch/china-pushes-coal-fired-power-plants-abroad-07242017102219.html

      Bref, la dictature chinoise a le même genre de point de vue sur le changement climatique que le sieur Donald Trump, en plutôt pire. Et l’original n’est déjà pas piqué des hannetons.

      Même l’ensemble de l’UE ne pèse pas lourd à côté de ces deux mastodontes, peut-être 8% des émissions mondiales. Si les Européens parvenaient par miracle à réduire leurs émissions à zéro dès l’année prochaine, il ne faudrait que quelques petites années à nos amis Américains et surtout Chinois pour compenser… dans le mauvais sens du terme.

      Ce n’est pas un argument pour ne rien faire ! Mais aucun programme de transition écologique ne peut être complet s’il y manque une stratégie pour influencer les mastodontes. Je verrais deux options :
      1. Mettre en jeu nos relations commerciales, en prévoyant un impôt protectionniste à l’entrée des produits chinois et américains sur le sol européen, proportionné à la différence entre intensité en CO2 des économies concernées et intensité en CO2 en Europe. Cet impôt devrait être bien lourd pour avoir la moindre chance d’aider à « convaincre » nos partenaires chinois et américain
      2. Prendre le problème complètement à l’envers : viser à « ringardiser » la production électrique charbonnée et gazière tout comme les véhicules à moteur à explosion en construisant meilleur, moins cher et propre

      La 1ère option n’est guère réaliste politiquement parlant. La liberté du commerce fait partie de l’ « ADN » de l’UE, notamment à Berlin et à Londres mais pas seulement. Et la dépendance stratégique de nombreux pays européens vis-à-vis de Washington ne doit pas être oubliée, même si ce n’est pas le cas de la France… leur est-il seulement possible de mener une politique ferme vis-à-vis de son protecteur ?

      La 2ème option… eh bien elle n’existe pas aujourd’hui. Les dépliants publicitaires de l’énergie « renouvelable et bon marché » sont jolis, la réalité physique derrière est différente. On en est encore loin.

      J’en reviens à ce que j’écrivais sur un autre fil de commentaires il y a quelques jours : le plus urgent est un programme de R&D massive, genre projet Manhattan puissance dix, sur toutes les pistes qui pourraient contribuer à une production énergétique propre, massive, bon marché, et adaptable aux engins autonomes (véhicule, engin de construction…). Car la solution, aujourd’hui, on ne l’a pas.

      Mais s’il était possible d’aboutir… alors il serait fort simple de convaincre ces Messieurs de Pékin, Washington et autres lieux – « Ohé ! Y a de l’argent à se faire ! » – sans aucun besoin de convaincre ces Messieurs de Berlin, Londres et autres lieux d’abandonner leurs passions libre-échangistes et de parler haut à leur Protecteur.

    2. La petite expérience que j’ai de l’action politique me fait dire que le salut ne viendra pas de la création d’un nouveau parti, d’autant que l’urgence des solutions à adopter ne permet plus de tergiverser. A chaque fois, les débats s’enlisent avec la rédaction d’un manifeste ou d’un programme car l’application de la démocratie participative donne la parole à tous. Dans ces groupes galvanisés par l’enthousiasme du début se mêlent des illuminés, des fanatiques, des enragés, des frustrés, sans compter quelques trolls téléguidés par d’autres mouvements. Proportionnellement, ils ne sont pourtant pas très nombreux, mais ils parviennent progressivement à enrayer le processus démocratique de décision, quand ils n’en viennent pas aux mains. Cela fait rapidement fuir les modérés et tous ceux qui sont ouverts au compromis. Je suis du genre tenace, mais je me suis pourtant enfui au bout de quelques mois, par deux fois (MG et VEGA en Belgique), non sans avoir participé très activement.
      Il ne faut pas en déduire pour autant que ce soit plus facile en intégrant un parti existant car ce dernier se cadenasse pour éviter d’exacerber les luttes internes. Leur façade veut donner l’impression d’unité, malgré les dissensions internes. Dans ces conditions, s’intégrer dans l’intention de proposer de nouvelles orientations relève du rêve éveillé. Autant essayer de faire demi-tour sur cent mètres avec un tanker. Et, de surcroît, on ne trouve guère pour l’instant de mouvements politiques neufs, nationaux ou européens (ces derniers donnant la priorité sur les réformes à apporter, comme DIEM25), qui mettraient l’accent prioritaire sur l’écologie et le dérèglement climatique.
      Il faut attendre que tout le monde embarque dans le même projet ? Bonne chance ! C’est foutu ? Non, mais il nous faut redescendre sur terre.
      Je crains de me fâcher avec tout le monde en évoquant quelqu’un comme Nicolas Hulot, qui ne trouve grâce qu’aux yeux de tous ceux qui sont décidés à rester au stade des bonnes intentions lénifiantes. Qu’il soit focalisé sur son nombril? Nul doute. Qu’il n’ait pas accompli grand-chose jusqu’ici? Assurément. Je ne figure même pas parmi ses admirateurs. Mais si l’on scrute le parcours de tous les autres membres de l’équipe gouvernementale au niveau de l’écologie, la situation est bien pire. De son côté, le ministre Hulot se trouve assis entre deux chaises, tiraillé entre un monde politique debout sur les freins et une foule d’écologistes de tout poil qui n’économisent pas leurs critiques. A part le soutien de sa garde rapprochée, il se retrouve plutôt seul. Il serait pourtant hautement souhaitable qu’il soit aussi soutenu activement par le groupe de plus en plus large des citoyens qui sont convaincus qu’il n’y a plus de temps à perdre, au-delà (ça, c’est plus difficile) des positionnements idéologiques et politiques. En 2002, sa fondation publiait un manifeste, Combien de catastrophes avant d’agir? (Points). Je ne pense pas qu’il ait oublié. Sinon, il faut le lui rappeler fermement et l’aider à briser le plafond de verre politique qui bride des initiatives beaucoup plus audacieuses et dérangeantes. Je pense que c’est Franklin Roosevelt qui, à l’occasion d’un discours dans les années ’30 a lancé à la foule : « Je le ferai si vous me le demandez ! ». Malgré sa popularité, il réclamait un soutien.
      Focaliser des soutiens au bénéfice d’un individu qui a déjà beaucoup vécu et qui a donc déjà révélé ses failles n’est pas des plus facile, d’autant que chacun doit essayer de laisser de côté ses biais dogmatiques. En plus, nous sommes ainsi faits que le neuf nous enflamme beaucoup plus que l’ancien. (Question de production d’endorphine, peut-être?). Dans quelques mois se tiendra la COP24 à Katowice. Grâce (ou plutôt, à cause) des dernières manifestations du dérèglement climatique, cet événement pourrait se révéler être un moment crucial pour la suite du combat à mener. L’interrogation de P.J. (8 août, commentaires) au sujet du soutien au PACTE FINANCE-CLIMAT (https://climat-2020.eu/fr/) de Pierre Larrouturou et Jean Jouzel en vue de faire pression sur les politiques n’a recueilli qu’un maigre « Insuffisant ! » de Juannessy. Pourtant, ce sont aussi de grosses pointures qui connaissent un rayonnement notable dans le domaine des problèmes climatiques. Personnellement, je les soutiendrai et je ferai même du prosélytisme (j’ai déjà commencé ici…). C’est peut-être insuffisant, mais ce l’est moins en tout cas que le désir de changement de nos attitudes individuelles. De toute façon, rien n’interdit de porter notre attention sur d’autres initiatives en même temps.
      Le négativisme ambiant envers les initiatives qui ne répondent pas à nos rêves, ou même à nos souhaits entretient le pessimisme qui mène insidieusement vers ce désespoir de plus en plus prégnant. Les billets de Cédric sont certes intéressants pour alimenter le débat, mais on en reste une fois de plus au constat. Ce n’est pas le « il faut faire quelque chose », même souvent répété façon Coué, qui va faire avancer les actions que nous devons absolument mettre en place ou soutenir activement. A titre personnel, cette quasi absence de propositions concrètes sur ce blog (peut-être n’est-ce pas son rôle ?)entretient plus mon angoisse que les prévisions apocalyptiques qui se multiplient, car elle me met en face de ce que je perçois comme une manifestation de notre impuissance collective. Je ne l’accepte pas, mais je fais quand même mienne la conclusion de Cedric dans son billet du 8 août : On n’est pas arrivé au seuil où l’on périt dans la gloire d’avoir lutté jusqu’au bout et de toutes ses forces pour sa survie… Ou pour te [Paul] paraphraser, « disparaître oui, soit, mais pas avant d’avoir montré à la Nature que nous sommes ses dignes enfants ! »

  5.  »J’ai souvenir que les syndicats cheminots étaient une colonne vertébrale de la Résistance française ».
    Bonjour Cédric,
    Je vous invite à voir où à revoir le film intitulé  » La bataille du Rail » qui montre à partir de faits historiques combien les cheminots se sont battus contre l’occupation allemande. Mes grands-parents paternels et maternels étaient tous deux conducteurs de train vapeur et c’était un régal à Noel, pour l’enfant que j’étais, d’entendre toutes ces histoires de sabotage ici où là.
    Entendues 10 fois, 20 fois, je les connaissais par cœur !!
    https://www.youtube.com/watch?v=KdE8nRUwLU8

    Si vous êtes un peu observateur, vous verrez que dans de nombreuses gares se trouvent des plaques nominatives à la mémoire des cheminots du site fusillés, parfois pour l’exemple, les allemands espérant que leurs collègues, effrayés, cesseraient leurs activités.
    Si cela vous intéresse : http://www.europe1.fr/societe/un-livre-hommage-aux-2200-cheminots-victimes-de-la-repression-nazie-et-de-vichy-3296219

  6. Sur notre planète, l’horizon des évènements écologiques pour déporter un terme de physique jaugeant des limites, est effectivement perçu de différentes manières : là où sont répandues les bonnes paroles scientifiques, mécanismes de déni et de dénégation sont concurrentiels, mais c’est massivement l’ignorance qui est la plus partagée face aux annonces réchauffantes.

