« Féminicide »…, ma part de vérité, par Annie Stasse

À propos de Il n’y a pas de génocide accidentel. Ouvert aux commentaires.

Il se trouve que ma vie fut « riche » de chocs sexuels divers :

Inceste maternel durant l’adolescence – le crime tabou, les femmes seraient parfaites ! au niveau psychique il me semble que c’est plus grave, plus de conséquence sur la construction de l’être ainsi atteint par l’être d’où l’on est sorti et qui est censé prendre soin de son corps au quotidien pour sa survie. À tout hasard je vous recommande un livre de témoignages sur le sujet : L’ultime tabou, de Anne Poiret, éditions Patrice Robin, 2006.

Viol par mon mari à 22 ans, d’où naquit mon fils, et qui me valut 10 ans d’anorexie mentale… qui je crois était la conséquence de ce rajout au 1er choc vécu.

50 ans : vie et passion avec un homme alcoolique qui faisait sa crise d’insultes une fois par semaine en général la nuit, de minuit à 4 heures du matin, pas de violence sur mon corps, quelques objets qui volaient et des portes qui claquaient ; il ne faut pas minimiser le pouvoir des insultes ; un jour j’ai appelé les gendarmes… ils m’ont emmenée à l’hôtel, laissant mon partenaire chez moi, car il s’agissait de ma maison ; mais on est bien avancé à l’hôtel ! il faut bien se rapatrier chez soi dans les jours suivants, où tout continue comme avant. Je dois dire que alcoolisme et anorexie sont de nature exactement inverse, je nous ai ressentis très vite comme les positif/négatif d’une même photo. L’attirance était donc très difficile à dépasser.

Tous ces faits ont été ignorés de ma famille. Impossible de dire à mon fils qu’il était le fruit d’un viol, impossible aussi de dire que j’ai subi des pulsions (répétitions de ce que j’avais subi au même âge) durant son adolescence et que je devais le fuir pour le protéger de moi-même et me protéger moi-même de ces pulsions épouvantables. Il croyait que je l’abandonnais.

Je me suis baignée dans la lecture de Freud et d’autres dès l’âge de 19 ans. Cela m’a aidée, mais était tout à fait insuffisant.

j’ai « oublié » l’inceste maternel des dizaines d’années, inceste et viol sont arrivés à ma conscience à l’occasion d’une analyse que je pus entreprendre à plus de 40 ans. Et encore, concernant l’inceste le mot pour le désigner m’est arrivé vers la soixantaine, en analyse je le décrivais sans le nommer. Le mot « inceste » désignant l’acte perpétré par le père, la mère en serait indemne. Il me fallut donc du temps pour comprendre que les deux actes sont de même nature et qu’il n’y a qu’un seul mot pour le dire : « inceste ».

Alors le mot « féminicide » est trop restreint car il se cantonne à la mort. Sinon je n’ai pas de proposition pour un mot, mais seulement une phrase « violences perpétrées sur le corps des femmes ».

Cependant il y a une évolution positive car en même temps on commence à questionner le patriarcat qui aurait quelques millions d’années. Par exemple en France les enfants reçoivent automatiquement le nom du pourvoyeur de spermatozoïde, le ventre d’où ils sortent compte pour du beurre.

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45 réflexions sur « « Féminicide »…, ma part de vérité, par Annie Stasse »

  1. Je n’avais pas pu réagir à l’article de Paul Jorion avec lequel je n’étais pas tout à fait d’accord. Mais je vois que je ne suis pas seul.

    Il est clair qu’il ne faut pas confondre féminicide avec génocide. Mais le nombre de victimes connues ou cachées demande à prendre des mesures. Tout comme il existe des parenticides, il suffit de penser aux personnes âgées maltraitées par leurs enfants (ou par le personnel soignant dans les maisons de repos ou les hopitaux). Ou encore aux infanticides suite à des maltraitances. Souvent ces drames se déroulent sur le long terme, avec de nombreuses maltraitances préalables, qui débouchent sur une issue fatale. Dans ces cas, il y a certainement une préméditation, mais pas d’organisation. De là à parler de génocide, ce n’est effectivement pas correct. Mais pourtant de nombreux parenticides, infanticides et féminicides ont lieu tout au long de l’année et tous ont en commun une dégradation des relations enfants-parents (des coûts, de la faiblaisse, de la déception face à la santé qui se dégrade), parents-enfants (qui ne supportent pas la charge de la parentalité) ou entre partenaires (qui ne supportent plus l’autre), le tout dans une éducation ou des milieux sociaux teintés de violence.

    Donc à mes yeux, le mot de « féminicide » a tout son droit d’exister et des mesures de protection doivent être mises en place, tout comme nous le faisons afin de protéger des enfants. Pour ce dernier phénomène, je n’ai pas trouvé d’autre mot que « infanticide », et le mot se termine également en -cide: le mot contient bien le bon suffixe « qui tue ». Et aussi bien l’infanticide que le féminicide devraient relever du droit et de la politique et bien entendu impliquer la psychologie ou de la psychiatrie pour aider à faire face à un phénomène structurel (et pas toujours accidentel).

    Il ne faudrait donc pas ignorer la pression sociale du paternalisme ainsi que le fait que ces drames sont issus d’escalades sur un moyen ou long terme. Les résumer à des crimes passionnels, comme laissait penser l’article de Paul Jorion serait erroné. Il s’agit souvent d’un phénomène structurel.

    Si la notion de « génocide » à l’égard des femmes sous forme organisée et préméditée existe ou a existé probablement, je n’ai pas d’exemples mais il suffit de penser à ce qui se passe de manière structurelle au Congo, ou les viols et mutilations génitales sont organisés par des groupes armés. Il vous faut entendre le prix Nobel Mukwege pour comprendre ce phénomène. Mais dans ce cas, nous parlerions plutôt de génocide de la féminité, les victimes n’étant pas exterminées.

    Cette violence est trop courante dans beaucoup d’endroits sur cette planète: une violence qui ne mène pas toujours à la mort, mais qui laisse des traces physiques et psychiques. Un immense travail d’éducation reste nécessaire pour que d’un côté les femmes aient plus de droits (droit d’expulsion du conjoint violent, droit au soutien psychologique,…) et de l’autre que les hommes apprennent à les respecter à tout moment.

  2. On n’en parle apparemment pas en France. Un nouvel article du Guardian :

    Macron entend un policier refuser d’aider une femme en danger
    La visite du président français à la ligne d’assistance téléphonique était censée illustrer la répression de la violence domestique

    Angelique Chrisafis à Paris

    @achrisafisafis
    Mer 4 Sep 2019 12.39 BST Dernière modification le Mer 4 Sep 2019 13.37 BST
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    Le président français Emmanuel Macron a écouté en temps réel comment un policier local refusait d’aider une femme en danger.
    Le président français Emmanuel Macron a écouté en temps réel comment un policier local refusait d’aider une femme en danger. Photographie : Ludovic Marin/POOL/EPA
    C’était censé être une vitrine de la nouvelle répression du gouvernement français contre la violence domestique.

