Pandémies : deux époques, par D.H.

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Quelques réflexions sur le Covid-19

                 Nous sommes sévèrement confinés, assignés à résidence, il y a donc un grand danger qui nous menace. Quel est-il exactement ? D’après les flots d’information (?) qui nous submergent à toute heure du jour et de la nuit, il ressort, quand on laisse décanter, que le danger qui nous tient au bout de son flingue est moins l’agressif « coronavirus » lui-même que la possible/probable incapacité de nos hôpitaux à soigner tous les contaminés. C’est ce discours sur les lits disponibles, les respirateurs et même les masques et le gel hydro alcoolique qui phagocyte toutes les antennes. Nous sommes d’autant plus prêts à l’entendre que l’hôpital public, victime de coupes sombres dans ses budgets, a été un des « gros » sujets de polémique politique ces dernières années et que l’ensemble du personnel soignant nous a tous alertés par de longues grèves sur la précarité de son sort. Nous savons donc que nous sommes « en guerre » et que, dans l’armée, c’est la débandade. Non seulement on manque de fusils, mais aussi de bandes molletières ! Les communiqués alarmistes nous bombardent sans le moindre répit, annonçant des chiffres de contaminés qui sont hautement fantaisistes en l’absence de tests systématiques et des additions de décès, eux bien réels mais difficiles à évaluer faute d’échelle significative par rapport à d’autres causes courantes. Les professeurs en médecine, urgentistes et autres grands chercheurs en épidémiologie envahissent nos écrans, s’y répandent à qui mieux mieux pour achever d’embrouiller tout et de faire monter la panique populaire en mayonnaise. Sans parler des images qui s’y diffusent en boucle : on peut faire confiance à nos médias pour sélectionner les plus trash et les plus anxiogènes. Les lits de réanimation et leur machinerie angoissante ont une cote d’enfer ! Surtout s’ils s’assortissent de commentaires glaçants sur les « choix » à opérer quant à l’âge à partir duquel certains n’y auront plus droit ! Quant à nos gouvernants, on dirait une bande de gamins qu’on aurait jetés à l’eau avant de leur apprendre à nager. Barbotage et cafouillage sont les deux mamelles de la France ! Sans compter que sur le grand air du « Rien ne sera plus comme avant » ils nous promettent la lune « quoi qu’il en coûte » tout en buvant copieusement la tasse !

Je ne raconte pas tout ça par goût de la polémique ni même pour critiquer véritablement qui que ce soit. Ce qui me frappe dans l’épisode que nous traversons, c’est qu’il nous permet, comme tous les événements dramatiques hors de l’ordinaire, de mesurer le saut anthropologique que nous avons fait en 50 ans. Car, à l’hiver 69-70, une grippe particulièrement agressive nous a durement touchés si l’on en croit les chiffres : 31 226 morts (dont 25 000 pour le seul mois de décembre). Rien qu’en France. Nous l’avons connue sous le nom de « grippe de Hong-Kong » mais il est patent qu’elle n’a laissé pratiquement aucun souvenir dans les mémoires de tous ceux qui l’ont traversée indemnes. Retournons-nous quelques instants vers le contexte de l’époque.

1) L’hôpital des villes moyennes est un lieu vieillot et assez peu équipé où l’on n’envisage de se rendre vraiment que faute de mieux. Seuls quelques grands hôpitaux spécialisés, par exemple dans le traitement du cancer, ont la cote et font partie d’un parcours obligé pour les malades. Je vais prendre un exemple personnel qui illustre assez bien la médecine de l’époque (il s’agit ici de la fin des années 50). Ma grand-mère, chez qui je vis en ce temps-là, a fait 3 AVC sérieux, voire graves en 2 ans. A aucun moment il n’a été question d’hôpital ou de clinique. On s’est contenté de lui aménager un lit dans la salle à manger et son médecin est passé tous les jours jusqu’à sa guérison. Le traitement de première urgence a été l’application de sangsues et la prise de préparations pharmaceutiques (à cette époque, beaucoup de médicaments étaient fabriqués par les « préparateurs en pharmacie »). Elle a surmonté ces 3 « attaques », mais une aggravation de ses symptômes n’aurait pas, nous le savions, entraîné son transfert à l’hôpital dans la mesure où il était estimé que la « chirurgie » n’y pouvait rien.

2) Les EHPAD ou maisons de retraite en tout genre n’existaient tout simplement pas. Les gens mouraient plus tôt en âge et ceux qui vivaient plus longtemps étaient, pour la plupart, « casés » dans leur famille. Il existait des « hospices » dont le nom même effrayait beaucoup : ils étaient souvent sordides. C’étaient des mouroirs accueillant des vieillards qui n’avaient pas de famille ou qui étaient indigents. Les conditions d’hébergement y étaient telles qu’elles ne garantissaient ni hygiène, ni prophylaxie, ni même maintien d’une quelconque dignité humaine. C’étaient des établissements pour la plupart aux mains des bonnes sœurs. Sans grand recours médical, donc sans intervention excédant les ressources de l’armoire à pharmacie des religieuses.

3) En 69, quand survient la fameuse « grippe de Hong-Kong » (on sait depuis qu’il s’agissait du virus H2N1), personne dans la population française, y compris parmi les médecins de ville, ne sait de quelle ampleur ont pu être les dégâts, un an plus tôt, dans le territoire-source ou censé l’être. En ce qui concerne la Chine Populaire qui, si elle n’en fut pas la véritable source, dut nécessairement en être touchée, la Révolution Culturelle y battait son plein et les morts d’infection, s’il y en eut, sont largement passés sous les radars : ces morts n’ont représenté qu’un pourcentage négligeable dans les ravages mortels causés par les désordres et, de toute façon, la Chine isolée et non reconnue (sauf par la Suisse et la France) n’aurait en aucun cas « communiqué » sur le sujet avec les autres nations.

