L’« acceptabilité sociale » vs. nos aspirations profondes, par Vincent Burnand-Galpin

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Ce que la crise des Gilets jaunes a bien montré (si ce n’était déjà clair), c’est que les puissants ne peuvent gérer les affaires publiques sans le consentement du peuple. En voulant s’attaquer un tant soit peu aux enjeux climatiques, le gouvernement a cru bien faire en introduisant la taxe carbone sur les carburants dans l’effet de renchérir leur prix et donc diminuer leur consommation. Ce fut la goutte d’eau qui fit déborder le vase : un déferlement sans précédent de frustrations jusque-là contenues s’est exprimé sur les ronds-points de toute la France, dépassant le cadre du déclencheur.

L’« acceptabilité sociale » est alors devenue la nouvelle formule en vogue dans l’élaboration des politiques publiques aujourd’hui, pour un gouvernement qui aurait « appris de ses erreurs ». À toute politique exigeant des sacrifices de la population, on oppose une contrepartie : très souvent des aides sociales sous forme de chèques pour les plus démunis. Cela peut être vu comme un geste social généreux, mais ne fait que repousser le problème car si le chèque compense de manière satisfaisante les coûts supplémentaires de la taxe, les populations peuvent en conséquence continuer à utiliser leur véhicule à essence comme avant et ceux n’en bénéficiant pas ont théoriquement toujours les moyens de financer leurs déplacements en voiture à essence. La taxation verte redistribuée n’est donc pas la solution.

Mais si l’on dépasse l’inefficacité des politiques environnementales d’inspiration libérale rendues « acceptables » aux yeux de la population, c’est l’idée même d’acceptabilité qui est insatisfaisante. Avec ses quelques mesures, loin d’être suffisantes par rapport aux enjeux, Emmanuel Macron a déjà du mal à obtenir le consentement de la population. Alors entamer une transformation aussi radicale et aussi rapide de nos économies à la hauteur des menaces sur notre espèce exige, non pas un consentement à reculons des populations, mais une véritable symbiose entre la grande bifurcation politique nécessaire et les aspirations fondamentales des populations.

Comprendre les aspirations fondamentales des populations devrait être au centre de toute préoccupation politique. Sauver l’environnement, et a fortiori sauver l’espèce humaine, ne se fait pas dans le cadre du Conseil des ministres mais en lien constant avec les principaux intéressés : nous tous. La transition écologique nécessaire ne se fait pas au sacrifice de nos vies mais en accord avec nos aspirations profondes, en accord avec les besoins du citoyen.

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25 réflexions sur « L’« acceptabilité sociale » vs. nos aspirations profondes, par Vincent Burnand-Galpin »

  1. « consentement » en trois exemplaires !!!

    Comment le « consentement » ayant mis en place E. Macron, a-t-il été fabriqué ?
    Un travail d’historien en temps presque réel nous aiderait à comprendre, si ce n’est discerner, quel prochain « consentement » nous prépare-t-on…

  2. Machiavel avait quelques objections à ce qu’on appellerait aujourd’hui une gouvernance par les citoyens.
    Sans le suivre, il n’en reste pas moins qu’il y a une profonde imprégnation idéologique pour déterminer ce qu’on va accepter d’appeler « besoin ».
    La « pyramide de Maslow » n’est pas exactement pareille vue sous tous les angles. Il y a donc en plus du besoin « statique » une « dynamique  » du besoin et une turbulence idéologique à maîtriser un tant soit peu.

  3. « Acceptabilité sociale »

    – En novlangue : se dit d’une mesure juste et raisonnable prise par les ‘sachants’ pour le bien du peuple, mais rejetée par ledit peuple par ignorance, égoïsme et myopie.
    – En français : point de bascule où la légitimité des gouvernants (appelés ‘puissants’ en novlangue) est remise en cause par une part croissante de la population.

