41 réflexions sur « Brexit : me serais-je trompé (une fois n’est pas coutume !) ? »

  1. tout porte à croire, à l’heure actuelle, que le brexit aura lieu, que le rapport Mueller a bien innocenté Trump, et que le processus de destitution n’aura comme effet, in fine, que d’aider Trump à gagner la prochaine élection. Donc oui, vous vous êtes trompé. Quand à juger votre fréquence en la matière, je vous laisse maitre de vos statistiques.

    1. Peut-être PJ se trompe-t-il parce qu’il est finalement un optimiste, un philanthrope, et qu’il pense que la raison l’emporte souvent sur la folie…
      Malheureusement nous vivons des temps déraisonnables, des temps qui voient les peuples affolés choisir les pires psychopathes pour les diriger, et crucifier les sages et les justes.

  2. L’UE, « l’Europe maestrichienne » comme dit Michel Onfray, « l’Europe-en-construction » comme on a longtemps dit, cette supranation construite sur le refus des nations, ce simulacre d’Etat fédéral, cette Europe à la poursuite hallucinée d’une « autre Europe », va à sa perte. Les Britanniques ont décidé de la quitter. On les comprend. Ils se sont déchirés mais ils ont voté et le résultat du vote a été respecté. Bravo à eux ! Ils savent ce que « souveraineté » veut dire, ce que « démocratie » veut dire.
    Tant que nous n’aurons pas renoncé à ce funeste projet européen, les choses iront de mal en pis.
    « L’union fait la force » nous disent les européistes. Cette apologie de la force est pure folie ! Et, comble du comble, une telle union nous affaiblit…

      1. Le chasseur peut être tenté de vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué.
        Je ne suis pas chasseur en l’occurrence.
        Je ne suis qu’un modeste observateur s’efforçant de décrire ce qu’il voit : l’autodestruction de l’Europe rêvée des européistes .

      2. « 02 Vanité des vanités, tout est vanité !

        03 Quel profit l’homme retire-t-il de toute la peine qu’il se donne sous le soleil ?

        04 Une génération s’en va, une génération s’en vient, et la terre subsiste toujours. »

    1. Il n’y a pas de souveraineté pour un état européen seul face aux puissances continentales émergées ou émergentes. Voyez l’abandon de la taxe GAFA par la France. L’union à défaut de la taille fait effectivement la force.
      Le nationalisme est l’arme principale et gratuite du capitalisme mondial qui se contrefiche des frontières qui enferment les peuples comme les clôtures enferment les troupeaux. 😉

      1. Les capitalistes en effet savent effacer les frontières quand ça les arrange et profiter d’elles quand ça les arrange (voir Carlos Ghosn, bien à l’abri des frontières libanaises).
        Mais si, il peut y avoir souveraineté d’un état européen, à condition qu’il le veuille.

      2. « Mais si, il peut y avoir souveraineté d’un état européen, à condition qu’il le veuille. »
        Tout dépend de la définition de la souveraineté.
        Voici celle du Larousse:
        « Pouvoir suprême reconnu à l’État, qui implique l’exclusivité de sa compétence sur le territoire national (souveraineté interne) et son indépendance absolue dans l’ordre international où il n’est limité que par ses propres engagements (souveraineté externe). (L’article 3 de la Constitution française de 1958 dispose que « la souveraineté nationale appartient au peuple, qui l’exerce par ses représentants et par la voie du référendum ».) »

        Une interprétation juridique de ce texte implique qu’une nation ne fait partie de l’UE que par ses « propres engagements (souveraineté externe) ». Prétendre que l’ UE bride la souveraineté des états est faux.

      3. L’avenir nous l’apprendra. Tout dépend de ce que l’on entend par BREXIT.

        A l’oreille, le terme est disons percutant, mais qu’est donc l’Europe si ce n’est une succession de traités (faits pouvant être défaits)? Et puis, le RU n’a-t-il pas gardé sa monnaie, et les automobilistes britanniques ne roulent-ils pas encore à gauche à l’inverse du continent (je plaisante).

