Trends-Tendances, Déclarer l’état d’urgence pour le genre humain, le 27 septembre 2018

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Déclarer l’état d’urgence pour le genre humain

Nous continuons de traiter les défis du monde contemporain au jour le jour et essentiellement dans un cadre national et régional. Nous les traitons selon leur importance, mais en ignorant leur ordre de grandeur : Nicolas Hulot, ex-ministre de la Transition écologique et solidaire dans son pays, la France, a dû constater récemment son impuissance à faire prévaloir le risque d’extinction de l’humanité sur les desiderata du lobby des chasseurs et de celui du nucléaire.

Or le risque d’extinction est réel à échéance de quelques générations. La dégradation est rapide et entamée dès maintenant : chacun a vécu la succession de canicules de l’été dernier et a pu voir à la télévision les ravages d’incendies dans des régions nordiques jusque-là préservées, et d’ouragans à répétition et de taille inédite.

Au niveau international, comme chacun sait, nous nous occupons essentiellement de commerce. Les grandes déclarations d’intention comme la Cop 21 sont stériles : nous n’arrivons ni à stopper ni même à endiguer significativement la montée des périls. Stephen Emmott écrivait en 2014 que  » depuis l’adoption en 1997 du protocole de Kyoto visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre, les émissions annuelles de carbone à l’échelle de la planète sont passées de 6.400 à 8.700 millions de tonnes « . Soit une augmentation de 36 %, quand nous déclarons vouloir en réalité renverser la vapeur.

La première condition à remplir pour assurer l’avenir serait de séparer une fois pour toutes l’obtention de revenus par les salariés d’aujourd’hui du travail effectué en échange.

Or il y a urgence. Les catastrophes climatiques deviennent plus fréquentes et plus violentes, nous épuisons les ressources naturelles, l’environnement est inexorablement détruit et la diversité des espèces animales se réduit à la vitesse grand V, comme un avertissement quant à notre propre disparition. J’ai écrit deux livres sur ces questions, Le dernier qui s’en va éteint la lumière (2016) et Défense et illustration du genre humain (2018), où je m’abstiens de prendre parti. Ces ouvrages sont-ils révélateurs d’une prise de conscience de la gravité d’une question que nous prenons véritablement à bras-le-corps ? Ou, plus sinistrement, du fait que nous avons déjà entrepris le deuil de notre propre espèce ?

Qu’est-ce qui nous retient d’agir ? Une sorte de prédisposition à penser que quoi qu’il arrive, la situation est à peu de choses près business as usual. La source de nos plus grands malheurs se trouve là : ce qui nous conduit à l’extinction, ce n’est pas un  » instinct de mort « , c’est l’optimisme béat, l’esprit  » Tout va très bien, madame la marquise ! « .

La démission fracassante de Nicolas Hulot en France semble confirmer l’impossibilité de réformer de l’intérieur en raison du poids des groupes de pression. Assurer les votes aux prochaines élections et créer de l’emploi sont les obsessions de la classe politique. Aussi, tant que cette question de l’emploi ne sera pas traitée dans les termes où elle se pose vraiment – c’est-à-dire un emploi condamné par l’automation, la robotisation et la « logicielisation » – la solution des questions environnementales restera reléguée loin derrière.

La première condition à remplir pour assurer l’avenir serait donc de séparer une fois pour toutes l’obtention de revenus par les salariés d’aujourd’hui du travail effectué en échange. Les gains réalisés grâce au remplacement de l’homme par la machine (au sens le plus large) doivent revenir à l’humanité tout entière, et non aux seuls propriétaires de ces machines. Si nous voulons que l’espèce survive, d’autres conditions devront être remplies. D’abord distinguer le caractère renouvelable ou non d’une ressource dans les droits qu’a sur elle son propriétaire, et une mise en commun de celles qui ne sont pas renouvelables. Cette mise en commun doit être soigneusement distinguée du  » communisme  » soviétique qui n’était en réalité qu’un capitalisme d’Etat autoritaire et liberticide. Il faudra aussi mettre l’accent sur la gratuité pour tout ce qui relève de l’indispensable, et ce plutôt que sur un  » revenu universel de base  » qui pousse à la consommation et laisse intactes les disparités de revenus.

Oui, il est temps de déclarer l’état d’urgence pour le genre humain, aux niveaux régional, national et mondial : le temps presse !

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69 réflexions sur « Trends-Tendances, Déclarer l’état d’urgence pour le genre humain, le 27 septembre 2018 »

  1. Quelle idée bizarre Juannessy d’évoquer le tableau représentant Bonaparte à Arcole ce romantisme de pacotille quand on pense aux millions de morts des guerres napoléoniennes….. RIEN A VOIR AVEC LE TEXTE DE PAUL JORION SUR L ETAT D URGENCE POUR LE GENRE HUMAIN……

    1. Je pense qu’il aura mieux compris ( et conforté son courage ) que vous.

      J’aurais pu choisir la liberté guidant le peuple , car en fait c’est l’élan et le drapeau ( gratuités ) qui m’ont fait image .

      Oubliez Bonaparte et notre dépoitraillée , mais gardez l’élan et les gratuités .

      Fred Dewilde a peut être une idée plus originale pour en faire illustration , et faire énergie de ses blessures .

  2. Medellín, le 26 septembre 2018

    Avec tout le respect que je vous dois, M. Juannessy, mais je ne suis ni servi ni charmé par votre cynisme envers Paul Jorion.

    Paul Jorion suit exactement la recette que tous les experts en systèmes du monde, hommes et femmes, donnent : entre les beaux/bons idéaux et la mise en œuvre, l’exigence de formuler une stratégie doit avant tout être remplie.

    De préférence, comme le disait éloquemment Paul Jorion en septembre 2011, à côté d’Alain Cotta et assis face à Michel Camdessus. En d’autres termes : en recherchant le consensus par la mobilisation des femmes et des hommes, et non, comme cela a été le cas lors de l’éclatement de la crise des subprimes, en concevant des stratégies et des actions basées uniquement sur une approche masculine.

    Il est particulièrement bon de formuler l’idéal d’une société mondiale circulaire et durable, puis de formuler des programmes d’action impressionnants sur un ton élevé. Tous les COP’s en sont des exemples, et tous ont échoué, comme Paul Jorion ne l’a pas seulement montré.

    Oublier qu’il y a aussi des personnes vivantes qui veulent survivre, être heureuses et donner à leurs enfants et petits-enfants, ou à tous leurs enfants non biologiques, un avenir meilleur: c’est une gaffe STRATÉGIQUE d’envergure qui, comme le duo Obama-Biden, ou M. Al Gore, avec son ton trop alarmant, l’ont montré, conduit d’une part au verdissement et aux faire-semblants des multinationales, d’autre part, au nationalismes patriotiques, aussi si ce sont les types-Poutin ou les types-Trump qui le font.

    A coté des belles paroles, PLUS de pauvreté, PLUS de morts, PLUS de chômeurs, PLUS de misérables.
    (ah! Victor H again!).

    En d’autres termes : une faillite morale et éthique qui n’est pas imminente, non, qui a lieu QUOTIDIENNEMENT à côté et sous nos yeux. En Europe, en Asie, en Afrique, en Océanie et en Amérique Latine et dans les deux pays d’Amérique du Nord.

    En effet : la pauvreté en tant que problème mondial, en tant que facteur causal.

    Paul Jorion, qui s’est effacé lui-même et a causé des dommages physiques à lui-même, en véritable agent de développement, explore, analyse et diagnostique depuis quatorze ans à l’intérieur du système mondial de la pauvreté.

    Si nous voulons vraiment sauver la planète, bien plus que l’humanité seule, alors c’est avec PRIORITÉ l’humanité qui doit être sauvée. Et ce salut est dans le détachement de l’épée à double tranchant de l’accumulation (l’un riche, l’autre pauvre), dit en termes contemporains : arrêter l’exclusion et la transformer en inclusion.

    Que Paul Jorion, entre cet idéal de bonheur pour la planète et les plans de sauvetage globaux de toutes sortes, formule la stratégie de la gratuité des besoins de base, ne me semble qu’une révolution d’intelligence non-violente.
    Autre chose que les stratégies violentes d’un officier d’artillerie corse raté.

    Au goût de beaucoup, y compris le mien, Paul Jorion a précisément formulé la véritable stratégie clé. Gratuité.

    Ce n’est pas pour rien que D. Trump a réduit (il y a environ une semaine) la portée des programmes de coupons alimentaires aux États-Unis.
    L’élite dirigeante sait d’où vient la menace stratégique : niveler, distribuer et diffuser la mise en œuvre du droit au bonheur par la gratuité des besoins fondamentaux.

    Je suppose, Monsieur Juannessy, que sur les 48 millions de Colombiens ici présents, plus de 30 millions sont prêts à participer à la formation d’un groupe de pression pour atteindre cet idéal. Et cette situation en Colombie est pars pro toto pour l’ensemble de la planète, avec peut-être des ratios variables.

    J’espère que mon après-midi, ce-qui, si tout va bien, a été votre nuit ronquante, vous portera mon conseil.

    B.à.v. toutes et tous,

    JL, 26.IX.2018

    1. On laissera la parole à l’intéressé qui , je pense , saura mieux peser que vous ( la ligne Annecy-Medellin n’est pas très audible ), mon cynisme qu’il a eu le temps de juger durant ces presque 11 ans où il m’a toléré .

      Mais ça rejoint un peu le sujet de la pureté de la transmission de l’information évoqué ce tantôt , de la clarté de l’émetteur et de la pertinence de l’écoute de l’auditeur .

  3. Un avertissement de plus, mais si on veut agir, il faudra séduire l’électorat, d’une manière ou d’une autre.

    Paul Jorion insiste dans ses livres sur la dimension de l’espérance, ancrée en chaque être humain. Il (l’Homme) ne peut pas se projeter dans un futur apocalyptique comme ça. C’est ce qui fait que « Défense et Illutration » est si difficile à lire…c’est un livre qui tue l’espoir, et c’est contre-nature pour tout Homme. Plusieurs fois, je me suis surpris à vouloir m’en évader. J’avais bien dormi…et je m’endormissais ! Il faut dire que ce futur d’esclave de l’Intelligence artificielle, dans un environnement dégradé est vraiment à gerber, et je n’en suis qu’à la page 120 !

