16 réflexions sur « Élection présidentielle aux États-Unis : sondages les plus récents »

  1. gouverner, c’est prévoir!

    Si Trump est réélu, nous resterons dans le meilleur des mondes possibles cher à Leibniz…

    Trump est-il en moins bonne position qu’en 2016, si on prend en compte la logique absconse des grands électeurs américains?

    Quelqu’un peut-il m’éclairer?

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    1. La réponse est dans ce que je montre. Soyez gentil de regarder au moins l’image que propose le FT : c’est celle tout en haut : la réponse s’y trouve, 270 voix de grands électeurs pour gagner, le FT en attribue d’ores et déjà 279 à Biden.

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      1. Je me suis mal exprimé: j’ai bien vu ce que suggère le tableau du FT; je me demande ce que le FT suggérait le 7 octobre 2016 et si la situation est très différente maintenant d’il y a quatre ans! Bref, je me demande si Trump est en mesure de réitérer son hold up inaugural.

      2. Plus finement:

        Trump fait le plein des états dits “leaning” en rouge et de tous les “toss up”; il monte à 259 pour une majorité de 270.

        Il ne reste plus qu’à faire basculer un des cinq états “leaning” en bleu et plouf! Biden est dans les choux…

        Et Trump se soucie fort peu d’être majoritaire en voix sur l’ensemble du pays, il ne veut que la majorité des grands électeurs, en bon noueur qu’il est (ce qu’a démontré l’élection de 2016)

  2. Une caricature peut-être, regardant hier soir le débat entre Harris et Pence: Ici une jeune femme noire, la un homme âgé blanc: Le futur et le passé aux Etats Unis…

    1. Non, là une citoyenne américaine, qui probablement ignore le besoin, ici un citoyen américain, sans doute très riche… Nb : les citoyens et citoyennes américains et américaines ayant une ascendance centre et sudaméricaine vont probablement voter eux aussi, et peut-être qu’un nombre non négligeable d’entre eux voteront républicain, où qui sait, irons à la pêche. Si vous tenez absolument à du ciblage “ethnique”, pensez aussi à tous les autres (venues d’asie ou, tiens, d’afrique de l’ouest).

      1. @jc
        Vous ne m’avez pas compris: Il s’agissait d’une premiere impresion,non pas d’un “ciblage” quelconque. Anyway the future president will be an old male, white and rich…Unfortunately in my opinion.

      2. @ Alain Samoun

        “Anyway the future president will be an old male, white and rich…Unfortunately in my opinion”

        Je ne suis pas d’accord. Etre un homme, avoir la peau claire, être âgé, ne sont en aucun cas des défauts. La santé certes est une question pour une personne âgée, mais enfin c’est bien pour cela que les vice-présidents américains existent.

        Ce qui est dommage, c’est que le président élu en novembre sera de toute façon :
        – Un homme qui s’est dégagé des obligations militaires d’une manière basse, en faisant jouer ses relations, alors que des hommes plus pauvres étaient envoyés au Vietnam
        – Un homme accusé de manière assez crédible d’avoir commis une agression sexuelle
        – Un corrompu

        Toutes ces caractéristiques sont des points communs entre Donald Trump et Joe Biden. Et là, on parle vraiment de défauts, et pas des petits.

  3. D’après ces sondages qui lui donnent une marge d’avance suffisamment large, stable dans le temps et bien répartie sur les différents Etats, Biden sera clairement le prochain président des Etats-Unis. Sauf si…

    Je vois trois scénarios, ou trois facteurs, qui pourraient encore conduire à la réélection de Trump.

    1) D’abord, le total imprévu. L’événement que personne n’avait vu venir et qui rebat les cartes de manière inattendue au dernier moment.

    Je n’ai pas d’idée préconçue sur ce que pourrait être un tel événement. Bien sûr, Biden pourrait disparaître du fait du covid-19, mais cela signifierait probablement que ses chances de victoire passeraient à Harris, ce qui ne changerait pas le fond du résultat politique, donc ce n’est pas de la simple mortalité de tout un chacun qu’il est question.

    Il reste que les événements imprévus ça existe, il est prudent de s’en souvenir.

    2) Ensuite, la sous-estimation du vote Trump.

    En 2016, le vote Trump n’a pas été sous-estimé par les sondeurs. Les derniers sondages prévoyaient une marge de 2 ou 3 points en faveur de Clinton, elle a effectivement eu 2 points d’avance, simplement ils étaient suffisamment mal répartis parmi les cinquante Etats pour que Trump l’emporte au final.

    Le vote Trump pourrait-il être sous-estimé ? Ce n’est pas exclu. Il n’y a pas de données solides à ce sujet – pas de données de sondage évidemment 🙂 ! – mais quelques indications parcellaires vont dans ce sens. Par exemple tel journaliste sur un site conservateur disant avoir demandé à ses connaissances s’ils répondraient la vérité à un sondeur leur demandant pour qui ils comptent voter, et tous de répondre “Non, bien sûr, nous ne sommes pas fous !” Ce qui motive ce genre de réaction : le discours prégnant et constant de la plupart des médias – à l’exception de Fox News – représentant le vote Trump comme quelque chose non seulement d’erroné mais d’infâme. Et à l’occasion des conséquences très concrètes, comme une personne perdant son emploi parce qu’il est devenu clair qu’elle soutenait Trump. Voir le cas du coureur cycliste Quinn Simmons, suspendu pour un “tweet diviseur et incendiaire” où il se contentait de répondre “Bye” à un journaliste demandant aux supporters de Trump qui le suivaient de s’en aller puisqu’ils ont “zéro excuse” (1)

    Ce genre de cas n’a pas besoin d’être très répandu pour potentiellement changer la manière dont les gens répondent aux sondeurs.