        En tout cas, je suis curieux comme vous de voir ce qui sera Brexité et ce qui ne le sera pas. Car, si le référendum repose bien sur un mensonge déjà semble-t-il oublié, alors que penser du BREXIT, voté finalement par…. »lassitude »?

        A voir à l’autopsie donc. Y aura -t-il seulement un médecin légiste pour nous expliquer? C’est malheureusement tout ce qu’il faut craindre, on risque de se contenter comme d’hab de ce que les protagonistes voudront bien déclarer, et de ce que les « experts » mainstream nous diront…C’est déjà en soi deux manières de se perdre 😉

        Il faudrait donc exiger du parlement un état des lieux objectif afin de connaître l’ampleur actuelle de la relation entre le RU et le reste de l’Union. Oui, on me dit, cela se fera, je l’ai vu à la télé…alors je dis non , attendons les preuves et ne pas se contenter de belles déclarations…

        Concernant le commerce, je veux voir ce qui changera réellement, concernant la circulation des capitaux itou. La circulation des personnes et les libertés individuelles, les restrictions/contrôles sont déjà en cours….Brexit ou pas, à une tout autre échelle, mondiale celle-là. En revanche, les grands standards internationaux ne seront pas bouleversés ou le seront…en dehors du BREXIT.

        Alors, pas du tout convaincu que l’on pourra faire réellement la part des choses entre ce qui aura été changé, et ce qui ne le sera pas, a contrario, entre ce qui aurait dû l’être ou pas. Et, en cas de changement, si c’est à la faveur du Brexit ou carrément dans l’air du temps.

        Dans un monde en changement, le Brexit est déjà largement dépassé à maints égards, il est vrai que nous sommes déjà 3 ans et demi plus tard.

      4. @ Hadrien

        Merci pour la définition de la souveraineté. Il est essentiel de savoir de quoi l’on parle et ce que nos mots veulent dire.
        Une nation souveraine peut, en effet, souverainement, déléguer sa souveraineté ou une part de sa souveraineté à une organisation internationale. Mais, si cette organisation prétend elle-même être souveraine, c’est-à-dire détenir le « pouvoir suprême », ne serait-ce que dans un domaine particulier, cela n’est possible qu’à la condition que les Etats-membres, ne se contentant pas de déléguer leur souveraineté, décident ensemble de l’abandonner. C’est bien là le nœud de la question.
        Lors du vote du traite constitutionnel, en 2005, certains européistes purs et durs auraient aimé que les votes de ratification aient lieu le même jour dans tous les pays européens. Pourquoi ? sinon pour que tous renoncent à leur souveraineté au même instant. A la manière des suicides collectifs de certaines sectes…
        Voulons-nous que la France vive ? Il ne me semble pas que la question soit anodine, ni qu’elle soit, d’une quelconque façon, moralement critiquable – sachant que l’alternative est de nous fondre dans un ensemble européen vassal des USA.
        Une France indépendante, souveraine, peut avoir une politique, sa propre politique. Cette politique peut être mauvaise, évidemment, c’est un risque. Elle peut aussi être bonne, exemplaire. Cela ne devrait-il pas être l’objectif de tous les Français de bonne volonté ?
        Si nous n’avons pas notre propre politique, nous serons contraints de suivre une politique décidée ailleurs par d’autres. C’est déjà largement le cas, inutile de faire un dessin. Je ne vois pas comment une telle position est défendable…

      1. Dans la version qui se construit, depuis quelques décennies déjà, il n’y en a qu’une.
        Vous faut-il, pour juger d’une opinion, mettre une étiquette sur le front de celui qui l’exprime ?

    2. Vive l’Europe à défaut de plus ! Vive le Monde en vrai ! Et vive l’Humanité une et unique !

      Je vous conchie tous, nationalistes de tous bords, abat les frontières. Vous êtes ternes, rabougris, moisis et vous puez le renfermé. Vous êtes des dégénérés excités par l »idée de coucher avec vos soeurs et vos cousines .

      Vive le métissage et le grand mélange ! Mort aux frontières.

