La situation en Belgique

Ouvert aux commentaires.

Je ferai une vidéo cet après-midi. Mais au lieu de faire comme je fais d’habitude : de vous donner un texte ou une vidéo à commenter, c’est vous qui commencerez la discussion et moi qui embraierai à 16h.

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26 réflexions sur « La situation en Belgique »

  1. L’hiatus grandissant entre la Flandre et la Wallonie , tant au niveau politique que dans la mentalité de la population devrait aboutir logiquement à une séparation voire un divorce à l’instar d’un vieux couple dont les intérêts divergent. On pourrait se dire : pourquoi pas après tout. Cependant, le problème dans le règlement de cette rupture de la communauté de biens et d’esprit, c’est que faire de l’enfant terrible de la nation qu’est Bruxelles ? Ville à majorité francophone enclavée en région flamande et assiégée par une ceinture économique qui profite de la capitale tout en la détestant.
    Bruxelles demeure un pôle incontournable pour la Belgique, c’est-à-dire pour les Flamands comme pour les Wallons. Quelle communauté voudra céder cette singularité nationale à l’autre partie ? La Flandre voudrait réunifier son territoire considérant que Brussel lui a été spoliée par l’usage francophone à l’époque où toute la bourgeoisie belge parlait français d’Anvers à Gand ou d’Ostende à Knokke …
    Selon moi la seule solution consiste à donner à Bruxelles un statut de cité-État ou de ville indépendante comme Washington DC et restant une capitale d’un État fédéral intégral dans lequel Flandre et Wallonie jouiraient de leur propre souveraineté. En reconnaissant à Bruxelles Brussel Brussels une spécificité relative à son histoire au sein de l’Europe (partiellement reconnue par son statut de région à part entière) on éviterait une guerre civile de conquête de la cité de tous.

  2. Je ne connais pas en détail la politique intérieure en Belgique, votre commentaire, monsieur Jorion, sera donc pour moi d’une grand intérêt. Je sais simplement que la partie flamande est significativement à droite (nationaliste flamand), la partie francophome se situe plutôt à gauche, centre-gauche.
    Je me demande s’il se produit, en Belgique, un phénomène comparable à la situation en France, où le RN est un porteur espoir pour ceux qui se sentent mal (et souffrent) face à la mondialisation économique, du changement des conditions économiques, du regne de l’argent roi, alors que Macron présente les gagneurs du nouvel ordre économique; cela documente bien la division sociale qui sévit en France, mais aussi dans presque toute l’Europe, à des niveaux différents.

    1. @ Germanicus :

      Pour résumer on constate, dans les trois régions (Flandre, Wallonie, Bruxelles-Capitale) un recul significatif des partis dits « traditionnels » : Socialistes (PS – SPa) , libéraux (MR-Open VLD) et démocrates chrétiens (CDH-CDnV). Il faut noter que tous les partis sont complétement indépendant entre Francophones et Néerlandophone. Par exemple le PS francophone n’a aucun lien structurel avec le SPa néerlandophone.

      On constate en Wallonie et Bruxelles une forte montée du Parti Ecolo et du PTB (parti du travail de Belgique). Donc clairement de la gauche. Le PTB peut partiellement être comparé à LFI : volonté de révision des traité européen, justice fiscale et sociale, impôts sur la fortune etc… A noter l’originalité, le PTB-PVDA est le seul parti encore unitaire francophone/néerlandophone.
      A noter également qu’en Wallonie et à Bruxelles, les partis d’extrême droite et/ou populiste (FN, PP, LD…) sont très anecdotiques avec des résultats de l’ordre de 1 à 3% maximum.

      En Flandre, on constate une légère baisse également des nationalistes de la NVA mais surtout une énorme progression du Vlaams Belang (VB). On peut comparer le VB au RN. A l’origine ce parti à été crée par des nostalgiques de la collaboration de la 2e guerre mondiale… et à toujours un discours des plus nauséabond…
      Aujourd’hui son succès est du, entre autres chez les jeunes, à un rajeunissement des cadres du partis (le président à la trentaine) et à un investissement massif dans la propagande via les réseaux sociaux.