4) En France, quand l’épidémie survient, elle semble n’avoir fait l’objet d’aucune attention particulière. Sans doute le corps médical est-il averti et mobilisé, mais la population continue à vaquer à toutes ses occupations sans aucune mise en garde particulière. A l’époque, chacun sait que la grippe n’est pas anodine (beaucoup de gens ont connu et même personnellement traversé la meurtrière « espagnole » de 18-20), mais on compte sur les cachets d’Antigrippine, les ventouses et les sinapismes à la moutarde pour en limiter les assauts. Tout le monde a tout ça à la maison et s’apprête à en faire usage si besoin est. Chacun sait aussi qu’il y aura des morts. Généralement, les plus âgés, les malades d’autres pathologies, les vulnérables, les asthmatiques. C’est le tribut exigé par le virus. Chacun l’a tacitement entériné et, si l’on peut dire, « accepté ». Seulement, cette année-là, le virus ne se contente pas de miettes, il est extrêmement gourmand : plus de 30 000 morts, c’est hors-normes ! Mais ça ne va pourtant rien changer à nos modes de vie…

5) Pourquoi ? D’abord, parce que l’on connaît encore fort mal les virus et qu’il est difficile de les identifier pour les épingler dans une « famille » déjà repérée. Si les inflammations non virales sont désormais bien jugulées par les antibiotiques dont la gamme s’est beaucoup étendue, les virus laissent encore sans armes. Les pneumopathies sévères qu’un certain nombre d’entre eux génèrent prennent la médecine au dépourvu. Exactement comme elle l’a été pendant des années un peu plus tard lors de l’apparition du HIV. (On ne peut évidemment que se féliciter des progrès qui ont été faits à l’échelle mondiale dans l’investigation et l’obtention de vaccins contre ces agents pathogènes. Idem pour l’équipement des hôpitaux en matériel de toutes sortes permettant les « sauvetages » que l’on voit aujourd’hui).

6) Pourquoi, d’autre part, n’avons-nous ressenti aucune peur (et encore moins panique) particulière en cet hiver 69-70 ? Parce que nous n’étions pas informés de ce qui se passait. Ni en France, ni ailleurs dans le monde. A notre disposition comme fenêtre sur le monde et l’hexagone, la radio et l’unique chaîne de télévision. Moyen de communication : chez les plus nantis, un téléphone filaire (difficile à obtenir et installé au compte-gouttes). La télé nous avait montré les premiers pas de l’homme sur la lune, mais elle ne s’est pas fendue d’un commentaire sur l’hécatombe qui était en train d’avoir lieu. Le Journal télévisé a, cette année-là, comme tous les ans, traité la grippe, façon « marronnier », comme un désagrément hivernal. Il faut dire qu’elle n’avait pas de médecins vedettes pour animer ses programmes. Jamais nous n’avons été au courant de ce qui se tramait et des embouteillages dans les morgues et les cimetières. Pas vu, pas su. Tout le monde a eu la discrétion de mourir à domicile. Sans micro, ni caméra. Le Président Pompidou ne nous en pas entretenus, la vie politique a suivi son chemin et nos petites vies tout court aussi. Au sortir de l’ornière, c’était le printemps et personne n’a eu l’impression d’être un « survivant » (et ça, c’est presque dommage !).

On entrevoit pourquoi je parle de « saut anthropologique » en 50 ans ? Parce que nous sommes dans un tout autre monde. Certainement pas « le meilleur des mondes » pour autant. Nous sommes hyper connectés : chaînes de télé mondiales en continu, Internet, réseaux sociaux, téléphone qui nous suit partout. Cela fait surtout de nous des hyper paniqués dans le moment présent et qui n’ont de cesse d’alimenter leur panique. Suivre l’évolution des décès heure par heure sous toutes les latitudes et dans tous les pays, je ne suis pas sûre que notre espèce y soit bien adaptée. Surtout quand la seule action est l’inaction ! Sauf bien sûr pour tous les soignants qu’on applaudit tous les soirs faute d’être venus efficacement à leur rescousse avec les outils de la démocratie quand ils « criaient au loup » ! On nous dit qu’il y aura un « avant » et un « après ». Je ne le sens pas, cet « après ». D’abord, comment va se passer la sortie du confinement ? Quels dégâts aura-t-il semés ? Psychologiques, indéniablement. Economiques, ça va de soi. Sociaux, c’est à craindre. Quelles « bonnes résolutions » le pays est-il prêt à prendre ? Et que vaudront-elles ? En 69-70, l’« après » a été exactement comme l' »avant ». Ni vu ni connu. Mais ce qu’on va appeler « l’incurie » de l’époque (et qui aujourd’hui ferait scandale) a permis à une majorité de la population d’être en contact avec le virus. Certains ont eu une « grosse » grippe, d’autres ont été plus asymptomatiques, mais tous ceux-là ont fabriqué des anticorps et consolidé leurs défenses immunitaires. Alors que le confinement nous « protège » en nous désarmant. Progrès ? Oui sans doute… Pourrait-on admettre aujourd’hui, alors que notre relation à la durée de vie et à la mort a été très profondément modifiée, qu’un gouvernement laisse, comme en 69, se propager une épidémie sous le prétexte de muscler nos défenses immunitaires ? Un constat s’impose : le principe de « précaution » a lui aussi profondément muté en 50 ans.

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45 réflexions sur « Pandémies : deux époques, par D.H. »

  1. En 1969 la population française est de 50,7 millions d’habitants (Wikipedia). Imaginons Covid 19 la dedans et son 1, 33% de lethalite en 2020 (hypothèse sud Coréenne d’après wikipedia) appliqué à 50% pour une immunité de groupe (hypothèse R0 à 2 pas de barrière initiale à l’epodemie). Ça nous fait dans les 337 000 morts soit en gros10 fois le chiffre de la grippe de Hong Kong à laquelle vous comparez la situation actuelle (on ne fait rien pour contenir l’épidémie).

    1. je ne crois pas ( même si je comprends le sens de votre calcul que je n’ai pas vérifié ) que ce soit ces considérations de projection mathématique qui éclaire la panique et la justifie .

