Caisse de soutien aux grévistes et jeux vidéos, par Dissonance

Ouvert aux commentaires.

À l’occasion du mouvement social initié le 5 décembre 2019, une cagnotte intersyndicale a été mise en place pour venir financièrement en aide aux grévistes (syndiqués ou non). Dans l’optique d’élargir le panel des publics touchés, un collectif d’artistes graphiques, vidéastes sur Youtube, animateurs et animatrices sur Twitch, travailleuses et travailleurs plus où moins uberisés, actifs sur internet, se sont associés à cette démarche et tiennent à tour de rôle l’antenne sur la plateforme de « stream » (diffusion en direct, sorte de web-tv) filiale d’Amazon, 24h/24 depuis le début du mouvement et avec l’engagement de continuer tant que celui-ci perdure. Ils et elles y diffusent selon leurs envies, seuls ou en groupes, des parties de jeux vidéos, des créations artistiques en « live » ou encore des discussions et/ou débats d’ordre politique. Parfois un peu tout en même temps.

Le système de donations fourni par Twitch offre l’occasion aux spectatrices et spectateurs de contribuer à la cagnotte selon leurs moyens et leur envie, permettant ainsi au collectif de récolter plus de 43.000 euros à l’heure où j’écris ces lignes, venant contribuer aux 194.000 euros totaux disponibles en caisse au 7 décembre. Des initiatives similaires avaient déjà été mises en œuvre depuis quelques années dans le domaine caritatif, une somme record ayant été collectée pas plus tard que cette année au bénéfice de l’institut Pasteur. Cette démarche appliquée à un mouvement social est en revanche, à ma connaissance, un grande première.

Ainsi cette initiative montre que la communauté dite des « gamers », c’est-à-dire des passionnés de jeux vidéos, n’est ni aussi dépolitisée ni individualiste que certains médias (y compris spécialisés dans le jeu vidéo) voudraient nous le faire croire. Une récente affaire impliquant l’éditeur Blizzard et un joueur soutenant la cause hongkongaise en était déjà un signe. C’est aussi peut-être un bel exemple de subversion d’un service proposé par une entreprise icône du capitalisme le plus dur, pour organiser une forme de solidarité non soumise au bon vouloir de l’État. A noter que l’initiative a même été remarquée outre-atlantique.

Partager :

36 réflexions sur « Caisse de soutien aux grévistes et jeux vidéos, par Dissonance »

  1. Le Premier Sinistre É. Philippe a fait une déclaration inouïe :
    «si on ne fait pas une réforme profonde, sérieuse, progressive aujourd’hui, quelqu’un d’autre en fera une demain brutale, VRAIMENT BRUTALE ».
    Faut-il avoir lu Freud ou Lacan pour lire cette incroyable dénégation et son terrible aveu : la nôtre n’est si brutale que ça ? Eh oui, nous voulons faire une réforme (presque) brutale mais attention, on reviendra en pire.
    Ce n’est d’ailleurs pas anodin qu’un homme à Juppé qui dise ça : son inspirateur avait échoué debout dans ses bottes (ridicule !) et lui, aujourd’hui, lui, il nous menace : « cette fois-ci, acceptez notre réforme sinon demain, vous allez en baver ».
    On ne peut pas lui demander en quoi il faudrait qu’une réforme soit brutale : ce serait lui faire avouer qu’elle est forcément brutale car elle est imposée par une minorité de privilégiés contre la majorité.
    Les Gaulois réfractaires sont depuis des lustres habitués à décrypter la langue des Maîtres et ce genre de déclaration brille par son insondable bêtise, son involontaire provocation. Nous rirons … jaune.
    Merci Dissonance de nous montrer ces solutions de solidarité. Il faut vraiment se battre contre la brutalité de classe : ils ne nous laissent guère le choix.

