Nous faisons les choses de travers et depuis fort longtemps, par Georges Cortez

Ces caricatures auront décidément fait beaucoup de mal et de morts… L’émotion, l’indignation… très médiatisées, très récupérées. Soyons tous Charlie et tout ira bien. Comme en 14. Émoi national. National, j’ai du mal. La Nation justement, on en parle ? La République ? La gauche, ah la gauche… #sad.

L’origine des choses… les causes, leurs effets, les effets devenant causes et produisant leurs propres effets… le salafisme, le radicalisme… toutes ces guerres, toutes perdues… tous ces morts, pour rien. Mais République-Liberté-Égalité-Fraternité, roulements de tambours, allocutions, déclamations, sonnez trompettes… Qu’avons nous fait que faisons-nous que ferons-nous ?

J’ai l’impression qu’on a fait les choses bien de travers et depuis fort longtemps, Rafales et Pétrole obligent, nos amis du Golfe, nos ennemis du Golfe, satanés Iraniens, Ben Laden buté comme un chien, Daesh, la Syrie, les migrants qui se noient, le capital qui prospère, la misère qui recule, les banlieues qui désespèrent, pas que les banlieues, la Planète au bord du gouffre… « ON » a fait des conneries… on ? Nos gouvernements. Nos dirigeants, nos bons élèves de sup, de science-pot, nos hommes d’affaires-journalistes, nos traders, nos industriels de l’armement, nos ministres de l’Éducation – quelle blague – quelle hypocrisie…

Je m’arrête là. Je vis loin de tout ça sur mon île… 98% de musulmans… je ne m’y suis jamais senti en danger. Je leur parle, ils me parlent. Nous vivons ensemble. Les problèmes naissent souvent le jour ou quelqu’un se lève pour dire « ceci est un problème ». Et là c’est souvent trop tard. Ce qui n’était pas un problème le devient dans l’instant. Tous ces faux problèmes que nous inventons de toutes pièces et auxquels il n’y a évidement pas de solution, puisque ce sont de faux problèmes.

Mon pote Abes, son père fut tué à Setif, en 45. Il me l’avait dit alors que nous écoutions Coltrane ou peut-être Nusrat sur son lecteur de cassettes tout pourri. Il y a au moins 35 ans de ça. On écoutait de la bonne musique qu’il me faisait découvrir, on parlait de tout, histoire, politique, Islam, Algérie, musique, voyages… Sur le coup je n’avais pas trop fait gaffe. J’étais jeune et ignorant de beaucoup de choses. Ma famille vient elle aussi d’Algérie. Côté Espagnol. OAS ou communiste, ça dépendait des oncles. A la maison, communiste, sympathisants, pas encartés. Mais j’y ai repensé des milliers de fois depuis à son père mort sous les balles de l’armée française. Je ne l’ai jamais oublié. Comment l’oublier ? On n’oublie jamais rien de ce qui est important.

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99 réflexions sur « Nous faisons les choses de travers et depuis fort longtemps, par Georges Cortez »

  1. https://www.youtube.com/watch?v=lNWLEAXdSqw
    LA GUEULE DU LOUP, 17 OCTOBRE 1961, PAR KATEB YACINE.

    Peuple français, tu as tout vu
    Oui, tout vu de tes propres yeux.
    Tu as vu notre sang couler
    Tu as vu la police
    Assommer les manifestants
    Et les jeter dans la Seine.
    La Seine rougissante
    N’a pas cessé les jours suivants
    De vomir à la face
    Du peuple de la Commune
    Ces corps martyrisés
    Qui rappelaient aux Parisiens
    Leurs propres révolutions
    Leur propre résistance.
    Peuple français, tu as tout vu,
    Oui, tout vu de tes propres yeux,
    Et maintenant vas-tu parler ?
    Et maintenant vas-tu te taire ?

  2. Je me souviens des élections de 1974. Un parti nationaliste s’y était fait connaitre. Etonnant si peu de temps après le drame de la Seconde guerre mondiale. J’étais jeune, mais je me suis dit à ce moment là qu’on était pas prêts de s’en débarrasser. La suite m’a donné raison. Pendant tout ce temps, au lieu d’unir la nation pour qu’elle soit plus forte, les partis l’ont divisée pour avoir le droit de faire leurs petites affaires en douce. On a conforté le peuple dans l’idée qu’il n’était responsable de rien, que l’important c’était la croissance, le PIB, l’argent. Et tout content, le peuple a suivi, c’est plus facile de consommer que de réfléchir. Les enseignants et tous ceux qui ont tenté de maintenir l’idée d’une République laïque, fraternelle et égalitaire ont été traités de « bisounours », de » gauchiasses » . Maintenant, on les tue, mais pas seulement eux, d’autres aussi qui veulent maintenir vivante notre démocratie. On ne s’est occupé que d’économie, pas de politique, on en voit le résultat.

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  3. L’article du Monde intitulé « Attentat de Conflans : comment un ´incident mineur’ dans une classe est devenu ´hors de contrôle´» rejoint tout à fait le mécanisme de « montée aux extrêmes » nommé ainsi par Clausewitz et mentionné par moi dans un précédent commentaire ; mécanisme qui poursuit son œuvre maléfique dans toutes ces manifestations exagérées d’émotion. Toutes ces petites bougies, toutes ces fleurs, tous ces autels improvisés, tous ces hommages au martyr… et toutes ces imprécations contre la barbarie… vont trop loin, donnent raison à l’assassin, arment le bras du prochain…
    Et puis, en faisant de l’assassinat un sacrifice, ces manifestations nous font retomber dans la superstition, c’est-à-dire dans l’obscurantisme contre lequel nous prétendons lutter… 
    Notre drame, collectivement parlant, est de ne plus savoir en quoi nous croyons, de prétendre même ne plus croire en rien. Cela nous désarme face à ceux qui sont guidés par leur foi, qu’ils soient islamistes ou évangélistes ou transhumanistes ou etc…
    Croire (croire et douter), tout est là !

    Le dieu de la bible est un bon objet de croyance, si, si ! : il est un concept abstrait, on peut douter de lui tous les jours, les textes auxquels il a donné lieu contiennent toutes sortes de solides et utiles observations anthropologiques, ils sont réinterprétables et réinterprétés à l’infini, l’ancienneté leur donne un poids certain et une grande cohérence, nos principaux principes sont son héritage… Pourquoi s’en priver ?

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  4. Salut Georges,

    « Ces caricatures auront décidément fait beaucoup de mal et de morts… »

    Démarrer ainsi, c’est continuer à aller de travers à fond les manettes.

     » Les problèmes naissent souvent le jour ou quelqu’un se lève pour dire « ceci est un problème ».

    Penser aussi ainsi, c’est derechef garder le cap pour aller de travers.

    Je me demande où en serait l’Histoire des Homme avec une telle attitude dans la vie, pour peu qu’on veuille bien voir de quoi il en retourne derrière ce genre de phrase.

    Mais je suis d’accord avec toi, tout va de travers depuis bien longtemps, mais pas à cause de caricatures ou de gens qui se lèvent et pointent du doigt ce qu’ils estiment être des problèmes, ça n’a aucun sens ainsi posé.

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      1. Tu pourrais définir, en la matière, ce que tu appelles un faux problème que je me rende compte à quoi tu penses ?

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      2. @Cloclo:
        Vrai problème : le refus de nombreux citoyens français de porter le masque, au nom de leurs libertés, met en danger de nombreux autres personnes.
        Faux problème : le port du voile par des citoyens français de confession musulmane met en danger la République française et ses principes laïcs.

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      3. Ah le port du voile islamique est un faux problème. Mais le non port du masque chirurgical un vrai problème.

        Moi je dirai en revanche que les deux sont un vrai problème.