      1. Il s’agit pourtant ici de deux simples multiplications :
        50 700 000 x 0,5 x 1,33 % et le calcul peut se faire de tête :
        partons de 50 millions la sous estimation ne sera que de 1,4 % et les nombres en cause ne sont vraisemblablement pas gravés ans le marbre avec une telle précision.
        La moitié c’est 25 millions
        1 % c’est 0,25 millions soit 250 000
        on est déjà dans l’ordre de grandeur
        1,33 % il faut rajouter un tiers
        250 000 + 83 000 soit 333 000
        et si l »on rajoute les 1,4 % pour faire bonne mesure (4500) voilà les 337 000.
        Pas besoin de calculette, de tableau excel ni même ici d’exponentielle !
        Avec 67 millions, 60 % et 2,1 % le résultat est supérieur
        le troupeau est sensiblement 67 millions x 0,6 = 40 millions
        soit pour 2,1% : 840 000 environ
        et pour 0,85 % 340 000 environ (autre taux le plus optimiste)
        C’est l’estimation de l’enjeu !
        Il n’y a pas de raison de paniquer, et ce calcul est à la disposition de tous y compris nos dirigeants avant même le premier mort en France.
        Ce qui est cetainement différent de la situation en 1969.

        Apparemment certains se refusent à un tel calcul simple, pas par incapacité mais par appréhension, biais cognitif, comme si ne pas calculer, ne pas vérifier, permettait d’espérer que ces chiffres soient faux et surtout de ne pas les énoncer (voir communication gouvernementale versus papier imperial college).
        Pour les dirigeants il n’y a en fait pas de solution disponible autre que non médicales, qui incombent à chacun (mesures « barrière ») encore faut-il en faire au plus tôt la propagande ou qui relèvent du politique : diminution drastique des contacts, interdiction des déplacements, mesures de quarantaine systématique, séparation en isolats de population contrôlés. assignation à résidence (confinement), prise en charge mutualisée au nom de la collectivité nationale des conséquences économiques.
        Toutes ces mesures sont à prendre plus ou moins rapidement en fonction de la connaissance que l’on a des moyens disponibles capacité de test, masques, lits équipés.
        Il ne semble pas qu’il ait de panique, la sidération est la règle et l’on n’a pas vu de collectivité se substituer à l’Etat pour controler leur population et isoler leur territoire comme à Codogno.
        à part quelques Ephad qui prennent l’initiative de s’enfermer avec leur personnel pour protéger leurs clients.

        Comme le proclame le premier Ministre il ne laissera pas dire qu’il y a eu du retard dans la prise de décision, va-t-il fermer le Web ?

        Soit mais alors n’y a-t-il pas eu retard dans la prise de conscience ?
        Fallait-il un certain nombre de morts locaux pour y arriver ?

        Est-ce celà qui suscite la panique chez certains ?
        Pourquoi la vue de malades hospitalisés bardés de tuyaux d’asssistance respiratoire devrait provoquer la panique ? n’est-ce pas plus réconfortant de tricher ainsi avec la nature que de voir un malade toussant s’asphyxiant chez lui ? (on ne l’a pas vu).
        La panique (ou la motivation) de nos dirigeants étant de ne pas être pris en défaut de fournir cette prestation à tout ceux qui pourraient en bénéficier raisonnablement.
        Rien dans les perspectives annoncées ne nous dit ce qui est envisagé (tests et masques aidants) pour se substituer à la tactique actuelle de confinement généralisé. si l’on reste en dessous des capacités heureusement portées à 15000 en assistance respiratoire, sachant que le séjour est d’environ 20 jours on ne peut traiter que 750 patients par jour avec et avec un succès des 2/3 même si la mortalité n’est que de 1 %, la limitation à 250 morts par jour ne permets d’envisager l’immunité du troupeau qu’en 400 000 / 250 = 1600 jours soit 4,5 ans
        si l’on a un vaccin comme promis disponible en quantité sous 18 mois (1,5 ans), le bilan devrait s’établir à 133 000, épargnant le raccourcissemment de 266 000 vies.
        Tout ceci impliquant de maintenir l’essentiel des mesures actuelles pendant cette la période, sauf à l’adapter un peu ou la suspendre pour de brefs intervalles.
        Sauf bien sûr si en attendant on peut appliquer des méthodes éprouvées en chine, (test ségrégation tri) et protection de la population restée naïve par recherche systématique des cas contacts mais en partant avec retard.
        Curieusement si l’on ne change pas de tactique et que l’on garde la théorie de l’aplatissement de la courbe à nos capacités d’assistance respiratoire, le nombre de morts obtenus avant l’arrivée du vaccin est directement proportionelle à cette capacité largement augmentée !
        La question posée mérite de l’être !

    2. Ce taux de létalité de 1,33% est très sujet à caution. Il se base sur le nombre d’infectés dont on n’a qu’une idée très vague. La raison principale est que beaucoup d’infectés ne présentent absolument aucun symptôme. La Corée du Sud a pratiqué beaucoup de tests, mais ça n’en reste pas moins probablement très lacunaire par rapport au nombre de cas réels d’infection dans la population.
      Je ne sais pas pourquoi tout le monde se braque sur le nombre d’infectés découverts, alors que sa seule utilité serait ici de pouvoir les mettre rapidement en quarantaine. Pas d’en tirer des conclusions sur la létalité du virus qui ne relève absolument pas de la peste bubonique ou d’ebola (ou même du cancer et autres fléaux bien connus).
      Ce point seul me fait déjà soupçonner qu’on est en mode « panique irrationnelle collective ». Sans doute le fruit d’une société hyper-connectée.

      1. OK si vous faites la fine bouche prenez le tx de lethalite 1,1% du taux de Lethalite du Diamond Princess. On est pas bien loin de mon calcul 279 000 morts. Très au dessus des cas de la grippe de 69.