    1. Votre pessimisme désabusé peut se comprendre, puisque par exemple deux millénaires de paradigme créationniste n’ont guère permis de dégager une majoritaire et juste interprétation du sens porté par les textes originaux fondant les trois religions monothéistes . Bien aussi exigeantes en tant que principes ouvrant sur éthique de vie que les actuelles prédictions rationnelles du GIEC ! Dans chaque cas il s’agit de la « miraculeuse conversion de la Parole en corps « ( en expérience corporelle) Ecrits et images religieuses sont toutefois ,pour une majorité de pratiquants fragilement catéchisés, compris au sens propre ( les anges ou un défunt leur disent des choses, ou le Paradis ouvre l’option d’une seconde vie dans la béatitude après la mort ,etc…) Comme l’écrit Didi Ubermann, l’ imagerie chrétienne est alors proposée à entendre ou admirer en tant que « tablettes de dévotion recouvertes de formes et de couleurs par un peintre, souvent un moine » Mais si elles visent à produire une « icône », soit un prédicat ayant pour sujet « la relation ontologique la plus fondamentale : la relation entre Dieu et l’homme » , de telles « icônes » proposées sont aisément vulnérables à l’effet magique des « idoles » primitives!

      1. Si mon commentaire vous apparait comme désabusé c’est que son effet est raté. Je le voulais ironique afin de souligner que la novlangue tourne désormais à vide, ayant perdu tout caractère performatif.

    2. Un pessimisme désabusé peut aussi se comprendre, puisque par exemple deux millénaires de paradigme créationniste n’ont guère permis de dégager une majoritaire et juste interprétation du sens porté par les textes originaux fondant les trois religions monothéistes . Bien aussi exigeantes en tant que principes ouvrant sur une éthique de vie que les actuelles prédictions rationnelles du GIEC ! Dans chaque cas il s’agit de la « miraculeuse conversion de la Parole en corps « ( en expérience corporelle) Ecrits et images religieuses sont toutefois , pour une majorité de pratiquants fragilement catéchisés, compris au sens propre ( les anges ou un défunt leur disent des choses, ou le Paradis ouvre l’option d’une seconde vie dans la béatitude après la mort ,etc…) Comme l’écrit Didi Ubermann, l’ imagerie chrétienne est alors proposée à entendre ou admirer en tant que « tablettes de dévotion recouvertes de formes et de couleurs par un peintre, souvent un moine » Mais si elles visent à produire une « icône », soit un prédicat ayant pour sujet « la relation ontologique la plus fondamentale : la relation entre Dieu et l’homme » , de telles « icônes » proposées sont aisément vulnérables à l’effet magique des « idoles » primitives!

      1. Pour rebondir sur votre métaphore, si quelques fanatiques doivent encore croire sincèrement au néolibéralisme, ne reste finalement face-à-face que la poignée du haut clergé cynique et corrompu et la masse du bas-peuple athée.

  4. Rappels :

    – Les humains utilisent chaque année l’équivalent des ressources écologiques renouvelables de 1,7 planète pour répondre aux besoins de consommation et absorber la pollution. ( Plus de 2 planètes pour les Chinois et les Européens, plus de 3 pour les Américains…)
    – Le 13 août 2019, l’humanité avait consommé la totalité des ressources que la
    planète peut renouveler en un an et vivra donc « à crédit » jusqu’à la fin de l’année.

    Chaque année serinées, ces informations nous somment pendant quelques heures de réagir puis elles finissent par se dissiper comme de mauvaises odeurs.

    Sommes-nous confrontés à une impossibilité de trouver des solutions ? Pas sûr !