    Aussi ce n’est pas au niveau de la compréhension…tout le monde a compris le danger, du moins en France. SI ON VEUT AGIR SUR LE REEL, il faut à mon avis éviter de tomber dans le discours circulaire de Yann Arthus Bertrand, criant de plus en plus fort « MAIS LES HOMMES NE COMPRENNENT PAS…ETC » qui n’apporte rien. Au contraire, un tel discours ne peut provoquer qu’une révolte de l’espoir, aboutissant à l’inaction, au détournement de l’attention.

    On pourrait par contre (à condition de s’y mettre) lui mettre sous les yeux, un certain nombre de choses qui l’ennuie profondément. Lui présenter le temps qu’il perd souvent inutilement pour gagner sa vie (par exemple les centre d’appel, bientôt remplacé par des robots, mais aussi tous les boulots de m. que le capitalisme a su inventer), les ressources qu’il dilapide par la publicité, par l’obsolescence programmée, lui dire « Mais vous n’en avez pas marre de ci, de ça », réanimer son esprit de révolte, lui présenter le futur comme une libération, et non comme une voie à sens unique pour l’apocalypse. Sinon comme moi, il s’endormira, fera tout pour penser à autre chose…à ce qu’il reste de vie agréable à vivre, de bon vin à boire, de jolies femmes à regarder rire…

    mais je vous promets M Jorion, je vais m’y remettre, je vais aller jusqu’au bout de votre livre.

    1. Un livre qui tue l’espoir ?
      La question se pose dès la page 21 :

      « Il n’est pas exclu que ce qui se dessinera en filigrane dans l’ouvrage ici,…, c’est qu’il n’y ait pas de solution au destin humain : que le fait que nous ne résolvions pas les problèmes devant nous ne serait pas dû au fait que nous nous y prenions trop tard, mais au fait que les problèmes que s’efforce de résoudre notre espèce sont insolubles dans les termes où ils nous ont été légués – et ce depuis l’origine des temps. L’aventure était peut-être condamnée à s’achever à terme : non pas comme pour les dinosaures, à la suite d’un événement d’ordre cosmique tel que la rencontre de la terre avec une météorite géante, mais à la manière d’une espèce qui finirait par succomber sous son propre poids. Un telle éventualité n’est, hélas, pas à écarter. »

      Ça craint !
      Comme nous sommes sur le seul blog optimiste du monde occidental je ne vous ferai pas part de mes réflexions personnelles quant à l’hypothèse suggérée.

      1. 1/ Stabiliser la population mondiale,
        2 / changer de culture en abolissant le capitalisme publicitaire et financier

        C’est pas la mer à boire (je plaisante bien sûr, c’est la mer à boire), mais un pays doit commencer et donner l’exemple. Je suis persuadé qu’un pays qui a un grand marché pourrait le faire. Deux pays (France + Allemagne) pourraient réussir à entraîner le monde dans un cercle vertueux, en étant les premier à abolir la concurrence. Les allemands, qui se sont tellement déshonorés avec le nazisme, ne pourraient-ils pas voir là un jour, un moyen de se racheter aux yeux de l’Humanité…? Encore faudrait-il que quelqu’un leur propose un tel plan. Je suis naïf ?

  4. Qu’est-ce qui nous retient d’agir ?
    – la relative lenteur du phénomène,
    – un impact « tolérable pour le moment » car épargnant « relativement » les pays dits riches des pires conséquences humanitaires,
    – une espérance de vie de l’homme d’environ 80/85 ans ce qui fait que celui qui pollue aujourd’hui n’en subira pas les conséquences dans 50 ans,
    -le matracage médiatique et politique du « travailler plus pour gagner plus » et ses produits dérivés: « encourager le travail »,
    – la connerie généralisée: « on fera des économies de chauffage en hiver »
    – Etc…

    1. -La lenteur relative du phénomène: oui à l’échelle de nos vies humaines. Je rajouterai aussi un problème de perception. J’ai un jardin propice aux insectes (plantes fleurissant tôt et tard en saison). Sur 15-20 ans, je suis incapable de dire s’il y a plus ou moins d’insectes, je n’ai pas fait le compte 😉 L’information « disparition des insectes » me parvient par un média auquel personnellement j’accorde crédit. Mais ce n’est pas le cas de tout le monde. Dans le déni de la catastrophe écologique il y a aussi je pense une défiance de plus en plus grande de l’information qui vient « d’en haut ». Paradoxalement, à partir du moment où la crise environnementale devient un marronnier de la presse « mainstream » , la défiance s’installe pour une partie n de la population.
      -Un impact « tolérable épargnant relativement les pays riches ». Bof, typhon, ouragans et inondations sont susceptibles de toucher les zones les plus peuplées et les plus riches de la planète.
      -« On fera des économies de chauffage en hiver » connerie peut être pour ceux qui n’ont pas de problèmes de revenus, mais pour ceux qui calculent leurs fins de mois à la dizaine d’euros près ça compte. Et quand un connard de technocrate ou d’écologiste de salon qui pète dans la soie le cul au chaud dans un bureau aux frais de la collectivité leur dit que le chauffage d’appoint au bois c’est pas bien parce que ça pollue (bien plus que les poids-lourds, bien sûr) il y a des coups de pieds au cul qui se perdent.

  5. Je reproduis ici un long article d’Alain Grandjean , ingénieur et économiste, tiré de son blog.
    Je trouve cet article très stimulant et à croiser avec les reflections de Paul Jorion.

    https://alaingrandjean.fr/2018/09/20/face-risque-deffondrement-22-actions-prioritaires/

    FACE AU RISQUE D’EFFONDREMENT (2/2) : LES ACTIONS PRIORITAIRES

    La perspective de l’effondrement de notre civilisation peut être écrasante, conduire au déni, alors que nous avons, au contraire, besoin de rester mobilisés pour accompagner la transformation inéluctable qui s’annonce. Tout en restant lucide, il est important de ne pas baisser les bras et c’est pourquoi j’ai essayé de montrer dans un premier post que nous avons de nombreuses raisons de croire en l’avenir et qu’un enjeu essentiel consiste à changer de référentiel : voir la crise majeure actuelle comme un processus de transformation, de métamorphose. Je vais essayer ici de dégager quelques pistes d’actions prioritaires pour adresser un enjeu central : la construction d’un nouveau modèle économique.

    Construire un plan d’action ambitieux demande de regarder la situation d’assez loin[1] pour ne pas se perdre dans les détails et pour comprendre les interrelations et la logique d’ensemble. Il est indispensable, d’une part de combiner plusieurs niveaux de gouvernance (international, européen, national et territorial) et d’autre part les différents domaines (économique, financier, juridique, culturel et éducatif…). Enfin, il faut oser remettre en cause le modèle économique actuel[2] qui est l’une des causes du problème posé. Rappelons-en les raisons principales[3] : il prend pour credo la croissance matérielle sans tenir suffisamment compte de ses impacts sur la planète, il repose trop largement sur les énergies fossiles cause principale du changement climatique, il focalise les acteurs économiques sur le court terme, il est de plus en plus inégalitaire ce qui est dangereux politiquement, intenable socialement et dangereux écologiquement[4], il dépend trop d’activités financières sources d’instabilité et potentiellement de crises majeures.

    L’élaboration du modèle économique de demain
    La construction de ce modèle ne peut se faire que de manière très synthétique : nous devons respecter les différentes approches des grands pays de ce monde. Pour ne prendre qu’un exemple, la Chine est en train de devenir le leader mondial de l’économie bas-carbone, mais la conception du monde économique de ses dirigeants actuels n’est pas celle qui domine en Occident, indépendamment de la question démocratique. Il est totalement vain de vouloir imposer nos visées à la Chine (et à d’autres grands pays comme l’Inde, le Brésil et la Russie, sans parler des Etats-Unis). Il n’est pas impossible en revanche de trouver des terrains d’accord sur la manière de réguler l’économie mondiale et de gérer les biens communs dont le climat.

    La construction de ce modèle doit se fonder au maximum sur les évidences, les faits, les données scientifiques indiscutées, des raisonnements aussi simples que robustes et laisser tomber les idéologies obsolètes et les querelles politiciennes. Il s’agit en résumé de définir les régulations essentielles, qui permettent le plus de liberté aux acteurs économiques, dans le strict cadre du respect voire de la valorisation des écosystèmes et des équilibres naturels, et dans l’objectif de permettre une vie bonne à l’immense majorité de nos concitoyens.

    Les régulations à envisager concernent la limitation de l’usage des ressources naturelles et de l’émission des polluants, à commencer par les GES. Elles impliquent également de limiter le pouvoir de la finance et plus généralement de protéger les citoyens des risques d’excès de pouvoir de toute structure, privée ou étatique.

    Elle devra se traduire par la réalisation d’un tableau de bord, inspiré des Objectifs de Développement Durable, se substituant au PIB et aux ratios de dette et de déficits publics, comme moyen de pilotage de l’action publique. Elle devra proposer au niveau des entreprises des nouvelles manières de faire leurs comptes en intégrant leurs impacts positifs et négatifs sur les écosystèmes.

    L’heure n’est pas aux disputes de cour de récréation. Elle est aux visions amples et courageuses face aux périls qui nous menacent.

    Une feuille de route internationale pour accélérer le changement de modèle
    Disposant de ce référentiel, il est nécessaire de construire à grands traits une feuille de route, à partir de l’identification de leviers de transformation clefs. Evoquons en quelques-uns, en intégrant bien sûr les initiatives en cours.