      Noter enfin que le vote est obligatoire en Belgique, donc on a ici un taux de participation très élevé : 90% pour le fédéral et 6% de votes blanc ou nuls.

    2. Non c’est l’inverse, l’extrême droite flamande émerge dans une des régions les plus prospères d’Europe.
      Actuellement la Wallonie très à gauche est devenue une région pauvre suite au déclin industriel.
      Dans l’ Etat unitaire il y avait un certain partage des ressources mais dans le pays actuel régionalisé, la riche Flandre ne veut plus partager avec ces  » chômeurs qui vivent dans des hamacs  » La Belgique est vraiment l’endroit où l’Europe du sud et l’Europe du nord se séparent selon le degré de richesse/pauvreté.

  3. Les mensonges percutants des extrêmes l’emportent chez les frustrés (en forte croissance) sur les mensonges mous des « démocrates ».
    Ces mensonges se résument au mythe de la croissance infinie. Y compris chez les soi-disant « écolo » et leur « croissance durable ».
    Le peuple n’a pas d’autre choix: après nous, les mouches.

    1. L’exemple belge montre à quel point il est difficile parfois (pas toujours, la Suisse est un contre exemple) de créer et de faire vivre un État supranational. Il devrait ramener à plus de modestie ceux qui croient en leur pouvoir de créer et de faire vivre un État supranational européen.

      1. Vous avez en partie raison, mais les échanges internationaux via internet finissent par créer un lien commun ou des liens communs, et les mentalités suivront (les mentalités sont les dernières à suivre les progrès). Ce sont plutôt à mon avis les plus âgés qui ne sont pas nés avec internet qui persistent dans leur retranchement. De trop de se sentir fragile cela accentue la peur. Les pauvres aussi se sentent fragiles, malgré leur nombre croissant qui pourrait représenter une vraie force ; ce n’est pas pour rien que les populistes comme toujours quand ils ont fait nombre les ont toujours caressés dans le sens du poil.
        Ceci dit on peut avoir des liens communs et ne pas perdre nos identités respectives, ce n’est pas incompatible ; même si l’ultra-libéralisme a contribué à standardiser les mœurs et les mentalités, ce qui donne à ceux qui ne peuvent suivre le sentiment de perte d’identité. L’Eglise catholique l’a très bien compris en utilisant les différents rites païens pour les inclure dans un même dogme => Quels que furent les pays et les continents, les identités ont été en grande partie préservées. (Ne croyez pas pour autant que je prêche pour le catholicisme loin s’en faut, mais les écologistes par exemple ou les anti extrémistes pourraient s’en inspirer, là où les altermondialistes ont échoué)

      2. @ Jac

        Certes internet et Cie crée des liens et rapproche les gens. Mais c’est avec les gens auxquels on est lié, avec les gens dont on est proche, qu’on se dispute le mieux. Cf Flamands et Wallons.
        Et en cherchant à rapprocher les pays européens la construction européenne provoque de nouveaux motifs de discorde, à l’image de ce qui se passe en Belgique.
        Et ce n’est pas internet qui règlera la question belge…

