On sait, on peut, mais on ne veut pas ? Diagnostics de l’inertie face à la destruction de la Biosphère, par Cédric Chevalier

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« Les quatre grands maux », comme ils sont appelés, sont dans le viseur des scientifiques depuis 40 ans. Il s’agit de la trop forte exploitation des ressources (surchasse, surpêche…), de la fragmentation des habitats, de l’introduction d’espèces invasives capables de prendre le dessus sur les espèces endémiques et enfin, des extinctions en chaîne d’espèces qui découlent des trois premiers facteurs. S’ajoute à cela le bouleversement climatique qui fragilise les écosystèmes. « De nouvelles voies pour la conservation ne sont ni nécessaires, ni suffisantes pour stopper la perte de la biodiversité », souligne une étude. L’avantage donné aux activités humaines doit juste cesser et laisser place aux mesures de conservation.

Un récent article scientifique, qui a examiné 13.000 articles sur la conservation de la nature, indique que le problème de la transition écologique n’est pas que nous ne sachions pas et que nous n’ayons pas les bons outils, mais que les bonnes décisions politiques ne sont pas prises, que nous arbitrons la plupart du temps en faveur de l’expansion des destructions de la nature, contre notre intérêt (https://lejournal.cnrs.fr/articles/des-solutions-existent-pour-proteger-la-nature).

Je ne suis pas un technicien des SE et de la biodiversité. Ma réflexion (nos réflexions puisqu’on ne réfléchit jamais seul) se situe à un niveau politique, social, économique et philosophique, « méta » donc. Je cherche le chaînon manquant pour que l’action collective devienne enfin adéquate. Les SE et la plateforme pourraient faire partie de ces chaînons manquants.

Et donc au niveau méta, il y a une classe de problème très ancienne en philosophie, qui interroge sur la condition humaine : pourquoi les humains s’infligent-ils à eux-mêmes tant de « mal » (le mal comme concept philosophique large), alors qu’ils devraient savoir que certains de leurs actes bien identifiés les conduiront nécessairement à s’infliger du mal ? (c’est la 2e partie la plus importante pour nous ici et pour les articles que tu nous envois)

J’exemplifie dans notre époque :

– pourquoi les fumeurs continuent-ils à fumer sachant les dégâts qu’ils s’infligent ainsi qu’à leurs proches ? (cancer, vieillissement prématuré, perte de tonus pulmonaire, etc.)

– pourquoi les parents laissent-ils leurs jeunes enfants devant les écrans sachant les dégâts que ça leur inflige ? (abêtissement, problèmes de vue, manque de créativité, etc.)

– pourquoi les Belges tolèrent-ils une telle non-mobilité sachant les dégâts que ça leur inflige ? (problèmes cardio-pulmonaires, maladies, bruit, saleté, risques d’accidents, coût économique, etc.)

– pourquoi avons-nous construit un arsenal nucléaire sachant les risques…

– pourquoi des guerres civiles se déclenchent encore sachant l’histoire…

et puis ce qui nous intéresse spécifiquement :

– pourquoi déréglons-nous le climat sachant les dégâts et les risques ?

– pourquoi détruisons-nous la biodiversité et les écosystèmes sachant…

– pourquoi épuisons-nous les ressources sachant…

On peut conceptualiser le problème en plusieurs éléments :

– les humains agissent et certaines de leurs actions bien identifiées leur causent un mal objectivable

– les humains accumulent de la connaissance sur les effets probables de leurs actions (mémoire personnelle, Histoire et Science), ils identifient les actions les plus susceptibles de leur causer du mal

– malgré une connaissance univoque sur les effets délétères de certaines de leurs actions, les humains continuent à agir de la même manière

Il y a donc un constat d’échec dans la condition humaine (il y a aussi des succès hein !), individuellement et collectivement, qui nous poursuit depuis la nuit des temps.

Les philosophes et les scientifiques ont donc avancé plusieurs hypothèses explicatives de cet échec. Pour catégoriser arbitrairement les choses, je fais un postulat de rationalité scientifique et de bienveillance : pour une action adéquate il faut combiner : information adéquate, compréhension adéquate, puissance d’agir adéquate, technologie adéquate, liberté politique adéquate, volonté adéquate, et pulsion de vie adéquate.

Alors on peut ensuite examiner les hypothèses une à une :

1. Ignorance (information inadéquate)

les dirigeants et les citoyens ignorent la situation réelle de la biosphère

2. Incompréhension (compréhension inadéquate)

  1. les dirigeants et les citoyens ignorent le lien de causalité entre la croissance économique, la croissance démographique, la surconsommation matérielle, l’exploitation des territoires et la dégradation de la Biosphère (Bossuet : “Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes.”)
  2. les dirigeants et les citoyens ignorent l’importance vitale de la nature pour la survie et la vie humaine, à cause d’un mode de vie complètement déconnecté de la nature, depuis la plus tendre enfance
  3. les dirigeants et les citoyens ne peuvent comprendre le sens des faits présentés car leur paradigme mental en fait des objets sans impact sémantique : ils entendent mais ça ne fait pas sens dans leur esprit, il s’agit d’objets « non traitables » par leur schéma mental général (= un poisson ne peut pas comprendre le vent, son paradigme, c’est l’océan). Le paradigme moderne exclut la nature.

3. Degré élevé d’impuissance, biologique ou culturel, perçu ou réel (puissance d’agir inadéquate)

  1. l’espèce humaine et les individus humains sont génétiquement programmés pour s’étendre et privilégier les stimuli de court terme, le cerveau humain incapable de traiter les stimuli de long terme, et donc très mal outillés pour réagir adéquatement face à la crise écologique. Nous devons lutter contre nos propres gènes.
  2. l’espèce humaine est collectivement soumise à ses limites cognitives : biais de rationalité, biais d’optimisme, biais de localité, biais de perception des probabilités objectives, et faible libre arbitre : le lien entre information, savoir, pensée, discours et action est rompu au point qu’il empêche l’action collective d’avoir lieu. Nous sommes limités par nos cerveaux.
  3. la société humaine et les individus actuels sont mémétiquement (culturellement) programmés pour s’étendre et privilégier l’idéologie actuelle (croissance économique, poursuite de l’hyperconsommation matérielle, mythe du progrès et de la technoscience salvatrice, croyance en la non indispensabilité de la nature, etc.), et donc très mal outillés pour réagir adéquatement face à la crise écologique. Nous devons lutter contre notre propre schéma culturel.
  4. force de l’habitude : l’habitude est gravée dans le cerveau et l’idéologie individuels au point qu’il est extrêmement difficile de changer pour un individu lambda. Nous devons lutter contre nos habitudes.

4. Blocage technique (technologie inadéquate)

  1. l’espèce humaine n’aurait pas les moyens techniques pour être durable

5. Blocage politique/rapports de force/intérêts divergents (liberté politique inadéquate)

  1. la plupart des gens ne savent pas utiliser leurs droits de citoyens, il y a un manque criant d’empowerment politique et citoyen, ils ne savent pas qu’ils peuvent influencer la politique (troupeau de moutons)
  2. une minorité de blocage empêche sciemment la transition écologique sociétale d’advenir (le 1% des plus riches du monde)
  3. les dirigeants et les citoyens veulent maintenir le statu quo/ne veulent pas changer (l’être humain serait fondamentalement conservateur, craignant le changement, préférant une mauvaise situation connue à une potentielle situation meilleure) = esclaves qui se réjouissent de leur sort,
  4. une majorité significative de dirigeants et citoyens souhaitent maintenir leurs privilèges (les 25% des plus riches du monde, dont toute la population OCDE), du plus haut au plus bas de la pyramide sociale, chacun trouve son compte
  5. une majorité significative de dirigeants et citoyens pense pouvoir échapper aux conséquences négatives de la dégradation de Biosphère (biais d’optimisme : le malheur c’est toujours chez les autres, moi je m’en sortirai)
  6. sentiment d’impuissance : ne pas oublier aussi que les gens se sentent démuni face au problème. A leur échelle, ils ne voient pas très bien ce qu’ils peuvent faire. Et ils ne croient plus en la capacité d’action du politique…Quand il n’y a pas carrément un sentiment de méfiance, voire de défiance de l’électeur. Donc, il y a aussi un problème de marges d’actions individuelles et de confiance dans la capacité d’action individuelle et collective.

6. Absence de volonté (volonté inadéquate)

  1. stratégie de défense classiques en psychologie : négation, déni, dénégation, démenti, désaveu, déplacement, projection, répression, annulation rétroactive, identification, refoulement et isolation, négationnisme, délire, psychose.

NB : Le déni à lui seul est un invariant de la condition humaine avec le déni :

  1. De fait
  2. De responsabilité
  • D’impact
  1. De cycle
  2. De conscience
  3. De déni (déni de déni)

7. Nihilisme (pulsion de vie inadéquate = pulsion de mort)

les dirigeants et les citoyens sont nihilistes, cyniques, suicidaires, on parle de « pulsion de mort » (thanatos) ou collectivement de « thanatocratie » (par exemple les nazis, les SS, particulièrement en 1945).

Evaluation des hypothèses :

Dans nos réflexions avec mes collègues, nous avons éliminé les hypothèses 1) ignorance et 4) blocage technique. Pas crédible. Les articles cités confortent l’élimination de l’hypothèse 1) et 4) : on a l’info et on sait quoi faire.

Dans les hypothèses 2), on fait face aux théories classiques des changements de paradigme dans la science et la philosophie (Thomas Kuhn, etc). Nous voyons toujours le monde avec des lunettes plus ou moins déformantes. Il faut changer de lunettes car les lunettes actuelles nous aveuglent trop. Personnellement, je crois beaucoup à cette explication que les faits tendent à confirmer. Les mots sont dits mais c’est comme « pisser dans un violon », ça ne « percute » pas, même au Parlement et au Gouvernement wallon. On a des gens incapables d’intégrer ces faits dans leur paradigme mental (comme le sable pour un esquimau).

Il y a dans les hypothèses 3) tous les déterminismes humains bien connus, biologiques et culturels. Le fataliste dira que cela est suffisant pour être rédhibitoire à l’espèce humaine. « Nous allons disparaître mais nous n’y pouvons rien, nous sommes trop faibles. » Dès lors, au revoir la culpabilité et vivons à fond le présent ! Ou… changeons de déterminisme biologique : manipulation génétique de l’espèce humaine (hypothèse soulevée par le feu prix Nobel Christian de Duve et aujourd’hui les transhumanistes pour d’autres raisons que l’environnement…). Ou changeons de déterminisme culturel… là réside un grand espoir, qui rejoint la question du changement de paradigme dans le 2) car l’Histoire démontre que les paradigmes et les cultures évoluent.

Il y a inversement dans le 5) un cri en faveur du libre arbitre et de la volonté humaine. La question de l’autonomie et de la politique : du choix humain.

Dans le 6), nous savons, nous comprenons, nous pouvons humainement, techniquement et politiquement mais nous échouons psychologiquement. Le lien est rompu entre information, savoir, puissance d’agir, outillage, choix politique et … action concrète. La volonté semble rester évanescente et sans lien avec l’action concrète.

Enfin dans le 7), c’est assez simple, à partir du moment où « nous voulons collectivement tous mourir », on ne peut plus juger que la dynamique actuelle n’est pas un succès total. On peut même se dire cyniquement que nous restons encore relativement inefficaces et qu’il y a encore de la marge de destruction.

Que retenir ? On exclut 1) ignorance et 4) technologie. Reste :

  • 2) changer de paradigme : ça me semble très valide
  • 3) modifier la génétique et/ou la culture humaine : personnellement, je préfère changer la culture (y compris paradigme)
  • 5) il se pourrait qu’une minorité de blocage pense (à tort) pouvoir s’extraire de conséquences de la catastrophe environnementale, et il me semble avéré que l’autonomie citoyenne reste lettre morte aujourd’hui (= le citoyen qui exige le changement nécessaire)
  • 6) est fort lié à 2) et 3)/culture, on sera moins dans le déni et l’inaction si le paradigme et la culture nous incitent à agir pour la nature
  • 7) est une hypothèse nietzschéenne du « dernier homme », un être humain apathique, qui a perdu la volonté de vivre (si ce n’est de façon médiocre), et qui se satisfait de son manque d’ambition (j’y trouve beaucoup de validité : regardez comme des gens bien éduqués argumentent avec le sourire pour justifier l’inaction en matière d’environnement). A nouveau lié au paradigme dominant, à la culture.

En conclusion selon moi, à ce stade et pour répondre aux hypothèses sur les causes identifiées : il faut une sorte de Renaissance, c’est-à-dire une sorte de Révolution des consciences qui accomplissent à la fois un changement de paradigme général sur notre conception du monde (via les philosophes, intellectuels, artistes, décideurs, etc.) et un changement culturel (via les artistes, l’éducation, l’enseignement, les traditions, le folklore, les lois, les institutions, les politiques, etc.). Une fois cela accompli, une lutte politique devra être menée contre les minorités ou majorités de blocage, par contagion paradigmatique et culturelle, afin que les citoyens s’engagent et exigent les changements nécessaires = la transition écologique sociétale. Enfin, les décisions politiques nécessaires seront prises, avec un consensus sociétal large.