    Les objectifs de développement durable
    Les objectifs de développement durable

    1 La construction d’un tableau de bord synthétique issu des Objectifs de Développement Durable adoptés en 2015, mettant un terme à l’idolâtrie du PIB[6], approprié politiquement[7] et permettant de suivre l’état des ressources ce que ne permettent pas les signaux économiques[8]. Il doit nous permettre aussi d’abandonner le mode de pilotage des « plans d’ajustement structurel », imposés par les organismes internationaux, comme récemment à la Grèce, et fondés sur une batterie d’indicateurs inadaptée (PIB, dette et déficit publics, inflation, ). Ils ne permettent pas d’avoir une vue globale de la situation[9].

    Dans les pays en développement en particulier, la lutte contre la pauvreté et l’illettrisme, pour l’éducation et l’émancipation des femmes[10] est essentielle pour limiter la croissance démographique, enjeu clef du XXI°s.

    2 La mise en œuvre accélérée de grands programmes d’investissement visant à réduire les émissions de Gaz à effet de serre et à rendre les économies plus résilients au changement climatique.

    3 La mise en place de prix du carbone suffisants (en fonction des régions du monde et des secteurs) avec les outils adéquats, comme le recommande le rapport de la commission présidée par Nicolas Stern et Joseph Stiglitz publié en 2017[11].

    4 Le renforcement des droits liés à l’écologie dans le droit international, européen et national est stratégique. Le pacte mondial pour l’environnement est une initiative qui va dans le bon sens, comme les propositions faites dans le cadre de la réforme pour la constitution. La multiplication des procès intentés par les victimes du changement climatique et des pollutions chimiques de toutes sortes est facilitée par le durcissement du droit et met les acteurs devant leurs responsabilités.[12]

    5 L’architecture des institutions internationales, issues de l’accord de Bretton-Woods, doit être revue en profondeur pour faire des enjeux écologiques, fondement de notre vie sur terre, le cœur de la vie économique. A ce jour, ce sont les enjeux commerciaux et financiers qui priment, avec l’OMC et le FMI. Ce phénomène va d’ailleurs en s’accentuant avec la multiplication des accords bilatéraux tels le CETA (avec le Canada) ou le Jefta (avec le Japon).

    Il faut soit créer une Organisation Mondiale de l’Environnement dotée de moyens et de pouvoir de coercition, soit revoir les mandats des institutions existantes pour qu’elles intègrent ces questions au cœur de leurs politiques et cessent de les considérer comme des suppléments d’âme ou des externalités. De manière synthétique nous avons besoin d’un nouveau Bretton Woods incluant évidemment les BRICS.

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    6 La mise en place de référentiels comptables tant au niveau des entreprises que des collectivités publiques, adaptés à la nouvelle donne[13] et incitant les entreprises, les financiers et les dirigeants politiques à prendre en compte le long terme et à sortir de la « tragédie des horizons », selon la formule de Mark Carney.

    7 La mise en place de régulations publiques fortes dans le domaine de la finance pour la rendre responsable[14], à commencer par la limitation de la libre circulation des capitaux.

    8 La mise en place de limitations aux champs de la propriété privée et du marché, notamment pour ce qui est relatif aux biens communs[15] dont notamment les écosystèmes. Symétriquement la valorisation des expériences territoriales de gestion partagée des écosystèmes comme les écovillages.

    9 La limitation et la sanction des abus de pouvoir et de droit (qu’ils soient liés à l’argent ou à la politique), les rémunérations excessives[16], la fraude fiscale[17] et assimilée, le mensonge volontaire (dans la communication et la publicité) et la déformation des travaux scientifiques[18], l’incitation à des pratiques nuisibles (pour soi, pour les autres et pour l’environnement[19]).

    10 L’élargissement de la responsabilité (sur la base du projet de traité international négocié dans le cadre de l’ONU) des multinationales de sorte qu’elles ne puissent se défausser de leur responsabilité amont (chaîne de fournisseurs et sous-traitants) et aval (impacts sur les clients) en matière de droits humains et d’environnement. La loi française sur le devoir de vigilance[20] va ainsi dans le bon sens ; de même que le projet d’instrument international juridiquement contraignant visant à réglementer les activités des sociétés transnationales et autres entreprises commerciales mené par le Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU.

    11 La garantie qu’en matière de gouvernance des entreprises[21], sont respectés un certain nombre de règles minimales (parité homme-femme, représentation des salariés dans les instances dirigeantes, encadrement des rémunérations, etc.).

    12 La modification de la conception de l’entreprise pour sortir définitivement de la logique néolibérale selon laquelle sa finalité serait uniquement la « création de valeur » pour l’actionnaire [22]

    Les priorités au niveau européen
    L’Europe est un continent économique puissant, de haut niveau scientifique et culturel, riche au plan agricole, attractif au plan climatique et paysager, mais très fragile en termes de ressources énergétiques et minérales. Un modèle sobre, bas-carbone et circulaire relève de son intérêt stratégique, de même que l’accroissement de sa capacité de résilience face au changement climatique en cours . Vu au macroscope, elle peut devenir un leader de la transition énergétique et écologique.

    Pacte Finance Climat
    Pacte Finance Climat

    Les élections européennes se tenant en 2019, la priorité première est de faire en sorte que ces enjeux soient au centre du débat politique. Pour cela, il faut apporter des propositions comme celle du pacte finance-climat, qui focalise l’attention sur la nécessité de financer massivement un plan d’investissement bas-carbone et propose des solutions concrètes.

    Plus globalement, la transition écologique peut redonner sens à l’Europe et éviter son effondrement. Un haut niveau d’ambition est nécessaire. Il semble notamment inévitable de réviser les traités européens en profondeur ; malgré de louables déclarations d’intention en matière de développement durable ce qui domine dans les faits ce sont :

    la poursuite de la dangereuse chimère de marchés entièrement ouverts sur les 4 plans (biens, services, travail et capitaux) et la politique de la concurrence.
    une vision étroitement comptable et budgétaire (et des règles inadaptées en matière de déficits et de dettes publiques) qui enlève tout sens au projet européen.
    La refonte des traités européens doit s’envisager en fonction des deux pistes précédentes.

    Deuxièmement, il est stratégique de relancer sans attendre, des projets d’investissement porteurs de sens qui rendront l’Europe (plus exactement l’ensemble des pays qui seront d’accord) plus résiliente (au changement climatique et aux tensions sur les ressources) et fonderont sa prospérité sur les valeurs clefs évoquées ci-dessus (sobriété, économie bas-carbone et circulaire, résilience, coopération). Pour y arriver Il faut sortir explicitement du calcul du déficit public[23], les investissements favorables à la transition écologique et, pour objectiver cette notion, en même temps soutenus par la BEI[24], dont la rigueur est reconnue. Quant au financement de ces investissements, une piste[25] est clairement à privilégier, également proposée par l’OFCE dans le rapport cité (p.126): « Pour financer un plan européen d’investissement plus ambitieux que le Plan Juncker, des institutions comme le Mécanisme européen de stabilité et/ou la BEI pourraient émettre des obligations qui seraient en retour acquises par la Banque centrale européenne, dans le cadre de son programme de Quantitative Easing[26].

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    Enfin, la réforme de la PAC qui a été lancée (pour son application post-2020) est l’occasion de faire progresser un nouveau modèle agricole, résilient et durable. Là aussi le combat va être âpre mais les citoyens sont de plus en plus sensibles aux enjeux santé-environnement, les agriculteurs à la recherche de modèles économiques qui leur permettent de survivre, ce qui n’est plus cas du modèle actuel (sauf pour quelques exceptions). A nouveau, la logique étroitement comptable doit être abandonnée : l’émergence de ces nouveaux modèles doit être accompagnée.

    Les priorités au niveau français
    Rappelons d’abord que notre pays a la chance de disposer de leaders mondiaux dans le domaine de l’énergie, des services énergétiques et environnementaux, des infrastructures, d’une attractivité croissante dans le domaine de la finance carbone, et d’une capacité scientifique et d’innovation de haut niveau. C’est par ailleurs un « pays de cocagne » tant pour l’agriculture que pour le tourisme. Ces atouts sont à conserver et développer, et la transition écologique en est un garant. Il est donc possible de concilier transition écologique et développement économique.

    Au niveau national, les actions sont à mener à trois horizons distincts.

    A court terme c’est la bataille quotidienne pour que l’écologie perde le moins d’arbitrage possible et que le système d’incitations (taxes, subventions, règlements) soit bien orienté. Cette bataille pourrait être facilitée par la mise en place d’un tableau de bord de la transition écologique porté par le gouvernement et bien sûr par une révision ambitieuse de la constitution.
    A horizon de deux ans, l’enjeu clef est budgétaire.
    Comme je l’ai écrit avec Gaël Giraud dans une tribune récemment publiée par Alternatives Economiques « On ne fera pas plus d’écologie avec moins de moyens« , or c’est ce qui se prépare.

    Le grand plan d’investissement, prévu au programme d’Emmanuel Macron, doit ressortir de l’oubli, tout comme il est urgent de mettre fin à la logique mortifère actuelle qui centralise sur Bercy un pouvoir énorme et mène à couper dans les dépenses sans vision d’ensemble et sans cohérence avec l’enjeu vital de la transformation. Les investissements écologiques doivent être sortis du calcul du déficit budgétaire, comme le ferait toute entreprise qui ne confond pas ses investissements avec ses dépenses de fonctionnement. (voir sur ce point l’appel que nous avons lancé avec Alternatives Economiques ).

    Cela étant, même accrus, les moyens publics ne suffiront pas. Il faut continuer à développer des partenariats permettant de mobiliser de manière coordonnée les financements privés et publics. Dans le domaine de l’énergie, il faut toujours plus de coopération entre les laboratoires de recherche publique et les investisseurs privés.