    Des phénomènes extra-ordinaires locaux sont aperçus, voire sériés, mais de là à en faire une montagne, ça n’a rien d’évident pour le terrien des champs – la moitié de l’humanité quand même – malgré la télé voire l’internet presque partout. Il leur manque le niveau de savoir qui justifie la foi dans la parole des hommes de sciences.

    Pourtant même les Hommes politiques, pourtant éduqués, ne l’ont pas tous, cette foi, et c’est le souci.
    Ces points aveugles de foi, fonctionnent au « je n’en veux rien savoir » ou au « je sais bien mais quand même » où s’épanouissent les mécanismes de déni ou de dénégation. Ils sont différents mais dans ces deux mécanismes, le référentiel au savoir établi est déjà là, celui du consensus social disons social même si réduit à des éclaireurs scientifiques, qui fabriquent la « réalité » qui nous est enseignée même si discutable. La terre tourne autour du soleil, soit ! Malgré mes sens, j’y crois, pourtant incapable d’en faire la démonstration. Pour que cette banalité fonctionne – le plus souvent – dans les consciences, il en aura fallu des bagarres…et du temps.

    Oui, pourquoi pas exporter dans d’autres champs ces mécanismes freudiens qui ont pour seul enjeu de fondation la castration ? En fait, c’est déjà fait, ça court dans les rédactions…

    Mais si l’horreur de la castration justifie les mécanismes, quelle horreur justifie tous les dénis et dénégations socialement partagés, qu’il s’agisse du réchauffement ou d’autres faits construits ?

    Je ne vois rien d’autre que l’horreur de l’angoisse, celle de la mort au pire, celle de la perte de son confort au mieux. C’est le cas bien connu des politiques qui fonctionnent au court terme : réélection ! et subissent les pressions des lobbies (je sais bien mais quand même, je vais voter pour le glyphosate). Au citoyen lambda, l’angoisse de perdre ses acquis : La bourse ou la vie ? La bourse c’est maintenant, la vie… plus tard pour l’espèce ? Quel dilemme !

    Les promesses politiques fonctionnent sur les lendemains qui chantent, pas sur l’évitement de l’enfer : la preuve les messages religieux menaçant de l’enfer éternel ne me semblent pas avoir été très opérants à lire l’Histoire…

    Ah du temps où se construisait le socialisme, c’était pour les générations futures, le paradis du communisme encore plus lointain, mais le rêve embarquait du monde, de gré et bien sûr de force. Castoriadis opinait que le rêve de changer de bagnole tous les 5 ans, n’était pas suffisant à l’Ouest…on sait les conséquences…

    Alors vous pouvez vous époumoner à promettre l’enfer de la serre à l’électeur, ça risque de le faire fuir. Par contre votre appel à l’économie de guerre, soit la restriction des libertés, l’endoctrinement, la contrainte, oui ça peut fonctionner comme pour la lutte contre le terrorisme, mais ça n’ « embarque pas tout le monde », car il y a des opposants, il y a toujours ces foutus opposants. Qu’en faire ?

    J’ai lu toutes vos réponses avant mon envoi…question : la planification soviétique avec des ordinateurs, ça aurait donné quoi ? Quelque chose comme la Chine today, sans « messieurs gros sous » (expression qu’utilise Qiu Xiolong dans ses romans) ?

    1. L’impact des ordinateurs sur une transition sociétale, on peut voir les choses de plusieurs manières. IBM avec sa grosse structure bureaucratique qui échoue à innover et se fait bouffer par la pépite Apple en peu de temps. On peut voir l’usage par la Chine d’internet comme outil de sondage permanent de l’opinion, tout en empêchant que cette opinion prenne conscience d’elle même et ne puisse se coaliser en opposition (privatisation de l’information démocratique entre les mains du pouvoir dictatorial).
      On peut aussi aller voir chez les pays européens nordiques qui utilisent davantage internet comme un outil de transparence démocratique (comptes rendus parlementaires, fiches d’impôt des mandataires, plateformes de consultation populaire, etc.).
      On voit la différence entre le monopole Microsoft et le mouvement open source & wikipedia.

      Internet peut être le pire de la dictature ou le meilleur de la démocratie selon moi.

      Je pense mais ça ne vaut que ce que ça vaut que la planification soviétique avec ordinateurs, ça donne un truc plus proche de la Chine mais avec en plus tout de même une « souplesse idéologique pragmatique » qui permet aux Chinois de faire du capitalisme d’Etat sans en avoir trop l’air.
      Si on avait donné des ordis aux soviétiques, vu la rigidité idéologique, pas sûr qu’ils auraient empêché l’effondrement de l’URSS.

      Pour moi le plus important, c’est que la majorité des gens comprennent la situation, souhaitent changer, et agissent concrètement pour ce faire. Je pense qu’il y a pas mal de gens qui comprennent (mais pas encore bien que l’effondrement n’est pas qu’un scénario de science fiction), qui souhaitent changer (mais pas encore compris ce que ça implique en actes) mais malheureusement trop peu qui agissent concrètement.

  7. Chère toutes, cher tous,

    Comme dab, j’ai tout lu. je me retrouve un peu dans tous les comment taire ou ne pas taire les comment faire où ne pas faire. Avec l’observation de ma socio-sphère j’en suis arrivé à classer mon environnement massivement classe moyenne et classe moyenne un peu plus et les pôvres.
    Les un peu plus ont plus à perdre et son d’accord pour passer aux lampes led mais ils viennent de changer les lampes à filament en fluo ressemant. Ils roulent en SUV moyen et haut de gamme encore en diesel parce que c’est moins et bien que cela pu à la pompe. Les enfants font des études d’ingé et où d’école de commerce bien chère et ils commencent à trouver que les pauvres leur coute trop cher et que l’on ne peut pas pleurer sur les migrants. Ah oui ils mangent pas forcement bio alors qu’ils ont les moyens.
    Les classe moyenne moyenne, c’est un peu comme les seusses plus haut mais comme il compte un peu plus leur sous, ils sont quelques uns à penser à faire des travaux d’isolation, les même travaux qui font que l’été aussi ils ont moins chaud. Ils commencent un potager, ils mangent un peu plus bio. Leurs enfants font des études mais comme ils n’ont pas de carnet d’adresse ils trouvent pas le job correspondant au niveau d’études. Ils ont très peur du déclassement car les exemples autour d’eux commence à se voir et que souvent il leur est renvoyé qu’ils n’ont peu être pas bien élevé la marmaille pour qu’elle échoue ainsi.
    Les plus pauvres que je connaisse, ceux lié à mon ancienne activité d’assistante sociale. Pyramide de Maslow et répondre au besoin primature est la l’occupation majoritaire, pour les autres dépression et autre cortège de la misère.
    C’est grossier, très grossier mais ils veulent garder leur confort (moi aussi mes medocs et mon service de santé pour rester en vie, je suis déjà un cyborg avec un défibrillateur implanté).
    Alors à mon humble avis seul un un évènement exogène est capable de faire bouger les lignes.
    Le faire sur la planète de manière endogène par la démocratie vrai ou fausse où par une dictature éclairée ou dure prendra bien trop de temps.
    Ne pas lire entre les lignes que que je ne lutte pas ou plus, je continue avec l’énergie dont je dispose à continuer d’œuvrer dans ce qui me semble le bon sens.
    Dernière décision, nous n’étions pas allé ma chérie et moi à Venise, aujourd’hui de Paris il y a des train de nuit, alors cela rentrait dans nos cordes. Mais non, avec l’hyper tourisme cela ne nous convient plus, ainsi nous remarcherons sur le chemin douanier de Camaret (Finisterre) comme nous l’avons fait en juillet et mangerons des moules frites dans une cabane près de la mer. Voilà un exemple de petites choses qui sont à notre portée.
    Avec toute ma tendresse, Quelartpierre

  8. Vous écrivez fort justement: « il faut des citoyens-« rouages » de la transition, convaincus et déterminés à utiliser leur marge de manœuvre (comités de quartiers, initiatives de transition, etc.) »… Et puis le reste du texte ne parle que de stratégies électorales et politiciennes alors que les initiatives de transition ont conclu que face à l’impasse du réformisme électoral et des errements des prises de pouvoir brutales, l’alternative était de créer (qui est résister comme le dit Benasayag).
    Pas sûr que cela va changer le monde vu le petit nombre de volontaires de prise de risque (ah, le doux confort bourgeois…!) mais, au moins, ceux-là ne seront pas complices de l’effondrement qui vient et auront vécu dans la joie de ne pas faire partie du troupeau bêlant des soumis, râleurs mais les bras ballants…

  9. Comment convaincre ?
    Car l’alternative est bien celle-ci : imposer ou convaincre.
    La Chine peut imposer. Mais chez nous c’est passé de mode. Donc il reste, dans nos sociétés démocratiques, que cette voie : convaincre, s’auto-convaincre.
    Question de foi, de foi partagée.
    Dans nos sociétés qui exaltent l’individu, la liberté, l’individualisme, quel grain de sable peut être l’élément déclencheur capable de réunir les volontés, de les orienter en grand nombre dans le même sens ?
    Depuis la nuit des temps un ennemi commun jouait ce rôle. On s’unissait contre lui, on était prêt à mourir en le combattant. Ça ne marche plus (ou plus aussi bien…)
    Car l’ennemi est nous-même !…
    Les savants le disent : la terre se réchauffe, il y a déjà eu des réchauffements dans le passé mais jamais aussi rapides, le réchauffement actuel est dû à l’activité humaine, si ça continue, si nous continuons, la terre deviendra invivable. Etant responsables du mal, nous connaissons le remède. Croyons-nous en ces mots ? Croyons-nous dans le sens et la force des mots que nous prononçons et entendons ? Croyons-nous en la vérité ou plutôt : croyons-nous que les mots peuvent exprimer des choses vraies ?
    Tant que chacun dira, confondant vérité et opinion, « j’ai ma vérité, tu as la tienne », nous n’avancerons pas.

