Voitures aux jaunes gilets, avez vous donc une âme ? par Timiota

Ouvert aux commentaires.

L’irruption protéiforme des manifestations des Gilets Jaunes » ouvre une béance :

A la fois pour les géographes et sociologues (les pistes analysées par Aurélien Delpirou dessinent au mieux une peau de léopard).

Et pour les journalistes et corps intermédiaires (les éditorialistes ou syndicalistes et défenseurs des minorités qui ne cherchent plus à savoir de quel lard ou cochon cela est fait, mais tendent la cuiller ou la fourchette).

Et pour les gouvernants et hommes politiques (qui découvrent qu’ils ne furent institués que par un machin imprévisible appelé « le peuple », qui se tait pendant pas mal de décennies, avale les N lois Travail avec un simple rôt de nourrisson, mais peut se réveiller en tsunami en quelques jours).

Quel philtre magique a pu agir pour déclencher de l’action collective si imprévisible et imprévue ? Ma réponse est que la cristallisation est arrivé par l’objet technique qu’est la voiture. … Quoi, m’objecte-t-on ! Cet objet en risque d’obsolescence à l’heure d’internet et de ses vraies innovation,cet objet dont la seule nouveauté, charitablement, sera d’être électrique pour « verdir » nos déplacements (Lithium suspend ton vol) ?

Oui mais non. C’est que la voiture était le médiateur d’une certaine liberté, et d’autant plus qu’on s’éloigne des centre-villes, pas besoin d’être grand systémicien pour l’affirmer. Cette liberté était précieuse il y a trente ans, quand faute d’internet, on se retrouvait aller à la fête qu’on connaissait dans un réseau d’ami.e.s (au sens d’avant Facebook !), fût-elle à 40 km ou à 400 km de chez soi.

Or, de soupape de liberté, la voiture est devenue en quelques décennies un peu autre chose : l’assurance minimale d’une vie en circuit un tant soit peu ouvert.

La peau de léopard géographique de nos zones, pavillonnaires ici, périurbaines là, malgré ses complexités, n’a pas réussi à dissiper les confinements, assignations à résidence, effets de ghettos. Et « l’assistance » d’internet n’y aide pas, les « like » étant avant tout des amplificateurs de différenciation.

En même temps, le transport routier s’engorge. Les « restos de routiers » avec leur côté « corporation sympa » sont un souvenir du passé, les camions attendent en lot près des entrepôts logistiques ou sur des aires à l’écart, et à l’autre bout de la chaine, les plateformes Uber ou celles de livraisons à vélo ont institués des populations et des activités pour lesquelles le goudron rime plus avec esclavage qu’avec émancipation.

Tout cela a chargé l’objet « voiture » d’ambiguïté : rempart contre l’isolation, et fragile car déjà porteur des crises à venir.

Je dis donc simplement que ce qui arrive, c’est parce qu’on a touché à cet artefact qu’est la voiture, déjà mal en point comme symbole comparé à l’idéal qu’il fut, mais encore vécu comme indispensable du « pouvoir-vivre » sinon du « savoir-vivre » dans les replis des taches du léopard. Et c’est logiquement son seul vêtement symbolique, le gilet jaune passant pour bonnet phrygien, qui permet à la multitude victime des politiques économiques en cours (du gouvernement Macron et de ceux d’avant, aveugles à l’agonie du capitalisme) de s’unir en bandes, de coaguler et faire valoir quelques atomes de solidarité.

Et de le faire pas n’importe où : aux endroits qui sont les interfaces entre humains (ou choses humaines) et voitures (rond-point : on y décide quelque chose ; péages : on y paye quelque chose; que je sache, il n’y a pas eu trop de blocage de centre commerciaux, une sorte d’intelligence objective peut-être). Ce n’est pas un hasard, c’est un signe à lire,

En somme, le peuple de 2018 s’est trouvé ressentir la pression économique à l’endroit où, si souvent, son peu de liberté s’accrochait, sur cet outil de la voiture déjà un peu mal fichu et mal compris (qu’on songe à la surprise de Renault quand les Dacia se vendirent en France comme des petits pains). Il a suffit d’un impact pas plus grand que celui sur nos corps des aiguilles d’acupuncture (vitesse à 80, prix du diesel et de l’essence) pour que tout le corps social devienne un « peuple du gilet », et se rende compte de sa souffrance.

La conclusion logique est qu’il n’y aura pas de porte-parole et que le flottement politico-médiatique, redouté des politiques, va être la règle dans les jours et mois qui viennent (même pas de fake news ! Et aucun exutoire n’existe dans les partis actuels: voit-on M. François Bayrou appelé à la rescousse pour sauver les meubles de Jupiter ?). Faute de pouvoir distribuer des satisfactions dans les replis de la France, dans les taches de la peau du léopard, la pression pourrait bien se concentrer de proche en proche sur autre-chose. Et on peut dire ici plus qu’ailleurs qu’il faudrait en profiter pour mettre des coins dans certaines fissures du capitalisme qu’ouvrira cette pression. La Place Publique est certes au départ une agora de piétons, il faut y faire place aux centaures modernes avec leur quatre roues, que la place devienne un pays, avec un peuple qui vit, un peuple qui a une âme.

