Là où croît le péril, par Thibault Franc

Ouvert aux commentaires.

Bonjour,
Je connais votre blog mais je n’ai jamais pensé à y proposer quoi que ce soit.
Un de vos lecteurs m’a conseillé de vous envoyer un lien vers ce film court (4 mn), dans lequel j’essaye d’alerter, par collages, glissements et citations, sur le désert de l’esprit et le désert tout court.
Bien à vous,
Thibault Franc

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38 réflexions sur « Là où croît le péril, par Thibault Franc »

  1. Génial les discours de E.Macron où l’on ne voit que ses mains, ça nous projette dans 1984 Ou dans ces films et séries ou une Société entière est dirigée par des bureaucrates qui emploient de lourds mots dénués de sens du fait de qui parle de quel endroit, et de comment.

    Les lettres qui apparaissent pour nous dire d’où viennent les extrait aussi, sorte d’alphabet cantique 🙂

    – Cette vidéo est une parenthèse, une bulle dont on ne sait quoi penser mais qui est désormais inséré dans un coin de notre esprit.

  2. Tous ces dirigeants, grandes personnalités politiques, réunis aujourd’hui pour commémorer la Paix à Paris au son de la musique, universelle, sous les mots et les regards de ces jeunes porte-paroles, repartiront-ils comme ils sont venus?
    L’espoir est-il permis ?

  3. Depuis que l’homme existe et formule des pensées qui passent d’une génération à l’autre, rien n’a bougé excepté les théories.
    Personne ne peut démontrer l’existence d’un dieu unique… ou celle de diverses entités « externes », inaccessibles à nos compréhensions, divinités agissant depuis quelque « au-delà de nos faculté cognitives » ?
    Ou un mélange des deux.
    Ce qui a changé ? Notre race, en devenant rationnelle, est passée au stade de virus dominant de la planète, un virus qui semble incapable de sagesse collective et d’auto régulation. Infichu de vivre en harmonie avec son environnement. Donc irrationnel.
    Est-ce donc irrationnel d’être rationnel ?

    1. Jolie question et je crois que vous pourrez trouver une partie de la réponse dans un livre de notre hôte :
      « Comment la vérité et la réalité furent inventées ».

      1. La guerre n’est pas une auto-régulation, ou du moins si elle a jamais tenu ce rôle il est aujourd’hui caduc.

        La seconde guerre mondiale a eu comme bilan la mort d’environ 3% de la population humaine de l’époque… soit à peu près deux ans de croissance démographique au rythme de l’après-guerre.

        Quant à imaginer des guerres beaucoup plus destructrices, parce qu’elles seraient nucléaires, celles-là auraient aussi un effet destructeur sur la nature, et de plusieurs manières. Elles ne peuvent donc contribuer à une auto-régulation de l’humanité dont l’objectif serait de conserver ou plutôt de rétablir un équilibre avec notre environnement vivant.

        Nous sommes bien capables d’autorégulation, mais uniquement comme solution politique. Du début du 17ème siècle au milieu du 19ème siècle, le Japon des Tokugawa a été une société stable et autorégulatrice – avec des limites explicites par exemple à l’exploitation du bois et le contrôle de la démographie par l’infanticide – en même temps que relativement pacifique sous le pouvoir du Shōgun et réalisant en même temps un certain progrès, par exemple l’alphabétisation de la majorité de la population, sauf erreur le seul cas d’un peuple non-occidental y parvenant indépendamment d’une impulsion d’origine européenne. Bien sûr cette stabilité politique était autoritaire et jointe à une xénophobie poussée à un niveau inouï – non seulement interdiction pour tout étranger de se rendre au Japon, mais peine de mort pour tout Japonais qui reviendrait après un séjour à l’étranger.

        Mais ce genre de solution d’une part ne s’est vu que dans le cadre d’une société, d’une nation spécifique. D’autre part ce serait difficilement applicable aujourd’hui… parce que nous sommes passés à l’industrie, laquelle dépend comme le reste de nos activités à plus de 80% de sources d’énergie fossiles non renouvelables et qui condamnent à terme une grande partie de la biosphère. Si les Japonais, ou tout autre peuple, voulaient revenir à l’époque Tokugawa, où trouveraient-ils leur pétrole, leur gaz, leurs autres matières premières ? D’autre part, ils étaient 30 millions sous les Tokugawa… et sont plus de 120 millions aujourd’hui.