      3. Je ne disais pas qu’internet peut régler un problème (ce serait même très emm… ) mais ses utilisateurs. C’est ainsi par exemple qu’ils sont de plus en plus sensibilisés aux problèmes écologiques, c’est ainsi aussi que les mouvements type gilets jaunes ou avant la révolution tunisienne se sont faits, je ne vous apprends rien. Dans l’histoire cette interconnexion c’est un nourrisson ! Si c’est à la portée des extrêmes et populisme de tout ordre ça l’est aussi des détracteurs. C’est sûr tout le monde se dispute et chacun veut avoir raison, de tout temps. Mais sans parler des arguments idéologiques de tous ordres, les informations de scientifiques circulent aussi ce qui rend plus difficile une argumentation convaincante, malgré les fuck news ou fake news dont les jeunes de plus en plus se méfient. Aujourd’hui nombreux gobent n’importe quoi à force de surfer avec frénésie (tout nouveau tout beau) demain ça se régulera à mon avis, pas par les lois anti ci anti ça mais par les mentalités. J’entends les jeunes de + en + (la génération de mon fils 25 à 30 ans) de moins en moins dupes, ce qui les oblige à faire des choix. C’est pas gagné certes, cela peut encore dégénérer mais à force, à moins de casser cette interconnexion (ce n’est pas impossible), il y aura une régulation qui n’attendra pas aussi longtemps que les croyances religieuses type la mère toujours vierge de Jésus (métaphore bien sûr mais que tant d’incultes et naïfs ont pris au pied de la lettre, inconvénient de l’inculturation dont je parle précédemment pour ce qu’elle a d’avantage). J’ai envie d’y croire (à la régulation pas à la vierge), mais si on ne croit en rien, rien n’est possible ! On ne peut rien faire, rien tenter, on reste figé comme les lapins pris dans le faisceau lumineux des phares.

      4. Re denis

        « Mais c’est avec les gens auxquels on est lié, avec les gens dont on est proche, qu’on se dispute le mieux » :
        Et alors ! Il n’y a rien de malsain dans la dispute. Au contraire ça permet d’évacuer les mauvaises humeurs et on peut mieux réfléchir après (et puis ça fait de l’animation lol). Ce sont ceux qui imposent en empêchant les disputes qui sont dangereux. Vous ne croyez pas ?

      5. re Denis

        Mon com ne passe pas (« problèmes techniques du site »!?) alors je tente de réitérer ma réponse.
        La dispute n’est pas malsaine, au contraire elle permet d’évacuer les rancœurs et les mauvaises humeurs pour mieux réfléchir ensuite. Ce sont ceux qui imposent en empêchant les disputes qui sont les plus dangereux.
        Et j’ai écrit aussi de mémoire :
        Aujourd’hui le progrès internet est un nourrisson par rapport à l’évolution des progrès dans l’histoire. Pour l’instant c’est encore tout nouveau tout beau, la plupart surfent avec frénésie ce qui les désinforme au lieu de les informer. Mais j’entends les amis de mon fils (génération 25/30 ans) qui ont conscience des fuck news et fake news et qui ne sont pas dupes. Cela va se réguler à force que de moins en moins soient dupes (sauf si on casse internet et tout lien possible, cela pourrait arriver, et si c’était le cas autre chose s’inventerait).
        Je veux croire à la régulation et je n’ai pas envie de remettre en question ma volonté d’y croire : si on ne croit plus en rien on ne fait plus rien. Et je ne crois pas aux miracles, je ne crois qu’en la force des convictions.
        Pourquoi j’ai cotisé pour que Paul Jorion se présente aux élections ? (un Belge se présentant en France….) : Parce qu’il a reconnu lui-même s’être laissé convaincre par les convictions de R. Gluucksman et, bien que pas si convaincu que çà à mon avis, il s’est bien battu non ? Il a au moins contribué à faire avancer le débat, vous ne trouvez pas ?
        De plus, ce n’est pas qu’un problème belge, c’est plutôt général….

    2. Je ne dirai pas que ce que vous dites soit un mensonge, mais peut-être que vous faites erreur en considérant les électeurs des extrêmes comme des frustrés (ou des idiots utiles). Si on observe la sociologie de ces électeurs, on s’aperçoit que se sont généralement des jeunes d’un bon niveau d’éducation, et c’est d’ailleurs ce qui est encore plus préoccupant quant aux politiques qui peuvent s’ensuivre ou à l’influence délétère qu’ils puissent avoir sur les partis plus modérés.
      Je n’ai pas compris en quoi les écolos seraient « soi-disant », si les fachos et les communistes ne le sont pas.
      Je vous suggère de ne pas assimiler tout le peuple à votre propre nihilisme « après nous, les mouches ».