    Mais la question bien sûr est de savoir si cette sous-estimation est anecdotique, ou pas. Il faudrait qu’elle soit assez forte pour compenser la marge d’avance que les sondages voient à Biden.

    3) Enfin, “last but not least”, la participation.

    Le vote Démocrate est écrasant parmi les Américains noirs, majoritaire parmi les Américains hispaniques, majoritaire parmi les jeunes. Or, ces groupes ont tendance à voter moins. Naturellement, ce phénomène est connu des sondeurs. Mais il n’est pas très clair s’il est pris en compte, ou pas, dans les résultats des sondages : ceux-ci comptabilisent en général les personnes qui ont annoncé qu’elles voteraient, ou voteraient probablement. Cependant, entre le dire et le faire, il y a une distance, est-elle modélisée ou non dans le sondage, c’est cela qui n’est pas bien clair.

    D’autre part, le niveau de participation des différents groupes ethniques et classes d’âge n’est pas forcément le même d’une élection à l’autre. Même si les sondeurs le prennent en compte dans une certaine mesure, il pourrait être plus fort que d’habitude – ou au contraire, plus faible.

    (1) https://www.cyclingnews.com/news/trek-segafredo-suspend-quinn-simmons-for-divisive-incendiary-and-detrimental-statements-on-social-media/

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  4. Si je voulais jouer au “complotiste” , je dirais que si Biden est élu, vu son âge, il se déclarera lui même dans l’incapacité d’assurer son mandat après quelques temps (mois?) pour laisser la place à sa vice-présidente.
    Ce serait une stratégie “secrète” des démocrates, sachant que même une partie de leur électorat n’aurait pas voté pour une femme, noire de surcroît…

    Qu’en pense vous, monsieur Jorion ?

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    1. … ce serait bien joué !

      P.S. Cela dit, quand je vois que Kamala Harris est “African American” = Noire, parce que sa mère est Indienne d’Inde et son père Jamaïcain, j’ai envie de vomir devant cette incapacité des Américains à considérer que quelqu’un est un être humain sans avoir préalablement émis un jugement sur la couleur de sa peau.

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        1. Impossible malheureusement d’aller tout droit à la 22e minute (il faut s’appuyer les 21 précédentes), et comme je corrige en ce moment les épreuves de mon Tome 2 des aventures de Trump…

          Je disais cependant ceci le 13 mai de l’année dernière à propos du même thème des “petits blancs”, Les supporters suprémacistes de Trump : plutôt mourir pour nos idées ! :

          Et c’est ce qui a conduit l’un d’entre vous à me signaler la parution du livre d’un auteur américain qui – pour la première fois (à ma connaissance) – explique les événements récents sous le même éclairage que le mien : un passé colonial toujours présent, dictant les comportements du présent, et conduisant à la catastrophe.

          Quelle est la thèse de Dying of Whiteness. How the Politics of Racial Resentment is Killing America’s Heartland (New York : Basic Books 2019) : “Mourir de sa blanchitude. Comment une politique de ressentiment est en train de tuer l’Amérique profonde”, par Jonathan M. Metzl ? Que si la classe ouvrière et une partie des classes moyennes américaines soutiennent la politique de Trump “Make America Great Again” – ce qui constitue un suicide pour elles car elles en sont les premières victimes – c’est DE PEUR que des politiques d’intérêt général ne bénéficient AUSSI aux Noirs américains et à ceux que l’on appelle là-bas “Hispaniques” ou “Mexicains”, qui sont en réalité à 95% des Amérindiens en provenance de plusieurs pays d’Amérique centrale.

          Jonathan Metzl, qui est médecin de formation, aligne à l’infini les exemples de personnes qu’il a vues, interviewées, des Blancs à la dérive, et qui préfèrent leur misère et leur mort lente, au fait de voir des mesures qui pourraient les sauver bénéficier aussi à des gens qu’ils considèrent comme leurs inférieurs. Pourquoi cette hystérie anti-État, se demande Metzl, et la réponse que lui apportent les victimes en face de lui c’est “Parce que l’État traite DE LA MÊME MANIÈRE que moi des Noirs descendants d’esclaves et des Peaux-rouges”, sous-entendu : “Il ne reconnaît pas que je vaux mieux qu’un quelconque bougnoule !”

      1. On n’est plus sous les mérovingiens !

        Si , si on peut aller directement à la minute choisie ou à peu près , en cliquant au bon endroit sur la barre de défilement inférieure . Mais je comprends qu’il n’y a que 24 heures dans une journée .

        Si vous y revenez , je crois que vous y trouverez ( et retrouverez ,) des mises en perspectives et continuités historiques que vous évoquez , avec visiblement la densité d’un travail continu et de la richesse des sources que cette dame manifeste . Sinon , vous la croiserez à Science Po et vous lui demanderez un digest .

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