Trump : le « furaxomètre » indique « ouragan »

Ouvert aux commentaires.

Difficile d’interpréter la nouvelle tombée pour nous ce matin que Robert Mueller mettait fin à l’accord de coopération (plea deal) avec Paul Manafort en raison de ses nombreux mensonges. Était-ce un revers pour Mueller, la perte d’un témoin-clé car interlocuteur privilégié des Russes depuis 2004, date à laquelle il se mit au service du politicien ukrainien pro-Kremlim, Viktor Ianoukovytch, et donc la personne la plus susceptible de savoir de première main si Trump est un agent russe ? Ou était-ce la preuve que Mueller en sait tant par ailleurs qu’il puisse déterminer dans chacun des propos de Manafort s’il s’agit d’une vérité ou d’une post-vérité 😉 ?

Difficile de dire aussi si le scoop du Guardian en début d’après-midi que Manafort aurait rencontré Julian Assange en 2016 à l’époque où WikiLeaks s’apprêtait à fuiter des mails d’Hillary Clinton et de John Podesta indiquait quel était le point particulier sur lequel Manafort avait tenu à mentir.

Heureusement pour nous (sinon considérablement dans le cirage) Trump a levé toute hésitation quant à savoir s’il s’agissait là pour lui de bonnes ou de mauvaises nouvelles par une rafale de tweets ayant fait monter la jauge de son « furaxomètre » jusqu’au niveau « ouragan ». Qu’on en juge :

La chasse aux sorcières bidon continue, mais Mueller et sa bande de Démocrates Déchaînés (1) ne voient que ce qui se passe d’un côté, pas de l’autre. Attendez que l’on découvre à quel point ils traitent les gens abominablement et vicieusement, ruinant des vies (2) parce qu’ils refusent de mentir. Mueller est un procureur biaisé devenu voyou.

… Les média d’information Fake News font de Bob Mueller un saint, alors qu’en réalité, il est exactement le contraire (3). Il cause des dommages ÉNORMES à notre système de justice pénale (4), où il ne tient compte que d’un point de vue et non de l’autre. Des héros en émergeront, et ce ne seront ni Mueller ni son….

… affreux gang de Démocrates Déchaînés. Examinez leur passé, et regardez d’où ils proviennent. La chasse aux sorcières de 30 millions de dollars se poursuit et ils n’ont rien si ce n’est des vies dévastées. Où se trouve le serveur (5) ? Que ces horribles personnages retournent à la Fondation Clinton et au ministère de la « Justice » !

Déchiffrons :

(1) Démocrates Déchaînés : Mueller a toujours été membre du Parti républicain, mais à l’heure de la post-vérité, il est sans doute plutôt Démocrate.

(2) Ruinant des vies : Dans le collimateur de Mueller certainement, Donald Trump Jr., peut-être Eric Trump, les deux fils aînés du président.

(3) Mueller, le contraire d’un saint : Robert Mueller, ancien Marine, est un héros militaire de la guerre du Vietnam dans tous les sens possibles du terme. Trump est lui un draft-dodger (quelqu’un ayant réussi à échapper à la conscription).

(4) Il cause des dommages ÉNORMES à notre système de justice pénale : La partie la plus solide sans doute du dossier de Mueller à l’encontre de Trump, ce sont ses multiples entraves à la justice.

(5) Où se trouve le serveur ? : Le serveur d’où Hillary Clinton a envoyé à titre privé des mails qui relevaient de sa fonction au State Department, le ministère des Affaires étrangères, or on a appris le 19 novembre qu’Ivanka Trump, fille du président, a fait exactement la même chose dans son rôle de Conseillère à la Maison-Blanche, pour lequel elle n’a d’autre qualification que l’irruption inopinée du népotisme à la tête de l’état américain.

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34 réflexions sur « Trump : le « furaxomètre » indique « ouragan » »

  1. Hillary fait 30 000 étourderies. Et c’était pas des variantes de recettes de dinde rôtie.
    Ivanka en fait une dizaine, chiffre que j’invente, mais plausible vu qu’elle a été toute suite dénoncée.