    Lorsque j’étais enfant dans les années cinquante, l’humanité consommait moins d’une planète. Mes parents, mes grands-parents, mes arrières grands-parents et les générations qui les avaient précédés produisaient leur nourriture et consommaient peu. Très peu. Ils plantaient et ne pensaient pas que la terre devait être artificialisée. Ils marchaient quand cela était possible et ne confondaient pas désirs et besoins. Pour eux, la nature était partie intégrante de leur culture. Dans de nombreux pays, en ce moment, des milliards d’individus ménagent leurs ressources. Il faudrait étudier – cela a sans doute été fait – les blocus, les embargos imposés à certains pays afin d’en tirer des conséquences positives.
    La solution n’est assurément pas de produire des énergies dites renouvelables en quantité équivalente à celles issues des fossiles. Il s’agit bien, au contraire, d’encourager la sobriété, la frugalité, l’abstinence …
    C’est bien cette idée à laquelle peu sont prêts et dont l’irruption dans les débats, les projets est insupportable qui ne permettra pas de progresser tant que nous la caricaturerons. Car elle sous entend égalité, partage, entraide, austérité et … à chacun selon ses besoins.
    Et puis, elle soulève des impensés monstrueux : l’interrogation sur la démographie et la gouvernance démocratique.
    Pourtant, nous n’avons d’autres choix. Je crains que nous perdions un temps précieux à explorer de fausses pistes.

    1. @Peska

      « La solution n’est assurément pas de produire des énergies dites renouvelables en quantité équivalente à celles issues des fossiles. Il s’agit bien, au contraire, d’encourager la sobriété, la frugalité, l’abstinence … »

      « Mais vous n’y pensez pas, on ne va quand même pas revenir à l’éclairage à la bougie ou à vivre comme des amishs tout de même. » (toute ressemblance avec des propos énoncés sur ce blog serait, bien entendu, totalement fortuite.)

      Plus sérieusement, si l’on voulait vraiment créer une situation similaire à ce que vous avez connu étant enfant (évidemment pas identique car les sciences et techniques ont fortement évolué depuis cette période), cela supposerait une remise en cause presque totale des politiques publiques menées depuis. Je pense notamment aux politiques d’aménagement du territoire ou encore aux politiques économiques dont le plein-emploi est l’arlésienne.

      Et tout le problème est là en fait. On ne veut pas vraiment, et peut-être pire, la plupart des gens ne peut pas vouloir, intoxiqués qu’ils sont de décennies de propagande consumériste/productiviste. Il s’agit ainsi pratiquement de leur faire renier des pans entiers de leur vie. De ce point de vue, on ne peut espérer qu’un revirement générationnel encore à venir et qui n’a pour l’instant aucune chance d’exister puisque la propagande évoquée n’a toujours pas été interdite, bien au contraire.

      Il y a par ailleurs, dans le meilleur des cas, de graves fautes de communication chez les personnalités médiatiques portant la cause écologique en usant des moyens les plus polluants qui soient pour le faire (dans le pire, on peut considérer qu’il s’agisse d’un mélange d’hypocrisie et de cynisme de leur part). Dans ce cas précis plus que dans tout autre, la fin ne peut en aucun cas justifier les moyens, puisque ces moyens sont à rebours de l’objectif visé. Leur discours devient alors parfaitement inaudible pour des gens qui ont l’impression, à juste titre, qu’on leur sert le bon vieu « faites ce que je dis mais pas ce que je fais ».

      Remarque qu’on peut d’ailleurs également objecter aux mouvements observés récemment dans les marches pour le climat. Organisées et relayées par les réseaux sociaux, filmées en streaming aux moyens d’ordiphones ou de mini caméras, ces manifestations baignent toutes entières dans le paradoxe permanent. Nous même en discutant ici ne sommes d’ailleurs pas exempts de cette contradiction.