    1. Est-ce que dire cela de la part du premier ministre («si on ne fait pas une réforme profonde, sérieuse, progressive aujourd’hui, quelqu’un d’autre en fera une demain brutale, VRAIMENT BRUTALE »), n’est-ce pas l’aveu impossible à assumer, à faire avaler… « qu’il n’y a pas d’autres alternatives » (TINA) envisagées tant par cette gouvernance, pour les riches… mais pire encore… pour celles de successeurs… qui pourraient faire s’accoutumer à « l’opinion »… que d’un fascisme en col blanc, défait électoralement… il puisse être satisfaisant que celui en col bleu applique les même solutions, en plus brutales…?

      1. Au fascisme en col bleu le sang sur les mains, qui ne peut entacher l’immaculé blanc du col « d’anonymes »…

    2. @Jacques Seignan:

      Vous aurez peut-être remarqué que chaque législature ou presque y va de sa réforme des retraites, et qu’aucune ne propose de solution définitive, probablement parce que tel n’est pas le but. Il ne s’agit même pas en fait de précariser la population, ceci n’est qu’un dommage collatéral. Le but, c’est avant tout d’imposer une idéologie toujours plus profondément, qui légitime des inégalités fondées sur des mérites illusoires.

      1. @ Dissonance, vous avez à moitié raison, on peut certes voir chaque réforme des retraites comme une étape vers le but décrit (imposer) un idéologie mais il y a aussi une application de la tactique dite du « salami » utilisée par les communiste hongrois… Le salami disparait sans que l’on ne s’en aperçoive assez vite…
        Idem pour ces réformes qui ont avec le but idéologique deux buts très concrets : en finir avec un système social ; pousser les futurs retraités vers le privé ─ à ce sujet, intéressant le petit problème de Delevoye…
        http://www.leparisien.fr/economie/retraites-jean-paul-delevoye-a-oublie-de-declarer-ses-liens-avec-le-monde-de-l-assurance-08-12-2019-8212557.php
        Et ça pourrait nous rappeler un autre cas :
        https://blogs.mediapart.fr/claude-dautreaux/blog/011211/malakoff-mederic-le-frere-de-sarkozy-soupconne-de-tirer-profit-de-

    3. Blackrock pense aux vieux jours des européens. Tout en douceur dans une franche bienveillance et le souci d’être honnête.
      Ya des sacrés crapules toutes discrètes en buisnessclass,en ce moment plus que jamais moi j’dis.

  2. Je ne pense pas non plus que la communauté dite des « gamers » soit dépolitisée et individualiste.
    D’ailleurs le terme même de communauté vient contredire l’accusation d’individualisme. Il me semble qu’il s’agit plus d’un monde parallèle que les plus vieux d’entre nous ont du mal à comprendre. Les quelques échos que j’en ai par ma progéniture (faut que je m’accroche quand on en parle, parce que le chinois et l’extraterrestre me paraissent plus intelligible) me confortent dans l’idée que oui, il s’agit bien d’un nouvel opium pour supporter le quotidien, mais pas que. Sur les aspects positif de cette pratique, en dehors du fait qu’elle peut être collective, générant ainsi un réseau de connaissances et d’amis aux quatre coins de la planète, elle peut constituer un apprentissage de la tactique bien utile quand on est confronté à la réalité de la rue.
    Le débriefing familial « gamer », croquis à l’appui, de la journée du 5 décembre à Paris a été des plus passionnant 😉

    1. un monde parallèle que les plus vieux d’entre nous ont du mal à comprendre

      Dissonance vous le confirmera : il a fallu de nombreux échanges avant que je ne comprenne de quoi il me parlait. Dans son premier message (je le recopie car je ne pense pas qu’il était confidentiel 😉 ), il m’avait proposé comme billet :

      Une initiative chez les « gamers » qui participe à une caisse de péréquation pour les grévistes, organisée par la section info’com CGT, tout gréviste peut en bénéficier a priori, syndiqué ou non. Si l’environnement du jeu vidéo ne vous intéresse ni de près ni de loin, la caisse existe par ailleurs

      Je lui avais répondu (je cite de mémoire) : « Euh, vous pouvez répéter ? ».