    Conclusion: vous devenez anti-féministe. Pour faire écho au souci de Juanessy: pas étonnant que si peu de femmes s’expriment sur ce blog.

    1. daniel,

      Le fait qui importe c’est la dangerosité de Trump (et de son équipe), bien avérée. Quoi que puisse révéler l’enquête par ailleurs. Et quoi qu’a pu qu’on pu faire comme étourderies Hillary et Ivanka.
      Ivanka c’est juste un élément de plus qui indique dans quel contexte se meut l’équipe trumpienne, un contexte où le mensonge devient l’expédient de la politique. Parce que tous ces gens sont aux abois comme nous l’explique avec brio Paul Jorion depuis des mois.
      Que je sache Hillary Clinton n’a pas assisté un président qui a mis des bâtons dans les roues d’un accord vital pour l’humanité, quand bien même cet accord était insuffisant. Autant dire que le peu qui a été fait a été balayé par Trump, ce qui est gravissime.
      Vous pourrez mettre tous les arguments que vous voulez dans la balance, le recul historique de Trump dans la lutte contre le réchauffement climatique décidé par Trump est réel. Tout sauf donc une étourderie.
      Sans oublier le « Trump » tropical Bolsonaro ainsi que Poutine également climato-sceptique, ne l’oublions pas.

      1. Juste une remarque en passant pour détendre l’atmosphère.
        Il y aurait donc deux variantes d’Homo sapiens climatoscepticus:
        L’une niant que le climat de la terre soit en cours d’échauffement (genre Trump)
        L’autre niant que le réchauffement en cours soit d’origine anthropique et qui en voit les effets positifs à moyen terme (genre Poutine)
        Homo sapiens sinensis reste difficile à caractériser.

    2. Mais oui bien entendu : si Trump & Co sont des proto-fascistes, c’est la faute à Clinton, si Trump blanchit l’argent sale russe, c’est la faute à Clinton, si Trump refuse de montrer sa feuille d’impôt, c’est la faute à Clinton…

      Et si je ne suis pas d’accord avec vous, c’est parce que je suis … « anti-féministe »… ça crève les yeux en effet !

      1. Je crois d’ailleurs qu’elle vient de vous perdre : m’accuser d’« anti-féminisme » après avoir trahi une misogynie certaine dans votre obsession d’attribuer à Hillary Clinton tous les cataclysmes planétaires, il faut le faire !

    3. Tututuuuuu ! Les renforts arrivent ! Tututuuuuu ! 😀
      Quand on fait écho aux propos d’un commentateurs, il est bon de regarder ce que l’hôte lui a répondu par la suite. Sinon il manquera la moitié du son de l’écho, pire, celle qui donne le la.

  2. La critique de Trump ne doit cependant pas outrepasser la critique du capitalisme, si on veut que les gens comprennent quelque chose au « big crunch » social et mondial en cours.

    Parce que, faute de compréhension, une fois Trump parti ou viré de la maison blanche, on en prendra un autre et on recommencera avec les mêmes illusions qui peuvent se résumer ainsi : « trop de taxe, trop de charges, trop d’impôts. Supprimons les et tout le monde ira mieux ». Les gilets jaunes sont en plein dans cette illusion…

    Je n’ai pas l’impression qu’ils soient très conscients …

    – qu’ils se soignent gratuitement, et que leurs médicaments sont gratuits.
    – que leurs smartphones et leur voitures utilisent des infrastructures gratuites (routes ponts).
    – ni que Carlos Ghosn touche en salaire l’équivalent de 3 ponts chaque année (16 millions par an, comment se rendre compte de ce que ça représente ?), ce que les économistes justifient généralement par l’excellence de ces « champions de l’industrie ».

