Le Pentagone se rebiffe

Ouvert aux commentaires.

Le 9 octobre, dans ma vidéo intitulée « La Maison-Blanche se rebiffe », j’écrivais entre autre ceci :

Dans un cas comme celui-là, d’une dérive de république bananière pour une grande démocratie, en général, le putschiste essaye de faire appel à l’armée. Malheureusement, dans ce cas-ci, l’armée est plutôt contre M. Trump parce qu’il est en train de remettre en question l’ensemble des alliances de type classique des États-Unis […] s’il devait y avoir un coup d’État militaire maintenant, ce serait plutôt contre M. Trump qu’en sa faveur. 

Huit jours plus tard, le 17, il y a trois jours, paraissait dans le New York Times une tribune libre signée de l’amiral McRaven intitulée « Notre République fait l’objet d’une attaque par son Président ». Je vous en donne ici quelques larges extraits. J’ouvre la discussion à propos de ce qui est écrit là. J’apprécierais tout particulièrement que les militaires parmi mes lecteurs se joignent au débat pour nous dire ce qu’ils en pensent.

« Notre République fait l’objet d’une attaque par son Président », par William H. McRaven – The New York Times, Le 17 octobre 2019

(L’amiral McRaven est un ancien commandant du Special Operations Command des États-Unis).

La semaine dernière, j’ai assisté à deux manifestations mémorables qui m’ont rappelé pourquoi nous avons un tel souci de notre nation et pourquoi notre avenir est peut-être en péril.

Le première était une cérémonie de passation du commandement d’une unité de l’Armée de terre au cours de laquelle un général transmettait l’autorité à un autre. La seconde était un gala annuel pour l’Association de l’Office of Strategic Services (O.S.S.) […]

Ce qui m’a frappé, c’est le contraste frappant entre les mots et les manières de faire affirmés lors de ces manifestations – et les paroles et les conduites qui nous viennent de la Maison-Blanche. […]

À l’arrière-plan du sentiment d’espoir et de devoir tourné vers l’extérieur dont j’étais le témoin lors de ces deux événements, existait un courant sous-jacent de frustration, d’humiliation, de colère et de peur qui se réverbérait dans les rangs. L’Amérique en laquelle ils croyaient subissait une attaque, qui ne venait pas de l’extérieur, mais de l’intérieur.

Ces hommes et ces femmes, de toutes tendances politiques, sont les témoins des agressions dont sont victimes nos institutions : la communauté du renseignement et de la police, le département d’État [ministère des Affaires étrangères] et la presse. Ils ont vu nos dirigeants prêter main forte à des despotes et des hommes forts, préférant la version officielle de leur gouvernement à la nôtre. Ils nous ont vus abandonner nos alliés et ont entendu les cris de trahison qui s’élevaient du champ de bataille. Alors que j’assistais à la parade à Fort Bragg, un général quatre étoiles à la retraite m’a saisi le bras en le secouant et m’a crié : « Je n’aime pas les Démocrates, mais Trump détruit la République ! » […]

Si nos promesses ne veulent plus rien dire, comment nos alliés nous feraient-ils confiance ? Si nous n’avons plus foi dans les principes de notre nation, pourquoi les hommes et les femmes de notre nation serviraient-ils dans notre armée ? Et s’ils cessent de s’enrôler, qui nous protégera ? Si nous ne sommes pas les champions du bien et du juste, qui nous suivra ? Et si personne ne nous suit – où finira le monde ?

Le Président Trump semble croire que ces qualités sont insignifiantes ou trahissent de la faiblesse. Il a tort. […]

Si ce président ne comprend pas leur importance, si ce président ne fait pas preuve de la qualité de commandement nécessaire à l’Amérique, tant en métropole qu’à l’étranger, le temps est venu d’un nouvel occupant au Bureau ovale [à la Maison-Blanche] – qu’il soit Républicain, Démocrate ou indépendant – et le plus tôt sera le mieux. Le sort de notre République en dépend.