Morin parle d’une « métamorphose » de l’Humanité.

Petit problème : la Renaissance, c’est 3 à 4 siècles dans l’Histoire… avons-nous ce temps-là ?

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125 réflexions sur « On sait, on peut, mais on ne veut pas ? Diagnostics de l’inertie face à la destruction de la Biosphère, par Cédric Chevalier »

  1. L’égo, c’est comme la carte-mère de nos ordinateurs, n’est-ce pas ?
    Van Gogh était fasciné par le regard et le sourire de l’être humain, du bébé philosophe, et en avait ras le bol des grandes cathédrales, voyage voyage. J’interprète un peu selon mes propres désir aussi.

  2. Synthèse intéressante,
    Je pense aussi que la dimension « psychologique » devrait être beaucoup plus prise en compte et travaillée pour en retour permettre une transition globale (boucle de rétroaction macro/micro ).
    Au niveau 1/2et 3/2 de l’information /compréhension la dilution me semble également un facteur à prendre en compte. »Excess d’information, société du spectacle etc etc ».

    A priori on a pas 3/4 siècle, on a 10-15 ans, mais vous le savez déjà.

    Les exemples souvent cités par des experts de l’énergie et du climat a titre « d’effort à faire » pour sauver la situation sont ceux:
    – de la conquête spatiale,
    – de l’effort de guerre du deuxième conflit mondial
    – de la mise en place des systèmes de sécurité sociales post 2eme guerre mondiale.
    les sciences sociales ont surement d’autres exemples .

    1. Cédric Chevalier: l’espèce humaine et les individus humains sont génétiquement programmés pour s’étendre et privilégier les stimuli de court terme, le cerveau humain incapable de traiter les stimuli de long terme, et donc très mal outillés pour réagir adéquatement face à la crise écologique.

      A priori on a pas 3/4 siècle, on a 10-15 ans, mais vous le savez déjà.

      Si on prend comme exemple les inondations, dont on sait qu’elles se produisent de manière répétitive dans certains lieux, de manière tout à fait exceptionnelle dans d’autres et pour lesquelles on sait ce qu’il faudrait faire pour éviter ou au moins limiter les conséquences catastrophiques :
      – pendant l’inondation la solidarité entre les gens concernés, les services publics et les régions avoisinantes est en général évidente, même si c’est plus souvent le cas dans les pays riches et démocratiques que dans les pays pauvres et dictatoriaux
      – pendant la période qui précède immédiatement l’inondation (la crue est déjà visible, etc) une bonne partie de la population prend des mesures de protection (mais elles ne sont pas forcement proportionnelles à la menace donc pas forcément utiles) et les gens acceptent de se réfugier en lieu sur (même si certains s’y refusent)
      – pendant les périodes durant lesquelles il n’y a aucune menace immédiate, les comportements diffèrent fortement d’un pays à l’autre et d’une époque à l’autre. Il est cependant particulièrement difficile d’entreprendre des travaux coûteux en prévision de catastrophes qui ne se sont jamais produite même quand elles apparaissent probables aux yeux de ceux qui s’y intéressent (qu’ils soient ou pas des spécialistes de ces questions.)

      Pour ce qui est de savoir où se situe dans ce cas la limite entre le long terme et le court terme, il semble qu’il soit tout à fait possible de faire prendre en compte une « crue centennale » mais beaucoup plus difficilement une « crue millénale » (alors que l’une comme l’autre peuvent se produire la semaine prochaine…)

      1. Le « stimuli » va même au delà , puisque le fin du fin , c’est d’acheter en zone inondable , à bas coût , de construire en toute illégalité , et de se faire rembourser au prix fort (terrain et maison) par l’assurance quand l’inondation survient . En criant au scandale car « on ne m’a pas empêcher » de faire une  » erreur » .( cas vécus) .

      2. Arkao :

        Je faisais en effet référence à des souvenirs déjà anciens . Je crois qu’en fait , si les choses ont un peu bougé , c’est parce que les assurances sont un peu plus curieuses , …et que quelques ostrogoths , dont un maire breton , ont été condamnés par des juges eux aussi plus soucieux d’équité quand il y a des macchabées en jeu .

      3. @Juannessy
        Les choses ont un peu bougé en effet, mais les réticences locales sont encore vives.
        http://www.courrier-picard.fr/51375/article/2017-08-22/en-zone-inondable-plus-rien-ne-se-vend-dans-la-vallee-de-loise
        Il y a dans ces réactions, au delà des intérêts économiques de certains, un vieux fond de résistance anti-jacobine, un rejet des « experts » loin du terrain, perchés dans leur tour d’ivoire (ce qui dans certains cas n’est pas totalement faux).
        Par ailleurs, le principe de précaution bien compris par les bureaux d’études (privés) en charge de l’élaboration des plans, conduit à un zonage des risques très-très large, non pas dans l’intérêt des citoyens mais pour ce protéger eux-même en cas de pépin.

      4. Ça ne fait que confirmer que la sanction judiciaire est le commencement de la sagesse .

        D’autant qu’on ne voit pas pourquoi la France aurait besoin d’être couverte de constructions alors que sa population a à peine doublé depuis 1800 .

      5. Cette analyse me convient parfaitement, on oublie souvent la « nature humaine » dans l’explication des comportements.

      6. La prétention de « l’occidental » est que le « technologisme » est la seule voie de développement humain. Il regarde avec condescendance les Bougnoulistans « sous développés », incapables de se prendre en main pour atteindre un « niveau de vie décent ».
        Pourtant ce « pauvre » pays du Bengale (Bangladesh) régulièrement battu par les intempéries, cyclones, inondations, raz de marée, sur une surface 5 fois plus petite, arrive à nourrir bon an mal an, 2,5 fois plus d’habitants que la France. Et ne croyez pas que ce soit la « surpopulation » la cause des « problèmes ». Cette population est justement celle nécessaire à la survie de l’ensemble.
        Je me demande ce que feraient les habitants du Pays des Francs dans les même conditions climatique et géographique, avec une destruction annuelle quasi certaine des infrastructures. On peut penser que les comportement sociaux culturels étant générés par les conditions de vie (la bête géographie), les Francs bénéficiant des conditions généreuses de l’Ouest de l’Europe modifieraient leur mode vie s’ils devaient se retrouver dans les conditions des steppes d’Asie Centrale ou du Sud Sahara.
        Tout ça pour dire que l’humanité ne se comporte pas différemment que des bancs de sardines, sauf que dans le banc « occidental », chaque sardine se prend qui pour un requin, qui pour un espadon ou un thon (m’enfin, les 30%) tout en restant une sardine.
        Il se trouve que les conditions favorable de l’Ouest de l’Europe SONT en train de CHANGER, alors il va falloir changer, alors croyez moi, le Franc va changer… 🙂
        Et d’ailleurs, croyez moi : IL CHANGE. 🙂

    2. Il y a aussi l’exemple des CFC / couche d’ozone / protocole de Montréal.
      Mais la rapidité du processus a sans doute été dû à l’existence de produits de remplacement non contraignants pour l’industrie et le Marché.

  3. @ L’auteur :
    vous êtes sérieux ? Je n’ai pas dans votre pourtant longue analyse, la moindre allusion au paramètre « monétaire » et ce qu’il entraine…
    Si personne ne bouge, c’est parce qu’il faut payer ses charges à la fin du mois,
    si personne ne bouge, c’est parce que l’activité économique est plus rentable en polluant qu’en ne polluant pas,
    si la transition écologique ne se fait pas réellement, c’est peut être bien parce que « isoler correctement nos bâtiments, ne fait plus tourner la rotation monétaire parce qu’il n’y a presque plus de consommation d’énergie ».
    si personne ne vote pour des politiciens qui remettent en cause le système, c’est peut être bien parce qu’aucun média ne respecte la démocratie réelle (pour des raisons de fric et de conflits d’intérêt),
    La solution est postmonétaire, mais même ça, vous ne voulez pas en entendre parler, alors comment se plaindre de l’inertie quand on la porte soi-même ? 🙂

  4. « Dans les hypothèses 2 (…) Il faut changer de lunettes (…) je crois beaucoup à cette explication (…) »

    Moi aussi, et je note que la combinaison des prismes de l’Oléocène et de « Se débarrasser du capitalisme est une question de SURVIE » est particulièrement féconde en explication / interprétation tous azimuts et à la portée du grand public, de « Comment on en est arrivé là » à « Où est la solution » en passant par « Comment je m’inscris dans ce schéma » et « Ai-je l’humilité requise, et pourrais-je gagner du temps avec une psychanalyse ? »

  5. CÉDRIC CHEVALIER : “Il faut une sorte de Renaissance.” C’est très juste. Ce qui veut dire qu’il nous faut commencer par établir une nouvelle règle comptable locale autant que globale ; c’est à dire une nouvelle « comptabilité en partie double”, entre cette fois-ci l’espèce humaine et la Terre, sans tricherie. Car aujourd’hui, non seulement nous vivons au-dessus de nos moyens, mais nous avons une lourde dette envers la planète qui est notre véritable créancier. Bref, inventer cette fois-ci, une gratuité en partie double. Ce qui ne serait pas sans beauté.

    1. Mais l’utilisation destructrice de la force nucléaire a obligé toutes les cultures à prendre acte que notre créancier ( la Terre) était mortel. Cette spectaculaire et violente démonstration n’a pu empêcher la prolifération de l’arme atomique. A chacun sa bombinette, plus dévastatrice si possible que celle du voisin, dans un rapport de force.
      Nous avons appris à vivre avec la terreur, (habitude)
      Maintenant qu’une menace de plus mais d’un autre ordre défie l’Humanité, l’habitude revient au galop. Nous continuons à prendre des risques et surestimons notre force pour défier la nature.
      Décidément nous sommes une espèce désespérément optimiste et présomptueuse.

    2. @SADONOIX
      1 octobre 2018 à 13 h 38 min
      CÉDRIC CHEVALIER : “Il faut une sorte de Renaissance.”

      Pour arriver au printemps, non ne ferons pas l’économie du passage par l’hiver.
      Il faut qu’il y fasse assez froid… mais pas trop.

      Une forte éruption solaire pourrait favoriser un gel suffisant pour gripper la machine infernale.

  6. Assez réfléchi, maintenant il faut agir. A moins que l’apathie et le déni ne s’applique à nous-même ?

    Tout le temps qu’on passe à réfléchir, on ne le passe pas à s’organiser. Paul Jorion réfléchit très bien pour nous (et mieux que nous). Quelqu’un ici avait parlé de fonder un parti…c’en est où ? Moi je l’attends pour prendre ma carte. En attendant inscrivez-vous sur findutravail.net, ça ne vous engage à rien d’autre que de vous réunir quelque part, en attendant la fondation ce parti, le seul but est de collecter vos cordonnées de contact, et lancer un mode de souscription, un peu comme l’avait fait Bernie Sanders aux dernières élection américaines.

  7. Ce billet m’évoque un échange que j’ai eu avec Arnaud :

    https://www.pauljorion.com/blog/2018/09/26/trends-tendances-declarer-letat-durgence-pour-le-genre-humain-le-27-septembre-2018/#comment-676036

    Il m’évoque également certaine approche des organisations des métiers et des « rôles » ( des « postes ») de type Hay management , où l’on essaie de minimiser au maximum l’écart entre définition de l’organisation ( et écriture initiale des rôles attendus ) et résultat de l’organisation ( et constat des rôles tels qu’ils auront été perçus ->acceptés->tenus ) .

    Entre le rôle attendu et le rôle perçu : pertinence de la communication ,
    entre le rôle perçu et le rôle accepté : la motivation adhésion ,
    entre le rôle accepté et le rôle tenu : la motivation et la compétence.

    On y explique aussi qu’un métier c’est un savoir+un savoir faire + un savoir être , et , si l’on part de l’individu , on trouvera successivement des enveloppes englobantes qui se nomment poste ( ou rôle) , métier , organisation , ,environnement .

    On a là , à la fois l’intérêt et la limite de la mise en parallèle entre l’humanité ( l’espèce humaine ) et une « organisation  » .

    Car si l’organisation ( qui doit hérisser Octobre ) est bien nécessaire à tout ensemble collectif , on n’a rien dit tant qu’on n’a pas dit que le est la vocation et le but de cet ensemble . S’organiser en « vue de quoi » ?

    Être adéquat , certes , mais adéquate à quoi ?

    J’ai un peu rappeler , en me glissant dans les babouches d’Aristote , ma propre réponse en parlant récemment de « Politique » , repris ailleurs sous une forme plus triviale , en écrivant que « il ne doit pas être difficile de faire comprendre et partager que , pour être juste , il faut d’abord être vivant , comme il n’est pas bien intéressant d’être vivant ( humain?) sans être juste « .

    Sommes nous assez nombreux d’accord sur notre vocation humaine pour agir alors via une organisation et ce qu’elle nécessite ?

    Ou l’humanité n’a -t-elle pas d’autre vocation que de tenter de survivre ?

