« Common decency », par Cédric Chevalier

Ouvert aux commentaires.

Sans vouloir défendre M. Emmanuel Macron, son gouvernement a raison de défendre l’idée de « common decency » contre Trump. Il s’agit d’Humanisme en pratique.

Donc je vais répondre en anglais: ‘common decency’ aurait été de bon aloi », a déclaré M. Griveaux à l’issue d’un Conseil des ministres, en reprenant un concept de l’écrivain britannique George Orwell. 

Une partie de moi pense intuitivement que le non respect de la décence élémentaire, non respect si courant, si facile, si tentant pour chacun de nous, est le début de la barbarie, de la chosification de la personne humaine, étape à franchir pour conduire une société au génocide. Dire « bonjour Madame/Monsieur » par exemple, même à un collègue qu’on n’apprécie pas, même à un membre de sa famille qui nous a fait du tort, même à un tueur en série jugé dans un tribunal pour un juge par exemple, oui je vais jusque là, c’est reconnaître à une entité le statut d’être humain, et fournir un respect absolu, non pas à l’auteur d’actes ignobles/détestables, mais à l’Humanité qui nous fonde tous et de laquelle nous faisons partie.

C’est aussi, un rappel permanent que nous ne sommes pas fondamentalement différents du collègue qu’on n’apprécie pas, du membre de la famille détestable et même, oui je vais jusque là, pas fondamentalement différents d’un tueur en série jugé dans un tribunal. Du moins, pas fondamentalement différent en potentiel. Nous sommes « du même genre », « de la même sorte », « de la même engeance » si je puis dire en poussant au bout le raisonnement.

Le poète latin Térence a écrit ce vers : « Je suis un homme ; je considère que rien de ce qui est humain ne m’est étranger ».

Les grands romanciers, s’ils parviennent à dépeindre avec tant de réalisme les âmes et les actes les plus noirs, c’est parce qu’ils savent qu’ils ne sont pas fondamentalement étrangers en potentiel des pires criminels, et qu’ils peuvent lire en eux-mêmes les embryons des pires atrocités.

Reconnaître cela, et la psychanalyse peut y aider par exemple, c’est se rendre soi-même bien plus libre d’être un Humain autonome et pas seulement un homo sapiens sauvage, en étant lucide sur ses propres plus basses pulsions.

Créer une dichotomie extrême entre soi et un autre, entre un groupe et une minorité, entre des personnes n’ayant pas commis de crime et des criminels, permet de les « chosifier » et donc de leur infliger les pires atrocités.

Ceux qui sont pour la peine de mort ne l’ont pas compris : tuer un Autre c’est se tuer Soi, à moyen ou long terme, car c’est tuer l’idée de l’inviolabilité de la personne humaine, au su et au vu de tous avec la circonstance aggravante de la sanction de la loi et donc de la légitimité.

Très modestement, j’apprends à mon fils à dire bonne nuit à sa soeur, peu importante les phases de rivalité ou de jalousie, car c’est là le début de l’intégration du lien qui nous unit tous.

Et donc que ceux qui s’opposent à Emmanuel Macron continuent à l’appeler Monsieur le Président, quoi qu’ils en pensent, car c’est la parole, la verbalisation, le respect de la personne humaine, qui nous sort du passage à l’acte et de la violence, pour nous rendre tous Humains dans la Cité. L’opposition démocratique n’en sera que plus forte car plus digne.

J’ai bien conscience de la difficulté de l’éthique ici proposée…

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50 réflexions sur « « Common decency », par Cédric Chevalier »

  1. Tout à fait d’accord avec le texte de Cédric Chevalier.

    Je ne suis pas certain que la « common decency » soit ce que Trump a méprisé dans sa récente série de gazouillis contre Macron. Il a menti à répétition c’est l’évidence, et de manière extrêmement maladroite – espérer convaincre les Français que les Allemands d’aujourd’hui les menacent 🙂 ! – mais je ne suis pas sûr qu’il se soit attaqué à l’humanité de Macron ou à celle des Français. Mais ça ce n’était que l’occasion de faire ce développement sur la décence commune.

    Et oui, cette éthique est difficile, non pas s’il s’agit de reconnaître et de respecter l’humanité de quelqu’un qui se contente de me sortir par les yeux – ou d’avoir des options politiques différentes des miennes, comme le président de la République actuel – mais s’agissant par exemple de criminels. Et autant je pourrais facilement dire « Monsieur » dans ce cas, autant aller jusqu’à « Bonjour » me serait personnellement difficile… parce que je ne suis pas certain que je lui souhaiterais une bonne journée, justement.

    Respecter la personne de manière absolue, quand bien même on vomit ses actes.

  2. Bonjour,
    Vous avez entièrement raison. Dire Bonjour est quelque chose de très important de nos jours. J’irai même jusqu’à utiliser le vouvoiement par respect.
    J’ai été terriblement choquée lors d’une réunion syndicale/direction,
    j’ai eu comme un étouffement lors d’une négociation pour des précaires / vacataires pour reconnaître leur travail par l’administration. Être correcte verbalement avec le directeur peut apporter un bien être dans l’argumentation de la négociation.
    Il devient urgent d’apprendre à parler

    1. « j’ai eu comme un étouffement lors d’une négociation pour des précaires / vacataires pour reconnaître leur travail par l’administration. »

      Parfois le chemin est dur avec ou sans muffins à la banane à portée de main, c’est vrai. Bernadette, restez parmi nous. Il n’y a pas que des cobras dans le désert. …. 😉

  3. Concernant Messieurs Trump et Macron. Il s’agit du contenu du Tweet : le taux de chômage aux USA est moins élevé qu’en France. C’est très important de le dire

    1. Bernardette, vous devriez vous fier au TAUX D’EMPLOI américain, plutôt qu’au taux de chômage. Car il est évident que dans tous les pays, il y a une « réserve » de chômage : des gens qui ne sont plus inscrits comme demandeurs d’emploi, mais qui néanmoins, reprendraient volontiers un emploi, si l’occasion leur était donnée

      Nous ne sommes pas nombreux, à déclarer chercher un billet de 500 euros sur le trottoir, mais pourtant s’il y en avait un, je ne serai sûrement pas le seul candidat à vouloir l’attraper !