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48 réflexions sur « Le Pentagone se rebiffe »

  1. Trump va découvrir qu’il n’est pas tout puissant et en effet, il est un très bon candidat à l’Impeachment ! Comme vous le dites si bien, Il faut vraiment qu’il fasse des énormes bourdes pour que son camp finisse par bouger une oreille. Et l’orgueil militaire y est très sensible. Bon le sort de ce triste personnage semble enfin se préciser et heureusement.

  2. Un appel à la sédition de la part d’un général (d’active ?).
    Certains ont été pendus pour moins que ça.
    Décidément tout se délite…là-bas aussi.

    1. Mc Raven n’est pas général mais amiral , retraité depuis le 1er septembre 2014.
      Comme tous ces anciens militaires tenus à un devoir de réserve durant leur activité , cet amiral se lâche .
      Ci-dessous , extrait de l’article cité plus haut , mots du-dit Mac Raven :
      « Et si personne ne nous suit – où finira le monde ? »
      ça va l’Empire ?

  3. Trump trahit aussi tous ses alliés de l’Otan, allié en cela de Erdogan.
    Alors les pays de l’Est de l’Europe qui voulaient absolument être dans l’Otan pour se protéger des Russes (du fait de leur Histoire) doivent ou devraient se demander : avec qui faut-il s’allier pour être sûr d’une protection ? L’Otan ne tient plus ses devoirs envers les alliés auprès desquels elle s’est engagé.

    Ah si l’Europe existait !

    1. Ce n’est pas ‘ trump’ , il ne s’est pas réveillé un beau matin puis a décidé de retirer les troupes sur un coup de tete selon son bon vouloir , il y a des concertations et des stratèges de haut niveau là dessous , trump est juste un porte parole , quand allez vous le comprendre ?

      1. Quand allez-vous (enfin) comprendre, vous, comment Trump fonctionne ? Il n’y a pas de « concertations et des stratèges de haut niveau là dessous » : Trump s’est entièrement débarrassé de tout entourage, il n’y plus de « gens raisonnables » avec qui il échange (même plus sa fille Ivanka et son gendre Jared), il s’est retranché dans la position où il fait une confiance absolue (mode « enfant gâté ») à son comportement instinctif, à ses « intuitions géniales » (comme il les appelle lui-même et est le seul à les appeler encore comme ça).

        Vous intervenez beaucoup sur les commentaires, mais vous n’avez manifestement jamais pris la peine de lire aucun de mes billets, sinon vous auriez suivi la trajectoire de Trump, qui débute comme un président US normal avec un « cabinet » qui le conseille, avec des conférences de presse. Tout ça a disparu petit à petit et n’existe plus depuis longtemps !

      2. @blinblin
        « quand allez vous le comprendre ? » jamais puisque je suis une femme.

        zut on dirait que PJ, qui est un homme, lui, ne le comprend pas non plus !

        « Ce n’est pas ‘ trump’ , il ne s’est pas réveillé un beau matin puis a décidé de retirer les troupes sur un coup de tete selon son bon vouloir , »
        ben si justement c’est comme ça que ça s’est passé
        sinon comment expliqueriez-vous l’en cours de l’empeachement ?

      3. c’est justement comme ça que ça s’est passé , exact , et la marmotte elle met le chocolat dans le papier d’alu

    2. « Trump trahit aussi tous ses alliés de l’Otan »

      Aujourd’hui non… ou plus précisément : pas encore. Mais ça pourrait venir vite.

      La petite comparaison suivante entre le discours de Trump sur les Kurdes en 2018 et en 2019 est édifiante :
      https://youtu.be/OYUUjGUHKRs

      Tout pays qui a fondé sa sécurité sur la garantie fournie par les Etats-Unis a de quoi se poser plus que des questions…

      Si un peuple qui a accepté de subir des milliers de pertes dans ses rangs pour aller au-delà de ses intérêts stricts de défense contre l’E.I., jusqu’à le terrasser, épargnant ainsi aux Américains et aux Européens des centaines ou des milliers de morts dans leurs rangs, peut être lâché du jour au lendemain comme une vieille chaussette par les Américains – et les Européens ne valent pas mieux – alors que continuer à le protéger n’aurait exigé qu’un effort minime, peut-être 2 000 soldats américains et pas de très gros dangers…

      … Qu’arrivera-t-il à tel pays qui n’a jamais fait qu’acheter des F-35, payer une ou deux bases américaines et aligner sa politique étrangère sur le Grand Frère, le jour où il aura besoin de sa protection ? Car payer quelques milliards et faire la courbe du chien derrière Washington en matière de politique étrangère, ce sont des services assez petits à côté de l’économie de centaines de morts américains ou davantage, en somme ce qu’ont fait les Kurdes de Syrie !