    Tout n’ira PAS mieux, si on supprime toutes les taxes et charges. Les américains les plus modestes qui n’ont pratiquement aucune charge obligatoire sur le travail, ni aucune taxe sur l’essence, mais qui doivent payer docteurs et médicaments en savent quelque chose, lorsqu’ils travaillent à 10 ou 12 $ de l’heure, et qu’ils doivent se faire opérer, ou s’acheter des médicaments.

    Ces baisses de taxes sont donc « hors sujet », si on réfléchit à la façon d’améliorer la condition des plus modestes.

    Tandis que la GRATUITE SUR L’ESSENTIEL santé, logement, nourriture, ne l’est pas. Et pour ce qui est de l’écologie, c’est la même chose : le capitalisme américain ne prend pas plus soin des gens que de l’Environnement. Il n’y a qu’à voir ce qu’ils font là bas, avec les gaz de schiste.

    Vincent Rey,
    findutravail.net

    1. Vincent,
      Je n’ai pas vu que les Gilets jaunes réclament la suppression de toutes les taxes, excepté mon cousin très aisé qui a défilé aux champs Elysées avec une pancarte où était inscrit « France, champion du monde des taxes », avec des têtes de morts pour bien enfoncer le clou ». Eh oui, parmi les Gilets jaunes il y a quelques individus qui estiment que Macron c’est presque le communisme. Pour le reste, ce sont juste des gens qui ont trouvé ce moyen, les blocages, pour manifester leur difficulté de vivre, avec leurs maigres revenus, cela dépasse la simple revendication concernant une taxe sur l’essence. Lisez les interviews, j’ai lu par exemple le témoignage d’une aide soignante.

  3. Eh si, Pierre-Yves ! Mais peu importe, qu’ils demandent la suppression de toutes les taxes ou seulement une partie, cela n’en reste pas moins hors-sujet. Les gilets jaunes se trompent de cible.

    Car ce n’est pas l’existence des taxes qui pèse sur le revenu des gens. Finalement, c’est une question de prise de position politique, de dire que ce sont les taxes, car cela laisse entendre que l’Etat est le seul responsable.

    Or toi ou moi, nous savons que c’est faux. L’Etat n’est responsable de rien, il est exsangue, il essaie juste de sauver les meubles, de continuer à financer armée, écoles, hôpitaux… cela fait maintenant 30 ans qu’il vend les « bijoux de famille », aéroports, autoroutes, immobilier… Et donc en ce qui me concerne (et bien que je sois littéralement écrasé par les charges dans mon activité) je ne dirai PLUS JAMAIS cela; (parce que je reconnais que je l’ai dit, avant d’y réfléchir)

    La DISPARITION DU TRAVAIL qui pèse sur les salaires, et oblige les gens à parcourir des distances infinies en voiture, qui les oblige à entreprendre des activité de moins en moins lucratives (le toilettage canin est mon meilleur exemple), qui oblige aussi l’Etat à subventionner l’activité (construction navale)…Toutes ces diverses choses peut-être, mais pas les taxes, ni les charges.

    Vincent Rey
    Findutravail.net

    1. Présenter les mouvement des Gilets jaunes comme seulement un mouvement anti-taxes, est de la désinformation.
      Des points de vue historique (voir article de l’historien Noiriel déjà cité sur le blog), politique et sociologique, il apparaît que le mouvement révèle une contestation bien plus profonde.
      Des chercheurs toulousains ont passé à la moulinette des centaines d’articles et des milliers de posts et commentaires de gilets jaunes sur les réseaux sociaux. Cliquer sur le lien : Rapport Gilets jaunes ; document sribd.com)
      https://www.20minutes.fr/societe/2382763-20181128-gilets-jaunes-loin-image-donnee-medias-selon-chercheurs-toulousains

      1. Intéressant , mais de mon côté je préfère la perception par les partis , les syndicats , ou ,avec plus de recul , par les sociologues , que par un logiciel qui fait du qualitatif avec du numérique .

