Mort de masse et « fosses communes », par Arkao

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L’actualité pesante du cadavre, qu’exprime l’odeur qui s’en dégage, devient d’ailleurs le point central de nombreux problèmes dont le principal reste bien celui dont nous parle Ionesco : comment s’en débarrasser. Louis-Vincent Thomas *

Les pics de mortalité génèrent ordinairement des encombrements dans le système des funérailles, qu’il s’agisse de crémations ou d’inhumations. Sans aller jusqu’à parler d’une économie à flux tendus, les acteurs public ou privés concernés ont des volumes de services adaptés à un taux de mortalité moyen, hors crises. L’urgence à faire rapidement « quelque chose » du corps du défunt est la conséquence des processus de décomposition qui interviennent environ 48 heures après le décès. Pour parler de façon non politiquement correcte, un cadavre ça ne sent pas bon et ce n’est pas beau à voir. Les survivants des tranchées de 14-18 en gardaient un très mauvais souvenir et un célèbre fabricant d’alcool de menthe (imbiber le mouchoir de quelques gouttes pour contrer les mauvaises odeurs) a fait son beurre en vendant aux poilus son produit conditionné en petits flacons plats de poche. Après la mort donc, le temps est compté. Les riches sociétés occidentales disposent néanmoins d’une parade, la conservation par le froid (en mettant de côté la chimie, les thanatopracteurs étant tout aussi débordés). Symétrique du confinement des vivants qui a pour but d’étaler dans le temps les soins hospitaliers, le stockage des morts en frigo (comme lors de la canicule de 2003) permet de différer les funérailles.

A défaut de pouvoir conserver les corps plus longtemps que d’ordinaire, bien des sociétés sont contraintes d’accélérer la mise en terre. Aussi les médias ont relayé des images de ce qu’ils nomment des « fosses communes ». Nous avons pu voir ainsi des images satellites de cimetières iraniens avec de supposées longues fosses creusées à la pelle mécanique, des photographies aériennes d’un cimetière à Manaus (Brésil) présentant la même chose, et plus spectaculaire encore une vidéo prise d’un drone du cimetière de l’Ile de Hart à New-York.

Capture d’écran d’une vidéo présentant les inhumations sur Hart Island (New-York Post 9 avril 2020). 

Le ressenti d’une bonne ou d’une mauvaise gestion des défunts est un point sensible pour toute les sociétés humaines. Certains médias utilisent ces images pour illustrer la réalité de la mort de masse avec en arrière-pensées : « regardez, ils nous mentent avec leurs chiffres officiels » ou « regardez comme ils traitent mal leurs défunts dans ces pays-là ». Mais le terme galvaudé de « fosses communes » témoigne mal de réalités plus complexes qui ne sont pas liées qu’à la surmortalité.

« Fosse commune », définition

Dans les sociétés occidentales depuis presque deux mille ans la sépulture idéale, celle qu’on souhaite pour soi ou pour ses proches est individuelle. Une fosse, un corps, telle est la norme avec quelques exceptions. Par exemple, la mort simultanée d’un couple peut engendrer une inhumation commune. Avec le développement des sépultures maçonnées au XIXe siècle se sont multipliés les caveaux familiaux, espaces vides où on dépose les cercueils les uns après les autres. Dans les cimetières urbains surpeuplés, la réutilisation de tombes était fréquente, les ossements du défunt précédant étant repoussés sur le côté pour faire place au nouvel occupant. Le fait de déposer plusieurs corps simultanément dans un seul creusement (aux dimensions appropriées) est dénommé par les spécialistes de l’archéologie funéraire, sépulture multiple (par opposition avec la sépulture simple/individuelle). Au sein de cette catégorie se distinguent :

– des creusements où les corps sont empilés sans ordre apparent, comme jetés dans le trou (et là, la qualification de sépulture pose question). Il s’agit de ce que les médias appellent le plus souvent « charniers ».

– des sépultures où les corps sont empilés de façon organisée, souvent tête-bêche de façon à optimiser l’espace disponible (la sépulture à la mode sardines en boite).

– des sépultures où les corps ne sont pas empilés, mais déposés côte-à-côte.

A chacun de ces modes opératoires correspond une attention plus ou moins graduée envers les défunts par rapport à la norme de la sépulture individuelle. Mais quel que soit le modèle, finir à « la fosse commune » est synonyme pour nous de drame mais aussi d’infériorité économique et sociale.

« Fosse commune » et gestion de la mort de masse

Les sépultures multiples sont associées à des épisodes de surmortalité (épidémies, guerres, catastrophes naturelles ou industrielles). L’urgence à inhumer beaucoup de personnes en un temps court explique le choix de réaliser une grande fosse, plutôt que des dizaines de petites. Il s’agit d’une économie de temps de travail, d’une rationalisation de la gestion des déblais (le décompactage des terres induit un « foisonnement » de 10 à 30% du volume) et d’une économie de surface au sein de l’espace clôt du cimetière (nous y reviendrons). Si l’inhumation de plusieurs corps dans une seule fosse est mal perçue c’est aussi parce qu’elle dilue l’individu dans la masse et qu’elle touche à la question de l’anonymisation des défunts, dommageable au travail de deuil. Dans les cas de certaines catastrophes, l’identification des morts peut être impossible à réaliser. Ainsi, parmi le millier de victimes de l’accident des mines de charbon de Courrières en 1906, 272 corps carbonisés n’ont pu être identifiés. Ils ont été enterrés dans une sépulture multiple, néanmoins surmontée d’un monument commémoratif doté d’une liste nominative.

Photographie de la fosse commune des victimes de la catastrophe de Courrières (carte postale)

La guerre de 1914-1918 inaugure pour le XXe siècle de nouvelles pratiques de gestion de la mort de masse. Si dans un premier temps avec les énormes hécatombes d’août 14 l’utilisation de la sépulture multiple est fréquente, les usages du terrain ainsi que la législation évoluent dans le sens de la sépulture individuelle, qui est de surcroit inscrite dans la loi à partir de 1915 pour les soldats morts pour la France. Néanmoins, lors des pics de mortalités consécutifs aux grandes offensives (Verdun, Chemin des Dames), de grandes fosses longitudinales sont creusées et les corps déposés alignés bien serrés, avec ou sans cercueils. Pour autant, et dans la mesure du possible, l’identité des défunts est recherchée et une croix de bois plantée au-dessus de chaque corps une fois la fosse rebouchée. Il s’agit bien-sûr du cadre général brossé à grand traits et un spécialiste de la période serait en mesure d’objecter avec à l’appui quantités d’exceptions locales.

Plan de « fosses communes » en cours d’utilisation lors de la bataille du Chemin des Dames en 1917. Les numéros renvoient à un registre d’inhumation où sont notées les identités des défunts (Archives de l’ONAC).