      Sans prétendre être un cador en économie, je note que le taux d’emploi américain n’est guère différent de celui des pays du G7 : 70,7% de la population active est au travail aux USA, contre et 71,2% pour le G7 (taux d’emploi, source OCDE)

      Les économistes embauchés par des médias ultralibéraux ne sont peut-être pas là tout à fait par hasard, mais justement parce qu’ils produisent des analyses qui sont « bien dans le ton de la chaîne ». En les écoutant, on a l’impression que tout baigne aux USA, parce qu’il y a 4% de croissance…quelle rigolade.

      (à tous : participez au « top 10 » des économistes nuls, sur findutravail.net ! lorsque vous entendez une grosse ânerie, n’oubliez pas de me la transmettre, pour que j’étoffe ma rubrique !)

      V Rey,
      findutravail.net

      1. @bernadette

        Le taux d’emploi est de 65.2% de la population active pour la France, 70.7% pour les USA. Ce sont des chiffres assez comparables, à mon avis.

        Plus près de nous, le royaume uni emploie 74.7% de sa population active, (presque 5 points de plus que les USA, et on voit bien que ce n’est pas la joie en Angleterre…Sinon pourquoi se seraient-il lancés dans une contestation aussi délétère ? (brexit)

    1. Le mépris oui… cette histoire de « je n’ai qu’à traverser la rue, pour vous trouver un travail », ça passe mal.

      On ne comprend pas pourquoi il dit des trucs comme ça…ça l’avance à quoi, quel bénéfice en retire-t-il ?
      C’est une sorte de récitation standard du libéralisme, qu’il faut se bouger le c… pour avoir un job, et c’est là qu’on voit que malgré des études brillantes, il n’a pas tout compris…

      Il est à rapprocher de N. Sarkozy : beaucoup de gesticulation, mais au fond, une mauvaise analyse des problèmes
      A l’international, il ne s’en sort pas trop mal je trouve…mais je ne sais pas si ça suffit pour servir de consolation.

  4. DE LA DIFFÉRENCE ENTRE LE RESPECT ATTRIBUÉ ET LE RESPECT MÉRITÉ.

    « Un président est un haut fonctionnaire élu pour exercer une fonction. Ce n’est pas un roi. Pas un dieu. Il n’est pas le sorcier d’une tribu qui sait tout. C’est un fonctionnaire. »
    (José Mujica)

    7 LEÇONS DE VIE PRÉCIEUSES DU [ancien] PRÉSIDENT DE L’URUGUAY
    Et pourquoi il n’est jamais trop tard
    [par Saar Oron, TheStartup: https://medium.com/swlh/7-valuable-life-lessons-from-the-president-of-uruguay-e91600dcd0fc ]

    Il est passé de plusieurs années en prison à devenir président de l’Uruguay.
    José ‘Pepe’ Mujica, aujourd’hui ancien président de l’Uruguay, est un homme remarquable.
    Lorsqu’il a été élu 40e président de l’Uruguay, José Mujica a annoncé qu’il ferait don de 90 % de son salaire mensuel à des œuvres de bienfaisance.
    Il a refusé de déménager au palais présidentiel et est resté dans sa ferme de 2 chambres à coucher, où il vit avec sa femme. Il a même gardé et conduit sa Volkswagen Coccinelle de 1987.
    Bien que son programme politique soit discutable, cet homme a de nombreuses leçons de vie précieuses à nous apprendre. Le concept de vie de Mujica et son style de vie personnel sont rares dans le monde d’aujourd’hui.
    Sans plus attendre, voici donc sept précieuses leçons de vie que nous devrions tous apprendre de Jose ‘Pepe’ Mujica :

    1. RETROUVEZ VOS PASSIONS ET RESTEZ PASSIONNÉ.
    « J’ai travaillé dans les champs pour gagner ma vie, puis je me suis consacré à la lutte pour le changement, pour améliorer la vie dans ma société. »
    Mujica a deux passions principales : un amour profond et une connexion à la nature, et un véritable désir d’améliorer la vie des autres par l’égalité. C’est un homme de terre et un homme de peuple.
    Née en 1935 d’un père agriculteur, on s’attendait presque à ce que Mujica tombe amoureuse du travail dans les champs.
    À l’âge de 13 ans, il est devenu un militant du Parti national. Plus tard, il a été l’un des principaux membres de Tupamaros, une organisation de guérilla, qui s’est opposée au gouvernement uruguayen jusqu’à un an avant le début du régime militaire de l’Uruguay. Pendant ces années, Mujica a été emprisonné plusieurs fois et a passé un total de 13 ans en prison.
    Il a été libéré en 1985, après le rétablissement de la démocratie en Uruguay.
    Mujica a ensuite formé un parti politique de gauche et est devenu sénateur en 1999. Six ans plus tard, il est devenu ministre de l’Agriculture en Uruguay.
    A l’âge de 70 ans, Mujica a enfin pu combiner ses deux passions et les pratiquer au quotidien.
    « Mon objectif est de réduire un peu l’injustice en Uruguay. Pour aider les plus vulnérables et laisser de côté une façon de penser politique. »
    En 2009, il a remporté l’élection présidentielle de l’Uruguay.
    Pour atteindre son objectif, Mujica a augmenté le salaire minimum en Uruguay de plus de 50 pour cent. Il a versé la majeure partie de son salaire à des organismes de bienfaisance, en particulier ceux qui soutiennent les mères célibataires. « Pour moi, ce n’est pas un sacrifice. C’est un devoir », affirme-t-il. Son combat contre l’inégalité se poursuit. Il a adopté des lois pour légaliser l’avortement et le mariage homosexuel dans son pays. Il a réalisé ce qu’il a toujours voulu – il a donné à chacun une chance de vivre sa vie à sa façon.
    Elle nous enseigne l’importance d’apprendre et de développer les passions dès le plus jeune âge. Mais cela ne suffit pas. Vous devez poursuivre vos passions et vous y tenir, quoi qu’il arrive. En suivant ses passions, surtout dans les moments difficiles, Mujica a pu vivre sa vision.