    2. “L’Etat n’est responsable de rien » ?
      Et l’Etat providence cher à notre hôte sur ce blog, et à beaucoup d’entre-nous, vous en faites quoi ?
      L’Etat est exsangue, mais c’est seulement dans le cadre néo-libéral.
      L’Etat vend les bijoux de famille parce qu’il applique depuis plusieurs décennies une politique qui consiste à sous-traiter au privé des missions qui lui incombaient.
      La disparition du travail est un élément important mais tout expliquer par celle-ci n’est pas raisonnable, et contre-productif, s’agissant de trouver les leviers pour la transformation sociale. AInsi faire des Gilets jaunes un repoussoir c’est la mauvaise voie à suivre.
      La disparition du travail n’est pas la cause de la diminution des revenus, elle en est seulement le prétexte, ce qui est tout à fait différent. C’est l’arbitrage dans le partage des bénéfices entre entrepreneurs, investisseurs et salariés qui explique la diminution des revenus pour les classes moyennes, et l’augmentation pour ceux qui s’enrichissent toujours plus. Les gains occasionnés par l’augmentation de la productivité induite par l’informatisation et la robotisation sont captés par les investisseurs et les entrepreneurs (j’excepte les petits entrepreneurs qui subissent le dictat des grosses firmes…) , si bien que les salariés n’en voient pas la couleur. Je n’invente rien, c’est ce que Jorion nous explique dans ses livres, billets et vidéos depuis une décennie.

      1. PS. Je suis allé voir le compte Tweet de Place Publique, j’ai eu la bonne surprise de voir que les Gilets Jaunes y sont cités y compris avec des liens, principalement dans les tweets de Thomas Porcher.

      2. Je ne sais pas Pierre-Yves….Il me semble que je ne m’éloigne pas de la pensée de Paul Jorion, en disant que l’excédent de l’offre de travail sur la demande fera tomber les salaires à zéro, à plus ou moins long terme, à moins que les Etats ne les soutiennent à bout de bras, par diverses aides et subventions, qui finissent par peser énormément sur le budget, à services égaux (*).

        Mes propos ne contredisent pas non plus ce que dit Claire Nouvian, lorsqu’elle dit que l’activité continuera à se dirige systématiquement vers le « moins disant social et environnemental », dans une société qui a érigé des règles de concurrence qui semblent intouchables.

        Les états sont exsangues, et les 2000 milliards, ou 2500 je ne sais plus, qui ont été pris pour soutenir les banques après 2008 y sont certainement pour quelque chose. Mais il ne faut pas oublier que la tendance était là, bien avant la crise de 2008. Le déficit budgétaire français n’a cessé de croître depuis 1980, précisément l’époque où des gains de productivité énormes ont commencé à se faire dans l’industrie (un tiers de notre PIB). Et c’est aussi pendant cette période qu’on a vu transiter les profits du travail vers le capital. Ça fait beaucoup d’indices concordants, en faveur des gains de productivité et de la disparition du travail tu ne trouves pas ?

        C’est un travers bien français, au pays de Louis 14, de penser que l’Etat peut tout, et qu’il est donc responsable de tout. De penser par exemple, que les gouvernements successifs, de droite ou de gauche, sont de « mauvaise volonté », pour résoudre le problème du chômage (gilets jaunes). Je pense qu’il faut se défaire de cette idée, parce que 8 décisions macro-économiques sur 10 sont prises dans le privé, sans que l’Etat n’ait grand chose à dire (voir Trump vs GM). Et si on peut voir quelques différences entre les gouvernement de gauche et de droite, dans notre pays, c’est grosso-modo la même chose, sur le plan économique. Les différences, dans les partis dits « de gouvernement », consistent surtout à gesticuler bruyamment autour de problèmes dérivés ou secondaires : la sécurité pou Sarkozy, l’école ou les meurs pour Hollande.

        Ni supprimer les taxes, ni augmenter les salaires ne peut altérer cette « vague » d’investissements destructeurs d’emplois, car la destruction des emplois est la meilleure perspective de profit qui se présente en ce moment. Et nous ne sommes qu’au début de ce Tsunami (40% des emplois informatisables ou robotisables dans les 30 ans). C’est dire dans quelle m… on est.