      1. @Paul, arkao:

        Je confirme les propos de Paul tout en les tempérant un peu: Il existe probablement un gap générationnel , mais il tend à se résorber à mon avis. Je touche moi-même à la quarantaine, et je connais de personnes plus âgées que moi, néanmoins très impliquées dans ce milieu.

        La question se résume à mon sens à s’intéresser à ce sujet ou pas, et à en tirer des enseignements sociologiques ou pas. Paul, après discussion (un peu mouvementée, il faut l’admettre) s’y est intéressé, au moins un peu. Ce n’est sans doute pas encore suffisant mais c’est déjà un premier pas. D’autres n’en auraient probablement pas fait autant.

        Par contre, il y a manifestement de nouvelles manières de s’organiser dont chacun ferait bien de s’inspirer d’une manière ou d’une autre, moi compris.

  3. Suite et fin….

    Déjà que « l’anonymat » dépolitisé, apolitique, technocratisé, « digitalisé » (qui sait qui a dit vraiment quoi entre les offs, « fake-news » etc), fait s’habituer « l’opinion, tantôt tétanisée, perturbée, choquée, tantôt dans l’impermanence d’indécisions, d’incertitudes, de doutes, individualistes et collectifs… à ce que les éborgnés, amputés de mains, de pieds, les fracturés de la mâchoire , etc… pour des femmes et des hommes aux vies brisées, décédées, lors de »manifestations interdites », « chasses aux réfugiées et migrants… » et les familles vivant sous le seuil de pauvreté et les cas de « NON RECOURS »), les personnes les plus discriminées à l’embauche, dans l’accès aux logements, dans les brutalités policières commises lors des contrôles aux faciès… n’ont en rien acquis l’autorité symbolique de victimes d’un régime de « répression » policière, morale, politique… est-il possible qu’on puisse s’imaginer, que la réalité de « réformes structurelles » brutales telles qu’elles sont niées par des mandatés, pourront être pires lors des prochains mandats, sauf à agiter les pires des fantasmes, faisant passer pour plus vertueux les auteurs de l’actuelle « répression », brutalité…?

  4. Ces personnes sont sans limite quant aux méthodes à employer pour faire accepter leur réformes. Le ministre M.Darmanin l’a encore démontré le 05 décembre sur France 2 en faisant participer sa pauvre mère à la propagande médiatique en cours.
    Femme de ménage, elle n’aurait plus besoin de travailler jusqu’à 67 ans mais jusqu’à 64 ans seulement si la réforme à points est appliquée. Cet ingrat n’a t’il pas les moyens financiers permettant d’exonérer sa mère de ce difficile labeur et ce, dès maintenant ?
    Pour ma part, à quelques jours de Noel, je ne veux pas laisser comme cadeau à mes enfants cette reforme qui les pauperisera quand bien même j’en serais exempté par une clause dite du grand-père ou grand-frère.

  5. On dit qu’il faut prendre de la hauteur pour analyser certains sujets mais dans le cas de la réforme de la retraite, il faut savoir explorer les bas-fonds.
    En 1993 Balladur a déverrouillé avec une étape importante : passer de 47,5 ans de cotisations à 40 ans. [Désolé de mettre mon cas personnel mais il illustre bien la saloperie de cette réforme. Viré à env. 57,5ans il m’était impossible de retrouver un boulot (j’ai fait le consultant), je n’ai pas eu mes annuités et ma pension réduite.]
    Aparté :
    – Bientôt Balladur sera « jugé » par ses copains à CJR pour les rétrocommissions…
    – En 2011 le juge Van Ruymbreke, enquête sur ses belles maisons acquises en Normandie…
    – ce monsieur n’a pas de problème de retraites et on ne soit pas s’inquiéter pour sa [prison de la] Santé…

    En 2003 Fillon y va de sa réforme. Est-il besoin de rappeler que ce vertueux donneur de leçon est une version moderne de Tartuffe : au fait sa femme a-t-elle cotisé ?
    En 2014, Marisol Touraine y va de sa réforme : notons qu’elle est socialiste tout comme Hollande sans parler de madame Aubry qui critique la réforme actuelle. Point commun des « Socialistes » est un manque total de dignité et de pudeur.