        D’ailleurs l’interdiction de se couvrir le visage dans l’espace public tout comme le port obligatoire du masque ne sont aucunement des mesures discriminatoire donc en vérité aucun des 2 n’est un problème. Là c’est toi qui invente des problèmes où il n’y en a pas.

        Un autre exemple plus parlant d’un faux problème ?

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      4. En quoi est-ce que le port du voile islamique met potentiellement quiconque en danger ?

        Mon billet du 1er octobre 2013

        AUTRES TEMPS, AUTRES MOEURS

        Quand j’étais petit, les rues étaient pleines de femmes voilées.

        Nous les enfants, nous étions curieux, et souvent nous nous retournions, parfois en gloussant. Les adultes eux n’y prêtaient aucune attention.

        Et puis, peu à peu, les nonnettes ont disparu.

      5. Qui a dit cela Monsieur Jorion ?

        Qui a dit ici, que le port du voile islamique met potentiellement quiconque en danger ? J’ai beau chercher je ne trouve pas de trace ici.

      6. Non du tout, du tout, j’ai juste dit moi en revanche que les deux sont un vrai problème. Ce qui n’est pas exactement la même chose que ce vous interprétez de mes propos. Les vrais problèmes ne sont pas que des problèmes de danger potentiel pour quiconque n’est-ce pas , sinon la liste va être vite faite ?

        Et bien entendu que le voile- qui recouvre le visage- rentre dans le cadre des vrais problèmes dans une société.

        Vous pouvez le nier, vous ne seriez pas le seul, mais peu me chaut dans ce cas.

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      7. Salut ton altesse,

        Si l’on compare deux pays aux modèles d’intégration très différents et un rapport au voile opposé, comme la Grande Bretagne et la France, le premier a-t-il moins de problème avec les terroristes islamistes que le second ? Pas sûr. Est-ce le voile le problème en France ou ceux des deux bords qui l’instrumentalisent ?

        Allez, je vais me refaire le générique d’Arnold et Willy pour me consoler…

        Question subsidiaire : doit-on voir dans le col de chemise hors du pull de monsieur Jorion un signe religieux ostensible issu de son éducation hollandaise ? cf The Night Watch (rien à voir avec GoT pour une fois !) : https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Ronde_de_nuit#/media/Fichier:The_Night_Watch_-_HD.jpg 😉

      8. Vous avez entièrement raison, j’aurais dû prendre une minute de réflexion supplémentaire…

        (Pas de smiley, aïe, si je vous ai offensé, je vous prie de m’en excuser)

      9. Salut 2casa,

        Bien entendu que tout ne se résume pas dans « le problème » du port du voile islamique et je précise, celui qui couvre le visage, celui-ci se retrouve de facto interdit par un loi très fine d’ailleurs car non discriminante n’en déplaise à ceux qui pensent le contraire. C’est un aspect de la chose ça. Mais c’est important d’avoir des Lois qui permettent de préserver un minimum l’espace public entre tous. Moi à la vérité j’aimerai bien me balader les baloches et la raie à l’air mais je ne peux pas. Ce n’est pas discriminant parce que personne ne le peut.

        Maintenant chez les rosbeefs, ils ne voient pas les choses tout à fait comme chez les fromages qui pues c’est certain. Mais la Loi n’a pas été faite pour régler les problèmes d’intégration ou d’inégalité sociale ou la copulation en milieu non aqueux mais pour réglementer le fait que chacun et chacune doit pouvoir voir le visage d’autrui dans le domaine public sauf exception carnavalesque ou de coronavirus. Ce qui est un élément de la construction d’une vie en commun. Moi j’assume que cela me va très bien. M’enfin c’est quand même un souci de ne pas pouvoir reconnaître quelqu’un ou identifier quelqu’un, demande en Chine !

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      10. Ton altesse,

        Que penser alors du pseudonymat sur internet qui te permets de traiter quelqu’un de « pauvre mec » – ce qui n’est pas dramatique en soi, je te le concède – sans être clairement identifié ? C’est pas un peu plus grave que d’être dispensé de subir des tronches de cake (je parle dans l’absolu et ne vise personne en particulier ou tout le monde, c’est tout un) à longueur de journée ? Sont-ce des reflux du service de madame et la nécessité de pouvoir fliquer les gens ou une vieille remontée de Lévinas ?

        J’imagine qu’il doit bien exister des tribus où l’on vit masqué ou peint et le reste à l’air sans choquer personne ? Ou que l’exclusive d’un visage (masculin ou féminin) puisse être réservée à la sphère privée par l’accès qu’il livre au plus intime de nous même : l’expression de nos émotions, non ? Est-ce une constante anthropologique ? Ça me fait penser à ce carnet de voyage d’un prêtre ou d’un anthropologue chez Borgès, je crois, où c’est manger qui est tabou et doit être celé. La seule concession serait que cela ne concerne que les femmes et ça, pour l’intégral, effectivement c’est gênant.

        Pour le reste, hors exercice de la domination d’un genre sur un autre, si les gens ont envie de se mettre une plume où ils veulent, qu’est-ce que ça peut bien faire ? On voit pire et bien plus ridicule tous les jours à la télé, j’y ai accès depuis quelques temps après quasi 20 ans de déconnexion complète et, franchement, j’ai l’impression d’être dans le 5ème élément : les présentateurs ultra-brite avec costards asymétriques et coupe de veuch du turfu ! Ce qui me pose vraiment problème, moi, c’est la volonté quasi unanime d’imposer ses vues aux autres ou de s’occuper de ce qu’ils font (avortement pour prendre un autre exemple) à partir du moment où cela n’a pas d’incidence sur autrui. Ce qui est bien souvent le propre des religions mais pas que.

        C’est cela, à mon sens, que devrait se préoccuper de protéger la démocratie ou l’état de droit : la possibilité pour chacun de faire ce qu’il souhaite à partir du moment où il ne nuit pas à soi ou à autrui. Dans le cas qui nous occupe fournir les outils critiques et les conditions d’exercice d’une liberté personnelle pleine et entière. Ensuite, si t’as envie de te faire une crétoche version patient zéro, de porter un turban de 3 mètres de haut ou un ridicule costard bleu avec une teub qui pend autour du cou (comme tous les bouffons qu’on voit tous les jours au gouvernement) qu’est-ce que ça peut bien faire franchement ?!

        Le seul argument qui tienne c’est que l’exercice du libre choix puisse être garanti. Délicat, je sais bien…

      11. effectivement , dans les années 50-60 , le port du voile (pour les femmes) était encore plutôt courant dans l’espace public (mais aussi la soutane pour les hommes ) .
        puis les ecclésiastiques (et uniquement eux car seuls ceux-ci encore portaient ces signes dans nos contrées ) durant les années 60 , se sont émancipés de cet accoutrement (voile , soutane…) pour le laisser tomber au début des années 70 , sauf quelques « orthodoxes ».
        dans nos contrées occidentales , c’était un long chemin d’émancipation du carcan de la religion sur nos populations durant plusieurs siécles .
        la réintroduction de ce signe de soumission à un totalitarisme idélogique est donc difficilement supportable par nombreux , car ressenti comme une « régréssion » .
        vous remarquerez que je ne cites aucune idéologie religieuse en particulier , toutes ayant eu (ou ayant encore ) le même comportement selon leur propre histoire.
        c’est la dépendance d’homo-sapiens à des idéologies « contra-phobiques » ( qui tente ainsi de se protéger de sa peur de l’existentiel (sa condition de mortel) ) qui est le problême sur lequel il a peu avancé , malgré les bonnes pistes du début du 20 eme siècle.

  5.  » Ces caricatures auront décidément fait beaucoup de mal et de morts  »

    Non non non non non et non.

    Un dessin ne tue pas.