    2. @Robert B
      Je ne répondais pas un commentaire particulier , mais je croyais opportun de signaler l’intérêt des récits religieux traditionnels dans la recherche actuelle du blog de Paul Jorion sur la réponse à donner au risque d’effondrement annoncé de la croyance très majoritaire en un progrés économique sans limites. Sous réserve de les revisiter, sans les a priori critiques radicaux antérieurs des athées.
      « Pour nous, modernes, le mythe est seulement mythe parce que nous ne pouvons plus relier ce temps à celui de l’histoire telle que nous l’écrivons selon la méthode critique, ni non plus rattacher les lieux du mythe à l’espace de notre géographie : c’est pourquoi le mythe ne peut plus être explication ; exclure son intention étiologique, c’est le thème de toute nécessaire démythologisation. Mais en perdant ses prétentions explicatives le mythe révèle sa portée exploratoire et compréhensive, ce que nous appellerons plus loin sa fonction symbolique, c’est-à-dire son pouvoir de découvrir, de dévoiler le lien de l’homme à son sacré. Aussi paradoxal qu’il paraisse, le mythe, ainsi démythologisé au contact de l’histoire scientifique et élevé à la dignité de symbole, est une dimension de la pensée moderne. » [Paul Ricœur, Philosophie de la volonté, 1960, Paris, Aubier-Montaigne, p. 12.]

    3. « La solution n’est assurément pas de produire des énergies dites renouvelables en quantité équivalente à celles issues des fossiles. Il s’agit bien, au contraire, d’encourager la sobriété, la frugalité, l’abstinence … »

      Certainement. Mais rien qu’en France n’observe-t-on pas qu’une vaste part de la population pour conserver ses privilèges énergétiques et économique serait prête à considérer comme inhumains bien des étrangers, sur ce seul motif ? À ce compte, l’effort de prosélytisme à entreprendre paraît proprement titanesque.

    4. Votre généalogie ascendante et leur congénères vivaient certes plus frugalement que nous autres mais surtout ils étaient BIEN moins nombreux (1 milliard en 1800, 2.5 en 1950)… Eussent-ils brulé la chandelle par les 2 bouts, il leur eut toujours fallu moins d’une terre par an.

      Aujourd’hui le problème est inverse, vivrions-nous comme ceux de 1950, qu’il nous faudrait toujours plus d’une terre par an (affirmation « à la grosse », c’est l’idée qui compte). Or nos concitoyens ne supportent pas l’idée de vivre même comme en 1980, et le reste de la planète n’aspire qu’à vivre « à l’américaine »…

      L’autre variable de l’équation, c’est la réduction drastique des populations…
      Humaniste convaincu, je refuse toute forme d’exterminisme !
      D’où ma question : quid de votre généalogie descendante ?

  5. Quand la « grande bifurcation politique » que propose et applique la Macronie, aux plus démuni.e.s (disons la moitié de la population non imposable parce ne touchant que de trop bas salaire et aucun »pognon de dingue mis dans les minimas sociaux, qui fait que les pauvres le restent et se déresponsabilisent »), est une « libération » extrémiste du « non consentement » à l’impôt, aux « charges », « en même temps » qu’une « flexibilité » démesurée du travail et ses droits, telle (du conseil prud’homale, de la médecine du travail de l’inspection du travail…) qu’il faut en plus « d’accepter » les 49.3, décrets, ordonnances et « interdictions de manifester » autoritaires, brutales jusqu’à ne pas reconnaître la « répression policière », les mutilations à vie… il fait « consentir » par exemple, de faire plus de 150 klms allés/jours, pour satisfaire le statut « d’employabilité » dans les « stats », au lieu de militer politiquement… syndicalement… contre des fermetures d’usines (restructurations, délocalisations…) « l’ubérisation » de l’emploi et sa concurrence déloyale dérégulée et déréglementé… les pollutions industrielles environnementales – aggravant la perte de biodiversité, l’aspect sain de l’eau potable, des sols arables, de l’air, etc… où encore… qu’il faut « accepter » de cumuler plusieurs temps partiels contraints, en CDD très courtes durées, devenant la « norme » (plus de 7 emplois dans la vie d’un actif), soit des klms et klms à 80 klms/h (ou en payant les péages autoroutiers, hausses des dépenses contraintes, de frais d’entretiens, de parking…amendes… une fortune) au lieu de se partager la peau de chagrin des droits du chômage, avec des démissionnaires, quelques fois cadres d’entreprises vous ayant virés auparavant… qui peut être convaincu que les « aspirations profondes des populations » soient prioritairement la nécessité de lutter au coté d’XR, des mouvements de désobéissance civile, des Zadistes, etc… en faveur de mesures répondant aux URGENCES CLIMATIQUES et SOCIALES… ?