      2. Il n’y a rien d’impossible à ce que la dangerosité du virus soit réellement exceptionnelle et qu’en même temps la panique soit essentiellement due à « l’hyper-connexion ».

        Il faudrait peut-être aussi tenir compte de ce qu’un petit nombre de gens (assez nombreux dans les médias ?) étaient au courant des deux précédentes épidémies de coronavirus (sans parler de la grippe espagnole de 1919) et de l’inquiétude des spécialistes.

      3. Même le taux de létalité d’un endroit confiné comme un paquebot de croisière gonfle probablement la dangerosité du virus. Il me semble, peut-être à tort, que la moyenne d’âge de ces croisières est plus élevée que celle de la population de nos pays (dont la moyenne d’âge est déjà plus élevée que celle des pays du tiers-monde).
        Je penche pour ma part, sur base des chiffres lus ci et là à partir de la contagion chinoise, sur un taux de létalité compris entre 0,3% minimum et 1% maximum. Soit entre 3 et 10 fois plus mortel que la grippe saisonnière. Ce n’est pas négligeable en nombre de morts (déjà pour une grippe « normale »), d’autant que l’épidémie va toucher plus de monde. Mais de là à tout arrêter ? Fera-t-on aussi le compte des morts causés par le report de soins aux patients d’autres maladies ? Voire aux désordres sociaux qui risquent de survenir si on persiste en un confinement dur pendant des mois ?
        Bref, je ne sais pas. La situation est trop complexe pour avoir des avis aussi tranchés que ceux que je vois parfois ici. Attendons la fin de la crise pour y voir plus clair.
        En tous cas, il me paraît bien clair qu’on n’aurait pas eu de confinement en 69. Même avec 200 000 décès. Tout ceci se serait passé dans une indifférence quasi générale.

  2. Bien vu, mais ne faites vous pas allusion à la grippe asiatique de 1957 – H2N2 – qui décima près de 100 000 personnes dans l’hexagone (3 millions dans le monde) ?
    Quant à la sensiblerie de notre époque en rapport à la rugosité au mal des périodes antérieures, je la mettrai sur le compte de plusieurs facteurs – déjà 2 générations, dans les pays occidentaux en ajoutant la chine qui n’ont connus les affres de la guerre et donc qui n’entretiennent plus de rapport étroit avec la menace d’une mortalité massive et hasardeuse – une société atomisée où le risque n’est plus dilué par l’appartenance au groupe – et un système communicationnel permanent et inter-connecté qui exacerbe le comportement mimétique et donc la propagation de la peur.

  3. La comparaison de deux photos à cinquante ans d’écart est toujours saisissante , mais je n’ai pas compris , hormis la mention  » in extremis » du principe de précaution , ce que vous voulez mettre en évidence .

    Selon le même procédé , on pourrait photographier la situation des femmes , le quotient intellectuel moyen des élèves de CM2 , l’attitude des enfants , la mortalité infantile , les règles de savoir vivre , le poids des agriculteurs , les congés payés de par le monde , la population des peuples sous domination coloniale , le nombre de voitures personnelles ou de téléviseurs , que sais je ?

    C’est sans doute bien une approche d’anthropologiste mais à partir de quand fait elle sens au delà de la mesure du réel ?

    1. moi j’ai trouvé la mise en perspective intéressante :
      – (point 6) à quoi tient notre panique (et pourquoi universellement pour du PQ ! Et pas du sucre et des haricots comme durant les crises internationales et les guerres) ? D’abord à de la surinformation en temps réel. Aujourd »hui les medias nous saturent de morts, de chiffres ininterprétables car sans contexte de la mesure. On nous colle le nez à la vitre, on nous aveugle. (On a l’impression qu’ils s’abstiennent de débats politiques, telle par exemple une enquête sérieuse sur les masques — que des signaux disent de ne pas aggraver les difficultés psychologiques des gens). Et les Rsx Scx nous saturent d’émotion positive, de polémiques clivantes, etc. Jadis les gens n’avaient pas tous le téléphone, et le commentaire se limitait à la recette culinaire, aux pronostics, avec voisins et collègues… Et il n’y avait pas cette mondialisation du travail et du tourisme.
      Rappelons nous aussi que nous avons connu les morts de la canicule 2003 par les entreprises de pompes funêbres débordées. Il y eut à peu près trois semaines de déni et d’ignorance. Il y a moins de 20 ans.
      – ce que le confinement comporte d’allongement de l’épidémie à plusieurs mois incertains.
      Bref, prendre conscience de ce que nous vivons est encore difficile. Et peu travaillé (même ici sur ce blog). Le public va-t-il faire la fête ? Ou, déprimé, restreindre sa consommation ? Poser des questions essentielles ? Et faire consensus sur un programme nouveau ? et arrêter le monde ancien ?
      Notre ignorance par le passé explique notre incapacité actuelle à nous projeter concrètement dans une force sociale bien dirigée et bien orientée. Il faut des mois et des années pour accoucher d’un Fidel Castro ou d’un Programme du PNR. Le pouvoir se prépare pour nous en détourner « quoi qu’il en coûte ». Et le RN a une dangereuse longueur d’avance pour se proposer en cas de « dégagisme »…

      1. Personnellement , le questionnement posé par DH , même s’il a une déclinaison et une illustration franco-française , ne me semble avoir d’intérêt que s’il fait un tiré à part d’un phénomène peu ou prou ( surtout prou ) mondial . En ce sens , j’aurais bien aimé de plus longs développement sur le principe de précaution , le développement soutenable , l’opposition santé /économie .

        Je ne suis pas assez RN pour tout ramener à mon pays préféré , et penser que le dégagisme va faire mon bonheur à coup sur et certain .

      2. J’ai repensé à tout ça en m’endormant et mon trio principe de précaution / développement durable /opposition santé- économie , ne me semble pas finalement une bonne conclusion à l’étonnement de DH lorsqu’elle (?) compare deux pandémies à cinquante ans d’intervalle . Il faut dire , à ma décharge et à ma lâche accusation de ma part de trop de données et questions dans son billet , qu’il est encore un peu tôt pour dégager des lignes de force .