La « fosse commune » étant communément considérée comme dégradante, les corps des soldats qui y reposaient ont été exhumés après-guerre pour être réinhumés dans de vastes nécropoles aux sépultures individuelles correctement espacées entre elles ou en ossuaires. Ces opérations ont été réalisées aux frais de l’Etat, sans incidence pour le portefeuille des familles les plus modestes. Eh oui, mesdames et messieurs, les obsèques ont un coût, ce qui nous amène à revisiter la « fosse commune » non pas en terme de mort de masse mais en celui de mort des pauvres.

« Fosse commune », espace, temps, argent

Les morts (entiers ou réduits à l’état de cendres) sont communément déposés dans des espaces dédiés appelés cimetières, qui sont clos, plus ou moins insérés dans le tissus urbain ou villageois et sous compétence communale. Une réglementation stricte (ou l’expansion urbaine) en gèle la superficie pour des décennies et la question des places disponibles est une préoccupation que les maires connaissent bien. Les places (concessions) n’étant pas gratuites, une sélection par l’argent s’opère, les prix variant énormément selon la durée et les lieux (de 25 à 776 € pour une durée moyenne de moins de 25 ans et de 100 à 2253 € pour une durée moyenne de plus de 25 ans).

À cet espace contraint s’ajoute l’obligation pour les municipalités de prendre en charge à leurs frais l’inhumation des « indigents » pour une durée minimale de cinq ans, mobilisant ainsi un espace de concessions. Aussi, depuis la grande explosion démographique du XIXe siècle, les cimetières urbains disposent d’un espace consacré à l’inhumation de courte durée des très pauvres ou des anonymes. Plus que des fosses que l’on bouche au fur et à mesure de l’arrivée des défunts, il s’agit de zones spécifiques où la rotation des corps s’effectue rapidement. Les terminologies employées entrainent la confusion, celle de « fosse commune » perdurant pour désigner une division de sépultures individuelles temporaires en pleine terre. « Commune » se réfère plus dans ce cas au statut commun/communal de la zone qu’à l’inhumation simultanée de plusieurs corps. Depuis 1991, le terme de « carré des indigents » est remplacé par « division à caveaux de terrain commun ». Ces lieux sont destinés à accueillir (toujours pour une durée minimale de cinq ans) les personnes démunies, les sans-domiciles-fixes, les individus décédés anonymement ou dont les familles n’ont pas réclamé la dépouille. 

En région parisienne, les défunts inconnus ou sans ressources pris en charge par la collectivité sont regroupés au cimetière de Thiais, lui-même considéré dans son ensemble comme un cimetière de pauvres par rapport aux prestigieux Père Lachaise et Montparnasse. Les gueux peuvent bien aller pourrir en banlieue. L’ancien « carré des indigents » a été rebaptisé « espace de la fraternité » comme si les mots suffisaient à pallier les manquements de la République durant leur vivant. Les morts y sont inhumés en caveaux maçonnés, ce qui simplifie l’extraction des restes au bout de cinq ans. Même si l’identité du défunt est connue, aucun nom n’est inscrit sur la dalle recouvrant le caveau. Ces sépultures en béton étanche sont équipées d’un système d’introduction d’air et d’évacuation. L’apport d’oxygène accélère la décomposition du corps et les gaz sont filtrés par un système épurateur.

Ce choix de la rotation accélérée en sépultures individuelles s’oppose à celui de la ville de New-York qui privilégie l’entassement au sein de l’espace funéraire. L’Ile d’Hart, au nord du Bronx a été désignée en 1869 comme lieu d’inhumation des démunis. Le mode opératoire est celui de sépultures multiples à empilement des corps. La moyenne journalière de vingt-quatre arrivants à inhumer explique la perpétuation du vieux système de la fosse ouverte que l’on comble au fur et à mesure. Les vidéos récemment mises en ligne nous montrent une tranchée d’environ quatre mètres de large permettant d’y déposer deux rangs de cercueils parallèles en trois couches superposées. Empilement et absence de signalétique de surface pousse à son extrême l’anonymisation des défunts, ce qui constitue une situation qui n’a pas grand-chose à voir avec le cimetière de Manaus, médiatisé récemment, où les fosses une fois rebouchées sont surmontées d’aménagements de tombes individuelles correspondants à chaque défunt.

Inhumations dans un cimetière de Manaus le 22 avril 2020 (AFP)

Les médias nous servent donc de la « fosse commune » à toutes les sauces pour faire frémir dans les foyers, sans recul historique et sans analyses, confondant l’empilement anonyme des corps et les solutions techniques commandées par l’urgence, confondant la mort de masse et la mort des pauvres. La popularité grandissante de la crémation au sein des sociétés occidentales va sans doute modifier nos pratiques quant à la destination finale des restes humains. Reste à savoir si elle va rester libre ou être imposée aux démunis.

* Louis-Vincent Thomas, Anthropologie de la mort, Payot, Paris, 1975

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77 réponses à “Mort de masse et « fosses communes », par Arkao”

  1. Avatar de Paul Jorion

    Hier, parmi mes chansons du 1er mai, j’ai mis Le grand métingue du Métropolitain, chanté par le formidable chansonnier des années 50, Jacques Grello.

    Or dans sa notice Wikipédia, j’ai été navré précisément de lire ceci : « Il fut incinéré en 1978. Ses cendres reposèrent dans la case 19281 au colombarium du Père-Lachaise d’où elles furent retirées au terme de la concession trentenaire, celle-ci n’ayant pas été renouvelée. »

    Les cendres, ça ne prend pourtant pas beaucoup de place…

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    1. Avatar de juannessy

      Je ne connais pas le cas particulier , mais ( Arkao me corrigera si je me trompe ) c’est le cas de n’importe quel défunt si la famille ne renouvelle pas la concession à son terme .

      Sur la possibilité de réunir plusieurs corps sur une même fosse initialement  » réservée » à une personne , c’est les termes de la concession ou le bon vouloir du maire qui en décide . On procède alors à une « réduction de corps  » ( celui qui est déjà enterré ), qui consiste à une exhumation du cadavre généralement tôt le matin , en présence du terrassier et d’un OPJ ; on place ce que l’on trouve dans une caisse en bois de 60x60x40 et on ferme . C’est ce que j’ai vécu en déterrant mon père un lundi matin à 6 heures , pour enterrer ma mère le mercredi après midi à 15 heures .

      Le côté sanitaire des cimetières est parfois difficile à gérer en milieu densément bâti et leur agrandissement toujours délicat , car il faut reconstituer la tranchée drain ( 2 m de profondeur minimum ) de ceinture générale qui est prévue pour récupérer ….les jus et autres staphylocoques .J’ai appris tout ça en répondant à la demande d’un maire pour étudier et réaliser ce genre de fantaisie .

      Dans la version incinération , il faut signaler que ça se bouscule au portillon aussi , déjà en régime de croisière , et sans doute encore plus en période de décès nombreux . Avant même le coronavirus , le délai avant cérémonie était facilement de 8 à 10 jours à partir de la date de décès .