    A plus long terme, il s’agit de mettre au cœur d’un programme de gouvernement, le nouveau modèle économique évoqué ci-dessus, sobre en carbone, circulaire, résilient et équitable ainsi que la feuille de route permettant sa mise en place.
    Les actions à mener au niveau territorial
    Miser vraiment sur la transition écologique
    Miser vraiment sur la transition écologique

    De nombreuses initiatives se prennent à ce niveau où l’engagement individuel peut s’exprimer plus facilement C’est une échelle intermédiaire entre celle des petits gestes du quotidien et, celle, développée plus haut, de la dimension macro-économique. Pour autant les questions (sociales, politiques, techniques, architecturales, etc.) qui s’y posent sont assez délicates. Sur ce plan il y a un énorme besoin de mobilisation, fertilisation croisée, partage d’expériences, élimination des fausses bonnes idées, etc. à mettre en oeuvre très rapidement, si l’on veut que les choses avancent. Citons à titre d’exemple le développement des éco-villages[27] : les Colibris (France), Sekem (Egype), Auroville (Inde), Gaviotas (Colombie), Picarangua (Brésil), celui du Sustainability Institute de Stellenbosch (Afrique du Sud). Nous avons écrit avec Hélène Le Teno, le livre « Miser vraiment sur la transition écologique » qui présente de nombreux autres exemples de réussites

    Conclusion
    Nous sommes pris dans une course de vitesse, du fait de la crédibilité de la menace de l’effondrement, qui nous impose une transformation sociétale profonde. Le monde économique de demain est à inventer et nous avons tout pour y arriver. Qu’on respecte la limite des 2 degrés strictement ou pas, nous allons devoir conduire des modifications structurelles de notre société. Nous pouvons nous mettre à l’œuvre dès aujourd’hui et participer ensemble à cette aventure extraordinaire et ce à tous les niveaux, de l’international au territorial.

    Alain Grandjean

    Notes
    [1] Ce qui revient à utiliser cet « outil méthodologique » qu’est le « macroscope » popularisé par Joël de Rosnay. Voir Le macroscope. Vers une vision globale. Le Seuil, 1975
    [2] Voir notre article « Le capitalisme est-il responsable de la destruction de la biosphère et de la montée des inégalités ».
    [3] Notons d’ailleurs que ces faiblesses de notre système économique sont très mal représentées dans les modèles macroéconomiques dominants. Voir la note écrite avec Gaël Giraud sur le sujet : Comparaison des modèles météorologiques, climatiques et économiques: quelles capacités, quelles limites, quels usages ? Mai 2017
    [4] La démographie ne sera limitée à terme au niveau mondial que si le développement économique est suffisant partout. Cette limitation est au niveau mondial un enjeu essentiel du XXI° siècle, au plan social et au plan écologique. Par ailleurs, dans les pays développés, il est illusoire de croire possible la limitation de l’empreinte carbone des classes modestes, sans réduire celle des plus riches. Or l’empreinte carbone est une fonction croissante des revenus.
    [5] Voir sur ce blog, notre recension du livre L’entre-aide, l’autre loi de la jungle – Gauthier Chapelle et Pablo Servigne, Les liens qui libèrent, 2017.
    [6] Voir Tim Jackson, Prospérité sans croissance, de Boeck, 2°ed. 2017, Florence Jany Catrice et Dominique Meda, Faut-il attendre la croissance ?, La documentation française, 2016. Et pour la France la Loi n° 2015-411 du 13 avril 2015 visant à la prise en compte des nouveaux indicateurs de richesse dans la définition des politiques publiques
    [7] Ce tableau de bord doit être communiqué et porté au plus haut niveau dans les pays et les institutions internationales.
    [8] Voir Nicolas Bouleau, Le mensonge de la finance, Les éditions de l’atelier, 2018. Et la recension de ce livre sur ce blog
    [9] Les 10 graphiques d’Alternatives Economiques faisant le point sur la situation de la Grèce en 2018 sont beaucoup plus parlants que les indicateurs macroéconomiques « standard » ; voir
    [10] Voir Gaël Giraud, L’éducation des jeunes filles est un défi pour le XXI°s., Le Monde, 7 mars 2018 et son interview ici :
    [11] Rapport de la Commission de haut niveau sur les prix du carbone, 2017.
    [12] Pour en savoir plus sur les dernières évolutions juridiques en la matière (procès climatiques, personnalité juridique donnée à des fleuves etc.), consultez les articles suivants : Aux Pays-Bas, les retombées vertueuses de la justice climatique The Conversation 16 juillet 2018 ; Justice climatique : en Colombie, une décision historique contre la déforestation The Conversation 20/05/18, ou L’écocide, un concept-clé pour protéger la nature Le Monde 19/05/17. Voir aussi les débats en cours autour de la réforme de la constitution (sur le site de Novethic, du Journal de l’Environnement) et les mouvements en faveur d’une loi relative au bien-être animal (par exemple ici).
    [13] Voir notamment Jacques Richard Comptabilité et développement durable, Editions Economica, 2012 et les réflexions en cours sur les normes comptables internationales IFRS. Voir aussi la tribune Trois mesures pour sortir du désastre écologique, Claude Henry, Le Monde (05/09/18)
    [14] Voir le rapport du secours catholique, La finance aux citoyens, mettre la finance au service de l’intérêt général. http://lafinanceauxcitoyens.org/, le livre d’Alain Grandjean et Mireille Martini, Financer la transition énergétique, Les éditions de l’Atelier, 2016.
    [15] La Gouvernance des biens communs : Pour une nouvelle approche des ressources naturelles [« Governing the Commons: The Evolution of Institutions for Collective Action »], Commission Universite Palais, 2010.
    [16] Aux États-Unis, certains dirigeants de hedge funds gagnent 20 000 fois plus qu’un ouvrier. La rémunération des patrons du SBF 120 en 2016 a été en moyenne 132 fois plus importante que celle de leurs salariés. Il est évidemment difficile de fixer une limite ; Ford considérait qu’il ne fallait pas dépasser un ratio de 1 à 40 au sein d’une entreprise entre les rémunérations les plus faibles et les plus élevées. L’Etat français a fixé en 2012 la limite de la rémunération annuelle des dirigeants des entreprises publiques à 450 000 euros. Gaël Giraud et Cécile Renouard proposent un ratio de 1 à 12 http://bit.ly/2h06z84. Proxinvest recommande un plafonnement à 240 SMIC (Rapport sur la rémunération des dirigeants en 2015 http://bit.ly/2fy29jW).
    [17] Le recours aux paradis fiscaux est incompatible avec la notion de capitalisme responsable (or l’ampleur de cette fraude est considérable, voir La richesse cachée des nations de Gabriel Zucman, Le Seuil, 2013 réédité 2017) tout comme les pratiques fiscales des GAFA et autres grands groupes multinationaux.
    [18] Voir Naomi Oreskes et Erik M. Conway, Les marchands de doute, ou comment une poignée de scientifiques ont masqué la vérité sur des enjeux de société tels que le tabagisme et le réchauffement climatique, Le Pommier, 2012.
    [19] Comme par exemple l’obsolescence programmée ; voir plus généralement les travaux de Thierry Libaert sur la publicité responsable).
    [20] La loi relative au devoir de vigilance des sociétés mères et des entreprises donneuses d’ordre loi votée le 27 mars 2017 oblige les entreprises de plus de 5 000 employés en France, ou 10 000 si le siège social est à l’étranger, à publier et mettre en œuvre un «plan de vigilance» pour «prévenir les atteintes graves envers les droits de l’homme, les libertés fondamentales, la santé et la sécurité des personnes, ainsi que l’environnement» chez elles et chez les sous-traitants ou fournisseurs avec qui elles entretiennent «une relation commerciale établie». Voir le texte de la loi sur Légifrance.
    [21] Voir par exemple Cécile Renouard, Ethique et entreprise, les Editions de l’Atelier, 2015
    [22]. En France le rapport Notat-Sénard a fait un premier pas, notamment en proposant une réforme du code civil. On se doit d’être plus ambitieux. Voir la proposition de Daniel Hurstel dans Gaël Giraud et Cécile Renouard (Dir.) 20 propositions pour réformer le capitalisme, Flammarion, 2009, et les travaux du programme « Gouvernement de l’entreprise & création de commun »
    [23] Investissement public, capital public et croissance – Xavier Ragot et Francesco Saraceno (dir.) – OFCE 2016.
    [24] Voir l’article 1 million de projets pour la transition écologique, Gaël Giraud Alain Grandjean et Mireille martini, Libération, 29 juin 2018.
    [25] Une autre possibilité, imaginée par la Commission européenne début 2016, consiste à exclure de la cible de dette la dette émise en contrepartie de la participation au plan de relance européen.
    [26] Cf IAGS (2015), Independent Annual Growth Survey – A Diverging Europe on the Edge
    [27] Voir Jonathan Dawson Les écovillages : Laboratoires de modes de vie éco-responsables Ed. Yves Michel, 2010

    1. Il va y avoir quelqu’un pour se farcir ce pavé en vue d’agir ?

      La révolution française ne s’est pas faite « parce que » les Lumières avaient pensé , mais parce que le peuple autre que la noblesse avait faim et envie de justice dans l’usage des biens . Des aspirations complètement animale et sociale dirait Aristote .

      C’est pourquoi l’idée des gratuités me parait à la fois simple ( les opposants diront simpliste) et mobilisatrice en ce qu’elle répond à une aspiration sociale largement répandue ( par vertu ou par paresse , peu importe , les paresseux devront suivre la nouvelle Loi vertueuse ) .

      Par une direction ( j’ai parlé de drapeau et ça n’a pas plu à ceux qui ont vu le doigt ) facile à expliquer , comprendre et repérer , on interroge de fait tous les rouages ( dont l’articulation marché /démocratie , compétition/coopération, privé/public et presque tout ce qui a pu être mis en avant sur ce blog ) qui sont rappelés pour la nième fois dans ce texte , en faisant obligation de les modifier au rythme qu’on sera capable de supporter .

      1. Juan,
        Que voulez vous dire quand vous dites « Il va y avoir quelqu’un pour se farcir ce pavé en vue d’agir »?
        Que cet article ne sert à rien parce que trop long? trop compliqué? trop complexe?

      2. je veux dire qu’il peut concerner celles et ceux qui pourraient avoir l’envie et le talent de mettre en œuvre les solutions atteignables en accompagnant un désir populaire « d’autre chose » , mais ce n’est pas lui qui mettra un peuple en marche , car la marche ne se décrète pas par un raisonnement mais par un désir .