        J’ai eu le temps avant de plonger dans les bras de Morphée , de rester sur l’idée que la meilleure analogie un peu éclairante sur les évolutions historiques pouvait être recherchée avec la violence faite aux femmes considérée comme une pandémie maladive .Et il m’a semblé que le vecteur commun de la « révolte » , c’était le « porter à connaissance  » massif et universel , qui rencontre , de façon tout aussi universelle , ce « fond d’humanité commune » souvent évoqué ici .

        Pourquoi ai-je l’angoisse qu’il soit plus facile de se débarrasser d’un virus ( c’est de la science et de l’organisation ) que de la violence faite aux femmes ( c’est de l’amour et de la lutte intraitable contre les jouisseurs ) ?

    2. Moi aussi j’ai trouvé la mise en perspective très intéressante. Je me souviens dans mon enfance (les années 70) qu’en voiture nous pouvions jouer dans la voiture librement pendant que mon papa conduisait. A l’époque c’était normal. Aujourd’hui, on aurait des évanouissements de frayeur. Le risque était-il moins grand à l’époque. Pas du tout, le nombre de morts sur la route était (forcément) largement plus élevé.
      Même chose pour la pédophilie et les prédateurs sexuels. Les enfants jouaient librement dehors et allaient tous au catéchisme. Aujourd’hui aussi bien l’une que l’autre situation sont devenues relativement rares. Avions-nous moins de criminels détraqués à l’époque ? Que nenni. Aimons-nous plus nos enfants ? J’en doute.
      Sans vouloir disserter sur ces changements anthropologiques, ce que je laisse aux experts, je ne peux que les constater. Et la réaction à cette grippe semble en relever.

  4. Quelque soit le nombre d’habitants, la mort a été toujours l’évidence et sera toujours là.
    Quelque soit les diverses formes de guerres, elles ont toujours tué.
    Pour ma part pourquoi l’humain n’a t’il pas le droit de mourir dans la dignité ?
    Maintenant c’est le célèbre virus demain ça sera autre chose.

    1. La question posée par D.H me semble pouvoir être : pourquoi ce « virus » nous met en panique plus ( ou moins ) que  » autre chose » ?

      1. C’est exactement ce que je cherche à comprendre aussi. Je suis confiné et je ne peux m’empêcher de me dire « m’enfin, tout cela est-il bien raisonnable? ». Remarquez qu’il y a deux semaines je pensais plutôt « vite, déclarons le confinement généralisé ». Je crois que j’étais aussi en mode panique irrationnelle. D’abord on s’enfuit de peur, puis en courant, on se met à réfléchir…

  5. Entièrement d’accord avec la question conclusive de Juan.
    Il y a une dimension autre avec le cov19, les politiques savaient, l’OMS savait…
    Alors qu’ils savaient, comme pour le VIH, comme pour le sang contaminé, les politiques ont fait des choix.

    Covid-19. Un scandale d’État plus grave que celui du sang contaminé.
    https://blogs.alternatives-economiques.fr/gadrey

  6. la voiture en France :

    1972 : tout le monde rigole et trouve normal ( j’en sais quelque chose , alors qu’avec deux copains syndicalistes on essayait , dossier technique à l’appui , d’alerter le personnel politique et sur cette catastrophe ). On affiche 18 000 morts et plus de 380 000 blessés .

    2019 : 3300 morts et 70 0000 blessés .

  7. Ah, est-ce que nos « vieux » ne jouent pas le même rôle d’empêcheur de vivre vite et en rond que le rôle joué par la propriété privée pour les inégalités dans la société ?

    Je m’explique : la propriété privée est la jolie béquille du capitalisme. Une fois les gains faits (via les intérêts hélas), il faut remercier la classe des entrepreneurs et autres capitaines de chiourme qui ont géré la plèbe mais ne sont pas grands capitalistes eux-mêmes (le personnage à la casquette militaire dans « La survie de l’espèce »). La propriété privée permet de garder cette classe des 0,1% à 10% au service du capital, tout se renchérit dans ce flux de grosses miettes, et les pauvres vont « plus loin ». L’héritage est alors ce qui maintient le système au niveau social (éducation « grandes écoles »+ propriété transmise, cela en phase au sein des 1-10% riches, et plus rien ne bouge).

    La différence entre 1968 et 2020, c’est 12 ans d’espérance de vie, et donc un triplement au moins de la vie à la retraite pour les travailleuses et travailleurs, vue l’abaissement de l’âge effectif de la retraite de 2-3 ans environ entre temps (64 à 61 ans entre 1968 et 2010, source CNAV).
    Dans le cas du Covid-19, ça change pas mal la perception. La mortalité « de horde » ne serait « que » à 100 000 avec la population de 1968, et en plus, la période baby-boom n’étant que tout juste terminée, on gardait une impression d’expansion nataliste et de « liquidation » du passé.
    Au contraire, un peu comme avec la ppté privée qui joue le rôle de « point fixe » du système, nous avons une population qui a justement construit ce système de santé, et qui en a profité (+12 ans). Il serait délicat de l’en priver au moment du plus grand besoin, dans quelle glace pourrions nous nous regarder ?

    C’est donc le miroir du « système » que nous regardons, et qui nous « congèle » chez nous . C’est une congélation momentanée et extrême, alors que la « congélation sociale » du régime capitaliste, et de son bras propriétariste, se fait, elle, à feu doux, mais congèle le progrès social tout autant (on me dira de façon rebattue que les tigres asiatiques et la classe moyenne chinoise ont eux énormément progressé, c’est vrai mais dans 20 ans au plus, ils entameraient le même grippage inégalitaire que nous).

    C’est un cas où la rapidité des évolutions, énorme dans une vie humaine, est impressionnante, puisqu’elle fait passer d’un régime de laisser-faire à un régime de paralysie quasi tétanisée, que je n’attaque pas ici.
    Je dis juste que c’est l’occasion de voir en combien de temps les choses se grippent.

