Robert Mueller n’a jamais rien eu à apprendre

Dans un article publié hier dans le Washington Post, Mueller’s treatment of cooperating witnesses suggests end of Russia investigation may be near : « Le traitement par Mueller des témoins prêts à coopérer suggère que l’enquête sur la Russie est à sa fin », Devlin Barrett attirait l’attention sur le fait que la manière dont a procédé Robert Mueller (à la tête d’une commission enquêtant sur une collusion éventuelle entre l’équipe Trump et la Russie) est inhabituelle et signale probablement un proche dénouement.

Dans des cas similaires, affirme Barrett, un inculpé ayant choisi de coopérer pleinement est appeler à témoigner dans le cadre du procès d’une tierce personne et, la qualité effective de sa coopération ayant pu être jugée, le prononcé de sa peine a lieu, qui reflète alors le degré de sa coopération tel que l’évaluent les juges. Or dans les cas récents : George Papadopoulos, Michael Cohen, Mike Flynn et (probablement) Paul Manafort, Robert Mueller procède autrement : les condamnations sont prononcées avant même que les inculpés aient témoigné de quoi que ce soit à propos de qui que ce soit.

L’hypothèse de Barrett c’est que Mueller entend aller très vite et que le dénouement est donc proche. Autre éventualité affirme-t-il cependant : que d’autres protagonistes doivent encore être inculpés (on pense aussitôt à Roger Stone) et que Robert Mueller leur affiche le barème pour les encourager dans la bonne voie, à savoir, coopération pleine et loyale comme Flynn : pas de prison, coopération partielle et fantaisiste comme Cohen : trois ans derrière les barreaux, mensonges caractérisés comme Manafort : dix ans au moins sous les verrous.

Autre hypothèse encore (la mienne, dont vous avez pu suivre le progrès ici au jour le jour) : Mueller sait depuis le tout début de son enquête (à l’instar de ceux qui au FBI l’ont initiée) exactement de quoi il relève et il n’est pas question pour lui de mobiliser des témoins pour apprendre des faits nouveaux mais d’établir un catalogue : « A confirme l’information X », « B confirme l’information Y », etc.  comme la liste des courses à faire. Le jour venu, chacun prendra la place qui lui est réservée dans le déroulé officiel de la révélation complète et finale.

Qu’est-ce que cela signifierait ? Que le jour où Trump a été élu Président, les services secrets, le FBI et le ministère de la Justice US savaient déjà parfaitement de quoi il en allait, à savoir que, soit il était un pantin manipulé par la Russie pour s’être laissé piéger dans une situation compromettante, soit – et pire encore – il était carrément un agent russe depuis 1987 ou plus récemment, depuis 2013 seulement… et le suspens se limiterait à cela.

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