    Mais au lieu de cela, lorsque le président français, Emmanuel Macron, s’est rendu sur la ligne d’urgence nationale contre la violence domestique et a écouté les appels du matin, il a entendu en temps réel comment un policier local refusait d’aider une femme en danger.

    La gendarmerie française, ou police militaire, a ouvert mercredi une enquête sur les « failles » de l’incident, dont le président a souligné le manque de compréhension de la violence domestique.

    Après qu’au moins 100 femmes en France ont été tuées cette année par leurs partenaires actuels ou anciens, Macron a fait une visite silencieuse dans un centre d’assistance téléphonique sur la violence domestique à Paris, mardi.

    Portant un casque d’écoute, le président a écouté en silence les appels d’un opérateur expérimenté de hotline.

    Une femme de 57 ans en détresse a appelé pour dire que son mari violent avait menacé de la tuer après des années de violence croissante à la maison et qu’elle devait partir. Elle était au poste de police local. Elle a dit qu’elle avait déposé une plainte auprès de la police mais, craignant que son mari ne la tue, elle avait demandé à la police de l’accompagner chez elle pour récupérer ses biens en toute sécurité avant de partir. Mais la police a refusé.

    « Vous êtes au commissariat ? Vous êtes en danger. Votre mari est à la maison. La police peut vous accompagner « , a assuré le téléphoniste.

    La femme a dit que la police refusait de le faire. Macron avait l’air visiblement furieux et secoua la tête, mais il resta silencieux.

    « Ils doivent aider une personne en danger « , a insisté l’opérateur et a demandé à parler à l’agent de police.

    Lors d’un appel qui a duré 15 minutes, l’opérateur a tenté en vain de persuader le gendarme de l’aider, mais l’agent a insisté pour dire que ce n’était pas à lui d’intervenir. Ne sachant pas que le président écoutait, l’officier a dit – à tort – qu’il aurait besoin d’une ordonnance judiciaire pour accompagner la femme.

    Macron secoua silencieusement la tête et écrivit un mot sur une feuille de papier, le remettant à l’opérateur.

    « C’est le travail du gendarme de la protéger lorsqu’il y a un risque évident « , avec ou sans autorisation extrajudiciaire, dit la note.

    L’opérateur de la ligne d’urgence a continué d’appuyer sur l’agent, à un moment donné, en disant : « Cette femme est sous la menace de mort, attendez-vous qu’elle soit réellement tuée ? »

    Mais l’officier a refusé d’agir.

    Après l’appel, un Macron exaspéré a demandé : « Est-ce que ça arrive souvent ? »

    L’opérateur, qui travaillait sur la hotline depuis plus de 20 ans, a déclaré : « Oh oui, de plus en plus souvent. »

    Caroline de Haas, militante féministe, a déclaré que l’incident montrait le dangereux manque de formation parmi les professionnels de l’Etat : « J’espère qu’Emmanuel Macron, aujourd’hui confronté à la réalité quotidienne des femmes victimes de violence domestique, prendra des initiatives pour améliorer les choses sur le terrain. Il l’a dit lui-même – il s’agit d’un problème de formation, les professionnels ne sont pas correctement formés pour détecter la violence domestique ou pour répondre aux femmes qui en sont victimes ».

    Elle a dit que Macron n’avait pas besoin de modifier les lois ou de prendre des décrets, mais qu’il devait augmenter le financement.

    Traduit avec http://www.DeepL.com/Translator

  3. Bon, à la lecture de cet article du Guardian, on semble que la lutte contre le réchauffement climatique ou la maltraitance des femmes relèvent du même phénomène: nous faisons face à un déni criminel des institutions.
    Le politique s’offusque mais ne fait rien… Une grande transformation des paradigmes (productivisme et patriarcat) est indispensable.

  4. Des questions me taraudent à la lecture de cet article que vous proposez M. Jorion, dont même en France, nuls médias mainstream s’empressent de commenter, voir d’animer ou provoquer de polémiques… « commentaires de commentateurs »…

    Est-ce que le « roi te touche… » aura fini avec « l’aura » de sa « divine » non intervention « sacralisée » par le couvert pratique « d’observateur » ne voulant pas interférer dans ce cas là (mais dans un autre plus politisé, c’est moins sûr…)… par « guérir », appliquer des soins « thaumaturgiques » aux souffrances, et craintes de mourir de cette femme… ? L’anthropologue que vous êtes devrait se soucier de ce postulat, que trop de médias de masse, « donneur.e.s de leçons de morales », « chien.e.s de garde » oublient de respecter…

    Qu’est-elle devenue, pendant que se disputent au pays de la déclaration universelle des droits de « l’Homme », les droites extrêmes, les extrêmes droites, avec la macronie… sur les moyens pour quelles fins, ou la fin justifie t-elle des moyens…. ?

    L’ambition de paraître dans la non interférence d’un « Jupiter » tout « puissant », se positionnant dans le confort relatif « d’observateur » avant de prouver « qu’il a changé  de méthodes, qu’il écoute les corps intermédiaires, avant d’agir » au travers de « grands débats », n’est pas si « apolitique » que cela, quand des affaires comme celle de Benalla, et autres guerres internes entre services de gendarmeries et polices nationales, se disputent la « suprématie » (un corps électorat conséquent dans la police vote Fhaine) de la « grade présidentielle », etc…

  5. Le patriarcat, quelques millions d’années ? Non, pas tout à fait, même si cet aspect quantitatif de durée n’a pas beaucoup d’importance.
    Homo sapiens est apparu il y a 300 000 ans environ, homo sapiens sapiens 100 000 ans, le code de Hammurabi 4000 ans, et la civilisation « judéo-chrétienne » n’a que 2500 ou 3000 ans, soit 100 générations environ.

    Je ne voudrais pas insulter vos souffrances passées mais ni la rédaction et le vote d’une nouvelle loi, ni l’invention d’un nouveau mot ne sont de nature à faire disparaître les crimes en question. Ni les mots ni les lois n’ont un semblable effet magique.