      1. Avatar de arkao

        @Juannessy
        Oui, la réduction du corps est admise et pratiquée. Elle permet de pallier à l’encombrement des cimetières et évite aux municipalités de se lancer dans des projets compliqués d’agrandissement ou de reprise des concessions:
        https://www.amf.asso.fr/documents-la-reprise-concessions-funeraires-en-etat-dabandon/12318
        Les crématorium sont aussi prévus pour un nombre moyen de décès.

      2. Avatar de juannessy

        De ce que j’ai vu , ce sont moins les crématoriums qui coincent ( c’est vite construit ) , ce sont les sites d’incinération maintenant couplés à une salle d’accueil et uns salle de cérémonie , avant le passage de …la porte .

      3. Avatar de juannessy

        @Arkao : j’avais entendu columbarium là où vous disiez crematorium . Excuses , in secula seculorum .

    2. Avatar de juannessy

      Paul Jorion , on va l’enterrer ou le carboniser ou l’humuser ou laisser dévorer par les loups ( de mer) ?

      1. Avatar de François Corre

        Bah, en mer c’est une idée, mais c’est peut-être uniquement autorisé pour les ‘gars de la marine’ et j’imagine pas n’importe où… ?

      2. Avatar de arkao

        @François Corre
        C’est interdit en France, même pour les gars de la Marine.
        Par contre les cendres peuvent être dispersées à 300 m des cotes.
        L’urne cinéraire peut être envoyée par le fond, mais elle doit être biodégradable et à au moins 6 km des cotes.

      3. Avatar de François Corre

        @arkao
        D’accord, merci pour l’info.
        Enfin, avec les cendres faut faire gaffe, une maladresse peut arriver… 😉
        https://www.youtube.com/watch?v=u44D3qKKGPU
        PS: Marine oui, mais ça me fait penser à… Alors…

    3. Avatar de arkao

      @Paul Jorion
      Prix d’une case de 0,15 m2 au Colombarium du Père Lachaise en 2018:
      10 ans: 403 euros
      30 ans: 1 229 euros
      50 ans: 1 920 euros
      La demande est forte et si la famille ne se manifeste pas, ou n’a pas l’envie ou pas les moyens…

      Un peu d’humour noir, les tarifs du lunch du crématorium:
      https://crematoriums.fr/app/uploads/2019/11/Cr%C3%A9matorium-du-Pere-Lachaise-formules-traiteur-PDF-445-ko-.pdf?_ga=2.173433376.2042572224.1588434608-1284133353.1588434608

      1. Avatar de Paul Jorion

        Incroyable ! Moi qui pensais qu’il n’y avait que les Égyptiens anciens qui continuaient de consommer après leur décès !

      2. Avatar de Paul Jorion

        Plus sérieusement : il n’y a pas un ministère de la Culture quelque part (ou un petit budget à l’INA) qui pourrait veiller à ce qu’on ne mette pas à la décharge les cendres des chansonniers qui nous ont bien fait rire par leur sens de la répartie ?

        À l’intention des jeunes : « chansonnier » = expression française désuète pour stand-up comedian.

      3. Avatar de juannessy

        Ce sont les héritiers heureux qui se paient le Champagne à 60 euros la bouteille ? Une veuve Clicquot peut être .

      4. Avatar de Sacristain

        oui mon bon monsieur , un beau cerceuil en chêne , capitonné en satin et avec des poignées en or , sinon il ne restera de vous que des cranes roulés par le vent

    4. Avatar de Hervey

      Un anarchiste Grello.
      Vers 14 ans j’allais régulièrement à bicyclette chez le coiffeur situé dans le village à 2km. C’était un ami de Jacques Grello, anarchiste comme lui.
      C’est là, en me faisant couper les tifs que j’ai piqué le virus, pour tout dire.
      « Il fait beau », paroles de Jacques Grello.
      https://www.youtube.com/watch?v=mbQU0YPzGUg&feature=emb_logo

    5. Avatar de Lucas

      Et en plus ont peut toutes les mélanger! Puisqu’on vient Tous des mêmes merlans frits assumons jusqu’au bout de la nuit hé.

  2. Avatar de Jacques Seignan

    @ Arkao, merci pour cette mise au point salutaire.
    C’est samedi et je voudrais ajouter un peu de vie dans tant de mort.

    À Toulouse, sur les hauteurs il y a un cimetière du XIXe s. comparable aux deux grands cimetières parisiens historiques (la branche maternelle de mes aïeux y repose). Il s’appelle Terre-Cabade. Il est agréable de s’y promener, silence, grands arbres, extravagances architecturales.
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Cimetière_de_Terre-Cabade
    Tout le monde connaît les briques rouges de la Ville « rose ». Or Wikipédia nous explique :
    «Le cimetière Terre-Cabade, dont le nom provient sûrement de terra cavada (occitan b=v), terre excavée du sol ou formée de caves (tombes), fournissant argile aux briquetiers de la ville »
    J’ai toujours aimé cette idée que la cité des morts avait aidé à construire celle des vivants.

    1. Avatar de François Corre

      @Jacques Seignan
      À propos de ‘gestion de la mort de masse’, vous devez connaître l’Aître Saint-Maclou, suites à une énième fouille et une totale rénovation depuis deux ans, le lieu devait être rouvert au public… En avril. 🙂
      Mais si je me souviens bien, on peut trouver aussi une ‘danse macabre’ du côté de Kernascléden, Morbihan. 😉
      https://fr.wikipedia.org/wiki/A%C3%AEtre_Saint-Maclou_(Rouen)

      1. Avatar de juannessy

        J’ai déjà signalé la danse macabre de la Chaise dieu à Arkao .

        Son aspect le plus poignant , alors que tous les « transis » tirent tous les personnages quelque soit leur rang et leur statut vers l’au delà , sans brutalité mais fermement , le seul transi qui semble ému ou en tous cas désolé de ce qu’il va faire , c’est le transi qui attire , avec douceur, en se penchant vers lui , comme s’excusant , le petit enfant . En pensant à celle qui aurait du être ma petite nièce , j’en suis resté pétrifié , et en même temps reconnaissant à l’artiste inconnu .

  3. Avatar de toutvabien

    A lire Nouriel Roubini https://www.theguardian.com/business/2020/apr/29/ten-reasons-why-greater-depression-for-the-2020s-is-inevitable-covid les cygnes blancs et les nuages sombres flottent bas au-dessus de nos têtes.

  4. Avatar de Tout me hérisse

    Très beau film de Bertrand Tavernier, « La Vie et rien d’autre » (1989) dont l’action se situe dans l’immédiat après guerre de 1914-1918 pour la recherche des corps disparus durant le conflit.