    L’accent mis par les médias de masse mainstream et politiques, dés le début du mouvement, sur un « ras le bol fiscal », simplifia, comme il semble être encore la cas, ici, plus que de raison la multitude de voix contestataires qui s’exprimèrent dans ce mouvement des gilets jaunes…

    Certaines voix contestaient, pendant que l’accent était mis sur les « violences de casseurs/manifestants/blacks-blocs », samedi après samedi… plus l’inégalité et injustice dans la taxation des carburants… nécessaire pour mener la lutte contre les rejets de gaz à effet de serre, etc… contre les activités humaines responsables du dérèglement climatique (« externalités négatives », etc) taxation qu’il n’était pas question d’imposer à d’autres moyens de transport comme l’aviation, le fret maritime, les « croisières s’amusent », les yachts et jets des plus riches qui s’exonèrent (suppression partielle de l’ISF) encore en bénéficiant de montages financiers échappant au « consentement fiscal national »…

    D’autres voix, encore, contestaient des efforts et sacrifices, non pas demandés, mais imposés de façon autoritaire, violente (au niveau morale, violence des discours – « opposer fin de mois à fin du monde »…- et dans les manifestations violences policières) aux plus démuni.e.s déjàs inquiété.e.s par les baisses d’APL, las hausses des dépenses contraintes (alimentaires, énergétiques, loyers, etc), sans qu’il eut été envisageable même en débat publique, médiatique, que « consentent » les plus assistées sans contreparties, que sont des grandes entreprises, actionnaires, dont les distributions indécentes de dividendes, et les baisses d’impôt sur société, la suppression lente des cotisations sociales patronales sur la bas salaires, « l’immorale optimisation », la flat tax, etc, à contribuer à la distribution « des aides sociales sous forme de chèques » et/ou à la « hausse de la prime d’activité de 90 euros/mois» (qui cette dernière est partie pour un gros morceau en épargne et l’autre dans le consumérisme minimum des plus déshérités…).

    1. Résumer le mouvement des gilets jaunes vu par le « prisme médiatico-politique » dominant (Prism= NSA…? Disons que bien des algorithmes défiscalisés et désocialisés, militarisés et/ou commerciaux, où au prétendu contraire, soit « dépolitisé et apolitique » quoi , aident à interpréter les indécisions, incertitudes, doutes, des « temps de cerveaux disponibles » s’en remettant à la « dictature des émotions » sondées et ses « donneur.e.s de de leçons de morales », « chien.e.s de garde », « influenceur.e.s ») et les réactivités politiques diverses, récupératrices, ou « adaptatives »… résumer cela au simplisme du « slogan » du « ras le bol fiscal », « consentement », « acceptabilité sociale »… est-il équivalent à « l’acceptation » au « consentement » total, éclairé, de ce que les plus démuni.e.s sacrifient déjà dans l’inconnu, l’incertitude, les doutes, de ce que les « promesses » doivent les convaincre de les « sécuriser » (attention à ne pas confondre « sécurité par rapport aux risques des réfugié.e.s, attentats… » et celles sociales  destinées à être « disruptives », à disparaître, à changer avec le transhumanisme, post-humanisme – « rose ») dans le plan deux du quinquennat macronien, cherchant à redorer son blason « royaliste », par rapport au moins disant moral, environnemental, fiscal, social, des extrêmes droites et droite extrême.. ?

      1. « chien.e.s de garde » me semble orthographiquement novlanguais douteux. Suffit pas de mettre un ‘e’ pointé.
        « influenceur.e.s » est, orthographiquement novlanguais parlant, tout aussi bancal. Je propose « influenceur. (r)se.s ». On doit pouvoir faire plus explicite… (et non ‘explicit’). Par exemple, sur le modèle du signe de négation utilisé en mathématique, placer un barre verticale avant la lettre à substituer. Comme ceci: « influenceur. |r se.s ».