        C’est ce qui explique que les gouvernements de droite comme de gauche, ne voient pas d’autre alternative que de diminuer le « train de vie » de l’Etat. Ils n’ont que ce mot là à la bouche. C’est parce qu’ils estiment que c’est le SEUL levier économique sur lequel ils ont le pouvoir d’agir, tant que ces 8 décisions leur échappent. Et c’est certainement vrai, au fond, ce qu’on peut vraiment leur reprocher, c’est de ne pas avouer qu’ils sont impuissants. (*)

        Le problème de l’Etat, et plus largement de l’Europe et du Monde, c’est de trouver un moyen d’orienter ces 8 décisions sur 10 qui lui échappent. Mais pour ça, il faut envisager de rompre avec les traités européens et mondiaux, et de s’affranchir des règles de concurrence actuelles.

        Vaste programme comme disait l’autre…et je comprends que ça fasse peur aux fondateurs de Place Publique. Ca ferait peur à n’importe qui…mais j’en suis. Avec « Place Publique », réfléchissons à comment enfoncer un coin dans le système.

        Vincent Rey
        findutravail.net

        (*) ce qui explique sans doute en partie l’exaspération autour des taxes

        (*) ces 8 décisions ne prennent pas forcément la direction d’une augmentation des profits…dans le cas d’Amazon par exemple, les investissements visent une position dominante dans le futur, au dépends des bénéfices qui étaient pratiqués. C’est donc comparable de mon point de vue à ce qui a eu lieu dans les années 70 avec les supermarchés.

    3. Samedi, les « gilets jaunes » des Côtes-d’Armor ont par ailleurs décidé de bloquer les accès aux enseignes du groupe Mulliez à Saint-Brieuc, « l’un des plus riches patrons français qui paye ses impôts en Belgique ».

      Qu’on ne dise pas qu’il ne s’agit que d’un mouvement de beaufs sans conscience politique. Il y a dans les multiples revendications une qui est récurrente, celle de la justice fiscale.

      1. Cette revendication est récurrente depuis ….toujours .

        Une approche plus décontractée , qui a l’avantage de ne pas être d’opportunité passionnelle :

        https://www.cairn.info/revue-de-l-ofce-2015-1-page-97.htm

        Sur la relation  » citoyenneté- fiscalité – équité- état plus ou moins providence » , il faut sans doute réexpliquer :

        – fiscalité directe et fiscalité indirecte
        – impôts vs taxes
        – citoyen vs consommateur marchand
        – état régalien vs état régulateur du marché
        – services publics vs entreprises .

        Car , d’une certaine façon , c’est l’état hybride du modèle français ( mais peut il en être autrement dans le contexte international mondial ? ) qui est questionné , avec –
        – soit une proposition claire d’un modèle où l’état providence gagne les moyens financiers de redevenir ce que semblent ( mais je n’en suis pas sur quand je vois certaines voix se « reconnaître » dans le mouvement ) souhaiter cet appétit de « justice » fiscale ( et je ne crois de mon côté, en la souhaitant , qu’à une issue via un new deal européen )
        – soit , paradoxalement , la porte ouverte à un modèle étasunien , où le marché et « les acteurs économiques » débarrassés de toutes taxes et charges , ne laissent à l’État que l’armée et la justice , modèle où pourraient parfaitement se reconnaître ces voix étranges qui soufflent sur le petit peuple .

      2. Et l’histoire de la dette et de la « science économique  » , c’est peut être bien d’amener à la deuxième issue .

      3. Juannessy,
        « opportunité passionnelle », c’est vite dit, reconsidérez plutôt le mouvement à l’aune des dynamiques d’affects chères à notre blog favori. Comment pourrait-il même y avoir de la politique sans affects, sauf à considérer que la raison venue d’en haut s’impose d’elle-même. Mais alors autant dire que la démocratie ne sert plus à rien. Pourquoi opposer raison et affects ?

