38 réflexions sur « En direct de Corona city 4, par Chantal Montellier »

    1. Mon Dieu! Métal hurlant entre les mains de ce m.. de Vincent Bernières, qui considère les auteurs comme autant de malades mentaux à exploiter, sinon, du rien. Bon courage les dessinateurs ! Préparez les baumes, les pommades cicatrisantes, le Doliprane, et les pansements. Enfin, ce que j’en dis… c’est un « délire parano de bonne femme aigrie »! Huhuhuhu…

      1. « délire parano de bonne femme aigrie »

        … pas grave, ça nous change un peu : jusqu’ici ce sont les délires paranos de bonshommes aigris qui ont façonné le monde …

      2. Enfin, « aigrie », ILS aimeraient bien, mais j’en suis assez loin, en fait. Projet d’adaptation de Shelter market au cinéma + vente (récente) des droits de Social fiction à la New York Review of Books, si, si + un livre collectif que je pilote et qui s’intitule « JE SUIS RAZAN » (sur l’assassinat de la petite secouriste palestinienne d’une balle dans le dos par un snipper de l’armée israélienne.Great!!!) De nombreux noms très prestigieux ont répondu à mon appel (Paul, si ça te tente ?) + un blog passionnant piloté par un homme qui ne l’est pas moins qui accepte de me publier + un journal en ligne (« communisteS »)qui compte à peu près 30 000 abonnés + Jusqu’à 200 000 vues sur les pages Face book de Pierre Laurent qui partage certains de mes dessins… + mon association et le prix Artémisia qui défie depuis 14 ans les machos d’Angol’men… Alors, l’aigreur… huhuhuhu…

        1. Ah zut ! C’est vrai tout ce que tu dis là, Chan ? Je croyais que c’était de la calomnie répandue par la CIA, mais tu as l’air d’assumer. Va falloir que j’examine mes options …

  1. La couleur jaune est plus qu’intéressante !
    « des heures, des mois, des années » à vivre derrière… derrière quoi ? Un masque ? ou l’acceptation d’un monde qu’on vous impose et qui vous ronge ?

    1. Alors adolescent, je me souviens d’avoir lu dans les années 1980 avec quelque perplexité – et aussi un peu de gêne – l’une ou l’autre tribune de tel homme ou femme se lamentant qu’avec ce nouveau virus, c’était tout un pan de sociabilité qui disparaissait.

      Que l’on perdait beaucoup enfin à devoir paraît-il porter cet accessoire de latex. Non un masque certes, mais un objet porté avec le même objectif de protection et le même résultat d’éloignement relatif, ou disons de contact moins naturel et moins libre.

      Mais ces lamentations aussi sincères soient-elles n’ont pas changé grand chose à la nouvelle réalité. Et plus de trente ans après l’irruption du sida, cette réalité non seulement n’a pas changé, elle n’est plus si neuve.

    2. ben voui, c’est vrai, je suis une espionne post soviétique et néo stalinienne, qui travaille pour l’ex kagibi, mais chut !personne le sait.

    3. Précision: mon compagnonnage avec le PC ressemble plus à celui de Picasso, ou Jean Ferrat, qu’à celui d’Aragon…

  2. Il y a bien longtemps, j’avais droit à neuf minutes de pause, deux fois sur les huit heures (équipe du matin). Ou dix-huit minutes pour les équipes d’après-midi et de nuit. En principe pour manger, boire, et récupérer. Tout en surveillant les fours, les manomètres, etc. Fallait se régler sur la machine.
    Mais fallait aussi se régler sur nos besoins sociaux : on mangeait en cachette à l’avance et on préparait les cartes pour une belote de 9 minutes. Un peu de convivialité, que diable !
    Et fallait se régler sur le surgissement des petits chefs et des grands chefs ! N’avaient-ils pas de tache plus utile que de nous contrecarrer (pour rester poli) ?
    Cela a fini sur un gros licenciement collectif (dont moi) pour installer la terreur, suivi d’une fausse faillite (la banque créancière était au pouvoir de « liquidateur » depuis un an).