    2. FAITES-LE À VOTRE FAÇON!
    « Il n’y a rien à court terme. Pas de victoire au coin de la rue. »
    Mujica pourrait servir d’exemple à de nombreuses personnes dans le monde, mais il a été membre d’un groupe armé pendant des années. Il admet avoir braqué des banques. « Je n’ai pas volé pour moi. J’ai exproprié des ressources pour une lutte « , dit-il.
    Alors, quelle est la leçon ici ?
    Peu importe ce que vous poursuivez, qu’il s’agisse d’une œuvre d’art ou d’une œuvre plus traditionnelle, il n’y a pas de bonne façon de le faire.
    Toutes ces personnes dont vous vous inspirez – elles ont toutes fait les premiers pas que personne n’a jamais faits auparavant. Ils marchaient sur leur propre chemin.
    Oui, ils ont beaucoup échoué, mais ils ont réussi plus qu’ils ne l’avaient jamais imaginé.
    Voici un petit exemple :
    Tu veux faire des muffins à la banane. Vous recherchez une bonne recette que d’autres ont suivie et recommandée. Vous suivez ensuite les étapes, dans les règles de l’art.
    Vous finirez probablement avec des muffins à la banane décents, mais auraient-ils votre propre signature ? Auraient-ils le goût de muffins à la banane uniques ? Probablement pas. Si vous faites preuve de créativité et que vous pimentez le tout, vous obtiendrez un résultat différent. Les premiers lots peuvent être dégoûtants, mais vos muffins à la banane finiront par avoir un goût divin. Le plus important, c’est que les muffins seront vraiment les vôtres.
    Alors allez-y – créez votre propre recette de vie. Il n’y a pas de bien et de mal.

    3. SOYEZ HUMBLE
    « J’ai un mode de vie que je ne change pas juste parce que je suis président. »
    Même quand il a réussi et est devenu président, Mujica est resté humble.
    « Un président est un haut fonctionnaire élu pour exercer une fonction. Ce n’est pas un roi. Pas un dieu. Il n’est pas le sorcier d’une tribu qui sait tout. C’est un fonctionnaire. »
    Nous associons souvent le mot humble à l’argent, mais ce n’est pas tout.
    Le titre de  » Président de l’Uruguay  » n’a pas défini José Mujica.
    Le respect doit se mériter. Si vous obtenez un nouveau titre, que ce soit « riche », « président » ou « PDG », vous ne valez même pas une fraction de plus qu’avant. Vous gagnez votre dignité en ayant des valeurs de qualité et en vous y tenant.
    Quand vous méritez le vrai respect, c’est seulement à cause de qui vous êtes déjà – donc il n’y a aucune raison pour que vous ne restiez pas humble.

    4. SI VOUS FAITES CE QUE VOUS AIMEZ, L’ARGENT N’A PAS D’IMPORTANCE.
    « Je vis avec peu de choses. Juste ce qui est nécessaire. Je ne suis pas attaché aux choses matérielles. Pourquoi ? Pour que je puisse avoir plus de temps libre. Pour faire quoi ? Ce que j’aime. »
    Nous vivons dans un monde où l’argent semble être la seule récompense que nous pouvons obtenir.
    Nous valorisons le succès en termes de notoriété, de pouvoir et d’argent. Mais la vérité, c’est que l’argent n’a pas d’importance quand on fait ce qu’on aime vraiment.
    « Je gagne plus que nécessaire, même si ce n’est pas assez pour les autres. »
    Avec 90 % de son salaire versé à des œuvres caritatives, Mujica se retrouvait avec un salaire de 775 USD par mois (à peu près le salaire mensuel moyen en Uruguay).
    « Je peux bien vivre avec ce que j’ai « , dit-il au sujet de sa vieille voiture et de sa modeste maison de deux chambres à coucher.
    Il est presque impossible de se déconnecter de notre mode de vie matérialiste.
    Je veux dire, c’est mieux d’avoir une nouvelle BMW.
    Mais c’est le cas, quand même ?
    Quelque chose est brisé, au fond de nous. Nous sommes exposés à des milliers de publicités par jour et nous croyons vraiment que la consommation est bonne pour nous. Mais si une voiture est un outil pour vous emmener d’un point A à un point B, alors pourquoi vous asservir pour acheter une voiture de luxe ?
    Mujica a pratiqué sa conscience de soi pendant la majeure partie de sa vie, même en prison. Il sait que tout changement dans son mode de vie ne serait qu’une distraction.
    « Quand on achète quelque chose, on ne paie pas pour ça. Vous payez avec les heures de vie que vous avez passées à gagner cet argent. »
    Si vous lisez ceci et réfléchissez : « bien, mais ce serait bien d’avoir une plus grande maison ou une nouvelle voiture » alors je vous invite à prendre le temps d’y réfléchir.
    Cette pensée est-elle vraiment la vôtre ? Est-ce vraiment significatif pour vous, le vrai vous ?