    Me voilà revenu à l’une de mes première interrogation d’adolescent où après avoir dévoré Pascal , Dostoïevski et Tolstoï , j’avais synthétisé mes délires en une maxime écrite au normographe ( on ne doit plus savoir ce que c’est ) sur un bout de Canson :  » Survivre ET vivre , le plus longtemps possible , avec le plus grand nombre possible , dans les meilleures conditions matérielles , psychiques et morales possibles  » .

    Est il  » possible » de partager assez nombreux une vocation commune , sera sans doute l’interrogation ,de moins en moins « utile » , qui accompagnera ma dernière ligne droite .

  8. Au sujet de cet article, inutile de couper les cheveux en 4. Lorsque seul l’argent donne un ticket pour l’existence, il n’est pas difficile de comprendre que l’on s’en procure par tous les moyens légaux si on peut, illégaux si on ne le peut pas.

    On en a un nouvel exemple avec les éléphants : les poils d’éléphant deviennent très prisés pour la fabrication de bijou, ai-je entendu. Après l’ivoire, les poils…les éléphants n’ont pas finis d’être braconnés.

    exemple de bracelet à 3500 balles tout de même…

    Notez le « made in France », des poils d’éléphants de zoo ?

    1. Et lorsque deux firmes sont en concurrence, et qu’une des deux à moins de réglementation environnementale, devinez qui est ce qui gagne sur le marché ? Il n’y a pas besoin de réécrire Le Capital pour comprendre ce qui se passe…

      La seule chose qui peut encore être éclaircie, c’est de savoir si ce que disait Schumpeter peut s’appliquer : le travail disparaissant massivement par l’innovation, peut-il se recréer ailleurs ?

      Pour moi la réponse est non : le travail qui se recrée est marginal, il ne concerne plus les besoins fondamentaux que nous avons (alimentation, culture, communication, logement, santé, meubles, loisirs). Au contraire, il se déplace sur des activités non commerciales, voire totalement gratuites, ou sur des besoins marginaux, peu rémunérateurs : toilettage canin, clown occasionnel pour les anniversaires, bracelets indiquant le rythme cardiaque, toutes chose ou service moins prisés qu’une machine à laver…

      Quant aux Start-ups, grenier d’emplois pour certains, citez m’en une seule qui agit sur un nouveau marché. Peut-être les cœurs artificiels, admettons, mais une autre ? Amazon ou Uber par exemple, travaillent sur des marchés existants. Leur seul apport vise à décaler les tarifs, face à la concurrence… ce qui revient à produire de la précarité, mais aussi de la délinquance, du traffic, etc.

  9. Il n’y a pas d’action citoyenne parce qu’il n’y a pas de leader politique, aucun, qui ne prennent la cause réellement en main. Il y a cependant éveil des gens à ne pas en douter mais aucune solution concrète ne leurs est proposée.
    En fait le « politique » n’existe pas, complètement absorbé par le fait économique, business avant tout alors que c’est l’inverse qui devrait prévaloir.
    Le droit naturel devrait prévaloir devant tout autre intérêt, notre existence en dépend, nous disons maintenant notre survie tellement il y’a urgence.
    Tous disent que le système économique est le principal problème mais on ne propose que des aménagements superficiels qui ne change absolument rien alors qu’il faut absolument faire un virage économique à 180 degrés, pas le choix.
    C’est l’apanage des grandes gueules, beaucoup de discours mais aucune propositions claires et détaillés ne donne une réelle perspective de changement aux citoyens ordinaires comment voulez-vous que ceux-ci s’engagent.
    Les quelques leaders d’opinion qui ont des propositions concrètes détaillés, du pourquoi et du comment, documentés et pertinentes existent mais ne sont pas entendu.

    1. Il n’y a pas d’action citoyenne parce qu’il n’y a pas assez de citoyens .

      Un leader politique n’a de chance de pouvoir « conduire » la vague que si elle existe .

      Mais , en fait , Il ne crée pas la vague ( il peut le tenter , mais c’est alors plus un saint qu’un leader politique ) , il aime la surfer et se donner le sentiment qu’il la domine . Il n’a d’intérêt et de raison d’être que s’il est le délégué de la vague , et tout ce qu’on lui demande c’est de la comprendre et de la servir par « l’organisation » .

      La faiblesse des vagues qui ont porté et portent des leaders au pouvoir , est plus catastrophique que la faiblesse des leaders au pouvoir , sauf quand le leader stupidement porté au pouvoir est à la tête du pays le plus puissant au monde .

      Dans un monde où l’on confond « pouvoir d’achat » avec espèce humaine .

      1. Mon commentaire n’a de réalité qu’en démocratie , qui reste pour moi la première condition pour que notre vocation soit authentiquement collective .

        S’il ne s’agit que de survivre , une dictature qui règlera le problème en choisissant les quelques survivants , sera efficace . Un temps .

        Comme un ultime dernier pas vers l’horreur inhumaine .

      2. Je m’aperçois que si , comme c’est possible , la vague qui gonfle , c’est le soliton , et si je me souviens que pour Tolstoï , l’Histoire , c’est le domaine où l’on peut déduire a posteriori la Liberté ET la Nécessité , et non a priori , il va y avoir des secousses dont ni le citoyen ni le leader sauront affronter les effets .En cassaant au moins une des trois composantes ?

        Sale fin de journée .

      3. JuannessyQui dit démocratie dit d’abord pleine compréhension/information avant de se prononcer sur n’importe quel sujet. Si l’on veut régler notre problème qu’est l’épuisement des ressources et ainsi éviter l’extinction de l’espèce humaine nous devons s’assurer que soit garanti la primauté du droit naturel au-dessus de tous autres intérêts, ce qui devient indiscutable.
        Ainsi est la capacité d’exercer une véritable démocratie qui doit également s’appuyer sur une souveraineté réelle au sens il ne doit y avoir aucune entité supérieure qui puisse interférer au- dessus d’une décision d’un peuple via son gouvernement sur un territoire donné.
        Toutes les lois et en particulier le contrôle de la monnaie doit dépendre d’un système gouvernemental qui sera élaboré en respectant scrupuleusement cette exigence fondamentale.
        Et ainsi de suite….

      4. « Et ainsi de suite »…

        Suite est le bon mot , car on avait un peu commencé , et à y regarder avec assez de recul , l’histoire de l’humanité c’est bel et bien des et la tentative(s) d’aller dans ce sens .

        Mais il ne suffit pas d’être informé ( et c’est vrai que c’est une des conditions de l’exercice de la démocratie) , même sans vices ou tares , pour « bien choisir », car toute information « brute » est « valorisée » par celui qui la reçoit en fonction de ses connaissances antérieures , de ses « compétences », du moment et du lieu où il reçoit l’information . Et la somme des informations valorisées ne prend force d’agir que si un « fil conducteur » supérieur est capable de les rendre cohérentes entre elles , pour que ce soit lui qui donne la direction de la vague et les consignes pour la réguler .

      5. D’une certaine façon , et pour reprendre le terme de transition que l’on voit actuellement fleurir , sans doute pas par hasard , avec de multiples qualifications ( numérique , écologique ,énergétique , technologique , démographique …), l’histoire humaine c’est une transition permanente , avec cette particularité qu’idéalement une transition c’est passer d’un état défini à un autre état défini , alors qu’humainement , c’est passer d’un état à peu près connu à un état pas très net , qui , dans le meilleur des cas , est l’état  » rêvé » par le plus grand nombre .

        Bref , la « transition » c’est un peu , sur terre , le purgatoire pour passer de l’enfer au paradis !

  10. « En conclusion selon moi, à ce stade et pour répondre aux hypothèses sur les causes identifiées : il faut une sorte de Renaissance, c’est-à-dire une sorte de Révolution des consciences qui accomplissent à la fois un changement de paradigme général sur notre conception du monde (via les philosophes, intellectuels, artistes, décideurs, etc.) et un changement culturel (via les artistes, l’éducation, l’enseignement, les traditions, le folklore, les lois, les institutions, les politiques, etc.).  »

    Je pense que c’est entrain d’arriver seulement c’est long et cela nous donne ce sentiment d’immobilisme.
    Les sociétés changent! C’est indéniable! Quand, on voit des débats sur la gratuité, le sens du travail, la souffrance animale, etc, etc….Il y a une prise de conscience. Maintenant, je comprends que pour beaucoup de personnes cela soit trop lent et presque sans effet….Mais on voit des signaux positifs un peu partout.

    Je crois que pour bien vivre ce qui nous arrive, il faut déjà faire le deuil qu’il n’y aura pas de « casse ». Cela peut faire peur mais je crois que c’est essentiel pour rester lucide et ne pas virer dans le catastrophisme ou dans l’angélisme. Par exemple, je fais partie des gens qui pense qu’on ne sera certainement pas 10 milliards d’humains en 2100. Je ne sais pas combien de perte humaine il y aura dans les décennies future mais elles seront là et il faut faire avec. Il faut se préparer psychologique, c’est comme si on s’apprêtait à traverser un désert, tout le monde ne va pas y arriver…..C’est vers une guerre que l’on se dirige, je crois que beaucoup d’entre nous ne veulent pas le voir. Une guerre à multiple facette contre nous même et entre nous.

    Bonne soirée

    1. J’ai longtemps mieux entre-aperçu et « imaginé » la mort des autres que la mienne .

      Maintenant , c’est le contraire .

      C’est pourquoi votre « intuition » me fait un peu sourire ( mais c’est déjà ça de pris) .

    2. Tout le monde peut sortir sain et sauf de la traversée du désert, à condition de prévoir des réserves suffisantes et les répartir équitablement.

      1. Arkao

        Comme dit Jancovici :

        « on est déjà incapables de distribuer équitablement les sucettes en plus, et ce ne sera pas plus facile avec les sucettes en moins »

      2. Tout ce que je demande , c’est qu’on puisse descendre à nous deux la seule bouteille de Champagne qu’on aura en liquide ( cru 2018 ).

        Dès la fin de la première semaine si on réussit à la garder au frais , dès la première heure sinon .

        Sur fond de violons tziganes ou de danses cosaques ( qui eux ont l’habitude des migrations en terrain hostile ).

      3. Ah, les paraboles de saint Jancovici ! On va finir par lui élever une statue et rendre culte à sa divine sagesse.
        On pourrait penser à l’inverse que l’abondance rend égoïste (sur le principe de plus j’ai d’argent, plus j’en veux encore) et que la rareté rend altruiste (sur le principe de l’empathie propre à tous les mammifères)

      4. Arkao

        Tu as raison.

        De fait, je constate que la parabole de st janco ne s’applique pas.

        Ça m’apprendra à répondre sans prendre de temps.

  11. Je regardais à midi les images montrant les conséquences du tsunami en Indonésie. Constatant les difficultés des secouristes à intervenir auprès des populations je me disais que nous serions bien avisés de retendre des liens entre tous et de rebâtir des états dans nos pays. Des états en mesure d’organiser des secours et de gérer l’eau, la nourriture, l’habitat, l’énergie, les transports, les communications etc… Savez-vous ce que vous feriez avec vos voisins aux premières heures d’un effondrement ? Ne serait-il pas intelligent d’y réfléchir dès à présent ? Ne serait-il pas prudent de redonner toute sa place à l’entraide et à la mutualisation ? Les structures très majoritairement privées sont inopérantes et nous conduiraient au pire.

    1. Il n’est même pas nécessaire d’envisager un tsunami ou un tremblement de terre pour se rapprocher de ses voisins .

      D’autant qu’à Annecy , le lac est au plus bas , et que les tremblements de terre ( ça arrive) , n’ont encore provoqué que quelques dégâts mineurs ( 10 millions de francs quand même sur les corniches et joints de chaussée des ponts de RN malgré tout en juillet 1996 , soit 5,2 sur l’échelle de Richter ).

      Par contre les vieux isolés , les femmes et enfants battus , ou les indigents alimentaires sont beaucoup plus fréquents .

  12. Chères toutes, cher tous,
    Une renaissance rapide issue de l’improbable d’Edgard Morin.
    L’histoire nous a offert ces changements de paradigme.

    Début du 20 siècle :
    1906 Picasso déconstruit l’art conventionnel avec « Les demoiselle d’Avignon ».
    1905 Einstein écrit des articles de rupture et le fameux e=mc2
    1900 et 1905 Planck puis Einstein pose les bases de la mécanique quantique
    1905 Séparation de l’église et de l’état
    1903 Pierre et Marie Curie Prix Nobel de Physique et de Chimie
    1902 et 1905 Freud institutionnalise la psychanalyse et rédige Trois essais sur la théorie sexuelle

    Je ne sais pas qui est la poule de l’œuf, est ce la déconstruction de Picasso qui permet l’émergence de l’inconscient Freudien ou l’émergence de la mécanique quantique qui font incidence sur la découverte de la radio activité ou encore la séparation de l’église et l’état qui autorise Picasso qu’a sa tête.