        La langue française est genre-orientée. ( Un canadien, anglophone de fraîche date: « J’ai refusé l’école française. Ces grenouilles mettent du sexe partout ».) Il me semble qu’il faut l’accepter humblement, comme un héritage venant du fond des âges. Tout en sachant que la masculin l’emporte quand il s’agit de désigner une collection où les genres sont mélangés et multiples. Par exemple: ‘les hommes de bonne volonté’ inclut aussi les femmes de bonne volonté. Est-ce si tant une horreur? Et le troisième sexe? Wallouh! Encore réprimé, probable. Et donc une injustice à redresser, orthographiquement novlanguais parlant. Vous avez des propositions?

        Si le français devait être réformé, j’espère que la réforme du genre unique viendra en dernier.

        Mais foin de tout ça, pourquoi ne parleriez-vous pas français, tout simplement? Ce serait, à mon humble avis, un grand pas en avant pour vous faire comprendre. Et toujours dans ce but, -vous faire comprendre-, ce ne serait pas le seul. Hélas.

  6. L’acceptabilité sociale serat intenable lorsque chacun contribuera aux efforts demandés selon ses moyens.
    Tout exceptionnalisme remet en cause cette acceptabilité

  7.  » La transition écologique nécessaire ne se fait pas au sacrifice de nos vies mais en accord avec nos aspirations profondes, en accord avec les besoins du citoyen ».

    Tout a fait, le souci c’est que parmi les ‘aspirations’ d’une bonne majorité de gens, une des premières c’est d’avoir une bagnole, par goût et/ou par nécessité (besoin) nous y sommes ‘accros’, presque tout a été fait pour ça depuis des décennies, et la ‘désintox’ risque d’être longue et douloureuse…

  8. daniel
    30 octobre 2019 à 19 h 33 min

    Vous me comblez d’aise, dans vos « leçons de morales orthographiques », dans votre lobbying et statut d’influenceur » conservateur, d’apporter de l’eau à mon moulin commun avec celui du blog de M. Paul Jorion, qui en terme de propositions, politiques, etc, ne manque pas d’inventivité, d’ingéniosité, de surprise, de pluralisme, à qui veut se donner la peine de dépasser le stade des critiques, qui elles, attestent que leurs « intentions » d’interférer, de s’ingérer avec des attaques personnelles, n’espèrent peut être que faire manquer à ce blog, d’écoute, d’entente, de compréhension, « d’audimat » disons le vulgairement…

    1. Mes excuses pour cette réponse tardive. Il ne sera pas dit que notre dialogue, si nécessaire, prendra fin de mon fait.

      Ma première lecture, cursive naturellement, m’avait conduit à un premier mouvement: « Bravo. Vous êtes sur la bonne voie. Continuez! »
      La seconde lecture ne confirme pas la bonne impression initiale. Pas du tout. Une seule phrase, c’est beaucoup trop long.

      Un détail:  » votre lobbying et statut d’influenceur » conservateur » est un tissu d’erreurs.
      Pas de lobbying en général, encore moins pour le français que je massacre plus souvent qu’à mon tour.
      « Influenceur » me laisse perplexe. Je ne parviens pas à m’influencer moi-même, c’est tout dire. Quant à ma femme, elle me rit au nez dès que j’ouvre la bouche. 45 ans d’expériences négatives, c’est assez pour que s’envolent les illusions, si j’en avais.

      Le plus accablant est « conservateur ». C’est une offense, et grave me concernant. J’ai tant de peine qu’une vraie réparation par duel serait trop sanglante. J’y renonce par souci de vos proches. Car si vous ne vous en êtes pas aperçu, mon encre est empoisonnée. Aucune chance pour vous.
      Entre nous, cette manie d’écriture inclusive est déplorable. Ce n’est pas être conservateur que de la relever pour ce qu’elle est: une manie non maitrisée donc illisible.