    Je pense comme notre hôte – il m’arrive d’être d’accord avec lui… – que « crime passionnel » dit bien les choses. Dans « passion » il y a amour et haine, tendresse et violence. Pourquoi, peut-on se demander, de tels contraires sont-ils si proches ? Des bibliothèques entières ont été écrites sur le sujet, sans l’épuiser. Cependant le fait est là, admettons-le, nous sommes ainsi faits, il nous arrive – et plus souvent qu’à notre tour – de brûler ce que nous adorons, il est en ainsi depuis que le monde est monde…

    La parole peut dire les choses telles qu’elles sont, elle peut faire admettre, elle peut apaiser, elle a cet effet-là, cet effet magique-là, à l’occasion. Mais la manipulation du vocabulaire est du domaine de la simple com’, autrement dit de la propagande.

    Laissons de côté déicide et génocide, dans la catégorie des crimes « humains » il y a le suicide (10 000 par an en France environ), l’homicide (800 et quelques par an) dont beaucoup commis par des proches (parricides, infanticides, fratricides, et donc aussi « féminicides »). 800 par an, c’est beaucoup trop mais ce n’est pas beaucoup. Certains sont affreux, tous devraient être évités, mais l’agitation médiatique et politique est-elle de nature à les faire diminuer, disparaître ? Pas vraiment sûr…

    Petite suggestion d’un vieux réactionnaire : si l’amour, au sens de la relation amoureuse, n’était pas à ce point valorisé, à ce point sur-valorisé, à ce point considéré comme la voie obligée vers l’épanouissement personnel, peut-être que déception, rancœur, colère et autres sources de violence potentielle seraient-elles moins répandues, mieux maîtrisées…

    1. @Denis Monod-Broca oui je me suis rendu compte après coup que millions c’était un peu fort.

      l’amour n’a pas besoin d’être ou non valorisé, vous faites fi que l’humain est fait de pulsions et d’émotions, et ces émotions l’aident à tout : inventer et détruire, les pulsions étant communs à tous les mammifères (voir les singes démonstratifs) et sans doute à d’autres animaux (poissons, oiseaux, etc) ce qui les aident à vivre et se défendre.

      1. Le terme de « crime passionnel », dont je vante la pertinence, ne fait pas fi de l’humain, non, je ne crois pas.

        Chacun est seul ? oui, sans doute, beaucoup trop, surtout au milieu de la foule, dans l’anonymat urbain, seul, perdu, dans une société qui ne se porte pas bien, là est certainement le nœud du problème.

        Même si ça a sûrement toujours existé, cette violence terrible qui naît dans l’intimité de tant de couples pourrait bien être le symptôme d’un grave mal social.

        Les criminels doivent être jugés et punis mais, au-delà de leur culpabilité individuelle, il y a quelque chose qui ne tourne pas rond à l’échelle collective.

      2. @Denis Monod-Broca 4 septembre 2019 à 20 h 36 min
        je suis entièrement d’accord avec ce dernier commentaire (mais j’étais d’accord avec l’ensemble du précédent aussi), mon commentaire a pu porter à confusion, désolée.

        à vrai dire je le démontre dans mon commentaire suivant par quelques détails de la suite…

      1. Un homme à force de s’empêcher, de s’empêcher de pleurer et de crier sa douleur (parce que c’est ce qu’on lui dit de faire depuis son enfance – arrête de pleurnicher, soit un homme), ça peut finir par ne plus pouvoir maitriser ses poings.

  6. Ne peut-on pas se demander ce qu’il en est des voisins, voire de ceux qui se dénomment amis.

    Dans le même village une femme subissait aussi de son mari, elle avait une fille. Elle avait toujours le sourire, elle avait l’air d’être heureuse de vivre. Les gendarmes passaient relativement souvent devant chez moi pour se rendre chez elle. Je n’ai jamais su ce qu’ils y faisaient… n’ayant jamais osé lui demander. Les femmes sont fortes… tant qu’elles restent entières et vivantes.

    Mes voisins dans une autre maison de l’autre côté de la rue, ne devaient pas pouvoir dormir 1 nuit par semaine. Ils n’ont jamais fait quelques réflexions, ni eu quelques gestes que ce soit ; est-ce de la parano ? j’avais l’impression qu’ils me regardaient plus de travers que « mon » compagnon.

    Au fait l’hôtel je l’ai payé, rien de gratuit dans ce minimum de secours.

    J’ai fini par appeler un ami de 20 ans pour qu’il vienne m’aider à le vider. Il est venu. Il m’a aidée. Mais il ne m’a plus jamais parlé : « tu te rends compte ce que tu m’as demandé ? » Son père était violent. Sans doute que ça lui a rappelé de mauvais souvenirs, mais de là à se fâcher avec moi définitivement !

    je suis allée dans un centre de secours pour femmes (à 50 km de là) j’y ai pleuré des heures et j’ai parlé en étant écouté. Merci à cette femme.

    Après il y eut les harcèlements téléphoniques et de courriers… mon fils chez qui j’avais trouvé refuge m’a incitée « à nous remettre ensemble », je ne lui ai jamais rien dit. Je l’ai donc re-vidé, cette fois définitivement quelques années plus tard… avec l’aide des secours hospitaliers à qui j’avais téléphoné pour coma éthylique… ils l’ont fait mais ils m’ont engueulée.

    moralité : on est totalement seul.e.

    Le Macron il plane. Tout le monde plane, tout le monde s’en fout des femmes battues ou en danger.

    Ne pas oublier les hommes battus, la violence est humaine et sans sexe.

    1. Mais pour parler de l’ensemble du message sculpté dont je propose l’analyse, c’est bien une crise ( Révélation d’un collapse, ou effondrement prévisibles) qui est subie par les deux moments structurels constituant le couple Eve-Adam . D’où la présentation du spectacle donné à voir par le sculpteur en trois tableaux :

      A.Scène de droite : Des pommes sont ici proposées à assimiler ( intellectuellement , assimiler c’est prédiquer comme bon ou nocif !) 1 .Tentation : quelle est cette organisme animal qui incite à croire que le fruit est bon ?

      1. Expérience sensible : Eve, vérifie le ressenti d’un agrément, ou non.

      3 Transmission de l’é-motion, vers le jugement ,rôle d’ Adam

      1. élaboration d’une prise de conscience , a postériori , ce que dit aussi Paul Jorion , d’une qualité à jugée comme efficiente ou non . Mais sous réserve d’une ruse envisageable de la part du « serpent » ? Dans sa quête du fruit qu’il consomme, il s’est enroulé autour d’un rameau dissident, un « drageon »; il imite dans son mouvement propre les spires visibles sur le tronc de l’arbre, prédicables en tant que signe d’une croissance vers le haut, et cette trace apparaît semblable, par analogie, au mouvement du serpent. Une attention vigile est nécessaire donc, qui est confiée aussi à Eve, au niveau du corps sensible et au niveau des formes intelligibles , autant qu’à Adam.