    Faut le dire comment ?

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    1. Il y a des mots qui tuent ou qui blessent. Pourquoi pas des dessins ?

      Mais je n’entrerai pas dans une telle discussion où la raison ne tient pas beaucoup de place.

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      1. Ah ? C’est bien dommage de pas creuser ce point là ( difference entre un stylo et un colt 45, ou entre le champ de la discussion et celui du rapport de force armée ) parce que ça me semble être un des quelques passages obligés pour avancer.

        Dès lors que vous donnez à une idée (sous forme de dessin ou autre ) la puissance de feu d’une arme, vous légitimez tacitement la logique de l’escalade.

        Il a tué, ok, mais il était très vexé.

        Non.

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      2. Monsieur @Jeanson,

        Je ne souhaite pas discuter avec vous car vous êtes absolument certain d’avoir raison, et ne changerez donc pas d’avis, ni ne m’entendrez ; qui plus est vous le prenez de très haut et vous m’accusez de légitimer des actes criminels. Heureusement Valls est de retour, il revient pour défendre lui aussi la civilisation contre la barbarie.

        Cordialement,

        GC

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      3. Georges

        Comme je le dis plus bas dans le fil, la discussion légale a lieu, autour de la notion  » d’incitation à la haine « .

        Certains propos sortent donc des clous, on ne peut pas tout dire.

        Ce que je me refuse à accepter, c’est cette idée qu’il n’y aurait pas d’escalade entre le propos et la violence.

        Il me semble que ne pas voir cette marche justifie la violence.

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    2. @Jeanson Thomas
      Vous êtes bien sûr de vous.
      Moi un peu moins. Je pense que le torrent de caricatures antisémites publiées dans la presse durant un siècle a participé au conditionnement des populations européennes, rendant le passage à l’acte de l’extermination tolérable de la part de leurs acteurs comme des témoins passifs.

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      1. M’enfin Arkao, tu ne te rends compte un peu de ce que tu écris ?

        Les juifs étaient visés en tant que JUIFS, en tant que peuple juif déterminé et identifié, chaque juif ! Le blasphème d’une religion cela n’a rien à voir ou du croyant lambda cela n’a rien à voir.

        Avec ce genre de raisonnement mon pauvre mais on peut complètement arrêter de faire du dessin humoristique. Quelques commentaires ici et là me font dire que le niveau de clarté sur le sujet n’est malheureusement pas au rendez-vous, et que les pères la moraline fondés sur des sentiments de bisounours au miel accommodés à l’amalgame de tout et de rien, dans le doute ne respirons plus, ne vont pas y rajouter de la lumière.

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      2. Arkao

        Les règles existent ( le motif  » incitation à la haine  » notamment )
        pour empêcher un auteur quelconque de faire joujou avec le sentiment de haine envers une minorité.
        Justement, Charlie, comme Siné ont été assignés plein de fois au tribunal pour antisémitisme ou racisme divers : ils ont toujours à ma connaissance, gagné sur ce point. C’est leur métier : maintenir et utiliser le tout le champ possible légalement.

        La loi contre l’incitation à la haine s’appliquerai sans doute pour les carricatures dont tu parles ( années 30 ).

        Ici on est dans un tirage confidentiel ( charlie est un tout petit truc) et un objet qui n’est pas une minorité, mais la religion elle même en général.

        Et puis ne pas perdre de vue l’origine de tout ça quand même :

        Charlie ne fait que révéler un problème qui se pose à la société, caricaturiste ou pas.

        Ça lui pète à la figure, ( Charlie ) mais de toute façon, ça aurait pété ailleurs aussi fort.

        Le petit tchetchene aurait trouvé une autre tête à couper.

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      3. @CloClo
        Mon commentaire était une réponse à celui de Jeanson Thomas au sujet du pouvoir de nuisance (ou de bienfaisance) d’un dessin, que je considère pour ma part comme une arme potentielle (au même titre que la photographie – rappelez-vous de celles de la guerre d’Espagne et du Vietnam et du rôle qu’elles ont joué dans le déroulement des évènements). Rien de plus.
        Vous posez néanmoins une bonne question: les dessins de Charlie-Hebdo ne sont-ils que des dessins humoristiques? Si vous le pensez, c’est que vos yeux demandent un p’tit nettoyage et votre ciboulot une p’tite remise en contexte.

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      4. @ Arkao
        « Je pense que le torrent de caricatures antisémites publiées dans la presse durant un siècle a participé au conditionnement des populations européennes, rendant le passage à l’acte de l’extermination tolérable de la part de leurs acteurs comme des témoins passifs »

        Je pense que les caricatures de Charlie Hebdo n’ont rien à voir avec des caricatures antisémites ni d’autres appels à la haine.

        Juste une remarque : Charlie Hebdo s’est déchaîné contre le christianisme – et bien d’autres choses – depuis bien plus longtemps et bien plus fort que contre l’islam. A-t-on observé une épidémie de haine contre les chrétiens ? Non bien sûr, car moquer une religion, comme moquer une autre idée, n’est pas appeler à haïr des personnes.

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      5. @Jeanson Thomas
        A l’heure des réseaux sociaux et de leur instantanéité, on ne peut plus dire que Charlie-Hebdo c’est un tirage confidentiel. C’est là un des aspects du drame. L’affaire Siné montre justement toute l’ambiguïté de la position politique de Charlie deuxième génération sous la férule de Philippe Val.
        Pour l’anecdote, il y avait dans un placard de la maison familiale la collection des Charlie-Hebdo première époque conservée là par un de mes grand frère. A la suite de son décès, ma mère fervente catholique a brûlé ces journaux au fond du jardin, ne pouvant supporter la présence de telles « ordures » sous son toit.

        @Toulet Alexis
        Question d’appréciation.
        Quelles sont les frontières entre le dessin humoristique, le dessin politique, le dessin malpoli, le dessin haineux ?
        Qui en juge ?
        Charlie et le christianisme: pas spécialement glorieux de tirer sur l’ambulance des troupes en déroutes…

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      6. Arkao,

        L’humour n’empêche pas l’élévation et la réflexion! Tu passes complètement à côté comme sur plein d’autre sujet…

        Vous vous trompez ? Vous pensez arkao ! Le spécialiste de l’à côté de la plaque.

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      7. Autre question :

        Quelle motivation pousse donc les caricaturistes sur le sujet de la religion ?

        Reponse A Leur tendance suicidaire.

        Reponse B la tendance systématiquement des religions à se mêler des affaires publiques

    3.  » L’image peut-elle tuer ?  » – Marie-José Mondzain, Bayard, 2002.

      « La philosophe Marie-José Mondzain poursuit une réflexion sur l’image. Elle aborde ici la violence du visible non pas en termes de contenu mais de dispositif. Un détour préalable par l’histoire, pour analyser le statut de l’image dans les pensées chrétiennes et réformées, s’avère nécessaire. Au sein de l’« empire du visible » dans lequel nous vivons désormais, l’image est-elle responsable de la violence qu’on lui prête ? Non, répond l’auteur en substance. Pas plus que l’image de la vertu ne rend vertueux, l’image du crime ne transforme le spectateur en criminel. L’image n’est pas violente intrinsèquement, elle ne tue pas par elle-même. C’est la manière dont on la reçoit et l’usage qu’on en fait qui est potentiellement dangereux. « Si le spectateur d’un crime devient criminel, c’est parce qu’il n’est justement plus spectateur. Il n’y a que ce qui rend bête qui rend méchant». Si l’image « colle » trop au spectateur qui s’identifie à elle, elle devient dangereuse. La violence est dans l’immobilité, dans l’assignation du spectateur à une place dont il ne peut plus bouger, dans l’emprise du visible sur les passions : perte du réel, influence hypnotique, hallucination collective, délire privé « .