    5. VOUS N’ÊTES PAUVRE QUE SI VOUS PENSEZ L’ÊTRE.
    « Les pauvres sont ceux qui ne travaillent que pour essayer de garder un style de vie cher et qui veulent toujours plus. »
    « Le président le plus pauvre du monde. » Il n’est pas surprenant que Mujica ait été étiqueté de cette façon par les médias du monde entier. Son style de vie est complètement à l’opposé de notre style de vie idéal. Son mode de vie nous semble ennuyeux et vide.
    « Les pauvres sont ceux qui me décrivent ainsi », dit Mujica.
    Notre point de vue étroit est qu’avoir plus d’argent = une vie meilleure.
    Mais voici un homme qui a refusé de prendre son revenu mensuel de 12 000 $.
    C’est illogique. Abandonneriez-vous le prix de loterie si vous le gagniez ?
    « Je ne préconise pas la pauvreté. Je préconise la sobriété. »
    Notre définition du mot pauvre est…. eh bien, pauvre. Nous l’avons rendu dépendant du montant d’argent dont on dispose. Vous en avez beaucoup = riche. Vous en avez peu = pauvre. Mais la vérité est que vous pouvez être une personne riche avec beaucoup d’argent ou une personne pauvre avec beaucoup d’argent. Ou comme l’a sagement dit José Mujica : « ma définition de pauvre est celle de celui qui en a trop besoin, parce que celui qui en a trop besoin n’est jamais satisfait. »

    6. VOUS ÊTES LIBRE
    « La liberté, c’est avoir le temps de vivre. »
    Il n’y a pas de prix à payer pour votre liberté si vous ne l’établissez pas.
    Nous sommes toujours libres de bouger et de parler. Nous sommes nés avec un esprit libre. Nous sommes les seuls à pouvoir donner notre propre liberté – quand nous cessons de la valoriser.
    « Je suis libre quand j’ai du temps à consacrer à des choses que j’aime qui peuvent être différentes pour vous et pour elle. C’est la liberté. »
    Si tu veux t’inquiéter de ce que les autres pensent de toi, c’est très bien. Il suffit d’être conscient du prix que vous payez pour cela – votre liberté.
    Si nous voulons être vraiment libres, nous devons être conscients. Conscients de nos choix. Conscients de nos passions. Nous devons pratiquer notre conscience jour après jour et vérifier constamment si nous n’avons pas perdu de vue notre liberté.
    Vous avez toujours le libre choix. Quelle que soit la taille de la décision ou la difficulté de la situation, c’est toujours à vous de choisir.
    « J’ai l’air d’un vieil homme excentrique… Mais c’est un libre choix. »

    7. MOINS, C’EST PLUS
    « Si vous n’avez pas beaucoup de biens, alors vous n’avez pas besoin de travailler toute votre vie comme un esclave pour les entretenir, et donc vous avez plus de temps pour vous. »
    En réalité, la plupart de ceux qui vivent une vie minimaliste le font uniquement parce qu’ils s’opposent à une vie matérialiste. Et ça ne marcherait pas pour eux parce qu’une vraie vie minimaliste ne peut pas être forcée.
    Notre vie est basée sur la consommation. Nous le faisons parce que nous ne connaissons pas d’autre moyen. C’est notre seule porte vers le bonheur. Acheter de nouvelles chaussures, partir en week-end….
    On ne nous a jamais donné d’outils pour explorer notre monde intérieur. On ne nous a jamais appris comment atteindre le bonheur en suivant nos passions, nos instincts.
    Nous devrions aspirer à vivre une vie authentique. Pour vivre avec le moins possible, nous devons soutenir notre monde intérieur. D’une part, il peut s’agir d’une grande galerie et d’une gamme de fournitures artistiques, et d’autre part, d’un ordinateur haut de gamme.
    Il n’y a pas de formule. Nous sommes tous uniques.
    Moins de temps consacré à des choses insignifiantes, c’est plus de temps pour se concentrer sur ses passions.
    Il n’est jamais trop tard
    « Le secret du bonheur, c’est de vivre en accord avec sa façon de penser. Parler à la personne que vous portez en vous. C’est le compagnon que nous emportons dans notre tombe. »

    Aujourd’hui, à l’âge de 82 ans, Mujica est toujours le même homme passionné qu’il a toujours été. Son aspiration post-présidence est la création d’une école agricole pour les jeunes, dans sa ferme. Il prouve qu’il n’est jamais trop tard pour poursuivre vos passions.

    L’impact de José Mujica et l’exemple qu’il a donné ne seront pas oubliés pour des années à venir. C’est sans aucun doute son véritable héritage.

    1. Ouais mais un fonctionnaire , c’est mieux qu’un Dieu , il est Saint pour ne pas dire Sacré .

      En toute common decency .

      D’ailleurs le Pouvoir Dieu sen méfie et lui préfère des vacataires .

  5. J’adhère complètement à votre vision ! Merci pour cette éthique audacieuse et nécessaire.

    Par curiosité, intégrer vous la notion « d’usage de la force strictement nécessaire » ? Si oui, comment l’intégrer vous ?

    Je vous envoie ci-dessous une discussion qui peut-être utile à ajouter à cette éthique.

    « Nous pouvons catégoriser ceux qui pensent que la Terre est plate en deux groupes. Ceux dont l’esprit est cristallisé et sur lequel nous pourrons rien obtenir, parce que c’est impossible ou parce que nous ne savons pas faire. Et ceux dont on peut en tirer quelque chose en étant au contact d’eux.
    Prenons cette deuxième catégorie sur laquelle nous un avons un possible levier à terme. Je parle de contact car tout ne s’obtient pas par la parole et uniquement avec elle. Il s’agit de partager des moments avec eux, autour de repas… Il s’agit d’un travail de longue haleine qui a pour but de s’intégrer à un groupe autre tout en les faisant intégrer à ce nouveau groupe (eux + nous).
    Une autre approche purement oratoire, qui peut être combinée avec la précédente est celle de la reconnaissance. La vie m’a appris que malgré un manque de diplôme, de « culture », une explication de phénomènes peu cohérente, ils ne leurs empêchent pas d’avoir des conclusions vraies. Ironiquement, c’est à nous, si nous sommes dans le vrai, de réécrire l’explication, pour que la logique précède le juste. Nous devons intégrer dans nos discours, des morceaux de vie de ceux qui pensent autrement, y compris s’ils pensent que la Terre est plate. Bien sûr, nous ne devons pas inscrire dans nos discours la « Terre plate », mais d’autres ouvertures qui sont de possibles liens entre eux et nous, pour faire Nous. En soit, s’ils ne peuvent pas débattre logiquement, usons de leur faille qui est leur manque de logique. Entendons leurs justes perceptions, ressentis, montrons leur que nous les écoutons, que nous sommes capable de les expliquer. Une fois les auditeurs capturés il suffit de les amener là où nous le souhaitons.