    1. Avatar de François Corre

      @Tout me hérisse
      Exact, j’y pensais justement, et aussi la recherche de quelques ‘morts inconnus’ pour la cérémonie du choix du ‘soldat inconnu’ qui sera inhumé sous l’Arc de Triomphe.
      https://www.youtube.com/watch?v=VvhSXD0DcW0
      Entre parenthèse, Bertrand Tavernier à je crois précisé qu’un producteur à l’époque était prêt à le payer, pour ne pas faire ce film…

      1. Avatar de François Corre

        Je précise: ‘a et pas à précisé’ 🙂

  5. Avatar de Bernadette

    Bonjour Arkao,
    La crémation a un coût que l’on.soit riche ou pauvre. Je ne pense pas qu’il y ait une différence.
    C’est vrai que le coût d’une sépulture est élevé (ouverture caveau ou creuser la tombe, cercueil, pompes funèbres pour le transport, le prêtre etc…), j’oubliais les fleurs.

    1. Avatar de arkao

      @Bernadette
      D’après une enquête de Que choisir de 2019, la crémation est devenue un peu plus chère que l’inhumation.
      Les professionnels se défendent en incriminant les nouvelles normes de traitement des fumées (aah, ce CO2 !)
      Chères les obsèques en tout cas. Surtout, les écarts de prix sont vertigineux d’un établissement à l’autre, passant de 1.269 euros à 7.515 euros pour les extrêmes.
      Certaines familles en viennent à devoir lancer des cagnottes en ligne pour les financer (ce qui est d’autant plus douloureux dans les cas de perte d’un enfant).

      1. Avatar de Michaël R

        Il semblerait que pour assurer une mort accessible à tous, la collectivisation via service public soit la seule solution… Ne devrait-on pas ajouter à la liste des gratuités établies par le maître des lieux le fait d’avoir droit à une mort et une sépulture digne ?

        En tous cas, dans ma région (Liège) le crématorium est géré par une intercommunale regroupant plus de 20 villes et communes et permet d’assurer un tarif de l’ordre de 600€….

        Mon père étant fossoyeur, aujourd’hui à la retraite, je confirme qu’ici ce que les autorités appellent « fosse commune » est simplement la fosse « banale », celle en pleine terre, et à concession limitée (souvent 20 ou 30 ans) par opposition aux caveaux.

        Quant à la décomposition des corps, ce dans quoi on les emballe a évidemment un impact majeur. Mon père m’a raconté avoir dû ouvrir un « sarcophage » d’une chapelle funéraire, donc hors terre, et composé de pierre, de bois et de plomb : le corps était parfaitement intact après près d’un siècle, vêtements inclus. Par contre un fois exposé à l’air, il s’est rapidement décomposé….

  6. Avatar de juannessy

    La catastrophe de Courrieres de 1906 a fait près de 1000 morts et on lui impute in fine l’acceptation du congé hebdomadaire , car la compétition ne se cantonnait pas à économie versus , santé ( mort ou pas ) , mais déjà même à économie versus repos ou travail tous les jours . .
    On notera aussi que cette catastrophe a été aussitôt …le coup d’accélérateur à la recherche de main d’œuvre moins « regardante » tant sur la sécurité que sur les salaires , soit les travailleurs migrants .

    En fait , la région stéphanoise ,où l’on exploitait le charbon dès 1250 environ , était dès le début des années 1800 le principal fournisseur de charbon en France ( et c’est ce qui explique pourquoi on y a construit la première voie ferrée de France en 1827) .On estime en général qu’entre 1860 et 1890 ( mon grand père avait 11 ans et y travaillait déjà depuis 2 ans ) , elle a connu 130 catastrophes minières soit environ 2000 morts et 3000 blessés graves . Le recours à la main d’œuvre étrangère y était déjà bien installé avec le recours à des piémontais et des …allemands .

    Au tout début du XX ème siècle , ce sont plutôt des marocains , algériens , polonais ,espagnols , italiens ou grecs qui ont alimenté l’ensemble du bassin parmi la main d’œuvre étrangère . Chaque « société d’exploitation avait d’ailleurs un peu ses « préférences » de nationalités .

    Pour ceux qui ont fondé famille , on trouve leur trace parmi les noms inscrits sur les stèles de cimetière .

    1. Avatar de Toulet Alexis

      La France est devenu un pays d’immigration vers le milieu du XIXème siècle. Parmi les premiers travailleurs étrangers « importés » en France, on trouvait notamment… des Belges.

      C’est ainsi qu’en 1870, plus de la moitié de la population de Roubaix était d’origine belge (1)

      Preuve que le « Grand Remplacement » ne date pas d’hier 😀 !

      (1) https://www.lavenir.net/cnt/dmf20130121_00257760

      1. Avatar de Paul Jorion

        Je ne suis pas sûr qu’il faille parler d’ « importation » dans le cas des zones frontalières ! Cela m’obligerait à soulever indirectement la question délicate du nombre de Français par rapport aux Belges au département d’Éthique de l’Université catholique de Lille (auquel j’appartiens) 😉

        Je me souviens de copains nordistes dans ma jeunesse : « Aller en boîte en France ? On n’était pas fous : on traversait la frontière ! »

      2. Avatar de chabian

        On parle plus noblement « d’exode des cerveaux ». Mais est-ce différent ?
        Il faut ajouter que dans chaque pays, les communautés des pays limitrophes sont importantes. Ordre des origines des étrangers en Belgique : Italie, France, Maroc, Pays Bas, Turquie, Allemagne, etc. (cet ordre était celui d’il y a 20 ans : aujourd’hui Maroc, Italie, France, Pays-bas, Turquie, Pologne, Espagne, RDCongo, Allemagne). Ce ne sont pas des transfrontaliers « à la journée », mais des implantations ! (Il y a un statut spécifique du transfrontalier, car sa sécurité sociale est sur deux pays, celui du travail et celui du logement).

      3. Avatar de chabian

        Aller danser de l’autre côté de la frontière pour danser et boire est un grand classique (terrain pour anthropologue ?) que j’ai aussi pratiqué (ah, le mythe des « petites françaises » contre celui des blondes… belges). C’est du rapt de proies féminines. Chez les babouins, ce sont les jeunes mâles qui rejoignent un autre groupe que le leur, et qui restent en périphérie durant des semaines avant de se faire accepter, intégrer, et inviter par les femelles. Cfr le livre ‘Presque humains » de Shirley C. Strum).

        1. Avatar de Paul Jorion

          Et ces amis à moi qui prétendaient : « C’est pour nous les Lillois que Jacques Brel a écrit ‘Le plat pays’ ! »

      4. Avatar de TERRIER Joël

        Avez vous regardé sur France 4 les deux émissions appelées « histoire d’une nation » ? Vous y trouverez que l’émigration remonte à bien avant le XIX siècle. Il existe dans le Loiret des descendants de la garde écossise de Louis XI : la famille « Hume » qui est bien un nom de famille Écossais.
        Sans parler des migrations du paléolithique… :)))

      5. Avatar de François M

        Dans « Science et avenir » du mois de mai, un article sur l’histoire des vagues migratoires lors de la préhistoire (de -10.000 à -4.000 ans) grâce aux gênes.