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31 réflexions sur « Voitures aux jaunes gilets, avez vous donc une âme ? par Timiota »

  1. Et finalement, tout ce peuple qui se révolte, sans vouloir vraiment négocier quoi que ce soit…ne nous dit-il pas : « regardez nous : nous sommes des victimes » ? Demande-t-on aux naufragés d’un navire, de désigner des représentants ?

    Je pense aussi à cet homme qui s’est mis torse nu sous le jet d’un canon à eau samedi dernier. Quel symbole ! nu et désarmé face à la force brutale de ce jet sous pression ! Ne nous disait-il pas, en agissant ainsi : « Je suis faible, et nu. Regardez moi ! Que voulez-vous de plus ? Que je meure ? »

    Vincent Rey,
    findutravail.net

  2. La clé de voute du libéralisme philosophique est la propriété ( pas le libre arbitre ).

    La clé de voute du capitalisme est la consommation et le déplacement , en particulier synthétisé dans la bagnole .

    La seule France n’est plus clé de voute nulle part .

      1. Ce qui est clair c’est que le serrurier ne peut pas être un état seul ( donc ça ne peut être la clé Allen qui est seulement d’empreinte  » hexagonale » ) ,et que l’enjeu de l’ouverture de la porte , c’est ni plus ni moins que la survie de l’espèce , si possible sans tuer l’espèce dans l’espoir vain de la sauver .

        Mais je vois mal que la bonne clé ne soit pas forgée autrement que les clés de voute du libéralisme ( côté propriété ) et du capitalisme ( côté , a minima , de son « extraterritorialité » , s’il n’agonise pas assez vite ) .

      2. Est-il utile de rappeler le texte de Gorz sur ce sujet ?
        http://carfree.fr/index.php/2008/02/02/lideologie-sociale-de-la-bagnole-1973/

        Nous fûmes mis en plein en effet avec la bagnole pour tous au cœur d’une gouvernance libérale dont premièrement une culture pédagogique, puis une habile démagogie, visent à jouer continuellement du rôle symbolique des objets de consommation constitutifs du monde vécu par le peuple. Savoir comprendre ( mais après coup, soit trop tard ?) sous quelle forme la croissance économique nous donnée à apprécier comme un progrès constant de la liberté individuelle, la mise en partage d’un luxe auparavant réservé, d’un privilège. Mais c’est au niveau du sensible, du perçu concret, que ces symboles ( l’ordinaire de ma bagnole, de ma petite maison dans la prairie, de ma mémoire portable en poche ) peuvent m’apparaître comme des faux-semblants, des duperies, de purs artéfacts donnés en pâture. Prise de conscience rationnelle ? Ou bien est-ce toujours et seulement au niveau somatique que tout un non-dit, un insondable , tout un indéterminé du réel surgissent dans le sillage de l’opposé apparaissant d’un sens auparavant partagé ! Ainsi de cette « automobilté » acquise pour tous par un système économique totalement abstrait, et où les pouvoirs publics n’ont plus reçu d’autre mission que d’en assurer les externalités : assurer le stationnement aux centres ( historiques ou commerciaux), écouler le trafic vers la périphérie , assurer à tous le possible départ ensemble de chacun à la montagne ou à la mer . Soient des contraintes purement comptables : Il est sain que certains revisitent donc aujourd’hui le sens du « rond-point » grâce aux GJ ressurgisse en tant qu’espace de vie, le moment qu’il était -avant de se normaliser- de possible bifurcation, de croisement, de carrefour, occasion de connaissance d’un lieu de vie voisine à découvrir, d’un sens à construire par mon expérience personnelle! Le GPS ne me dira rien du lieu de vie des amis dont je lui donnerais les coordonnées : pas d’espace habité à leur adresse, dés lors que pour le satellite ils résident dans une pure étendue mathématiquement codifiée…

    1. LES GILETS JAUNES DÉMOLISSENT LES LETTRES ¨I LOVE AMSTERDAM¨
      3 décembre 2018 par Jop Eikelboom et Jaap van de Venis

      Source: De Speld, [journal humoristique]

      https://speld.nl/2018/12/03/gele-hesjes-slopen-i-amsterdam-letters/?fbclid=IwAR2tVBJ89XhnMlus3O7mGoTTR544zqJ-LRaObP9vQ5ClDhXe73OfDyNO95o

      quote
      Grande panique à Amsterdam. Le mouvement de protestation ¨gilets jaunes¨ a été repéré dans la ville et ce matin a démoli les lettres ¨I love Amsterdam¨. La situation risque aujourd’hui de dégénérer.