  10. Vos « il faut » me dérange car ils représentent le vide, bien que je les comprenne. Je m’explique.
    Certes je/on n’attend pas de vous d’être le démiurge du 21è avec toutes les solutions en main, mais c’est un peu ce que vous faites, ou essayez de faire.

    Votre situation n’est pas à l’aise car vous avez peur, avec raison, vous ne voudriez pas nous transmettre cette peur tout en attendant de nous que nous ayons les solutions pour éviter la catastrophe dans laquelle nous sommes entrés depuis trop longtemps, et sans réaction de notre part, tout au moins de l’immense majorité d’entre nous, une minorité, malgré tout grandissante, est consciente et n’a qu’une envie : aider à un changement radical, pour l’instant personne n’a trouvé LA solution.

    Il n’y a pas UNE solution mais plusieurs. Et je crois qu’elles avancent, le problème est que c’est archi-lent. C’est le propre de la démocratie. Qu’une dictature pour faire vite. Vous le suggérez, le ressentez en nous rappelant que dans les cas de guerre, etc.

    Mais voilà personne, ou si peu, ressentent l’urgence de la situation. En fait elle est urgente depuis quelques dizaines d’années ! et ça n’a pas eu l’effet escompté !

    Notre situation politique européenne est dialectique : on nous dit être en démocratie alors que notre pouvoir de Peuple est en baisse d’année en année. Le point d’orgue se trouve en 2005, le cas des dernières élections n’en fut qu’une déclinaison. Comment aurait-on pu choisir entre la peste et le choléra, pour ma part je suis restée chez moi. Et à gauche rien n’enthousiasma les foules suffisamment, en tout cas pas moi, et aucune majorité, tant qu’ils en restent à « c’est moi que voilà vous allez voir ce que vous allez voir maintenant grâce et par moi la gauche va renaitre : suivez mon panache ».

    Concernant la Chine c’est assez différent, mais l’Occident ne peut pas changer sa culture qui remonte moins loin que le chinoise, mais surtout bien que certaines bases de philo commune car universelles, un rapport à l’Humain différent (confucianisme/chrétienté-Platon).

    Autrement dit c’est en nous, dans notre culture qu’il nous faut trouver les solutions. À mon sens il n’y a pas UNE solution, mais DES solutions, style associations très riches et diversifiées en France (je ne sais dans le reste de l’Europe) dont, misère, les gouvernements successifs borne les financements !

    Finalement j’ai surtout une/des questions à vous poser : concrètement comment voyez-vous les solutions ?

    Vous suggérez une alliance de quelques « Hommes de bonne volonté » tel Jorion et quelques autres : Le veulent-ils ? (à suivre…)

    1. Je ne considère pas avoir l’ensemble complet des solutions à activer pour réussir la transition écologique sociétale.

      Par contre j’estime avec une grande conviction pouvoir mettre le doigt sur des éléments nécessaires, indispensables, faisant partie de l’ensemble minimum des solutions à activer pour réussir la transition. Parmi ces éléments nécessaires, je vois le décret d’état d’urgence, la mobilisation générale et la planification minimale de la transition écologique sociétale. Ce sont comme les coins et les bords du puzzle des solutions pour la transition, dont je n’ai pas toutes les pièces évidemment.

      C’est pour ça que je critique ceux qui ne jurent que par le bottom-up, les initiatives citoyennes de transition, locales et qui délaissent le niveau politique municipal, régional, national, continental et mondial. Ils se trompent lourdement.
      Il n’existe pas selon moi dans l’ensemble des scénarios de « transition réussie », un scénario qui ne comprenne pas l’état d’urgence, la mobilisation et la planification. Je ne crois pas qu’une transition réussie émerge « par hasard », sans ces éléments.

      Mon insistance s’explique donc comme ça : n’observant aucun de ces éléments que j’estime « nécessaires » au sens logique, je me fais un devoir d’appeler à leur émergence.

      1. Cédric Chevalier 13 août 2018 à 21 h 32 min,

        Votre appel à l’émergence dit bien qu’elle manque !

        « le décret d’état d’urgence, la mobilisation générale et la planification minimale de la transition écologique sociétale »

        Vocabulaire guerrier ! Mais où est l’ennemi, quel est l’ennemi ?
        Quelle instance peut proférer puis appliquer de pareils mots d’ordres, à partir de quelle légitimité, voire légalité ?

        Pardonnez-moi d’évoquer le concret !
        Les 1% dont on fait des gorges chaudes, à l’échelle de l’Humanité c’est 80 millions de privilégiés, en capital comme en revenus, une petite partie des corps intermédiaires en sont, et dans tous les états-nations, ils règnent en maîtres collaboratifs ou concurrentiels, dans un train dont personne au sens du singulier ne possède les manettes, mais dont beaucoup ne méconnaissent pas le terminus…encore…lointain. Et vous voulez interrompre leur dolce vita ?

        Pire, on lit sur le blog de Jorion, de belles âmes qui refusent la contrainte…alors ces 1%, imaginez donc leur pouvoir de refuser…le volontariat…

      2. Cédric Chevalier

        « un scénario qui ne comprenne pas l’état d’urgence »
        Nous serions d’accord sur ce point, tout au moins son urgence mais voilà : comment, qui, va déclarer cet état d’urgence ?

        Allez vous taper au carreau de Macron ? ou de Trump (c’est une boutade de ma part !) ?
        Pour qu’il/s déclare/nt cet état d’urgence ? ou alors le FMI dont on connait les incapacités sinon les malfaisances.
        ou encore un organisme international quelconque dont on connait déjà les insuffisances (hors sujet mais je ne peux m’empêcher de penser à la Palestine)
        Auriez-vous fait des pétitions sur un ou plusieurs de ces sites qui récoltent quelques usages utiles ?
        sur Twitter, sur Facebook, enfin quoi comment pensez-vous ou avez-vous fait un appel national ou mieux mondial pour vous faire entendre ?

        je ne porte aucun doute sur votre bonne volonté, mais les moyens que vous proposez sont tous théoriques, hors moi (pas que j’espère) ne comprends que le réel soit le concret.

        exemple : quand je pense écologie j’étudie au mieux où je peux comment l’appliquer chez moi pour moi pour mes -modestes- plantations : tout simplement je cherche au moins là à me nourrir correctement à défaut d’avoir les moyens de me fournir dans les magasins écolos. J’achète quand ma grande surface me le propose à un prix correct les tomates plantées sans pesticides ou autres poisons et près de chez moi. Je n’achète jamais de tomates hors saison.
        Tout ceci est tout à fait modeste, à mon niveau. Sans aucun doute vous faites à l’identique voire mieux.

        aparté : je me demande si ma réaction ici, unique, ne serait pas du à mon état de femme, alors que nous avons ici en grande majorité des hommes.

  11. Je reviens sur l’idée d’« ARRÊTER» qui est à mon avis la seule solution qui nous permettra de limiter au fil du rasoir, et encore pas certain, d’éviter l’extinction de l’espèce humaine.
    Comment arrêter ?
    Dans un premier temps, être cohérent, tous disent qu’il faut que le système capitaliste disparaisse, c’est évident, soit. Aucun problème.
    Un parti, un mouvement, un regroupement de personne conscientiser qui d’une façon ou d’une autre aurait le pouvoir devrait une fois en exercice proposer et par la suite déclarer le système capitaliste obsolète.
    On le remplace par quoi ?
    Premièrement, nous devons définir à qui appartient les ressources (toutes) qui sont directement impliqués dans le maintien de l’intégrité physique essentielles à l’existence et à la survie de l’espèce humaine. 
    On parle ici d’écologie, de lois (droit) naturel, de biodiversité, d’écosystème, etc.
    En réalité ces ressources appartiennent à l’ensemble des espèces vivantes sur cette planète, sans compromis.
    Cependant le réel est quelque peu différent. Les « élites financières et bancaires » ont la main mise sur toutes les ressources via l’endettement généralisé (publique et privé), la spéculation, les assurances (toutes), fond de pension, etc., qui oblige tous à travailler et produire n’importe quoi en autant qu’il y est un rendement pour payer les intérêts sur les dettes, les dividendes aux actionnaires etc., ce qui constitue un prélèvement supplémentaire abusif en ressources pour le profit de quelques uns et le tout sans égards à la capacité des écosystèmes à fournir le nécessaire d’où épuisement ( surexploitation, «over shoot»)

    En déclarant le système capitaliste obsolète tous les outils de ce système doivent disparaître. Abolition de toutes les dettes, interdiction de spéculation etc. En contrepartie on ne pourra plus faire n’importe quoi.
    Par la suite pour faire bref, si l’ensemble des espèces vivantes (via l’espèces humaine seule conscientiser) reprennent possession et contrôle de l’utilisation des ressources (via son gouvernement) la répartition de celles-ci se fera par un revenu de base universel (transition avant la gratuité) émit par un gouvernement représentant l’ensemble des espèces vivantes, biodiversité et fonctionnement des écosystèmes obligent.
    Le revenu universel de base n’a pas à être financé par quoi que ce soit (abolition des impôts) les ressources appartenant à tous ce revenu de base est une juste répartition entre propriétaires légitime des ressources tout en ayant comme préoccupation première d’assurer la pérennité des dites ressources.
    N’étant plus à l’époque du chasseur/cueilleur où tous avaient accès aux ressources de subsistances, maintenant chacun ayant sa spécialité tous doivent pouvoir échanger leur production pour d’autres produits complémentaires nécessaire aux besoins. Le revenu maximum doit également suivre….
    Dans le contexte précaire où nous nous trouvons, changements climatiques et surtout épuisements des ressources, seulement ce qui est de base doit exclusivement être produit, alimentation, logement, éducation, santé et communication doivent être maintenu sans plus, tout ce qui est accessoires doit être sévèrement restreint (via taxes au besoin) voir abolit.
    Le financement des entreprises doit être du même ordre, il n’est plus question de prêt mais d’autorisation de production avec l’émission des crédits nécessaire au démarrage, non remboursable, ce qui incite l’entreprise (même oblige) à produire des objets à longue durée de vie n’ayant pas à craindre une saturation de marché ( souhaité en réalité ) qui pourrait obliger une fermeture ( également souhaité ) puisque sans obligation de remboursement de dette et/ou de dividende a versé aux actionnaires, l’entreprise peut cesser ses opérations et maintenir ses infrastructures sans craindre de détérioration pour être en mesure de reprendre ses activités au besoin et ainsi de suite, vous voyez le principe….
    Tout ceci dans le but de maintenir, redonner vie et efficacité aux différents écosystèmes qui sont la base incontournable (sine qua non) de l’existence de l’espèce humaine.