    Il existe des moments féconds dans l’histoire autre que la renaissance, en ce qui me concerne il y a eu une renaissance des arts et des sciences au début du 20 siècle. (merci de compléter la liste)

    La physique me dit que la disponibilité en énergie aura des conséquences majeures sur nos modes de vie et cela va arriver plus tôt que prévu. Notre formidable adaptation sera t’elle capable de surfer sur le changement de paradigme avenir ?

    Avenir, avenir est ce que j’ai une tête d’avenir, allez comme toujours avec toute ma tendresse, Pierre de la tribu des Queralt (anagramme Quel Art).

    1. Pour cette renaissance culturelle, il me semble que s’il pourrait y avoir un Descartes de l’informatique, cela ne ferait pas de mal. Quel fatras d’incompatibilités, quels gaspillages d’intelligence et de formation, tous ces programmes et tous ces matériels qu’on jette ! Il serait temps de comprendre que le premier composant d’un ordinateur, c’est l’homme qui l’utilise, qui met parfois beaucoup de temps à apprendre à s’en servir. Mais on jette tout ça sans vergogne…ça n’a pas l’air d’avoir de l’importance.

      1. …/… Mais on jette tout ça sans vergogne …/…
        le « on » est-ce le citoyen ?
        cet « individu » isolé de la société qui le constitue ?
        le « Descartes » de l’informatique est-ce aussi cet individu suprême, le sauveur ?

        La réflexion a eu lieu, elle a été collective, multiple, « citoyenne », les solutions sont sur la table, vous dit Cédric Chevalier.
        La question est de trouver le moyen de les faire advenir, de les faire se cristalliser.
        Je ne crois pas un instant au dépérissement de l’Etat qui n’est qu’une facette de la guerre idéologique.
        Les décisions jusqu’à preuve du contraire sont bien prises par les décideurs légitimes, les politiques.

      2. @ RV,
        mes propos sur l’informatiques étaient une parenthèse, sans rapport avec ce billet.

        Pour ce qui est du post de Cedric Chevalier…qu’il m’en excuse mais j’en ai un peu marre de REFLECHIR.

        On comprends assez bien ce qui se passe maintenant non ? les enjeux de court terme qui prennent le pas sur les enjeux de long terme,…le travail qui disparaît, les gouvernement qui se battent coûte que coûte pour récupérer de l’activité, et sortir les gens du chômage, mettant volontiers de côté toute autre considération moins urgente…

        au niveau de la compréhension c’est plié non ?

        Il faut encore y réfléchir selon vous ? Jusqu’à quand ? jusqu’à combien de degrés de réchauffement ? Non parce que on ne va peut être pas attendre que Yann Arthus Bertrand s’asperge de gazole en s’écriant « mais quand est-ce que vous allez comprendre enfin !? » pour agir si ?

        On est toujours dans le déni ou dans l’apathie, si on se contente de réfléchir.

        Allez concrètement, sur un plan d’action en 5 axes :

        – Gratuité sur l’essentiel
        – Abandon des paris spéculatifs
        – Abandon de la publicité de masse
        – Abandon des emballages plastiques
        – Contrôle de l’innovation

        Qui m’accompagne ? en venant s’inscrire sur findutravail.net pour agir en France ? vous verrez, il n’y aura personne…même ici ! Alors vous pouvez toujours parler de déni et d’apathie, RV, ou Cédric, elle vous gagne aussi ! mais rassurez-vous, vous n’êtes pas seuls … .

        Cela me rappelle cette situation, à la plage.

        L’un dit :
        – Allez viens te baigner…
        et l’autre qui n’a pas envie, au lieu de dire « l’eau elle est froide », car c’est vraiment ce qu’il pense, répond…
        – Ah je sais pas…je réfléchis…
        Il ferait mieux de dire de suite qu’il n’a pas envie de se baigner, mais il ne le dit pas vraiment, au lieu de ça il dit qu’il réfléchit…et pendant ce temps là, la mer descend, et il est trop tard.

        Une telle attitude serait impardonnable dans le cas du climat, ou l’avenir de nos enfants est en jeu n’est-ce pas ? Que dites vous de mon analyse ? moins tarabiscotée que celle de C. Chevallier, mais elle aide à y voir plus clair en nous-même non ?

        Et en ce moment, ici, je vois beaucoup de gens qui n’ont pas envie d’aller se baigner…

        C’est ce que j’appelle l’anschluss de l’Ecologie et du capitalisme ! une sorte d’entente entre deux entités d’idées divergente, mais qui convergent sur l’attitude à adopter : l’inaction.

  13. Bonjour Mr Jorion,
    pourriez vous me donner votre avis sur cette technique ,à priori séduisante et prometteuse… L’inventeur s’exprime dans la vidéo.
    Papusha Rocket Technology
    The world’s first rocket and space technology to produce fuel by using oil residues from refineries offered by Anatoly Papusha, the Academician of the Russian Academy of Natural Sciences who developed the Buran program.
    The process of putting tar into the torch of transonic combustion, at which the oil is converted to synth-gas (speed ~ 1000 m / s, temperature <2000 °C)
    Ci-joint le lien:
    https://papusha.io/

  14. A mon avis, l’essentiel est en 5, alinéas 2,4 et 5. On sous-estime en général gravement le poids des salauds dans l’Histoire (pourtant, sans eux, beaucoup moins de guerres : rien que ça !…).

    La plupart des dirigeants savent, depuis longtemps. Avec la complicité des principaux médias, tenus par leurs financeurs, ils se sont bien gardés d’informer correctement les populations, de peur de nuire à leurs appuis financiers et de perdre le pouvoir.

    La révolte ne pourra venir qu’après des catastrophes inédites. Eviter un scénario « Mad Max » ne sera pas facile.

    1. Vous l’attendez, cette catastrophe. Ce sera pas facile d’éviter un scénario Mad Max, mais vous vous y résignez. Attention, il n’y aura peut-être pas de happy end, comme au cinéma…

      1. Vincent, il y aura Mad Max ; mais sans les bagnoles de récup et sans fin heureuse.
        En fait, la fin, ce sera la fin définitive de l’Humanité.

      2. Au moins ça a le mérite d’être clair. Vous le voyez , là, l’anschluss entre capitalisme et éologie ?

        Ecodouble se résigne à mourir comme un veau. Solidarité totale avec ceux de l’abattoir. Ecodouble je ne sais pas qui tu es, tu as toute mon amitié, mais ce n’est pas possible, de prendre tes malheurs, et l’incompréhension dont tu dis être victime, pour justifier la fin de la biosphère…

      3. Eh oui ! A chaque Gn, je prie pour que les salopards qui font semblant de nous diriger se prennent une catastrophe climatique inédite dans la gueule, dans l’espoir que la trouille leur crée une conscience !

        Que faire quand des tas de gens très bien se démènent en vain ? Ecolos ou scientifiques, ils sont inefficaces (et Paul aussi, en fait, jusqu’ici) : aucune puissance financière ne s’est jamais trouvée assez menacée pour tenter de les faire assassiner – ça c’est une preuve !

      4. @Ermisse

        c’est bien ce que je disais, tu ne cherches pas de solution au problème. Ce que tu attends, c’est la catastrophe, pour pouvoir dire « alors, qui c’est qu’avait raison ?! ah vous en faites une tête maintenant ! ». Tu ne trouves pas que c’est un peu puéril, étant donné le risque encouru et l’urgence ?

        « (…) les salopards qui font semblant de nous diriger (…) » , sont tous pourris alors ? Ils te veulent tous du mal ? Finalement à part toi et tes amis autoproclamés « les gens très bien », on est tous bons à passer à la casserole pour ton petit plaisir pervers ? Je vois…tu es une sorte d’aristocrate de la cause… mais tu ne veux pas te battre avec les armes de la démocratie, tu préfères celles infiniment plus destructrices des cyclones, effets de serre, ou tempêtes de poussière, quitte à attendre un petit peu…. Tu n’as pas d’enfants ?

  15. Ce week-end, une occasion ratée..!.. (L’Indonésie c’est loin…et il s’y passe sans doute toujours des drames de ce genre…!!..)
    Cyclone méditerranéen en GRECE ( Europe proche) … [ moitié-contour sud du Péloponnèse]
    https://drive.google.com/file/d/0ByJXppesHwuVZjJRWUpJN1k1YmZGMTQ1Y29hSnUxSzRROXZR/view?usp=sharing
    Image impressionnante de ce « medicane » (contraction de « mediterranean » et « hurricane » : cyclone méditerranéen ultra-rare arrivé de Sicile tout droit sur le golfe corynthien et qui a décidé de « faire du tourisme » en « visitant » toute la côte sud du Péloponnèse et remonte actuellement dans les Sporades, direction probable la Turquie…s’il conserve assez de force (et une mer assez chaude..).
    Remarquer l’oeil du medicane centré sur la petite île de Sapienza, sud de la « mamelle » extrème-ouest sur la photo…un instant de tranquillité plein d’incertitude…
    No comment of course sur l’étendue des dégâts dans nos médias…faut pas inquiéter le touriste prochain..
    https://greekcitytimes.com/2018/09/30/cyclone-zorbas-hits-the-peloponnese-causing-flash-flooding-videos/
    https://greece.greekreporter.com/2018/09/29/mediterranean-cyclone-zorba-hits-methoni-video/

  16. « Un récent article scientifique, qui a examiné 13.000 articles sur la conservation de la nature, indique que le problème de la transition écologique n’est pas que nous ne sachions pas et que nous n’ayons pas les bons outils, mais que les bonnes décisions politiques ne sont pas prises, que nous arbitrons la plupart du temps en faveur de l’expansion des destructions de la nature, contre notre intérêt »

    Pas la peine d’aller plus loin !
    Nous aurions les outils mais pas les décideurs qui vont avec.
    Il faut nationaliser l’Etat.

    1. Et alors ? qu’est ce qui vous empêche de créer les vôtres ?

      C’est quand même fascinant votre résignation à tous ! les uns qui parlent de Tsunamis, les autres qui se plaignent d’être soumis aux choix de mauvais décideurs…on dirait des veaux qu’on mène à l’abattoir.

      désolé d’être un peu brutal mais…

      1. Pour ce qui est de mener les veaux à l’abattoir , entre attaques de bouchers et incendie d’abattoir , ça commence à être risqué .

        Ça doit être une forme de « transition alimentaire » .

        Un peu totalitaire .

      2. Vincent,
        Depuis presque 15 ans, sur quelques hectares en Bretagne, je plantes des arbres sur talus, creuse des mares, construis des murs en pierre sèche, … sans subvention aucune, en payant plein pot les taxes foncières, cela en vu de maintenir un ilot de paix pour la biodiversité, un ilot pour la résilience.
        Ben il se passe que tout le monde s’en fout !
        Les chasseurs – les bons amis de Manu (militari) – bousillent tout chaque année (alors que j’ai déclaré le terrain non chassable, la propriété privée des petites gens étant toujours très relative), les chats de tout le voisinage ne laissent aucun répit aux oiseaux et aux petits mammifères (la divagation de ces animaux est interdite), des gens viennent promener leurs chiens et dérangent ainsi les animaux sauvages (les seuls qui soient utiles), les agro-culteurs chimistes passent au roundup un talus que j’ai planté, en débordant parfois de 3 mètres au delà de la limite de leur champ, …
        En fait, quand des gens font des choses utiles pour la biodiversité, agissant dès lors pour la collectivité, de façon désintéressée, sans rien demander, ben on leur chie sur la gueule. Perso, je ne me permets même pas d’aller dans certains coins des « terres-sur-lesquelles-je-paye-des-impôts-pour-que-les-animaux-soient-tranquilles » (expression synonyme de « chez moi » pour un capitaliste), parce qu’il faut qu’on laisse de la place à la Nature.
        J’évoque aussi le fait qu’un bois mitoyen de « chez moi » (pour faire court), complètement préservé parce qu’il était privé, est devenu un bois mort, ultra piétiné, dès l’instant qu’il a été racheté par la Mairie et ouvert au public.
        Permettez donc que je n’accepte pas le mot « résignation » que vous employez.
        Il n’y a, c’est un fait, que des mauvais décideurs. Et des citoyens et citoyennes peu méritants et inconscients.
        J’en suis effondré. Désolé. Angoissé. Stressé. Tant est si bien que j’ai hâte que tout ce crime se termine. Je suis fatigué. Triste. Infiniment triste.
        On laisse des ordures agir sans retenue. On ne boycotte pas alors que nous devrions toutes et tous le faire. On obéis civilement alors que nous devrions désobéir civilement. Nous devrions toutes et tous œuvrer à des action de protections de la Nature et nous ne le faisons pas
        Quel feu d’artifice ça va être ! On voulais vivre hors sol. Quand tout s’effondrera, je serai soulagé. 35 ans de stress à cause de ce qu’est l’Humanité c’est pas humain !

