Renault – Fiat Chrysler – Comment interpréter l’éditorial du Monde ? par Jacques Seignan

L’éditorial du Monde daté du 29 mai 2019 attire avec force notre attention sur une nouvelle affaire industrielle : « Renault-Fiat Chrysler [Automobiles, FCA] : un mariage douteux ».

La démonstration de cet excellent édito est implacable et mérite d’être lue en entier. 

En résumé, je cite, « Si l’on voit bien l’intérêt de cette opération pour l’italo-américain [sur une initiative de John Elkann], pour Renault, à ce stade, les inconvénients surpassent largement les avantages. » et trois sont successivement développés :

1) – « bénéfices aléatoires La capitalisation de Renault est au plus bas depuis le déclenchement de l’affaire Ghosn. De plus, comme il n’existe pas de structure cotée de l’alliance, les 43 % que le français détient dans Nissan sont valorisés à quasiment zéro. En fusionnant avec la firme au losange, FCA prend le contrôle du japonais pour un plat de lentilles. On savait que l’Etat était un mauvais actionnaire. Mais, à ce point, on n’est pas loin de la braderie. »

2) – aucun réel intérêt industriel ─ sauf pour Fiat-Chrysler Automobile qui aurait accès à des technologies car [FCA a] « une ingénierie aux moyens limités, sans projets d’avenir ».

3) – « cette opération complexe aux bénéfices aléatoires (…) complique encore un peu plus les relations entre Nissan et Renault ». Pauvre Carlos !

Le lecteur à ce stade repense à une longue série de braderies de pans entiers de nos fleurons industriels et souvent pour des plats de lentilles. Avec magnanimité, on peut en attribuer certaines à l’imbécillité d’énarques ou X-mines ayant des vues bornées, comptables et purement financières des questions industrielles (cf. la terrible saga Alcatel-Alsthom-Lucent due à S. Tchuruck qui voulait « une entreprise sans usines »). Pour la privatisation des Aéroports de Paris à laquelle même la Droite s’oppose, on peut supposer que d’autres raisons interviennent qui au contraire supposent de l’intelligence. Celle de prédateurs de haut niveau, sachant parfaitement utiliser tous les outils légaux disponibles.

Le macronisme apparaît bien comme une politique de transfert massif de nos richesses à des intérêts privés (que refuser à nos amis !) et qui désormais n’a plus aucun obstacle pour sa mise en œuvre.

En effet M. Macron vient d’avoir deux grandes victoires à son actif : aux Élections européennes (à peine dépassé par le RN, sa position sera encore celle du recours en 2020, du moins l’espère-t-il) et sur la révolte des Gilets jaunes, une tentative de survie. Une répression jamais vue, physique dans la rue, et qui se poursuit à bas bruit, sans merci avec les outils modernes d’Internet et dans le silence indigne de soi-disant leaders de la « Gauche », dès le début.

Il est possible que l’on parle de cette fusion Renault pour vanter la puissance virtuelle mondiale de Renault ! Ou alors s’indignera-t-on comme pour ADP de cette opération si bien dénoncée par Le Monde, mais avec quels effets ? Cause toujours… on a gagné (pour rappel, avec 18,19% des inscrits pour E.M. au 1er tour en 2017). 

Tout se passe comme si une course contre la montre était lancée pour ces détournements de patrimoines par des moyens légaux et en s’appuyant sur un rapport de force complètement déséquilibré. Comment les arrêter ? Cet éditorial du Monde pourrait-il être un petit signe d’espoir ? De dissensions dans les hautes sphères …

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