      6. Avatar de Toulet Alexis

        @ Joël Terrier
        « Avez vous regardé sur France 4 les deux émissions appelées « histoire d’une nation » ? Vous y trouverez que l’émigration remonte à bien avant le XIX siècle »

        Vous avez raison bien sûr. Mais ce qui a changé vers le milieu du XIXème siècle c’est que l’immigration est devenue un phénomène de masse. Pendant les quelques siècles précédents elle était anecdotique, sauf peut-être dans les couches les plus favorisées de la population – la plupart des ancêtres de Louis XIV par exemple n’étaient pas français.

        Si on veut trouver une immigration de masse avant le XIXème, il faut remonter à l’invasion normande au Xème – qui d’ailleurs n’était pas vraiment une immigration c’était une invasion ! – voire à l’immigration au Vème des Bretons c’est à dire des rescapés de l’invasion anglo-saxonne outre Manche. Ça commence vraiment à remonter…

    2. Avatar de chabian

      Autre région, autre chronologie, histoire partagée. En Belgique, dans les charbonnages wallons, on a exploité longtemps des flamands, qui logeaient ou qui venaient à la journée (100 km matin et soir en vieux autocars). Après 44, il y eut « la bataille du charbon » pour exporter davantage d’énergie et relancer l’économie. Un contrat avec l’Italie a prévu d’échanger du charbon contre un train par semaine chargé de 2000 candidats immigrants ! Début 1956, le Gouvernement italien proteste et suspend l’envoi de travailleurs, vu l’insécurité : une centaine de morts par année dans les mines belges. Puis c’est la catastrophe du puits du Bois du Cazier à Marcinelle : 262 morts dont 136 italiens (des villages italiens sont décimés), 95 belges (dont 70 flamands, le village de Betekom est décimé) et 19 autres nationalités. Les médias découvrent l’existence de ces mineurs, parqués dans les baraquements de tôle que les allemands avaient prévu pour les prisonniers soviétiques amenés dans les mines belges, devenus les logements des prisonniers allemands après guerre, puis le logement des italiens ; leur contrat leur interdit tout autre travail que la mine pendant 10 ans (ce sera modifié peu après 1956). Ce sera une libération et un début de respect pour les italiens. Le chanteur Salvatore Adamo et le politicien Elio Di Rupo, premier député italien de Belgique, sont fils de mineurs. Les patrons charbonniers belges se sont alors tournés vers d’autres pays, aux salaires bas : Espagne, Maroc, Algérie enfin, juste après l’indépendance. Il y a un regroupement de tombes en « pelouse d’honneur »au cimetière de Marcinelle, avec monument. Mais il a fallu la sauvegarde du site (j’y ai participé) pour qu’un monument reprenant les 252 noms soit posé, d’initiative italienne, vers 1990. On a dit que bien des cercueils contenaient plus de cailloux que d’ossements. Autre question des morts en masse, ici par les fumées de l’incendie, mais certains retrouvés tardivement.

      1. Avatar de chabian

        Merci. Et votre citation en fin d’article est juste d’actualité, 10 as plus tard : Dans les attendus du procès en responsabilité du Bois du Cazier, on trouve la phrase suivante : « L’économie, quelle que soit son importance pour le bien général, ne peut prétendre étouffer les autres valeurs, la vie étant le plus grand de tous les biens et devant être protégée jusqu’aux limites les plus extrêmes ».

  7. Avatar de écodouble

    Durant les fouilles archéologique précédant les travaux de construction du centre des congrès de Rennes, à l’emplacement du couvent des Jacobins, Place St Anne, des centaines de corps avaient été mis au jour.
    C’est là que je vais parler finance et élus hors la loi.
    Dans leur devis, les archéos avaient prévus 1200 tombes à fouiller.
    Trop cher pour la ville, qui décida qu’il y en aurait le tiers, si je me souvient bien, avec une rallonge possible de 200.
    Lors des fouilles, y en eu beaucoup des morts ! C’était impressionnant ! Les un à coté des autres en deux ou trois couches – et on arriva au plafond fixé par la Ville. Les autres furent donc laissé aux pelles mécaniques.
    Mais la ville, pour faire la belle, soucieuse de son image, annonça, avant le début des travaux, que tous les ossements seraient regroupés durant le chantier sous la direction des pompes funèbres.
    Celles-ci étant bien plus chères qu’une armée d’archéologues, il était bien sur impossible qu’il en fut ainsi.
    Et on oublia pas de faire visiter les fouilles à un moine capucin qui m’apparu plus anachronique que tout, bien que que l’on était, sur le site, à toutes les époques allant de la Gaulle romaine au début XXème (avec notamment une machine à laver les uniformes de la Guerre de 14 et une fosse où était jeté les boutons perdus dans la machine – il y en avait de toutes les armées). On avait fait venir ce moine pour rassurer l’Eglise sur le traitement que l’on réserverait au défunts.
    Finalement, la présence des Pompes Funèbres se résuma à un cercueil en lamellé-collé posé contre un mur, ressemblant plus à une caisse à jouets qu’à autre choses, qui se « gondolait » un peu plus à chaque pluie et ou furent déposés deux ou trois tibias sur toute la durée du chantier. Le reste parti dans les camions. J’en ai vu des os, partir dans ces drôles de corbillard !
    Il n’y a pas de petites économies, même si cela passe par des violations de sépultures et des destructions de vestiges archéologiques.
    Et nous avons eu de la chance : Après que les pelles furent lâchées sans contrainte, on rappela d’urgence les archéos, et en particulier une très brillante anthropologue, lorsqu’un godet ravageur dézinga avec peu de soin, il ne pouvait en être autrement, un sarcophage en plomb (était-il le premier ? on ne le saura jamais !) Dedans, il y avait une dame remarquablement tout en habit, dont on pu faire l’inventaire complet, jusqu’à aller trouver l’ADN des bactéries et autres pathogènes qui était dans ses poumons : C’était Louise de Quengo, ancêtre de Guillaume de Tonquédec.
    Ce fut l’occasion pour la ville de triompher et de fanfaronner, avec tout l’art de retomber sur ses pieds.

    1. Avatar de juannessy

      Les révolutionnaires n’ont également pas trop fait de détail quand les cimetières autour des églises ont été déplacés hors des bourgs .

      1. Avatar de arkao

        @juannessy
        Le déplacement des cimetières fin XVIIIe – XIXe siècle à l’extérieur des villages et extra-muros pour les villes n’a que peu de rapport avec la Révolution Française. Il s’agit d’un mouvement global au niveau européen, dont les motivations trop simplistes d’hygiénisme sont encore en discussion.
        Les événements dont parle écodouble ne concernent pas la question du déplacement des corps lors de projets urbains, mais de recherche scientifique. A partir du moment où le cimetière est déclaré fermé, abandonné, les concessions plus renouvelées et au bout d’un certain temps dont la relativité est sujette à débats, les corps de nos ancêtres rentrent dans le champ de la protection du patrimoine et de sa branche recherche anthropologique et archéologique. Il y a basculement du statut de défunt à celui d’objet de recherche. Les progrès de ces dernières décennies sont époustouflants en terme de génétique, d’état sanitaire, de type d’alimentation. Les ossements étudiés sont considérés comme du mobilier et à ce titre conservés dans les Centres de Conservation et d’Etude sous la tutelle du Ministère de la Culture. On observe depuis quelques années des demandes de ce qui reste des autorités religieuses pour que ces corps soient réinhumés en terre consacrée après étude. C’est intéressant de constater que d’un coté la préoccupation de nos restes se dissout dans la crémation et la dispersion des cendres et que de l’autre plus personne ne suppporte de voir dépasser un bout d’os dans un cimetière ou dans la benne d’un camion de chantier.