    On pourrait détailler mais il apparait que ces étapes accomplies par Chirac, Sarkozy, Hollande (et souvent par des gens sans éthique, des voleurs en gants blancs) ont semblé trop lentes pour leur héritier brutal.

    Alain Supiot explique que nous sommes en face d’une reféodalisation. Il faut se souvenir que les serfs étaient illettrés et abêtis par l’Église. Au XIXe s. les ouvriers étaient souvent illettrés mais des syndicats et partis socialistes aidèrent aux prises de conscience.
    Au XXIe siècle la population est abêtie par les écrans mais malgré tout bien plus éduquée.
    On va vérifier cette semaine si nos Seigneurs vont réussir à faire passer un recul irréversible en prenant les gens pour des imbéciles.

    1. La réforme Balladur de 1993 comportait trois mesures :
      – passer de 37,5 ans de cotisations à 40 années ( pas 47,5, faute de frappe, je suppose )
      – calcul sur les 25 meilleures années et non sur les 10 meilleurs années,
      – indexation des retraites, non plus sur l’évolution des salaires, mais sur l’évolution des prix.
      Ces trois mesures sont toutes de nature à faire baisser le niveau des retraites.

      1. @ Daniel Guérin, en effet c’était une faute de frappe.
        J’en profite pour présenter mes excuses pour mes fautes et coquilles : je tape sans me relire assez et ensuite je ne cherche plus à refaire un commentaire pour rectifier…
        En tout cas merci à vous de bien préciser les autres facteurs.
        Je voulais être elliptique car au fond il faudrait tout détailler des réformes que des politiciens vendus (certains littéralement…) ont mis en place législatures après législatures ─ ce qui a aussi montré le désastre de la terrible trahison des « socialistes ».

      2. @Guérin Daniel
        Vous pouvez en ajouter une quatrième et non des moindres, la baisse des salaires pour beaucoup de personnes, ou au moins la faible progression en moyenne…

    2. Entièrement d’accord.
      Puis-je suggérer pour cerner la vérité au plus près, ‘saigneurs’ plutôt que ‘seigneurs’ ?

      En aparté: un exemple facile que notre langue est unique donc indispensable, un truc qu’un Britt ne pourra pas s’approprier.

  6. Concernant les retraites en France, le facteur brutal s’appelle Démographie. Il suffit de ne rien changer, il fera le boulot tranquillement : les caisses de retraites feront faillite, et même taxer tout leur pognon aux riches ne suffira pas à boucher le trou. Sans même tenir compte d’un effondrement économique qui se profile au même horizon.

    Il faut donc une réforme costaude, et ceux qui ont échangé, pour le secteur public, de faibles salaires contre une forte et précoce retraite, il y a bien longtemps, ont posé une mine bien difficile à désamorcer.

    1. @ Ermisse, vous écrivez : « les caisses de retraites feront faillites ». Ah bon ? Ben oui, c’est sûr parti comme ça…
      C’est ce que l’on appelle un élément de catéchisme du même genre que « la dette que nos enfants devront payer » ou du « ruissellement de richesses créateur d’emploi ». Des pures fadaises.
      Je suppose que vous vous n’êtes jamais posé la question de savoir pourquoi en sauvant nos banques TBTF en 2008 on a doublé la dette française. Je suppose que vous ne vous êtes jamais posé la question de la folie financière et son rapport avec l’économie réelle. Il n’est pas question de « taxer les riches »mais d’éviter la prédation folle des ultra-riches qui nous mène droit dans le mur.
      C’est étonnant de lire votre commentaire chez un lecteur du blog : à croire que P. Jorion se fatigue pour rien !
      Sans oublier le blog de François Leclerc. Lisez-le, ça vous éclairera, par ex. :
      https://décodages.com/2019/12/09/la-vente-a-decouvert-on-va-voir-ce-que-lon-ne-va-pas-voir/#more-107812

      1. Curieusement, Paul Jorion n’a pas senti que mon commentaire insultait son travail. Je suppose qu’il a mieux compris mon texte : « il suffit de ne rien changer ».