    1. Exemplaire, comme histoire… Il doit y en avoir des milliers d’autres comme la vôtre Chablan, (chat blanc?) il faudrait les recueillir et le illustrer…

      1. Ce sont des anecdotes, avec bien de la nostalgie pour… le travail (un peu de fierté pour son savoir-faire, son adresse ; beaucoup de colère pour l’extorsion subie de nos muscles, des poumons, des vies) et surtout pour tout le reste : la camaraderie, la laideur humaine, la convivialité, le jeu avec les règles de la servitude, la découverte des autres dans les luttes sincères (« spontanées ») et les insincères (« téléphonées »), la récupération de nos dirigeants, quelques grandes amitiés. Il y a un beau livre d’une sociologue, Martine Sonnet, sur (c’est le titre) l’ « Atelier 62 » de Billancourt qui a volé à son père sa santé. Il y a mille morceaux de vie d’usine dans divers livres. C’et un pan de la grande Histoire fait de petites histoires, qui seront disparues quand enfin elles deviendront intéressantes : pour les futurs historiens. Par exemple, tenez :
        http://autographie.org/legenredutravail/2019/11/01/je-nai-jamais-vu-tant-dhommes-pleurer-ensemble-a-t-elle-dit/

    2. Stalinien le jour, anti stalinien la nuit, Aragon… Il disait toujours qu’il jetait sa carte à la poubelle le soir, et qu’il l’en sortait le matin… Les artistes sont plein de contradictions, c’est ce qui fait leur charme. Quand à Jean Ferrat, il aurait fini dans les camps de ta mort et serait parti en fumée, si un couple de « staliniens » ne l’avait recueilli enfant, et protégé des nazis et de leurs rafles… C’est un homme reconnaissant. Il ne fut pas le seul dans ce cas… qu’est-ce que je suis bavarde aujourd’hui!?

      1. Apparemment Ferrat appréciait pourtant Aragon , et Ferré aussi non ?

        PS : c’est pour voir si Schizosophie est toujours là .

    3. chabian 17 mai 2020 à 20 h 49 min
      Une belote de 9 mn ?
      ça me rappelle qu’avant la WW1 certains patrons interdisaient la belote pendant les pauses, mon grand père qui m’avait rapporté ça, le justifiait du fait que le valet y est maître. Jamais trouvé de confirmation scie en thyphique comme écrivait Aragon, le poête.

  3. Idées de variantes :
    – Uber
    – Amazon ( mais qui pour vendre des masques ?)
    – Télétravail
    – SNF?
    -Mineurs ? Métallo ?

  4. Ce n’est pas un voyage dans le meilleur des mondes, cet épisode.
    Heureusement l’exercice en BD évide de tomber sous les coups de la censure de type pensée « complotiste ». Un discours identique tenu accoudé à un comptoir serait taxé comme tel, y’a de grandes chances… de plus l’image du genre humain pour son appétence au partage n’est pas non plus montré sous un jour très favorable non plus, une charge supplémentaire ):-))
    Comme quoi nos jugements sur la nature humaine sont à géométrie variable … le mal en partage.
    Pour le bien, on attend de voir surgir le chevalier blanc, histoire de rendre révisables ces premiers jugements.
    Mais, peut-être l’a-t-on déjà croisé sans le savoir ?

    1. Ce n’est que de la bande dessinée, que de la fiction… pas de quoi prendre ça au tragique. Ni non plus à comparer avec des discussions de comptoir, tout de même… Et puis quid du dessin? que dit votre rétine? Est-elle un peu fertilisée, ou pas du tout? Amicalement. Chantal

      1. L’ophtalmo qui me suit et qui par ailleurs est un collectionneur avisé d’une certaine peinture me dit que j’ai une excellente rétine, pour autant ce n’est pas elle qui décide, ce n’est pas elle qui organise, elle ajuste, elle transmet son expérience sans aucun doute mais ce n’est pas elle qui par exemple dicte le contenu des cases texte dans vos pages, ni le progression du récit en images, ce travail se fait ailleurs.
        La bande dessinée parle en général ou en particulier d’histoires humaines pouvant prendre un tournant comique, dramatique ou tragique. C’est une tautologie que le dire.
        Mais comme le faisait remarquer Paul Jorion, chacun voit le film à sa façon d’autant qu’ici, nous sommes conviés à un jeu de devinettes. Là aussi, l’oeil joue son rôle mais ce n’est pas lui qui cause. Le « fertile » vient d’ailleurs.
        Mais je joue pour le plaisir de jouer, là est l’essentiel.