      2. Avatar de juannessy

        Autant pour moi , et toutes mes excuses ( partielles ) aux révolutionnaires ( dont certains se sont quand même comporté avec un …manque de tact , dans quelques villages que je connais . Peut être des règlements de comptes locaux .

        Mes propres expériences avec des macchabées historiques , tournent autour de travaux de réaménagements de tous les abords du Prieuré de Champdieu dans la Loire ( xi -ème siècle ) , où dès les premiers coups de pelles on trouvait plus de cranes que de cailloux . Le Maire , Monsieur Comte , qui était ( il est mort ) aussi entrepreneur de maçonnerie spécialisée dans la réhabilitation de monuments historiques, a bien sur interrompu les travaux pendant6 mois pour faire l’investigation de tout ça , mais il n’y avait apparemment que du cadavre tout venant , moins intéressant que la crypte . Le chantier a pu reprendre , et c’est l’un de mes bons souvenirs avec des casses croûtes pris avec les deux compagnons du tour de France qui assuraient la réfection des pavages .

        http://jeanmarieborghino.fr/temoins-passe-prieure-de-champdieu/

        PS : je me demande bien ce que des anthropologues pourraient rechercher dans mes os dans 1000 ans . Des traces de Coronavirus peut être .

      3. Avatar de chabian

        Il me semblait bien aussi que la lutte contre les miasmes en ville datait de Napoléon III plutôt.
        Au début du protestantisme, les décédés étaient enterrés dans les cimetières proches des églises et même dans les églises parfois : le riche bourgeois qui avait fait équiper sa chapelle mortuaire et avait changé d’obédiance n’allait pas négliger pour autant son investissement. Puis la scission s’est faite plus nette, et les protestants ont cherché à créer des cimetières spécifiques (le seigneur devait l’autoriser…) ou encore à se faire déposer sur terrain privé, parfois très caché vu la répression à partir de la révocation de la tolérance par Louis 14.
        Vers 1875, on a donc déménagé les deux cimetières à l’extérieur de l’agglomération. Le marché aux bestiaux se tenait devant l’église, mais traditionnellement jamais sur la parcelle llibérée de l’ancien cimetière : les miasmes étaient craints encore.
        Au début XXe, l’usine qui occupe depuis 100 ans l’ancien couvent attenant à l’Eglise dans le village qui m’est cher ,change de production et des aménagements amènent à creuser la cour intérieure : on tombe (c’est le cas de le dire) sur le cimetière des anciens moines dans ce qui était le cloître. Que faire ? On a ouvert la trappe menant à la crypte de l’église et on y a fourré les restes. Aujourd’hui, la trappe est recouverte par un plancher de bois de la nef, et on ne prévoit aucune fouille (il faudrait soulever des montagnes administratives !). La base de l’église est romane, elle fut reconstruite dans les années 1600 et modifiée en 1720.
        Par contre, je sais par archives du temps qu’on avait retrouvé dans les années révolutionnaires les nombreuses reliques pieuses de l’église piétinées dans un local adjacent. On décida de les remettre dans les riches reliquaires sans ébruiter l’affaire (= faire une déclaration) et elles y sont toujours. Ces pauvres saints, peut-être martyrisés une deuxième fois, et aux restes mélangés ! Les intercessions ne sont plus garanties…

      4. Avatar de juannessy

        @Chabian :

        Pour connaitre le protestantisme surtout par le « village des justes  » du Chambon sur Lignon, j’étais plutôt resté sur l’information que la tombe était pratiquement toujours sur la propriété personnelle des défunts ou avec l’autorisation d’un propriétaire . On trouve dans toute cette région encore beaucoup de ces sépultures souvent closes d’une barrière légère et près d’un arbre . Un de mes beaux frères originaire de Saint Agrève dans la même région , y va périodiquement nettoyer la tombe de son arrière grand père , garçon de ferme , ,perdue en pleine nature .

  8. Avatar de Pierre-Yves Dambrine

    J’ai cru comprendre en écoutant les médias que les morts du coronavirus, pour ceux qui sont enterrés, sont enveloppés dans des sacs en plastique hermétiques, avant d’être mis en bière, puis inhumés.
    Quid alors de la décomposition naturelle et/ou accélérée par certains dispositifs techniques comme décrits dans ce billet, au demeurant très instructif ?

    1. Avatar de juannessy

      Je crois qu’on les enveloppe de plastique surtout pour éviter la contamination virale dans le sens mort vers l’extérieur ( comme les masques grand public ) . . Est ce qu’on l’enlève avant la mise en bière ? ça m’étonnerait . mais pour ce qui est de la décomposition du corps et du plastique ( et du cercueil ) , y a pas trop de souci à se faire , les bactéries bouffent tout y compris le plastique même si ça prend un peu plus de temps .La nature chimique du sol et son exposition aux variations d’humidité jouent aussi beaucoup .

      Quand on a réexhumé mon père , 20 ans après sa mise en terre , il n’y avait vraiment plus que des os , ses deux prothèses de hanches , et les poignées du cercueil .

      1. Avatar de juannessy

        Ce qui m’a fait relativisé les symboles .

        Ma femme avait un oncle communiste pur et dur , avec lequel j’avais des discussions passionnées et passionnantes . Quand nous lui avons rendu visite alors qu’il attendait la mort par cancer généralisé , il m’avait demandé de glisser un drapeau rouge dans son cercueil , ce que j’ai promis un peu ému de sa confiance . Il est mort et son corps a été transporté de l’hôpital à la morgue , où la famille dont sa sœur seule survivante de la lignée ( une peau de hareng bigote sur le tard ) ne supportait pas les engagements de son frère . Le seul drapeau rouge que j’avais pu improviser était un foulard de ma femme , mais la difficulté a été de le glisser dans le cercueil à l’insu de la sœur avant que l’employé ne visse le cercueil . Je m’en suis tiré en mettant le gars dans la confidence et en lui confiant mon tissu communard et l’opération fut réussie avant l’arrivée des employés des pompes funèbres .

        Il y a longtemps qu’il ne reste plus ,pour moi , de ce bout de tissu ,que le souvenir de l’amitié de deux caractères , et la joie d’une promesse tenue . Pour lui , il ne doit pas rester grand chose .

        J’ai oublié de racheter un foulard à ma femme .