      Avant que les unités mobiles de la police ne soient sur place avec des canons à eau pour séparer les gilets jaunes, les lettres avaient déjà disparu. On craint que les gilets jaunes ne détruisent plusieurs endroits de la ville.

      Le professionnalisme de l’organisation suscite également des inquiétudes. Madame La Maire d’Amsterdam, Femke Halsema : « En France, c’est de l’amateurisme, mais ici, on sort immédiatement avec des dépanneuses et du matériel professionnel.¨
      unquote

  3. Lorsque la cristallisation a commencé, on ne sait jamais jusqu’où va grossir le cristal.
    Ou plutôt si; tant qu’il y a des sels minéraux en suspension dans la solution.
    Les sels minéraux de la contestation ce sont toutes les questions non résolues depuis des décennies
    Et il y en a un paquet
    Ça va faire un sacré caillou dans la chaussure !
    Jusqu’à la dissolution ?

  4. Il me semble à moi que c’est une émeute contre l’austérité. Comme celles qui ont été vécues par la Grèce, l’Espagne, l’Islande, etc. Et en moindre intensité. Faut-il faire de l’analyse symbolique de la bagnole, si elle vient occulter l’analyse concrète ? Sur les barrages, d’abord des artisans et des agriculteurs, puis des navetteurs, les plus frappés par le prix du fuel et, pour les deux premières catégories, par la suppression de prix avantageux. Mais l’extension et la sympathie rencontrée par le mouvement montre le ras le bol face à l’austérité, la précarité qui atteint la classe des travailleurs et la petite bourgeoisie (et non les déclassés qui circulent peu, et en transports en commun).
    Ce qui est frappant, c’est le silence des partis et syndicats qui ont peur de ce mouvement et qui n’imaginent pas se mettre à sa tête et l’orienter par un dialogue et une politisation. On pouvait être contre l’austérité sociale tout en étant pour la transition climatique et il y avait matière à dialoguer. Seul François Ruffin parait avoir compris. Et Melenchon est au fossé.

    1. L’austérité oui, chabian, l’éclairage « bagnole » aide à lire par-delà les oppositions ruralité/ville, péri-urbain/centre ville, et d’autres encore. Le rognage sur les services sociaux a été fait assez « malignement » pour être accepté (on connait les recettes : un peu de dysfonctionnement, la tentation de la privatisation, etc., sur le modèle des régies de l’eau), quand le rognage a touché la bagnole, c’est comme je le dit un effet d’acupuncture, le « méridien sensible » a été touché, et tout le corps s’est révéillé. La bagnole explique un peu l’intensité des luttes et l’endroit où elles se trouvent, elle est à mis chemin des différents « impensés » ou « sous-jacents » des désirs et frustrations des gens, de ce qu’ils pensaient naturel il y a quelques années et qui leur est rendu dur par l’austérité.
      Donc d’accord sur le fond…

      1. Une analyse intéressante d’Olivier Galland, où l’on retrouve le m^me sentiment de « déclassement » et les difficultés , entre autres, qui nourrissent le désespoir et alimentent les votes extrêmes.
        Non, nous ne sommes pas égaux dans notre capacité, aussi bien matérielle que psychique, à encaisser les chocs qui ont généré, et ce, malgré nos amortisseurs sociaux, des inégalités et des injustices économiques et sociales devenues insupportables, à fortiori pour les plus modestes. Comme énoncé dans un précédent post, comment parler de « décroissance » à des individus qui ont juste de quoi se sustenter ?
        Ma voisine, retraitée, me l’a bien résumé « de vivo » : « je suis végétarienne par obligation » ! Alors on a partagé un bon gâteau et on a bu un bon verre ensemble, yepa !

        Une révolte des revenus modestes
        Olivier Galland 28 novembre 2018

        … et la part du revenu « arbitrable » se restreint
        « En outre, dans ce budget qui ne progresse plus, les Français voient la part des dépenses incompressibles – les loyers et les charges afférentes au logement, les remboursements de prêts, les abonnements, les assurances… – s’accroître assez nettement. La DREES a consacré une étude assez complète à ce sujet. Ces dépenses pré-engagées représentent 38% de la consommation totale des ménages pauvres, 35% de celle des ménages modestes contre 22% seulement des ménages aisés. Ces dépenses pré-engagées sont constituées principalement de loyers et charges. Par ailleurs, depuis 2001 la part de ces dépenses pré-engagées dans l’ensemble des dépenses s’est accrue plus vite pour les ménages pauvres et modestes que pour les ménages aisés, réduisant encore pour eux ce que les statisticiens appellent le « revenu arbitrable », c’est-à-dire la part du revenu dont les individus peuvent disposer librement. »