      Extrait d’une analyse critique de l’ouvrage de Marie-José Mondzain paru sur le site  » Science Humaine « .

      1. « L’image n’est pas violente intrinsèquement, elle ne tue pas par elle-même. C’est la manière dont on la reçoit et l’usage qu’on en fait qui est potentiellement dangereux. »

        J’ai déjà lui ça quelque part :

        « L’arme à feu n’est pas violente intrinsèquement, elle ne tue pas par elle-même. C’est la manière dont on la reçoit et l’usage qu’on en fait qui est potentiellement dangereux. »

        On trouve ça au mur dans un cadre, dans les armureries aux États-Unis. Rassurez-vous, je l’ai seulement vu sur des photos.

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      2. Paul

        Je n’arrive pas, à poser sur le même plan un propos et une violence physique.

        Et comment les mettre sur le même plan sans justifier la violence physique ?

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      3. Ca s’appelle du relativisme et c’est le degré zéro de la pensée.

        Une arme est faite pour tuer, c’est sa fonction, un dessin pour provoquer une réaction émotionnelle. Si on commence à tout mélanger, on n’est pas prêt d’avancer.

        Ca me fait penser à ces gens qui soutiennent mordicus que « ne pas croire en l’existence machin truc  » est équivalent à « croire que machin truc n’existe pas ». Les gars ne sont pas câblés mentalement pour avoir une discussion claire sur le sujet, confondre croire et ne pas croire ça craint un peu quand même…

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      4. @Cloclo
        J’ai liké ton message par erreur, toutes mes excuses…

        Et donc pour te répondre :

        « Ça s’appelle du relativisme et c’est le degré zéro de la pensée. »

        Et ton point de vue s’appelle le degré zéro de l’analyse…

        Dans le texte du billet j’écrivais ceci : « les causes, leurs effets, les effets devenant causes et produisant leurs propres effets ». N’importe qu’elle personne éduquée dans les sciences exactes comprend cela. C’est aussi ce que les chercheurs en sciences sociales ou en anthropologie appliquent. Dérouler le fil de la bobine, chercher à comprendre la logique des faits sociaux et culturels. Ça devient lassant de devoir sans arrêt expliquer les mêmes choses.

        Moi aussi j’aimerais beaucoup que les actes terroristes s’arrêtent. Également les crimes de la folie ordinaire. Ils sont bien plus nombreux, ce sont ce qu’on appelle des faits divers, n’est-ce pas ? Et pour que s’arrêtent les crimes terroristes, on peut agiter sa baguette magique dans tous les sens, ça ne marche pas. Une approche intelligente et honnête pourrait sans doute régler la question, c’est ce que je préconise, et je ne me fais pas d’illusion, même en procédant justement et intelligemment, il faudrait sans doute 20 ou 30 ans pour régler le problème… 20 ou 30 années perdues depuis le 9/11 à force de réactions à l’emporte-pièce comme la tienne.

      5. « Au sein de l’« empire du visible » dans lequel nous vivons désormais, l’image est-elle responsable de la violence qu’on lui prête ? Non, répond l’auteur en substance »

        Oui… ou Non. Ca dépend ***quelle*** image.

        Bien sûr que l’image peut tuer. De même que les mots peuvent tuer, par exemple les mots « Morts aux ! » Une image qui est une traduction d’un appel au meurtre… eh bien, c’est un appel au meurtre, et ça peut être suivi. Quand ça l’est, même si la responsabilité principale reste du côté du meurtrier, une part de responsabilité doit être reconnue à l’auteur de l’image.

        En revanche, une image d’un crucifix dans de l’urine, ou de Mahomet tout nu, ça ne tue pas non. Parce que ce n’est en aucun cas un appel à la violence ni au meurtre, il s’agit de simple moquerie de personnages historiques ou de la foi de tel groupe de croyants.

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  6. Comme le savent très bien tous les poètes de ce blog « Une consolation » était écrite pour(e) un ami(e) cher(ère) qui avait perdu un proche souvent un enfant (voir consolation à M. du Perrier)

    Voici une « Consolation » écrite il y a quelques années pour M. Paul Jorion et que je mets ce jour en ligne : il ne s’agit pas de la mort d’un être mais plutôt de l’état d’un Monde en décomposition c’est une petite chanson puisque j’ai mis sur les paroles une petite musique enrichie par mon professeur de chant qui est également pianiste et compositeur

    Ne pleure pas petite fille
    Il n’y a plus d’Eldorado
    Tout l’or du monde est dans des iles
    Où s’échoueront de grands radeaux

    On s’habitue à trop de choses
    Même à des mensonges d’Etat
    A l’agonie de tant de roses
    Qu’on n’entend pas qu’on n’entend pas

    Ne pleure pas petite fille
    Ta valeur humaine tombera
    Comme au bowling tombent les quilles
    Car un robot t’évincera

    Ne pleure pas petite fille
    Un jour où l’autre tu mourras
    Dans l’eau acide où s’éparpille
    Le corail qui t’accueillera

    On peut encore faire des choses
    Contre les trusts scélérats
    Contre la peur les temps moroses
    Oui on ira ! Oui on ira !

    Ne pleure pas petite fille
    Dans un refus assourdissant
    Naîtra un jour petite fille
    Un nouveau chant des Partisans

    Une fois encore je ne suis pas poète c’est un hommage rendu à Paul Jorion Eliane Chaponik

    PS Si l’époque de la Résistance française intéresse encore quelques personnes elles trouveront notamment sur le Maitron des informations sur mon oncle Nathan Chapochnik dit Françis ayant fait partie des FTP MOI Carmagnole à Lyon puis responsable d’un maquis (entre autre) au-dessus de Nice – ma mère quant à elle a fait partie d’un groupe de Résistant à Paris (tous les groupes de Paris(constitués entre 1942 et fin 1944) ont été arrêtés par la police française livrés aux Allemands et déportés (mère rescapée d’un convoi de 1200 hommes femmes et enfants convoi 67)

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      1. Oui ils se connaissaient très bien , l’ouvrage de Chabrol « la dernière cartouche » fut en effet inspiré par la vie de mon oncle Nathan lorsqu’il faisait partie de la Résistance française Un historien grenoblois a écrit une biographie de mon oncle il me semble Mon père avait ce livre mais il a été prêté et non rendu il faut que joigne de nouveau cet écrivain la dernière fois que je lui ai parlé au téléphone (durant cet été) il était à 600 km de Grenoble.

      2. Ah les histoires de livres…
        Un jour quelqu’un m’a prêté un livre de Chabrol (Le bonheur du manchot), c’est plus tard que j’ai trouvé ‘La dernière cartouche’ dans une bibliothèque, et votre commentaire a réveillé ma (petite) mémoire…
        Pour ce que j’en sais, des récits et anecdotes, mais pas de Résistant dans la famille, mais: 😉
        https://goo.gl/maps/aPS2WDwq2i9NZBEy6

      3. @ Jeanson Thomas

        Vous dites :  » Ici on est dans un tirage confidentiel ( Charlie est un tout petit truc)  » (…)

        Comment pouvez-vous dire cela à l’ère d’Internet ?

        Le blog de  » Charlie Hebdo  » est en ligne, son contenu est devenu international ! Je fus personnellement étonné d’entendre – lors du procès contre les complices des exterminateurs des journalistes de Charlie Hebdo et des clients assassinés de l’épicerie Cacher – qu’une journaliste présente au tribunal s’étonnait de voir qu’il était lu au Pakistan …. Mais, enfin, Il peut être lu partout ! Il suffit de cliquer et occasionnellement de se payer un abonnement. Comment dans ce cas là parler d’un  » tirage confidentiel  » et tandis que les évènements criminels contre les journalistes et les dessinateurs ont rejailli partout sur toute la planète, parler encore d’un  » tout petit truc  » ?