        Penser une autorégulation de l’humanité entière est très difficile à la fois à cause de l’échelle – pas seulement une nation – et à cause de l’impossibilité avec nos connaissances techniques actuelles d’assurer un niveau de vie ne serait-ce que d’une nation moyennement pauvre à l’ensemble de l’humanité sans en même temps utiliser énergies fossiles et autres matières premières d’une façon non renouvelable.

        Ne restent que la solution du phalanstère pour tout le monde – à cultiver, faire du petit artisanat et méditer ou prier toute la journée, on n’a pas besoin de grand chose, et pas d’électricité par exemple ni de moteur à combustion – ou la solution de prendre les moyens de percées techniques nous offrant des solutions. Or il serait TRÈS difficile de convaincre la totalité de l’humanité de rejoindre la première… quant à la seconde, on n’essaie guère, alors on ne risque pas de trouver grand chose !

        Y a aussi la « solution » d’accepter que beaucoup de nos petits-enfants, et la très grande majorité si ce n’est la totalité de nos arrière-petits-enfants, connaîtront une mort violente. C’est actuellement notre solution par défaut.

      2. @Arkao , Jacquot :

        au travers de vos deux échos , je déduis que vous évoquez la régulation en tant que régulation démographique .

        Mais qu’est ce qu’on régule quand on régule la démographie ?

        Par Jacquot , je comprends que c’est le « niveau de vie » de ceux dont on ambitionne de réduire le nombre .

        Si le système s’équilibre par nombre d’espèces vivantes / Ressources / type d’utilisation des ressources / « niveau de vie » , il faudrait alors se montrer plus sérieux et prolixe sur les éléments de définition de chaque part du système , pour tenter d’établir les  » dimensions » ( au sens de la physique) qui permettent de mesurer par des « unités » compatibles leurs « règles » ( c’est la place de la démocratie ).

        On vient de réinventer le système économique ( et financier ajouterait PSDJ ).

        Et la condition de sa nature humaine permettant l’équilibre  » et ses corrections permanentes :
        la démocratie et l’approche multicritères .

        Tout le contraire de « America first » et des nationalismes .

        ( au passage , ancien fonctionnaire d’Etat , je suis totalement en accord avec l’opposition faite par Macron – il n’est pas le seul et le premier – entre Patriotisme et nationalisme . Pour cela , il a bien rendu à l’Histoire un des principaux messages de la première guerre mondiale ) .

        Liberté , Egalité , Fraternité étendue au vivant .

      3. Réguler par la guerre, non. Ce serait détruire de la richesse, pour la recréer ensuite…
        Plutôt réfléchir, sans ne rien détruire, à la façon dont on pourrait réformer le capitalisme :

        la publicité et la communication : 46 milliards d’euro par an en France (on peut s’en passer)
        la fraude ou l’optimisation fiscale type cumcum ou cumex : 17 milliards
        les subventions : 65 milliards, dont 21 milliards (à vérifier) pour soutenir l’activité

        > total : 128 milliards, soit plus d’un euro sur 3 du budget l’Etat français
        (combien coûterait une Intelligence artificielle pour lutter contre les 2 premiers ?)

        En tout cas, il y aurait de quoi financer la gratuité sur l’essentiel, et retrouver une certaine liberté d’initiative, pour protéger l’environnement par exemple… nucléaire propre décentralisé sans plutonium ni actinides, en appui du solaire et de l’éolien, fin des emballages, fin des énergies carbonées dans les transports…

        mais pour ça, il faudrait accepter d’abandonner le travail salarié, comme moyen de subsistance. C’est une révolution culturelle qu’il faudra faire tôt ou tard, puisque la destruction des emplois est une évolution irréversible et qui va s’amplifier (plusieurs études très sérieuses montrent que 30% à 40% des emplois sont informatisables)

        Une révolution culturelle, qu’il faudrait ( si on est intelligents) réaliser AVANT qu’une guerre ne survienne. Ce sera autant de richesses sauvées. Ou alors on détruit tout par la guerre, et après on travaille pour tout reconstruire, jusqu’à ce que de nouveau, on tombe sur le même problème…

        On se raconte des histoires si on pense que le travail ne disparaît pas. Il faut tourner la page, et chercher aussi, dès maintenant, quels pourraient être les espaces de socialisation qui pourraient le remplacer

        Vincent Rey, findutravail.net

      1. Liberté devrait toujours être accompagné du mot responsabilité.
        Liberté/responsabilité.
        C’est en intégrant réellement la signification du terme que fraternité et égalité pourraient concrétement se réalisé ….