    Je ne dis pas que c’est simple, je pense que nous devons essayer. »

    1. essayer: c’est commencer, mon bon monsieur (commencer tout le temps, non pas « nous » ; vous d’abord ) – pour se faire laissez aux oubliettes vos leçons votre savoir supposé et vos voeux pieux, ces petits gages de vertu à moindre frais de bonne conscience.

  6. Bonjour,

    Est-il permis de se demander si de tels développements un tirés par les veuchs sont susceptibles de nous rendre plus explicite la chose élémentaire et pourtant souvent très floue de la ‘limite à ne pas dépasser’. Sans doute est-ce une question de tournure d’esprit?

    J’observe cependant que les animaux sauvages dont on ne peut dire qu’ils sont autant dans l’élaboration que les humains (il y a peut-être l’indice de la parole) respectent bien ces limites simples : lors d’un combat féroce par exemple, dès que l’un d’eux montre un signe de soumission (se coucher sur le dos et lever les pattes, donner le flanc et amorcer la fuite…), le vainqueur s’en tient là et ne poursuit pas le vaincu jusqu’à la mise à mort. Est-ce la crainte d’un retournement toujours possible ? Est-ce la décence commune animale ?

    Il est difficile, pour moi, de retrouver chez ces animaux l’équivalent de cette intériorisation des limites que vous entendez installer au truchement de la verbalisation (élaborative si l’on peut dire) d’un bonjour Monsieur/Madame, au moment où l’on aurait légitimement envie de dire ‘casse toi pov con’ (et pourquoi pas si l’on n’est pas président de la république).

    A tout prendre, j’aimerais mieux la manière des naavis qui soufflent comme un chat sur la défensive. Là au moins, il n’y a point de sournoiserie : on n’est pas content et on le fait savoir, avec autre chose que des mots. Libre à vous d’apprendre à vos enfants comment être faux-culs dès le bas âge. Vous en ferez très certainement de merveilleux animaux sociables. Quant à savoir si cela leur aura appris les limites à ne pas dépasser, ceci est une autre affaire, me semble-t-il !

    Excellente soirée,

  7. Quelle audace de féliciter le président sur un blog plutôt modéré !
    Non franchement ça m’impressionne.

    Merci Monsieur Macron aussi d’être un homme humaniste.

    Depuis qu’il s’est mis à traverser la rue pour caresser la nuque des gens, il a vraiment prisu en humanité , non c’est vrai, cocorico quoi !

    Malheureusement, la géopolitique n’as rien d’humaniste an 2018. Ni jamais je crois. C’est vraiment la chose la plus éloigné de l’homme. Dommage

  8. Je répondrai comme ceci ; en fait à une période de ma vie, il n’y a pas très longtemps, ça s’est joué sur un temps assez long mais le sentiment réel d’être devenu un paria est lié à des événements plutôt récents en fait, j’ai perdu ce qui fait l’humanité d’un homme.
    Je me souviens être un jour entré dans ma chambre et rencontrer une odeur, celle de la pauvreté, que je ne connaissais pas.
    La chance a fait que j’ai quitté le pays, et émigré dans une autre ville, un autre milieu qui m’a tout de suite mieux convenu. Ici on m’a très vite bien reçu et appelé Monsieur. La ville est riche et pleine de misère en même temps, comme beaucoup de grandes villes aujourd’hui, étrangement les gens s’entendent, peut-être parce que c’est simplement plus simple et que parce qu’au Sud on sait ce qu’est le mépris du Nord, connaissant un sentiment on est mieux à même de s’en détourner.
    Mais si un jour je devais rencontrer à nouveau cette condition dont je parle plus haut, c’est très simple, je ne pourrais pas.

    Or on le sait, tout ce qui a lieu actuellement aurait tendance à nous jeter les uns contre les autres ; étrangement ça n’a pas trop lieu.
    La civilisation ça demande l’exercice de certaines vertus, le contraire c’est un relâchement total, se permettre d’être veule ; à ce moment là c’est déjà la fin.

    Comment je traite ceux qui m’on fait du tort? Je m’en écarte point ; c’est évidemment beaucoup plus facile à dire qu’à faire.

    1. J’ai eu une période de 10 ans de ma vie comme ça, où aucune souffrance du monde ne devait m’être étrangère. Je n’en suis pas entièrement sorti, mais ça m’a rendu plus dur, peut être aussi plus indifférent, d’une certaine manière. Alors je comprends ce sentiment dont vous parlez.

      Mais bon, on n’est pas ici chez le psychanalyste…Paul Jorion quand on le rencontre, commence tout de suite une analyse, sans le dire bien sûr !

  9. Et puis vous ne comprenez donc pas qu’avoir un discours prônant le respect quand la politique que l’on se sent obligé de mener est CRIMINELLE, c’est mettre le respect aux oubliettes tout court.

    Et à part les mouvements directement exterminateurs de vies humaine, il n’y a rien de plus grave je pense.
    Mince de mince !
    Il vous manque des euros en moins sur vos comptes pour être lucide il me semble.