        Bien entendu, avec 20 millions d’immigrés en plus au travail, le retour de la croissance, 5% de chômage et pas de ravages climatiques ni de prolongation notable de la vie humaine, on évitera de mettre un retraité sur le dos de chaque actif.

        Je n’ai pas envie de soutenir un mouvement qui se trompe de combat. « Pas de retraite sans planète », c’est quelque part sur ce blog.

      2. @ Ermisse, je précise ce qui m’a choqué dans votre commentaire.
        Dire que les caisses de retraites feront faillite tout comme dire que la sécu est en déficit, que les hôpitaux ont des bilans comptables catastrophiques (provoqué également par des prêts pourris), etc., implique que l’on reste dans le cadre du TINA et à mes yeux c’est le discours de nos Seigneurs néolibéraux : « on dépense un pognon de dingue pour les pauvres ».
        Je déteste votre formule un retraité « sur le dos » d’un actif : diriez-vous que les handicapés ou les malades sont sur le dos des actifs ?
        Notons qu’il fallait 20 millions de Français sous Louis XIV pour en nourrir 21 millions (à la louche?) alors dire qu’il faut un actif pour un retraité n’a rien d’absurde quand se profile un monde robotisé…
        En un mot, pour moi, le fric, il coule à flot : par exemple pour acheter une banane de Cattelan à 120.000$ https://www.francetvinfo.fr/culture/arts-expos/art-contemporain/art-contemporain-une-banane-a-120-000-dollars_3737075.html ─ mais pas pour payer nos dépenses sociales.
        Cette anecdote n’est pas indifférente : les fortunes stratosphériques ne peuvent plus s’investir que dans la spéculation financière et l' »art » contemporain en fait partie (lire Annie Le Brun).
        Selon moi vous manquez de clairvoyance : il n’y a aucune contradiction, bien au contraire, entre le combat contre le fin du monde et celui pour la fin du mois. Mais c’est dit aussi sur ce blog : en finir avec le capitalisme pour la survie de l’espèce.

      3. @Jacques Seignan (pas de réponse prévue derrière votre dernier commentaire, je ne sais pas où ça va tomber)

        Mettre le capitalisme par terre, c’est un excellent objectif en soi, mais ce n’est pas à coup de grèves catégorielles, dans un seul pays, sur un sujet qui apparaîtra un jour comme analogue aux controverses byzantines sur le sexe des anges qu’on y parviendra : ça va être beaucoup trop long; les cataclysmes climatiques déferleront avant qu’on soit au bout, et ce sont eux qui vont probablement faire le travail de destruction du système dominant.

        D’ici 10 à 20 ans, on luttera pour simplement PARVENIR à l’âge de la retraite !

      4. @ Ermisse,
        Notre désaccord est donc total.
         » Grèves catégorielles (…) sexes des anges » … nous ne vivons donc pas dans la même société et je ne peux m’empêcher de déceler un certain mépris chez vous (je parie que vous n’avez pas non plus tellement apprécié les Gilets jaunes et leurs revendications « minables »…).
        J’ai eu une formation de scientifique et j’ai essayé de me former en Histoire : l’une m’appris définitivement à respecter les faits, l’autre à savoir que l’observateur au présent n’a pas tous les éléments d’appréciation pour juger de la situation se déroulant sous ses yeux.
        Tout cela pour vous dire qu’il suffit de patienter un peu, quelques semaines pour savoir si ce mouvement social est si stupide et vain que vous ne le supposez, quelques années pour savoir ce qui implosera en premier.
        Ma dernière remarque est très basique : je trouve terrifiant que l’implosion écologique qui va arriver se déroule alors que cette caste, si restreinte en nombre et si puissante dans nos vies, des gens féroces sont encore maîtres du monde.
        Ce mouvement aurait pu contribuer à ébranler le système en France et donner un « mauvais exemple » en Europe. Mais soyez rassuré : il n’y aura rien eu en France en décembre ─ la prestidigitation macronienne va encore marcher ─ et vite on reviendra à ses achats de Noël tout en conspuant les employés de la RATP et de la SNCF.