  5. Ouf, votre dernière phrase me rassure, cher Hervey. J’ai cru un moment que vous me preniez vraiment au sérieux, moi et mes petits délires graphiques noircissimes… Quand à la rétine, pour ce qui me concerne, mon cerveau est je crois bien fertilisé par ce qu’elle lui transmet, enfin, en général… Mais vous ne dites pas autre chose, n’est-ce pas?… Mon professeur de dessin aux Beaux Arts, répétait souvent: « Voir, c’est savoir ». C’est sans doute pour cela qu’on nous aveugle avec tant de soin, nous, gens du troupeau… Perverse comme je suis, je m’amuse à désaveugler autant que je peux… pouvoir voir le mal, l’anticiper, l’imaginer, c’est presque déjà pouvoir le guérir. Non? Certains esprits simples trouvent mes dessins « toxiques »… Oui, mais à la manière de l’homéopathie, alors… C’est Viviane Forester, je crois, qui a eu cette phrase que je trouve géniale: « On nous vend l’oubli de notre mort, pour mieux manipuler nos vies ». A méditer et discuter, fusse au « café du commerce ».

    1. Oui, merci et puisque vous me donnez l’occasion de bavarder deux minutes avec vous, je prends la balle au bon avec « Voir c’est savoir » pas satisfait de ce que disait ce professeur, je préfère dire « dessiner c’est voir » car c’est une action soutenue par l’observation qui intègre un rapport d’échelle mesurant la vision que l’on a du réel. Cette introspection de la réalité par le dessin ajoute à la vision simple une profondeur particulière, en dessinant on fait plus que voir on saisit. C’est différent et ce n’est pas jouer sur les mots. Je suis sûr que vous en serez d’accord.
      « Toxiques » vos dessins ?
      Dans votre dernier dessin sur les médailles présenté ici sur le blog, quelque chose m’inquiète que j’avais déjà perçu dans les précédents : une certaine violence.
      Et je me pose la question de savoir si vous traduisez simplement la gronde sociale ou autre chose de plus enfoui (chez l’auteur) et qui « parle » à votre insu …
      On va se tourner vers le psychanalyste. (?)
      Toujours les créateurs s’exposent.
      Pour la mort que l’on veut cacher, oui, c’est sûr, ce fut longtemps la menace de l’enfer pour bien se conduire dans la vie mais depuis que Dieu est mort tout est permis et ça c’est mal venu pour les autorités…

      1. Dessiner c’est voir et saisir ce que l’on voit. Pour dessiner,- un portrait par exemple- il faut une action longue et soutenue d’observation, et… d’analyse de ce que l’on voit. Donc il faut AIMER, sinon, pas possible de rester longtemps devant un motif, un modèle… Oui, ce professeur pour moi avait raison, « voir c’est savoir » à condition d’accepter d’ouvrir les yeux et de regarder. A condition de savoir lire, un peu, les images et de ne pas les prendre comme des évidence. Pour dessiner il faut à la fois voir et saisir.
        Oui, vous avez raison, il y a de la violence dans ce que je fais, il y a de la colère, il y a de l’indignation. Ces sentiments -que j’assume- nourrissent mes dessins, tous plus ou moins politiques. Ils en sont même le MOTEUR. Ma psy, car j’y suis passée (!) , Gennie Lemoine-Luccioni, pour ne pas la nommer (voir Google), me disait souvent: « Ne perdez pas votre colère, elle vous évite la dépression. C’est une réaction de force. » Quand à la violence, elle est l’écho de ce qui me fait violence, de ce qui me fait guerre, et croyez-moi Hervey, beaucoup de choses font guerre à une femme artiste dessinatrice, bédéaste de surcroit (milieu célèbre pour son sexisme et sa misogynie outrancière, que peu de gens perçoivent comme une violence, tellement ça parait « naturel »).
        Je fais partie des pionnières (dessins politiques et bande dessinée « engagée »), et les violences en tous genres (et de genres) dont j’ai souffert et dont je souffre encore, ne sont pas racontables, à moins de vouloir passer pour une folle, une paranoïaque complètement délirante… Et puis, voyez-vous, il se trouve que la société est violente, que le monde est violent, que les rapports sociaux sont violents, que les rapports de domination sont violents, que les rapports de sexes sont violents… Difficile de ne pas en être affecté-e peu ou prou, à moins de vivre sur la lune ou dans un milieu hyper protégé, ce qui n’est pas mon cas… je vis dans le réel, hélas pour moi.
        Comme on disait en 68: « D’où tu parles? »… De là ou je parle il n’y a presque personne car les rares femmes bédéastes de ma génération, n’ont pas eu la force de TENIR bien longtemps… Cela dit, ne soyez pas inquiet, ma violence est tout de même très contrôlée, et surtout… sublimée! Je suis une artiste, pas une bête féroce. Et puis, beaucoup s’y reconnaissent dans cette « violence » là, notamment tout un peuple humilié, cocufié, sadisé pas du tout violemment, n’est-ce pas?… Je suis une dessinatrice réaliste (presque la seule, donc, je ne peu dessiner ce que je vois quand je tourne mes yeux vers la scène sociale, sans en voir la très grande violence. Voir, c’est savoir. Amicalement. Chantal
        D’autres de mes dessins sont dépourvus de toute violence, vous les préfèreriez surement… J’essaierai d’en poster ici, si Paul est OK.