      Croit-on qu’avoir une base américaine sur son territoire suffira à protéger ? Que l’Amérique se trouvera forcée bon gré mal gré de combattre, juste parce que ses hommes sont déjà sur le terrain ?

      Mais les militaires américains présents en Syrie pour dissuader les Turcs d’attaquer ont reçu l’ordre d’évacuer, même la rage au cœur, et dans la précipitation voire le désordre encore, ce n’était pas bien loin d’une débandade. Tel journaliste attaché aux forces russes pouvait faire un reportage dans une base américaine sur la frontière Syrie-Turquie : « Hier les Américains étaient ici. Aujourd’hui nous y sommes. Voyons comment ils vivaient ». Les soldats américains qui y étaient encore la veille n’avaient pas pu faire mieux qu’évacuer et dans certains cas seulement détruire sur place ce qui était confidentiel, tant leur départ fut précipité.

      Qu’est-ce qui empêcherait le moment venu – c’est-à-dire si la situation devenait difficile – qu’une base américaine en Pologne – qui n’existe pas encore, mais les Polonais y croient très fort – soit évacuée de la sorte ? Ou en Corée du Sud ? En Allemagne ? Etc. etc.

      Une chose est certaine : la stratégie de sécurité nationale consistant à faire garantir la survie de la nation par la protection des Etats-Unis n’est PLUS DU TOUT opérante.

      Heureusement que ce n’est pas la stratégie de la France !

      Malheureusement, tous nos voisins ne peuvent en dire autant 🙁 …

      1. @ Yves de Bressy

        !!!!!!!

        J’ai vérifié l’info à la source, vu que la fiabilité de Spoutnik est sujette à caution – pour rester bienveillant – mais elle semble parfaitement exacte. Elle émane du porte-parole officiel de la coalition anti-E.I. le colonel Myles Caggins. Le compte Twitter semble véridique, tout a l’air réglo.

        https://twitter.com/OIRSpox/status/1184591481941712899

        Incroyable !

        Erdogan doit se croire le roi du Monde. Il a réussi à faire décamper en catastrophe l’armée du pays le plus puissant au monde.

        Poutine doit aussi se prendre pour le plus fort. C’est lui dont l’armée n’a qu’à montrer son drapeau en patrouillant entre Turcs et Syriens pour que tout se calme et que Erdogan fasse le beau.

        Tout cela n’est pas dangereux que pour les Kurdes. Mini-Sultan risque de « ne plus se sentir ». Poutine se gonflera encore plus d’importance. L’un de ces deux là peut fort bien décider d’aller plus loin, puisque tout lui réussit.