      Corps ou chair, au sens de Paul de Tarse, ou de Merleau-Ponty ? Notons hélas que s’est essentiellement le rejet du charnel et du sensuel qu’imposèrent lourdeme ntjusqu’à nos jours les éthiques ou catéchismes des religions monothéistes

      B.Dans la scène de gauche , le chapiteau nous montre le même homme Adam-Eve, avec sa double nature en chiasme , en plein désarroi étant exclu du jardin naturel. Cette deuxième scène, magistralement traitée, me fait songer à une caricature à laquelle je donnerais pour titre : « Refuge dans l’illusion d’ une Croissance Verte ! » : Adam et Eve cachent aux yeux de tous , derrière de larges feuillages, moins la nature duelle de leurs sexes, mâle et femelle, (comme ce sera la cas dans les peintures pudiques de la Renaissance ) que de manière plus cocasse leur dénuement face au mystère d’exister . Au 17ème siècle un homme doté d’une âme rationnelle, dominant un corps- machine, s’est cru apte à se rendre « maître et dominateur de la nature ». Prélude à un démentiel « extractivisme, exploitation industrielle de la nature » ( cf. le livre d’Anna Bednick de 2016) et aussi à l’illusion transhumaniste d’aujourd’hui…

      C. Entre ces deux tableaux est sculpté un personnage essentiel : Jésus… C’est dans le jardin ( hortus) naturel qu’il a été capturé, qu’il a été jugé et condamné, crucifié, est mort sur la croix, non par sanction du « Créateur », mais par les hommes de son propre milieu sociétal. D’où on déclare, lorsqu’on est croyant, qu’il trône à nouveau comme modèle dans la gloire ( mandorle) de son Père, au-delà du monde concret, dans une pure idée de Nature « au-delà du seuil » habité vivany ( paradeisos en grec)

      J’ai cherché à voir ici les choses comme je crois qu’elles se donnent à voir concrètement à Eve, sans croire toujours ce qu’Adam nous dit qu’elles sont dans l’absolu.

      1. « A noter que la perte d’emploi a très souvent des conséquences négatives sur l’entente au sein du couple. »

        Economique? Mais nooon, voyons!
        C’est psychologique, psychique, psy-quelquechose, en tout cas personnel et individuel. A tant faire, pourquoi ne pas carrément dire que c’est social ?

        J’vais le dire autrement: une perte d’emploi a toujours une multitude de conséquences négatives.

      2. @ Daniel : le couple et l’emploi, deux scènes de la socialisation de l’espèce humaine. Bien sûr qu’il y a des liens. Et deux scènes « en transition ».

  7. A réviser un peu grâce à vous l’imagerie religieuse du Moyen -Age je découvre combien ses formes traitent en réalité des défis de notre actualité contemporaine ! Je mets en pièce jointe le chapiteau dit du « péché originel » tel qu’il participa à la série des chapiteaux du chœur de Cluny. Toute une longue iconographie est disponible sur les liens suivants : https://www.latribunedelart.com/proposition-de-lecture-des-chapiteaux-de-cluny-1-le-peche-originel#nb59 Ceci afin de bien voir cette iconographie qu’on peut qualifier d’éco- techno-symbolisme ( une forme de philosophie naturelle ?)

    Que voit-on du Jardin ( hortus) donné comme originaire? Tout bonnement le vivant, donné à voir tel que du moins il s’évaluait sous trois variétés hiérarchiquement ordonées:
    1. choix dans le règne végétal d’un arbre portant fruits , en tant que « l’arbre de la connaissance du bien et du mal », implanté localement joignant la terre et le ciel. On voit ses racines, à côté des pieds d’Eve, avec traitement graphique identique. C’est un détail très signifiant sur leur interlien. Comme on peut voir le symbole d’un astre sous la forme d’une fleur, proche de la tête d’Adam.
    2. Pour exprimer au mieux la mobilité des êtres du règne animal , un serpent., symbole de la tentation de transgresser l’interdit, et de la métamorphose imprévisible ( le diabolique).
    3. De l’espèce humaine le sculpteur se doit de nous révéler la dualité de sa nature : D’où un homme Adam et une femme Eve, un un couple mais ils ne sont pas sexués : Eve en effet personnifie ici seulement les capacités sensorimotrices, et Adam personnifie la capacité de l’animal humanisé, seule « créature dotée de la faculté de reconsidérer les réactions sensorimotrices, de les re-présenter dans un cadre abstrait socialement partageable, car reconstruit selon les signes conventionnels des langages (parlés, puis écrits, ou mis en image par des artistes) selon un dessein social, collectif. D’où ici ce que nos religions monothéistes nomment encore le péché lequel relève d’une représentation volontairement tronquée.
    D
    Paul Jorion nourri des acquis de la psychanalyse parle des « improvisations intempestives et parfois tragiques des corps » . Mais aussi de « l’esprit » ! Car dans notre état de crise de civilisation, se révéle une disharmonie (acosmicité) de plus en plus afirmable entre le projet « éco-techno- symbolique » réputé partageable et des egos « adamiques » – Adam sans son Eve- socialement prédateur , extractiviste destructeur de l’équilibre Terre-Ciel, et en plus ou moins radicale contradiction avec le ressenti somatique aliéné qu’il détermine chez les individus.

  8. C’est bien là ce travail pédagogique, et courageux. Ce terme n’a aucun contenu, son usage récent relève de la rage idéologique (pléonamsme volontaire) du néo gaucho-féminisme, qui peut s’emparer de tous les sujet (écologie, condition animale, genre, altérité) pour, comme à sa vieille habitude : 1. Produire du vent; 2. Manier le couteau de la valeur, l’essentiel étant de trancher. « Meutre d’une femme en tant qu’elle est une femme », si j’ai bien compris. Doit pas y avoir plus d’un ou deux cas par siècle dans ce cas. Pour ne rien dire de la construction du terme, que j’entends comme vous, dérivé de géno-cide (parce que personnellement je n’ai jamais entendu ni à l’esprit ni à l’oreille que « homicide » désignait le meutre d’un mâle plutôt que d’une femelle), et là c’est juste honteux (on célébrait il y a peu celui des Tutsi, en matière de -cide. Il parait que la pointe avant-gardiste de la gauche met tous ses oeufs et ses espoirs dans ce panier… c’est vous dire si elle se soucie comme d’une guigne de soulever les masses. Mais il y a des place non plus à prendre mais à occuper dans la glossolalie spectaculaire de la société du touite.