      3. @écodouble
        Votre témoignage, dont je comprends l’amer constat pour avoir vécu une histoire similaire, me conforte dans l’idée qu’individuellement on ne peut arriver à grand chose d’efficace. C’est en se groupant qu’on peut espérer obtenir des résultats comme par exemple ce cas d’une réserve naturelle privée (c’est pas facile je vous l’accorde):
        https://www.goodplanet.info/actualite/2016/01/26/des-reserves-de-vie-sauvage-privees-pour-proteger-la-nature-en-france/
        Le reste est aussi une question d’éducation à l’environnement sur le long terme. Le jour où les humains auront intégré le fait que l’ortie n’est pas une « mauvaise herbe » et que le renard n’est pas un « nuisible » un pas aussi important que celui du premier sur la lune aura été réalisé.
        Mais avec un ministre de l’éducation qui ne pense que performance, évaluation, sélection, ce n’est pas demain la veille.

      4. @Ecodouble :

        S’agissant des chasseurs , j’ai un copain qui avait trouvé une parade inattendue pour protéger sa famille des coups de fusil intempestifs ( jusqu’à sa porte ) , c’est de convaincre son voisin , lui aussi importuné , de fonder à deux une nouvelle société de chasse pour ainsi interdire l’accès à leurs terrains . Ça s’était avéré une clé légale plus efficace que la loi tout court .

        D’autant que ça permettrait aussi de dézinguer les chats excédentaires ou les chiens en promenade .

      5. Pour échapper à la taxe foncière ( qui ne doit pas être énorme ) , vous pouvez aussi planter une forêt de feuillus , ce qui devrait , si je me souviens bien , vous en exonérer pour cinquante ans .

      6. @ecodouble qui dit « Depuis presque 15 ans (etc…) »
        justement, depuis 15 ans, tu aurais dû t’apercevoir que tu p… dans un violon non ?

        J’ajoute que tes malheurs, à tenter courageusement ce que tu tentes de faire en Bretagne, ne te dédouanent absolument pas de ta responsabilité, une fois que tu as constaté que c’est inutile. Et tu l’as constaté puisque tu dis que « tout le monde s’en fout ».

        Il y a une deuxième chose, tu dis « alors que tout le monde devrait faire un effort…etc »,

        Mais d’où te vient cette idée ? La démocratie, c’est la majorité, pas l’unanimité. Tout le monde n’a pas besoin de voter pour un programme politique pour qu’il s’applique, 51% des votes exprimés suffisent, et dans certains cas, cela ne représente qu’une personne sur 3, alors c’est faisable, pourquoi tu n’y crois pas ?

        Encore une fois, tu as toute mon amitié, tout ce que tu fais est très courageux, mais tu te trompes.

  17. Il me semble que le paramètre principal tient dans une confiance (voire une Foi) totale des « élites » politiques et économiques dans le système scientifico-techno-économique.

    Récemment encore, j’entendais que le capitalisme écologique est tout à fait possible. C’est là un acte de foi.

    Que l’efficacité absolue de l’addition des égoïsmes résolve tous les problèmes sociaux en est un autre.

    Additionnez les deux et vous avez une structure idéologique quasi inamovible.
    La science, ça marche : vous le voyez tous les jours et si vous critiquez, c’est que vous avez un problème, pauvre luddite abruti.
    Le marché, ça marche : voyez combien de Chinois sortent de la pauvreté.

    L’idéologue ne regarde pas les « détails » désagréables et lorsqu’il les voit, c’est pour y appliquer ses principes qui, par conception/aveuglement, les résolvent tous.

    L’idéologue ne veut pas voir ces effet « secondaires » de l’application de ses principes « totalitaires » puisqu’ils montrent la faiblesse de ses certitudes. Et il ne faut pas être faible, n’est-ce pas.

    Jusqu’au jour où ces effets « secondaires » dépassent en puissance les effets primaires, supposés bénéfiques. Et on a une révolution en politique, un possible décrochage systémique de la biosphère aujourd’hui.

    Etc.

  18. Une chose est sûre, l’année 2018 aura été une année cruciale dans l’aventure humaine.
    C’est l’année où les humains qui peuplent la Terre et en particulier ceux qui ont vécu plusieurs siècles en pensant que la croissance pouvait être infinie, ont pris conscience d’un grand péril qui pourrait être fatal pour l’humanité si à brève échéance rien n’est tenté pour faire mentir les sombres pronostics.
    Les populations sont prêtes pour changer de mode de vie, si les enjeux sont clairement assumés et expliqués par ceux qui nous gouvernement et tiennent les rouages des administrations. On sous-estime généralement la capacité d’adaptation, la capacité de suivre les nouvelles règles indispensables à la survie. Il y a les exemples des économies de guerre que tout le monde connaît, mais il y en a beaucoup d’autres, moins spectaculaires, mais instructifs, comme le fait que par exemple presque du jour au lendemain on a interdit aux fumeurs de fumer dans les lieux publics, c’est passé quasiment comme une lettre à la poste. En 1974 lors de la première pénurie de pétrole des mesures de rationnement furent prises, et je pourrais multiplier les exemples.
    il s’agirait donc maintenant de réaliser l’équivalant d’une économie de guerre en temps de « paix » (relative). Quant au changement de paradigme ce n’est plus la question, il est déjà dans l’air. Hulot a été, en France, le révélateur de cette évolution.
    Ce qui manque c’est le moyen de faire exploser tous les plafonds de verre afin que la nouveau paradigme aille s’imposer comme une évidence partout, y compris dans les centres névralgiques du pouvoir politique, économique et financier.

    A mon modeste niveau, je cible (je n’ai pas de plan, c’est sur un mode « wuwei ») désormais dans mon entourage les personnes qui sans être au dessus du plafond de verre (mais cela viendra !) se trouvent néanmoins pas très loin en dessous. Je pense par exemple à un logisticien dans une multinationale, un commercial à l’international …. Bref, cela pour dire que j’entends désormais une nouvelle « petite musique », un nouveau discours parmi mes interlocuteurs. Leur tenir un discours qui remet en cause les fondements du capitalisme ne me vaut plus d’être taxé de communiste, d’idéaliste, ou même d’extrémiste. Seulement de « défaitiste », parce que je remarquai que le champion auto proclamé de la lutte contre le réchauffement, j’ai nommé le président français,Emmanuel Macron, n’est pas de taille à affronter Trump : celui qui ne fait pas grand chose ‘à domicile’ pourra encore moins au niveau mondial. Qui a abdiqué face aux lobbies — y compris le petit lobby des chasseurs, ne fera pas des prouesses diplomatiques pour renverser la vapeur dans la lutte contre le réchauffement climatique concernant l’humanité toute entière.

    Je pense que ces opérations de ciblage de personnes qui se situent à des échelons intermédiaires supérieurs pourrait contribuer au bris du plafond de verre. Pour en quelque sorte isoler ceux qui se trouvent au sommet de la pyramide. Comment faire ? Il y a une chose très simple que l’on peut faire tout de suite, c’est aller sur son réseau social favori où, bien entendu, ces personnes se trouvent également. Comme vous et moi elles postent des liens sur leurs pages, et parmi ces liens on trouve quoi ? Eh bien aussi des images, des vidéos, des articles également relatifs à la dégradation de l’environnement, voire au péril vital pour l’humanité. Il suffira alors de rebondir, et pointer du doigt les quelques incohérences entre les objectifs affichés par leur entreprise, et la préoccupation pour l’environnement manifestée sur la page de telle ou telle personne de votre entourage.

    1. Effectivement: 2018 année de bascule.
      Je l’ai aussi remarqué dans mon environnement proche ET éloigné… depuis quelques mois. Sentiment, sensation diffuse avril-mai; confirmation juin-juillet.
      Pour le meilleur et pour le pire. Ne pas s’attendre à ce que tous se mettent à se comporter dans le sens du « bien public »… 🙂
      Bascule émotionnelle effective, c’est déjà ça… 🙂

  19. Des deux moitiés de l’humanité, celle qui se bat pour avoir la place qui lui revient, qui doit être conquérante contrairement à l’autre moitié qui concède, qui s’accroche, qui s’obstine en s’appuyant sur sa vision de l’humanité comme un terrain de jeux sans frontières, il est grand temps que les femmes prennent le pouvoir et imposent leur valeur.
    Humanity or not Humanity this is our destiny.

  20. Il y a dans l’approche logique de l’auteur, quelque chose qui me dérange. Il y a un problème de perspective historique. Les problèmes posés aux premières tribus humaines dans leur chasse, leur pêche, leur extraction de minerai étaient mineurs par rapport à ceux de la fin du XXE. A quel moment l’humanité aurait-elle dû apprendre à se restreindre ? (dans sa démographie, dans ses activités, sa mobilité, etc.). Sans doute durant les 30 glorieuses (1945/75). Car rappelons-nous : que nous avons peu de médicaments avant 1945 (sauf la médecine populaire des décoctions, perdue pour l’essentiel), rien que la traction animale avant 1914-18 pour l’essentiel, pas conscience de la pollution de l’air avant 1950 et le « fog » de Londres, pas conscience des ravages de la chimie et du pétrole avant… etc.
    Donc le déni d’aujourd’hui, le besoin de changer notre culture sociale n’est pas celui d’hier. Le rapport aux hommes politiques a changé (on s’identifiait avec des partis jusqu’il y a 30 ou 40 ans). Etc. L’approche logique ne nous permet pas de tirer les leçons du passé, elle est intéressante mais nous égare en même temps, voilà ce que je ressens.
    Un changement de paradigme est en train d’advenir, et cela peut aller très vite, surtout dans l’épreuve (guerres) qui amène à des décisions politiques fortes quand l’élite se sent menacée (La sécu en 1945). Luther s’affiche en 1517, Calvin en 1530, et la France est en guerre civile dès 1560 pour 30 ans et même 120 ans. Mais il est vrai que cette révolution culturelle contre l’élite du temps fut un échec. Qui a donné 1789.

    1. Je n’ai pas compris si vous souhaitiez une guerre pour que les « choses s’accélèrent » !

      Ce qui est effectivement le cas si , comme à propos des médicaments ( 1945 est une date artificielle) , on se souvient que la pénicilline , dont la reconnaissance des effets par Fleming remonte à 1928 , a été industriellement isolée et produite en 1940 ,et que beaucoup de ceux qui ne sont pas morts au combat lui doivent la vie .

      1. Ceci étant , je suis d’accord avec vous , et c’est ce qui a pu me faire écrire il y a peu que : « ce siècle est celui qui nous dit « la planète ne permet plus d’amortir vos excès . Vos « objets-monde » la poussent dans ses dernières limites et vous devrez dorénavant subir seuls et sans esquives les impacts de vos conneries « .

        Et en codicille : pas d’espoir de sortir sérieusement de cette planète . Nada , et cette fois ci , la guerre ne ferait qu’accélérer la chute .

        Bref , on ne peut plus se battre , va falloir voir à voir .

        Dont les gratuités .( et enlever le bouton rouge aux cinglés ) .

  21. À propos des hypothèses 5. et 6. il me semble que vous oubliez que la plupart des personnes n’ont simplement pas le « loisir » de réfléchir à ces problématiques et donc d’en tirer les conclusions qui s’imposent.

    Elles doivent d’abord penser à vivre, voir survivre dans une société/économie déjà très déséquilibrée/inégalitaire car organisée en rapports de force multiples et variés.

    Dès lors, soit on mène la bataille et on renverse ces rapports de force, soit on s’émancipe de ces rapports de force en éliminant les contraintes et les inégalités qui nourrissent ces rapports de force.

    La gratuité organisée collectivement (voir autre billet du jour) permettrait une telle émancipation.

    Accessoirement la gratuité existe déjà sous une forme autocratique et brutale par l’accaparement des ressources au profit d’une oligarchie. Il s’agit désormais d’en reprendre le contrôle .

    1. Oui, très exactement.
      Mais il faut aussi prévoir l’après, lorsque nous aurons repris le contrôle des ressources, ce qui implique les lois et le contrôle de la monnaie par le gouvernement et non le privé oligarchique, sans cela nous répéterons les mêmes erreurs…
      C’est maintenant qu’il faut discuter de ces choses, qu’avez-vous à suggérer, ceci s’adresse à tous…

  22. Le capitalisme n’est pas compatible avec l’écologie et l’intérêt commun de l’espèce humaine. Des historiens, des philosophes l’ont démontré, l’ont expliqué depuis 200 ans, des ministres l’ont expérimenté, mais rien n’y fait. La grande force du capitalisme est de vendre de l’espoir : « Aujourd’hui l’Enfer pour presque tous, mais demain le Paradis universel », comme les religions d’antan.
    Qui expliquera à tous (aux peuples) ce que signifie CONCRETEMENT « changer de paradigme » pour sauver la vie – notre vie – sur la Terre.
    Il s’agit de :
    – Renoncer à l’énergie quasi gratuite,
    – Abandonner la voiture individuelle (« symbole » du « progrès »),
    – Renoncer aux loisirs énergivores
    – Inventer / réinventer / changer les métiers
    – Refonder l’ensemble des circuits économiques,
    – Bouleverser des situations économiques acquises,
    – Arrêter le gaspillage effréné de produits « high tech » entre autres,
    – Abandonner les produits à obsolescence programmées,
    – Abandonner les vêtements qui durent une saison,
    – Renoncer en grande partie aux transports intercontinentaux des produits,
    – Partager les ressources essentielles,
    – Réparer les écosystèmes,
    – …
    En fait, il s’agit d’entrer tête baissée dans un nouveau monde à inventer avec toutes les incertitudes et les erreurs qui vont avec inévitablement.
    Il s’agit juste de choisir l’incertitude et l’inconnu !
    La peur de l’inconnu de la vie quotidienne a toutes les chances de peser plus lourd dans les esprits que la sauvegarde de la biosphère.
    Pour faire accepter de tels changements, il faut que les solidarités sociales fonctionnent à plein régime pour assurer les besoins essentiels de chacun (introduction de la gratuité, … ) et non les démanteler comme le font tous les gouvernements aujourd’hui.
    Un des crimes du capitalisme est d’acculer les gens à la précarité économique et en même temps d’imposer le démantèlement des filets sociaux.
    Il faut conjurer la peur, les peurs. La peur est mauvaise conseillère en politique on le sait. Elle nous conduit aujourd’hui aveuglément et inexorablement vers la fin.