  4. Premier (ancien) militaire à m’exprimer ?
    La première traduction que je fais de cette lettre est que l’amiral Mac Raven appelle à mots non couverts à la destitution de Donald Trump. Mais je ne pense pas provoquer une grande surprise en le disant.
    La deuxième est qu’il n’appelle pas à un coup d’état pour destituer son président. Une telle action se prépare en secret et doit être conduite en un temps éclair avec un effet de surprise maximum. C’est clairement une prise de position en faveur de l’impeachment.
    Sur le fond maintenant, je préciserai d’abord que je n’ai pas une grande estime de cette armée US qui a quasiment dirigé les États-Unis depuis l’assassinat de Kennedy, qui a imposé ses vues stratégiques, fait les conflits qu’elle voulait, obtenu les crédits qu’elle voulait ; qui s’est conduite dans tous ces conflits sans contrôle politique ni judiciaire et s’est auto-exclue de presque tous les traités internationaux visant à limiter les excès des conflits armés.
    N’oublions pas que la doctrine de contre-insurrection du Gal Petraeus en Irak était directement inspirée des méthodes de l’armée française pour gagner la bataille d’Alger.
    Pour faire en plus bref, les généraux américains sont peut-être d’excellents tacticiens, mais n’ont aucun sens stratégique : ils ne savent pas terminer une guerre et sont incapables d’envisager les 10 ans qui suivent leur campagne.
    Donc ce que m’inspire profondément cette lettre, c’est la complainte d’un très haut gradé qui a représenté le TOP de la suprématie militaire US sur le monde – le Special Operations Command – face à la perte d’influence de son milieu sur la vie politique US et à son affaiblissement du aux réductions des crédits dont il fait l’objet.
    Comme je le disais plus haut, cette situation héritée du coup d’état de 1963 (l’assassinat de Kennedy), préfigurée par Dwight Eisenhower mettant en garde contre l’influence croissante du lobby militaro-pétrolier, conduit aujourd’hui des officiers généraux à s’exprimer directement dans la presse comme des autorités politiques qu’ils pensent être.
    J’espère seulement que l’armée US n’en est pas au point de vouloir « rétablir l’ordre » pour sauver le pays. Ça ne serait pas DU TOUT dans l’intérêt du monde !

    1. J’approuve, encore que la prise de pouvoir (‘control’ du pouvoir) par les forces armées US suite à l’attentat contre Kennedy me semble un brin conspirationniste, en tout cas non prouvé à ma connaissance. Il me semble bien que tout ce qu’ont fait les forces US depuis cette période, et avant, était en parfait accord avec le pouvoir civil, et selon ses ordres. Admettons que certaines opérations extérieures ont pu être été inspirées par elles, plus encore par la CIA.

      Vous fait état de ‘réductions des crédits‘. Vous êtes dans l’erreur, les crédits affectés à la défense n’ont jamais été aussi élevés que depuis 2001. Trump a donné un coup de pouce supplémentaire depuis son arrivée, environ 10%. La baisse d’influence, selon vous, du haut commandement provient probablement des faibles résultats opérationnels des forces armées, vu sur le long terme. A force, ça commence à devenir évident, même pour un opinion publique anormalement patriotarde… Cette baisse d’efficacité est aussi d’origine technique. Aucun des matériels récemment acceptés ne donne pleinement satisfaction. La marine et l’aviation cumulent les échecs de mise en service. On ne peut s’empêcher de penser à une médiocrité et une inertie généralisées.

      Vous créditez les forces armées d’une certaine aptitude tactique. Je crois que vous êtes optimiste. La tactique a toujours été de tirer dans le tas, avec un maximum de puissance de feu, sans égard aux conséquences immédiates, politiques essentiellement. Il faut leur reconnaître un aptitude certaine à la maîtrise des questions logistiques. C’est un domaine où leur puissance brute peut jouer à fond et où la faiblesse des ennemis les favorise.

      1. La tactique c’est justement ça : l’art de gagner les batailles avec les moyens qu’on a. Quand ils sont pléthoriques on exploite au maximum son avantage. Elle est presque exclusivement militaire.
        La stratégie est l’art de gagner la guerre, donc de la terminer, donc d’établir la paix. Elle ne peut résider dans les mains des seuls militaires et se joue au niveau politico-militaire.
        Quand aux réductions de crédits citées, effectivement je suis allé un peu vite. Les armées françaises connaissent le même syndrome. Leurs crédits augmentent mais leurs moyens réels diminuent : les augmentations sont essentiellement captées par la hausse du coût des programmes, donc par les industriels…

      2. Oui, comme le F-35 (24 000 euros l’heure de vol, 10 milliards de $/ans alors que les 300 exemplaires livrés ne sont pas encore « recettés » du fait de leur sous-performance, en rayon d’action notamment (< 1000 km ?). Roberto doit pouvoir faire le point (ou le général Lanata (André, le fils du … général Vincent Lanata) )

      3. Caramba, encore raté pour le taux de capacité.
        US Navy & USAF, le F-35 rate ses objectifs !
        http://psk.blog.24heures.ch/archive/2019/09/27/us-navy-usaf-le-f-35-rate-ses-objectifs%C2%A0-868019.html