  9. Merci à JPC pour le premier commentaire. Effectivement féminicide, parricide et infanticide ne demandent pas spécifiquement une planification et sont d’usage adéquat, quelque soit le motif. Il y a des féminicides planifiés, pour tuer plusieurs femmes parce qu’elles sont des femmes : on a parlé des « in-cels » (célibataires involontaires) groupe sur les réseaux sociaux qui imputent leur frustration sexuelle à la liberté des femmes, et dont un membre a récemment visé des femmes marchant sur un trottoir à Toronto (2018), et un tueur de masse a fait assassiné 18 femmes au Quebec à l’Institut polytechnique en 1989.
    Le « crime passionnel » est un concept qui excuse par la passion, et qui invite à la « compréhension » de ce qui est immaîtrisable, naturel, « inconscient », etc. C’est une euphémisation.
    Or la plupart des violences sur les femmes (+/-85%), mais aussi sur les hommes (+/-15%, est le fait d’hommes (à plus de 90% sans doute). En quoi les hommes sont-ils plus excusables de leur passion que d’autres êtres humains ? En fait, en tant qu’êtres formés pour dominer, ils vivent plus mal la frustration de leur pouvoir et s’en prennent aux personnes faibles les plus proches. Beaucoup de ces féminicides sont liés à la séparation ou la menace de la séparation. Ce n’est pas de la « passion » (souvent vue comme positive), mais de la vengeance, de la méchanceté soudain sans frein. Enfin il y a des hommes « abusifs » (imbus de pouvoir et compensant des frustrations sociales sans doute) qui couramment portent des coups, qui violent, qui forcent leurs enfants. (Il y a aussi des femmes abusives, violentes — mais elles sont bien plus rares, et effectivement les victimes ont encore plus difficile à le voir et le faire reconnaître).
    Le problème est d’abord d’un comportement des mâles humains, de leur misogynie et leur sexisme ; avec des degrés de gravité et une faiblesse de contrôle des pulsions violentes qui ne permet pas de faire des distinctions préalables : tous nous sommes concernés.

    1. @Chabian: On voit que vous n’avez pas été touché par la douleur d’une séparation ou alors êtes-vous plus fort que les autres. Permettez que d’autres soient plus faibles que vous.
      Je sors d’une séparation très douloureuse où après 25 ans de mariage heureux, ma femme m’apprend qu’elle souhaite divorcer pour aller vivre avec mon meilleur ami. J’ai aimé passionnément ma femme pendant 25 ans et je l’aime encore; ma réaction fut une dépression très profonde et j’ai découvert que dans ces moments là, l’émotion vous déborde et met totalement hors de fonction la partie cognitive de votre cerveau. C’est très simple, la douleur est si intense, qu’il n’est besoin que d’une seule chose: que cela cesse, qu’elle qu’en soit la manière.
      Je me suis surpris à 2 moments à ne plus pourvoir me contrôler face à ma femme qui semblait me provoquer; j’ai eu des moments de violence que j’ai pu arrêter à temps, je ne sais pas comment. J’en ai eu si peur, si démuni de me voir incapable de me contrôler que j’ai du développer des stratégies d’évitement pour ne pas commettre l’irréparable.

      Votre discours est bien joli et raisonnable, mais il reste très théorique et fait fi de la réalité:
      « En quoi les hommes sont-ils plus excusables de leur passion que d’autres êtres humains ? En fait, en tant qu’êtres formés pour dominer, ils vivent plus mal la frustration de leur pouvoir et s’en prennent aux personnes faibles les plus proches. Beaucoup de ces féminicides sont liés à la séparation ou la menace de la séparation. Ce n’est pas de la « passion » (souvent vue comme positive), mais de la vengeance, de la méchanceté soudain sans frein »
      Moi qui me considère comme féministe, je n’ai jamais dominé mon épouse, je n’ai jamais eu de désir de vengeance ni de méchanceté envers ma femme (passions Spinosiennes tristes). Ce dont on parle, c’est bien de passion, c’est même plus, c’est d’amour. Malheureusement l’amour peut être parfois extrêmement douloureux et la raison n’y a hélas aucune place.

      PS: mon litige étant toujours en cours et ce témoignage, sincère, pouvant me porter tort, je souhaite garder l’anonymat.

      1. @ Jérome : Merci pour votre témoignage, utile. J’ai aussi vécu un divorce, et ce fut douloureux croyez-moi. Mais cela a été progressif (mésentente, report de divorce, etc.) ce qui m’a permis d’encaisser un peu, pas de sentiment d’écroulement (et pas avec un ami ! ce qui est une trahison entre hommes). Et sans doute moins de « passion ». Une volonté de protection et de reconstruction. Et effectivement : résister à une folie possible.
        Mais alors, on pourrait questionner l’amour. Un sentiment de fusion entre deux « moi », un vécu identique des sensations, etc. (Albéroni) qui tient un temps, différent pour chacun. Une forme d’illusion qui peut être aussi rationnalisée par la suite (réalisme d’intérêts communs, partagés, etc.). Mais je pense que notre conception masculine de la relation est (était ?) déséquilibrée, donc largement désavantageuse pour les femmes. Que nous avons pu être « un peu féministes » sans que cela change fondamentalement pour nous. Et que leur libération depuis les ’70 est loin d’être achevée car les hommes ont peu évolué mentalement. Bien sûr c’est une réflexion assez théorique (toute relation dominant(e)/dominé(e) est difficilement annulable, mais il est temps de questionner la « fabrication des hommes »). Attention de ne pas tomber dans le déni de réalité.

    2. Chabian
      en accord avec votre commentaire, juste un point : « s’en prennent aux personnes faibles les plus proches » je dirais plus faible physiquement le plus souvent oui, mais pas « moralement plus faible », je ne voudrais pas faire un féminisme excessif, mais je dirais plutôt « qu’ils pensent plus faibles » concernant les femmes, pas les enfants évidemment qui sont plus faibles à tous points de vue.
      En fait il s’agit d’un excès de violence interne qu’ils ne maitrisent en rien, débordés par des pulsions qu’ils n’identifient pas, et/ou qu’ils ne veulent pas maitriser, ne sachant pas qu’ils pourraient être aussi bons dans cette matière que les autres mammifères. Pulsions aussi encouragées par notre civilisation de la jouissance immédiate : la consommation à tout va « grâce » à la pub,
      À d’autres époques en d’autres lieux, et encore maintenant pour certains, c’est le complexe du mâle qui veut se le prouver, n’étant pas bien sûr de l’être (un mâle).

      1. Effectivement, beaucoup d’hommes souffrent, et surtout d’incertitude sur leur statut, leur reconnaissance comme « vrai » homme. A quoi se surajoutent des souffrances de notre histoire personnelle. Et pourtant nous sommes dominants , alors que nous subissons cette mise au défi, cette compétition aussi. « La virilité » est une drôle d’instance qui nous travaille. Effectivement, si nous comparons nos pratiques sociales de mâles par rapport à d’autres mammifères, on dirait qu’il y a moins de maîtrise, moins de rituels de gestion des conflits, etc.