        « Du fait que les dépenses pré-engagées sont plus importantes chez les ménages pauvres ou modestes, les inégalités concernant cette part du revenu dite arbitrable sont plus importantes que les inégalités mesurées sur l’ensemble du revenu. La DREES calcule par exemple que 1/3 des personnes de revenus modestes qui étaient donc classées comme non pauvres en termes de niveau de vie, deviennent « pauvres » en termes de niveau de vie arbitrable. Autrement dit, lorsqu’on ne considère que la part du revenu dont les personnes peuvent disposer librement, la situation des personnes aux revenus modestes est encore moins favorable que ne le laisse supposer leur niveau de vie considéré dans sa totalité. Et cette situation s’est dégradée depuis 10 ans puisque la part des dépenses incompressibles a augmenté plus vite pour les classes populaires que pour les classes aisées. »

        « Or, pour une partie de ces personnes – et sur ce point le fait de vivre en zone rurale est certainement un critère décisif – l’essence qu’elles utilisent pour leurs déplacements est certainement subjectivement comprise comme une dépense non arbitrable (même si elle n’est pas classée comme telle par la définition statistique). Ils ne peuvent pas y renoncer pour leurs déplacements professionnels ou pour faire leurs courses s’ils ne disposent pas, comme c’est souvent le cas, de transports en commun. L’augmentation des taxes sur le carburant a donc pour elles un impact plus grand, objectivement et subjectivement, sur le revenu arbitrable que pour les personnes qui peuvent éventuellement restreindre l’usage de la voiture. »

        « L’ensemble de ces facteurs – stagnation du niveau de vie, part croissante des dépenses incompressibles pour les ménages modestes – a constitué un mélange détonnant (si l’on peut dire) avec l’augmentation des taxes sur l’essence annoncée par le gouvernement. Ces personnes dont les revenus n’évoluent plus et qui disposent d’un faible niveau de ressources dont ils peuvent disposer pour autre chose que des dépenses essentielles, ont certainement vu dans ces mesures une contrainte supplémentaire qui restreignait encore leur capacités de choix déjà limitée. Au-delà de l’aspect strictement financier, un double sentiment peut alimenter le pessimisme et la colère : celui de ne pas avoir de perspectives d’évolution et celui de voir restreindre toujours plus son autonomie, sa capacité de faire des choix et d’orienter sa vie. Au regard de ces enjeux personnels, les choix pour le pays à l’horizon de 10 ou 20 ans peuvent paraître secondaires à cette partie de la population. La pédagogie pour les réformes va être un exercice bien difficile… »
        https://www.telos-eu.com/fr/une-revolte-des-revenus-modestes.html

    2. « c’est le silence des partis et syndicats qui ont peur de ce mouvement et qui n’imaginent pas se mettre à sa tête et l’orienter par un dialogue et une politisation.  »
      oui trés juste.
      Pour Ruffin, il a le mérite de s’y mettre mais je ne comprends pas cette polarisation sur Macron comme s’il n’était pas dans la continuité d’un système et d’une superstructure. Je regrette aussi un discours qui n’amoindrit pas la violence et qui oublie l’écologie.

      Sinon Jadot s’est timidement réveillé ce matin  »
      Les gouvernements successifs « n’ont rien fait » selon lui pour prévenir la crise actuelle et craint que l’écologie soit mise sur l’autel des sacrifiés.
      « Qui a donné les autoroutes à des sociétés qui fait qu’elles sont à un prix incroyable ? Qui a renoncé sur la taxe poids lourds ? Qui a lâché sur toutes les grandes surfaces au moment des lois Raffarin ? Qui a lâché à Bruxelles tous les niveaux de pollution ? (…)

      Comme d’habitude l’écologie va être la victime expiatoire d’un modèle de développement porté par ceux qui soutiennent les gilets jaunes et qui ont toujours renoncé à lutter contre les inégalités sociales, à lutter contre la vie chère et ce qui touche le plus les populations les plus fragiles: pollution, malbouffe, dérèglement climatique… »

      1. Malgré un discours appelant à l’apaisement. Les certitudes de Todd toujours là: l’euro est indépassable par le haut, le protectionnisme comme planche de salut. Une bienveillance hallucinante sur Trump et aucune considération sur l’écologie…

  5. 30 km à vélo pour rentrer chez soi après une journée de 8 h à manipuler 2 tonnes de colis sur une plateforme logistique , au bout d’un an soit vous devenez Iron Man soit vous mourez d’une crise cardiaque

  6. De tous temps, l’homme s’est déplacé pour aller à la rencontre de l’inconnu : esprit d’aventure, ouverture sociale, besoin vital, curiosité ?
    De tous temps, l’homme s’est trouvé des congénères comme porte-voix pour se faire entendre quand d’autres faisaient la sourde oreille .
    De tous temps, l’homme s’est inventé des groupes sociaux au sein desquels ont cohabité des porteurs de projets et des destructeurs d’avenirs

    1. Mais nous sommes aujourd’hui, nous sommes maintenant, nous prenons en otage la plupart des espèces vivantes en chauffant les petits oiseaux car en 150 ans nous sommes passés de 1 000 000 000 à 7 000 000 000 en consommant toujours plus sur une planète qui elle n’a pas grandi.
      Donc vous avez raison mais chaque temps a ses caractères, Alors vous n’avez rien dit.