    3. Sans connaître votre situation particulière, une expression qui s’est mondialisée : « On a les mêmes à la maison ! »
      Et les dégâts sont toujours pernicieux pour Démocratie et Citoyenneté au sens « vrai ou noble » du terme si c’est encore possible. ( = ne pas prendre l’autre pur un imbécile)
      Ici c’est l’équipe de foot ou de natation qui bénéficie de la largesse du conseil municipal et donc du contribuable, là c’est l’équipe de publicité, communication et propagande, ailleurs le placier du marché (celui qui reçoit l’argent liquide des forains et qui partage avec qui de droit – forcément complices) pour le menu fretin. Les promoteurs en tout genre joue dans une classe supérieure car il faut leur faciliter l’accès rapide aux décisions. Les lobbies grands et petits sont partout. On a les mêmes à la maison.
      Bref ce n’est ni une question belge, ni une question de droite ou de gauche mais une paresse humaine, rassurante car communautariste qui semble impossible à freiner.
      L’anthropologue a maintes fois dénoncé ce « plafond de verre » qui est omniprésent dans beaucoup de « sociétés humaines ». Pour franchir ce barrage invisible il faut montrer que partager les « valeurs » du club auquel on aspire. Je risquerai l’expression à peine provocatrice de « partager le prix du sang » =les dirty little family secrets » ?
      Et c’est là que les mots Démocraties et Citoyenneté perdent leur sens. Démocratie est née avec l’Encyclopédie et les Lumières. Maintenant que nous avons Encyclopédie et lumière dans la poche, s’en servir à bon escient pose problème à ceux qui ont l’habitude de se mouvoir dans le gris : ils détestent ça. Donc ils organisent dorénavant la grisaille et c’est plus facile que de faire la lumière. Ils ne peuvent poursuivre leurs petits manèges que dans le brouillard : nous ne vivons pas les mêmes époques.

  4. La perte – relative – de confiance envers les partis « traditionnels » (Parti socialiste, Mouvement réformateur et, surtout, le Centre démocrate  » humaniste », montre bien que les électeurs se sont prononcés, au sud du pays, pour une approche plus radicale des problèmes liés à l’environnement et au climat mais, aussi, pour une approche plus volontariste de la lutte pour plus de justice sociale. Au reste, la poussée de la droite radicale, en Flandre, posera à n’en pas douter de nombreux problèmes au futur formateur du prochain gouvernement fédéral. Une crise durable n’est pas à exclure à cet égard. Quant à la résolution des problèmes liés à un éventuel con-fédéralisme il est clair que, là aussi, nous sommes devant la plus totale incertitude…