    Il y a urgence.

    Aucun système politique ou économique sur la planète n’a pris en considération, à ce jour, comme base de gouvernance la loi/droit naturel et c’est le seul et unique concept à retenir dans tout changement à venir.

    Changements climatiques et épuisements des ressources même combat, l’un sert les « politiques » pour ne rien faire, l’autre étant inexorable si nous ne nous arrêtons pas pour un certain temps, pas le choix, TINA (There is no alternative), c’est ce que signifie, en bref, le mot « ARRÊTER»
    Abolition des impôts et des dettes, il y a certainement là, tout en expliquant le pourquoi et le comment, un attrait pour la masse des votants endormis qui pourrait susciter à tout le moins curiosité, peut-être adhésion et faire ce virage à 180 degrés tant nécessaire.
    À suivre…

  12. @ Timiota et Cedric Chevalier

    D’abord, je suis d’accord sur la nécessité d’agir, et dans les limites démocratiques tout m’est acceptable. C’est plus clair ainsi.

    Comme très souvent, la difficulté première est de savoir quoi faire et là je nage. L’action personnelle, du genre colibri, n’est pas inutile tout en étant non généralisable et hors de proportion avec les objectifs. Les interdictions diverses me semblent inévitables (et non les incitations financières ou fiscales).

    La notion de corps intermédiaires, évoquée par Timiota, est importante. Ils sont la source d’une mobilisation «volontaire». Mais vu l’état de fragmentation des sociétés, le souci serait plutôt : comment pouvons-nous les faire revivre.

    Reste la question préjudicielle qui est de se débarrasser du capitalisme et qu’y mettre à la place. Selon toute apparence, c’est pas demain la veille. Je suis persuadé qu’un État fort, redistributeur et à tendance sociale affirmée, est une nécessité. Lui seul possède la légitimité pour faire accepter les orientations positives et négatives indispensables. Notre Constitution, depuis plus de 2 siècles, énonce d’une façon élégante, la limite à la liberté. Cette limite doit bouger et seul un État peut le faire.

    En aparté et sur un mode mineur, il me semble que les pseudo ‘réseaux sociaux’ devrait se nommer réseaux a-sociaux. Leur accorder trop d’importance serait une erreur, ils symbolisent néanmoins l’état de fragmentation de la société et d’isolation des individus. Pas très favorables à une action collective.

  13. La petite expérience que j’ai de l’action politique me fait dire que le salut ne viendra pas de la création d’un nouveau parti, d’autant que l’urgence des solutions à adopter ne permet plus de tergiverser. A chaque fois, les débats s’enlisent avec la rédaction d’un manifeste ou d’un programme car l’application de la démocratie participative donne la parole à tous. Dans ces groupes galvanisés par l’enthousiasme du début se mêlent des illuminés, des fanatiques, des enragés, des frustrés, sans compter quelques trolls téléguidés par d’autres mouvements. Proportionnellement, ils ne sont pourtant pas très nombreux, mais ils parviennent progressivement à enrayer le processus démocratique de décision, quand ils n’en viennent pas aux mains. Cela fait rapidement fuir les modérés et tous ceux qui sont ouverts au compromis. Je suis du genre tenace, mais je me suis pourtant enfui au bout de quelques mois, par deux fois (MG et VEGA en Belgique), non sans avoir participé très activement.
    Il ne faut pas en déduire pour autant que ce soit plus facile en intégrant un parti existant car ce dernier se cadenasse pour éviter d’exacerber les luttes internes. Leur façade veut donner l’impression d’unité, malgré les dissensions internes. Dans ces conditions, s’intégrer dans l’intention de proposer de nouvelles orientations relève du rêve éveillé. Autant essayer de faire demi-tour sur cent mètres avec un tanker. Et, de surcroît, on ne trouve guère pour l’instant de mouvements politiques neufs, nationaux ou européens (ces derniers donnant la priorité sur les réformes à apporter, comme DIEM25), qui mettraient l’accent prioritaire sur l’écologie et le dérèglement climatique.
    Il faut attendre que tout le monde embarque dans le même projet ? Bonne chance ! C’est foutu ? Non, mais il nous faut redescendre sur terre. Pour gagner du temps, il faut aussi faire avec ce qu’il y a.
    Je crains de me fâcher avec tout le monde en évoquant quelqu’un comme Nicolas Hulot, qui ne trouve grâce qu’aux yeux de tous ceux qui sont décidés à rester au stade des bonnes intentions lénifiantes. Qu’il soit focalisé sur son nombril? Nul doute. Qu’il n’ait pas accompli grand-chose jusqu’ici? Assurément. Je ne figure même pas parmi ses admirateurs. Mais si l’on scrute le parcours de tous les autres membres de l’équipe gouvernementale au niveau de l’écologie, la situation est bien pire. De son côté, le ministre Hulot se trouve assis entre deux chaises, tiraillé entre un monde politique debout sur les freins et une foule d’écologistes de tout poil qui n’économisent pas leurs critiques. A part le soutien de sa garde rapprochée, il se retrouve plutôt seul. De mon point de vue, il serait pourtant hautement souhaitable qu’il soit aussi soutenu activement par le groupe de plus en plus large des citoyens qui sont convaincus qu’il n’y a plus de temps à perdre, au-delà (ça, c’est plus difficile) des positionnements idéologiques et politiques. En 2002, sa fondation publiait un manifeste, Combien de catastrophes avant d’agir? (Points). Je ne pense pas qu’il ait oublié. Sinon, il faut le lui rappeler fermement et l’aider à briser le plafond de verre politique qui bride des initiatives beaucoup plus audacieuses et dérangeantes. Je pense que c’est Franklin Roosevelt qui, à l’occasion d’un discours dans les années ’30 a lancé à la foule : « Je le ferai si vous me le demandez ! ». Malgré sa popularité, il réclamait un soutien.
    Focaliser des soutiens au bénéfice d’un individu qui a déjà beaucoup vécu et qui a donc déjà révélé ses failles n’est pas des plus facile, d’autant que chacun doit essayer de laisser de côté ses biais dogmatiques. En plus, nous sommes ainsi faits que le neuf nous enflamme beaucoup plus que l’ancien. (Question de production d’endorphine, peut-être?). Dans quelques mois se tiendra la COP24 à Katowice. Grâce (ou plutôt, à cause) des dernières manifestations du dérèglement climatique, cet événement pourrait se révéler être un moment crucial pour la suite du combat à mener. L’interrogation de P.J. (8 août, commentaires) au sujet du soutien au PACTE FINANCE-CLIMAT (https://climat-2020.eu/fr/) de Pierre Larrouturou et Jean Jouzel en vue de faire pression sur les politiques n’a recueilli qu’un maigre « Insuffisant ! » de Juannessy. Pourtant, ce sont aussi de grosses pointures qui connaissent un rayonnement notable dans le domaine des problèmes climatiques. Personnellement, je les soutiendrai et je ferai même du prosélytisme (j’ai déjà commencé ici…). C’est peut-être insuffisant, mais ce l’est moins en tout cas que le désir de changement de nos attitudes individuelles. De toute façon, rien n’interdit de porter notre attention sur d’autres initiatives en même temps.
    Le négativisme ambiant envers les initiatives qui ne répondent pas à nos rêves, ou même à nos souhaits entretient le pessimisme qui mène insidieusement vers ce désespoir de plus en plus prégnant. Les billets de Cédric sont certes intéressants pour alimenter le débat, mais on en reste une fois de plus au constat. Ce n’est pas le « il faut faire quelque chose », même souvent répété façon Coué, qui va faire avancer les actions que nous devons absolument mettre en place ou soutenir activement. A titre personnel, cette quasi absence de propositions concrètes sur ce blog (peut-être n’est-ce pas son rôle ?)entretient plus mon angoisse que les prévisions apocalyptiques qui se multiplient, car elle me met en face de ce que je perçois comme une manifestation de notre impuissance collective. Je ne l’accepte pas, mais je fais quand même mienne la conclusion de Chevalier dans son billet du 8 août : On n’est pas arrivé au seuil où l’on périt dans la gloire d’avoir lutté jusqu’au bout et de toutes ses forces pour sa survie… Ou pour te [Paul] paraphraser, « disparaître oui, soit, mais pas avant d’avoir montré à la Nature que nous sommes ses dignes enfants ! »

    1. Luc, merci pour votre commentaire que je trouve parmi les plus précieux de ce fil. J’ai moi aussi l’expérience de créer un groupe ex nihilo (5 personnes, pour réfléchir entre nous et produire des réflexions) et c’est vraiment très difficile. Nous avons cessé nos réunions, même si j’ai beaucoup appris et évolué grâce à ce groupe. Effectivement, créer un nouveau parti fait souvent partie des « fantasmes » des gens qui veulent changer le monde et sont désespérés de l’inefficacité des « partis existants ». Certaines de ces expériences réussissent quand sans doute une majorité échoue : le taux de survie des nouveaux partis est inférieur à 100% évidemment. Mais il faut se souvenir que tous les partis existants ont bien dû être créés ex nihilo à l’origine ! (motif d’optimisme donc). Donc n’écartons pas trop vite l’idée de créer un nouveau parti « ex nihilo », ça vaut la peine d’y songer à deux fois. Macron a réussi ce pari, il n’y a aucune loi universelle qui empêche de le réussir à nouveau.