      2. Avatar de Pierre

        Les liquidateurs de tchernobyl sont inhumés à 30 m de profondeur dans des cercueils scellés en plomb , ils y sont certainement pour un bon bout de temps et ils ne vont pas bouger

  9. Avatar de Dominique-e

    Merci à @Akao
    Cet article me rappelle des fouilles à Mayotte quand j’ai travaillé là-bas.
    Pendant des vacances j’ai participé volontairement à des fouilles dans le nord de l’île, sur un site surplombant la mer. Que de perles avons nous trouvées ! Quelques tessons de poteries perses et des vases d’offrandes entre les pieds des adultes. Les lieux de sépultures, étaient entourés de congrégations de sables et de cailloux. Certaines avaient été modifiées avec l’arrivée de l’Islam et les corps avaient été réorientés vers l’est sauf que ce n’était pas tout à fait La Mecque ! Les tombes des enfants étaient entourées de tombes d’adultes, comme si les adultes continuaient à être des protecteurs.
    Les cimetières à Mayotte sont souvent situés près de la mer. Ce sont pour beaucoup des terrains « donnés » par des notables.
    La propriété étant en cours de régulation cadastrale à la mode métropolitaine, elle est dans beaucoup d’endroit liée à une parole ou à un endroit en lien avec une occupation concrétisée par la construction d’un habitat.
    Près de là où j’habitais, les lieux de sépulture étaient recouvert de branchages de palmiers ou de bananiers. C’est au nombre de voitures garées sur le bas côté que je savais qu’un mort venait d’être enterré, sans cercueil, enveloppé dans un tissu agencé selon le rite musulman. Famille et connaissances venaient pour un dernier hommage. La chaleur et l’humidité, les délais du rituel incitent faire vite sur ce petit territoire.
    Avec la départementalisation des tensions sur les rites funéraires étaient présentes, surtout lorsque cela concernait des personnes décédées à l’hôpital.
    Mayotte sera-t-elle contrainte d’utiliser les cercueils ?

    1. Avatar de Dominique-e

      Merci à @Akao
      Cet article me rappelle des fouilles à Mayotte quand j’ai travaillé là-bas.
      Pendant des vacances j’ai participé volontairement à des fouilles dans le nord de l’île, sur un site surplombant la mer. Que de perles avons nous trouvées ! Quelques tessons de poteries perses et des vases d’offrandes entre les pieds des adultes. Les lieux de sépultures, étaient entourés de congrégations de sables et de cailloux. Certaines avaient été modifiées avec l’arrivée de l’Islam et les corps avaient été réorientés vers l’est sauf que ce n’était pas tout à fait La Mecque ! Les tombes des enfants étaient entourées de tombes d’adultes, comme si les adultes continuaient à être des protecteurs.
      Les cimetières à Mayotte sont souvent situés près de la mer. Ce sont pour beaucoup des terrains « donnés » par des notables.
      La propriété étant en cours de régulation cadastrale à la mode métropolitaine, elle est dans beaucoup d’endroit liée à une parole ou à un endroit en lien avec une occupation concrétisée par la construction d’un habitat.
      Près de là où j’habitais, les lieux de sépulture étaient recouvert de branchages de palmiers ou de bananiers. C’est au nombre de voitures garées sur le bas côté que je savais qu’un mort venait d’être enterré, sans cercueil, enveloppé dans un tissu agencé selon le rite musulman. Famille et connaissances venaient pour un dernier hommage. La chaleur et l’humidité, les délais du rituel incitent faire vite sur ce petit territoire.
      Avec la départementalisation des tensions sur les rites funéraires étaient présentes, surtout lorsque cela concernait des personnes décédées à l’hôpital.
      Mayotte sera-t-elle contrainte d’utiliser les cercueils ?

  10. Avatar de Dominique-e

    Perles de verre ou perles de coquillages, vestiges de ceintures ou de pagnes brodés, elles témoignent de l’habillement des populations médiévales, elles éclairent un univers symbolique et/ou esthétiques elles racontent les liens de Mayotte avec le commerce dans l’océan indien.
    Le port de colliers de perles en pâtes de verre autour de la taille, cachées par le salouva (robe-pagne des femmes) perdure à Mayotte. Les femmes l’utilisent pour signifier leur « disponibilité » auprès de leur partenaire ! Sympa non ?

  11. Avatar de octobre

    Je voudrais pas crever, Boris Vian
    dit par : Jean-Louis Trintignant
    https://www.youtube.com/watch?v=vPo8FEbQzFM

    Je voudrais pas crever
    Avant d’avoir connu
    Les chiens noirs du Mexique
    Qui dorment sans rêver
    Les singes à cul nu
    Dévoreurs de tropiques
    Les araignées d’argent
    Au nid truffé de bulles
    Je voudrais pas crever
    Sans savoir si la lune
    Sous son faux air de thune
    A un coté pointu
    Si les quatre saisons
    Ne sont vraiment que quatre
    Si le soleil est froid
    Sans avoir essayé
    De porter une robe
    Sur les grands boulevards
    Sans avoir regardé
    Dans un regard d’égout
    Sans avoir mis mon zobe
    Dans des coinstots bizarres
    Je voudrais pas mourir
    Sans connaître la lèpre
    Ou les sept maladies
    Qu’on attrape là-bas
    Le bon ni le mauvais
    Ne me feraient de peine
    Si si si je savais
    Que j’en aurai l’étrenne
    Et il y a aussi
    Tout ce que je connais
    Tout ce que j’apprécie
    Que je sais qui me plaît
    Le fond vert de la mer
    Où valsent des brins d’algues
    Sur le sable ondulé
    L’herbe grillée de juin
    La terre qui craquelle
    L’odeur des conifères
    Et les baisers de celle
    Que ceci que cela
    La belle que voilà
    Mon Ourson, l’Ursula
    Je voudrais pas crever
    Avant d’avoir usé
    Sa bouche avec ma bouche
    Son corps avec mes mains
    Le reste avec mes yeux
    J’en dis pas plus faut bien
    Rester révérencieux
    Je voudrais pas mourir
    Sans qu’on ait inventé
    Les roses éternelles
    La journée de deux heures
    La mer à la montagne
    La montagne à la mer
    Les journaux en couleur
    La fin de la douleur
    Tous les enfants contents
    Et tant de trucs encore
    Qui dorment dans les crânes
    Des géniaux ingénieurs
    Des jardiniers joviaux
    Des soucieux socialistes
    Des urbains urbanistes
    Et des pensifs penseurs
    Tant de choses à voir
    A voir et à z-entendre
    Tant de temps à attendre
    A chercher dans le noir
    Et moi je vois la fin
    Qui grouille et qui s’amène
    Avec sa gueule moche
    Et qui m’ouvre ses bras
    De grenouille bancroche
    Je voudrais pas crever
    Non monsieur non madame
    Avant d’avoir tâté
    Le gout qui me tourmente
    Le gout qu’est le plus fort
    Je voudrais pas crever
    Avant d’avoir gouté
    La saveur de la mort…

  12. Avatar de Dominique-e

    Reggiani
    Quand j’aurai du vent dans mon crâne

    1. Avatar de chabian

      « Mon dieu que j’ai mal de devenir vieux… « (J’ai une fois récité en scénette (« sketche ») ce texte et c’est très cocasse). Boris Vian était promis à la mort depuis ses 12 ans, puis il est devenu vieux (selon le texte de cette chanson), puis il est mort à 39 ans ! Il aurait eu 100 ans le 10 mars 2020. Nous avions la tête ailleurs, hélas.

