Quinzaines – « C’est la Nature, qui rend les coups », le 1er février 2020

Ouvert aux commentaires. « C’est la Nature, qui rend les coups » Squier : Je ne sais absolument rien. Voyez-vous…

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5 réflexions sur « Quinzaines – « C’est la Nature, qui rend les coups », le 1er février 2020 »

  1. Récemment, un ami m’a offert un livre de Daniel Quinn , publié en 1992 :  » Ishmaël ( L’homme une fois disparu, y aura-t-il un espoir pour le gorille ? ) Je l’ai lu une première fois et sitôt achevé, l’ai relu une seconde. C’est dire.
    Ce roman ( Conte ? ) repose sur un dialogue proprement époustouflant entre un gorille et un écrivain. Véritable révélation pour moi, il explique pourquoi l’humanité se tient désormais au bord du gouffre et surtout, peut-être, il assène cette vérité terrible :  » Il ne pouvait pas en être autrement  ».
    Il rejoint l’une de mes intuitions : Actuellement sur terre des gens vivent comme vivaient nos ancêtres et comme nos enfants et petits-enfants vivront prochainement.

    Daniel Quinn distingue dans l’humanité  » Ceux-qui-prennent  » et  » Ceux-qui-laissent  ».
    Voici ce qu’il écrit de Ceux-qui-laissent:

     » L’histoire à laquelle Ceux-qui-laissent ont participé pendant trois millions d’années n’est pas une histoire de conquête et de domination. Y participer ne leur a conféré aucun pouvoir, mais au contraire leur a procuré une vie qui les a satisfaits et qui a un sens. C’est ce que vous découvrirez si vous allez parmi eux. Ils ne sont pas remplis de colère ou de révolte, ne se disputent pas tout le temps pour savoir ce qui autorisé ou interdit, ne s’accusent pas mutuellement de suivre ou non le bon chemin, ne vivent pas une terreur réciproque, ils ne deviennent pas fous à cause de leurs existences vides et sans but, n’ont pas à s’abrutir de drogues pour tuer le temps ; ils ne s’inventent pas toutes les semaines une nouvelle religion pour tenir le coup et ne recherchent pas sans cesse quelque chose à faire ou en quoi croire afin que leurs vies méritent d’être vécues. Et je le répète, ce n’est pas ce n’est pas parce qu’ils vivent près de la nature ou qu’ils n’ont pas de gouvernement établi ni parce que leur noblesse est innée. C’est tout simplement parce qu’ils jouent dans une histoire qui leur réussit ; une histoire qui a fonctionné correctement pendant trois millions d’années et qui fonctionne toujours là où ceux-qui-prennent ne sont pas encore parvenus à l’étouffer.  »

    Parmi vous, quelqu’un a-t-il lu ce livre ?

    1. Non, mais mes connaissances transdisciplinaires sont en train de faire une relecture « thermodynamique » du Roman de Renart, fort grivois par ailleurs. Renart est celui qui change la règle du jeu et voit partout des stocks là où les autres cultivent encore les flux et « prennent et laissent » suivant l’aléa que ces flux imposent.
      Sous le mot « stock » il y a l’idée qu’il est impossible d’avoir un bon « signal » du stock, la métaphore appropriée étant la canette de Coca bien opaque avec la paille qui dépasse : Tant qu’on aspire , on ne sait pas grand chose du stock, c’est seulement quand ça bulle au fond qu’on se rend compte de la fin du stock. Renart peut se payer « toutes les pailles », mais on ne sait pas quand ça s’arrête, ni même si ça peut s’arrêter bien. Notre seule échappatoire a été la « fractalité » des stocks, la roche fracturée (aka gaz de schiste, pétrole non conventionnel) nous faisant croire que « quand y’en a plus y’en a encore ».

      L’anthropologie comparative (à la Christophe Darmangeat par exemple) a aussi vu les différents cas et comment depuis le potlatch jusqu’à d’autres modalités, l’accumulation est incessamment rabotée. Il y a quelque par une conscience chez les « ceux qui laissent » qu’un stock est si souvent un « stock sans bon signal » et n’attend qu’une chiquenaude pour gripper la machine. Mis à part son jargon, le vocabulaire de Stiegler (rétention/protention au niveau de la mémoire et l’affect) décrit les modalités de gestion de ce qui se transmet vraiment (vu par moi, des « savoirs » par l’adoption des techniques, mais des savoirs-vivre et savoir-faire, pas des savoirs « de livres en ..;stock »).

      Exemple d’actualité : si on broie les poussins mâles dans les élevages de poules pondeuses, c’est qu’on ne sait plus faire de coq en stock.

    1. Mais l’avertissement final « Cela sera ressenti comme une catastrophe sans pareille » est faux, et on a maintenant assez de recul pour savoir pourquoi.
      On a des à-coups dans toutes les activités extractrices, avec substitutions/modifications des techniques (le fracking, les OGM, …), qui font de l’épuisement des ressources une toile de fond accidentée mais pas une « catastrophe simple », ce qui apparaitra d’ailleurs dans un second âge de la collapsologie avant qu’une décennie ne se soit écoulée.
      Nous sommes construit pour croire que notre monde — qui évolue– est néanmoins muni d’un certains nombre de repères stables (pour se rassurer, on peut par exemple voter à droite en espérant que ce soit « comme avant », ou à gauche en espérant que ce soit « comme on l’a toujours souhaité mais c’est pas encore arrivé »).
      L’emboîtement des grands cycles historiques (à la Kondratiev, même si c’est dépassé, c’est pour dire l’idée) et des « modes » / « boom/burst » (la tulipe, les crashs de toute sorte, le 737 MAX pour Boeing) laisse pas mal de place à un évolution « semi-collapsologique », par morceaux, type fin d’empire romain (qui n’a pas fini en réalité,

      … je me disais, en pensant à voix haute qu’il a étrangement donné deux gouvernances, l’une à base de clergé et de réseaux monachiques et ascétiques en Occident, l’autre à base de choses plus urbaines en Orient, Byzance étant une métropole véritable quasi sans discontinuer (quand Rome devient juste provinciale), avec ce que cela implique de tolérance relative (Todd y parle d’un quasi PACS comme modèle familial vers l’an 600 de l’EC), et de mode de gouvernement assez différent de notre occident;
      césure occident/orient qui n’a été revue qu’à la chute de l’empire ottoman, conduisant aux fracas modernes du moyen-orient, liés aux variantes du moment de nos hubris coloniaux appliqués à cette région du monde qui jusque là ne s’y était pas pliée de cette façon, malgré les conflictualités qui n’avaient pas manqué (Berbères, Mamelouks, séquelles du schisme chiite, ne résumons pas 14 siècles en 2 lignes).

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