  10. Bon, blague à part, le suspens monte encore d’un cran : par où ça va craquer en premier : le Brexit (!), l’Italie, les « gilets jaunes » (ou rouges), plus tard les USA (compte tenu du clivage actuel) ; où d’ailleurs …? Je crois en effet qu’il va falloir une bonne réserve de « common decency »…. et pour ça, va falloir d’abord garder son sang froid…..:-)

  11. S’il faut mettre dans la balance le respect humain, il faut mettre aussi la question de la violence. Un bourgeois ne s’abaisse pas à la violence, son statut même est assis sur une violence froide, celle de la propriété et de l’argent. Il s’étonne que des licenciés lui déchirent la chemise.
    Bien sûr, Trump use de la violence provocatrice, il ne laisse jamais la place à la raison et remue les émotions en permanence. Mais l’autre, Macron, n’est pas moins violent dans sa politique, même s’il s’essaie aux mots brillants quand les crapauds de type « fainéant » « il suffit de » ne s’échappent pas spontanément de sa bouche.
    Les gens du bas de l’échelle n’ont que la violence des mots (et vont en prison pour cela) et la violence du collectif. Célébrons-là ! Même s’il leur faudra la cadrer autour d’objectifs reçus d’un bon dirigeant de leur mouvement.

    1. Sinon , il y a toujours le décalogue , et j’ai connu aussi un manuel du savoir vivre militaire
      ( c’est dire ) ;

      Pour choisir son meilleur manuel :

      https://apprendre-les-bonnes-manieres.com/chronologie-des-manuels-de-savoir-vivre/

      PS 1 : sur l’emploi de common decency par le porte parole élyséen , j’avais cru comprendre que ce qui était mis en relation , ce sont les tweets de Trump à peine de retour aux USA alors que la France honorait les victimes du terrorisme que l’on sait .

      Pour le coup j’ai trouvé que c’était la formule digne et appropriée pour signifier à Trump que c’était un gros con , et que ça valait bien Cambronne en d’autres occasions .

      PS2: dans mon manuel perso , je dis « vous » à tout le monde , et « tu » à celles et ceux en qui j’ai une totale confiance et affection ainsi que , a contrario , à celles et ceux qui me semblent dangereux au point qu’on ne voit pas d’autre issue que de les mettre hors d’état de nuire . Bref , pour ces derniers là , en même temps que l’emploi du « tu » , je commence à repérer de quoi le trucider si besoin .

      1. Juan…….! Effectivement , dans les années d’avant guerre il aurait été plus efficace d’abandonner les formules de politesse et les bonnes manières envers le chancelier Hitler , merci donc à MM. Daladier et Chamberlain qui ne croyaient que ce qu’ils entendaient et pas ce qu’il fallait entendre.

      2. @Bernard Laget
        Daladier n’était pourtant pas dupe si on en croit sa petite phrase soufflée à l’oreille d’un conseiller lors de sa descente de l’avion.

  12. Rarement lu autant de niaiseries.

     » mais à l’Humanité qui nous fonde tous et de laquelle nous faisons partie. »
    C’est votre avis. Et celui de monsieur Kant si je ne m’abuse (un véritable, psychopathe, pour ceux qui s’intéressent à sa théorie pénale…). Ce point de vue n’engage que lui, et ses « personnages conceptuels » comme « l’Humanité qui nous fonde » (un énoncé dépourvu de sens : quelque chose d’indéfinissable, voire d’inexistant?, « fonderait »… quoi? « nous », c’est à dire l’objet de même de cette définition introuvable? Qu’est ce que c’est que ce nous? Pourquoi vous permettez vous le « nous »? Personnellement, je ne vous ai rien demandé! Et qu’est ce que « fonder » veut dire? On fonde une organisation, on fonde un courant de pensée, mais là… qu’est ce que ca peut bien vouloir dire? Et qu’est ce qu’un ‘personnage conceptuel’ peut bien « fonder »? C’est un mantra, une formule magique?).

    Térence a écrit ce vers : « Je suis un homme ; je considère que rien de ce qui est humain ne m’est étranger ».
    Rarement lu autant de mépris d’autrui. Pour l’humilité, on repassera. Encore un « citoyen du moooonde » qui doit penser qu’il est partout « chez lui » (soit disant comme tout le monde, mais c’est comme dans la ferme des animaux certains sont plus souvent chez eux, c’est à dire chez les autres, que d’autres…). nous sommes des mammifères, et comme tous les mammifères, des animaux territoriaux, à ceci près que nos territoires sont, en plus, symboliques.

    « Les grands romanciers, s’ils parviennent à dépeindre avec tant de réalisme les âmes et les actes les plus noirs »
    Comment pouvez vous le savoir?
    Perso, je n’ai jamais vu un grand criminel écrire « vous m’avez tellement bien dépeint ».
    Ce qu’ils décrivent ce ne sont pas les âmes elles-mêmes mais une idée que leurs lecteurs pourraient s’en faire.

    Vous n’avez rien compris à la justification de la peine. Le criminel n’est pas chosifié/réifié. C’est tout le contraire. Comme l explique fort bien Hegel, le criminel a voulu sa peine (ou disons qu’il ne peut pas ne pas l’avoir voulue). C’est un honneur qu’on lui fait, en lui appliquant le traitement réservé aux êtres humains, et pas seulement à une table ou une chaise. Il n’est reconnu comme etre humain qu’au moment même où le châtiment lui est appliqué!

    Le chapitre sur la « common decency » est aberrant. Quand une personne se conduit mal le problème n’est pas que vous lui témoigniez votre désapprobation, au mépris de la common decency, mais que tout le groupe ne le fasse pas en même temps que vous! Voilà à quoi aboutit l’individualisme. Une morale imaginaire incapable de la moindre effectivité, complètement déconnectée des structures d’incitation réelles. Au Benin il n’y a pas d excuse d’intentionalité. Seul le resultat compte. Et en fonction du résultat vous êtes traité de telle ou telle manière. Ca peut poser un problème de « justice » pour une personne issue d’une culture greco-latine. Mais force est de constater que c’est extrêmement efficace.

    1. Il me semble bien qu’en Droit , on juge des actes et pas des intentions , sauf si un médecin légiste peut démontrer par des faits qu’il y a eu « préméditation », qui devient alors une « circonstance aggravante » , mais n’est pas le fait générateur du jugement .