        Pour celui de disponibilité, en juin celui du F-35 était nettement inférieur à celui du Supermarine Spitfire mais supérieur, semble-t-il, à celui du triplan du baron Von Richthofen.
        La flotte des F-35 d’essais n’est pleinement « fully mission capable » qu’à 8,7%
        https://www.rtbf.be/info/monde/detail_usa-la-flotte-des-f-35-d-essais-n-est-pleinement-fully-mission-capable-qu-a-8-7?id=10288256

      4. Il faut bien sûr relativiser la « catastrophe » industrielle que représente le F-35. Les États-Unis sont le pays de la démesure budgétaire (les coûts des supercarriers ou des LCS de la Navy sont également stratosphériques, avec une utilité doctrinale pour les premiers et une efficacité opérationnelle pour les seconds assez douteuses).

        À l’aulne de cette démesure le gouffre financier du F-35 est nettement à relativiser sur le long terme, si l’on considère que le programme sert à valider les briques technologiques pour les appareils de sixième génération qui opéreront en coopération avec des essaim de drones pilotés par l‘IA (avec il faut l’espérer, Marcel dans la boucle et non pas en dehors), et que les surcoûts seront épongés par la création d’armées de l’air occidentales totalement captives de l’industrie US car s’étant fait hara-kiri en participant au programme F-35.

    2. Bonjour,

      Oui, oui, ça semble effectivement un appel aux sénateurs Républicains pour qu’ils votent l’impeachment. Et sans doute un signal comme quoi les grands chefs ne feront rien pour empêcher un coup d’état militaire si, l’impeachment non voté, une partie de l’armée décide de le faire. En gros : « faites votre travail les politiques ».

  5. Je sollicite aussi les membres du corps des armées pour m’aider à comprendre que se cache derrière le « bien et le juste ».
    Je considère le pacte tacite conclu entre le corps des armées, les multinationales commerciales et l’industrie de l’armement des USA comme étant indestructible sauf à éliminer l’un des trois.
    a) L’industrie militaire garantit la suprématie technologique pour que c) se fasse sans trop de perte humaine.
    b) Les multinationales asservissent les gouvernements et les peuples pour alimenter a).
    c) L’armée détruit toutes velléités des peuples à l’autodétermination pour que b) installe le piège de la dépendence au $.
    Bien sûr, il y des tonnes de story telling et de propagande pour que cette mécanique soit perçue comme le bien pour les peuples, mais comment un amiral 18 étoiles arrive à dire, « Si nous ne sommes pas les champions du bien et du juste, qui nous suivra ? Et si personne ne nous suit – où finira le monde ? » Mystère..

    1. La grande muette.., on ne se refait pas !
      Quand j’écris « éliminer l’un des trois », je pense dans leur rôle historique.
      Le bien et le juste étant protéiformes et fluctuants, lui donner une dimension moderne, proche des efforts titanesques, que certains ont comparés aux efforts militaires des guerres passées pour éviter l’extinction, pourrait redonner courage, détermination et noblesse au corps de l’armée bien conscient d’avoir trahi ses valeurs.

  6. A Medical Assessment of Trump’s Asylum Policy

    Oct 4, 2019 WILLIAM BRUNO , TODD SCHNEBERK
    After World War II, when Jewish refugees arriving in the US were sent back to Europe, where many died in Nazi concentration camps, Americans declared, « Never again. » With US President Donald Trump’s Migration Protection Protocols, never has arrived.

    « LOS ANGELES – In a stuffy attic-turned-office in Tijuana, Mexico, Juan (his name has been changed to protect his identity) described the harrowing events that drove him to flee his home in Guatemala, travel thousands of miles by foot, and request asylum in the United States. As emergency physicians at a Los Angeles hospital that serves the city’s most disenfranchised residents, we are no strangers to tales of despair. But Juan’s story would be enough to stun even the most jaded of our profession – and yet it wasn’t enough for US President Donald Trump’s administration to offer him refuge. »
    …………
    « As doctors, we know that the trauma asylum seekers like Juan experience is real. As human beings, we empathize with them. As Americans, we are outraged by the Trump administration’s mockery of federal and international law, and of basic human decency. We all should be, too. »
    https://www.project-syndicate.org/commentary/doctors-assess-trum-asylum-policy-by-william-bruno-and-todd-schneberk-2019-10