      1. Pauvre en quoi ?
        riche en quoi ?

        Nous aurons droit à un éclaircissement aveuglant lors du prochain clash…
        ce qui se produit constamment, pas pour tout le monde en même temps !

      2. Ça fait un peu bizarre de voir considérer comme un idéal la vie que l’on menait ( l’électricité et le tracteur en moins , et pas toujours l’école pour les mômes qui participaient aux travaux de la ferme ) en 1950 .

        Ça pourrait légitimer Macron quand il oppose aux retraités de 2018 la vie de leurs prédécesseurs en 1958 .

      3. C’est d’ailleurs de cette vie là que les femmes n’ont bien évidemment plus voulu , et la raison pour laquelle les campagnes se sont vidées ( désert de femmes , désert humains ).

      4. @Juannessy

        Malgré cette haine contre l’urbanisation dans certains groupes, et notamment des groupes bien organisés d’une facon coopérative mais presque incestueuse (les complexes productifs-financiers-politiques, pensez notamment aux crétiens-démocrates), la tendance mondiale est dans un direction d’une urbanisation accélérée.
        Heureusement, je dirais, considérant que les frais de transactions dans les environnements urbains sont beaucoup moins élevés, et la probabiblité de survie relativement confortable, est beaucoup plus élevée dans un environnment urbain.
        Les régions rurales ici en Colombie se sont vidées des jeunes, pas seulement comme la conséquence des 53 années des guerres absurdistes menées par des auto-dénommés marxistes / prêtres catholiques armés contres des bandes paramilitaires et criminelles, mais également par le manque de qualité de vie comparée avec celle de leurs copines et copains en ville.

        Et: qui aura le courage de les interdire cette décision? M. Hulot? M. Jancovici? Avec leur vie de luxe à Paris?

        Oui, j’entend déjà la haine du peuple francais ¨profondément paysan¨, mais TRES hypocrite avec leurs appartements à Paris, et leur ‘fermes’ dans la campagne….

        Une maladie qui se répète ici à grande échelle aussi… ‘la vida de la finca’….. ohlala… ne me laissez pas rire s.v.p….

        Je l’avoue: j’adore l’industie, j’adore les cheminées, j’adore les engrenages, j’adore la graisse-lubrifiante, et je DETESTE profondément l’élevage de bétail et de volaille et la pêche.

        Dans ce sens (seulement) je suis profondément marxiste: seulement l’industrie peut nous libérer, aussi en ce qui concerne nos besoins en protéines.

    1. Tres juste.
      Aurélien Barrau Astrophysicien méidatisé depuis un moins a un excellent discours lucide et egalement mobilisateur.
      https://www.liberation.fr/france/2018/10/02/changement-climatique-les-autres-combats-n-ont-aucun-sens-si-celui-la-est-perdu_1682744

      « Début septembre, Aurélien Barrau, 45 ans, astrophysicien à l’université Grenoble-Alpes, lançait avec l’actrice Juliette Binoche un appel pour une action politique «ferme et immédiate» face au changement climatique, signé par 200 personnalités et publié en une du Monde. Quelques jours plus tard, invité du festival Climax, à l’Ecosystème Darwin, à Bordeaux, il enfonçait le clou, avec un discours limpide et percutant qui a enflammé les réseaux sociaux – vu près de 4 millions de fois sur Facebook. Devenu malgré lui une figure médiatique, il souhaite désormais «retourner à ses recherches».

      Vous n’êtes ni climatologue ni spécialiste de la biodiversité. Qu’est-ce qui vous a amené à sonner l’alerte sur l’écologie ?
      Je n’ai pas de compétence particulière dans ce domaine et je ne masque pas cette ignorance. C’est un cri d’alarme que je pousse en tant que citoyen, en tant que vivant. Mais comme scientifique je sais néanmoins deux choses : d’abord qu’une croissance exponentielle, dans un monde de taille finie, est impossible durablement, et ensuite que si les prédictions climatiques ont pu être un peu aléatoires, elles sont désormais extrêmement fiables. Il est aujourd’hui impossible d’être climatosceptique.

      Vous parlez de «crash du système planétaire», d’«atrophie des espaces de vie». Même de «fin du monde»…
      En tant qu’astrophysicien, je peux confirmer que la Terre continuera de tourner autour du Soleil. L’expression semble donc exagérée. Mais quelle est la spécificité de notre monde ? C’est cette richesse du vivant, cet équilibre subtil et fragile gagné après des millions d’années d’évolution. Si notre planète se dépeuplait de l’essentiel des vivants, en quoi serait-elle encore miraculeuse, merveilleuse, magique ? En quoi mériterait-elle encore d’être sauvée ? Voilà pourquoi je crois qu’on peut parler de fin possible du monde.

      Votre constat rejoint celui du secrétaire général de l’ONU, António Guterres, selon lequel le monde a deux ans pour agir contre le changement climatique sauf à affronter des «conséquences désastreuses». N’est-il pas déjà trop tard ?
      Il est trop tard pour que rien de grave n’ait lieu. On le voit déjà : 60 % des populations de vertébrés ont disparu en quarante ans. L’Europe a perdu, en trente ans, plus de 400 millions d’oiseaux et 80 % des insectes volants. Et au niveau humain, on commence déjà à observer des déplacés climatiques et des pandémies. La catastrophe a déjà lieu. En ce sens, c’est vrai, il est trop tard. Mais ça pourrait être bien pire. Dans un système aussi complexe que la Terre, il y a des paliers. Ce que met en exergue l’ONU, c’est que si on ne fait rien de drastique d’ici quelques années, on passera un palier. Ensuite, même si on est exemplaire, il faudra des temps gigantesques pour inverser la tendance.

      Emmanuel Macron sacré «champion de la Terre» à New York, ça vous inspire quoi ?
      Si cette récompense consacre une action passée, elle est incompréhensible. L’année 2017 a été la pire de l’histoire en termes de rejets de CO2 et la France a été parmi les mauvais élèves. Nous ne sommes pas sur la bonne voie. En revanche, que Macron ait reçu cette médaille ne me choque pas. Je la vois comme une incitation. Parfois, endosser le costume de super-héros peut vous donner envie de vous comporter comme tel. C’est ce que j’espère : il aurait l’opportunité de rester dans l’histoire comme celui qui a commencé à sauver le monde. Ça serait pas mal, quand même ! A sa place, je me laisserais tenter, je crois !

      Lui comme la plupart des dirigeants politiques continuent de vouloir concilier écologie et capitalisme. Est-ce possible ?
      Quoi qu’on réponde, on est coincés. Si on répond oui, les altermondialistes n’écoutent plus. Si on dit non, les plus conservateurs, qui veulent faire un effort mais sans remettre en cause les fondements du système, n’écoutent plus non plus. On ne peut pas se permettre de trop restreindre. Tout le monde est d’accord pour dire qu’on ne doit pas envoyer la vie dans le mur. Les autres combats n’ont aucun sens si celui-là est perdu. Commençons par l’action : effondrons les émissions de CO2 et arrêtons d’envahir les espaces naturels. Et on verra bien quel système permet de le faire efficacement ! La vraie question est : pourrons-nous défendre notre bilan dans cinquante ans ? Non. Même si vous êtes ultralibéral, vous ne pourrez jamais expliquer que vous avez décidé de flinguer l’essentiel des vivants parce qu’il fallait gagner deux points de croissance. Cela transcende les divergences d’analyse économique.

      A quoi ressemblerait un changement radical de modèle ?
      Si on reste prisonniers des indicateurs de l’ancien monde, comme le taux de croissance, on aura forcément l’impression de régresser. L’inflexion drastique qu’on doit engager peut être perçue, au départ, comme une perte de confort ou de liberté. Mais c’est une illusion, ce sont ces indicateurs sclérosés qui sont biaisés car issus d’un système qui est dans l’impasse. Il faut redéfinir notre rapport au vivant, à la Terre, et envisager une décroissance économique qui soit une croissance intellectuelle, culturelle, écologique et humaniste. Une amélioration de la qualité de vie, une ouverture de possibles, un endiguement de la mort des espèces, un partage apaisé des richesses devraient, avec de meilleurs indicateurs, apparaître comme une authentique croissance ! Même si on baisse la production de certains objets techniques.

      Depuis votre pétition, avez-vous été contacté par des responsables politiques ?
      Oui, et ces conversations m’ont ému. Ces personnes m’ont dit qu’elles étaient conscientes du problème mais ne pouvaient pas faire changer les choses. Je vois deux raisons à cette impuissance. La première, ce sont les lobbys, tout le monde le sait. Nos dirigeants devront oser se fâcher, être braves, affronter de grandes puissances. Je crois qu’il y a une autre raison, plus subtile : aucun de nos dirigeants n’ayant été élu sur un programme écologiste, ils ne se sentent pas légitimes pour le mettre en œuvre. Il faut un sursaut citoyen. Faisons l’effort de dire, tous, de gauche, de droite, libéraux ou marxistes : «Nous ne voterons plus pour un candidat dont le projet écologique n’est pas clair, assumé et absolument prioritaire.»

      Ce sont des dirigeants nationaux qui vous ont contacté ?
      Je ne donne pas leur nom, car cela relève de conversations privées. Mais je n’ai pas eu Macron au téléphone, si c’est votre question !

      Vous plaidez pour des mesures fortes, quitte à ce qu’elles restreignent nos libertés. A quoi pensez-vous ?
      J’ai vu que cela suscite des crispations. On ne va pas instaurer un écofascisme ou un stalinisme vert ! Personne ne veut ça. Mais il ne faut pas se mentir : si l’on consomme moins, il y aura une petite incidence sur un certain type de confort. A l’instant, trois voitures viennent de passer, avec une seule personne dans chacune. Il ne s’agit pas de l’interdire mais il faut que cela devienne rare. Un billet d’avion coûte souvent moins cher qu’un billet de train, c’est incompréhensible. On réplique parfois que la liberté n’est pas négociable. C’est idiot, toute notre vie est conditionnée par des privations de liberté : je ne suis heureusement pas libre d’agresser un passant, ni de ne pas payer mes impôts ou de ne pas scolariser mes enfants. Des tas d’actes sont interdits ou obligatoires, pour le bien commun. Ne doit-on pas considérer la planète – la vie – comme un bien commun ? Dans quelques années, des épisodes caniculaires empêcheront de sortir de chez soi. Le corps ne peut pas rester longtemps à 55 °C. Le réchauffement nous privera de la liberté de sortir, ce n’est pas rien ! Il faut s’imposer de petites restrictions pour éviter une catastrophe in fine bien plus liberticide.

      Vous vous inquiétez aussi de la disparition des espaces de vie. Cela appelle-t-il des mesures coercitives ?
      C’est vrai qu’il ne faut pas parler que du climat. Aujourd’hui, la première cause d’extinction des espèces est la disparition des espaces de vie, les prélèvements excessifs, la pollution. L’expansionnisme humain n’est plus possible. Je n’ai évidemment pas envie que des gens renoncent à se loger décemment. Il faudra juste un peu plus de partage : on ne s’en sortira pas sans une répartition des richesses, des ressources et de l’espace de vie. Par ailleurs, certains pays donnent des droits à des fleuves ou des forêts, qui deviennent des «personnalités juridiques». On pourrait donner des droits à des objets naturels – parcs régionaux, montagnes, populations animales – qui auraient des représentants. On donne bien des droits à des entreprises ! Ce n’est pas infaisable : quand Kennedy a dit qu’on irait sur la Lune, c’était fou ; sept ans après, on y était. La seule question est de savoir si on veut le faire.

      Un pays ne peut pas se transformer seul dans le cadre d’une économie mondialisée, dit-on…
      Cet argument est irrecevable. On apprend bien à nos enfants que l’irresponsabilité des copains n’est pas une excuse… Pour être concret, l’échéance importante n’est pas la remise du rapport du Giec [Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat], dont les conclusions seront catastrophiques. Ni la COP 24 qui ne pourra rien faire, à cause de Trump. Mais le prochain sommet européen : Macron et Merkel auront un pouvoir de décision et pourraient ouvrir un gigantesque infléchissement écologique de l’axe européano-africain. On ne parlerait plus d’un pays mais de deux continents, ce ne serait plus anecdotique.