        Toujours cette histoire de corps et d’esprit , d’anarchisme et de philosophie .

        Mais il est bien évident que « l’explosion » ne sert à rien si la raison ne prend pas le relai , et qu’elle le prendra d’autant plus efficacement et justement si elle y a réfléchi .

        « Exploser » par l’appétence aux gratuités me semble un bon carburant , car c’est à la fois un but et un moyen .

      3. ok Juan, je préfère cette explication qui tempère l’impression initiale de votre post très négatif.
        Arkao j’avais ajouté ceci en préambule : « à croiser avec les réflexions de Paul Jorion. »

        Ne jamais oublier qu’il y a un quoi? et un comment? pour essayer résoudre un problème (a minima).
        Et que face à des problèmes complexes, si la philosophie de résolution doit être claire, la mise en oeuvre compte aussi beaucoup: le comment.
        Cette question du « comment? » est tout à fait légitime et indispensable. Ce n’est pas parce qu’elle est instrumentalisée (Brice Couturier sur France Culture face à Paul il y quelques années) qu’il faut l’écarter.

      4. Pour le moment il y a plus de monde pour donner des solutions ou en exiger , que suffisamment de monde pour lire l’énoncé ( qui , comme toujours contient la solution ) .

        Parler de gratuités permet à la fois de lire correctement l’énoncé et d’offrir un premier levier pour les solutions .

      5. Juan,
        La gratuité est un outil de redistribution des richesses avant tout. C’est un objectif simple et mobilisateur.
        Toutefois la réduction des émissions de GES pour limiter le réchauffement à 2°C est un problème économique et technique plus spécifique, et/ou dont il n’est pas évident du tout qu’il soit réduit par la gratuité.
        si on reste à PIB constant (redistribué plus équitablement) on n’atteindra probablement cet objectif du +2°C.
        Là est mon point et ce’st pour ça que j’estime que les propositions essentielles de Paul doivent être complétées par des considérations plus spécifiques au réchauffement.
        A ce titre mettre à la poubelle le système des COPs (conférence des parties) comme le fait Paul est à mon avis un contresens et une grave erreur « Les grandes déclarations d’intention comme la Cop 21 sont stériles ».

      6. « cela SEMBLE déjà cuit »
        Pour l’instant c’est cuit a 1.3C et c’est déjà dur, pour mes gosses si on fait 2.5C plutôt que 3.5C-4C ca vaut la peine de se bouger le cul.
        COmme vient de ld ire Aureline Barreau sur France culture a l’instant 13:19: « d’abord on sauve le monde »

      1. Machinerie qui s’est mise en place sur le long terme:

        1673 : Création du premier « régime de retraite » pour les marins par Colbert.

        1881-1889 : Création en Allemagne du premier système complet d’assurances sociales à l’initiative du Chancelier Bismarck.

        8 avril 1898 : Loi assurant la protection contre les accidents du travail des salariés de l’industrie (modification du régime de responsabilité civile : le salarié bénéficie d’une protection générale, son dommage est réparé soit directement par l’employeur soit par des caisses permettant la mutualisation des coûts entre les employeurs).

        5 avril 1910 : Loi créant le premier système interprofessionnel de retraite au bénéfice des salariés faiblement rémunérés des secteurs industriels et agricoles, les retraites ouvrières et paysannes .

        5 avril 1928 et 30 avril 1930 : Lois créant au bénéfice des salariés de l’industrie et du commerce le premier système complet et obligatoire d’assurances sociales (couverture des risques maladie, maternité, invalidité, vieillesse, décès).

        11 mars 1932 : Loi créant au bénéfice des salariés de l’industrie et du commerce le premier système obligatoire de versement d’allocations couvrant les charges familiales (« sursalaire » familial) financées par des versements des employeurs.

        14 août 1935 : Social security act aux Etats-Unis sous la présidence de F.D. Roosevelt. Première reconnaissance juridique du terme « sécurité sociale ».

        – La création de la Sécurité sociale, le « plan » de 1945 mis en oeuvre par Pierre Laroque

        Mars 1944 : Le Conseil National de la Résistance propose dans son programme un « plan complet de sécurité sociale visant à assurer, à tous les citoyens, des moyens d’existence dans tous les cas où ils sont incapables de se les procurer par le travail ».

        4 et 19 octobre 1945 : Ordonnances assurant la création du système de sécurité sociale en France sur le modèle « bismarckien » (gestion par les partenaires sociaux, financement par des cotisations à la charge des employeurs et des salariés) ainsi que la refonte du système des assurances sociales des années trente, reconnaissance du rôle complémentaire des mutuelles. Si l’ordonnance du 4 octobre crée un régime général ayant vocation à rassembler l’ensemble des actifs (salariés des secteurs privé et public, exploitants agricoles, travailleurs indépendants et secteurs spécifiques d’activité), elle reconnaît également la possibilité de maintien de certains régimes particuliers de sécurité sociale préexistants (régimes dits « spéciaux »).

      2. @Arnaud :

        L’exemple de la Sécu ( et des organisations qui l’avaient précédée avant que le CNR n’en fasse loi ) , est un excellent exemple de l’envie qui précède l’outil aussi compliqué soit -il !

        L’anarchisme précède le philosophe , et c’est leur union qui fait la réussite .

        Mais c’est toujours un peu le combat des égos : » joins toi d’abord à moi si si tu veux que je te rejoignes . »

        J’ai déjà avancé la clé qui me semble nécessaire pour « ponter » les deux : la responsabilité via la fraternité .

      3. Car c’est bien , comme il apparait dans le programme du cycle de conférences de Paul Jorion ( où j’ai tout pigé en le lisant ) , la Responsabilité qui nous fait homme , à la terrible différence de l’Imputabilité .

      4. Sur la trame du cycle , j’avais un peu buté sur le titre du point n° 1 , car , à en lire le développement , j’ai l’impression qu’en fait , c’est la description de 4 « scenarii » différents qui sont donnés en illustration . Comme il s’agit de quatre scenarii catastrophes , on est cependant heureux de retrouver ,au point 6 , les pistes phares de première urgence.

        Dont il serait « soulageant » de dire peut être , à ce moment là, qu’elles ambitionnent de nous faire échapper aux quatre cauchemars du point 1 .

    2. Pourquoi se faire un objectif du PIB constant ?

      On peut avoir du bien être ( il y a du feel-good partout ces temps ci ) sans avoir l’œil sur le compteur de PIB .

      Ce qui n’empêche pas d’avoir un œil sur le thermomètre et le réchauffement climatique , mais si on doit réduire la voilure , qu’on sache au moins pourquoi et que ça en vaille la peine .

      Je préfère payer des impôts pour un peu de justice que pour la compétitivité des entreprises ou un degré de moins .

      Quand je dis « je » , ça veut dire qu’il est plus facile de mettre en marche notre espèce pour plus de justice et de satisfaction des besoins vitaux ( moteur du désir ) , que pour respecter un objectif numérique ( place de la raison ). Le talent du politique ( qui n’a malheureusement plus que des objectifs chiffrés ) c’est de transformer le désir en résultats « feeelgood » pour tous .

      1. Mais évidement.
        Pourquoi je dis à PIB constant? C’est parce que je n’ai pas vu de mention de ce que la gratuité entrainerait comme baisse du PIB. Or le PIB est corrélé à la conso d’énergie, qui est tirés 85% d’énergies fossiles (énergie primaire), et donc aux emissions de GES correspondantes qui causent le réchauffement.
        Si on veut limiter à 2°C en 2100 ça veut dire diviser par 4 les émissions en 2050 par rapport à 1990 (-75%) et devenir neutre voire en émissions négatives (recapture des GES) en 2100. En terme de PIB -75% ca voudrait dire revenir au niveau des Années 1980.
        La bonne question à se poser c’est combien la gratuité + interdiction de la speculation permettrait elle de réduire comme émission en 2050 et 2100, donc combien en réduction de PIB (plus équitablement redistribué)?. Si on atteint les objectifs que j’ai décrit en émission> c’est parfait tout va bien .
        Mais si les mesures de PAul ne suffisent pas à diminuer ces émissions (ex -75% en 2050) et bien ça ne changera pas fondamentalement le réchauffement climatique et donc la sauvegarde de l’humanité….
        C’est pour ça que j’insisite sur la mécanique et les détail avec l’article de Grandjean (3 feuilles A4 en police 11) ce qui prends 10 minutes à lire…

      2. @Arnaud :

        Prenez 1000 personnes ( c’est parait il la taille minimale pour les sondeurs … en France ) , et mesurez combien liront « votre » texte , combien y consacreront plus de 20 secondes , combien de ceux qui l’auront lu en 10 minutes l’auront compris , combien de ceux qui l’auront compris l’auront accepté , combien de ceux qui l’auront compris et accepté seront prêts à s’engager pour l’exécuter , combien de ceux qui seront prêts à s’engager seront d’accord pour s’associer ….

        Je parie pour un « combien » final variable entre 1 et 5 .

        Par contre , si vous prenez les mêmes 1000 en leur mettant les attendus du programme de Paul Jorion sous le nez avec un drapeau « gratuités » et justice , vous en trouverez bien de 60 à 80 % qui désireront aller dans cette direction là . Vous risquez bien sur d’en perdre quand il faudra « turbiner » l’affaire , mais je suis certain que « la majorité » comprendra, acceptera, agira dès lors que le but se traduira dans la vie de chaque jour, sans se laisser impressionner par les haut-parleurs .

        Il ne doit d’ailleurs pas être bien difficile de faire comprendre et partager que pour être juste , il faut d’abord être vivant , comme il n’est pas bien intéressant ( humain ?) d’être vivant sans être juste .

      3. Juan Vous me parlez adhésion au message, ce qui a du sens…. mais moi je vous parle de politiques pour rendre effectif le message….

      4. Il y a plusieurs façons de faire suivre l’intendance :

        – « coûte que coûte » : stupide
        – au rythme du combat : prudent mais parfois insuffisant .
        – dans le combat en l’adaptant voire en la mettant au service tactique du combat .