  7. D’un coté, les « casseurs » sont objectivement le bras armé des gilets jaunes. S’ils avaient manifesté pacifiquement dans un grand champ au beau milieu de la Creuse, tout le monde s’en taperait le coquillard. S’ils avaient vraiment voulu éviter la castagne, ils n’auraient récidivé après la première manif aux Champs

    D’un autre coté, Macron – le mal élu, avec 44% des inscrits, dont beaucoup par défaut ou résignation – est le bras armé de la commission européenne. Ce n’est pas lui qui gouverne, et ça commence à se savoir.

    Enfin, après une séquence catastrophique d’alternances droite-gauche avec les mêmes promesses et les mêmes trahisons (« les paradis fiscaux c’est terminé…, mon ennemi c’est la finance.. ») certains ont voulus croire au renouvellement de la classe politique et se trouvèrent fort dépourvus lorsque la bise fût venue (ISF, CSG, Taxes et hausses en tous genres, fermetures d’usines et abandon de services publics…)

    Bref, on est assis sur un baril de gaz oil, et on joue avec les allumettes.
    (« On » = les gilets jaunes qui ne lâchent rien, qui ne veulent pas de représentants mais qui s’invitent sur les plateaux de télé, et l’exécutif qui ne lâche rien non plus, persuadé que le ruissellement finira bien par ruisseler)
    Que va-t-il donc se passer ?

    1. Sacré goulot d’étranglement.

      Le gouvernement va être obligé de bricoler un ou deux arrangements ridicules comme par exemple faire disparaître cette taxe ou alors remettre l’ISF mais ça m’étonnerait, Ou comme de par hasard un gros événement médiatiquement surexploité va faire diversion,
      Dans tous les cas la colère restera dans le cœur de tous, et ressurgira aux prochaines élections soient dans l’extrême droite soit dans la gauche de Place Publique.

      P.S. Même la police et les gendarmes sont épuisés, les truands son très heureux.
      Le gouvernement ne pourra tenir bien longtemps.

      1. Oui, assez de tous ces charabias philosophiques, d’intellos, qui ne savent faire rien d’autre que de beaux discours appris sur les bancs de l’ENA ou Scienc.PO. pour nous endormir. Ce sont des hommes de terrains, conscients des problèmes et en capacité d’apporter des solutions cohérentes, adaptées, pour constituer un gouvernement. Je soutiens le mouvement des Gilets jaunes mais malheureusement comme dans toute manifestation, certains individus en profitent pour donner libre cours à leur nature de casseurs qui n’ont pas même d’opinion et qui mettent en difficulté des gens en incendiant leur véhicule, les établissements où ils travaillent et vont se retrouver au chômage, c’est franchement lamentable !

  8. Edito de la Tribune:
    https://www.latribune.fr/opinions/editos/emmanuel-macron-la-sortie-de-crise-est-pourtant-simple-799556.html

    En frappant aveuglément le pouvoir d’achat des plus pauvres sans leur apporter un accompagnement social suffisant alors qu’ils n’ont pas d’alternative à la voiture, Emmanuel Macron a transformé la colère populaire en rage. La solution est pourtant simple : pour faire rentrer chez eux les gilets jaunes, le chef de l’Etat doit suspendre la hausse des taxes sur les carburants et profiter du vaste débat qui parcourt le pays pour construire un nouveau pacte fiscal et social.
    Et pourtant, dès la fin août, Emmanuel Macron avait eu le bon réflexe : le président de la République avait eu comme un doute sur l’opportunité de la retenue à la source et forcé Bercy à relever la part des crédits d’impôts qui seront redistribués aux contribuables dès fin janvier. Le président de la République, déjà préoccupé par le pouvoir d’achat des « classes moyennes » avait eu la bonne intuition, mais il aurait dû porter son attention sur l’impact de la hausse des taxes sur les carburants sur les Français les plus modestes.

    Si l’on se remémore la séquence, c’est aussi le moment où Nicolas Hulot a quitté le gouvernement avec fracas. L’ancien ministre de l’écologie, la plus belle prise du macronisme, a expliqué son départ par son impuissance à faire plier la technocratie et les lobbys. Lors de son « Emission politique », Hulot avait été encore plus précis en expliquant qu’il avait tenté en vain de convaincre le ministère du budget d’accompagner socialement la hausse des taxes sur les carburants, beaucoup plus fortement que par la prime de conversion de 2000 euros lancé en début d’année.