  5. La Belgique est dans une situation extrême… Je n’ai pas lu les programmes flammands, mais il semble si les deux grands partis arrivés en tête (NVA et VB) peuvent être qualifiés d’extrême droite pour ce qui est de la xénophobie (avec la nuance que la NV-a a réussi le tour de force d’éviter cette étiquette malgré des éléments troublants -et c’est un euphémisme), il semble que leurs programmes sont très différents pour le volet social (ultra libéral pour la NVA et « à gauche » pour le VB). La Flandre ets pourtant une région riche et qui semble bien mieux gérée que la Wallonie.
    En Wallonie, une partie de l’électorat se dirige vers le parti PTB, d’extrême gauche, qui réussi également à passer sous silence quelques éléments troublants bien cachés dans leurs statuts, les socialistes restent en tête (mais ont perdu des plumes). Des deux cotés, les écolos (Groen en Flandre) ont vu leur résultats augmenter, si bien qu’ils ont dépassé la famille politique centriste (CDH en Wallonie et CD&V en Flandre). Il semble là que ce soit principalement le fait des grandes villes.
    J’ai tout l’impression que ce qui se passe ici est comme partout ailleurs… La majorité des gens a peur et ne se sent pas représenté, malgré celà, on leur présente les même listes. Du coup, ils votent pour faire changer le système quand ils ne votent pas pour une priorité ou par habitude.
    Le problème est complexifié par les 2 niveaux de pouvoir pour lesquels on votait, à savoir les régions et le fédéral, parce que les alliances qui pourraient se former plus rapidement au niveau régional pourrait causer des rancoeurs qui pourraient empoisonner les négociations fédérales… comme lors de la précédente législature.
    Si le gouvernement formé parvient à éviter les extremes, en unissant tous les autres, ce sera pour moi leur derniere chance de donner un tournant au système, faute de quoi la Belgique explosera après les prochaines élections. Si le gouvernement formé inclu un parti séparatiste, la Belgique se dirigera vers un démantèlement du fédéral.
    On a le choix entre un Belgit mou ou dur en somme… mais en gardant la Belgique comme enveloppe pour éviter d’être exclu de l’Europe de facto (vu les traités)…

  6. 🙂 Vous n’avez rien d’autre à faire M Jorion, que de lire nos imbécillités ? Vous n’êtes pas assez occupé en ce moment ou quoi ? C’est rare de vous voire désœuvré !!
    Souvent je me dis que lorsque vous nous écoutez ou que vous nous lisez, vous avez bien de l’indulgence pour nous, qui ne percevons que la moitié de la réalité…

  7. Quels thèmes originaux le parti belge Ecolo peut-il soumettre au débat au sein d’un futur ( éventuel ) groupe Vert du Parlement Européen. Est-il porteur d’une vision singulière face à l’urgence écologique ? Dans quel cadre l’inscrit-il ?

    1. Il pourrait lancer le débat sur une loi climat au niveau européen, la problématique étant transversale, cette loi constituerait un cadre contraignant.

  8. Les Flandres, Anvers et le Limbourg sont globalement riches. La Wallonie et Bruxelles pauvres.
    Bruxelles est même exceptionnelle, car sa « banlieue pauvre » et ses quartiers « sensibles » sont au centre nord-ouest de la ville, tandis que les Banlieues flamandes et de plus en plus francophones au Sud sont sans exception « dorées » . Proches du centre ville on compte même la majorité des ménages aux revenus les plus bas de Belgique ! Bruxelles compte même au moins autant de personnes dépendant de l’assistance publique (donc situées hors de l’assurance-chômage) que toute la Flandre !

    Bref, ce n’est pas la souffrance économique qui en Belgique commande le vote d’extrême droite observé en Flandre.

    Ajoutons à cela qu’en Belgique, les impôts sur le revenu sont liés au domicile pas au lieu de travail. Une municipalité qui est le siège d’une forte activité économique est donc souvent très pauvre en ressources fiscales.
    Mais si Bruxelles était située dans un pays séparé de la Flandre, les impôts de la majorité des navetteurs (qui sont flamands) seraient perdus pour la Flandre, mais tout bénéfice pour Bruxelles !

    Une autre différence d’avec la France, je pense, est que ce qui commande le réflexe nationaliste flamand n’est pas le racisme ordinaire. C’est plutôt la forte hostilité envers toute les (néo) colonisations. (Même celle de la Belgique en Afrique). Ce que le flamand reproche le plus aux francophones ou aux étrangers, c’est de se comporter en occupant ou en colonisateur et ne pas vouloir devenir Flamand, pas d’avoir une autre origine ou une autre couleur. Et les tracts distribués par l’extrême droite flamande, qui bien sûr, caricaturent et enflent les stéréotypes, insistent là dessus.
    Il n’est pas rare de voir un patron flamand aux idées décomplexées d’extrême droite, n’employer à des postes de confiance que des personnes venues de Turquie, du Maroc ou d’ailleurs hors Belgique, mais qui « ont fait des efforts » et sont devenues flamandes par la langue et leur mode de vie en tous cas en « public » .
    Les mêmes patrons d’ailleurs sont très favorables à une immigration même peu qualifiée mais porteuse d’un projet une d’une volonté d’assimilation totale à la « Mère Flandre ». Un projet que n’ont jamais les francophones qui se sentent déjà « Belges ».