    1. Une évaluation médicale de la politique d’asile de Trump

      4 oct. 2019 WILLIAM BRUNO, TODD SCHNEBERK
      Après la Seconde Guerre mondiale, lorsque les réfugiés juifs arrivant aux Etats-Unis ont été renvoyés en Europe, où beaucoup sont morts dans les camps de concentration nazis, les Américains ont déclaré :  » Plus jamais ça. « Avec les protocoles du président américain Donald Trump sur la protection des migrations, n’est jamais arrivé.

      « LOS ANGELES – Dans un bureau étouffant de Tijuana, au Mexique, Juan (son nom a été changé pour protéger son identité) a décrit les événements déchirants qui l’ont poussé à fuir son foyer au Guatemala, à parcourir des milliers de kilomètres à pied et à demander asile aux États-Unis. En tant que médecins urgentistes dans un hôpital de Los Angeles qui dessert les résidents les plus démunis de la ville, nous ne sommes pas étrangers aux récits de désespoir. Mais l’histoire de Juan suffirait à étourdir même les plus blasés de notre profession – et pourtant il ne suffisait pas que l’administration du président américain Donald Trump lui offre un refuge. »
      …………
      « En tant que médecins, nous savons que les traumatismes vécus par les demandeurs d’asile comme Juan sont réels. En tant qu’êtres humains, nous compatissons avec eux. En tant qu’Américains, nous sommes scandalisés par les moqueries de l’administration Trump à l’égard du droit fédéral et international et de la décence humaine fondamentale. Nous devrions tous l’être aussi. »

    2. « As a grass-root citizen, I know that the trauma asylum seekers like Mamadou experience is real. As human beings, I empathize with them. As french, I am outraged by the politics administration’s mockery of french and european law, and of basic human decency. We all should be, too. »

      1. « En tant que citoyen de base, je sais que les traumatismes que vivent les demandeurs d’asile comme Mamadou sont réels. En tant qu’êtres humains, je compatis avec eux. En tant que Français, je suis outré par les moqueries de l’administration politique à l’égard du droit français et européen, et de la décence humaine fondamentale. Nous devrions tous l’être aussi. »
        Deepl brut.

  7. Le général McRaven dit : « Si nous ne sommes pas les champions du bien et du juste, qui nous suivra ? Et si personne ne nous suit – où finira le monde ? » Quand je lis ça je frémis. Et je me dis que Trump serait capable de tenir des propos tout aussi insensés que ce général prêt à la sédition.
    Car enfin si Trump est insensé, s’il est seul à la Maison Blanche, ayant découragé jusqu’à ses plus proches partisans, le fait est aussi qu’il est, depuis le début, en butte aux attaques en règle (et bien peu républicaines) et du camp démocrate et du complexe militaro-industriel. Ce discours en est une preuve.
    Derrière les personnes, aussi inquiétantes soient-elles, il y a les idées, encore plus inquiétantes.

    1. Le « complexe militaro-industriel » ! le fameux discours d’Eisenhower ! la fameuse éternelle feuille de vigne permettant d’émettre des propos d’extrême-droite, comme les vôtres, en clamant bien haut – ne vous y trompez pas ! – qu’ils sont en réalité de gauche !

      Vous frémissez, eh bien, frémissez donc !

      1. @Paul Jorion
        « Le « complexe militaro-industriel » ! le fameux discours d’Eisenhower ! la fameuse éternelle feuille de vigne … »
        Une clé dans l’algorithme qui permet de trier ceux qui sont du bon ou du mauvais coté ?
        Ne craignez-vous pas que cela crée un clivage (un peu trop) radical ?

      2. L’avertissement d’Eisenhower lors de son discours de fin de mandat au sujet du risque que le « complexe militaro-industriel » acquierre une « influence injustifiée » menant à la « désastreuse ascension d’un pouvoir illégitime » est fameux en effet. Pensez-vous qu’il soit sans importance ?