    Trois mois plus tard, Emmanuel Macron est en train de se fracasser tout seul sur la « fracture sociale » dénoncée en 1995 par Jacques Chirac, et il met en jeu tout son quinquennat et la poursuite des réformes par un entêtement imbécile et incompréhensible qui met à feu et à sang tout le pays. En trois samedi de mobilisation des gilets jaunes, la France a connu une montée inédite de la violence dont la mise à sac de l’Arc de Triomphe à Paris le 1er décembre a constitué l’acmé, donnant de la startup nation l’image d’un pays en guerre civile. Beau résultat qui efface 18 mois d’efforts pour redresser l’image de la France à l’étranger.

    Avec 8 Français sur 10 qui soutiennent le mouvement des « gilets jaunes », le pouvoir a tort de jouer la carte du pourrissement en se raccrochant à la baisse de leur mobilisation, alors que, malgré les violences, une majorité de gens font en quelque sorte une « grève par procuration ». On ne peut pas gouverner contre le peuple. Quand on est face à une situation comme celle-là, jouer la carte de l’ordre et parler d’état d’urgence n’est pas une solution. Certes, il faut appliquer la plus grande fermeté à l’égard des casseurs et protéger le pays contre ceux, minoritaires, qui en profitent pour semer le chaos. Mais ce n’est pas en appelant l’armée au secours du maintien de l’ordre que les gens vont se calmer. Au contraire, tout indique que sur le terrain, le mouvement se radicalise de plus en plus et que l’on va entrer dans un durcissement des blocages. Au risque de déclencher vraiment une « guerre civile » comme le montre la naissance inquiétante du mouvement des « foulards rouges ».

    En politique, reculer n’est pas une défaite, c’est une preuve d’intelligence. La hausse de la taxe carbone n’a manifestement pas été comprise. Elle apparaît comme la seule manifestation de l’inextinguible soif fiscale de la sphère publique, incapable de se réformer et qui a pris la mauvaise habitude de se refaire en augmentant les taxes sur les plus modestes. Hausse des carburants, du tabac, non indexation des retraites et des transferts sociaux, baisse des APL, le cocktail était détonnant et il vient d’exploser à la figure d’Emmanuel Macron. Il n’y a pas besoin d’avoir fait l’Ena ni d’être banquier d’affaires pour se rendre compte que pour « les gens qui ne sont rien » (l’expression est d’Emmanuel Macron), le prix à la pompe et celui de la cuve à fuel est la goutte d’eau qui fait déborder un vase bien rempli.

    Ces gilets jaunes, c’est la France des classes moyennes inférieures, dont le niveau de vie a été abimé par dix ans de stagnation des revenus, et dont les dépenses contraintes ont « en même temps « explosé » : ainsi, des personnes de revenus modestes, se situant au-dessus du seuil de pauvreté, sont devenues pauvres en terme de niveau de vie « arbitrable », défini comme la part qui reste à vivre pour boucler la fameuse « fin du mois ». Et voilà comment des gens qui normalement ne sortent pas dans la rue pour manifester se retrouvent en n’ayant plus rien à perdre : ce sont des personnes âgées, déjà choquées par la hausse de 1,7 points de la CSG, beaucoup de femmes seules avec enfants vivant de petits boulots, des artisans et des intérimaires que l’on entend le plus dans ce mouvement « liquide », dans lequel personne n’est reconnu comme chef mais où tout le monde a le sentiment de vivre la même injustice.

    Un sentiment d’injustice aggravée par la politique fiscale mise en œuvre, avec la baisse de l’impôt sur la fortune ou la flat tax sur les plus-values. Non pas que ces réformes n’aient pas leur légitimité : elles ne représentent que 0,5% des prélèvements obligatoires, mais elles n’ont pas fait la preuve de leur efficacité pour créer des emplois. Le député Bruno Bonnell et quelques autres ont d’ailleurs décidé de réaliser un audit pour vérifier l’impact de la suppression de l’ISF pour les valeurs mobilières sur l’investissement dans le capital des entreprises en France. S’il est faible ou nul, comme c’est probable, il ne sera pas inutile de remettre sur le chantier la question de la juste contribution des premiers de cordée. Et pourquoi ne pas créer un ISF « vert » avec une réduction d’impôt pour les investissements dans la transition écologique…

    Au final, Emmanuel Macron n’a plus qu’une seule solution : renoncer à la hausse des taxes sur les carburants, comme l’y enjoignent tous ses « amis » et de nombreux ministres et députés de la majorité, pour adresser au pays et aux gilets jaunes un signal clair. Les Français ne comprennent pas en effet pourquoi eux seuls doivent contribuer à la transition écologique alors que la taxe carbone ne concerne pas le kérosène des avions ni le fuel lourd des bateaux. Ils ont bien conscience que le climat est un enjeu essentiel pour l’avenir, mais ils ont aussi bien compris que ce ne sont pas quelques centimes de taxes en plus ou en moins en France qui vont sauver la planète alors que cela peut sauver leurs fin de mois. Ils ne comprennent pas comment en gagnant moins de 2000 euros par mois on peut acheter une voiture électrique ou même un modèle thermique plus récent avec une aide de seulement 4000 euros. L’argument écologique ne convainc pas et ne séduit que les bobos parisiens qui ne sont plus que 37% à être propriétaire d’une voiture.