  10.  » Par exemple en France les enfants reçoivent automatiquement le nom du pourvoyeur de spermatozoïde, le ventre d’où ils sortent compte pour du beurre.  »
    C’est faux . Peut-être qu’un commentateur a relevé cette énormité , je n’ai pas lu tous les commentaires .
    Je suis allé déclarer la naissance de mon fils aîné à la Mairie de Caen , IL Y A TRENTE ANS ( 1989 ), en indiquant qu’il porterait le nom de famille de sa mère et ça n’a posé aucun problème . Les deux enfants nés ensuite portent également le nom de famille de leur mère .

  11. Vous me connaissez ? Je suis indécrottable.

    Comme quoi suivant les drames, et en l’espèce, on peut si on regarde identifier deux camps, si, si, on peut. Et au détour d’une intervention, d’un mot, on sait qui est notre ennemi.

    Mode ironie

    « Il y a deux camps qui sont en train de se créer et ces deux camps, c’est clair : il y a ceux qui sont pour La cause des femmes et il y a ceux qui sont contre, et ce sont des camps qui sont véritablement dressés l’un contre l’autre. Il y a d’un côté ceux qui disent du bien de la cause des femmes, c’est-à-dire de leurs droits à exister en tant que tel – appelons ça par son nom – et ceux qui en disent du mal et ceux-là, ce sont des ennemis de l’humanité, ce sont des gens qui ont toujours été pour l’obscurantisme, contre la pensée, contre l’humain ».

    Tu n’es pas pour l’écriture inclusive ? =====> Ennemi des femmes
    Tu es contre la mise en place de nouveau mot désignant leur souffrance ? ====> Ennemi des femmes
    Tu n’es pas un supporter inconditionnel de Metoo ? ====> Ennemi des femmes

    Il y a tant de commentaire minable ! Et j’ai même lu sur le blog la critique la plus conne contre ce mot de féminicide.

    Mode ironie

    Comme quoi, hein…

    1. Sinon, je fais un gros bisou à toutes les femmes (et les hommes) qui lisent ces pages, il y a des cons partout, surtout chez les hommes quand même (avec un petit h), nan sérieux les mecs c’est 83% des homicides en France kamême !

      Mais ensemble, entre sapiens sapiens on devrait sortir de l’auberge !

  12. Medellín, le 4 saeptembre 2019

    Nous n’avons par un mot pour décrire le ¨crime-de-répétition-sans-limites¨ fait par Bolsonaro aujourd’hui:

    The Guardian: https://www.theguardian.com/world/2019/sep/04/jair-bolsonaro-michelle-bachelet-brazil-police-killings

    quote

    Bolsonaro se moque du chef des droits de l’homme de l’ONU au sujet de la torture de son père par le régime de Pinochet

    Le président brésilien a déclaré que sans le dictateur  » le Chili serait un Cuba aujourd’hui  » après que Michelle Bachelet ait critiqué la recrudescence des assassinats de policiers.

    Jair Bolsonaro a nargué Michelle Bachelet, la Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, au sujet de la dictature chilienne qui l’a torturée, elle et ses parents, après avoir critiqué l’augmentation des meurtres commis par la police et la « diminution » des espaces démocratiques au Brésil.

    « Elle défend les droits de l’homme des vagabonds « , a déclaré mercredi à la presse le président brésilien. « Senhora Michelle Bachelet, si le peuple de Pinochet n’avait pas vaincu la gauche en 73 – dont ton père – le Chili serait un Cuba aujourd’hui. »

    Le père de Bachelet, Alberto, général de l’armée de l’air, a été emprisonné et torturé pour s’être opposé au coup d’État militaire de 1973 dirigé par Augusto Pinochet, et est mort d’une crise cardiaque en prison. En 2014, deux militaires chiliens à la retraite ont été condamnés à des peines de prison pour l’avoir torturé. Bachelet et sa mère, Ángela Jeria, ont également été emprisonnées.

    Bolsonaro a souvent fait l’éloge de la dictature militaire brésilienne qui a duré 21 ans et a exprimé son admiration pour des dirigeants tels que Pinochet, dont le régime a tué plus de 3 000 personnes entre 1973 et 1990.

    Ses commentaires sont arrivés après que Bachelet ait critiqué l’augmentation des meurtres commis par la police dans les deux plus grandes villes du Brésil.

    Au cours du premier semestre de cette année, 426 personnes ont été tuées par la police dans l’État de São Paulo et 881 dans l’État de Rio de Janeiro au cours de la même période. Les chiffres signifient que les meurtres de la police de Rio ont augmenté de 15%, même si le nombre total d’homicides dans l’État a chuté de 23%, selon le site Web du G1.

    Le mois dernier, M. Bolsonaro a déclaré qu’il espérait que les nouvelles lois proposées, qui faciliteraient la tâche de la police pour tuer, feraient en sorte que les criminels « meurent dans la rue comme des cafards ».

    « Nous avons assisté à une forte augmentation de la violence policière en 2019 dans le cadre d’un discours public légitimisant les exécutions sommaires « , a déclaré Mme Bachelet. Le déni des crimes commis par l’État peut  » enraciner l’impunité et renforcer le message selon lequel les agents de l’État sont au-dessus de la loi « , a-t-elle dit. Les Noirs et les habitants de la favela ont été touchés de manière disproportionnée, a-t-elle ajouté.

    Mme Bachelet s’est également inquiétée du « rétrécissement de l’espace civil et démocratique » au Brésil et a déclaré qu’au moins huit défenseurs des droits humains avaient été tués entre janvier et juin « principalement pour des litiges fonciers ». Elle a déclaré qu’un tiers des incendies en Amazonie se produisaient dans des zones autochtones protégées ou des zones de conservation.

    Sur son Facebook, Bolsonaro a déclaré que Bachelet suivait le président français, Emmanuel Macron, qu’il accusait de  » s’ingérer dans les affaires intérieures et la souveraineté brésilienne  » après avoir parlé de la crise des incendies en Amazonie.

    En juillet, Bachelet a essuyé les tirs du gouvernement de gauche du leader vénézuélien Nicolás Maduro après un rapport cinglant de l’ONU sur ses « graves violations des droits économiques, sociaux, civils, politiques et culturels ».

    Oliver Stuenkel, professeur de relations internationales à la Fondation Getúlio Vargas de São Paulo, a déclaré que l’explosion de Bolsonaro pourrait avoir un impact sur sa relation étroite avec le président conservateur chilien, Sebastián Piñera.