      Même si la préoccupation écologique infuse dans l’opinion, croyez-vous que celle-ci soit prête à renoncer à son mode de vie ?
      Je n’en suis pas sûr… Il semble qu’on choisisse l’effondrement. Mais je crois encore au pari de la vie. Quand les dinosaures ont reçu la météorite, ils ne pouvaient rien y faire. Nous, nous avons les rênes en mains. Certains pensent qu’il y aura, au dernier instant, un miracle technologique. Ce n’est pas raisonnable. Et même si on déménageait sur Mars, il y aurait très peu de «happy few» ! En revanche, je crois à un miracle éthique : on sait tous, au fond de nous, que la situation est insensée. On nie la vie en elle-même. L’inaction serait impardonnable : nous avons toute l’information.

      Votre discours au festival Climax a eu un écho fort. Mais vous voulez retourner à vos recherches. N’avez-vous pas la responsabilité de porter la parole de cette cause ?
      Ce que je vous ai dit à l’instant n’est pas nouveau. Si je vous avais parlé astrophysique, je vous aurais appris des choses, là je n’ai rien dit de très original. C’est mieux que je me retire, d’abord car j’ai une vie, un travail. Il ne faut pas «peopliser» ce sujet : peu importe que ce soit un type aux cheveux longs avec des bracelets au poignet qui l’aborde ! Des personnes bien plus compétentes travaillent sur ces questions, elles ont des solutions clés en main, chiffrées. C’est à elles qu’il faut donner la parole. Pour une raison qui me dépasse, mon message a été écouté. Tant mieux ! Je voudrais maintenant que le passage demeure, mais que le passeur disparaisse. »

      1. Arkao, chacun a toujours une « analyse critique » de la pensée et de l’action de l’autre, dument référencée, c’est une de vos spécialités qui ne me convainc pas et dont vous n’êtes pas le seul pratiquant hélas.
        L’anathème de crypto fascisme écologique placardé à la va-vite concernant Aurélien Barrau ma définitivement vacciné contre le blog de cette demoiselle, qui est surement très sympathique par ailleurs.
        Et sur le contenu de mes posts dans la mesure ou ils ne violent pas les règles du blog je garde encore mon libre arbitre.

      2. @Arnaud
        Je ne souscris pas de fait à l’analyse de la demoiselle en question. C’est juste pour illustrer les réflexions qui peuvent avoir lieu au sein du militantisme écologiste. Je vous encourage à lire le lien que j’ai mis plus bas sur l’entretien de Pierre Charbonnier.
        Sur la forme, c’était juste un suggestion d’ordre pratique pour les lecteurs…

      3. Lu : « Pour Aurélien Barrau, la destructivité de la civilisation industrielle est « endémique à ce que nous sommes », puisque les chasseurs-cueilleurs, partout où ils seraient allés, auraient détruit la mégafaune. » (dans la critique de Barrau, sur Reporterre).
        C’est trompeur. la destructivité peut être « intrinsèque », « essentielle » ou « naturelle » à ce que nous sommes. On ne peut être que « une espèce endémique d’un territoire »; i.e. spécifique d’un territoire donné. Or la question est que l’humanité a un développement démographique épidémique, et que sa destructivité « naturelle » a dépassé dès lors à un certain moment les limites du cycle de vie naturel ; et ensuite qu’elle a développé des moyens de destructivité « artificielle » (liée à ses artéfacts inventés et non à ses moyens naturels) .
        Tout organisme naturel est prédateur. La chasse et la ceuillette étaient inévitables, mais aussi l’auto-défense contre les prédateurs de l’homme ! Mais dans certaines limites.
        Bref ce langage de Barrau est vraiment pernicieux.

      4. Merci Beaucoup Arkao, pour avoir fait suivre le lien vers cet article très riche de Charbonnier, pour la carte et le territoire de la « philosophie écologique » (pour ce que j’en ai lu les 2/3).
        Je suis d’accord qu’il mériterait d’être publié comme article ici à part entière (et pas juste remis dans un post).

      5. Arkao, en revanche pour l’article de Reporterre dans la mesure ou il semble relayer un des auteurs (N. Cazaux) critique de Barrau que Dissonance a relayé plus haut, je ne vais pas me précipiter pour le lire (mais je le ferais). J’ai déjà discuté avec Dissonance pour dire combien je trouvais ce type de « débats » tragiquement stérile.

    2. Xavier : « En fait, il s’agit d’entrer tête baissée dans un nouveau monde à inventer avec toutes les incertitudes et les erreurs qui vont avec inévitablement. »

      Quiconque a déjà sauté en parapente sait ce que c’est que de se jeter seul dans le vide. On est pas bien, on n’a pas envie, on est blanc comme un linge, l’angoisse creuse le visage, on a une sorte de noeu à l’estomac, mais on se botte les fesses et on y va ! Une fois en l’air, dès qu’on s’est un peu détendu, c’est le paradis, on vole avec les oiseaux…

      La situation exige de trouver des gens, qui ont ce genre de courage un peu suicidaire en apparence, et qui acceptent de s’unir pour attaquer frontalement le capitalisme.

    3. J’aime bien votre liste à la Jacques Prévert

      – Renoncer à l’énergie quasi gratuite,
      renoncer aux énergies carbonées, toutes les sources d’énergie sont gratuites, personne n’a jamais produit de pétrole, du charbon ou du gaz, nous nous contentons de l’extraire et de le transformer
      – Abandonner la voiture individuelle (« symbole » du « progrès »),
      produire des voitures légères et consommant peu (les Trabans du XXIe siècle), développer des transports en communs décarbonés
      – Refonder l’ensemble des circuits économiques,
      pas seulement, il faut inventer de nouveaux process utilisant le moins d’énergie carbonée possible
      – Bouleverser des situations économiques acquises,
      instituer la propriété d’usage des moyens de production, modifier le statut de l’entreprise, pérenniser le système des cotisations sociales et l’appliquer à d’autres domaines
      – Abandonner les produits à obsolescence programmées,
      en imposant des garanties de 10 ans ou plus aux constructeurs
      – Renoncer en grande partie aux transports intercontinentaux des produits,
      oui, relocalisation de la production càd protectionnisme
      – Partager les ressources essentielles,
      décréter ces ressources essentielles « bien commun », les soustraire au marché

  23. Obtenir des « fournitures vertes » ne fut pas une mince affaire en cette rentrée. La solidité d’une pochette en plastique ou la commodité d’un porte-vues furent les arguments chocs dans une large majorité. Une petite vidéo sur les estomacs de nos chers amis les poissons ont été une petite aide mais bon, c’est pas gagné pour tout le monde.
    Là où j’ai fait un flop complet, c’est vis-à-vis de mes collègues lorsque je leur proposais d’être sur le même diapason dans cette démarche. J’ai récolté de jolis sourires sans lendemain.

    1. En même temps , quand je me souviens de l’ardoise et de la mine de graphite qui va avec , j’en ai encore les dents qui grincent .

      Ce qui n’est pas un mince exploit , car il ne me reste pas trop de dents .

  24. « On sait, on peut, mais on ne veut pas ? Diagnostics de l’inertie face à la destruction de la Biosphère, par Cédric Chevalier »
    Question importante, vitale !
    Pourquoi l’humanité refuse – t- elle l’évidence ?
    Il y eut au moins un cas historique analogue: le refus du 3ème Reich de déposer les armes avant le suicide d’A.H.
    Pourquoi ?
    J’ai une hypothèse, celle de « l’imprégnation » (découverte par K Lorenz en étudiant les oies).
    Chez homo sapiens, cela se traduit par une « déification » de certains concepts.
    Liste non exhaustive:
    Les religions;
    Le nationalisme (déification géographique);
    Le racisme (déification ethnique);
    Le populationnisme (déification démographique);
    Le consumérisme (déification des envies matérielles);
    Le capitalisme (déification de l’argent);
    Le gauchisme (déification du peuple);
    Etc..
    Bien sûr, on peut combiner ou inverser (anti-…)
    Quand un individu est imprégné, il lui est impossible d’accepter une réalité contradictoire à ses croyances. On le constate facilement car, face à cette réalité, il ne peut se réfugier que dans le déni, l’émotion, l’insulte, voire la violence.
    Je vous laisse un exercice:
    Qu’est ce qui empêche beaucoup de nos jorionistes de constater la réalité (ex: équation de Kaya)?

    1. Dans mon cinéma personnel , la crispation sur l’imprégnation s’appelle plutôt grégarisme qui est une caractéristiques des « tempéraments » orientés « priorité au présent et au « réel »  » . Ça concerne des individus mais aussi certains peuples ou organisations ( japonais , allemands , américains historiques …).

      On y échappe qu’en développant nos autres aptitudes : relation au passé ( empathie) , au hors temps ( créativité, humour ) , au futur ( mesure du risque et « puissance » ).

      PS : j’ai eu la flemme d’aller chercher l’équation de Kaya . ( Yaka ?) .

      1. Ben, ça n’est pas très difficile à trouver 🙂 https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89quation_de_Kaya

        Cette équation est simple en réalité – c’est pratiquement une tautologie, elle est vraie par définition. Son mérite est d’attirer l’attention sur les quatre facteurs dont dépendent les émissions de CO2 – ou par extension d’autres gaz à effet de serre – ce qui permet au moins de mettre au clair les idées sur les voies possibles pour les réduire :
        1. Réduction de la population
        2. Réduction de la richesse moyenne par habitant
        3. Réduction de l’énergie primaire nécessaire pour produire une unité de richesse
        4. Réduction du CO2 émis pour produire une unité d’énergie primaire

        D’où l’on peut déduire les différentes pistes pour améliorer la situation. En forçant volontairement le trait :
        1. Éliminer une grande partie de notre population, les survivants seront heureux
        2. Vivre tous dans des monastères et phalanstères, quand on fait vœu de pauvreté et qu’on passe son temps à prier ou à philosopher on a des besoins bien moindres
        3. Découvrir des technologies magiques permettant de produire biens et services avec beaucoup moins d’énergie
        4. Découvrir des technologies magiques pour produire beaucoup d’énergie sans CO2

        Plus sérieusement maintenant, il est évident qu’aucun de ces leviers ne peut apporter de solution à lui seul. Le quatrième potentiellement le pourrait, mais vu le temps nécessaire même à un effort de R&D déterminé pour aboutir puis être généralisé, il est nécessaire de « donner le temps à la recherche » en agissant aussi sur les trois premiers leviers.

        Cela peut donner quelque chose du genre :
        1. Promotion des droits des femmes et des familles réduites, avant tout en Afrique et en Inde qui sont les deux grandes régions du monde où la croissance démographique reste forte
        2. Passer un palier en termes de partage des richesses, et pour commencer stopper l’augmentation des inégalités constatée à l’intérieur de chaque pays, avant de l’inverser. Ce qui permettrait que la prospérité du plus grand nombre ne diminue pas (mais n’augmente pas non plus) tout en faisant diminuer la richesse moyenne
        3. Lutte déterminée contre les gaspillages de toutes formes, que ce soit en matière de transports, de chauffage, de produits peu durables. Dans le même temps, généralisation des technologies les plus efficaces du point de vue énergétique : par exemple moteurs consommant peu
        4. En attendant de découvrir mieux, remplacement des centrales à charbon par des centrales à gaz qui émettent moins de CO2 ou des centrales nucléaires qui n’en émettent pratiquement pas, insertion d’une dose de nouveaux renouvelables (solaire et éolien) dans les limites de la capacité du réseau à absorber une énergie intermittente, passage à l’électricité d’une partie des transports (trains, véhicules électriques) comme d’une partie des processus industriels (fours)

        Sachant que de toute façon, ce sera à terme insuffisant à maintenir une économie industrielle, et que la R&D en efficacité énergétique et surtout en nouvelles énergies primaires abondantes doit en parallèle avoir la priorité. Sinon l’effort n’aura fait que ralentir le mouvement vers la catastrophe, ce qui est certes bon à prendre mais insuffisant. On en arrivera alors à l’une des deux premières solutions, et probablement une combinaison des deux : d’abord beaucoup de gens très pauvres, puis moins de gens mais toujours aussi pauvres voire pire encore.

        Sachant d’autre part que contenir émissions de gaz à effet de serre et réchauffement est absolument indispensable mais ne suffit pas à soi seul. Il faut encore parler de laisser de l’espace à la nature « brute », de mettre un terme à l’artificialisation des sols, de rendre l’agriculture plus respectueuse du long terme, de laisser quand même quelques forêts primaires intactes, etc. etc.