    Ce moratoire sur les carburants est indispensable, pour remettre tout le monde autour de la table afin de trouver des réponses dans les territoires aux problèmes de mobilité. La solution politique est simple : il suffit de reprendre sur ce point le texte de la loi de finances tel que votée par le Sénat qui a annulé la hausse de 6 centimes du diesel et de 3 centimes de l’essence au 1er janvier. Emmanuel Macron doit aussi suspendre la fin brutale de la possibilité pour les professionnels du BTP d’avoir recours au gazole non routier (GNR) qui représente pour des milliers de TPE/PME une hausse de 50 centimes au 1er janvier.

    Cette réponse ne remettra pas en cause la transition écologique, dire cela est une fable. Au contraire, c’est l’obstination actuelle qui est en train de tuer l’écologie fiscale. Contrairement à ce que veut faire croire Bercy, la suppression de la hausse des taxes carburants qui représente certes 3,9 milliards peut tout à fait être absorbée par d’autres mesures budgétaires et fiscales sans remettre en cause les équilibres du budget, qui sont d’ailleurs bien plus menacés par les conséquences économiques dramatiques des blocages que par le maintien des hausses prévues. Rien n’empêche Emmanuel Macron de travailler avec les constructeurs automobiles, avec les entreprises du bâtiment et avec les collectivités locales pour rechercher des solutions innovantes afin d’accélérer la transformation du parc automobile, le remplacement des chaudières à fuel et la rénovation des logements : au contraire, cela engendrera de l’activité et de l’emploi et donc des recettes fiscales.

    Rien n’empêche enfin non plus Emmanuel Macron de transformer son autisme jupitérien en une relance du dialogue économique et social en y associant les corps intermédiaires, les syndicats et le patronat, afin de remettre en chantier ce qui constituait, plus encore que l’urgence climatique, le cœur de son mandat, la raison d’être de son élection inédite : remettre la France en mouvement (« en marche »), en faire « le pays le plus compétitif d’Europe », lui redonner foi et espoir dans son avenir grâce à l’innovation, la recherche, les nouvelles technologies. En arriver à bloquer le pays pour quelques gouttes de carburant et quelques milliards d’euros, voire lui faire risquer un embrasement social et politique qui lui ferait faire une marche arrière dont il ne se relèvera pas, voilà qui est incompréhensible. La France ne peut pas se permettre le luxe de vivre un acte IV comme annoncé déjà pour samedi 8 décembre. Emmanuel Macron doit d’urgence mettre fin à cette colère, ramener la paix civile et il est désormais seul, en première ligne, pour se montrer à la hauteur de ses responsabilités. Des négociateurs se sont manifestés ce dimanche pour offrir au président de la République une porte de sortie. Quand une main est tendue, il faut savoir la saisir. Il est encore temps d’en finir avec ce délire qui excite les nostalgiques de la révolution et les extrêmes de tous bords. Emmanuel Macron a parfois mis en avant que l’époque a un parfum d’années trente. Et de fait, entre les « enragés » se référant à la guillotine et les messages sur les réseaux sociaux évoquant le 6 février 1934, il est irresponsable de persister dans un scénario autoréalisateur…

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  9. https://www.lorientlejour.com/article/1146462/democratie-en-peril-.html

    « Il n’y a pas de dictateur à faire tomber. Pas non plus d’État policier ou de moukhabarate prompts à vous faire disparaître à la moindre critique. Là-bas, les manifestations populaires sont autorisées, les oppositions libres de s’exprimer et les pires insultes contre le chef de l’État tolérées. Là-bas, l’école (de qualité) est gratuite tout comme les services de santé, et l’État vient en aide aux plus démunis. Là-bas, c’est l’État de droit qui prévaut.

    Là-bas a pourtant ressemblé un (petit) peu à ici le temps d’un week-end. « J’ai l’impression d’être à Beyrouth », ont confié à L’OLJ plusieurs Libanais résidant dans la capitale française et ayant été témoins samedi de la colère des gilets jaunes. Le déferlement de violence verbale et physique, les voitures en feu, les Champs-Elysées saccagés, la désorganisation générale, l’esprit communautaire des frondeurs sont autant d’éléments qui donnent l’impression de passer, toutes proportions gardées, d’une rive à l’autre de la Méditerranée.