      Revenons à une de mes questions, socialement importante. Les troisième sexe est parmi nous. Sa survenue a provoqué de longs débats dans le monde anglo-américain. Des articles dans le Guardian par exemple en font foi. Ils portaient essentiellement sur la signalétique des WC, différentiés par nécessités pratique et morale . Comment votre écriture inclusive va marquer ce genre nouveau, ni masculin, ni féminin? A mon avis, ce n’est qu’un début: le quatrième sexe ne va tarder à pointer son existence.

      La question est donc d’importance. Il n’est pas acceptable, si on veut à toute force distinguer le féminin du masculin, de laisser tomber le 3.ième puis bientôt le 4.ième genre. Pourquoi les discriminer? C’est une ostracisation. Où est votre Justice?
      Je rappellerais que nos ancêtres, dans leur infinie sagesse, avaient prévu le coup. Selon l’exemple donné plus haut l’expression ‘les hommes de bonne volonté’ rassemblent tous les humains dotés de bonne volonté: femme, 3.ème genre, 4.ème genre éventuel et genre masculin. Ça , c’est de l’inclusif, la simplicité en plus. On peut même prévoir des genres supplémentaires ( IA ?) sans rien changer, sinon la convention. Car le langage n’est que signes conventionnels auxquels chacun accorde le même sens. Ou à peu près.
      Vous conviendrez que votre écriture dite inclusive est au contraire disruptive sans rien apporter d’ utile.

      1. Désolé, de même, pour le retard dans la réponse.

        Je peux convenir avec vous que « tous les goûts étant dans la nature »… et toutes les « opinions » étant libres de s’exprimer dans une démocratie qui se respecte… l’écriture « inclusive » puisse poser problème à certaines personnes, si attachées aux codes, normes, formes conventionnelles… que la moindre « disruption », proposition de faire évoluer le langage, etc… les perturbe… vexe…

        Ce genre de perturbation, vexation, va même le plus souvent, au point d’interférer dans les « échanges policés », jusqu’à tenter de convaincre les auditoires… de ne pas s’intéresser au fond de ce qui est écrit, conceptualisé… dans des textes, qui étant soumis (attaqués par…) à la critique sous l’angle de leur « forme disgracieuse », « injuste », selon les avis vexés, n’en restent pas moins inintéressants pour l’avis des autres… Ce qui est par exemple intéressant dans votre réponse, c’est votre insistance à relancer un débat quelque peut stérile, sur l’orthographe, quand la teneur de la réponse, vous invitait à découvrir des solutions que propose M. Jorion, à nombre de problématiques que pose ce billet de Vincent Burnand-Galpin.

  9. « En voulant s’attaquer un tant soit peu aux enjeux climatiques, le gouvernement a cru bien faire en introduisant la taxe carbone sur les carburants dans l’effet de renchérir leur prix et donc diminuer leur consommation. »

    Si j’ai bien suivi, c’est plutôt parce que la conso était déjà en baisse que l’état a voulu augmenter les taxes sur le carburant pour maintenir ses rentrées fiscales, non? Le « carbone », c’était la première tentative pour rendre « acceptable » l’augmentation de la taxe. Mais forcément dans cette réalité, ceux qui étaient dans l’impossibilité de réduire plus leur conso ou dans l’impossibilité de se payer le surplus n’ont pas trouvé l’argument plus acceptable. D’autant plus quand l’on considère que ceux qui ont les moyens de payer ne réduiront pas leur conso pour cette raison.

  10. « L’acceptabilité » est un concept entendu en entreprises, et fait partie de la boîte à outil managériale : on l’utilise pour des « réorganisations » par exemple (où il est convenu qu’il y aura des gagnants et des perdants), ou à des mesures pour augmenter la productivité des salariés, etc… Il a été suffisamment dit que Macron avait adopté le look du parfait « manager in chief » auquel lesdits cadres supérieurs n’ont pas manqué de s’identifier et de voter pour….

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