  13. Avatar de timiota

    @ arkao
    Savez-vous s’il existe des gens qui se font mettre en bière en position « foetale » ou au moins sur le côté ?

    Peut-être pas très sympa au moment des cérémonies funéraires, ni pour un travail thanatopaspratique,
    mais c’est , s’il m’en souvient, la position la plus fréquente des sépultures du néolithique.
    Et cosmiquement, si je puis dire, (ou Italo-Caliviniennment : les Villes Invisibles) elle me parait faire la part des choses entre le retour à la poussière,
    et le dialogue — fictionnel — avec les « encore-debouts ».

    Et puis j’ai appris à nager en premier la cosidetta ‘brasse indienne’, le risque de « tête sous l’eau » y est je crois le moindre des différentes nages.
    Quelle plus belle métaphore de l’entre deux que la position du nageur ? L’ai-je bien noché ?

    1. Avatar de arkao

      @timiota
      Pour les musulmans, le corps du défunt doit être légèrement couché sur le côté droit lors de la mise en bière. Son visage (et non l’axe de son corps) doit être placé en face de l’axe de La Mecque (en direction du Sud-Est de la France si l’inhumation a lieu à Paris).
      Pour la position foetale, je ne pense pas que ce soit possible avec les dimensions normalisées des cercueils 😉

  14. Avatar de Hervé

    Brigades de Solidarité Populaire :
    https://www.brigades.info/fr/

    Pour informations complémentaires :

    « Corona Chroniques, #Jour47 » par David Dufresne – Écrivain-documentariste / Club Mediapart :
    https://blogs.mediapart.fr/david-dufresne/blog/020520/corona-chroniques-jour47

    1. Avatar de toutvabien

      Merci @Hervé de signaler les Brigades de Solidarité Populaire pour lutter contre l’ambiance Pétainiste qui remontent des camps.
      Se souvenir aussi que D. Dufresnes est l’auteur d’un travail journalistique exceptionnel sur les violences policières à l’encontre des GJ
      Lire ses chroniques directement sur son très riche site: https://www.davduf.net/corona-chroniques-jour48

  15. Avatar de toutvabien

    Idir est décédé hier soir à 21h30 à l’hôpital Bichat-Claude-Bernard à Paris, condoléance
    idir a vava inouva
    https://www.youtube.com/watch?v=fyxiOtwctgQ

    1. Avatar de octobre

      Quelle petite merveille cette tendre chanson, profonde unité entre les paroles et la musique. Paix à son âme.

    2. Avatar de Tout me hérisse

      Il n’est pas nécessaire de connaître le Berbère pour ressentir une très grande émotion à l’écoute de cette chanson «A  vava Inouva », le prononcé fusionne parfaitement avec la très douce mélodie…, snif !

      1. Avatar de juannessy

        Dans ma période algérienne de 1970 à El Asnam devenue Chlief après son deuxième tremblement de terre dévastateur de 1980 ( près de 4000 morts je crois ), dans le service que j’essayais de rendre opérationnel , il y avait un gars particulièrement intelligent que j’avais installé au poste de responsable du labo de contrôle des matériaux ( bétons , granulats , sables ) . C’était le seul vraiment pro du service ( avec le directeur sur toute la willaya qui était un jeune diplômé de Polytechnique El Harrach , super intelligent , mais complètement mis sur la touche par les anciens combattants FLN qui avaient phagocyté tous les postes ). Il était berbère originaire de Ténès , et j’ai vite perçu qu’à ce titre il était mal vu par les personnels en place, à moins que ce soit parce qu’il était compétent . Parfois , de son côté , quand nous étions seuls ensemble , il me disait avec un demi sourire triste : nous autres berbères , on n’arrête pas d’être colonisés .

    3. Avatar de Hervé

      @Toutvabien

      Je te remercie à mon tour pour mentionner l’art d’Idir et hélas parallèlement la triste nouvelle. Merci pour le lien donné vers ce chant à fleur de peau si magnifique qui nous accompagnera toujours.

  16. Avatar de corentin.1983@yahoo.fr Corentin

    Sinon une autre option à venir (p-ê) dans les années à venir :

    https://www.humusation.org/

    1. Avatar de arkao

      Déjà entendu parler de cette technique. Je suis dubitatif sur le délai de +ou- 3 mois pour la décomposition complète des chairs. Par quel moyen le squelette est-il ensuite réduit en poudre pour être réincorporé à l’humus? Proposent-ils d’utiliser le modèle qui sert à réduire en « cendres » les résidus de crémation?

      1. Avatar de juannessy

        Il me semble qu’on avait déjà eu des échanges sur le sujet et que le meilleur lien fourni indiquait que la  » technique » prenait au moins une année pour arriver à son terme .

      2. Avatar de arkao

        Dans le processus, ils oublient la nécessité de placer un grillage sur le tas de feuilles mortes et de branchage. Entre les coups de vents et les animaux farfouilleurs, peu de chance que cela reste en place longtemps. Manquerait plus que des sangliers viennent mettre les tripes à l’air de pépé et mémé. Je ne suis pas sûr non plus que les concasseurs des crématorium soient adaptés à la réduction d’os non calcinés.
        Copie à revoir à mon avis.

      3. Avatar de juannessy

        Bref , on va déjà traiter de l’usus , du fructus et de l’abusus , avant de s’intéresser l’humus .

  17. Avatar de corentin.1983@yahoo.fr Corentin

    Voir détails sur le site Web : 12 mois pour une décomposition des chairs et tissus mous par compostage. Les éventuelles prothèses etc sont enlevées en cours de traitement et les ossements (source de phosphore et calcium) sont in fine broyés avec les matières végétales pour former un compost normalement bien équilibré (azote, phosphore et potassium et carbone organique). Bien réalisé la durée du processus assure normalement aussi une dégradation des polluants présents (résidus médicamenteux, substances toxiques accumulées pdt la vie etc.). L’humus formé peut ensuite servir à plate un arbre avec une stèle par exemple. Apparemment ça fonctionne bien avec des corps animaux (semble logique : un apport de carbone organique étant favorable au compostage) et ce base sur un a qui établi en matière de compostage. C’est pour le test pilote sur cadavres humains que le reste se joue (en France et Belgique ) : adaptations réglementaires (en matière de mode de « gestion » des dépouilles humaines mais aussi d’autorisation des modes d’utilisation du compost formé…), intégration culturelle (bien que de nombreuses personnes semblent intéressées).

    1. Avatar de arkao

      Pour les tests pilotes sur humains, suffit de demander aux américains qui n’ont pas le même sens de l’éthique que sur le vieux continent.
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Ferme_des_corps

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