      2. @Alain Audet :

        Si votre commentaire est un écho à ma citation récurrente de « Liberté , Egalité , Fraternité étendue au vivant « , je ne peux que vous donner raison … puisque , de façon tout aussi récurrente , je serine depuis dix ans ici et ailleurs , avec pas mal d’autres , que les trois piliers sont inséparables et pourtant contradictoires , et que quand ça coince , c’est la fraternité qui doit doser la flamme des deux autres .

        Pour la Responsabilité , nous ne serons pas les deux premiers à dire que c’est l’autre contrepoint de la Liberté , en ce qu’elle donne à l’Egalité et à la Fraternité les moyens concrets de « peser » sur cette « Liberté » .

        Responsabilité entendue comme  » accepter et subir les conséquences de ses actes et les réparer dans les conditions de la Loi commune . »

        Responsabilité que j’ai ,en outre , évoquée comme le point où la pensée philosophique ( » la raison  » , l’esprit de géométrie ) pouvait rencontrer et partager avec la pensée anarchiste ( « le corps », l’esprit de finesse ).

    1. Pas nécessairement, non… mais sauf erreur les scénarios d’augmentation de la température autour du bassin méditerranéen dans les décennies à venir tournent bien à l’appauvrissement de la végétation par sécheresse.

      Ça n’est pas forcément vrai pour toutes les régions du monde, cela dit.

    2. Le réchauffement pourrait aller bien au delà de ce type de températures, avec les boucles de rétroaction comme celle du méthane, ou la vaporisation des océans, comme sur Vénus… Mais même en cas d’une simple hausse pareille à celles d’époques anciennes, il y a aussi la question de la vitesse du changement, très inédite, qui est facteur de perturbations violentes, vents, précipitations, etc., un système qui tente de récupérer brutalement l’équilibre… D’où de fortes sécheresses aussi, et quand l’eau revient il est trop tard pour les plantes, qui n’ont pas eu des milliers ou des millions d’années pour s’adapter comme dans le Namib. On n’est pas dans une version idyllique de la jungle humide avec ses confortables 28-30 degrés. Regardez comme l’Amazonie s’est fragmentée par le passé suite à des variations de température.

      1. Évaporation des océans ? Il ne me semble pas avoir lu ça même dans le scénario le plus pessimiste du GIEC.
        Un peu de sérieux svp.
        Quand le soleil deviendra une géante rouge dans un milliard d’années, je veux bien.

        Quant à la brutalité des changements climatiques en quelques siècles voire décennies, ça s’est déjà vu au Tardiglaciaire :
        Bölling (13000 à 12000 BP) ;
        Dryas moyen ou Dryas II (12000 à 11800 BP) ;
        Alleröd ou Allerød (11800 à 11000 BP) ;
        Dryas récent ou Dryas III (12900 à 11500 BP 18 000 BP – 11 650 BP)

        Le scénario du blockbuster « Le jour d’après » n’est pas totalement fantaisiste.

      2. @Arkao :

        Pour ce qui est du soleil , c’est plutôt dans 5,4 milliards d’années ( ça change tout !) qu’il devient une géante rouge , mais l’évaporation des océans sera le moindre problème , car la « géante » dépassera l’orbite actuelle de la terre , même si les nationalistes s’y opposent , en armes sur les « frontières » .

    3. l’évaporation des océans, c’est tous les jours… tout dépend de la force de l’effet de serre, qui peut se mettre en boucle… regardez un reportage sur ce qui s’est passé sur Vénus (hypothétiquement, bien sûr), beaucoup plus loin du soleil que Mercure, et pourtant bien plus chaude, un vrai enfer à plus de 300 °, température davantage liée à la composition atmosphérique, qu’au soleil. D’après un documentaire regardé sur Arte il y a quelques années, la composition de notre atmosphère serait à nouveau « pré-biotique », un retour en arrière de quelques milliards d’années, cela en l’espace de 100 ans, c’est bien plus violent que toutes les périodes que vous citez.