      4. Hervé

        Bien sur, je fais référence au tirage de CHebdo avant attentats, c’est sur que d’être assassinés les a propulsé sur le devant de la scène et qu’on ne peut plus parler, aujourd’hui, d’un truc confidentiel.

        Par ailleurs, j’ajouterai que cet argument ( petit ou grand media) est sans intérêt ni importance sur le sujet, et j’ai regretté de l’avoir employé.

    1. « Si l’époque de la Résistance française intéresse encore quelques personne »

      Juste dire ici que les morts dûs à la barbarie marque les familles sur plusieurs générations , parfois même de manière inconsciente.
      Ce n’est pas que l’effroi d’un moment .

      Quelque soit son clan , son origine , sa religion , son athéisme etc… , il y a deux sortes d’êtres humains:
      ceux dont l’intention est la paix , ceux dont l’intention est la haine.Comme il y a deux sortes de rire , celui qui dédramatise , et celui qui blesse ( volontairement ou pas ).

      Un dessin peut tout aussi bien faire des dégâts qu’une parole , mais ce n’est pas tel dessin ou telle parole qui est à mettre en cause ( car la liberté d’expression est un droit qui mérite d’être soutenu ) , c’est la haine ou la paix qui habite tout individu.
      La tolérance se cultive . Apprendre l’importance de liberté d’expression a pour se faire un rôle capital.
      Un simple professeur vient de mourrir pour la République , pour la France .
      Il n’avait probablement pas conscience des risques , mais il connaissait les enjeux.
      Un monde sans tolérance n’est pas viable.

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      1. Vous avez raison, ce n’est pas que l’effroi d’un moment. A la préfecture de Paris durant la période d’occupation allemande il y a avait deux services policiers spécifiques dites Brigades Spéciales
        La BS1 était dirigée par le Commissaire David (fusillé en 45) la BS 2 par un certain Hénoque (celui qui a fait arrêter et a livré ma mère aux Allemands) Hénoque a pu grâce à son épouse qui était Belge se réfugier dans son pays où il n’a jamais été poursuivi il est décédé je crois la même année que ma mère ou à un ou deux ans près
        Je n’ai jamais pu rien faire contre lui bien que j’ai pu trouver toute cette histoire dans les archives de la Préfecture de police de Paris mais bien trop longtemps après la guerre et en temps de paix on ne peut pas régler ses comptes de façon violente même si la vengeance est légitime. Tout cela me hante encore……

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      2. Oui, comme par exemple Mengele, réfugié en Argentine mais qui est plusieurs fois revenu en RFA ponctuellement, et qui n’a jamais été inquiété alors que apparemment les autorités de l’époque le savaient… Pas de bruit, pas de vague…
        J’espère que vous retrouverez ce livre sur votre oncle.

  7. Les choses vont de travers c’est sur, mais certains les poussent vraiment dans le mauvais sens.

    Voilà les deux vidéos, les 2 gars sont en garde à vue, semble-t-il à la base de ce drame qui a coûté la vie à ce pauvre sympathique prof :

    Leurs messages ont rencontré la folie d’un jeune.

    Je vous laisse vous faire votre opinion. Et quand on fouille l’environnement des 2 gus, on est de moins en moins étonné.

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    1. Lés oisillons commencent leurs boulots.
      ( d’ailleurs les plaintes physiques sur l’attente marque une profonde perdition. )
      (Les croyants risquent d’en prendre un coup)

    2. @ Cloclo

      Je trouve étrange que vous puissiez publier ici deux vidéos d’un individu qui a idéologiquement armé un jeune homme de 18 ans d’origine Tchétchène.

      Le lavage de cerveau doit-il se perpétuer de blog en blog et d’individu à individu, chez autant de personnes peu enclines au raisonnement éclairé ?

      Est-ce ainsi qu’on rend hommage à un professeur assassiné, M.Paty, atrocement décapité par un fanatique religieux à la sortie d’un collège français ?

      1. Mais de quoi tu parles Hervé ?

        Tu trouves étrange d’essayer de comprendre par toi même et de voir ce qui se passe de tes yeux ? En plus ici sur le blog d’un éminent sociologue qui décrypte son temps ?

        C’est cela ta façon de rendre hommage à un enseignant en faisant ce genre de commentaire stupide ?

        Pauvre mec va.

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    3. Au fond, que ce soit pour la propriété privée ou pour le blasphème et sa considération juridique,
      il nous manque l’apprentissage du « pandorisme » en tant que tel.
      Je veux dire l’effet Pandore, le fait qu’il est difficile de définir où serait une autre limite une fois
      qu’une première limite existe.
      Cet effet n’est pas bon au mauvais en lui-même, il existe comme propriété du langage.
      Son application à la propriété privée , ce sont en gros les arguments que fait valoir Piketty: on a reculé (sur quelques décennies en pratique) les impôts sur le revenu et plus encore (… sur quelques siècles !) ceux sur la fortune, parce qu’on pouvait manipuler la crainte de ne faire fondre tout la propriété dès qu’on en attaquait un demi pourcent (Giacomo Todeschini, historien italien, parle beaucoup dans « Les marchands et le temple » de la « sanctuarisation » au sens moderne [!] des biens d’Eglise, tant la tentation de dilapider était forte pour ceux qui avaient une charge, épiscopale ou autre, aux fins de maintenir leur influence etc., ceci très tôt dans le Moyen âge, dès que le réseau des abbayes fut consolidé , disons 1100 au plus tard)
      Son application aux caricatures, c’est de faire réfléchir à la nécessité d’éduquer au fait qu’il doive exister une limite légale, bien légale, mais qu’elle n’est fixé que par une convention, et que faire bouger ladite convention engendre plus de trouble que n’en engendre la convention elle-même. Ou du moins, si cette dernière affirmation est un peu simpliste, qu’il faut avoir discuté d’un mécanisme pacifique de ce qui se passera une fois qu’on remet la convention en jeu. Ce n’est pas impossible de parler de cela en quatrième et même pas mal avant. Les enfants connaissent bien le mécanisme qui consiste à changer les règles du jeu en cours de route.

      Construire une éducation au consensus et au dissensus pourrait resituer ces choses là.

      La croyance religieuse serait alors à voir comme un des angles de pensée dans un schéma « à 360° » de ce qu’on peut penser (la métaphore est du socialiste Olivier Faure, qui quelquefois est plus obligé que d’autres de trouver des choses intéressantes pour sortir son parti du discrédit qui l’a touché), ne devant pas empêcher la pensée du consensus quelque part d’autre dans les 360°. C’est un peu comme sur les ordinateurs ou smartphones : une partie de l’OS utilise la mémoire, on ne peut pas fonctionner sans, on n’est libre de l’affectation de la mémoire (les 360° de ma métaphore) que dans le reste.

      Changer le « BIOS » pour ensuite toucher aux barrières dans ces 360° ne se ferait que « d’une main tremblante ». Au moins jusqu’à la prochaine grande évolution sociétale.

      1. @ Cloclo

        Vous avez l’insulte facile monsieur Cloclo. Depuis que je vous lis dans vos propres linéaments, approximations et contradictions, j’ai toujours veillé à rester poli. Comment osez-vous mêler le propriétaire de ce blog à votre incivilité caractérisée ? N’ayant aucun goût personnellement pour les inepties de M.Manuel Valls qui disait bien stupidement qu’ « expliquer, c’était déjà excuser » , je ne voulais pas tomber dans ce travers là, non. Je m’étonnais simplement – ayant préalablement croisé l’information via diverses informations radiophoniques et via internet – que ce sinistre individu qui a lancé une fatwa sur les  » réseaux sociaux  » afin que quelqu’un attente directement à la vie de M.Paty apparaisse ici, doublement via deux vidéos pour enfumer les internautes. Je ne retire rien de ce que j’ai dit. Autant de publicité pour ce militant d’extrême-droite dans sa variante « islamiste » m’effare. En ce qui vous concerne, calmez-vous un peu à l’avenir. vos passions vous égarent. Écoutez autrui avant de l’insulter. Le propre d’un débat, c’est aussi entendre un avis contraire au vôtre. Ne vous en déplaise. Vous non plus, vous ne m’écraserez pas !