        Désolé, mais les syndicats et les partis que vous évoquiez plus haut sont à la ramasse, et en particulier en ce domaine Berger a touché le pompon si je puis dire, lui qui présentait les Gilets Jaunes comme un mouvement totalitaire et qui maintenant que le mouvement a pris une ampleur se propose de jouer les bons offices. Il est bien content de faire valoir les « corps intermédiaires » après que la base passionnelle s’est fait entendre avec les moyens qu’elle a trouvés, c’est à dire les blocages. Le fait est que les partis et syndicats ne sont plus à la hauteur des enjeux. Je suis pour que les corps intermédiaires jouent leur rôle, mais ils ont déserté le champ syndical et politique. Alors, nous devrions remercier les Gilets jaunes plutôt que d’en faire une scorie du débat démocratique.

      4. @PHD :

        S’il suffisait de la passion pour  » faire » , ce que vous dites serait vrai . Mais la passion , si elle est nécessaire n’a jamais été suffisante , tout comme l’énergie ne suffit pas à faire du travail , même si les unités de mesure sont les mêmes .

        Qui a parlé de « scories » ?

        Le charbon en cours de combustion le deviendra , par contre , et inutilement , si l’énergie dégagée est utilisée à des fins contraires à l’esprit de la mise à feu , par naïveté ou mécaniciens d’opérette .

      5. @Juannessy
        Je vous sens dans une position « je vous écoute mais je ne vous entends pas ».
        Le monde dans lequel je vis (très éloigné de la bourgeoisie annecienne), ce sont des salaires qui stagnent, la fiscalité qui augmente et des services publiques qui ferment, un département en faillite qui a supprimé les subventions aux associations sportives et culturelles. C’est tout, c’est simple à comprendre pour le citoyen lambda.
        Ici, les gilets jaunes se sont des femmes au SMIC à temps partiel contraint qui torchent nos vieux et qui gardent nos mômes.
        Vous vous en « sortiriez », vous, avec 800-900 euros par mois ?
        Il n’y a pas beaucoup de Victor Hugo sur ce blog.

      6. @Arkao :

        Je connais aussi un peu , et côté disparition des services publiques je crois même que j’avis 35 ans d’avance sur vous pour tenter d’éviter ce que certains découvrent aujourd’hui pour en faire un élément de leur malheur .

        Vous ne serez pas surpris que je vous confirme qu’avec 900 euros /mois je ne m’en sors pas , sauf peut être si j’habite dans la creuse , que j’habite dans la vieille ferme de mes aïeux et que je suis dotée d’une pas trop mauvaise santé .

        Je me « contente » d’essayer de situer le décor et la trame historique , pour éviter qu’on en reste aux inévitables mesures d’aides ciblées immédiates …qu’on verra réapparaitre plus graves dans 6 mois /un an en l’absence de mouvement politique de fond qui permette à l’état providence de se redonner des forces et des ressources à hauteur de tous les défis .

        Il faut les pansements dans l’urgence pour les vrais blessés , mais se contenter des pansements , c’est repousser la maladie de quelques mois sans la guérir , si entre temps on n’a pas enrichi et rééquipé l’hôpital .

        Avec ou sans Victor Hugo ou même Place Publique .

      7. Un grand merci Arkao : vos interventions sont comme des bouffées d’oxygène !

        Hallucinant de voir tant d’incompréhension suinter dans maints commentaires. Ce mouvement des Gilets Jaunes était inattendu même s’il était prévisible et cet inattendu, non conforme, sème un grand désarroi parmi ceux qui ont des schémas déjà prêts, en kit, type : comment se révolter.

        François Ruffin va tenter de construire la convergence entre les ronds-points et les places. Il faut le soutenir, c’est notre dernière chance.