        Mais l’acte premier c’est d’abord de savoir pourquoi on va au combat et ce qu’on en attend , ainsi qu’une première estimation des forces et faiblesses et de l’assentiment des troupes. ( et parfois aller au combat alors qu’on ne se voit que des faiblesses et pratiquement pas d’intendance , Chaponick pourrait en témoigner ).

        C’est peut être bien pour avoir délaissé cette évidence qu’on se retrouve avec près de 60% d’abstentions , blancs et nuls .

  6. Bonjour,

    « Qu’est-ce qui nous retient d’agir ? Une sorte de prédisposition à penser que quoi qu’il arrive, la situation est à peu de choses près business as usual. La source de nos plus grands malheurs se trouve là : ce qui nous conduit à l’extinction, ce n’est pas un » instinct de mort « , c’est l’optimisme béat, l’esprit » Tout va très bien, madame la marquise ! « . »

    Le manque de confiance! « Qu ‘est ce qui nous retient d’agir? »: je réponds le manque de confiance des hommes envers les uns et les autres!Et pour moi, ce manque de confiance, il a en grande partie son origine dans le capitalisme.
    Pourquoi les pays ne se plongent-ils pas dans la transition écologique? Parce qu’ils savent que cela leur mettra des boulets aux pieds et que face aux pays qui resteront sans rien faire, ils perdront de la richesse. On tourne toujours sur la même question. Tant que le modèle dominant de notre civilisation sera le capitalisme, on ne pourra pas évoluer. Le capitalisme se base sur la compétition des hommes or aujourd’hui pour ces questions écologiques on a besoin de coopération. Dilemme!
    Donc, je dirais qu’il faut faire d’abord une révolution culturelle avant de penser à faire une révolution technologique.
    Le combat doit se passer sur le terrain des idées. On manque aujourd’hui d’alternative possible au capitalisme surtout depuis l’échec du communisme. Ce dernier n’était d’ailleurs qu’un type particulier de capitalisme comme vous le dites du capitalisme d’État!
    Pour l’heure, les alternatives on les attends! A moins que je me trompe, je ne vois pas quelqu’un dans le monde porter une nouvelle vision de l’Humanité. C’est le vide actuellement!
    Bien entendu, on peut parler de l’idée de la gratuité mais elle a besoin d’être encadré dans une vision plus large de la société. Les questions que vont se poser les gens, pourquoi la gratuité? comment vont se répartir les tâches dans une société de la gratuité? etc, etc ….En fait, quel est le fond idéologique de tout çà! C’est ce travail qu’il reste à faire.
    En ce début de millénaire bien entamé, on est à un carrefour! Où sont nos Lumières? Où sont nos grands Philosophes porteur de rêve et d’espoir! Finalement, est ce que cela ne serait pas plutôt ce vide idéologique, ce « no alternative », notre plus grand échec actuel?

    bonne journée les amis!

    1. Le vide idéologique ne signe-t-il pas l’achèvement des croyances qui ont eu la peau très dure : croissance illimitée, communisme, capitalisme ?
      Dans ce cas le vide est l’étape nécessaire avant recomposition des représentations que nous pouvons nous faire de la société.
      C’est donc le moment pour parler de la gratuité, les esprits sont plus disponibles, puisque tout le reste a échoué.

    2. Malheureusement la peste brune est déjà en train de remplir le vide, dans ce coin du monde qu’on nomme l’Europe, avec la complicité de la chiasse blanche, sa fiction technologique pour l’essentiel. Et dire que nos grands philosophes contemporains ne peuvent plus faire une phrases sans citer la fausse profondeur de ce type : Heidgger. Jugez par vous même du niveau et de la dérive.

      Avant que d’être un vermisseau perdu dans le cosmos, car j’ai bien conscience des limites comme de mes limites, je suis un homme qui utilise les outils, somme toute dérisoire, pour ré-organiser le langage, parfaire le désir, goûter aux sens, construire, contempler, aimer, et redemander de la beauté comme un assoiffé – lutter contre la mort, quand une feuille se détache d’un arbre parce que c’est un moment d’ultra- sensibilité qui ne tombe pas dans la mièvrerie que je sache.

    1. C’était en réponse à Pierre-Yves Dambrine, peut-être trop désabusé (pas lui, moi).

      « Did you get all that? Maybe you (we) ought to go back and take a look at what you (we) missed? » est de ma littérateuse anglaise (US) préférée. On voit facilement qu’elle ne s’encombre pas des réalités matérielles.

  7. Dernières lignes de « L’Âge des Low Tech », Philippe Bihouix.

    Secouons et réveillons nos timides hommes et femmes politiques, réduits à n’être que des (piètres), tentant de ménager la chèvre et le chou, dépassés par la complexité du monde et tétanisés par tout changement d’ampleur, qui risquerait de compromettre les résultats des prochaines élections.
    Leur indigence intellectuelle et leur absence de perspective sont proprement stupéfiantes. Mieux vaudrait pourtant qu’ils prennent, au plus vite, la mesure des frustrations et de la désespérance qui sont et seront générées par la tentative de statu quo.
    Parfois, l’Histoire s’accélère de manière surprenante, pas toujours dans le bon sens, et les signes avant-coureurs actuels ne présagent rien de bon.
    Enfin, au lieu de nous lamenter sur les renoncements qui seront nécessaires, rêvons à la manière dont nous pourrions transformer notre système économique, et nos vies. Convainquons-nous que nous méritons un monde bien plus charmant, bien plus agréable, une société plus solidaire et plus joyeuse, une civilisation apaisée, respectueuse de la nature et techniquement soutenable. Et surtout que nous en avons les moyens.
    Pour ce faire, j’aurais pu construire une utopie, et vous entraîner, par exemple, dans un rêve parisien, comme Louis-Sébastien Mercier. Parler d’une cité verte « idéale » aux pavés enherbés, aux parterres de jachères fleuries, aux lierres, glycines, passiflores et vignes vierges courant sur les façades, aux productions légumières et fruitières dans les anciens parcs. Décrire la conquête des avenues débarrassées des voitures, remplacées par les terrasses, les joueurs d’échecs, les activités sportives, musicales, artistiques, les vide-greniers. M’enchanter du retour de la nature, chauves-souris et mésanges dans les cours d’immeubles, abeilles et guêpes sur les marchés, mais aussi ─ eh non, il n’y aura pas que des choses bien, vous êtes prévenus ─ mouches bleues bourdonnantes sur l’étal du boucher et du poissonnier. Ou m’entretenir du nouveau système économique, culturel, moral, politique, avec d’imaginaires citoyens joyeux de l’âge des ‘low tech’.
    Mais n’est pas Mercier qui veut. Alors :
    « En attendant, tâchons de rendre les choses passables, ou, si c’est encore trop, rêvons du moins qu’elles le sont. […] Ô mes chers concitoyens ! Vous que j’ai vu gémir si fréquemment sur cette foule d’abus dont on est las de se plaindre, quand verrons-nous nos grands projets, quand verrons-nous nos songes se réaliser !
    Dormir, voilà donc notre félicité ».
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Louis-S%C3%A9bastien_Mercier
    https://fr.wikisource.org/wiki/L%E2%80%99An_deux_mille_quatre_cent_quarante/Avant-propos

  8. Mr Jorion , je suis très étonné d’un tel manque de lucidité : la gratuité n’existe pas , pour le dire de façon certes « lapidaire » ,car tout a un coup .
    je peux difficilement entrer dans le détail , car il faudrait étayer sur les plans psychologique,économique,politique…
    je ne fais qu’observer nos réactions « stupides » (au sens de stupeur) à ce qui nous tombe dessus depuis 80 ans et qui se transforme petit à petit en un énorme soliton qui risque de nous emporter.
    un être humain est totalement impuissant quand s’abat sur lui des tonnes d’eau (il ne pèse que <0.100 tonne lui-même)
    l'urgence était d'actualité en 1970 !!!!. le souvenir des horreurs des années de guerres de terreurs étaient encore "moteurs" , mais on a "tapé" en touche avec un nouveau type de libéralisme.
    actuellement , homo sapiens ne saurait agir que sur le mode "éloge de la fuite" (cf Laborit , voire Cyrulnik) , ce qui peut expliquer ce mode "tout va très bien , Mme la marquise".
    Essayez par exemple d'imaginer les modalités d'instauration de la gratuité pour les besoins essentiels (ce dont je rêvais quand j'avais 20 ans ) sur l’ensemble de la planète , dans un temps relativement réduit.
    hormis l'instauration d'un régime planétaire totalitaire , contrôlant tout ou presque , quel modus politique proposez vous pour faire valoir votre projet ?
    Qui serait l'initiateur de ce type de gouvernance ?
    Je comprends la rage de votre impuissance depuis que vous dénoncez (avec beaucoup d'autre , car par exemple , dès la fin des années 80 j'avais pigé "la folie" des produits financiers( parce que n'étant pas ni économiste , ni politicien , je ne m'appuyais que sur les connaissances de mon domaine professionnel que je vous laisse deviner) ne pouvant que déboucher sur des crises , comme beaucoup d'autres personnes , d'ailleurs)
    Le problème , étant , qu'à force de faire des propositions aussi peu réalistes vous accentuiez le sentiment d'impuissance de vos lecteurs également ….
    cordialement

    1. J’irais même plus loin : ce sont probablement mes propositions irréalistes qui, en désespérant dans un premier temps mes lecteurs, ont désespéré le reste du monde ensuite par contagion. Mais rassurez-vous : je promets qu’en 2050 je ne ferai plus aucune proposition irréaliste (ni réaliste d’ailleurs).

      Voilà ! Vous êtes un peu calmé, mon ami ? Une goutte de cordial, peut-être ?

      1. « Voilà ! Vous êtes un peu calmé, mon ami ? Une goutte de cordial, peut-être ? »

        bigre !!! d’où vous viens ce diagnostic lapidaire ?

        en tout cas , je vous retourne le compliment , à voir cette réaction.
        et vous invite à venir trinquer avec moi , quand vous passerez près de chez moi.