    La comparaison pourrait prêter à sourire si le sujet n’était pas aussi grave. C’est pour faire tomber de (vraies) dictatures que les Arabes se sont soulevés il y a maintenant huit ans de cela, portés par une aspiration démocratique. C’est cette même démocratie qui est aujourd’hui fragilisée dans le monde occidental, parfois même caricaturée en régime dictatorial, dans une arène politique où les mots ont perdu une grande partie de leur sens.

    Le 7 mai 2017, d’aucuns ont considéré que l’élection d’Emmanuel Macron à la présidence française marquait la fin du cycle populiste pour les démocraties occidentales. La large victoire d’un jeune libéral et pro-européen laissait entrevoir l’espoir d’un renouveau politique qui ne soit pas dominé par les extrêmes. Force est de constater que c’était une illusion. Non seulement Emmanuel Macron a pour l’instant semblé très isolé sur les scènes européenne et internationale, mais il est en plus désormais confronté à un mouvement qui, dans son ADN antisystème, n’a pas grand-chose à envier au Brexit ou à la victoire de Donald Trump.

    C’est sans doute parce qu’il incarne auprès de ses détracteurs l’image d’un président des riches, qui serait déconnecté des réalités populaires et qui plus est arrogant, que la fronde est aussi violente contre Emmanuel Macron à qui tout avait pourtant si bien réussi jusqu’alors. Sa conception de la verticalité du pouvoir, sa volonté de marginaliser les corps intermédiaires, son manque de pédagogie pour accompagner des réformes passées à un rythme effréné ont certainement catalysé la colère d’une partie des Français. Mais le phénomène semble largement dépasser le cas d’Emmanuel Macron et la scène franco-française. Malgré les spécificités inhérentes à chaque mouvement et à chaque pays, on y retrouve le même sentiment de déclassement et d’abandon de la part d’une partie non négligeable de la population que dans les autres démocraties occidentales. On y retrouve aussi les mêmes divisions, parfois grossières, entre les grandes villes et les territoires périphériques, entre les CSP+ et les ouvriers, entre ceux qui considèrent (à tort ou à raison) que la mondialisation leur a été profitable et ceux qui considèrent au contraire (de façon tout aussi subjective) qu’elle leur a été dommageable. On y retrouve aussi la même démagogie des populistes qui instrumentalisent ces colères pour servir leurs intérêts, la même rhétorique d’un « nous contre eux » qui ne laisse aucune chance au dialogue, la même diffusion à grande échelle de fausses informations et la même utopie d’un retour à une époque fantasmée où tout était forcément mieux.

    De l’autre côté, celui du pouvoir, les mêmes carences sont aussi observables : sentiment d’impuissance et incapacité à renouer le dialogue avec un électorat populaire en attente de réponses à la fois fortes et simples. Les non-populistes n’arrivent pas à construire un récit qui intègre les classes populaires tout en leur faisant prendre conscience que le temps mythifié des trente glorieuses et de la croissance indéfinie est terminé. Ils ne peuvent plus utiliser les vieilles recettes politiques et n’arrivent pas à en inventer de nouvelle : en découle le sentiment d’une politique de petits pas, de correction, forcément limités par la nécessaire prise en compte d’enjeux globaux qui, du fait même de leur nature, la dépasse largement.

    Le cadre national dans lequel évolue le politique semble effectivement limiter sa marge de manœuvre pour réguler une économie largement mondialisée. Dans le même sens, il apparaît plutôt inadapté pour répondre aux grands enjeux du siècle – environnementaux, numériques, migratoires, sécuritaires – qui touchent directement et violemment les catégories populaires. Ces dernières se tournent ainsi, de façon tout à fait logique, vers ceux qui ne s’embarrassent pas du réel et lui promettent au contraire monts et merveilles.

    P.-S. : voir les défenseurs français du régime Assad, qui n’ont pas de mots assez durs pour disqualifier la révolte syrienne, se poser en fer de lance de la « révolution contre Macron » en dit long sur leur honnêteté intellectuelle et sur leur vision du monde. Les amoureux de l’ordre en Orient deviennent les promoteurs de l’insurrection dans leur pays. Autrement dit : vive la révolution ! Mais pas pour les autres… »

  10. « il n’y a pas eu trop de blocage de centre commerciaux »

    On ne doit pas vivre dans la même ville, alors. Dans ma ville, les deux grosses zones commerciales sont desservies par des ronds-points. Il suffit d’en bloquer un seul pour que ces centres soient inaccessibles. Et tous les jours ou presque il y a blocage – et pas perlant, hein ! 2 heures d’attente pour passer. Le chiffre d’affaires de ces 2 zones a dû plonger. Hier soir, un gars disait qu’il avait flippé au supermarché : il n’y avait PERSONNE dedans. Et il n’y a que ces 2 ronds-points qui sont bloqués.

    Le centre-ville en revanche est laissé tranquille.

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