    Et se de rappeler que la durée du « jubilée » biblique est de …50 ans (~7×7 ans, ça semble être dans le Lévitique (le n°3 sur les 5 du pentateuque, la période à 7ans étant un de mémoire « un petit jubilé », une « pause » comme le shabbat, pour les dettes , les serviteurs, la terre etc.).

    C’est en fait en régime transitoire le temps qu’une génération rende les choses impossibles à une autre, on le savait et on l’a oublié ou réglé assez souvent à coup de guerres, de colonisation, quand la décimation ne venait pas de l’ennemi bactériologique (Yersina…).
    Contre cet embêtant « transitoire » sur lequel surfer est dangereux à tous les coups, que faire sinon le désamorcer par les communs et par exemple par les gratuités des subsistances ? Je préciserai que, pas maso, je n’y inclurai nullement les pangolins.

  8. Selon, Wikipedia (?) qui se souvient de 1968 :
    « La grippe de 1968 ou grippe de Hong Kong était une pandémie de grippe qui a eu lieu dans le monde entier à partir de l’été 1968 et jusqu’au printemps 1970. Elle a tué environ 1 million de personnes et a été causée par une souche réassortie H3N2 du virus H2N2 de la grippe A.  »
    J’entends dire qu’il faudrait relire « L’étrange défaite » de Marc Bloch.

  9. Point de vue intéressant… Mais je ne partage pas vos « conclusions ».
    Récemment, Alain Badiou a lui aussi fait part de son grand scepticisme quand à un hypothétique changement post-COVID-19.

    Un changement de paradigme se doit-il de reposer sur un précédent historique comparable qui viendrait valider sa possibilité d’achèvement ? Je ne le crois pas.
    Et on trouverait sans doute un grand nombres de raisons -spécifiques à la période- pour lesquelles « En 69-70, l’« après » a été exactement comme l’ »avant ». »

    Il est bien vrai que l’hyper connectivité favorise certainement l’hyper affolement, l’hyper commentaire, l’hyper réactivité…
    Mais, utilisée à bon escient, elle ouvre aussi des chemins de coopération et d’organisation autogérée. Des prises de conscience partagée qui se nourrissent les unes des autres.
    Une bifurcation est donc possible. Mais elle repose strictement sur la capacité et le courage que nous aurons à nous engager dans le combat irréductible qu’il faudra mener contre des forces furieusement conservatrices. Forces dont on sait par ailleurs de quelle violence elle sont capable lorsque leur survie est menacée.

    Ce temps de confinement offre un temps mort dans (la plupart de) nos routines bien réglées. Allons-nous en profiter pour élaborer des lignes directrices suffisamment désirables, des projets suffisamment concrets, pour que, le moment venu, nous puissions focaliser nos forces dans le grand renversement…?

  10. Il semble que Covid 19 comme ses précurseurs depuis la grippe « Espagnole » montrent la vulnérabilité d’une espèce tellement orgueilleuse qu’elle se pense invulnérable ou du moins se pensait invulnérable car de Cormac McCarthy à Paul Jorion les avertissements se sont multipliés récemment de notre mortalité annoncée. A bousiller l’environnement les saletés commencent à se réveiller. Il s’agit du tout début des catastrophes épidémiologiques comme idéologiques qui vont nous amener à un goulot d’étranglement de survivants dans les prochaines décennies dont rien n’assure qu’il permette notre survie. La gravité de la situation n’est pas comprise par les journalistes qui n’ont pas la hauteur de vue nécessaire d’un Jorion ou d’un Diamond. Mais la lucidité n’est pas une garantie de survie, elle est la certitude d’un suicide, hélas.

  11. Non mais celui la doit être beaucoup plus virulent et dangereux , on confine pas la terre entière au risque d’une dépression économique pour rien , l’inconscient collectif ressent ce genre de choses , et observez bien les regards d’animaux affolés des décideurs pendant leurs discours

  12. Peut être est il trop tôt pour comparer avec l’hiver 69/70?

    Apparement , on ne sait pas si on développe une immunité sur le long terme , on ne sait pas pourquoi des jeunes ( cas rares) sont touchés , on ne sait pas d’où provient l’épidémie ( pangolin?), on ne sait pas dans quels délais on trouvera un remède , on ne sait pas à quel point le monde sera touché.

    Ce qu’on sait , c’est qu’il est horrible de mourrir étouffé. Pollution oblige, n’est ce pas le sort qui va advenir des prochaines générations si rien n’est fait ?
    Ce que l’on sait , c’est que la baisse de la pollution est réelle quand transports et activités industrielles humaines sont quasi à l’arrêt .
    De quoi réfléchir sur un avenir catastrophique que l’on considérait comme inéluctable , parce que même devenir écolo à son petit niveau n’aurait pas changer la donne.
    Peut on survivre dans un monde où l’incroyable consommation de pétrole permet de se faire livrer n’importe où dans le monde .

    Ce que l’on sait , c’est que l’instinct de survie oblige. Il est donc désormais possible que le monde change , que certaines productions soient relocalisées , qu’une efficacité en matière écologique soient enfin recherchée.

  13. Excellent commentaire .Ceci posé il y a eu 2 épisodes effectivement .La grippe asiatique de 1957 et la grippe de Hong-Kong de 1969 .Comme j’ai eu les 2 je m’en souviens mais autour de moi peu en ont le souvenir.A préciser que les médecins se déplaçaient et soignaient à domicile et sans compter leurs heures et toutes les catégories socio-professionnelles n’avaient pas de sécu.
    Merci à vous.

  14. Le « saut anthroplogique » est perceptible aussi au sein des sociétés occidentales en ce qui concerne nos relations avec la mort. Qu’elle soit individuelle ou collective, elle semble de moins en moins acceptée comme relevant de l’ordre des choses.