         » ce sont probablement mes propositions irréalistes qui, en désespérant dans un premier temps mes lecteurs, ont désespéré le reste du monde ensuite par contagion »

        vous vous attribuez beaucoup de pouvoir, mais bon , il s’agit vraisemblablement d’autodérision.

        j’ai l’impression que je fonctionne comme un miroir à chacune de mes rares interventions depuis l’ouverture de votre blog.

        Finalement , la plupart de mes posts disparaissant rapidement…sauf un que vous avez « iconisé » sans le savoir peut-ètre ?

        pour rester sérieux , je n’adhère pas à vos thèses » déclino-constructivistes » , même si elle font parties de votre rhétorique volontiers maïeutique .
        Sauf que vous utilisez le mauvais forceps.

        homo-sapiens va devoir se remettre en question(le mot est faible , j’en convient) pour affronter les immenses problèmes auxquels il est confronté , qui tiennent aussi bien à l’évolution millénaire de nos sociétés que la façon dont il gère les technologies à sa disposition dans le monde contemporain.
        Sacré défi ++++

        comme je le répète , sur ce site comme ailleurs , il doit quitter la problématique de la gestion des rapports de force (la politique) et passer à autre chose touchant à une organisation de la prise en compte ( le mot gestion ne me plait dans ce registre) de notre « fonctionnement » total (global, synthétique, ..) , à savoir questionner systématiquement le désir (inconscient + conscient) (définition très lapidaire , bien sùr) avant de questionner son rapport à l’autre.

        votre souhait de pro-voquer (pro + vocare) est certes louable , mais je veux seulement attirer votre attention sur la méprise que vous faites dans l’appréciation de la réalité des problèmes dont vous témoigner à juste titre.

        je reste donc très étonné , que dans tout le travail que vous faites sur les fonctionnements de l’argent de l’économie , cela ne vous amène pas Là où c’Est.

        Car , C’est là que réside l’espoir .
        Je pense que l’espèce humaine est prête pour cette « révolution « .

        bien cordialement

      2. a113
        C’est tellement peu réaliste que la ville de Dunkerque, après 31 autres villes dans l’hexagone, vient d’instaurer la gratuité totale des transports.
        https://www.liberation.fr/france/2018/09/04/a-dunkerque-les-transports-gratuits-ca-paye_1676590a La marchandisation arrive en bout de course, …. le marché des droits à polluer est un échec complet.

        Désolé, mais la gratuité c’est déjà dans l’air, pas nécessaire de se faire peur avec une gestion totalitaire.

    2. « la gratuité n’existe pas » mais bien sûr qu’elle existe la gratuité! Quand vous aidez quelqu’un à traverser dans la rue , c’est pas gratuit! Quand quelqu’un vous aide à trouver votre chemin, ce n’est pas gratuit!
      Et le soleil qui vous réchauffe, il n’est pas gratuit! Les cèpes que vous ramassez pour une omelette, ils ne sont pas gratuit! La gratuité, elle est partout mais vous ne la voyez pas et pourquoi?
      Le probléme est que vous voyez le monde avec vos lunettes « capitalistes » . Je vous rassure, je les ai aussi et nous tous sur ce forum. On a été formaté pour voir le monde d’une certaine façon.
      La gratuité, c’est la norme. C’est nous qui mettons un prix au chose!
      bonne soirée

      1. Oui , mais on peut s’en féliciter car c’est le seul bon moyen « civilisé » d’éviter la guerre et la violence perpétuelles entre individus .

        C’est d’ailleurs cette ambition qui devrait nous conduire à définir les biens et services qui doivent être à prix nul ( donc « gratuits » ), et la limité aux prix non nuls , pour remettre « l’échange » au service de l’espèce . Mais c’est une démarche « volontaire » qui a du mal à reprendre du poil de la bête sur la démarche  » auto-arbitrage par le marché et le rapport de forces « libre et non faussé » . Rien de moins que la survie de l’espèce , pourtant , en enjeu de ce combat .

        Les « dons » que vous évoquez ne sont pas du domaine de l’économie ( bien qu’on puisse s’interroger sur la marchandisation du soleil ).

        PS : profitez des cèpes gratuits tant qu’on le peut encore .

  9. Cela rejoint également le discours de Cyril Dion dans son « petit manuel de résistance contemporaine » et ça répond à la question de ce qui nous retient d’agir.
    Selon Cyril Dion, suivant François Noubel, « le moteur le plus puissant permettant la mobilisation et la coopération de millions d’être humains se trouve dans les fictions.
    Pour élaborer de nouvelles fictions nous devons identifier le récit dans lequel nous baignons et les architectures qui conditionnent nos comportements, afin de nous en affranchir. »
    Par récit, il entend qu’il « influence notre vision du monde et par là même nos choix ».
    Et que « nous sommes incapable de pense en dehors de notre récit puisque nous le confondons avec la réalité. »

    On en revient, pour moi, au fait de devoir, avant tout, s’arracher à cette société consumériste et à ce « récit » que nous offre le capitalisme.

    1. Ce serait formidable si le capitalisme n’était qu’un « récit » ou une « fiction ». Il y a un relent d’heideggérianisme dans l’utilisation de termes comme « récit » ou « fiction » pour parler du capitalisme ou de ses alternatives. C’est toujours la même salade : qu’aux yeux de Dieu-tout-puissant, nos petites affaires ne sont jamais que de la gnognotte.

      Assez de mythologie – nous avons déjà beaucoup donné aux fantasmagories diverses – passons aux faits !

      1. C’était pour répondre à François Corre et à l’extrait du livre de Bihouix.
        Je n’ai pas écris que le capitalisme était un récit, mais qu’il nous offrait un récit, celui actuel et dont on tarde tant à s’arracher parce-qu’on ne sait pas où aller.
        C’est une vision comme une autre de l’immobilisme ambiant, mais pour constater le déni ou le fatalisme de la vaste majorité de mon entourage, ça concorde assez.
        Totalement d’accord pour agir sans plus attendre. Et je m’y astreins déjà dans (le récit de) ma petite vie 😉

      2. Avec Arkao , on préfère la gniole à la gnognotte pour viser la gnose ,même si ça peut nous conduire au gnouf .

        Gnôthi seauton..

        Pardon si c’est gnangnan . Pas pu résister .

        Pour le Récit , vous venez de perdre toute la chrétienté , mais c’est vrai que le capitalisme n’en constitue pas un .

      3. « Assez de mythologie – nous avons déjà beaucoup donné aux fantasmagories diverses – passons aux faits ! »

        C’est le but de mes messages sur ce blog, sans aucun succès.
        Je ressasse: le problème de l’humanité est PHYSIQUE (chimique, biologique) pas économique, ni politique, ni social.
        Fantasmer sur le capitalisme, assimilé au MAL, est mythologie.

        Faits:
        Commençons par l’équation de Kaya:
        https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89quation_de_Kaya

        CO2= POP * PIB/POP * E/PIB * CO2/E
        Elle lie la quantité d’un polluant (CO2) à la population (POP) au PIB (« richesse ») et à l’énergie (E).

        Ensuite, le rapport Meadow:
        https://en.wikipedia.org/wiki/The_Limits_to_Growth
        Selon des observateurs (dont JM Jancovici https://en.wikipedia.org/wiki/Jean-Marc_Jancovici), ce rapport (1972 !) décrit bien l’évolution actuelle (la plus pessimiste !).

        Aussi, P Jorion dans ses analyses (mais pas dans ses conclusions !). Je finis par conclure que vos thèses sur l’effondrement ne visent pas tant à l’éviter qu’à l’utiliser pour vos vues politiques de gauche. J’espère que vous décriviez (concrètement – rationnellement) votre société non capitaliste et démontriez comment cette société non capitaliste garantira un pouvoir d’achat correct (+- le nôtre) à une population de plus de 8 milliards d’habitants de façon durable et sans massacrer le reste de la biosphère.

  10. Par quel bout faudrait-il prendre le problème ?
    Convaincre les Citoyens de la Terre pour qu’ils appuient là où ça fait mal sur « leurs » représentants ?
    ou
    Convaincre les politiques ou gens de pouvoir pour qu’ils changent de politique ?
    Au fait les campagnes de EELV n’ont pas donné grand chose sinon convaincre les déjà convaincus
    c’est du genre qui a fait l’oeuf…

    Cependant il me semble que « les gens de la rue » seraient plus convaincus que leurs représentants dont ils attendent des politiques qu’ils agissent sur le climat.

    C’est un peu comme pour l’économie, guère qu’une certaine élite de pouvoir pour être convaincue que la richesse créée par les puissants retombent par (miracle) sur les plus démunis. C’est ce dont ils nous abreuvent sur les médias et dans les gouvernements, que le « bas peuple » ne soit pas convaincu n’a aucune influence et les laisse imperturbablement continuer leurs politiques économiques…

    En Occident le temps des Révolutions étant passé le peuple n’a que peu de pouvoir, le vote, dont rêvent ceux qui en sont dépourvu, est affaire de fric : voir les États-Unis, et nous, en France n’en sommes pas loin, la preuve ? qui sont élus ? facile = les nantis et Blancs et mâles.

    Alors écrire de bons livres, faire de bons articles de blog, publier des tribunes signées par tout un tas de gens (scientifiques, célèbrent, acteurs et tout ce qu’on veut) est bel et bon mais fait-il avancer le schmilblick ?

    L’émotion qu’a créé la démission de Hulot fut plus efficace… serait-ce une sorte d’aboutissement de ce sur quoi je m’interroge ci-dessus ? peut-être qu’une pierre additionnée à d’autres finie par faire un mur… de résistance ?

    Finalement je crois que manque un lobby qui agirait sur les politiques… n’était-ce pas l’idée de notre hôte ? je trouvais et je trouve même de plus en plus que l’idée est bonne… où en est-elle ?

    Merci de nous en donner des nouvelles, car j’ai cru lire que PJ la nommait une plaisanterie ou qq chose d’approchant ?