      8. Si monsieur Ruffin est notre dernière chance nous allons perdre nos moyens au pouvoir.
        Bigre, il faut des volontaires, pas des « si on m’demande ». La situation est trop grave pour ça.
        Un peu de nez voyons, un député reporter qui fait si bien son travail sera tout étonné.
        Je suis sûr qu’en voulant bien faire, il omettra de nombreuses choses essentielles, certains convaincus ne sont pas aussi obtus.
        Ce n’est pas un Victor Hugo qu’il faut, sauf si il vous manque des lectures, mais un mixe Robespierre Churchill et Jorion !
        Des Napoléons de la Place Pubique.
        Fédérant, combatif, sans attaches (c’est mieux contre la troïka), se substituant entièrement à l’intérêt général.
        Des armes de guerres d’esprit sur pattes, savamment conseillé.
        Sinon nous sommes simplement plus perdus que si oui.

        P.S. La terre est une poussière et l’univers ne connaît pas l’injustice, sans nous.

      9. Lucas,
        « s’i on m’demande »
        Ruffin il est volontaire pour tout, il ne demande rien à personne.
        Nuit Debout c’était qui ? Mélenchon ou Ruffin ? Paul Jorion y a fait une intervention, largement relayé ici sur le blog, eh bien à l’origine de ce mouvement c’était qui ? Monsieur Ruffin, Fakir et ses amis. « La fête à Macron », j’y étais aussi, c’était qui ? Eh bien encore Ruffin ! Mélenchon se tenait en tête de cortège tentant de récupérer la marche au seul profit de Mélenchon, à contresens de la démarche de Ruffin qui aspirait à l’ouverture. Faut rétablir les faits, rien que les faits. Bref Ruffin est un électron libre.

        Oui, il faudrait un de Gaulle, un Churchill, mais pour l’heure on les a pas.
        En attendant Ruffin est un maillon important pour fédérer, cela tombe bien c’est ce que propose de faire Place Publique. Ruffin est plus faible pour la théorie, cela tombe bien, on a Jorion, alors plutôt que de les opposer, voyons ce qui les rassemble.

      10. @ Lucas,
        j’ai lu et relu votre commentaire et j’avoue : je suis pas assez intelligent pour comprendre ce que vous voulez dire sauf que vous êtes un peu contre Ruffin … ça c’est original… dans certains milieux…
        Pour tout avouer, pour un mal-comprenant comme moi, votre prose c’est du goubli-boulga, certes poétique avec cette poussière dans l’univers.

        PS- Pierre-Yves Dambrine dit ce qu’il y a à dire : lisez-le !

      11. Vous avez raison.
        Simplement je sent assez bien les hommes, j’ai l’impression que si Monsieur Rufin est aux manettes, il ne saura que faire.
        Et je crois qu’il y a besoin d’une personne qui sache qui écouter et quelle décision prendre. Il est honnête ( plutôt râre ) , droit dans ses baskets, il veut la justice c’est clair, mais il ne se sent pas, il le dit lui-même, il ne se sent pas d’être aux manettes. Et je crois que cela est de mauvaise augure. Je ne dit que cela.
        Et encore une fois vous avez raison il faut que je lise plus vos remarques , vous êtes plus sage.
        et si moi je suis contre Ruffin alors Macron est contre Merkel …
        Sincèrement je ne vois personne d’assez fort pour fédérer et combattre. Mais cela viendra, l’urgence de nôtre cause est trop importante. Faire le moins de malheureux, le plus d’épanouis , qui connaîtront les joies et les profonde peine sans être omnubiler par leurs ventres vides.Partir avec élégance, rester avec conviction, et j’écris comme je parle. Essayons d’aller dans la lumière, Comme ceux qui ont créé pas place publique, Comme la socialiste de New York, nous avons des bonnes idées, nous allons les défendre. Il faut les faire entendre.
        En écoutant les oiseaux le courage n’est plus qu’un détail.

  4. Le furaxomètre ne va pas s’arranger .

    Manafort reste un mystère . Cohen parle .

    Trump ne rencontrera finalement pas Poutine en Argentine , sans qu’on sache bien si c’est à cause de l’Ukraine ou de Mueller , ou des deux .

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