      Maintenant, on peut jouer sur plusieurs plans en parallèle, effectivement. On peut lancer une coalition, ou lancer un mouvement, ou lancer un parti, ou infiltrer et influencer un parti existant, etc. et on peut faire tout ça à la fois simultanément, si on a l’énergie et le temps.

      Néanmoins je doute que les personnes actuellement au pouvoir dans les partis actuellement existant puissent être les « Churchill dont nous avons besoin pour battre l’Allemagne nazie » ou dit autrement être les « femmes et hommes d’Etat qui peuvent réussir à décréter l’état d’urgence, la mobilisation générale et la transition écologique sociétale effective ».

      Il faut absolument selon moi des gens qui comprennent l’époque, ses enjeux et l’espace des solutions vraies (pas les mesurettes). Churchill se révéla être ce personnage en 1940. Certains généraux et industriels britanniques avaient compris très tôt l’importance de doter le UK d’une force aérienne militaire suffisante, etc.

      On ne peut pas faire abstraction de l’intuitu personae propre à l’idiosyncrasie d’un individu : il faut un de Gaulle, un Churchill, un Gandhi, etc. pour catalyser la réaction sociétale.

      Nicolas Hulot ? pourquoi pas, je trouve qu’il est un héros tragique, un Sisyphe digne de Camus.
      Et certains illustres dans l’histoire se sont révélés après 60 ans d’âge.

      Ne l’enterrons pas trop vite.

      1. Les héros tragiques, j’en ai soupé et j’espère bien ne pas être le seul. Churchill par exemple était un phénomène débordant d’énergie et d’humour, sauf quand ses « chiens noirs » le visitaient.(*)

        Quant à Hulot (**), comment faire si c’est lui qui s’enterre tout seul ? L’abandonner à son traâagique destin, bien entendu. Comme tous ses prédécesseurs à cet emploi, il ne sait pas dire ‘non’.

        (*): J’en profite pour faire de la pub en faveur de la biographie inachevée de Churchill en 2 tomes , par William Manchester, Robert Laffont, 1985 et 1990 , traduction d’Odile Demange.

        (**) à Juannessy: j’ai changé de clavier, mais mes doigts continuent de saigner quand j’écris ce nom ( plus faiblement, il est vrai). Que dois-je faire ?

    2. Je ne suis pas d’accord avec votre « Les billets de Cédric sont certes intéressants pour alimenter le débat, mais on en reste une fois de plus au constat. Ce n’est pas le « il faut faire quelque chose », même souvent répété façon Coué, qui va faire avancer les actions que nous devons absolument mettre en place ou soutenir activement.  »

      Je demande des choses très concrètes en fait : déclarer l’état d’urgence écologique, rassembler des états généraux, décréter une mobilisation générale de la population et rassembler les gens pour concevoir un plan de transition.

      Le chef de gouvernement et le chef d’Etat doivent s’exprimer dans toute la presse, de façon répétée, prononcer des discours au parlement et dans la rue, devant tous les corps de l’Etat et les corps intermédiaires de la société civile pour créer un consensus sur le constat de la situation et la nécessité d’une réponse sociétale totale.

      C’est très concret ce que je demande.

      Après, on peut discuter du programme de mesures.

      Mais si on ne reconnaît déjà pas le problème, sa gravité, et la nécessité de mettre en oeuvre une mobilisation générale, je ne vois pas comment faire converger les énergies pour mettre au point les mesures concrètes nécessaires.

      Voilà, ça c’est du concret, et ça n’est pas fait aujourd’hui.

      Illustration : discours de Churchill durant la Bataille de France et la Bataille d’Angleterre, notamment après l’évacuation de Dunkerque = ça s’appelle mobiliser la communauté politique, concrètement, quand elle est menacée de mort.

      1. J’éprouve quand même quelques difficultés avec le mot « concret » tel que vous l’évoquez ici. J’aurais plutôt envie de voir sur la table des choses « faisables » aujourd’hui. Qu’est-ce qu’on peut déjà faire immédiatement, même avec un minimum de chance de voir les choses avancer ? Déclarer l’état d’urgence écologique se fera probablement un jour, mais ce ne sera pas demain. Vous l’écrivez vous-même plus loin : « Mais si on ne reconnait déjà pas le problème, …., je ne vois pas comment faire converger les énergies pour mettre au point les mesures concrètes nécessaires ». Pourquoi faut-il attendre une convergence des énergies, utopique pour l’instant, alors que des tas d’initiatives se mettent déjà en place ? Je crains fort que la convergence (nécessaire, bien évidemment) se fera quand l’évidence du péril se verra comme le nez au milieu de la figure.
        Je vous remercie en tout cas pour vos interventions que j’apprécie beaucoup !

    3. Pas mieux .

      PS 1 : insuffisant -et j’ai dit pourquoi – mais nécessaire .
      PS 2 :  » aller là où il y a déjà du monde et viser le transnational . »

  14. Je me permets de relayer un commentaire émis par un commentateur :

    Pour ajouter un grain de sel à la question de l’absence de réponse du monde politique au défi actuel, voici retranscrite partiellement une contribution de JM Jancovici à l’ADEME (https://www.youtube.com/watch?time_continue=489&v=jC0IiJnuB2U)
    JM JANCOVICI sur l’impuissance des politiques publiques et plus spécifiquement en matière de prise en compte du changement climatique
    2min30

    « … vous pouvez vous poser sérieusement la question de savoir si la politique publique précède l’action, ou si elle revendique un truc qui arrive pour des raisons qui n’ont strictement rien à voir avec la politique publique, et derrière vous faites un très beau paquet cadeau avec lequel vous habillez le truc en vous attribuant des mérites qui ne sont absolument pas les vôtres. »

    « La politique publique dans cette histoire (impact sur les émissions de CO2), c’est très très difficile de savoir évaluer ses mérites effectifs… Savoir si l’approche systémique à le moindre effet, en fait si toute construction intelligente à le moindre effet sur les politique publique et si les politiques publiques elles-mêmes ont le moindre effet sur ce qui se passe, ça c’est deux étages de la fusée qui sont l’objet de beaucoup plus de discussion. »

    7eme minute

    « …En terme de politique publique, je viens de vous expliquer qui si vous prenez un regard historique, vous avez un nombre incalculable d’exemples, où par ailleurs il y a des gens qui ont raconté des trucs intelligents au même moment, et ça na pas eu le moindre effet sur ce qui s’est passé. »

    20eme min

    « Je vais quand même rappeler un truc, que normalement vous devriez savoir. Il n’y a pas le moindre lien, jamais nulle part, entre la pagination d’un sujet dans le journal et de son importance réelle dans le monde. S’il y avait un lien, si les journalistes étaient des gens qui d’eux mêmes reflétaient ce qui étaient important dans le monde, les services com ne serviraient à rien. […] Un journal c’est une gare de triage qui réagit aux sollicitations externes. C’est pour ça que tous les journaux du 20h parlent tous de la même chose, le même jour. Parce qu’ils ont tous reçu les mêmes dépêches des mêmes communiqués de presse. Donc, il ne faut pas croire une seule seconde que la presse hiérarchise ce qu’elle publie en fonction de son importance réelle »

    1h21min

    « Je vais terminer sur un tout petit couplet sur démocratie et système élu versus entreprise.[…] Les gens à qui je parle ne sont pas dans le monde politique. Je ne fais à peu près jamais d’intervention dans le monde politique, avec des élus. Donc je fais des interventions devant des gens qui quand il travaillent, travaille dans des entreprises et dans des administrations. Donc c’est des gens qui travaillent dans un système hiérarchisé. […] Donc vous avez un chef. Le chef a les moyens de faire respecter des instructions […] donc il n’y a pas de sujet. Et alors le réflexe de tous les gens qui entendent l’exposé de ce genre de problème (changement climatique/monde fini), c’est de dire : mais que fais la police ? La police c’est lui (Président de la République). Qu’est-ce qu’il fait ? C’est le chef après tout !

    Et bien non. Le problème, c’est que c’est pas le chef ! Le problème, c’est que c’est un executeur testamentaire de tous les gens qui ont votés pour lui. Donc en fait e type là, il décide de rien du tout, il arbitre. Il est dans un système de flux remontants contradictoires. Il passe son temps à recevoir des injonctions contradictoires. Donc qu’est-ce qu’il fait ? Il arbitre en fonction de la moindre nuisance. C’est très exactement ce que fait un élu. Il arbitre en fonction de la moindre nuisance. Donc les gens qui ont le plus de pouvoir de nuisance gagnent. […]

    Je pense que la politique publique se fout de la dynamique des systèmes.