    Dans cette perspective, on comprend que le cas de Bruxelles divise les Flamands, car d’un côté les Flamands sont favorables à une autodétermination des peuples (y compris celle du peuple « bruxellois » désespérément européen, francophile et anglophile si pas francophone) , mais les enjeux économiques liés à Bruxelles sont trop importants pour laisser les Bruxellois décider par exemple de ne pas rejoindre la Flandre.

    L’autre problème complexe, posé par Bruxelles et connu des dirigeants flamands reste également que la seule chose qui a uni les différentes régions de Flandre a été l’hostilité envers les francophones, mais que dès le moment où ces questions seraient résolues, il est probable que les Flamands constateront alors qu’ils n’ont pas de « centre » qui leur fasse envisager leur avenir en commun. Un peu comme si privées de Paris, la Réunion, la Lorraine, la Corse, la Guadeloupe et la Nouvelle-Calédonie devaient se choisir parmi elles une nouvelle capitale- métropole.

  9. Le tableau politique en Belgique n’a jamais été très simple, même dans le passé de la Belgique unitaire où n’existaient que trois grands partis (PSC,PS,Libéral), des coalitions devaient très souvent être réalisées pour diriger le pays.
    Depuis la transformation de ce pays avec l’adoption du fédéralisme, les partis traditionnels se sont progressivement retrouvés avec une nuée de petits partis aux exigences très différentes ;ce qui a largement compliqué la tâche en matière de formation de coalitions ‘tenant la route’.
    Chose remarquable, – car le parallèle ne peut pas être établi avec la France, c’est dans la partie néerlandophone du pays que les partis ‘extrémistes’ remportent le plus de succès, alors que c’est la région la plus à l’aise du point de vue économique et donc, il faut rechercher une cause différente de la souffrance économique pour expliquer cela.
    En revanche, – et c’est là que la chose est remarquable, la partie francophone, – bien qu’elle souffre beaucoup plus du point de vue de l’économie, ne bascule pas (ou peu) vers des extrémismes et reste globalement fidèle aux partis de gauche.
    Il faut savoir que la Wallonie a été jusque la fin du 19e siècle, la seconde puissance industrielle d’Europe derrière l’Angleterre, les populations de cette partie de la Belgique ont sans doute gardés dans leurs gènes ce combat permanent à mener contre les possesseurs des outils de production.
    Durant la même époque, la Flandre n’était guère développée du point de vue industriel et l’était beaucoup plus concernant l’agriculture, l’usage du français s’imposant de fait à ces populations du nord de la Belgique à créé une sorte d’acrimonie vis-à-vis des francophones, et persiste aujourd’hui, ce qui pourrait expliquer l’émergence de ces partis extrémistes.
    Je ne crois pas avoir décelé dans l’Histoire, le fait pour les wallons, à l’époque de gloire industrielle, reprocher aux flamands d’être des fainéants ?

  10. @tout me hérisse

    « Je ne crois pas avoir décelé dans l’Histoire, le fait pour les wallons, à l’époque de gloire industrielle, reprocher aux flamands d’être des fainéants ? »

    Les Wallons ne considéraient peut-être pas les Flamands comme des fainéants, mais en tout cas il n »étaient pas rare que les Flamands soient considérés comme des « bouseux », des « simplets » ou pire… De nombreux Flamands venaient travailler en Wallonie (charbonnage, FN, etc) et il n’était pas rare d’entendre « les flamins ci n’est nin des djins » (la Flamands ce ne sont pas des gens) ou autre…par exemple quand on a mal boutonné sa chemise, on disait « tu t’es habillé comme un flamin »….