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      2. Il est tout à fait normal de montrer ces deux vidéos si on veut comprendre de quoi il s’agit. On pourrait montrer les caricatures en disant que c’est justifié, mais on devrait cacher les réactions à ces caricatures en disant que c’est injustifiable ?

      3. L’insulte facile, mouais, c’est cela, disons que devant la fausse politesse de façade pleine de remontrances à peine cachées, et distribution de bons points, comme les pères la vertu, qui s’effarent des simples faits, mon côté très mauvais élève très mal élevé refait instinctivement surface (que voulez-vous j’ai appris les gros mots insultants avant le reste dans la vie, ça rendait les adultes hystériques et j’adorai ce petit pouvoir). Moi je trouve que j’ai été particulière calme, presque même suranné et totalement has been avec mon « pauvre mec ».

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      1. https://fr.wikipedia.org/wiki/Abdelhakim_Sefrioui

        C’aurait été un conseil éphémère il y a X années, avant que Sarko essaye de structurer « une bonne fois » l’islam en France.

        Je n’aimerais pas être à la place du parent d’élève qui a apparemment obligé sa fille à porter un faux témoignage, y compris devant la police.

        Pour avoir cette longévité, le personnage doit quand même arriver à manipuler l’indignation à la limite du tolérable avec une technique certaine. J’imagine que ça devient une habitude, voire une forme d’auto-excitation d’arriver à formuler une « sorte de logique » au nom de l’indignation en profitant du côté « borderline » de l’émotionnel.

        C’est un peu le sens de la citation connue de Voltaire sur le fanatisme « On entend aujourd’hui par fanatisme une folie religieuse, sombre et cruelle. C’est une maladie de l’esprit qui se gagne comme la petite vérole. Les livres la communiquent beaucoup moins que les assemblées et les discours. »

        Applicable aussi sans grand changement aux Zemmour et émules du même bois.

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      2. @ M.Jorion

        Vous êtes ici chez vous. Je ne l’ai jamais oublié et je prends bonne note de votre avis. Je préfère pour ma part lire d’autres canaux d’informations que d’écouter ceux qui ont lancé une fatwa sur Internet jusqu’à ce qu’un jeune homme sous emprise et qui menaçait déjà au mois d’août dernier de décapiter quelqu’un, ait saisi l’occasion qui lui venait soudainement après que les réseaux asociaux aient été chauffés à blanc / Cordialement.

        Mediapart :
        https://www.mediapart.fr/journal/france/171020/attentat-de-conflans-sainte-honorine-le-terroriste-affichait-sa-radicalisation-sur-les-reseaux-sociaux

      3. « Applicable aussi sans grand changement aux Zemmour et émules du même bois »

        Sur CNews avec Pascal Praud et Eric Zemmour hier, j’ai appris non seulement qu’une grande partie des immigrants tchétchènes en France se déclarent persécutés afin d’obtenir le statut de réfugié, alors qu’ils ne sont en fait pas persécutés – et j’ai des raisons de croire que c’est vrai.

        Mais encore que Vladimir Poutine a bien défendu la Russie en matant les Tchétchènes (je paraphrase, je ne me rappelle pas les mots exacts, mais c’était le sens), voilà il sait faire lui, sous-entendu dommage qu’on ne fasse pas pareil.

        Et je sais :

        1. Que c’est faux – la Russie a certes gagné la deuxième guerre de Tchétchénie, mais sur une victoire partielle voire un compromis. En pratique, la Tchétchénie est une « zone de non-droit » géante, où la loi russe ne s’applique pas, dominée par un dictateur Ramzan Kadyrov que Moscou finance pour « acheter » la paix, une zone où par exemple le dictateur affirme que les homosexuels « n’existent pas » – et c’est malheureusement tout à fait possible, car ils y « disparaissent », ce qu’ils ne risquent évidemment pas à Moscou, Iekaterinbourg ou dans toute autre province de Russie, bref là où c’est la loi de la Russie qui s’applique. En somme, Poutine n’est absolument la « terreur des islamistes » comme fantasmé par plus d’un, c’est certes un homme d’Etat réaliste (payer un tribut en échange d’une suzeraineté de type féodal, c’est plus économique que la poursuite de la guerre) mais qui a accepté un arrangement qui je pense serait refusé avec la dernière énergie même par les Français les plus « compréhensifs » envers les islamistes (*)

        2. Que la violence de la deuxième guerre de Tchétchénie a été terrible, ceci des deux côtés. Fantasmer que l’on « mate » les Français islamistes à la manière dont cette guerre a été menée – par Moscou comme par les islamistes tchétchènes – c’est au mieux ne pas savoir de quoi l’on parle, au pire avoir des rêves bien sanguinaires

        (*) C’est une incise par rapport au sujet principal du fil, mais je partage cette vidéo qui en dit long sur ce qu’est la réalité de la relation Russie-Tchétchénie aujourd’hui.

        Ça se passe en 2014, Kadyrov y réunit dans un stade 20 000 hommes en tenue de combat arme à la main pour les haranguer (rappelons que la Tchétchénie c’est moins de 1,5 million de personnes… à l’échelle de la France, il faut imaginer un million de combattants) Il affirme que les Tchétchènes sont prêts à exécuter les ordres du « Commandant en chef », ceci « partout dans le monde ». Poutine n’a qu’à ordonner, et ils exécuteront. C’est qu’ils combattent pour la Russie, et pour Dieu. Kadyrov termine par ces mots « Vive notre grande patrie Russie ! Vive le dirigeant de la nation russe Vladimir Poutine ! Allahou Akbar ! » (la dernière formule répétée avec la foule)

        C’est ici https://www.youtube.com/watch?v=Irj_4IVLBP8 (à partir de 7’10 », sous-titres anglais disponibles)

        J’aurais bien voulu être sur le plateau de télé pour demander à Eric Zemmour et aux autres s’ils voudraient de cet « arrangement » en France, un duc islamiste contrôlant un département et y appliquant sa loi, financé par Paris en échange de la fourniture de combattants pour les guerres de la France à l’étranger ? Rien que pour voir leur tête 🙂

      4. a Alexis Toulet
        « …une grande partie des immigrants tchétchènes en France se déclarent persécutés afin d’obtenir le statut de réfugié.. »
        je confirme cette remarque car étant consultant (médecin spécialiste) auprès de plusieurs CADA (centre d’acceuil de demandeur d’asile) de Midi-Pyrénées , on me demandait ( préfecture (ARS) +tribunal ) mon avis concernant la validité médicale sur le plan psycho-pathologique de ces requètes de demande d’asile du fait de traumatisme psychologique.
        il s’agissait de ressortissants de plusieurs états du Caucase.

  8. Personne (je crois) n’a reparlé de l’ouvrage pourtant instructif de Jeanne Favret-Saada sur les caricatures :

    https://www.fayard.fr/sciences-humaines/comment-produire-une-crise-mondiale-avec-douze-petits-dessins-9782213686806

    « Le 30 septembre 2005, le journal danois Jyllands-Posten publie une enquête sur l’autocensure des artistes danois qui comporte des articles et des dessins représentant le Prophète de l’islam. L’un d’eux deviendra l’emblème de l’affaire : il montre la tête de Mahomet coiffée d’un turban contenant une bombe à la mèche allumée. Le caricaturiste vise les justifications coraniques des terroristes, mais il va être accusé d’avoir insulté le Prophète, l’islam, et un milliard trois cents millions de musulmans.