        Eisenhower, chef suprême des armées alliées sur le front ouest lors de la seconde guerre mondiale, était-il d’extrême-droite ?

      3. Lui non, mais cette citation est devenue la clé universelle de l’extrême-droite complotiste. Qu’on mette en évidence l’influence du « complexe militaro-industriel » dans telle ou telle circonstance, très bien bravo, mais rangé à côté de « Sionistes », « Francs-maçons » et « Illuminati », comme explication à tout faire, non merci !

      4. De la reductio ab hitlerum à la reductio ab dextram extremam…

        S’il y a ici un propos qui mérite d’être taxé d’« extrême droite » c’est bien celui du général McRaven sur le Bien et le Juste. Ça ne vous empêche pas de l’appeler à la rescousse contre Trump (qui mérite tout autant ce qualificatif : entre extrémistes on peut s’entendre comme on peut s’entredéchirer)

      5. « S’il y a ici un propos qui mérite d’être taxé d’« extrême droite » c’est bien celui du général McRaven sur le Bien et le Juste. »

        Ah oui, eh bien écoutez, cela fait un moment que vous nous baladez, mais cela fait aussi un moment que nous nous doutions que « le Bien et le Juste » ne sont pas votre tasse de café. Merci d’avoir précisé !

    2. @ Denis

      A mon sens :

      1. L’attitude du CMI américain envers Trump est ambiguë, car sa politique l’a largement servi par exemple en augmentant encore le budget gargantuesque des armées américaines – qui frôle le millier de milliards de dollars quand on intègre les Veteran Affairs et les armes nucléaires, payées par d’autres ministères – et en adoptant une politique extrémiste – et dangereuse – vis-à-vis de l’Iran. D’un autre côté, il y a bien des velléités d’améliorer les relations avec la Russie ou de se retirer d’Afghanistan, mais la compétence de Trump est telle que… elles sont resté des velléités.

      Du coup, l’idée que le CMI est uniformément contre Trump semble sujette à caution. Les forces et intérêts qui le composent – il n’y a évidemment pas de « direction unifiée » 🙂 ! – jouent dans plusieurs sens.

      2. Une hyperpuissance qui veut se croire « champions du bien et du juste » a de quoi faire frémir en effet, mais ce risque est en train de se dissiper. Le moment unipolaire est clairement passé, la puissance militaire américaine reste la plus grande mais elle est grippée et en diminution tandis que d’autres – un peu la Russie, surtout la Chine – sont en ascension, rapide dans le cas chinois. Sans oublier le peuple américain qui est maintenant FORTEMENT opposé aux aventures militaires.

      Du coup, les idées avantageuses à la Napoléon de s’imaginer puissance irrésistible destinée à contrôler le monde pour son propre bien… sont essentiellement des idées du passé. Ce n’est pas le principal danger sur cette planète, loin de là.

      Il reste certes le danger tout à fait réel d’une grande guerre au Moyen-Orient entre Iran et Etats-Unis… mais ce danger-là, c’est Trump et le CMI qui l’ont préparé ensemble, la main dans la main !

  8. « Après la Seconde Guerre mondiale, lorsque les réfugiés juifs arrivant aux Etats-Unis ont été renvoyés en Europe, où beaucoup sont morts dans les camps de concentration nazis, les Américains ont déclaré : » Plus jamais ça.
    Avec les protocoles du président américain Donald Trump sur la protection des migrations, « Plus jamais ça » est apparu. »

  9. Les USA sont, entre autres, un empire militaire.

    Qu’un général américain exprime publiquement une animosité certaine envers son actuel président pose la question de la continuité à terme de cet empire militaire.

    Cela montre également que ledit président est en guerre contre son état-major (en plus de l’être avec son administration).

    L’empire romain a connu une période critique entre 230 et 280, il a survécu, mais sensiblement réorganisé.

    Je propose donc un autre empereur analogue pour Trump: ni Caligula, ni Néron, ni Domitien, mais Commode ou bien Caracalla, selon le degré de décomposition politique que vous retenez (entre les deux, il y a Septime Sévère, quand même…)

    1. Caracalla est l’empereur qui par son fameux édit de 212 décida d’étendre la citoyenneté romaine à tous les hommes libres de l’empire qui ne l’avaient pas encore.