  3. Moi je trouve que ça ressemble à la mise en place d’une « sortie de trente ans », je mets mes sentinelles en Mer d’Irlande et je vous dis quoi…

  4. Juin 2016, les britts votent le départ vers un monde meilleur.
    Mars 2017, le gouvernement UK annonce le départ, le temps de lacer ses chaussures
    Février 2020, l’UE valide le départ, un pétard mouillé a en lire les modalités.
    3.5 ans pour ce départ en fanfare, l’équivalent du « à vos marques, prêt, TOP » d’une course de fonds.
    Disons que, au doigt mouillé, 7.5 ans ne seront pas de trop pour l’enterrer, soit 10 ans pour rien.

    1. Ah zut ! Alors que je reconnaissais humblement ma défaite, des lecteurs du blog jettent le trouble : la preuve ne serait pas encore faite que je me sois trompé !

      C’est bon, je prendrai mon mal en patience !

  5. Bonjour,

    Pourquoi dire que vous avez perdu votre pari?

    De fait, il n’y a pas de Brexit, Johnson renégocie le compromis de rupture de Theresa May ; ne fera-t-il pas toutes les concessions nécessaires, à la marge, pour tenir en bonne santé le néolibéralisme, et au Royaume-Uni, et dans l »Europe maastrichtienne? il n’y a pas d’alternative.

    De même, la réélection de Trump accélérera la phase terminale de l’empire américain, et donc, consolidera l’idée de nécessité d’institutions stabilisatrices planétaires, ce dont la redéfinition éclairée des modalités opératoires de la domination des mégafirmes globalisées a absolument besoin. Les mafias transnationales en col blanc ont autant besoin de stabilité sociale que de désordre pour y mettre de l’ordre, notamment en organisant la gratuité de l’essentiel, tout comme elles ont besoin d’un équivalent du Bancor pour régler, par la compensation internationale, le désordres locaux qui sont la source de leurs profits.

    De fait, les appareils de gauche ont compris comment se maintenir aux prébendes, ils savent comment adopter le rôle d’une opposition potemkine: ils faciliteront l’enrégimentement des masses à l’acquiescement aux contraintes quotidiennes et tatillonnes du green washing. Leurs compromis auront désormais pour sens de prendre le « monde tel est » afin tenir l’espèce en vie autant qu’en laisse.

    Ainsi donc, le prix comme rapport de force sera enfin reconnu comme fondement de l’économie politique, tout en disparaissant des calculs, puisque si 1000 savetiers ne valent pas un expert; que vaut un expert quand ce rapport invente une forme nouvelle d’incommensurable?

    L’histoire vous remerciera de nous avoir donné quelques concepts permettant de penser nos erreurs.

    Amicalement.

  6. Ça me rappelle une pub dont le slogan a fini par entrer dans le langage courant:  » ça a la couleur du Brexit, le goût du Brexit, mais ça ne sera très probablement pas du Brexit »

  7. vous avez fait de la procédure d’impeachment de Trump un combat de première nécessité, exonérant le parti démocrate de sa propre responsabilité. Résultat, Trump a de grandes chances d’être réélu grâce à la politique stupide des démocrates qui ne veulent surtout pas parler des véritables problèmes du peuple américain (entre autres, le réchauffement climatique et l’appauvrissement des classes moyennes). S’il y a eu une ingérence de la Russie dans les élections américaines, elle ne peut être que marginale, en tout cas infiniment moins importante que le financement de la campagne par les grands groupes capitalistes. Là est la véritable ingérence dans le processus démocratique. Vous accordez plus d’importance à ce qui se déroule dans le marigot politique qu’aux mouvements profonds qui agitent les peuples du monde entier. Etre conseiller du prince à une époque où il n’y a plus de prince est cause perdue d’avance. La clé de la compréhension du monde actuel est dans le concept de la lutte de classes, concept présent dans les analyses de Marx, pas celles de Keynes (ou de Piketty son pale successeur). Le Brexit n’a rien en soi de particulièrement réjouissant, mais là encore ce qui compte c’est ce qui se passe dans l’esprit des classes populaires. Un parti au service des classes populaires doit prendre en compte cette aspiration tout en en dénonçant les illusions. Oui, dans l’ensemble je crois que vous vous êtes trompé.