    D’autre part, les wallons ont aussi subit l’imposition de l’usage du Français par l' »élite ». J’ai connu mon arrière-grand-mère, née en 1907, qui racontais qu’à l’école si elle parlait le Wallon même dans la cours de récréation, c’était les coups de latte sur les doigts. Alors qu’ils parlaient tous Wallon à la maison. En quelques générations, le Wallon a été remplacé définitivement par le français.

    1. @Michaël R
      Oui, ce n’est pas contestable, mais c’est de l’ordre des blagues de Coluche, alors que maintenant, les Flamands les plus extrémistes, aimeraient par exemple voir la sécurité sociale scindée afin de mettre fin à cette péréquation qui permet aux Wallons de ne pas sombrer complètement en matière de soins de santé.
      On retrouve là une sorte d’égoïsme typique au niveau de l »Europe riche’ vis-à-vis des pays les plus pauvres, la composant.

      1. @Tout me hérisse(28/5 à 17h39) écrit:
        … » maintenant, les Flamands les plus extrémistes, aimeraient par exemple voir la sécurité sociale scindée afin de mettre fin à cette péréquation qui permet aux Wallons de ne pas sombrer complètement en matière de soins de santé « … Hum..!!… Touchez-nous un mot du financement des pensions flamandes en cas de SS séparée..
        Non non, que je sache, ya encore du « gras » à sucer de l’autre côté de la « frontière » linguistique par les flamands…sont pas (tous) fous!

  11. Lorsque l’extrême droite avait émergé en Autriche avec Jörg Haider, j’avais eu la curiosité de rechercher combien ce pays consacrait à l’enseignement. C’était un des pourcentages du PIB les plus importants de l’ Union européenne. L’enseignement en Flandre est un des plus performants de l’UE tandis que l’enseignement francophone est désastreux si on se réfère à l’indice Pisa.
    Alors il faudrait faire une recherche pour déterminer si le haut niveau d’éducation induit chez les élites politiques et économiques une redoutable capacité à détourner les revendications sociales des plus démunis vers des revendications xénophobes, séparatistes, racistes et identitaires.
    Alors ça ne marcherait pas pour la Wallonie, puisque l’extrême droite n’y prospère pas?
    Elle bénéficie encore d’une tradition de forte culture ouvrière et d’ un taux d’affiliation syndicale élevé.
    Pour la droite et l’extrême droite les syndicats sont l’ennemi à abattre.

  12. Pour nos amis Français, je voudrais dire que c’est à peu près le même toin toin depuis que je suis né (j’aurai soixante ans le six de ce mois). La Belgique ceci dit soigne plutôt bien les dépressions nerveuses (autrefois nommées ainsi, aujourd’hui mieux connues sous le terme de dépression, burn out, border line, etc).
    Et pour nos amis Belges quand vous signalez en France qu’il vous semblerait qu’il y ait un problème chez eux, ils vous répondent que chez vous c’est pas mieux, on encaisse ou pas.
    Aujourd’hui pour la première fois j’ai parlé avec une électrice du RN, je pense que ça commence à être bien assumé ici (humour belge).
    Sinon la Stella (Stella Artois) se sert beaucoup ici (Nice) et je ne passe pas ma vie dans un hamac mais essaie simplement de profiter du temps qui me reste en ne crevant pas de dépression (qui est comme le nuage de Tchernobyl) m’a accompagné au delà de la frontière. Je me suis toujours senti Belge ai voté pour le seul parti qui se décline en flamand comme en français (pas les Écolos, surtout pas eux). Dernier point, j’ai été mieux traité par mon consulat que la plupart du temps dans ce petit pays sinistre et froid. Même si la nostalgie m’étreint parfois, mais c’est d’un autre temps aussi.

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