  11. Bonjour,
    Je vous invite à lire cet article:
    https://www.economie.gouv.fr/facileco/leconomie-marche
    Il s’agit d’une définition de l’économie de marché que l’on trouve sur un site estampillé par l’État Français……On attendrait un peu plus de neutralité de sa part…..Eh bien non!
    On est en pleine idéologie, c’est impressionnant voir inquiétant. Cela en dit long sur les difficultés qu’il y aura pour laver les cerveaux d’un modèle de réflexion qui s’est immiscer jusqu’au cœur des États.
    Un petit passage exemplaire pour la route:

    « C’est une des leçons qu’il est notamment permis de tirer de la récente crise financière. L’économie de marché ne peut apporter tous les bénéfices que les économistes décrivent que si le pouvoir réglementaire de l’État, sa capacité d’exiger des acteurs qu’ils obéissent à un nombre croissant de normes imposées par lui, reste cantonné dans des limites raisonnables. L’abus du pouvoir réglementaire peut tuer l’économie de marché. »

    Eh oui, c’est bien connu, la crise de 2008, c’est l’excès de règlements pardi!

    Bonne am

    1. merci @Pierre pour une telle perle… sur un site gouvernemental !

      relevé aussi « satisfaire une part croissante des désirs humains » surtout les pauvres je suppose ! et les désirs sont provoqués par la pub !
      « les salariés sont en situation de concurrence globale » prochainement des salaires comme au Bangladesh ?
      « Ces réformes imposent certains sacrifices » pour qui ? les petits pas les dirigeants !

      la propagande en France est comparable à celle dans un pays dit « non libre » : la Chine !

    2. Enorme ! Je n’avais encore jamais vu un site ministériel faire ouvertement de la propagande et du bourrage de crâne .

      On va laisser un droit de réponse à Bruno Le Maire sur le blog .

    1. Cher Arkao,
      Cela ne va si bien, mais l’espoir est en vu.
      L’économie ne fonctionne qu’avec de l’énergie. La quantité d’énergie disponible semble atteindre son maximum.
      C’était le sujet de mes ancien post.
      Jean Marc Jancovici à montrer que la courbe de la croissance mondiale en énergie disponible précède celle de la croissance mondiale qui la suit.
      « Janco » nous dit dans son dernier article que seul les USA, l’Iraq et le Canada ne sont pas en déplétion.
      https://www.facebook.com/notes/jean-marc-jancovici/quest-il-arriv%C3%A9-%C3%A0-la-production-de-p%C3%A9trole-brut-depuis-le-premier-pic-en-2005-/10156074352863191/?__tn__=HH-R
      Et le pétrole de schiste n’est pas perenne.
      Avec les prix bas des investissements n’ont pas été fait, et ce qui n’a pas été fait ne se fera pas.
      De toute manière le pétrole de schiste est si léger qu’il faut le mélanger avec du pétrole Canadien issu des sables bitumineux ou encore avec celui du Vénézuela.

  12. Chères toutes, chers tous,
    Oui pour déclarer l’état d’urgence.
    Je vais revenir sur mon dada : L’énergie.
    Depuis que je lis « Jean Marc Jancovici » qui était la référence scientifique pour Monsieur Hulot, je regarde notre monde à travers la question de l’énergie.
    Intuitivement tout le monde à bien compris que le pétrole était au cœur de bien des conflits. Mais c’est pas que cela, la courbe d’énergie disponible anticipe la courbe de la croissance mondiale mais aussi par pays.
    Le robots ne seront jamais construit en masse si l’énergie disponible dans 5 à 10 ans sert comme elle le devrait à répondre aux besoins élémentaires selon la pyramide de Maslow.
    Allez Pierre assez de bavardage et laissons la place à l’expert international Jean Marc Jancovici
    « Au risque de se répéter, la conclusion de tout ce qui précède est qu’il ne peut rien « se passer » dans notre univers sans que de l’énergie entre en jeu »
     » un rapide calcul montre qu’un homme ne peut fournir, au maximum, que 100 kWh de travail mécanique dans une année en utilisant ses bras et ses jambes. Ce que dit le graphique ci-dessus est donc que pétrole, gaz et charbon ont permis aux hommes de multiplier par plusieurs centaines leur action sur l’environnement, en ordre de grandeur et en moyenne. En France, où la consommation d’énergie est plutôt de 60.000 kWh par an (en tenant compte de l’énergie de fabrication des biens importés), le multiple serait plutôt de l’ordre de 500. »
    L’article en entier est ici :
    https://jancovici.com/transition-energetique/l-energie-et-nous/lenergie-de-quoi-sagit-il-exactement/
    Avec « Janco » nous avons un différent sur le nucléaire, dans l’absolu cette énergie a des qualité, sauf que les hommes ne fonctionnent pas en valeur absolu.
    Ps : je n’ai rien vu de l’ énergie VS l’économie et la survie de l’espèce dans le cycle de conférence de Paul Jorion à l’université catholique de Lille.
    PS2: la déplétion pétrolifère à venir va bouleverser l’économie mondiale ( une chance pour quelques unes et quelques uns de survivre) tout dépendra du bouleversement.
    Allez bonne fin de semaine, avec toute ma tendresse , Pierre de la tribu des Queralt’s

    1. Il y a ce qu’on peut et il y a ce qu’on veut .

      Les deux se rencontrent forcément à un certain moment ( je ne referai pas mon couplet sur le philosophe et l’anarchiste ) .

      Le propre de l’espèce c’est de vouloir ( en fait désirer ) avec son cerveau de droite , et de pouvoir avec son cerveau de gauche .

      Mais notre vocation est bel et bien de donner du « sens » à tout ça , qui n’est pas écrit en unité de puissance ou de consommation électrique .

    2. Oui c’est ça le problème avec tous ces ingénieurs formatés par nos grandes écoles, ils ne voient pas plus loin que le bout du nez de leur calculette. On pourrait les remplacer par des robots et des logiciels que ça ne changerait pas grand chose.
      Jancovici « expert international » ! Wouarf, mort de rire ! Un malin qui se remplit les fouilles avec du conseil en carbone et fait l’apologie du nucléaire comme beaucoup de ses compères.
      Changez de gourou, Pierre, et lisez mieux Paul Jorion et François Leclerc.

      1. Ecoutez et lire toutes celles et tous ceux qui disent des choses cohérentes et qui le disent bien , c’est d’ailleurs la meilleure façon de se faire une opinion qui soit ‘ la nôtre » , et d’échapper aux gourous et au grégarisme qui peut rapidement devenir totalitaire .

  13. Chères toutes, chers tous,
    La c’est toujours pas moi qui le dit « Alors que l’ère de l’énergie bon marché touche à sa fin, la pensée capitaliste lutte pour résoudre les énormes problèmes auxquels l’humanité est confrontée. Alors, comment réagissons-nous ? »
    Articles original dans the independant :
    https://www.independent.co.uk/news/long_reads/capitalism-un-scientists-preparing-end-fossil-fuels-warning-demise-a8523856.html

    Et cette fin du capitalisme selon les auteurs serait lié à la fin de l’énergie facile à extraire et de l’énergie bon marché qui sont deux choses par forcement parallèle si on a lu Paul Jorion La fixation des prix.
    Pour info, je ne suis en aucune manière un aficionado de « Janco », il pour moi le mérite de rendre accessible des données qui me parle avec des concepts sans équivoque comme celui des esclaves énergétique.
    Moi de savoir que tout ces kwh à ma disposition était des esclaves énergétiques et qu’en terme de puissance.
    Avec une moyenne de 4700 KWH par an de consommation électrique j’ai la puissance d’environ 18 chevaux.
    A noter que la consolation électrique a baisser en 2017 vs 2016.
    https://prix-elec.com/energie/comprendre/statistiques-consommation-france
    Tout cela pour dire que je ne croie pas, la croyance n’est en rien factuelle et l’oposition de croyance ne peut se faire que pour ou contre cette dite croyance.
    La baisse tendancielle d’énergie par habitant affectera nos économies qu’on y croit ou pas, se sont les lois de la thermo-dynamique qu’un très vieil astro-physicien ami de la décroissance tente de rndre accdéssible au commun des mortels dans ces vidéo, j’ai nommé François rodier :
    La thermodynamique des transitions économiques – François Roddier, Paris 2015
    https://www.youtube.com/watch?v=5-qap1cQhGA

    C’est drôle et accessible à quelqu’un comme moi qui n’a pas le bachot.

    et/ou La thermodynamique de l’évolution : du Big Bang aux sciences humaines – François Roddier,
    https://www.youtube.com/watch?v=6lNz5vmKEFA
    La comme la série d’Arte tu mourras moins bête mais tu mourras quand même.
    https://www.youtube.com/channel/UCKtG_lXZk4pRJkapfK0eprA
    Allez un peu d’humour pour commencer une nouvelle semaine.
    Avec toute ma tendresse (dans le sens de philia des grecs), Pierre de la tribu des Queralt’s.

  14. Pour faire très court :

    Le capitalisme mourra parce que l’énergie disponible bon marché tant à disparaître.

    Les robots ne seront pas les esclaves de demain car il seront en concurrence avec les hommes pour l’énergie restante.

    Dans la mesure où les tonnes de CO2 resteront dans le sol, il est raisonnable de penser sans vivre dans le monde des bisounours que des humains vivront en 2200.

    Il est tout aussi raisonnable de penser que nos sociétés shootées à l’énergie vivent mal le sevrage du confort offert par les esclaves énergétiques.

    Il est tout aussi raisonnable de penser que le capitalisme joue la tentation des régime autoritaires et autre dictatures pour se maintenir le plus longtemps.
    Matin brun deviendrai une prophétie auto-réalisatrice.
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Matin_brun

    Et pour le plaisir en hommage à mon grand père Catalan venu d’Espagne, je vous invite à visionner :
    Histoire d’une nation, en replay sur France, 3T sur télérama
    https://www.france.tv/france-2/histoires-d-une-nation/721203-1870-1927-le-pays-ou-l-on-arrive.html

    A la semaine prochaine, Pierre de la tribu des Queralt’s.

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