      Personnellement je n’ai pas compris que l’évocation de la « common decency » du porte parole français absolvait Trump de ses actes tweeto-gnolesques , mais que c’était une façon diplomatique de lui signifier qu’on le jugeait comme un gros con .

      1. PS : ceci étant , sur la notion « d’intentionnalité » telle que vous l’évoquez , Paul Jorion , qui a des idées très nettes sur la « volonté », doit aussi en avoir sur cette notion .
        Qui ( ou quoi ) juge le juge ? La loi humaine mal foutue ? Dieu ? Ifa ?

      2. Mais comme je ne sais pas si Paul Jorion a l’intention de trancher ce point ce soir , je vais me coucher .

        En pensant au Bénin , qui , pour être pauvre , a une bien belle constitution .

      3. @juannessy

        Cette idée qu’on ne juge que les actes et non les intentions en Droit :
        1/ est fausse (quid du concept « d’abus de droit », par exemple, qui est également une absurdité théorique développée pour compenser une énième absurdité de la philosophie du droit des Modernes).
        2/ La manière dont on tient compte de l’intentionnalité varie selon les cultures politiques/peuples.
        ex : le crime passionnel, circonstance atténuante ici, mais aggravante ailleurs.
        3/ Il y a certes une différence entre le justification de l’idée de la peine (de l’institution du jugement) et la justification de telle ou telle peine particulière, mais le binôme acte-intention reste insécable, en morale comme en droit (simplement certaines cultures choisissent délibérément de n’en tenir aucun compte).

        Vous confondez peut-être avec l’idée que le droit s’honorerait à juger les actes et non pas les personnes, ce qui peut s’entendre, mais qui est d’une tres belle hypocrisie au fond. Car le résultat est le même.

        Ou bien peut-être encore avec l’idée que le droit devrait être indépendant de la morale, proposition férocement combattue par nombre de juristes et philosophes du droit allemands après la seconde guerre mondiale, et on comprend aisément pourquoi, si par ailleurs on soutient dans le même temps que le droit naturel n’existe pas, ou bien qu’il existe mais qu’il est totalement ou partiellement introuvable (par l’usage de la raison ou tout autre moyen). D’ailleurs, même cette distinction entre le droit et la morale, qui parait a priori évidente, n’a aucun sens dans la plupart des cultures/communautés traditionnelles.
        Est-ce là un progrès ou une régression spirituelle? Je ne sais pas.

      4. Pour ce qui est de P.J:
        1. Pas du tout sûr qu’il ait raison de tirer les conclusions qu’il tire de certaines expériences.
        2. Indépendamment de son propos, il critique surtout la thèse/l’hypothèse du libre-arbitre et de la libre-volonté (voire de la volonté tout court : cette thèse n’est plus soutenue que par quelques philosophes analytiques réductionnistes, poursuiveurs de Ryle, pour le coup très minoritaires dans leur propre champ, mais admettons!).
        Mais ces deux notions, libre volonté et libre arbitre n’ont pas de prise sur celle d’intentionnalité dans le cas qui nous occupe. Que l’intention, c’est à dire la nature de la motivation, soit le produit d’une volonté libre ou pas du tout, cela n’entre pas nécessairement en ligne de compte dans certains systemes juridiques.

        Prenons un exemple concret:
        Vous avez un verre de trop dans le nez. Vous rentrez chez vous après une soirée bien arrosée (grave erreur).
        Vous conduisez. Vous avez de la chance vous ne rencontrez ou n’écrasez personne. Il se trouve que vous commettez cette erreur chaque semaine, depuis 20 ans. Vous êtes simplement chanceux. Vous ne serez jamais puni pour ça (au pire vous aurez une amende si vous êtes contrôle, mais il y a peu de chance car vous rentrez tard et 1 km seulement vous séparent du domicile de vos amis).
        Votre voisin, lui, est exemplaire. Toutefois, pour une raison ou pour une autre, il commettra cette même faute une seule fois dans sa vie. Malheureusement pour lui (et surtout pour sa victime), il écrasera un cycliste sur le trajet . Il sera puni très durement (même si on pourrait dire qu’il était « en état d’ivresse » et donc irresponsable au moment où il conduisait, et irresponsable au moment même de prendre la décision de prendre le volant ou pas, manquant de la lucidité nécessaire… on pourrait même dire qu’on a commencé à le faire boire à son insu, lors de cette soirée, en remplissant malicieusement son verre chaque fois qu’il avait le dos tourné… bref. Ca peut très vite se compliquer, ou tourner à la mauvaise farce judiciaire…).
        Est ce juste?
        Je ne sais pas. je ne serais pas choqué si vous deviez, en droit, hériter a minima de la même peine que votre voisin. Le fait qu’il soit condamné plus durement que vous me parait arbitraire d’un point de vue moral, car trop dépendant des circonstances. Après tout, vous n’avez jamais rien fait d’autre que jouer à la roulette russe avec la vie des autres, et ce de manière récurrente.
        Que les comportements des deux voisins soient « libres » ou « conditionnés », « conscients » ou « inconscients », voire même que vous ayez voulu bien faire ne change rien à l’affaire dans un régime juridique dans lequel seul le résultat compte, et dans lequel le seul résultat jugé pertinent est « il a conduit en état d’ivresse/il n’a pas conduit en état d’ivresse », qu’il y ait eu victime ou pas.
        Tout le monde comprend alors que la maxime d’action est « Quelles que soient les circonstances il faut TOUJOURS prendre toutes les précautions pour se mettre en position de pas ne pas risquer d’être au volant avec un verre dans le nez. » Si ca vous arrive, vous êtes coupable. Le probleme n’est pas l’acte de prendre la route lui meme, mais ce qu’il dit de votre « préparation », de votre « mindset » (qui n’est pas celui qu’il devrait), et de votre absence d’égards envers les autres (prendre toutes vos précautions pour que ca n’arrive pas).
        Un manquement de ce type est puni car c’est la marque d’une absence totale de cette « common decency » (qui n’est rien d’autre qu’une version educlorée ou une partie de la philia), au sens pertinent du terme cette fois (celui qui va au delà du formalisme des « règles élémentaires de courtoisie »).