    1. Les Républicains, c’est la faute des Démocrates. Trump, c’est la faute d’Hillary Clinton. Les Russes, c’est la faute des Ukrainiens. Tout est dans tout, et réciproquement. Etc.

      Petit quizz :

      1. Qui est-ce qui a dit que les prix s’expliquent par la lutte des classes ? Marx ou Jorion ?
      2. Qui est-ce qui a dit que les salaires s’expliquent par la lutte des classes ? Marx ou Jorion ?

      Oui, vous avez raison : Marx a trouvé deux belles occasions de se planter. Quittez le camp des benêts qui croient que Marx c’est le nec plus ultra de la pensée révolutionnaire. Il y avait déjà beaucoup mieux en 1848, il y a toujours beaucoup mieux en 2020.

      1. @Paul Jorion

        Vous n’avez jamais exprimé ni les prix ni les salaires en terme de luttes des classes, vous les avez toujours exprimé en termes de rapports de forces. Or tel que vous en parlez, ce n’est pas la même chose. Le rapport de forces que vous décrivez semble pouvoir systématiquement se résoudre dans un compromis, tandis que la lutte des classes désigne un conflit souvent insoluble causé par des divergences d’intérêts irréductibles. Les prix comme les salaires sont les incarnations d’un compromis. Mais il existe bien des cas où ni le prix ni le salaire ne se forment, faute d’un accord entre les forces en présence.

        Le problème, c’est qu’un rapport de forces ne peut se solder par un compromis que dans un cas précis: Celui où les forces en présence sont à peu près équivalentes. Au contraire, dans une situation comme celles que nous connaissons de nos jours (ou que celles qu’a connues Marx, probablement), avec des forces hégémoniques, des monopoles et/ou des oligopoles d’un côté et des collections d’individus désorganisés de l’autre, aucun compromis n’est possible puisque les uns n’y ont aucun intérêt tandis que les autres n’en ont pas le pouvoir. Voilà ce que comprend la lutte de classes de Marx et que ne comprend pas votre rapport de forces, apparemment. Voilà ce qui classe Marx parmi les penseurs révolutionnaires et Jorion parmi les penseurs réformateurs.

      2. @Dissonance :
        A la base, prix etc. dans le rapport des statuts, suivant Aristote, pour que « rien ne change ».
        Ca n’empêche pas de remarquer que les statuts ont du mal à rester figés, à part les cas proche de la subsistance (marins / acheteurs à la criée (mareyeurs si nje ne dis pas de bêtise)).
        Il y a donc continuum entre rapport de force et « lutte des classes ». La lutte des classes, dans le cas limite de ce continuum, c’est les prolétaires (les ex serf en Russie, en poussant un peu) qui prennent les rênes et acquièrent toute la dignité qui leur manque et dont ils sont privés par l’absence de retour sur leur outil de travail (Bernard Stiegler n’a pas faux sur ce flanc du lien technique/social, ils sont privés du « milieu associé », qui existe dans une classe paysanne pauvre, quasi jusqu’à la limite du servage ).
        Une image « encastrée » à la Polanyi accommode une lecture ouverte de l’évolution d’une soocité par un curseur entre les deux cas limites, société « qui veut se reproduire » et le fait parce qu’aucune autre force ne fait évoluer les statuts, ça correspond à des périodes calmes au fond assez rares (le XVème siècle en France avant le début du protestantisme) ? Le reste du temps, le curseur « vibre » au diapason des évolutions sociales, elles-mêmes dépendantes de la technique et des contraintes écologiques (quand Bruges ou Brême s’ensablent…).

  8. Les partisans du Brexit se sentaient bridés par l’U€ qu’ils estimaient pas assez néolibérale. C’est en cela que leur départ est une bonne chose pour nous qui sommes encore dans l’U€, pour au moins deux raison, l’U€ perd un de ses meilleurs élèves en terme de dérégulation et de financiarisation de l’économie et son départ montre que la voie est ouverte pour de futurs candidats au départ. Je continue donc de m’en réjouir. Que ce soit un vrai Brexit ou un simulacre de Brexit les effets seront les mêmes en terme d’impact symbolique.

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