    Dans une démocratie, le système est remontant. Qui ne se fout pas de la dynamique des systèmes ? Les corps intermédiaires. Les seules catégories qui ont 2h de temps pour écouter des raisonnements compliqués et essayer de se les approprier, c’est absolument pas les élus qui eux ont 30 secondes pour arbitrer des conflits. En terme de politique publique, avoir de l’influence sur un élu par sa seule intelligence, je suis désolé de vous désespérer, ça n’existe pas. Par contre, par sa seule intelligence avoir de l’influence sur les corps intermédiaires qui eux mêmes vont pouvoir rassembler des forces qui vont faire pression sur les élus, ça c’est possible. Ce cycle sera utile, non pas s’il tente d’infuser directement le monde politique avec des idées intelligentes, parce que ça sert à rient, mais si il tente d’infuser le monde des corps intermédiaires avec des idées intelligentes. Et là vous allez avoir un problème, parce que vous êtes comme tous vos petits copains qui dépendent du pouvoir politique, si les choses intelligentes que vous avez envie de dire sont trop orthogonales à la démagogie du moment, vous n’y arriverez pas. […] Si vous avez des bonnes idées, il faut infuser les corps intermédiaires à bas bruit. »

    Dans les questions :

    « Des dynamiques qui s’enclenchent, oui. A l’échelle du problème, non. Ce que je vois aujourd’hui de plus cohérent, ça vient plutôt du monde de l’entreprise. Je vais donner quelques exemples. […] Dans les collectivités locales, on a quand même à petite échelle une reproduction de la dichotomie entre le discours électoral et la réalité de terrain. […] On retrouve dans les collectivités locales, plus elles ont les moyens de regarder loin, plus elles sont grosses et plus elles sont grosses plus elles sont dans la démagogie électorale. Inversement quand vous êtes maire d’une commune de 80 habitants, où la démagogie électorale est un truc plus compliqué parce que vous connaissez tous vos électeurs, c’est une alchimie différente.

    Mais dans les entreprises, il se passe un truc intéressant et je vais vous donner 2 exemples. On a un client d’une grosse boite dont le directeur de la stratégie nous a commandé une étude sur « qu’est-ce que je fais dans un monde qui est globalement en récession ? » Récession longue et structurelle. J’ai pas vu ça dans une collectivité locale. Une collectivité locale qui nous demanderait : racontez moi ce que je fais quand mon budget fait la moitié de ce qu’il est aujourd’hui?! J’attends encore. Le deuxième exemple que je peux vous donner, ce sont des entreprises qui aujourd’hui organisent de la sobriété. Tout ce qui est colocation, c’est de l’organisation de sobriété. Parce que vous diminuez les surfaces habitables par personne par rapport au faite d’avoir un logement seul. Parce que vous mutualisez la salle de bain, vous mutualisez la cuisine, etc… donc vous avez deux exemples pour montrer qu’il peut y avoir des trucs qui sont très intéressants en dehors de la politique publique telle qu’on a l’habitude de la penser. Alors, c’est encore parcellaire. Ce qui bouge aujourd’hui, c’est le temps que les gens acceptent de consacrer au sujet. C’est le temps que les gens acceptent de consacrer à commencer à comprendre ce qui peut se passer dans ce domaine là. Par contre, si vos allez à l’étape d’après, les moyens qui sont consacrés, moi, j’ai pas encore vu une collectivité locale disant je vais embaucher (dans ce sens). Pour le moment, je n’ai pas vu l’allocation de moyens en face de l’ampleur des problèmes à traiter, et c’est également vrai dans les entreprises. »

  15. Excellent, je vois que les gens intelligents tirent les mêmes conclusions partout.

    Pour l’action :
    Très intéressante, sa théorie de l’infusion des corps intermédiaires. Pour ma part, j’infuse au maximum avec d’autres, les fonctionnaires de l’environnement sont aux premières loges avec les scientifiques pour constater et comprendre les événements.
    Mais effrayante sa théorie du pouvoir et des dirigeants… (que je ne peux pas contredire d’expérience…)

    Pour la sérénité :
    Je retiens ceci : En terme de politique publique, je viens de vous expliquer qui si vous prenez un regard historique, vous avez un nombre incalculable d’exemples, où par ailleurs il y a des gens qui ont raconté des trucs intelligents au même moment, et ça na pas eu le moindre effet sur ce qui s’est passé.

    Voilà ça ne sert à rien de se suicider ou de faire une crise nerveuse, on fait ce qu’on peut avec ses moyens, on prend ses responsabilités, mais on n’est pas « tout puissant ». Bienvenue dans un monde fini, c’est aussi comprendre que nous sommes finis également dans notre « puissance d’agir ». Voilà, le soir, après avoir réfléchi, discuté, écrit, agi, on a le droit de boire un verre, manger un bon morceau et d’aller dormir sereinement. Mal dormir ne changera rien aux événements…

    On aura peut-être quand même un jour notre nom sur une liste de gens qui ont tenté quelque chose avant la cata.

    1. Ci git Cédric Chevallier, mort pour l’action et la sérénité .

      ( Un robot traduira en tous langages pour les robots visiteurs du mausolée à la mémoire de l’espèce humaine ).

  16. Bon alors, moi aussi je veux mon nom sur la liste: j’ai une voiture électrique, je vais au travail en vélo et j’ai une pompe à chaleur. Je ne produis pas (ou très peu de co2) de mon propre fait. J’essaye de manger moins de viande, je fais des voyages en vélo… mais je prends encore l’avion, malheureusement: c’est mon prochain objectif, supprimer l’avion et le remplacer par le train, mais c’est pas facile.
    Bon courage à tous, car il va en falloir pour changer nos comportements, même si nos hommes politiques ne font pas les bons choix. Au passage, le seul homme politique lors des dernières élections à prôner la décroissance, c’etait Mr Benoît Hamon et on sait ce qu’il est advenu de sa candidature.

    1. moi aussi j’ai voté Hamon. Ce serait p’t le seul un peu crédible ces temps-ci.
      et il fait alliance avec Diem25 https://diem25.org/programme-progressiste-pour-leurope/ qui a un point de transition écologique : Imaginer un modèle économique et social post-capitaliste
      dont on peut lire le questionnaire incitatif en PDF https://diem25.org/wp-content/uploads/2018/05/questionnaire-transition-%C3%A9cologique.pdf pour participer
      voilà du boulot pour avancer : 17 points sont abordés + des sous sections.

      un mot : Lordon se moque de Varoufakis : il en redemande encore (de l’Europe) après en avoir été vidé ! Cependant l’écologie n’est pas le fer de lance de Lordon ! et moi j’en suis revenue (de Lordon).

      1. @juannessy t’es bien « brave » j’ai failli alerter pour troll qui serait passé malgré ta vigilance !

  17. En métallurgie, pour changer la phase cristallographique d’un alliage à température ambiante, il faut le chauffer puis, à choix, modifier les proportions des composés ou/et moduler la vitesse de refroidissement.
    Nous vivons actuellement la phase de montée en température (affaiblissement/disparition des structures macroscopiques, globalisation etc..). Internet agit comme un puissant accélérateur à cet égard.
    Le défi que tous les gens de bonne volonté doivent résoudre, c’est de déterminer la proportion et la nature des composés qui conduiront à un changement de phase à basse température (ne pas faire tout péter)et aboutissant à une structure stable et harmonieuse avec notre Terre.
    Je classe logiquement internet dans les composés essentiels de la mixture à inventer.
    Il faut aussi, maîtriser la friction/diffusion des idées/gens/marchandises pour faire monter la température puis la faire retomber avant que le réchauffement climatique cette fois nous sublime.

  18. Chère toutes, cher tous,

    Ouha, le débat s’anime et tant mieux.
    Entre nous nous sommes dans l’entre soi, n’est ce pas ?
    Quid des pauvres, quid des ultra riches.
    Quand on enlève le très haut et le très bas il reste le milieu, le milieu milieu, le milieu haut et le milieu bas.
    Combien de contributeurs sur le blog ?
    C’est facile de mettre en avant cela, il y a quelques années j’aurais dit que c’était pour faire avancer le schmilblick. Mais pas que, c’est aussi pour nous dire en substance, d’où je parle, qu’est ce que je représente, en quoi je suis projectif, et de quelle névrose, bref je ne suis pas arrivé sur le blog de Paul Jorion par le plus grand des hasard ,,,
    Reprenons, un de mes premiers arguments dans le début des années 2000 était celui évoqué  par Cédric de pouvoir me regarder dans la glace quand mes enfants demanderait des comptes.
    Après j’ai vite vu que le monde politique était trop lent pour le changement et que c’était surtout pas maintenant.
    «  Tout ce qu’il me reste l’amour, dehors c’est insupportable ,,, » chante Cabrel.
    C’est un peu ça en dehors d’un événement exogène : une attaque des extra terrestre genre « Mars Attack » je n’arrive plus à voir, à imaginer, à lire dans la science fiction des débuts de réponse pour un changement de paradigme.
    Après le pense qu’un événement endogène comme un effondrement rapide serait un des meilleurs alliés. Mais l’effondrement il faut aussi qu’il se grouille, aujourd’hui nous n’avons que des signaux faible pas de quoi ralentir l’emballement économique qui induit directement l’emballement climatique.
    Je sais c’est peut être pas très glamour mais c’est la dernière cartouche que j’ai en stock.
    C’est ma bougie allumé sur le monde en me disant qu’il va implosé. En plus cerise sur le gâteau vous nous savons que de toute manière il va imploser et que nous allons devoir y faire face.
    La moindre rupture de normalité et voilà que Madame Michu panique. Comment mon train à été annulé parce qu’un relais datant de 1960 a failli dans une armoire électrique. Et ouiais Madame Michu tout fou le camp, nos certitudes dans l’infaillibilité des systèmes qui ne sont pas maintenu comme il le faudrait. Avec Janco ‘j’ai le droit nous avons entretenu un conversation par mail jusqu’au moment où témoin de système corrompu voire mafieux dans la certification des intérimaires pour l’habilitation nucléaire notre échange a pris fin il n’a pas supporté l’insoutenable légèreté de l’être.
    Il n’empêche que la réalité » de la fragilité de nos systèmes est patente, je me souviens du Lac de pont dont le préfet avait fait vider la retenue car sans retenue en plein été et au plus fort de la vague touristique il craignait le cancer du béton pour cette structure. Pour les cinéphiles regardez les piliers des pont autoroutiers aux USA, etc
    Bon je reviendrais plus tard sur ces points, en résumé

    Effondrement exogène ou endogène pour unique solution.
    Que faire en cas de rupture de normalité ? Tout ça pour dire qu’on discute toujours à service et démocratie constante!!!