      Voir le texte de l’édit ici https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89dit_de_Caracalla#Texte_de_l'%C3%A9dit qui mêle considérations religieuses – davantage de citoyens de Rome c’est davantage d’adorateurs de ses dieux tutélaires – et volonté de justice « Il se doit en effet [que la multitude soit non seulement associée] aux charges qui pèsent sur tous, mais qu’elle soit désormais aussi englobée dans la victoire »

      Ça ne ressemble pas trop à Donald Trump, je trouve…

      1. Eh bien va pour Commode, fougueux jeune homme éliminé à 29 ans…

        Rappelez-vous La Chute de l’Empire romain ou, plus récemment, Joaquin Phoenix dans Gladiator…

        Pas sûr que cela colle non plus!

        PS: dans les thermes de Caracalla se trouvait Le Châtiment de Dircé… Une oeuvre symbolique de Trump?

  10. De toute façon, Donald n’avoura pas ses torts, ne démissionnera pas de lui même, et il poussera les institutions au point de rupture.

    A moins que son physique ne lâche, il faudra bien que ce soit les représentants de l’état qui lui disent stop. Mais comment ?

    En regardant le flux d’info US, on a vraiment l’impression que Donald a décidé de noyer l’actu d’un torrent d’actes  » impeacheable  » afin que ces adversaires ne sachent plus comment faire, c’est vraiment surréaliste.

    On est plus très loin du Dr Folamour.

    1. Oui, mais ce Folamour fait étalage de sa « bêtise pulsionnelle » dirait Stiegler. Et cette bêtise doit imprégner bien d’autres choses pour qu’elle puisse surgir là.
      Elle imprègne aussi les échafaudages de tout l’édifice capitaliste. Elle y suinte sous les noms d’uberisation et autres déplacements subreptices de la « valeur actionnariale » comme panoplie de presse-citrons dont seuls les plus efficaces survivent à la sélection.

    2. En effet, plus on l’observe gesticuler, plus il devient évident qu’il a construit son ascension sur l’exploitation des faiblesses des adversaires qui tentent du lui barrer la route, lui-même n’ayant pas vraiment de qualité remarquable à faire valoir (Papa le lui rabâchait en permanence).

    3. Je ne crois pas à une destitution de Trump, qui d’après la procédure de l’impeachment nécessiterait le support d’au moins 67 des 100 sénateurs américains. Comme 53 d’entre eux sont républicains, il faudrait au minimum 20 défections parmi eux. Et avec le genre de support continu et constant de 40% de la population américaine pour Trump – il n’a PAS baissé dans les dernières semaines, aussi incroyable que cela puisse paraître, voir https://www.realclearpolitics.com/epolls/other/trump_favorableunfavorable-5493.html – dont la grande majorité doivent être des républicains, les sénateurs républicains qui voteraient pour destituer le président commettraient un véritable hara-kiri politique.

      Tant que Trump ne sera pas TRÈS en-dessous des 40% d’approbation, il n’a rien à craindre du Sénat. La mise en accusation – impeachment – peut avoir lieu, la destitution non. Il y aura beaucoup de bruit et de fureur sans doute, pas de décision.

      Machiavel disait qu’il ne faut pas frapper un roi, sauf à être sûr de le tuer. Son conseil n’a pas été respecté dans ce cas.

  11. Question : est-ce que le président sortant d’un premier mandat est d’office le candidat du parti (républicain ou démocrate) qu’il représent(ait) ou est-ce que ce parti pourrait mettre en place un nouveau candidat ?

    je conçois que ce serait suicidaire si ce parti veut gagner les élections mais au moins si il ne veut plus que le président en exercice ait la possibilité de gagner.

  12. La nappe phréatique était par ici, à son plus bas depuis 5 ans, et la marre avait perdu 30 centimètres, permettant aux hérons de faire une razzia dans les grenouilles, et larves de libellules….

    C’est reparti à la hausse, on regagne de la hauteur chaque jour, et j’aimerais être, juste un moment, un végétal pour ressentir tout ce que l’eau redonne à un sol sec….

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