15 réflexions sur « 18/12/19 – Impeachment : Vote de la chambre en séance plénière »

  1. Je viens de regarder le film « Joker » de Todd Phillips (2019), portrait métaphorique d’une nation qui ne va pas bien depuis longtemps. Film sombre et nihiliste dans la veine de « V pour Vendetta », porté par une musique non moins flippante (Hildur Guðnadóttir)
    https://www.youtube.com/watch?v=8z5-Wum2enQ
    https://www.youtube.com/watch?v=zAGVQLHvwOY
    Il y a un mois, Gaspard Glanz a mis en ligne sur son site une vidéo de la manifestation anniversaire des Gilets Jaunes, tournée une fois n’est pas coutume au ralenti, en reprenant cette bande son. Je n’avais pas fait le lien à l’époque. Bien vu Gaspard!
    https://taranis.news/2019/11/one-year-of-giletsjaunes-paris/

  2. Ce « débat » est atterrant. A quoi bon maintenir à tout prix, si ce n’est pour qu’il ne soit pas considéré comme légalement contestable, des monologues stériles. Les républicains sont en-dessous de tout, ils n’ont même pas l’honnêteté de reconnaître qu’ils n’ont aucun élément pour contredire les preuves apportées bien laborieusement par les démocrates, compte-tenu de l’obstruction systématique de Trump.
    Je relis en ce moment l’histoire populaire des Etats-Unis de Howard Zinn.
    Ce qui m’étonne, c’est la référence fréquente à l’histoire dans les » débats ».
    A votre avis quelle est le rapport à l’histoire des citoyens de ce pays ?

    1. L’histoire ? La légitimité de leur position. Les Démocrates disent les Pères fondateurs nous ont prévenu contre la venue un jour d’un gredin comme Trump. Les Républicains disent les Pères fondateurs nous ont prévenu contre la venue un jour de gredins qui chercheraient à remettre en cause une élection présidentielle valide.

  3. Les USA sont bâtis sur des mythes (ils ne sont pas les seuls !) et les mythes ça fait de la bonne com pas de la bonne politique.

    1. Que voulez vous dire ? qu’une constitution et des principes democratiques c’est juste bon à alimenter des séries comme house of cards dont se gavent les pseudo citoyens des démocraties mourantes?

  4. Un mauvais film, où les méchants sont caricaturaux :
    Colereux, rouges et bouffis par des décennies de trop manger, ils buttent sur des mots vides, tandis que derrière eux, leur camarades opinent, comprimant leurs triples mentons.

    Comme si la bêtise pouvait désormais se porter comme un étendard.

  5. En ce sens, les américains sont peut être moins aveugles à l’histoire qu’ils ne le sont à l’ensemble de la politique étrangère. Pour mémoire, dans le 2ème journal le plus lu du pays, le LA Times, de la côte ouest pourtant, il faut vraiment la foi pour trouver les nouvelles de l’étranger compactée sur la page 42, le taux de lecture doit être de 1%.

    Pour les américains, l’étranger commence un ou deux « states » à côté. C’est un isolationnisme qui leur permet d’imaginer les bons et les méchants en miniature à l’échelle des USA.
    En oubliant, une fois la guerre froide passée et une fois les afflux d’Européens relégués dans les mémoires des papys âgés, que les autres bons ou méchants — et surtout humains et vivants — sont dans le reste du monde.
    Ceux qui ont la mémoire de l’immigration aujourd’hui sont les hispaniques, et pour l’imaginaire américain dans le peuple trumpisé, le message est clair : le mur. Même pas un sas à la Ellis Island, un simple mur.
    La punition qu’ils risquent est la division interne, elle n’est guère possible sur le plan géographique (deux USA, celui des côtes serait séparé en 2, à moins de rejoindre le Canada ?, celui du centre et sud garderait une « mémoire trumpienne », n-ième rebond de l’esclavage… j’arrête là de « dystoper » !)

  6. On a donc la moitié de la classe politique américaine peuplée de corrompus, de lâches ou de fascistes (combinaison possible) soutenue par une moitié de l’opinion publique. J’en avais la nausée en regardant le résultat ce matin. Une des plus grandes démocratie est peut être en train de crever sous nos yeux. Ça devrait tous nous inciter à nous bouger le cul pour redevenir des citoyens avant tout.