    1. Si devait revenir une période avec des mortalités régulières de 1 à 3% sur diverses tranches d’âges, @arkao, (à voir pourquoi et comment ce serait inévitable, simple hypothèse), pas de quoi menacer le futur plus que dans les siècles des siècles en termes de démographie gobale, et même moins,
      faudrait-il longtemps pour qu’on re-saute dans le régime antérieur, d’acceptation des disparitions et des contacts précoces des enfants avec cela ?
      A mes 13 ans, on m’a écarté des funérailles d’une grand-mère (non francophone, je n’avais guère il est vrai de facilité à échanger avec elle).
      Dans un monde agricole ou villageois, le tocsin sonnait, on savait pour qui, les animaux mourraient, on les voyait.

      Ce sont des choses assez simples qui ont ainsi fait ce « saut », …des composantes que la ville et le système sanitaire ont écarté de notre chemin.

    2. Soit on acceptait plus facilement la mort (individuellement) soit on s’interdisait d’y penser (collectivement) dans certaines circonstances.

      Un exemple, quelque peu éloigné dans le temps et dans l’espace, est décrit par Jules Verne dans Le tour du monde en 80 jours à propos de la traversée des États Unis par son héro: à l’époque les voyages y étaient considérés par les européens comme étant très dangereux à cause de gout prononcé des habitants pour les records de vitesse qui provoquaient de nombreux accidents de trains et explosions de bateaux à vapeur (les historiens ont confirmé la chose par la suite.)

      Pour autant que je sache les risques que les conducteurs d’automobile sont disposés à encourir (souvent plus pour la gloire que parce qu’ils sont réellement pressés d’arriver) diffèrent fortement de nos jours d’un pays à l’autre.

      Le ridicule auquel on s’expose en prenant des précautions jugées excessives contre le coronavirus n’est il pas comparable ?

  15. Merci pour votre texte et la perspective qu’il dégage.

    Je me demande ce qu’on aurait pensé, un an après mai 1968, de la possibilité même d’un confinement généralisé de la population, décrété par le Ministère de l’Intérieur (Raymond Marcellin en l’occurrence), du déploiement de milliers de policiers et d’autant d’amendes quotidiennes. De l’obligation de confectionner son propre laisser-passer (un exemple d’auto-gestion?). De l’usage exclusif de la rue par les journalistes, politiques et policiers. Du fait qu’il est devenu obligatoire d’interdire. Aurait-on déprogrammé le festival de Woodstock pour cause de grippe?

  16. Les hommes ont besoin de certitudes ,et notre époque n’y échappe pas.c’est souvent la porte ouverte aux charlatans,car nous sentons perdus,impuissants
    Je voulais parler du confinement,cela serait un gain immédiat sur la maladie,mais tel que je l’ai lu ,l’ouverture vers une pandémie par vagues ( 1 ère vague , confinement,2ème vagues ,confinement, et ainsi de suite) jusqu’à ce que la population soit assez immunisé en nombre pour que le virus ne se répande plus.ou que l’on trouve un médicament
    Catastrophe sanitaire et économique . C,est ce que craindraient les Chinois qui ont fermés leur frontière .
    Tout cela bien sûr ,je l’ai lu ,j’ai du temps en confinement et ce n’est qu’une hypothèse à envisager
    Bon confinement à tous

    1. Solution coréenne, semble marcher (1000 tests pour chaque nouveau cas jusqu’à découverte du vaccin, acceptation d’un traçage un peu dérangeant pour les libertés citoyennes, d’où nécessité d’un « comité de salut public » qui veille à cela.

      Reprendre le meilleur du CNR, et l’appliquer, vider le pire de ce qui a précédé (LBD, violences policières, 49.3 anti-social,…)

      1. Excellent bien sûr.
        Mais je crains ( de crainte, synonyme: doute, frayeur, angoisse raisonnée ) que ce ne sera pas possible.

        La BCE peut créer de centaines de milliards d’Euro pour financer ceux qui sont supposés relancer la machine ( donc pas nous) mais quelques milliards pour financer le réalisme social, ce sera pour plus tard. Toujours plus tard. ‘Créer’ semblerait en l’espèce abusif, ce sont des prêts mais nous savons bien qui les remboursera.

        ‘Ils’, les autres, n’ont pas encore perdu leur légitimité. Et ‘ils’ bataillent furieusement pour qu’elle ne soit pas mise en doute, pour qu’on n’y pense même pas.
        Ils nous manque la notion de mandat du ciel, si pratique.