    « La rhétorique de Bolsonaro rendra politiquement plus coûteuse l’adhésion de Piñera à ce projet « , a déclaré M. Stuenkel, ajoutant qu’elle montrait que les ailes les plus modérées du gouvernement brésilien  » ne sont pas capables de contenir ou de modérer la rhétorique du président.

    Plus tard mercredi, Piñera a pris ses distances par rapport aux propos de Bolsonaro. « Je ne partage pas du tout la référence que le président Bolsonaro a faite à un ancien président chilien – surtout sur un sujet aussi douloureux que la mort de son père « , a-t-il déclaré aux journalistes.

    Piñera, qui a affronté le cricisim au Chili pour ses liens avec le leader brésilien d’extrême droite, a déclaré : « Quelles que soient les différentes opinions que nous avions sur les gouvernements dans les années 70 et 80, elles doivent toujours être exprimées avec respect. »

    unquote

  13. Nous naviguons selon les commentaires entre le passé et le présent.

    J’aurais tendance à penser que « avant » le temps immédiat de notre civilisation du 21è c’était pire.

    L’énorme différence est que nous sommes informés, et que femmes et hommes reçoivent le même enseignement, la différence se faisant surtout par la condition sociale. L’information déforme les faits en le grossissant, en les répercutant à plus soif… et on passe à un autre fait d’autre nature tout aussi immédiatement pensant que cet immédiat serait plus important, plus grave, oubliant le précédent. Ce n’est pas parce que nous avons plus de « connaissance » de faits (de part la planète, voir le Congo par ex.) que la situation des femmes dans la civilisation serait pire maintenant.

    Depuis ma naissance à ce jour, quelques dizaines d’années se sont écoulées, et je vois une différence positive. Tout simplement « avant » les femmes battues et/ou tuées personne n’en parlait ni s’en préoccupait.

    Durant la Préhistoire, l’Antiquité, le Moyen-âge, la Renaissance, sur d’autres terres, dans d’autres civilisations à ma connaissance rares (je ne sais là en citer aucun, mais j’espère faire un oubli) furent les civilisations où les femmes furent honorées pour ce qu’elles sont : des humains à part égale des hommes.

    Ce n’était que commune mesure puisqu’il y avait des esclaves (mâles et femelles), les humains dans leur majorité n’étaient pas égaux, on se serait légèrement amélioré depuis. L’inégalité est moindre que ce qu’elle fut dans la plupart (donc je ne dis pas tous) des pays de la planète.

    Les femmes ont longtemps (et le sont encore souvent, mais à moindre mesure) été importantes pour l’homme : le plaisir de ses yeux et de ses sens, et la pérennité de sa succession, nous mourions plus à l’accouchement (femme et enfant) et en bas âge, si bien que tant qu’un enfant n’avait pas atteint ses 7 ans (dit âge de raison pas inopinément) il n’était pas réellement pris en compte, pour éviter la peine de sa perte, peine tant de l’intérêt de la succession que par l’attachement qui était ainsi évité. Rare étaient, mais cela existait, le père ou le mari-compagnon qui s’attardaient sur la condition de sa fille, épouse, mère. Les conditions quotidiennes que l’ont connait le mieux par la littérature du XIXè nous montrent une condition infâme pour les deux sexes, enfants compris.

    Alors nous désirons un mieux avec juste raison, nous avons avancé, mais il nous reste un rude chemin à parcourir.

    Et ce n’est pas un Macron qui fera que les conditions soient meilleures, mais le corps entier du pays.

    et je ne voudrait pas contrarier un commentateur qui met toute la faute sur les féministes, mais elles ont fait et font encore beaucoup pour bousculer les mœurs établis, en co-lutte avec les hommes de bonne volonté, et peu importe si leurs manières n’ont pas toujours mon assentiment, l’important est que ça progresse.

    1. Désolée pour les fautes d’orthographe (que je découvre en me relisant) : je suis dyslexique, et encore j’ai progressé, ce fut bien pire… j’ai connu toute ma scolarité les grands traits rouges en permanence et les -0 sur toutes mes dictées…

  14. Bonjour,
    Merci pour votre témoignage Annie.
    A sa lecture, cela me confortait dans l’idée que j’ai de l’être humain. Nous sommes tous des petites choses fragiles. Des petites mécaniques complexes que les aléas de la vie peuvent abîmer à tout moment. Si nous avions tous conscience de ce fait là, je suis sûr que notre monde serait meilleur. Malheureusement, nous vivons dans un monde où la compétition, la performance individuelle, notre « supposé » volonté sont les seules choses mises en avant. A croire que nous sommes tous dans une sorte de « Koh-Lanta géant » où seul les plus forts survivent.

    C’est le monde dans lequel on vit.
    L’être humain est fragile et la plupart refuse de le voir.

    1. arkao
      interprète mal choisi en l’occurrence.
      je suis d’accord à ce qu’il gagne sa vie, mais sur ce billet c’est de la provoc.

      1. @Annie Stasse
        Mon intention n’était pas de provoquer mais d’illustrer et de faire écho avec un récent billet de Paul au sujet d’une chanson sur l’amour et le temps qui passe.
        Je ne pense pas qu’il soit utile de revenir sur cette affaire dont la presse a abondamment parlé.
        Illustrer, qu’est-ce à dire ? Montrer un homme dont on sait ce qu’il a fait interpréter une chanson terrible et belle sur l’amour. Qu’en conclure, je n’en sais trop rien à présent. Mais ne pas voir, ne pas écouter, c’est renoncer à essayer de comprendre l’incompréhensible.
        Mes excuses si je vous ai offensé.

  15. j’ai deux commentaires à propos de ce témoignage.

    Le premier: il est vraiment difficile de croire en l’humanité. Oui, nous sommes capables du meilleur, mais en pratique…

    Le sort de la planète et de l’humanité est entre nos mains et c’est précisément ce qui n’incite pas à l’optimisme.

  16. Le second: le nom du père n’est pas une histoire de domination et de prestige, ou accessoirement. C’est plutôt une histoire de reconnaissance de l’enfant. Car si la mère est certaine (pour l’instant), le père ne l’est pas. Donner son nom à l’enfant est ainsi un acte de reconnaissance: l’homme reconnait que l’enfant est le sien. C’est un acte fort.

    Oui, nous pouvons désormais choisir si l’enfant portera le nom de son père ou de sa mère, mais il est recommandé de choisir le nom du père. C’est un honneur et une fierté pour lui de reconnaitre son enfant en lui donnant son nom.

    Il peut toutefois se comprendre de ne pas donner son nom à son enfant, si l’on estime que son patronyme est indigne (famille indigne) et que le nom de la mère est digne (sa famille est digne).