    Bizz à toutes et à tous, avec toute ma tendresse. Quel art Pierre, ouhais j’suis comme çà j’aime l’humain..

    1. « Je sais c’est peut être pas très glamour mais c’est la dernière cartouche que j’ai en stock. »
      Gardez-la soigneusement. Ne l’utilisez pas. N’essayez pas de la refiler à d’autres. Ne la détruisez pas par vos propres moyens. Ne l’enterrez pas. Essayez peut-être, un four blindé à très haute température. Si ça marche pas , vous êtes condamné à vivre en tête à tête avec cette horreur à perpète.

      C’est assez drôle ou triste de souhaiter attirer une catastrophe pour soi ( peu d’importance) et autrui (plus important) sous prétexte d’en éviter une très semblable, d’ailleurs non obligée.

    2. « Un relais datant de 1960″… »il craignait le cancer du béton pour cette structure »… « regardez les piliers des ponts autoroutiers »
      Quelartpierre 13/08/2018 18:40

      Gênes 14/08/2018 13:13
      un pont de 1960
      50 ans, ça passe vite, c’est désormais trop court pour les secrets défense et autres dossiers tels que 911 !
      Les événements donnent raison à Dmitry Orlov quand il décrit comment l’effondrement se produit, lentement progressivement, puis de plus en plus vite.

      Comme les nids de poules, l’effondrement des piliers est un marqueur: inutile d’être devin !

  19. Chère toutes, cher tous,

    Comment le dire ? Le truc c’est que nos systèmes sont drogués au pétrole, le truc c’est que nous sommes drogués au confort et autres facilités. Bourdieu nous dit combien nos habitus nous dominent.
    Penser la catastrophe pour qu’enfin elle n’advienne pas reste insuffisant et c’est un euphémisme.
    Alors, c’est peut être la dernière cartouche de l’humanité que l’effondrement des système laisse dans la terre le pétrole et le charbon en terre pour que les mammifères (dont nous faisons partis) ne subissent pas l’extinction.
    Alors tout cela est loin mais pas si loin.
    Comme le dit Paul Jorion c’est de ne plus pouvoir se refroidir qui entraînera notre fin,
    Encore la biologie, on nous dit de boire quand il fait chaud, oui mais pourquoi et bien parceque « Et c’est la transpiration qui régule la température du corps humain. C’est exactement ce qui se passe au Japon. Avec 90% d’humidité dans l’air, la population est mise sous pression thermique. »
    La tribune de Genève du professeur Benisson
    Martin Beniston, professeur honoraire à l’Université de Genève, climatologue
    https://m.tdg.ch/articles/5b5a0ba8ab5c370411000002
    eudi 26 juillet 2018 à 19:56«Il va falloir vivre avec ces canicules durant plusieurs décennies»
    Climat
    Chaleur et sécheresse accablent toute l’Europe. Le climatologue suisse Martin Beniston y voit de grands dangers. Interview.
    Sébastien Jubin
    111654
    Professeur Beniston, qu’est-ce qui est inquiétant avec ces vagues de chaleur?
    C’est dommageable pour la santé, l’hydrologie et tout l’écosystème. Plus ces vagues de chaleur sont importantes, plus il y a des dégâts. Surtout si ça persiste longtemps. Année après année, la répétition du phénomène commence à avoir des incidences très négatives. Il y a des dégâts sur les nappes phréatiques, sur l’agriculture, qui se chiffrent en milliards. Et c’est sans compter les feux de forêt qui se multiplient dans toute l’Europe. On voit ce qui se passe en Scandinavie: ils ne sont pas spécialement équipés pour cela. Jusqu’à présent, les grandes chaleurs se cantonnaient à certaines zones géographiques. En 2003, l’Europe centrale était touchée. En 2010, c’était la Russie. Cette année, c’est inédit, les vagues de chaleur se manifestent en plusieurs endroits et remontent même jusqu’au cercle polaire. La ceinture de chaleur a débuté au Québec pour arriver jusqu’au Japon en passant par l’Europe. Cette année est exceptionnelle, c’est certain.
    La Suisse n’a pas connu une période aussi sèche depuis 100 ans. Est-ce aussi une des causes?
    Chaleur et sécheresse vont de pair. Si on avait un peu plus de pluie, on n’atteindrait pas des températures aussi élevées. Ce serait modulé par l’atmosphère grâce à l’évaporation. Un sol sec agit comme un radiateur qui chauffe une pièce.
    Qu’est-ce que cela raconte de l’évolution du climat?
    Cela conforte surtout la thèse du changement climatique. Notre atmosphère se réchauffe. Il y a de plus grandes chances que les canicules estivales se manifestent plus régulièrement. Dans le Grand-Nord, une des causes, même s’il nous faut encore du recul, c’est que depuis 20 ans on observe le rétrécissement de la banquise dans l’océan Arctique. Il y a donc moins de surfaces froides qui absorbent la chaleur. Elle peut dès lors remonter vers le nord. On le prédisait, mais plutôt dans une vingtaine d’années. Il y a une accélération. En 2050, au moins un été sur deux sera aussi caniculaire que celui de 2003. Depuis quelques années, nous assistons à une succession de fortes chaleurs un peu partout dans l’hémisphère Nord. Par ailleurs, la communauté scientifique relève que ces épisodes s’échelonnent de mai à septembre. Il y a 50 ans, c’était confiné à juillet et août. C’est la conséquence logique d’un climat qui se réchauffe progressivement.
    Selon vous, nous aurions plusieurs dizaines d’années d’avance sur les prévisions?
    Oui et c’est inquiétant. Pour la Scandinavie, le rapport 2014 de l’Agence européenne pour l’environnement mettait en avant une carte qui montrait l’augmentation des risques d’incendie pour la seconde moitié du XXIe siècle. On peut affirmer que nous avons 20 à 50 ans d’avance sur ces prévisions. De manière précoce, nous sommes en train de vivre les incidences de ces changements climatiques.
    Qu’est-ce que ça signifie pour la seconde moitié du XXIe siècle?
    Qu’on ne va pas du tout vers le mieux. Même si on devait remplir tous les objectifs internationaux de l’Accord de Paris sur le climat et qu’on parvenait à limiter l’augmentation globale de 2 degrés en agissant directement sur les gaz à effet de serre, il faudrait attendre la seconde moitié du XXIe siècle pour ralentir l’évolution actuelle. À supposer qu’on mette tout de suite des mesures en œuvre, il va falloir vivre avec ces canicules durant plusieurs décennies.
    L’actualité nous montre que des dizaines de personnes ont succombé à ces grandes chaleurs, notamment au Canada et au Japon…
    «J’ai été surpris de voir le nombre de décès au Québec. La conjonction entre une forte chaleur et un taux élevé d’humidité peut augmenter les décès des personnes sensibles car elles auront plus de difficulté à transpirer. Et c’est la transpiration qui régule la température du corps humain. C’est exactement ce qui se passe au Japon. Avec 90% d’humidité dans l’air, la population est mise sous pression thermique.
    (Tribune de Genève)

  20. @Luc.

    « J’éprouve quand même quelques difficultés avec le mot « concret » tel que vous l’évoquez ici. J’aurais plutôt envie de voir sur la table des choses « faisables » aujourd’hui. Qu’est-ce qu’on peut déjà faire immédiatement, même avec un minimum de chance de voir les choses avancer ? Déclarer l’état d’urgence écologique se fera probablement un jour, mais ce ne sera pas demain. Vous l’écrivez vous-même plus loin : « Mais si on ne reconnait déjà pas le problème, …., je ne vois pas comment faire converger les énergies pour mettre au point les mesures concrètes nécessaires ». Pourquoi faut-il attendre une convergence des énergies, utopique pour l’instant, alors que des tas d’initiatives se mettent déjà en place ? Je crains fort que la convergence (nécessaire, bien évidemment) se fera quand l’évidence du péril se verra comme le nez au milieu de la figure.
    Je vous remercie en tout cas pour vos interventions que j’apprécie beaucoup ! »

    Je ne prends pas le même bout du raisonnement que vous. Je fais une rétro-démonstration. Je regarde les faits scientifiques, les délais d’action politique sociétale qui sont mis en avant par les scientifiques (plafonner les émissions de GES en 2020 et les faire arriver à 0 d’ici 2050-2100). Ensuite je regarde les causes du réchauffement : l’économie fondée sur l’énergie fossile au niveau matériel, et une pensée de l’illimitation au niveau idéologique. Ensuite je regarde l’Histoire et les périodes où des sociétés complexes ont réussi des transitions socio-techniques majeures. Je vois les économies de guerre US et UK en 40-45 comme exemples les plus proches de l’effort que nous devons faire (amplitude, vitesse, profondeur, etc.). Je regarde les conditions historiques qui ont permis à ces économies de guerre d’émerger (Churchill, Roosevelt, etc.).

    Dès lors, j’en déduis le conditions historiques à renouveler aujourd’hui pour rendre possible l’état d’urgence, la mobilisation sociétale et la transition effective.

    Comme un cardiologue qui reçoit un patient fumeur : je regarde son cancer et ce qu’il doit faire pour le soigner, et je fais un rétro-raisonnement pour arriver aux solutions pratiques.

    Je ne me demande pas si ces solutions sont « pratiques/réalistes/pragmatiques/etc. ». Ce sont des solutions nécessaires au sens logique. Donc la question de leur réalisme est mal posée : elles sont des éléments nécessaires de l’ensemble des solutions .

    Le réalisme aujourd’hui, c’est donc le radicalisme.

    Il ne faut pas se demander ce que les gens veulent bien faire aujourd’hui (de toute façon leur discours n’infère rien sur ce qu’ils sont prêts à faire en réalité). Il faut se demander ce qu’il DOIVENT faire.