    L’auteur a enquêté au Danemark en 2006 et reconstitué les faits avec minutie, depuis les hésitations de la politique danoise d’intégration des immigrés jusqu’à la coalition de quelques imams radicaux, qui s’emparent de la publication des dessins pour internationaliser une crise locale en s’alliant à de hauts responsables égyptiens et moyen-orientaux.

    Dans cette nouvelle édition, l’auteur inscrit l’affaire des « caricatures de Mahomet » dans une séquence historique ouverte depuis un quart de siècle par la condamnation à mort du romancier britannique Salman Rushdie en 1989 et poursuivie en 2015 par l’assassinat des collaborateurs du journal satirique français Charlie Hebdo, démontrant comment les conflits sur le droit à la satire et, au-delà, sur le droit à la liberté d’expression, ont aujourd’hui changé d’échelle et de méthode.

    Jeanne Favret-Saada est anthropologue, directrice d’études honoraire à l’École Pratique des Hautes Études, section des sciences religieuses. Elle a notamment publié Les Mots, la mort, les sorts (Gallimard, 1977). »

    Préciser les détails évite de dire un certain nombre de n’importe quoi…

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      1. A noter que les dessins publiés dans le journal danois en 2005 ne sont pas l’origine de la crise, car ils étaient une réaction et réflexion à un événement antérieur, l’assassinat du réalisateur Theo Van Gogh par un islamiste voulant le punir d’avoir réalisé le film Soumission critiquant le sort des femmes d’après l’interprétation traditionnelle de la religion musulmane, film réalisé avec l’ancienne musulmane devenue militante féministe et athée Ayaan Hirsi Ali, laquelle échappa à l’assassinat (c’était probablement la cible prioritaire du terroriste)

        Il faudrait plutôt écrire « comment produire une crise mondiale avec un petit assassinat », puisque l’origine de la crise n’est pas les petits dessins.

        Ou encore « comment produire une crise mondiale avec un petit film féministe et athée »

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      2. Ou encore cher Alexis,

        Comment parler mal ou bien de la femme et de la croyance est encore considéré par une partie de l’Humanité comme un crime qui mérite la mort. Et étonnamment certains libres penseurs qui ont oublié de penser librement et mélange tout et sont les alliés objectifs de cet obscurantisme stupide.

  9. « Nous faisons les choses de travers et depuis fort longtemps »

    Sans définir qui est le « NOUS » que vous représentez à y faire appel, je n’ai pas la moindre idée de qui peut être ce « nous » , Les amis de blog, les lecteurs, les français, les occidentaux, les européens, les footballeurs, les chrétiens, les gens de gauche ? etc.
    C’est toute la difficulté du toutétanou, tout État nous, chanter en cœur comme en chœur ce « nous » pourtant énigmatique au point de ne plus mesurer parfois ce qui autorise à l’exprimer au nom d’une indétermination indénombrable, absente et muette.

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  10. Oui mais enfin bon il ne faudrait pas noyer le poisson. Il y a des causes profondes et anciennes à ce qui se passe aujourd’hui, c’est clair. Certains jeunes auraient désespérément besoin de repères stables pour se construire. Avant d’exposer à une personne ses fragilités structurelles, il faudrait d’abord lui donner des points d’appuis solides. On ne peut pas affronter une vague immense si on ne sait pas encore nager. Qui se pose aujourd’hui la question de la perception intime de ces jeunes face à des représentations dont ils ne comprennent pas les tenants et les aboutissants ? C’est le rôle de l’empathie. On a hélas tendance à ringardiser ce concept, pour lui préférer la revendication tout azimuts. Et là j’assume de critiquer ouvertement l’attitude de « défenseurs » de la laïcité qui ne se posent pas les bonnes questions. Parce que leur combat est idéologique avant d’être bienveillant.

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    1. Ce que tu assumes et que tu prends pour de la bienveillance de ta part mon cher Yann est en fait assez ignoble et insultant pour tout ceux qui dans les mêmes conditions de faiblesse n’égorgent pas leur semblable. Heureusement pour nous tous sur Terre, c’est la majorité du genre humain. Comme si les victimes de violences et de viols dans leur enfance devenez des criminels plus tard. Tu ne dis rien d’autre, les victimes apprécieront.

      L’empathie c’est en plus de se mettre à la place de l’autre de le considérer comme son égal. Pas de le prendre pour un débile, ce que tu fais sans même t’en apercevoir du haut de ta structuration. hé ho bonhomme on parle de dessins ! Pas de doigt dans le fondement ou de claque dans la tronche.

      Et je partage mon opinion avec moi même.

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      1. Vous proposez de prendre comme son égal une personne qui égorge pour des dessins ? Il n’y a pas contradiction dans votre propos ?

      2. « Comme si les victimes de violences et de viols dans leur enfance devenez des criminels plus tard ».
        Je ne dis pas cela, mais les criminels ont sûrement subi des violences et les violeurs subi des viols.

      3. Cloclo a dit :  » L’empathie c’est en plus de se mettre à la place de l’autre de le considérer comme son égal. Pas de le prendre pour un débile ».

        Une superbe réflexion de votre part ! J’ose espérer que vous parviendrez très prochainement à ce stade ultime de perfection humaine et que vous cesserez vos insultes vis à vis d’ internautes qui ne pensent pas tout le temps comme vous / Cordialement.

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      4. « Vous proposez de prendre comme son égal une personne qui égorge pour des dessins ? Il n’y a pas contradiction dans votre propos ? »

        Yann, mon ami, je dis juste que l’autre, se mettre à la place de l’autre, c’est le regarder avec ses forces et ses faiblesses, ses passions et ses raisons, ses craintes et ses espoirs, sa bêtise et son intelligence, sa morale et sa perversion, et certes non je ne tuerai pas pour un dessin, mais ce simple fait n’enlève rien au fait que je considère les autres comme mes égaux, quelque soit leur état physique ou mentale et les traite comme tels. Pas avec condescendance ou paternalisme ou sentiment de supériorité parce que je serai un maître, tu parles d’une empathie dans ce cas mon grand…

        Et cela va te surprendre un peu ou te défriser les neurones, mais oui je ne me sens pas du tout supérieur ou inférieur à ce jeune déglingué qui a commis cet acte atroce, ni je ne me sens inférieur ou supérieur à ce chic type mort d’essayer d’enseigner à ceux qu’il prenait je pense comme ses égaux, et avec qui il voulait partager ce sentiment là.

        Tout cela est bien triste et sinistre, mais un bon rire jaillissant, même noir ou gras, serait comme de la lumière dans ces ténèbres folles et cela me paraît une petite chose réconfortante et apaisante.

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      5. Je suis d’accord avec vous concernant le fait de ne pas se sentir superieur avec qui que ce soit. Mais comme vous le dites bien, il faut regarder l’autre avec toutes ses qualités et ses fragilités. Donc j’aimerais que vous me disiez précisément ce qui est paternaliste dans mon discours, parce que j’ai l’impression que vous plaidez la même chose que moi en vous lisant.

  11. @ Georges Cortez

    Si j’ai bien compris votre intention personnelle par rapport à quarante années de politique étrangère criminelle, meurtrière et catastrophique issue des différents gouvernements français, européens et US, je m’interroge sur votre conclusion qui me semble peu en rapport avec l’actualité présente.

    La Guerre d’Algérie ce n’est pas la Guerre Civile Algérienne et la  » Décennie Noire  » de 1992 à 2002 ayant fait 200 000 morts.
    Il semble que nous soyons plus proches de cette réalité historique seconde que de la première même si là aussi, comparaison n’est pas tout à fait raison et que l’actualité contemporaine se nourrit de nouvelles complexités.