        Tout en étant conscients qu’appliquer même la première partie du programme (les points 1. à 4.), même dans un seul pays, nécessite des conditions drastiques :
        – Un pouvoir politique suffisamment légitime donc fort pour parvenir à s’imposer aux lobbies. Ce qui suppose qu’il puisse s’appuyer sur la population, dont une majorité suffisamment claire le pousse à agir
        – La capacité de faire accepter des efforts importants, même à M. et Mme Tout Le Monde, avant tout se réconcilier avec l’idée d’une croissance économique fortement ralentie si ce n’est stoppée pour longtemps. Ce qui suppose que la dite majorité claire dans la population se soit réconciliée avec cette idée
        – La capacité de faire accepter des efforts importants, y compris aux moins altruistes parmi les plus aisés voire les vraiment riches. Ce qui suppose que ce pouvoir soit en mesure de s’opposer efficacement à toute forme d’évasion fiscale
        – La capacité de s’opposer au simple déplacement à l’étranger d’activités économiques devenues meilleur marché ailleurs là où l’on s’inquiète moins de l’avenir de l’environnement, d’empêcher toute prime au moins-disant écologique. Ce qui suppose que ce pouvoir soit en mesure d’adapter l’accès de l’extérieur à son marché intérieur en fonction de ce critère : ne commercer librement qu’avec les pays qui font le même genre d’efforts que lui
        – Rajoutons la capacité à réaliser des investissements à long terme importants, que ce soit pour les transformations nécessaires ou pour le programme de R&D en efficacité et en énergie primaire nouvelle déjà évoqué. Ce qui suppose encore une fois une capacité fiscale non limitée par la menace d’une évasion vers l’extérieur de capitaux ou d’activités

        On en arrive à l’aporie qui s’impose à toute personne réfléchissant à un changement effectif de paradigme. Car il est bien clair qu’un pouvoir doté de la légitimité que donne l’appui sur un peuple rassemblé, ainsi que de la capacité de contrôler les mouvements des capitaux et des services, ne peut être en France (et dans les pays voisins) qu’une parmi deux options :
        a) Une Union européenne totalement réformée donc avec un traité fondamental nouveau s’appuyant sur des peuples qui auraient pour l’essentiel cessé de se penser individuellement mais se penseraient principalement comme des parties d’un grand tout, un peu comme Bretons et Corses vis à vis de la France. Bref, l’une des conditions nécessaires et pas la seule est que les Européens en soient arrivés à suffisamment « faire peuple » pour former ce qui serait pratiquement une nouvelle nation, laquelle pourrait être démocratique
        b) Une nation existante, qui devrait cependant s’abstraire de l’UE afin de récupérer les compétences en matière budgétaire, fiscale et commerciale nécessaires à l’effort de transition

        L’option a) interdit tout espoir raisonnable d’aller un tant soit peu rapidement – voire pourrait bien interdire d’aller où que ce soit.

        L’option b) rend possible d’aller quelque part, mais au niveau d’un seul pays. Ce qui d’une part suppose que ce pays sorte de l’UE d’abord, d’autre part rend plus difficile d’imaginer un « effet d’entraînement » entre plusieurs pays faisant des efforts dans la même direction. Il va de soi qu’entraîner les autres pays et régions est aussi une question ouverte et difficile dans le cas de l’UE qui ne représente après tout que moins de 10% des émissions de GES mondiales, mais la question serait posée avec plus d’acuité pour une France seule, une Italie seule ou une Allemagne seule.

      2. @Arkao :

        A des équations sans doute pas , mais apparemment on en serait plutôt à du seul CO2 .

        Si je reprends mes propres errements , y at-il une voie entre

        – Nécessité : CO2
        – Liberté : Homme , animal social juste .

        Déjà rappelé que Tolstoï posait que l’Histoire les déduit a posteriori , et se fait par leur combinaison diffuse a priori .
        Vivent celles et ceux qui travaillent dans un (pas si ) joyeux foutoir à ces deux chantiers actuellement .

        Pas contradictoire avec la trame « logique » de Jacquot , dont les pistes finales sont peut être restrictives ( la version b ne me semblant pas devoir tenir plus de 5 jours , étranglée dans l’œuf par « la dette » et les « prêteurs » internationaux ) .

      3. @Juannessy
        Trouver la juste voie entre l’urgence et la liberté, énorme chantier dont il est fait écho ici régulièrement et qu’on perçoit maintenant de façon prégnante dans les milieux de l’écologie (voir mes liens sur la polémique Barrau).
        Personnellement, j’éprouve comme un certain malaise quand j’entends état d’urgence et mobilisation générale. Je prête par conséquent une oreille plus attentive à ceux qui tentent de concilier écologie et humanisme plutôt qu’aux autocrates de l’équation mathématique.
        Peut-être suis-je dans l’erreur et que nos atermoiements (que certains n’hésiteraient pas à qualifier de munichois – tant le débat est tendu) nous conduiront à une irrémédiable catastrophe.

      4. @Arkao :

        Je n’ai pas non plus la réponse , juste l’intuition que si entre l’urgence et la liberté il n’y avait qu’un seul vainqueur , nous serions tous perdus .

    1. Vaut le détour .

      Qui dit que rien ne bouge depuis le passage de 2000 ( c’est là que je situe les premiers signes visibles , en France du moins , que « rien ne devrait être comme avant » ) ?

    2. Merci Arkao

      C’est un article remarquable de synthèse sur l’état de la question écologique et sur le quoi faire aujourd’hui.

  25. Il se peut que j’aie trouvé le problème de base. J’ai mis 30 ans à comprendre. En une phrase: nous, les humains, somme construits pour ressentir les phénomènes qui évoluent de façon linéaire mais pas l’exponentielle.

    Il y quelques jours j’ai envoyé une série de 5 tout petits articles à Paul pour qu’il les publie 5 jours de suite. Ils sont à la fois une explication pour ce qui nous arrive, et un argumentaire. Il m’a répondu qu’il n’avait pas le temps de les lire. Je lui ai répondu, « OK, pas important ». De toute façon les jeux sont faits.

    Après, nous vivons une époque tout à fait extraordinaire. Nous assistons en direct à l’effondrement d’une civilisation, c’est plus que passionnant, en fait les mots manquent pour décrire l’intérêt de la situation!

    1. @Arnaud
      Ne vous inquiétez pas, les anthropologues sauront trouver les mots 😉

      @ Juannessy
      Je souffre d’une déficience cognitive par rapport aux chiffres 😉

    2. De deux choses l’une:
      Ou bien, Paul nous donne une magnifique parabole (au sens du message christique) de notre refus de savoir et éventuellement agir.
      Ou bien… les 5 « petits textes » ne valaient pas un clou. Auquel cas, la politesses et la bienveillance de Paul ne seraient , encore une fois, pas prises en défaut.

      Pour ce que vaut mon avis, j’aimerais bien avoir connaissance de vos textes. Y’a donc possiblement une 3.ème voie: susciter l’envie. Paul, maître du suspense ? Pas impossible.

      1. On n’ira pas jusqu’à taxer Paul Jorion « d’inertie face à la destruction de la biosphère » .

        En fait, il doit chiader les six conférences du cycle à venir , où j’ai apprécié de trouvé la dernière ,où il devrait être question de la taxe Sismondi , à la date du 2 avril 2019, soit en plein début de campagne sérieuse pour les européennes ( vote le dimanche 26 mai en France ) . A défaut de portage politique possible , mettre ça sur les ondes médiatiques à ce moment là , ne peut faire que du bien .

      2. Par contre , l’affiche de l’UCL fout les jetons , et je n’en ai pas saisi sans erreurs possibles toute la symbolique .

      3. Je suis assez terrifié moi-même, j’hésite à me rendre à des conférences annoncées de cette manière.

        P.S. Merci à Studiographic, l’équipe qui à l’ICL produit affiches, dépliants, bannières facebook, etc. pour leur travail – comme ici – toujours remarquable !

        P.S. 2 : je viendrai quand même !

      4. C’était ma réponse du corps ( mais , compte tenu du sujet , c’était peut être un effet « voulu » ) , mais ma tête ose encore vous interroger sur la symbolique désirée de l’affiche , pour laquelle j’ai de mon côté deux hypothèses optimistes et une pessimiste .

        Mais octobre comme Hervey pourraient dire qu’alors , c’est effectivement une affiche doublement réussie : esthétiquement ( ça , ça saute aux yeux ) et symboliquement ( puisque ça laisse dans l’interrogation ) .

  26. @Jacquot
    Constat et déductions… c’est assez bien vu.
    Solutions… il en manque une: l’allumage de contrefeux:

    – favoriser l’explosion démographique,
    – accentuer l’enrichissement des plus riches,
    – multiplier les dépenses d’énergie somptuaires,
    – s’abstenir de rechercher des sources d’énergie durables,

    ainsi, le système que le monde entier soutient, par intérêt global autant que personnel, aura tenté de …
    finir dans un « bouquet final » plutôt que de perdurer dans une lente agonie…

    Que pourra-t-« on » tirer des cendres ?

      1. Pardon mais il m’a semblé, comme je lisais vos lignes, ressentir une grande mélancolie désabusée. J’ai pu me tromper et m’en excuse. De toute façon, le sujet de l’extinction du genre humain ne provoque que des rires sarcastiques. Effectivement mon strabisme divergent a pu ne me faire voir qu’un côté de la lorgnette.

      2. @Le borgne :

        Il y a toujours deux modes d’appréhension de notre environnement : le (+) version progrès , et le ( – ) version détresse, et sur un même sujet on peut alterner de l’un à l’autre ( et plusieurs fois ) dans la même minute , passer de l’ironie socratique ou de Kierkegaard qui grandit et sauve , au sarcasme qui détruit ou agresse .

        Mais on est fait comme ça et en général on n’échappe à la version (-) qu’en changeant de rapport au temps .Je n’y reviens pas .

        Quand le corps le permet encore.

        Mais en fait , quand actuellement ça coince pour moi , c’est que je découvre encore cent fois plus de portes à ouvrir que celles que j’ai déjà pu franchir( vieux passages qui me sont présentés par certains comme Les clés du paradis !).

        Ce qui est à la fois désespérant ( on y arrivera donc jamais !) et réjouissant ( il y a encore quelque chose à trouver !) .

        PS : je n’ai pas bien compris ce que c’est le strabisme divergent pour un borgne !

    1. @ le borgne,
      Merci de l’occasion donnée. Je l’attendais de puis longtemps.

      Donc, ceci:
      Adorable Juan.
      La plus fine gâchette(*) à l’ouest du Thiou(**), droit au but et ne rate jamais sa cible.
      J’espère vous faire rosir de plaisir; cessez donc de vous cachez devant votre écran, qu’on voit enfin votre sourire.

      (*): En français, le tir d’une arme à feu portative est commandé par l’action non sur la gâchette, mais sur la ‘queue de détente’. Hollywood, là comme ailleurs, impose sa loi imbécile. On peut le regretter. Par ailleurs, je m’en voudrais de faire l’apologie d’un matériel destiné à menacer ou abréger une vie. Parlant de gâchette, je faisais allusion à son (Juan) esprit acéré qui projette loin en avant ses réflexions pénétrantes. Il me semble que «réflexions pénétrantes» symbolisent assez bien les fruits de son esprit , enrichi par son expérience et une culture classique enviables. De même, certains s’en souviendront peut-être non sans émotions, Vigneron pouvait se résumer tout entier par «fulgurance». Fulgurances, qui souvent me laissaient pantois d’admiration. C’est du passé. Dommage! (note marginale: s’il a des cornes et qu’en plus il vole, alors c’est un bœuf.)
      Il est bien normal d’associer ces 2 vedettes.

      Revenons à nous. Pour certains d’entre nous un support matériel ou sa représentation cinématique est une aide à l’idéation; nous imaginerons alors que l’arme de Juan est un pistolet à bouchon, inoffensif à toutes portées de combat, comme on sait. Délit de faux-semblant, Na!

      (**) Le Thiou?: Pas le rio Pecos, et une autre histoire. Son ouest territorial est très large, des Alpes à la façade atlantique. Extension de la solidarité tribale haut-savoyarde oblige.

      1. Allons bon , j’ai cru lire une nécrologie . Manque plus qu’une analyse lacanienne .

        « Life’s but a walking shadow, a poor player
        That struts and frets his hour upon the stage,
        And then is heard no more .It is a tale
        Told by an idiot, full of sound and fury,
        Signifying nothing « .

        Pan !

        Mais rendez moi le bouchon , il peut encore resservir .

        Mes salutations à Madame Daniel aussi .

  27. Chères toutes, chers tous,

    « Et moi pendant ce temps là je jouais de la manivelle »
    https://www.youtube.com/watch?v=oMRB43hGZMQ
    « Et moi pendant ce temps là » de Patrick Sebastian « Je jouais à la pétanque.
    https://www.youtube.com/watch?v=TPdRrtLy-d4

    Et pendants ce temps là le prix du pétrole monte, monte, monte.

    @jacquot Je n’ai pas vu la diminution des énergies primaires dans ses 4 voies possibles.

    Comme quoi il est difficile de penser un autre paradigme que celui du bain dans lequel nous barbotons.

    Comme toujours, bonne journée avec toute ma bienveillance, Pierre de la tribu des Queralt’s.

  28. Tout ceci réhabilite la notion de révolution. Notre système n’est pas irresponsable. Il nous conduit, consciemment, en assumant son choix, vers notre perte. Tout comme on faisait jadis la révolution pour s’emparer de nos moyens de production, il faut faire aujourd’hui la révolution pour retrouver le contrôle de nos moyens de survie, eau, air, terre…

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