  7. « Il y a malheureusement un demi-siècle que cette nation ne va vraiment pas bien »

    La division croissante entre Démocrates et Républicains, l’approfondissement du fossé idéologique entre eux et une politique de plus en plus partisane qui ne parvient pas et la plupart du temps ne recherche pas la construction d’un consensus, de nombreux observateurs la perçoivent.

    Mais il faut encore que cette impression partagée puisse s’appuyer sur des données factuelles sans ambiguïté. En voici dans cet article de recherche https://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0123507

    Avec notamment cette visualisation claire de la polarisation croissante des parlements américains successifs entre 1949 et 2012 https://journals.plos.org/plosone/article/figure/image?size=large&id=info:doi/10.1371/journal.pone.0123507.g002

    Explication : les points rouges sont des parlementaires Républicains, les points bleus des Démocrates. Les points sont regroupés en fonction de leur tendance à voter ensemble ou séparément sur les différentes propositions examinées par le parlement durant sa durée, qui aux Etats-Unis est de deux ans.

    L’information n’est pas nouvelle… mais il est difficile d’imaginer la visualiser plus clairement !

    Ne reste qu’un tout petit groupe de parlementaires, une toute petite minorité, issue de l’un et de l’autre côté, qui continuent contre vents et marées à rechercher des formes de coopération… c’est-à-dire qui continuent à faire ce qui est après tout leur boulot ! Sachant qu’un Parlement n’est pas seulement un lieu de pouvoir, c’est censé aussi être un lieu de dialogue.

    1. Très révélateur en effet. Explique sans doute pourquoi un impeachment de Nixon était encore possible dans les années 1970 (même si, dans les cordes, il préféra démissionner), alors qu’un impeachment

  8. A chaud… si ces graphes représentent le niveau de coopération et l’ecartement ils ne disent rien du déplacement idéologique des uns ou des autres. C’est peut être dit dans l’article mais ce serait bien qu’en abscisse on est une echelle. Pour caricaturer à ma gauche des stallinistes à ma droite des fascistes. L’échelle des démocrates américains semble aller du centre droit à un Ps un peu verdi, En revanche la droite americaine au soir de l’impeachment c’est du proto fascisme par adhésion ou par lâcheté… Ça n’est pas « symétrique ». On devrait donc plus parler de dérive autoritaire, xénophobe, fascisante des républicains que d’une simple « division ». D’ailleurs la rhétorique des républicains devrait alerter avec leurs sophismes de l’ argumentation en miroir: c’est vous, démocrates, les extrémistes et les fomenteurs du coup d’état (anti Trump). Espérons que le peuple américain ne se fera pas encore avoir en novembre 2020 et qu’un ou une démocrate tiendra la route.

    1. « Espérons que le peuple américain ne se fera pas encore avoir en novembre 2020 et qu’un ou une démocrate tiendra la route »

      Cet espoir-là est raisonnable, même si soyons clair ce n’est pas encore fait. Voir ici https://www.realclearpolitics.com/epolls/latest_polls/general_election/ la liste des sondages sur l’élection en fonction du candidat qui sera opposé à Trump, il y en a tous les jours !

      Evidemment à dix mois de l’élection énormément de choses peuvent encore changer. Mais on peut remarquer que les sondages qui donnent Trump légèrement en avance, et ceux qui donnent le candidat démocrate légèrement en avance, sont tous assez nombreux. Bref, rien n’est joué, ni dans un sens ni dans l’autre.

      Quant à la mise en accusation de Trump, quoi que l’on pense du fond de l’affaire, la transformation de la plus grande partie des parlementaires américains en soldats idéologiques de leurs sectes respectives plutôt qu’en représentants du peuple même rassemblés en partis – qu’ils sont pourtant supposés être – ne laisse que très peu de chance à la destitution.

      1. OK pour les sondages.
        Sinon vous mettez les démocrates dans la catégorie des « soldats ideologiques ». Sur quelle base ? Quand on regarde les faits et qu’on tient les principes democratiques fondamentaux il n’y a pas des soldats ideologiques mais des élus qui font leur devoir et en face des individus haineux et mensongers prêt à tous les stratagèmes pour duper les électeurs, flatter leurs pires instincts et plaire à leur maître. Il y eut dans le parti républicain un certain MC Cain. Avec lui semble avoir disparu de ce parti la decense la plus élémentaire.

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