    1. Notez qu’à l’origine, ce texte n’était qu’un commentaire sous un autre billet de PJ. J’y exprimais simplement l’humeur du jour.

      Mais pour répondre à votre question, la fin de ce texte, dans laquelle je parle de mon ami Abes me semble être la partie la plus intéressante : il s’agit de quelqu’un d’une grande humanité, bienveillant, intelligent et cultivé. Il a passé toute sa vie d’adulte en France. La guerre d’Algérie a laissé des traces profondes, lui et moi en sommes profondément marqués.

      Voilà 35 ans que je repense à toutes ces choses. A la façon lamentable dont la France s’est comportée avant et après l’indépendance, au racisme profond qui est la conséquence de 250 ans de colonialisme, aux occasions manquées, aux trahisons et aux mensonges.

      De façon plus directe, je pense que le Front National est né de la guerre d’Algérie. Harkis, Pieds-Noirs, OAS, police, armée, tous ces acteurs du drame algérien ont été autant d’électeurs dont les voix se sont exprimées dans les urnes au fil des élections. Et ont pesé lourd.

      Des générations de Français et d’immigrés ont grandi et vécu dans cette ambiance xénophobe délétère, incapables de se réconcilier, victimes des stratégies sournoises du FN, de la droite en général et malheureusement aussi, des faiblesses de la gauche. L’islam en France s’est construit sur ces bases bien peu fraternelles: rejet culturel, ségrégation économique, humiliation continuelle. Faut-il vraiment s’étonner que 50 ans plus tard nous en payons la note ?

      Mon amitié avec Abes fut tellement enrichissante, simple et naturelle, en dépit de nos histoires familiales, que je ne comprends toujours pas comment nous n’avons pas été capables à l’échelle de la France de surmonter ces traumatismes anciens.

      1. Mais « payer la note » n’est qu’un volet. On a aussi fabriqué de « l’anti-note » ou de l’antidote, depuis « Touche pas à mno pote », etc.. Pas en dose suffisante, alors, non ?

        Mes lectures de Polanyi (et sa reprise dans le livre de Cédric Durand sur le « Techno-féodalisme/Critique de l’économie numérique ») me disent que le tropisme prononcé des petites gens (et des grands bourgeois aussi d’ailleurs) pour le FN/RN, faisant suite à l’abandon documenté de la confiance dans le PC pour leur assurer leur dignité (j’ai connu qqs membres du PC dans le 93 dans ma famille éloignée, de la génération « retour d’Indo » , je ne parle pas tout à fait dans le vide), est une réponse à un manque, pas un « gonflement de bas instincts » ou un corollaire inévitable d’une éducation « pauvre ».

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      2. Salut Timiota,

        Peut-être que la sociologie de l’électorat FN mériterait d’être analysée plus finement. Le tropisme des « petites gens » et la bascule de la gauche vers l’extrême droite de l’électorat populaire mériteraient d’être confirmés solidement. Il me semble que c’est ici que j’ai lu qu’aux USA, les banlieues pavillonnaires sont parmi, sinon le, principal soutien à Trump. Non ? Quels déciles sont vraiment concernés et dans quelle proportion ? Et qui s’abstient vraiment ?

        Pour faire le lien avec les réseaux sociaux, il me vient le souvenir, évoqué par Jorion, de la déconnexion entre les débats parlementaires us et les aspirations populaires : préoccupations populaires qui ne sont alors évoquées que quand elles coïncident avec l’agenda des so-called élites.

        20, 30 ou 40 années de déconnexion et d’ignorance voire de mépris conduisent les gens vers les réseaux sociaux et tous les manipulateurs professionnels qui y sévissent : ils sont, eux, « à l’écoute ». Les « pouces verts », les « j’aime », ou les semblants de démocratie directe (cf Gilets Jaunes), voire même les « avis » sur les sites de voyages ou restos, devenant l’unique substitut à la prise en compte des voix jamais écoutées ou entendues.

        Le mécontentement se transformant progressivement en colère, en rage, en haine, sous couvert de pseudonymat, dans le dernier espace d’expression et de prise en compte d’une multitude de voix devenues inaudibles par ailleurs et que représentent les réseaux sociaux.

        Initiative intéressante au passage : https://www.bastamag.net/Face-a-une-nebuleuse-de-groupes-promouvant-la-haine-un-Observatoire-national (des extrêmes droites).
        Le CA mérite qu’on y jette un oeil : https://observatoirenationalextremedroite.wordpress.com/conseil-dadimistration/

        Bonne journée !

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      3. A 3 ans, les enfants dont les familles ne peuvent pas subvenir aux besoins d’une bonne éducation, seront enlevés et choyés pour devenir les pupilles de la nations.
        Haha

      4. « Faut-il vraiment s’étonner que 50 ans plus tard nous en payons la note ? » Tu dis ?

        Mais tu n’as rien payé du tout, en revanche M. Samuel Paty a pris l’addition pleine face lui. Une addition, dont tu estimes pour des raisons à la fois exactes mais que tu interprètes de manière erronée, qui serait justifiée. Ben mon colon tout ton commentaire selon moi transpire en fait la condescendance malgré toi et s’enferme dans une vision franco-algérienne qui n’a aucun rapport avec la choucroute de la réalité mondiale.

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  12. @timiota

    Ah mais je ne dirais jamais le contraire : à mon sens, la quasi-totalité des difficultés auxquelles l’humanité est confrontée a pour origine l’injustice sociale et l’effondrement démocratique provoqué par l’accumulation des richesses au sommet des pyramides.
    C’est un préalable à toute analyse historique, sociologique ou politique. Et je ne sous-estime pas le fait que les capitalistes ont depuis de longues décennies mené une guerre idéologique et technologique insidieuse et acharnée afin de décrédibiliser non seulement le communisme et le socialisme mais aussi les valeurs humanistes et les travaux des intellectuels sérieux – philosophes, sociologues, anthropologues, psychologues, généticiens, etc. – sur lesquelles en principe sont adossées les valeurs démocratiques de nos sociétés avancées.

    Aujourd’hui, la Bolivie a voté Mas. Il y a des bonnes nouvelles de temps en temps.

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    1. « la quasi-totalité des difficultés auxquelles l’humanité est confrontée a pour origine l’injustice sociale et l’effondrement démocratique provoqué par l’accumulation des richesses au sommet des pyramides. »

      A la fois vrai et à la fois tarte à la crème qui ne permet plus de penser.

      A aucun moment, même dans une société égalitaire, et totalement démocratique la violence serait annihilée. Elle serait certainement différente mais pas du tout aussi « sympa » que tu pourrais le penser.

      On pourrait avoir une société très égalitaire, et les sociétés pieuses et très croyantes le sont souvent, elles sont souvent même très démocratique et chacun peut s’exprimer et faire entendre sa voix … dans la limite de ce qu’autorise la dite croyance ! Et donc tu peux tout égalitairement et démocratiquement parlant te faire couper la tête pour apostasie ou blasphème dans une telle société. Décidément y a un sacré foutu bazar conceptuel dans la tête de gentilles bonnes personnes.

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      1. Facile de voir quand quelqu’un a été vexé par des propos. 😀

        Je suis peut-être allé un peu loin en disant que tu te plantais sur tout ? C’est ça ? Evidemment que non, sinon tu serais exceptionnel à ta façon ! 😛

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      2. @Cloclo
        Tarte a la crème également de dire par exemple que Sapiens est un animal grégaire et territorial, entre autres. Il y a tellement de tartes à la crème qu’on fini par ne plus les voir.

        Qui furent tes professeurs ?

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