    1. @Guinchard 5 septembre 2019 à 15 h 16 min
      2- oui vous avez raison. C’est la manière pour le père etc.

      mais quand on divorce, si la femme reprend son nom de naissance, la situation est assez curieuse à vivre pour la mère en tous lieux, à l’école, en situation professionnelle.

      je n’ai aucune solution idéale à proposer, sinon de porter les deux noms ce qui, je crois, est le cas en Espagne.

      1- sur l’avenir de l’humanité sur cette planète je n’ai que peu d’espoir… mais j’ai toutes les probabilités de n’en voir que les débuts. Et je ne m’en sens pas coupable : d’une part j’ai commencé à être alerté dès les années 70, d’autre part c’est le système néolibéral qui en est fautif… et ils continuent à ne rien faire. Je me demande parfois s’ils se préoccupent de leurs familles, car ils en ont comme nous tous.

      pour ce billet où mon nom apparait ça le et me protège. Mais j’aurais peut-être pris un pseudo alors.

    2. Ce n’est pas si simple. On sait toujours qui est la mère. Pourquoi donc ne pas reconnaître ce fait par le nom ? Et c’est une tradition de donner le nom du mari comme nom propre de l’enfant. C’est « présumé » par la loi. Or le géniteur apporte très peu dans la conception (c’est un autre débat) et dans la grossesse et dans l’accouchement ! D’où ce mythe : l’homme porte un geste fort en reconnaissant cet enfant. On peut aussi le lire comme un geste de prédation ! Qui n’existe pas chez les animaux. Parfois un mâle protège la femelle pendant le court moment où le rejeton n’est pas autonome (mais seul l’humain naît prématurément, car sa tête serait trop grosse à terme). L’humanité a instauré culturellement le droit du père, droit absolu de vie et de mort du pater familias des romains, nous dit on souvent, mais il était sans doute encadré rituellement, socialement.
      Et effectivement, les divorces posent un problème à la mère et à l’enfant. La logique vaudrait que l’enfant porte le nom de la mère et éventuellement le nom du père en deuxième. (C’est possible légalement depuis une décennie. Mais les statistiques montrent que c’est peu pratiqué, sauf à proximité des Pyrénées…) Et que donc les filiations soient principalement matrilinéaires.
      C’est spécialement fort de café en France où, dans la pratique administrative, la mère doit se remarier pour perdre son nom du premier mari décédé ou séparé ; et elle le retrouve souvent en cas de séparation du 2e homme. Pourtant la loi prévoit tout à fait qu’elle garde son nom de « jeune fille », mais ce n’est pas en usage. Bref elle reste dépendante de son homme, n’importe lequel !En Belgique, le nom de « jeune fille » est davantage respecté par la pratique administrative.

      1. Chabian, c’est un certain Jean-Jacques Rousseau qui a dit que c’est la parole qui nous fait humains, et mieux encore : la foi jurée. Pour dire qui est la mère, il ne nous faut que nos yeux, que nous partageons avec les poulpes, les poissons, les coléoptères, etc. Pour que la mère nous dise qui est le père, il faut non seulement qu’elle puisse parler, mais qu’elle nous donne sa parole.

        Je ne sais pas quelle est la proportion chez mes confrères et consoeurs psychanalystes de cas où la demande d’analyse s’avère être motivée par une filiation trafiquée par les parents ou encore antérieurement. De ce que j’ai pu voir moi, au moins un tiers.

        J’avais dans ma collection de 33 tours Folkways un ancien gospel song où le preacher demande à plusieurs reprises à sa congrégation : « Pourquoi dois-tu honorer ta mère ? ». On lui répond différentes choses toutes aussi splendides les unes que les autres. Il répond chaque fois : « Oui c’est très vrai, mais il y a encore mieux ! » et il finit par donner la réponse : « Parce qu’elle seule peut te donner le nom de ton père ».

      2. entre la séparation et le divorce j’avais adopté tout de suite le nom de mon mari accolé au mien genre XXX-Stasse.
        et aussitôt que possible j’ai repris mon nom. Je sais que beaucoup de femmes gardent le nom marital, j’avoue que je n’ai jamais compris leur motif.

        Je ne sais compter les millions de fois où j’ai eu à dire « oui c’est mon fils » à cause de nos noms, à des voisins, des connaissances, des gens croisés, mais le pire est l’administration encore en 2019 à qui je dois justifier à tout propos que j’ai un fils et qu’il s’appelle XXX et non Stasse. Encore maintenant on me demande quel est mon nom, alors que partout il est marqué que je suis divorcée, et ma caisse de retraite m’appelait « mademoiselle » parce que je n’avais qu’un nom ! j’étais scandalisée, c’était une insulte pour moi, je les ai informé que « je ne suis plus vierge depuis très longtemps ».

        Combien de fois je me suis dite « mais pourquoi il n’a pas MON nom, c’est moi qui l’élève, son père bof ! » certes ce n’est pas le cas de tous les pères, mais à cette époque, moins maintenant, les pères pensaient que l’éducation n’était pas leur problème : eux ils ramenaient le fric à la maison, c’était bien suffisant ! (cependant mon père adorait son boulot, alors le prétexte !)

      3. Je ne nie pas que « le nom du père » fasse traumatisme chez les humains. Mais cela me parait « culturel », c’est à dire propre à une culture où ce nom est source de manque, est crucial, est symbolique alors que rien ne nous y oblige. De même, notre place auprès du père est un problème dans une fratrie, selon ma propre expérience. Mais Pourquoi ? Pourquoi ce poids du père, donné par les humains alors qu’il n’est pas « naturel »? (qu’il parait « contre nature »). On ne peut s’empêcher de penser que la domination masculine a surajouté quelque chose dans la culture de notre espèce et que le temps est venu de questionner cet ajout. « La foi jurée » dites vous de Rousseau. Un serment tout oral et maternel qui désigne un homme comme autorité suprême ? Un geste de parole qui constitue tous les humains ? Sans lequel nous serions « naturels » et naturellement liés à la mère seulement ? Pourquoi cette transmission de pouvoir par elle à un autre ? (Mon inspiration vient de Shirley Sturm, Presque humains, sur la société des babouins).

    3. A Guinchard
      « …le nom du père n’est pas une histoire de domination et de prestige, ou accessoirement. C’est plutôt une histoire de reconnaissance de l’enfant. »
      Les fake news continuent !
      Ainsi choisir de donner le nom de la mère à un enfant impliquerait qu’il n’y a pas reconnaissance de la part du père .
      J’ai reconnu mes trois enfants !
      En atteste le livret de famille qui indique  » reconnu par le père  » , suivi de mon nom ! Mes trois enfants ont vu ce livret dès leur plus jeune âge . Ce choix a été fait en toute clarté avec leur mère dès le premier enfant .

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