      5. @ Jacques Seignan

        Nous sommes moins en désaccord que vous le croyez; nous n’avons pas la même façon de nous exprimer par écrit, et ce mode d’expression par commentaires est en fait très rudimentaire. En conversation normale en face-à-face, nous nous comprendrions beaucoup mieux.

      6. @ Ermisse,
        Je suis d’accord avec vous sur ce point : dialoguer ainsi n’est certes pas le moyen des plus efficaces et une « discussion normale, en face à face » serait bien mieux.
        Cela dit, je crois toutefois que nos points de désaccords sont importants car ils impliquent beaucoup de choses. Mais on va en rester là.
        Par ailleurs, je profite de ce commentaire pour dire que je vais essayer de prendre du recul. Ces temps-ci je commente bien trop ! Je multiplie les fautes d’orthographe et le mots sont oubliés dans mes phrases. Souvent j’ai pensé que certains avaient un peu tendance à trop commenter, phagocytant sans le vouloir ce blog … Et je commençais à tomber dans ce travers !

    2. Ermisse,
      il faut avoir un minimum de sens politique et ne pas s’arrêter sur les détails comptables, la question de l’inégalité des régimes, c’est l’écran de fumée pour masquer le projet néo-libéral du gouvernement. Il n’a rien à faire de l’égalité, si ce n’est une égalité qui consiste à niveler par le bas. Que pèsent les soi-disant avantages des régimes spéciaux face à la manne spéculative qui enrichit les 1% ?

      Ce mouvement social ne va pas sauver la planète directement, mais il résiste face un gouvernement qui tente de marchandiser, privatiser tout ce qu’il peut, et cela c’est important. Il n’y a pas de petit et de grand combat à cet aune, puisque c’est la logique capitaliste qui détruit la planète. A ce mouvement s’agrège d’ailleurs beaucoup de ras-le-bol, dans l’éducation nationale, dans les hôpitaux …. tous ces secteurs dits publics où la logique marchande a remplacé la notion de service public. C’est de cela qu’il s’agit.

  7. Les gamers, une niche, une manne financière immense.
    C’est le panier riches des pays riches.

    J’ai passé des nuits blanches sur Twitch à regarder des bourgeois s’imaginer guerrier.

    Demander aux pauvres ( riches mais seulllll) observateur dans sa chambre des sous, c’est peut-être une bonne intention, mais c’est scandaleux quand on sait les sous que ces observateur et ses joueurs rapporte aux grandes entreprises telles que blizzard (que je ne critique pas trop car ils font de belles choses). Et surtout c’est pas le bon bout putain on va pas demander des sous à tous les citoyens c’est l’État l’État l’État qui doit gérer tout ça bordel.

    1. @Decoret Lucas

      Il ne vous aura peut-être pas échappé que les finances de l’État n’existent plus à ce jour que par l’impôt – ça devient marginal – et par les emprunts sur les marchés – qui sont in fine remboursés par… Les impôts. Bref, par quelque bout que vous preniez le problème, l’argent vient à peu près toujours des mêmes poches, à quelques nuances près.

      1. … et il va toujours dans de moins en moins de poches. Les chiffres de la concentration de richesse sont tellement extravagants que je vois parfois qu’ils sont pratiquement incompris chez bien des gens : au-delà du millions, c’est trop abstrait.

    2. Oui bah surtout il ne m’a pas échappé qu’un État doit plutôt s’occuper de l’évasion fiscale , de pas faire de gâchis avec ces précieuse impôts qui font jaser bien des citoyens et donne la bave aux lèvres à bien des multinationales.

      plutôt que de faciliter la création de caisse au soutien des grévistes contre lui.