      5. Cher Méchanttresmechant,

        Votre exemple du buveur conducteur quotidien et occasionnel me fait penser que in fine avoir une voiture est « une absence totale de cette « common decency » » comme vous dites. Pas encore sévèrement puni, mais cela ne devrait pas tarder.

        Et manger de la viande aussi ! Vous n’avez pas idée en fait comme votre exemple est très parlant, et comme la pelote peut se dérouler encore bien plus efficacement et finira par toucher chacun de nous très sévèrement ! Mais la faiblesse humaine est toujours plus durement jugée en la matière que l’illusion de la normalité.

      6. Je suis peut être bêtetrèsbête mais il me semble que l’acte jugé , c’est « écraser quelqu’un  » , justement parce qu’il y a eu quelqu’un d’écrasé dans un cas et pas dans l’autre . et que ça s’appelle homicide par imprudence et non pas homicide par intention .

        Je ne connais qu’une très faible minorité de gens qui picolent avec l’intention de se mettre en état de tuer quelqu’un .

      7. Ceci étant , je ne suis pas juriste et je laisserai Paul Jorion mieux réagir à vos affirmations , en relevant cependant particulièrement votre critique de la notion d’abus de droit , car il a été ici assez souvent question d’abusus , avec l’idée qu’une bonne partie du « mal » venait de là .

        A l’instinct , faute de connaissances pointues réelles , il me semble que lorsque cette notion est mise en avant , le « fait générateur » de l’action judiciaire est plus le préjudice permis par ce qui est analysé comme « l’abus » , et non pas  » l’abus lui même  » , même si on peut penser que la famille judiciaire et les avocats en particulier ont pu se ruer dans les interprétations possibles .

  13. Ce n’est pas une éthique. Ce n’est pas audacieux. Ce n’est pas exigeant.

    L’éthique ça commence par le courage, et le premier des courages c’est d’oser appeler les choses par leur nom.

    Si on utilisait les expressions « le régime » et le « leader du régime » ou le « fondé de pouvoir des banquiers » au lieu des expressions « la république » ou « le président », on gagnerait en vérité, en intégrité morale et en efficacité. Car nous ne sommes pas dans une République, et Mr Macron n’est pas un président de la République (lequel est normalement au service du peuple, et non de la ploutocratie qui l’exploite).

  14. Je souscris à ce texte…éviter la chosification de la personne humaine à tout prix…même de nos pires ennemis…et même si je reconnais que parfois…c’est dur. Il faut faire souscrire aussi Roberto Boulant, qui veut emprisonner (zigouiller ?) tous les patrons et les avocats de lobbies… 🙂

    1. Merci Monsieur Rey pour la série de % sur le taux d’emploi : français, américain et anglais. Dans quelles activités se situent ces taux d’emploi.
      Avec mes remerciements
      Bien à vous

  15. Les commentaires, c’est le GORAFI? Même sans être schmittien, on peut lancer à CC le défi de déduire une politique effective de cette eau tiède de bon sentiments. Moi je vous propose de partir plutôt des 3 premières pages du TP de Spinoza = moins de salive et de temps perdu, pour autant que vous teniez à votre cause. Sartre n’est pas non plus inutile : c’est teneur de nos actes qui effectue la valeur que nous attachons à nos buts –> vous n’y tenez donc qu’en paroles, comme la plupart.

  16. Benjamin Griveaux en promoteur de la « common décency », franchement, c’est un peu fort de café.
    Lorsque Hulot a démissionné en direct lors d’une émission de radio monsieur Griveaux n’avait rien trouvé de mieux à dire que  » la plus élémentaire des courtoisies aurait été effectivement de prévenir le président de la République et le Premier ministre. » Comme si Hulot en agissant comme il l’a fait, avec l’impact que cela a eu, avait agi en grossier personnage. Du point de vue du gouvernement, sans doute, mais était-ce de cela dont il était question ?
    L’indécence n’est-elle pas du coté de ceux qui font mine de rien comprendre aux enjeux planétaires, à la portée d’un geste très fort ?
    A moins que cela ne soit que de la bêtise pure et simple.

    1. Au cas présent , on se fout un peu de la personne Benjamin Griveaux , comme de la personne de tout être « au pouvoir » , quand il s’exprime au nom de sa fonction dans un contexte clair .

      1. Certes il était dans son rôle de porte-parole du gouvernement. Mais lorsqu’il administre une leçon de morale sociale, comme il le fait régulièrement, il se place à un autre niveau, autant dire qu’il manie tous les registres, aussi bien celui de l’homme de pouvoir qui occupe une fonction, que celui du citoyen qui rappelle les règles de la vie en société ce qui a une portée beaucoup plus vaste et plus générale. Certes la common decency peut être rappelée comme principe y compris par ceux qui la défendent mal, car elle n’en garde pas moins sa nécessité intrinsèque. Mais à force d’être utilisée comme un simple élément de langage dans le jeu du pouvoir mais dont le rapport avec la réalité s’éloigne de plus en plus, elle se trouve minée de l’intérieur et se retourne même en son contraire. Un politique quel qu’il soit s’exprime au nom de sa fonction mais ne peut pas ne pas l’outrepasser en tant qu’il réfère son action à une éthique générale, dans le contraire il n’y a plus de politique citoyen, seulement des pions. C’est donc au nom de ma citoyenneté que je conteste le coté malvenu de certaines des interventions de monsieur Griveaux.

      2. Trump ne sait pas (ou si peu..) ce qu’est la common decency.
        Seul Mueller saura lui rappeler ce qu’est une limite.

        Ceci dit, Trump n’est pas tout seul, il y a le camp républicain, il est bon de lui rappeler quel genre de chef
        ils soutiennent. Un chef qui détruit les bases de la politique et de la citoyenneté.

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