  17. Une des questions du fil est, notamment discutée par Fab Faber, les conditions d’une « révolution » versus une émeute sans lendemain. Selon moi, quatre conditions :
    1/ Il faut une grande perte de légitimité de la classe supérieure, les 10% (les aristocrates en 1789, actuellement les propriétaristes sont parle Timiota – qui a sans doute lu Piketty). Un sentiment d’une profonde injustice sociale. Les aristocrates « lâchent » leurs privilèges politiques dès le début des « Etats Généraux ». Quelques mois avant une « grande peur » faite de rumeurs en tous sens (« des hordes d’étrangers nous attaquent ») ont amené les gens à brûler des abbayes et châteaux. Parfois il faut une défaite « en cours » (France de 1870 et La Commune ; Russie de 1917 et les soviets renversant le Tsar; guerre sino-japonaise en Chine 1949).
    2/ Il faut une profonde misère de la majorité des gens (faim, maladie, insécurité). Notre embourgeoisement généralisé (dont la TV, le tel mobile et le web pour tous) fait sans doute que nous avons « trop à perdre ». L’injustice ne suffit pas. La révolution sociale n’est pas une réponse à une épidémie, elle ne guérit pas. Elle pourrait l’être à un écroulement économique. Sans quoi, « les autres seront trop forts », disons-nous, mais ce sera avec notre faiblesse de motivation.
    3/ Il faut du temps pour qu’un programme se structure. Et qu’un mouvement se structure. Cela fait longtemps que nous ressentons un besoin de programme (et Paul y travaille depuis longtemps) et un besoin de mouvement. Mais, les éléments disparates étant là, la mayonnaise n’est pas encore prise car il faut une nécessité d’aller à l’essentiel et de s’unir sur cela. La présidentielle de 2017 est une mayonnaise ratée de peu, qui a débouché sur une raout indigeste imprévu. Cet effort a été lent et difficile dans la Résistance en France (43-44, entre PCF et les autres, les partis étant atomisés) et dans la Social-démocratie en Belgique (le PCB est décimé). Comptez 18 mois à peu près ! Il fallut 12 ans en Russie (1905 – 1917) et 10 ans en Chine (la Longue Marche 1939-1949).
    4/ Il faut un dirigeant courageux et convainquant. Souvent un homme extérieur (ou dissident) qui donne le bon signal et indique la marche. Et est suivi par un mouvement. Fidel Castro est le plus étonnant : il donne le signal par un coup d’état raté (La Moncada), il est emprisonné puis exilé, il survit d’un débarquement raté et, depuis le monde rural montagnard, il entreprend une conquête guerrière du pays (une néo-colonie des USA gérée par un dictateur corrompu) qui prendra 18 mois.
    5/ Il faut une orientation « progressiste » à tout cela. Relisez, et vous verrez que Mussolini et Hitler (et peut-être Franco) ont réuni ces conditions, et un vigoureux programme de changement, pour le « pire »… (Et vous pensez peut-être cela de Lénine, Castro, Mao, Chavez ou Maduro). Même Pétain, qui fut longtemps toléré par la population pour son projet d’une République « neutre » et profitant de son empire mais « composant » avec l’occupant, s’appuie sur ces conditions. Et je ne sais comment définir un critère, une solution à ce dernier point.

    1. Pour votre 4), oubliez votre référence.
      De Gaulle est un bien meilleur exemple. A la question d’un journaliste US, faisant des bruits de bouche avec le mot dictateur, il répond en substance:  » Vous imaginez sérieusement de Gaulle, vieil homme perclus d’épreuves, se lancer à 68 ans dans la dictature ? » Et il lance immédiatement la décolonisation.

      Pour votre 5): Non. Aucun, surtout. Curieux cette tendance à s’en remettre à un grand homme… Se reposer sur lui, ça vous évite de réfléchir? Le peuple seul est progressiste, il faut en être convaincu.

  18. En me basant sur ces trois assertions:
    – La pandémie a mis en lumière le prix d’un humain dans le dosage productivité/santé (un vieux sous médoc ça rapporte, un jeune qui ne produit pas ça coûte etc..)
    – L’impunité confirmée des 0.1% sur la plèbe lors du crache de 2009. On les a fais cracher au bassinet ces cons.
    – La nécessité d’un internet libre pour l’enrichissement des 0.1%, dosage manipulation/honnêteté qui les emmerde eux qui sont habitués au contrôle total des masse-média.

    Je pense que le traitement par les managers du monde (les invisibles 0.1%) de la pandémie est une démonstration plus ou moins déplorable du contrôle sur leur population. Cet espace possède déjà deux points cardinaux avec un gourou, j’ai nommé Trump et un système, le PCC.

    Les USAs, depuis que je suis en âge de poser des questions, m’a toujours été donné en exemple, car c’est la nation qui a 10 ans d’avance sur le reste du monde. Je pense que cette fois-ci aussi, cette vérité rarement mise en défaut nous promet une fin de l’humanité en fanfare, à moins que …

    1. Un mensonge asséné finit par s’élever au rang de vérité comme la notion de progrès, un moyen pour nous faire oublier l’absence de fin sinon de consommer toujours plus d’énergie en bon élève crétin que sont tous ces économistes biberonnée à la thermodynamique des moyens.

  19. Médicalement parlant, j’ignore si cette ‘pandémie’ de 1969/70 était plus virulente ou pas que le COVID 19, mais je crois que beaucoup s’en souvienne quand on leur pose la question et ravive leur mémoire, en tout cas ma voisine de 78 ans s’en souvient très bien. « j’étais très malade et au lit, toute la famille d’ailleurs, seul mon mari à l’époque ne l’était pas » !
    Pour celle de 1957/58 (grippe asiatique ?) mon père s’en souvient, la seule fois ko et au lit quelques jours.
    Mais apparemment à l’époque, dans un cas comme dans l’autre, la maladie était très peu évoquée dans la presse ou à la radio, et les morts encore moins.
    Mais c’est vrai qu’en 1969, « nous étions dans la lune », enfin sur la lune…

  20. Pas tout à fait sur le sujet, mais un témoignage assez émouvant, et qui donne à penser encore.

    L’écrivain slovène Boris Pahor, 107 ans, est confiné chez lui, et il se rappelle de l’autre pandémie à laquelle il réchappa à l’âge de 5 ans : la grippe espagnole… https://www.causeur.fr/boris-pahor-je-me-souviens-de-la-grippe-espagnole-174612

    Son inquiétude et son espoir valent aussi d’être entendus, parce que le pire n’est jamais sûr, mais il demeure une possibilité. Boris Pahor nous dit :

    « Et pour nous pas de répit. Peu de temps après, ce fut une autre catastrophe : l’incendie de la maison de culture slovène par les chemises noires et le début du fascisme avec l’interdiction de parler notre langue, l’obligation d’italianiser nos patronymes. « Les Slovènes, des poux à écraser ! » écrira le frère de Mussolini dans le journal Populi Roma…

    C’était en 1920, il y a cent ans de cela. Une autre contamination, une peste brune commençait à envahir l’Europe. Et combien y en eut-il ensuite, des milliers et des milliers de poux que l’on s’est acharné à écraser ?

    Je veux espérer que le mal d’aujourd’hui sera différent d’alors, que l’épidémie se trouvera rapidement enrayée. Les peuples n’ont-ils pas assez souffert ? Je souhaite de tout cœur que toutes ces souffrances viennent un jour à nous enseigner la sagesse…» »

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