      1. C’est surtout bien plus court , mais d’après Paul Jorion on ne devrait pas avoir l’occasion d’être soumis à cet ultime supplice : on aura disparu avant .

  4. En effet, avec les plantes les plus résistantes aux arrachements qui resteront autour des zones de crues.

    On peut même penser que des gens vivront sur des bateaux en se déplaçant là où (i) on évite les tempêtes (avec des prévisions à 7 jours…) et (ii) là où on peut recueillir de l’eau et des nutriments marins ou fluviaux pour faire une arche de Noé 3.0 ?

    Parce que quand on aura cassé pas mal de choses autour de nos villes, il restera encore pas mal de biologie autre sur terre, même moins biodiverse…

    1. Arche de Noé, variante modernisée façon Alain Bombard?
      Ou un rêve de plan Morgenthau ? Pastoralisation , pasteurisation.

      Ou y’a toujours une puissance tutélaire qui nous veut du bien.

    2. Bien sûr – et contra Jorion – même dans les pires scénarios, il resterait des groupes de personnes, cultivateurs et / ou nomades, s’adaptant à la flore et la faune restantes, dans les parties du monde qui resteraient habitables.

      « Simplement » ces gens ne seraient pas très nombreux. Certainement pas des milliards. Probablement pas des centaines de millions non plus.

      Quand les Européens arrivèrent en Amérique centrale, ils découvrirent les impressionnants vestiges de la civilisation maya. Et on se demanda où étaient passés les Mayas au juste. Au même endroit, on ne trouvait plus qu’une poignée de tribus ?

      On comprit finalement que les Mayas n’avaient jamais disparu. Les quelques tribus primitives qui vivaient là étaient leurs descendants.

      Les Mayas avaient connu un effondrement, d’ailleurs pour raison écologique eux aussi, plus précisément agricole.

      Continuer « le cours des choses » comme à l’accoutumée, cela mènerait à une série d’effondrements de type-Maya. Sur toute la planète, pas pour une seule civilisation. Et plus profond que l’effondrement maya, parce que la nature serait bien plus gravement touchée.

  5. « Grands sont les déserts , désertes et grandes les âmes , désertes parce que nul ne les traverse qu’elles mêmes, grandes parce que là tout est visible , et tout est mort ». (Fernando Pessoa ) .

    1. Quand l’humanité dans son entièreté sera entourée par les déserts du fait d’elle-même,
      En admettant qu’elle est conservée quelques livres expliquants ce qui s’est passée 🙂 ,
      je pense sincèrement qu’elle aura passé le cap,
      et qu’elle ne refera plus d’erreurs semblables à celles faites auparavant.

      J’imagine « Défense et illustration du genre humain » à moitié couvert de sable, balayé par le vent et ramassé par un Touareg des temps futurs vêtu d’un foulard et d’une bouteille à oxygène.

    2. « Rien ne vaut rien. Il ne se passe jamais rien et cependant tout arrive. Mais cela est indifférent. »
      Fernando Pessoa et Nietzsche, c’est pas trop mon truc. J’essaye.

      1. Je me suis laissé dire – une conférence que j’avais écoutée à la fin d’un autre siècle – que dans telle occasion où il devait signer un livre d’or quelconque, Charles de Gaulle inscrivit deux citations :
        – « Rien ne vaut rien. Il ne se passe jamais rien et cependant tout arrive. Mais cela est indifférent », qui vient de Nietzsche
        – « Moult a appris qui bien conut ahan », qui vient de la sagesse populaire (en français moderne : « Il a appris beaucoup, celui a peiné beaucoup »)

        Il rendait probablement compte de deux lignes de force de sa personnalité. Cela dit, un petit coup d’œil à l’Histoire suffit à comprendre que la plupart du temps, il a su faire prévaloir le deuxième terme, et combattre une tentation nihiliste intérieure.

        Tenir les deux termes oui, mais choisir le second.

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