    Ainsi, l’Histoire nous apprend que dans l’espace des possibles humains, il y a des Churchills, dans Britanniques et des mobilisations générales avec des passages de 3000 à 300.000 avions en quelques années.

    Raisonner autrement, à partir de ce qu’on imagine « faisable », c’est erroné d’un point de vue logique, et c’est « irresponsable » d’un point de vue éthique. Aucune demi-mesure ne nous sauvera désormais, c’est la leçon de Churchill.

    Donc la bonne question est : « comment rendre ‘faisable’ ce qui est nécessaire, aux yeux de tous » ?

    1. Cela tombe bien que vous donniez Churchill en exemple. Dans un excellent film (Darkest Hour, 2017) qui relate les circonstances de sa nomination comme premier ministre et ses décisions concernant l’évacuation de Dunkerque par les troupes anglaises, il apparaît clairement qu’elles ont été largement considérées par ses adversaires comme « erronées » d’un point de vue logique et même « irresponsables », d’autant qu’il ne s’est pas conduit de manière particulièrement « éthique » pour y arriver. De plus, il ne représentait pas une majorité, loin de là, en cette période cruciale mais il a fini par rassembler une bonne part des citoyens britanniques derrière lui. La foule suit le vainqueur, rarement le vaincu.
      Je ne conteste nullement votre raisonnement, et les idées que vous avez développées depuis quelques jours. Je persiste simplement à vouloir pousser nos concitoyens à « faire » quelque chose tout de suite, à s’engager dès maintenant sans attendre une hypothétique décision universelle. Parmi les très nombreuses initiatives qui sont nées ces dernières années, certaines finiront par susciter un consensus beaucoup plus large et pourront probablement aider à prendre des décisions immanquablement très difficiles.
      « Donc la bonne question est : comment rendre ‘faisable’ ce qui est nécessaire, aux yeux de tous » ? J’espère que la bonne réponse ne tardera pas !
      Merci en tout cas pour votre engagement ici, qui a suscité un grand intérêt de ma part !

    2. « La bonne question est : « comment rendre ‘faisable’ ce qui est nécessaire, aux yeux de tous » ? »

      Jacques l’a bien dit, « La politique, c’est l’art de rendre possible ce qui est nécessaire »

      Antoine avant lui avait remarqué que « Pour ce qui est de l’avenir, il ne s’agit pas de le prévoir, mais de le rendre possible »

      Je parle naturellement respectivement de Chirac et de Saint-Exupéry 🙂

  21. @rosebud :

    Cédric Chevalier 13 août 2018 à 21 h 32 min,

    « Votre appel à l’émergence dit bien qu’elle manque !

    « le décret d’état d’urgence, la mobilisation générale et la planification minimale de la transition écologique sociétale »

    Vocabulaire guerrier ! Mais où est l’ennemi, quel est l’ennemi ?
    Quelle instance peut proférer puis appliquer de pareils mots d’ordres, à partir de quelle légitimité, voire légalité ?

    Pardonnez-moi d’évoquer le concret !
    Les 1% dont on fait des gorges chaudes, à l’échelle de l’Humanité c’est 80 millions de privilégiés, en capital comme en revenus, une petite partie des corps intermédiaires en sont, et dans tous les états-nations, ils règnent en maîtres collaboratifs ou concurrentiels, dans un train dont personne au sens du singulier ne possède les manettes, mais dont beaucoup ne méconnaissent pas le terminus…encore…lointain. Et vous voulez interrompre leur dolce vita ?

    Pire, on lit sur le blog de Jorion, de belles âmes qui refusent la contrainte…alors ces 1%, imaginez donc leur pouvoir de refuser…le volontariat… »

    – ce vocabulaire n’est pas guerrier au sens strict, il est guerrier par l’usage qu’on a fait de ces mots dans l’histoire. Peu importe, assumons. L’état de guerre est réel : l’homme a déclaré la guerre à lui-même, en déclarant la guerre à la Nature. L’ennemi, c’est nous-mêmes : nous sommes notre propre ennemi. Ça me paraît évident.
    Ne vous arrêtez pas sur les mots, ou plutôt, arrêtez vous y davantage !
    Y a t il urgence ? oui. Faut-il tous nous mobiliser ? oui. Faut-il organiser la transition sociétale ? oui. Dès lors, je ne vois pas comment y arriver sans décréter l’état d’urgence, la mobilisation générale et planifier la transition. Je n’entends pas par là « supprimer les libertés », « engager tous les citoyens dans l’armée » ni « faire des plans quinquennaux soviétiques ». Je revendique le droit d’utiliser les mots dans leur sens premier. Le 1% nous domine aussi parce qu’il a fini par tordre le sens des mots.

    – quelle instance légitime pour proférer ces mots : le gouvernement et le parlement de chaque niveau de pouvoir, comme la Constitution le permet. Désolé, je ne vois pas le problème ni de légitimité, ni de la légalité. C’est dire combien nous sommes « abrutis » que nous ne croyons même plus en la Constitution de notre pays…

    – en face du 1%, il y a 99% –> cfr. La Boétie « soyez résolus de ne plus servir et vous voilà libre ». Exemples concrets : les nombreuses chutes de dictateurs causées par le retrait massif de l’adhésion populaire. En fait, ce qui est risible est d’avoir l’impression que le 1% est plus puissant que le 99%.

    – il va falloir accepter une certaine contrainte pour coordonner l’action collective : exemple simple : on ne sait pas jouer au football à un certain niveau de compétition sans arbitre avec son pouvoir de contrainte. J’ai moi-même besoin d’une certaine contrainte pour envisager d’abandonner la voiture de notre ménage et quelques autres mauvaises habitudes par rapport à la transition écologique, nous ne sommes que des humains après tout, nous avons besoin d’une certaine contrainte pour avancer.

    1. Oui la contrainte est incontrournable, c’est le point programmatique essentiel à faire valoir dans votre approche.

      La contrainte fonctionne en verticalité mais dans les deux sens : il a été relevé que les représentants d’une démocratie sont amovibles et que l’opinion publique peut peser. Du coté de l’horizontalité, c’est à la conviction de chacun de s’étendre de façon rhizomatique à partir de points locaux en nouages jusqu’à la mondialisation.

      A l’échelle de conversations de bistrots (même si pas au bistrot) la conviction inquiète ici localement me semble déjà là, mais le drame, c’est pour dans tellement longtemps…Les jeunes pour lesquels le longtemps est envisageable sont plus sensibles mais peu ou mal politisés en comparaison de ma génération disons 68. La génération de leurs parents a fait son job de les mener au mieux à l’autonomie sociale et affective, mais c’est à eux de prendre la relève. Qu’ils fassent au mieux, les vieux soutiendront.

      Par contre juridiquement, la constitution actuelle a ses limites, il était question non pas de toilettage, mais d’en changer, et pas pour faire plus joli. Vous n’y trouverez pas de déclaration de guerre à nous-mêmes, ni d’état d’urgence qui convienne à vos souhaits, et le peuple des juristes est très pointilleux sur les mots…

      Latéralement, vous insistez sur UK et USA à propos de la WW2, les historiens un peu détachés des enjeux politiques qui perdurent, ne méconnaissent pas le poids de l’URSS dans la victoire sur le nazisme. Pas besoin de plans quinquennaux à la soviétique de nos jours, les multinationales s’en chargent à un horizon bien plus lointain que 5 ans. Et pas seulement elles, mais certains états-nations aussi, voyez la Chine (cf. l’article de Piron sur l’auto électrique dans le Monde Diplo de ce mois d’août).

      1. « les historiens un peu détachés des enjeux politiques qui perdurent, ne méconnaissent pas le poids de l’URSS dans la victoire sur le nazisme. »

        C’est un hors-sujet, mais de fait s’ils sont moindrement au courant de ce que fut la seconde guerre mondiale ils ne méconnaîtront pas le rôle de la Russie soviétique.

        Plus de 80% des soldats allemands mis hors de combat le furent par les Soviétiques.

        « Pas besoin de plans quinquennaux à la soviétique de nos jours, les multinationales s’en chargent à un horizon bien plus lointain que 5 ans »

        Pas besoin. La « valeur pour l’actionnaire » ne s’apprécie que rarement à un horizon plus lointain que 5 ans. Le plus souvent, il se compte plutôt en mois.

        En cas d’effondrement sociétal, écologique et/ou civilisationnel, la solution est beaucoup plus simple et sûre… du moins en ce qui concerne les gens qui contrôlent les multinationales :
        https://www.theguardian.com/news/2018/feb/15/why-silicon-valley-billionaires-are-prepping-for-the-apocalypse-in-new-zealand
        https://www.theguardian.com/world/2017/feb/17/billionaires-bolthole-new-zealand-preppers-paradise

        Bien sûr, tout le monde ne peut pas aller se réfugier en Nouvelle-Zélande… mais c’est justement pour ça que c’est une bonne solution.

      2. Sur la modif de la (les ?) constitution(s) , ,je redis que la seule bonne raison de toucher au moins à la notre , serait de faire un sort à la sacralisation de la propriété , et si on remonte jusqu’aux sources chères à Memnon , il s’agit même de s’en prendre à la DUDH qui en traite d’abord .

        Rien que ça .

  22. Juannessy 15 août 2018 à 14 h 29 min

    « faire un sort à la sacralisation de la propriété »

    Sachez tout de même que c’est se mettre au ban des nations en récusant l’Article 17 de la Déclaration universelle des droits de l’homme 1. Toute personne, aussi bien seule qu’en collectivité, a droit à la propriété. 2. Nul ne peut être arbitrairement privé de sa propriété

    À moins qu’il ne s’agisse de montrer l’exemple.

    L’état de mobilisation cher à Cédric Chevalier met en général un bémol à la liberté de posséder, et la réquisition est de rigueur. J’imagine mal l’ambition d’une déclaration de guerre au réchauffement sans munitions économiques et juridiques.

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