  8. L’autorité en place, j’éviterai de l’appeler ‘la majorité’, essaie de nous vendre ce système de retraite par points, avec des arguments spécieux, or, il est clair que cela s’inscrit dans une logique idéologique de destruction de TOUT ce qui a pu être obtenu en matière sociale au fil du temps.
    Ayons bien en tête ce qui s’est produit : destruction du code du travail, atteinte aux conventions collectives de branches visant à favoriser les accords au niveau des entreprises ce qui concoure à marginaliser les syndicats, promulgation de la loi PACTE avec comme corollaire la création privilégiée de caisses de retraites par capitalisation https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexteArticle.do;jsessionid=7910C67337090DB4305ACDA5D58D9FAE.tplgfr33s_1?idArticle=JORFARTI000038496266&cidTexte=JORFTEXT000038496102&dateTexte=29990101&categorieLien=id (les assurances et les banques salivent..!), la reprise en main par l’État du système d’assurance chômage et maintenant cette tentative de faire avaler cette retraite par points présentée comme plus égalitaire.
    Ce qui est désolant par ailleurs, est de constater que les journalistes en général se comportent comme la courroie de transmission des éléments de langage émis par le pouvoir, ainsi, une question simple à poser serait de proposer les éléments de calcul ayant conduit à une retraite actuelle et proposer de procéder au calcul avec la nouvelle méthode à points : il est CERTAIN que le calcul sera particulièrement désavantageux puisqu’il prendra en compte la totalité de la carrière avec les trous dus aux périodes de chômage et de maladie, mais cette question concrète, personne ne la formalise !
    Il faut également garder à l’esprit que le fait d’avoir travaillé dans différents pays, complique la chose en raison des disparités des législations en cours et des accords bilatéraux entre les différents pays, j’avais d’ailleurs évoqué ce problème lors de la consultation publique organisée par Monsieur Delevoye en mai 2018 et proposé la création d’un germe de caisse de retraite européenne, cela n’a malheureusement pas été repris.
    Pour terminer, je ne peux éviter de mettre en parallèle, le dernier rapport du COR qui prévoit un déficit de 7,9Md€ à 17,2Md€ à l’horizon 2025, chose présentée comme une horreur absolue par le pouvoir, et le rachat récent en numéraire, de la compagnie de luxe américaine Tiffany par Bernard Arnault pour la somme de 16,2Md$ (15Md€), quel est le plus choquant et qui inciterait à des mesures ?
    Le bruit court que cette réforme ne pourrait s’appliquer qu’aux individus nés en 1963 ou 1975 : pour éviter l’effet de charnière, pourquoi ne pas repousser cela tranquillement au siècle prochain (si la terre possède encore une population humaine) ?  🙂

    1. Des réalisations assez intéressantes ont été produites sur les enjeux de cette réforme, comme cette bande dessinée. Il est clair qu’en dépit de leurs efforts de dissimulation, la tâche des journalistes aux ordres devient de plus en plus compliquée.

    2. @ Tout me hérisse, vous avez bien raison d’hésiter à qualifier ce pouvoir de « majorité ».
      C’est une pure illusion et un vrai détournement démocratique.
      Au 1er tour Macron a eu 24% des suffrages exprimés et au 2d, 66% (dont le mien j’avoue, par dégoût de l’Autre).
      Ensuite il vient nous dire qu’il a été élu pour son programme et avec une forte majorité : c’est inqualifiable et dégueulasse.
      Chirac avait procédé de même : élu au 2d tour avec une immense majorité il nous a mis Raffarin (le Tartarin du Baratin) mais au moins ils n’ont pas poussé trop loin dans les « réformes ».
      Pour ma part, j’en tire une leçon : je serai dissident dans cette mascarade électorale. Deux pris pour un c*** c’est trop.

Les commentaires sont fermés.