      2. chantal montellier 19 mai 2020 à 16 h 31 min
        « Ne perdez pas votre colère, elle vous évite la dépression. C’est une réaction de force. »
        Oui ça peut être un signe qui dit la subversion momentané du désir dans un rapport de force défavorable, et c’est plus vivant que l’extinction du désir du dé-primé. C’est aussi lu comme la perte du quant à soi, de la maîtrise, de la face, quand les liens sont aseptisés.

  6. On croirait voir le fonctionnement de pole emploi:

    un jeu entre insiders privilégiés (dits « employables ») et outsiders ( prétendus inemployables) ; organisant un jeu de file d’attente autour de diffusion d’offres sur le mode de « l’octroi » (aujourd’hui le libellé de l’offre est visible mais bizarrement depuis 2004 le contact est invisible et soumis à multiples bâtons dans les roues et parcours plein de chicanes pour arriver devant les barrières, avec refus non motivé à ce qui est simplement le droit de candidater… pour ce qui est d’obtenir un emploi c’est encore une autre histoire)

    Les organismes paritaires organisent sciemment sous l’influence du MEDEF un compte goutte et une sélectivité abusive (ostracisant toutes les altérités) pour conserver un rapport de force dans la négociation qui induise une baisse des prétentions salariales. Pole emploi ne se comporte pas en diffuseur d’offre et en facilitateur de contact, mais en donneur d’ordres (comme l’homme au talkie-walkie ) assumant un rôle illégitime de cabinet de recrutement gratuit pour le compte du MEDEF qui ainsi n’a plus à assumer le coût d’une embauche intelligente (dont le danger pour lui résiderait dans la négociation).

    1. Voui, Paul, mais tu sais, j’ai tant à dire…! Il faudrait des jours, des mois, des années pour écluser tout ça!

  7. Chantal, je m’excuse.
    J’ai péché par ignorance. J’aurais du m’abstenir et ne pas soulever ce couvercle de maltraitance mais ne connaissant pas ce monde impitoyable de la bande dessinée j’ai manqué une occasion de me taire.
    La corporation des peintres hommes et femmes n’est pas soumise au même régime. Un autre monde.

    1. Ne vous excusez pas, Hervey, vous m’avez donné une occasion d’en parler, de cette maltraitance (qui perdure). Une bonne chose de faite. Quand à la colère qui fait « perdre la face » quand les relations sont aseptisées, (horreur), je crois que je préfère encore « perdre la face » que perdre la santé. La colère rentrée se venge, et pour ce qui me concerne, elle me ronge et fait des trous dans l’estomac. En plus, je suis rarement dans des situations ou les relations sont aseptisées, je fais en sorte de les éviter. Je les fuis, même…

  8. Chantal Montpellier, votre président distributeur de médaille semble entre autre comme coupé. La partie gauche, celle du « coeur » manque, ainsi que le bras et la main gauche, bien qu’il ait ses deux jambes.
    Question :
    Un geste assumé de la dessinatrice (jeu, métaphore) ou bien une « montée de colère » de l’inconscient ?

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